KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Septembre 2011
Le Lutin d'Ecouves

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Archives Septembre 2011

KÉSACO ?

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-09-2011 19:40:11 - 5 commentaires


Un bouclier africain ?

 
 
Une carapace de tortue ?

 
 
Un casque de moto original ?

 
 
Non, il s'agit d'une merveille de la Nature :
Araneus diadematus

Splendide photo d'épeire diadème prise par ma Josette ce jeudi 29 septembre

 
 
Quand je vois une telle beauté, je me demande comment certains peuvent encore avoir peur des araignées...
 
 
 

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MARCHE DANS LE CIEL

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-09-2011 19:00:32 - 1 commentaire

 

Chaque fin septembre, mon jardin devient le jardin des araignées. Des centaines d'épeires prennent possession du lieu.

Bien sûr, je prends chaque fois quelques clichés de ces splendides arthropodes. Parfois, l'orientation de l’appareil par rapport à la lumière génère d'amusants effets :

 
Voir aussi les débuts dans la vie des petites épeires dans le billet :
Famille nombreuse

 

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LA PLAGE II

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-09-2011 16:34:42 - 1 commentaire

 

« C’est l’eau ! C’est à cause de l’eau ! »

Ce n’est pas des yeux qu’il a au milieu de sa peine lune Bertrand, ce sont des soucoupes.


J’arrête un moment de me passer de l’huile sur les pieds (Mais nom de Dieu, ai-je vraiment toujours couru pieds nus ?). Mon expression interrogative fait rire mon camarade.


« Mais oui que je te dis, c’est dans l’eau ! T’as déjà essayé de te balader de nuit, non ?

    - Ben oui.
    - Et alors ?
    - Comme tout le monde, je me suis retrouvé dans mon lit le lendemain matin.
    - J’ai retourné le problème dans tous les sens et ça ne peut être que ça !
    - Ça ne tient pas debout ton truc, Bertrand ; c’est vrai que personne ne vit la nuit ici, mais si c’était l’eau, on dormirait aussi le jour.
   - Et si le soleil empêchait ce putain de somnifère d’agir ?
  - Possible mais l’eau, on en a besoin et sans ces bouteilles d’un litre distribuées par les natifs, je ne sais pas ce qu’on deviendrait.
   - On peut s’en priver un jour pour essayer. Et puis il y a la bière... non, mauvaise idée, ça fait aussi dormir. Il faut essayer ; je veux voir la plage la nuit.
    - Toi, tu m’étonneras toujours ! Il y a peu, tu me disais qu’on était tous morts et maintenant, tu es assez vivant pour forcer la nuit.
    - A propos de forcer, Aline m’a encore agressé sexuellement et je me suis laissé faire. Je te raconte… »

******

Une journée sans boire avec ce soleil éternel, j’aborde la soirée de mauvaise humeur mais l’insistance de Bertrand et ma curiosité l’ont emporté.


« Je ne me suis pas lavé, des fois que ça passe par la peau…

    - Pas la peine de me le dire, Bertrand. Tu peux t’asseoir plus loin ? »

On est là comme deux glands à regarder le coucher de soleil. Quelques autres résidents musardent sous l’incendie de carte postale puis retournent tranquillement vers leur bungalow dès l’apparition des étoiles.


« Tiens, les étoiles, elles sont trop normales ! Même si je ne sais pas qui je suis ou qui j’étais, je sais que je suis un scientifique. Je vois ce genre de choses. Ces étoiles, elles sont toujours à la même place ! Ça fait peut-être des années. C’est pas normal.

    - Tu parles à un sportif, Bertrand ! C’est des étoiles pour moi, c’est tout.
   - Te fais pas plus con que tu l’es. Tu sais bien que tout ça n’est pas normal sinon, tu ne serais pas là avec moi.
   - Pas faux, et puis tes conversations scientifiques m’ont toujours plus intéressé que tes ébats.
    - A propos d’ébats, il faut que je te raconte… »

******

La nuit n’est pas bien profonde vu qu’une énorme pleine Lune se lève bientôt au-dessus de la dune. La marée est basse, vraiment très basse. Nous marchons les pieds caressés par les vaguelettes d’un océan atone.


Au bout d’un moment, je ressens comme une lassitude, je m’en ouvre à Bertrand.


« Moi c’est pareil, cette saloperie est dans notre sang, une journée sans boire, c’est pas assez. On va bientôt se retrouver au pieu sans rien comprendre. »


Au moment où nous décidons de quitter l’estran, j’aperçois une masse sombre dans l’eau. Elle avance légèrement plus vite que les rides paresseuses de la mer, comme si on la poussait.


Un corps. Nous nous précipitons et arrivons à l’instant même où il s’échoue.


Un coup à l’estomac, mes poils se hérissent.


« De Dieu Bertrand ! Regarde ! C’est quoi ça ? »


Un long tube souple de couleur rosâtre est en train de se détacher du corps. Bertrand se précipite mais le tube lui échappe dans un sifflement. Il revient vers moi et m’aide à tirer le corps hors de l’eau.


Un primo-arrivant. Ou plutôt une. Pas un cheveu sur le crâne, pas un poil. Je contemple un moment son anatomie. Elle n’a rien d’exceptionnel, ses proportions sont banales et certains détails indiquent qu’elle est loin d’être une jeune fille. Un léger renflement au-dessus du pubis montre même qu’elle a certainement eu au moins un enfant. Dans son imperfection, elle m’est pourtant émouvante.


« Ben mon cochon, on croirait que t’as jamais vu une fille à poil ! On fait quoi maintenant ? Tu crois qu’on peut la réveiller ? »


Je me penche sur la femme et saisis doucement sa tête. Elle me vomit soudain sur les mains. Un liquide rose. Elle tousse, tousse puis ouvre subitement les yeux. La lumière lunaire ne me permet pas d’en distinguer la couleur exacte mais ce regard est très clair tout en étant particulièrement intense.


De la peur, de l’incompréhension, elle ouvre la bouche et vomit à nouveau.


« Regarde ! Là-bas, des ombres ! On se tire ! »


Le ton de Bertrand est sans réplique. Il a compris ce qui se passe. Je ne sais pas pourquoi mais il faut que nous quittions l’estran. Quelques minutes plus tard, à l’abri d’un creux dunaire, nous assistons à l’arrivée d’une dizaine de natifs. Deux d’entre eux chargent le corps sur une sorte de traîneau pendant que les autres continuent leur inspection vers le sud.


Bertrand bâille :

« La vache, je ne vais pas tarder à m’étaler. Au moins, on sait comment nous sommes arrivés là. »


******


Un cheval… un cheval assis sur ma poitrine et ma tête dans un étau. J’étouffe. Et je me réveille dans mon bungalow. Manifestement, nous n’avons pas réussi à regagner nos pénates par nos propres moyens.

Je retrouve Bertrand au kiosque. Il a fini son petit déjeuner et il en est à sa deuxième bière.

« Ah la soif ! Tant pis s’ils en mettent dans la bière de leur merde mais c’est trop bon ! N’empêche qu’on a fait un pas en avant. C’est toujours utile quand on est au bord d’un trou ! »
Sa bedaine s’agite, il est de bonne humeur.

Parmi les résidents assis autour de nous, une femme au crâne encore luisant observe son bol d’un air absent. Elle est vêtue de la tunique jaune sable que nous portons tous mais je revois son corps à la lumière de la Lune.

« Ben mon cochon, elle t’a tapé dans l’œil ! Tu devrais en profiter, les premiers jours, les primos jouent aux zombis, ça devrait pas être dur ! »
Je ne m’offusque pas, Bertrand est un grand romantique salace.

J’en suis à mon troisième thé. Je me lève et tourne la tête vers elle au moment où elle quitte sa table. Elle a bien les yeux clairs mais je n’en saurais dire la couleur. On dirait un océan de douleur aux accents changeants.

Deux jours sans courir et je me désunis. Il est temps d’aller sur la plage.

 

 

I

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UN ART QUI FAIT MOUCHE

Par Le Lutin d'Ecouves - 18-09-2011 19:24:29 - 6 commentaires

 

Magnus Muhr


Magnus Muhr est un photographe suédois fort talentueux, comme le montrent ses photos d'animaux, de nature ou ses portraits. Son site, que je vous invite à visiter présente une palette très large de thèmes allant du cliché d'insecte à la photo de nu (de bon goût).

Mais ce qui a attiré l'attention du Lutin, c'est la rubrique humour de sa galerie photographique.

En effet, Magnus, ayant un jour trouvé des mouches mortes chez lui, a eu l'idée de leur donner une seconde vie en les mettant en scène dans un ensemble de tableaux  où le cocasse le dispute à l'iconoclaste (les titres sont de l'auteur) :

 Patinage

 Danse cosaque
 
Lessive

Mariage

Riverdance

Sprint

Tir à la corde

Vacances

Weeeeiiii !

Galerie d'art
 

 

 

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SNAILMAN STRIKES AGAIN

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-09-2011 21:18:56 - 3 commentaires

 

En ce moment, je me sens comme ça :

 

 

Heureusement, j'ai eu des bons partenaires au Relais de Condé sur Sarthe :

 Le récit ICI.

 

 

 

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LES FOLIES D'ESPAGNE 40

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-09-2011 19:23:03 - 2 commentaires

 
Polyphonie Corse
 
 
 
 

Quarante me semble un nombre adéquat pour clore cette longue série sur les Folies d'Espagne. J'aurais pu continuer encore longtemps et vous en faire écouter des vertes et des pas mûres, pas toujours du meilleur goût, comme "Oops, I did it again" de Britney Spears ou "Conquest of Paradise" de Vangelis. Si vous avez suivi cette série, vous aurez compris que la Folia se décline à l'infini.

 

Pour terminer sur une bonne note, j'ai choisi une pièce de polyphonie corse car cette musique chaude et vibrante, tout en étant contemporaine, présente des caractéristiques remontant à au moins mille ans. Ainsi la boucle est bouclée, la Folia retourne à ses origines dans la nuit des siècles. 

 

Avec cette œuvre créée en 1982 par Roccu Mambrini, on touche au sublime et à l'essentiel parce qu'en elle résonnent à la fois les accents de la polyphonie dans sa forme la plus ancienne, l'intemporalité des Folies d'Espagne et les racines chrétiennes de la musique européenne. 

 

Cette partition de Roccu Mambrini, Toni Casalonga et Nando Acquaviva est ici interprétée par l'ensemble "Arpeggiatta".

 

Lamentu di Ghesu

 

 
 
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LA PLAGE

Par Le Lutin d'Ecouves - 06-09-2011 17:35:47 - 6 commentaires

 

Une fois de plus le même rêve : je me noie dans un océan de larmes et je ne sais pas vraiment pourquoi.

La gorge serrée, je me lève péniblement. Il fait beau, comme d’habitude, et je me dirige vers le kiosque en bois qui se trouve à quelques centaines de mètres des bungalows. 


C’est ici que le petit déjeuner est servi chaque matin et c’est là que je retrouve Bertrand.


Bertrand me casse plutôt les pieds mais je n’ai pas le courage de l’envoyer promener. Il est comme cousu de problèmes psychologiques et il passe son temps à déblatérer sur son existence de névrosé.


Et pourtant, il ne devrait pas avoir grand-chose à raconter, Bertrand, car comme tout le monde ici, il n’a qu’un passé restreint, quelques mois ou quelques années, tout au plus… personne n’a vraiment réussi à compter de manière précise.


« Et puis, elle m’a fait le coup de l’amoureuse insatiable avant de me rejeter comme une vieille merde ! »

    - C’est la cinquième fois, tu  devrais savoir qu’il n’y a pas d’issue. Pour elle, tu es juste un objet sexuel. Et puis, tu as vu la différence d’âge ? Manifestement, tu as passé la soixantaine ! »

C’est vrai, Bertrand avec son bide et son visage de pleine-lune n’est pas vraiment un sex-symbol et je lui en ai déjà fait la remarque. Un jour d’énervement, je lui ai même demandé s’il aimait la Nature, ce à quoi il m’avait répondu par l’affirmative.

« Eh bien, tu n’es pas rancunier, lui avais-je répondu. »
C’était de la pure méchanceté.
Non seulement, Bertrand ne s’était pas vexé mais il avait beaucoup ri.

Je ne le ménage pas vraiment et il y est habitué. Il ne m’en veut pas car je suis le seul à bien vouloir l’écouter et il m’en sait gré. Et puis, non seulement j’apprécie sa vive intelligence, mais aussi son étonnante et quasi fascinante habileté manuelle.


Finalement, je fais plus que le supporter, je le comprends parfois. Le problème, c’est qu’il ne me laisse pas en placer une. Voilà pourquoi, je le plante là régulièrement, excédé par ses élucubrations.


Il ne peut pas courir à cause de son poids et je ne fais que ça. Je prends le chemin de la plage.


******

Au nord comme au sud, une ligne droite bordée par les dunes d’un côté et la mer de l’autre. Mer ou océan, nul ne le sait mais l’eau est salée en tout cas.

Habitué aux longues distances, j’ai déjà couru des heures sur cette plage sans en trouver la fin. Pas de barrière, pas de relief, pas de route. Rien que du sable et de l’eau.


Je suis le seul de la Communauté à avoir cette capacité de me déplacer sur de très longues distances. J’ignore d’ailleurs pourquoi car, à part mon prénom, je ne sais rien de moi, comme tout le monde.

Et pourtant, je sais tant de choses…

Depuis plusieurs mois, j’essaie de trouver la limite de la plage et j’ai parcouru, à mon avis, une bonne soixantaine de kilomètres vers le nord comme vers le sud. Le problème, c’est l’eau. La Communauté ne compte pas de contenants supérieurs au litre et, même avec une endurance exceptionnelle, je ne peux pas courir très longtemps avec une hydratation aussi limitée.


Vers l’est, c’est la forêt. A l’abri des arbres, on peut courir plus longtemps mais au bout de quelques kilomètres, la végétation devient si dense que l’on perd ses repères, le soleil devenant invisible ; et l’on finit toujours par se retrouver aux abords de la Communauté.


Quant à la mer… je n’ai jamais eu envie d’essayer. Bertrand, qui est plus ancien que moi ici, a bien tenté de nager au large pour voir ce qui s’y trouvait.


Autant il est lourdaud sur le sol, autant il est à l’aise dans l’eau, évoluant facilement parmi les vagues tel un phoque à la recherche de poissons.

Son aventure, il me l’a racontée et elle ne tient qu’en quelques phrases, il a nagé, nagé et… il s’est réveillé un matin sur la plage.

******

Courir est pour moi le seul moyen pour mettre mes idées en ordre. La régularité de ma foulée a la vertu d’organiser mes pensées.

Arrivé depuis peu dans la Communauté, j’ai encore l’énergie propice au questionnement contrairement aux plus anciens qui ne cherchent plus grand-chose hormis Bertrand qui n’est décidément pas comme tout le monde.


Cela dit, je sens depuis quelques semaines, si le temps se compte encore en semaines, que les « pourquoi » et les « comment » des débuts s’effacent progressivement, laissant place à un diffus brouillard de résignation contre lequel je me bats en courant.

Donc, je cours…

******

Bertrand encore… Je le retrouve à l’épicerie.

« Tu te rends compte… maintenant, elle me dit que nous pouvons rester copains, après ce qu’on a vécu ensemble ! Mais quelle…

    - Bon, ça va Bertrand, tu ne vas pas me seriner ça pendant des siècles… viens donc boire un coup. »
Il grommèle mais me suit.

Au bar, comme dans chaque commerce, nous sommes servis par des natifs.

Les natifs, ce sont vraiment de drôles de personnages. Tantôt ils sont petits et gros, tantôt ils sont longilignes et émaciés. Impossible de les identifier précisément, on ne sait jamais à qui on a affaire. Ils parlent une langue étrangère que nous comprenons mais dont nous sommes incapables de reproduire les sons.

« T’as raison, après tout mais…

    - Mais tu ne renonces jamais au sexe comme je ne renonce jamais à la course. Tiens, prends une bière. »

Après quelques verres, Bertrand devient moins pénible mais garde toujours ses facultés d’analyse.

« Tu sais, depuis que je suis là, j’ai tourné et retourné le problème dans tous les sens. Je ne suis pas comme les autres légumes et je n’ai pas cessé d’y penser.
    - Au sexe ?
    - Mais non, arrête de faire le débile sportif ! Je pense chaque jour à nous, à ici, aux autres, à la plage.
    - Et alors…
    - Et alors si ça se trouve, on est tous morts. »
   
 
 
 

 

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LES YEUX DU DEMON

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-09-2011 08:10:54 - 8 commentaires

 

 


 

Je me suis toujours méfié des chats, ces sales bêtes qui bousillent mes poubelles et viennent terrasser dans mes parterres de fleurs pour y déposer leurs déjections méphitiques.
 
Il y a trois mois, mon fils a adopté un chaton qu'il a installé dans son appartement. Dès le début, j'ai compris que ce ne serait pas facile. La Bête a tout de suite cherché à me faire "ses yeux" pour m'attendrir.
 
 
J'ai, bien sûr, résisté mais la situation est devenue plus grave quand il m'a fallu garder le greffier chez moi un moment, mon fils étant absent.
 
Il a compris sa douleur, l'animal quand il est arrivé dans un foyer où règne la discipline. Bon, j'ai juste mis quelques couvertures ici et là pour des raisons de propreté.
 
 
Mais le minet a vite appris qu'on n'allait pas partout...
 
 
... et qu'on ne me dérangeait pas, surtout quand je travaille.
 
 
Bien sûr, il a continué à me faire "ses yeux" mais je ne m'y suis pas laissé prendre.
 
 
 

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