KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Novembre 2011
Le Lutin d'Ecouves

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DIDON ET ENEE

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-11-2011 22:26:50 - 4 commentaires

 
 
En cette fin novembre ensoleillée, j'ai proposé à ma Josette d'aller assister à la représentation de l'opéra de Purcell : Didon et Enée à l'auditorium d'Alençon.
 
Un opéra dans une salle de 250 places, damned ! On allait bien voir... Quand on est amateur de musique et que l'on habite dans une ville de 27 000 habitants, on ne se fait pas d’illusion et on ne fait pas le difficile.
 
Toujours l'Amour !
 
Le livret, tiré de l'Enéide de Virgile, raconte comment Enée, venu de Troie, fait escale à Carthage où il ne trouve rien de mieux que de tomber amoureux de la reine Didon. Malheureusement, des sorcières complotent contre les tourtereaux et lui rappellent qu'il a du boulot, en l'occurrence, il s'agit d'aller fonder Rome.
 
Ce benêt d'Enée lâche son amoureuse qui se suicide dans la foulée.
 
Les sorcières
 
Tout cela ne met qu'une heure et est mené tambour battant par l'allègre partition de Purcell. C'est gai, enlevé, plein d'humour mais aussi émouvant.
 
Connaissant cet opéra depuis trente ans et entendu plusieurs interprétations de l’œuvre sur instruments anciens (j'en ai même une en vinyle), je tendais un peu le dos. Allais-je être déçu ?
 
 Scène champêtre
 
Eh bien non ! Dès l'ouverture, les musiciens de la Pelegrina frappent fort et impriment un rythme d'enfer à l'ouverture qui débouche vite sur le premier chœur et là, surprise ! Les chanteurs émergent du fond de la salle et chantent avec une précision et une balance parfaite.
 
Il s'agit du Chœur d'Orphée dirigé et mis en scène par Nelly Heuzé, des voisins du Mans.
 
Chœur des marins
 
J'ai les oreilles qui jouissent ; au milieu d'une mise en scène inventive, j'assiste à une des plus belles exécutions de l’œuvre. Pourquoi belle ? Parce qu'interprétée avec ferveur par des passionnés.
 
Rien n'est surfait, tout tombe juste, que ce soit les scènes du Palais, les interventions des sorcières, des marins et même les parties chantées par Jean-Christophe Grégoire qui interprète ce gros balourd d'Enée (seul rôle masculin) avec ce qu'il faut d'humour et de sobriété.
 
 
Mais celle qui mérite la palme, c'est bien Muriel Souty dans le rôle de Didon qui, dans le dernier duo et dans le lamento "When I am laid in earth", fait basculer le souriant opéra dans la tragédie la plus poignante.
 
Là, on atteint le céleste. Je n'avais pas entendu de Didon aussi juste et sans afféteries depuis celle de The Boston Camerata en 1980. La mort de Didon qui clôt l’œuvre, accompagnée par le chœur parachève un spectacle d'une qualité exceptionnelle.
 
Mort de Didon
 
N'ayant pas obtenu (Car ne l'ayant pas demandé, c'est malin !), d'autorisation de filmer des airs, je vous propose l'ouverture de Didion et Enée par le grand Harnoncourt et son Concentus Musicus dans une interprétation proche de ce que j'ai entendu. A une réserve près : la Didon d'Harnoncourt avec son léger vibrato et sa petite surcharge de pathos n'arrive pas à la cheville de Muriel Souty. C'est dire si ce spectacle était de qualité...
 
Ouverture
Concentus Musicus (1983)

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PERSISTANCE DE LA LUMIERE

Par Le Lutin d'Ecouves - 20-11-2011 22:27:31 - 6 commentaires

 

Vingt novembre


Ce matin, Alençon s'est réveillée dans la brume, l'hiver était-il enfin venu ? Que nenni, à peine arrivés en Ecouves à dix kilomètres de la ville, nous voyons disparaître les dernières brumes.


Christian, un vrai normand originaire de l'île de la Réunion connaît la forêt comme sa poche et c'est lui qui mène la danse comme à l'accoutumée.


Le soleil reste bas mais il réchauffe très vite l’atmosphère. Je me livre comme d'habitude à ma manie photographique : le contre-jour.


Mon statut de Lutin me permet de voir les choses sous un autre angle et je ne m'en prive pas en ce qui concerne les humains...


...les champignons


...ou les arbres.


Encore une matinée de beauté dans cette merveilleuse Ecouves.



 

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DEAD DUCK

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-11-2011 18:25:37 - 3 commentaires

 

Quand on demande à un coureur à pied pourquoi il court, selon sa personnalité et son type de course préférée (vitesse, marathon, trail), il va donner une réponse différente du type "pour se dépasser", "par esprit de compétition" ou même "pour être en étroite communication avec la Nature". 

Peu porté sur l'introspection et encore moins sur la métaphysique, je me suis cependant résolu à me poser la question fatidique : Pourquoi cours-je ?
 
Je me suis penché au-dessus de moi-même en prenant bien soin de ne pas glisser et ai regardé attentivement à l'intérieur du trou. J'ai enfin découvert la réponse :
 
 
 Musique d'Emiliana Torrini
 
 
 

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NOVEMBRE DE LUMIERE

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-11-2011 19:55:26 - 6 commentaires

 

13/11

Après un bref épisode pluvieux qui a permis à la Nature de respirer un peu, l'automne se pare à nouveau de ses habits de lumière.


Ce dimanche matin, nous sommes une quinzaine de Trailers d'Ecouves à arpenter la forêt pour une petite sortie d'à peine trois heures.


Après dissipation des brumes, le soleil se met à inonder la forêt. Sa position basse dans le ciel donne à sa lumière une qualité particulière qui enrichit les couleurs.


Au bout d'un moment, le groupe se scinde et je rentre vers Radon avec Allain et Cathy. Allain et son GPS ont la bonne idée de nous égarer un moment, ce qui nous permet de faire un petit stage de survie qui a l'heur de réjouir Cathy ravie de découvrir des lieux inédits hors sentiers.


Après quelques traversées délicates, nous retrouvons notre chemin vers les autres et la bière dominicale.

 
Encore un cadeau de notre forêt. Quand je pense aux pauvres malheureux qui sont restés au lit ce matin...

 

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MERCI KIKOUROKU

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-11-2011 19:17:45 - 20 commentaires

 

Cross international de Montilly

 

Départ du cross court

Me v'là à Montilly, un tout petit village perdu au milieu des champs à la limite nord de l'Orne, avec mon ami Allain (Riah50) pour participer à un des nombreux cross de la journée. 

Allain prend le départ du cross court (5500m) une heure avant moi. J'ai du temps pour faire quelques photos et voir différentes courses comme le canicross où hommes et femmes se font tirer par des chiens sans que cela puisse être taxé de zoophilie...

Bon, il temps que je m'équipe et que je m'échauffe. Une fois en tenue, je fais quelques centaines de mètres en trottinant et c'est à ce moment que je me rends compte que quelque chose ne va pas comme il le faudrait...

 

 

 

Zarbi ! D'habitude, je suis  réglé comme du papier à c... musique et la  sortie quotidienne s'est bien effectuée à 7h00 du matin comme à l'accoutumée...

Voyons voir si l'organisation a prévu ce qu'il faut pour l'évacuation sanitaire... Damnation, l'affichette WC ne mène qu'à quelques tristes urinoirs ! Que faire ?

Serrons les fesses et continuons l'échauffement comme si de rien n'était. Quelques dégazages me soulagent quelque peu et je continue à courir un moment mais relâcher la pression a ses limites et je risque à tout moment de passer de l'état gazeux à l'état liquide.

Il doit y avoir une solution. J'atteins bientôt l'extrémité des terrains de cross et je passe maladroitement sous des barbelés. Une aimable pâture me tend les bras, vierge d'humains et de bovins sodomites. Je vais pouvoir me soulager derrière la haie.

Accroupissons-nous. La taupe est au guichet mais aujourd'hui, on paye en liquide. Je regarde le résultat de la transaction : la vache, c'est jaune ; un peu comme du Sauternes en plus grumeleux. N'empêche, ça fait du bien.

Je tourne la tête de droite et de gauche à la recherche de quelques feuilles larges et soyeuses propres au nettoyage des fondements. Vertudieu ! Rien que de l'herbe maigre impropre à l'épongeage. Pas moyen de se redresser pour explorer le lieu à la recherche de végétaux ad hoc. Je suis aux abois.

Que faire, mon cross démarre dans cinq ou six minutes... Soudain, j'avise mon buff Kikouroù Kikouroku enroulé autour de mon poignet dont la fonction principale de ce jour est d'éponger ma sueur pendant l'épreuve.

Tant pire, comme disait ma Grand-Mère, pour un coup de buff, c'est un coup de maître ; ma dignité et mon postérieur sont conjointement sauvés par ce bienvenu morceau de tissu rouge. Yes !

Retournant avec habileté le tube d'étoffe, je cours le mettre dans mes affaires, bien enfermé dans un sac plastique et je me précipite vers le départ que je prends presque aussitôt. Ça va beaucoup mieux !

 

 

 
Bon, ben le cross faisait 7,400 km et je l'ai couru à 13 km/h en 32 minutes mais ça, c'est anecdotique.

Quant au Buff, correctement rincé puis passé à la machine, il resservira dimanche pour la prochaine sortie forêt. 

 

 

Photos du Lutin NCAP et Riah50

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PREUVES D'AUTOMNE

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-11-2011 22:26:18 - 3 commentaires

 

Jeudi

Enfin la pluie. Cette sécheresse m'avait littéralement vidé de ma substance. Dix-huit minutes depuis chez moi, j'arrive à la Plaine déserte pourvu d'une énergie nouvelle et, après avoir fait un tour de piste, j'enchaîne les deux cents mètres à des rythmes oubliés.

 
C'est comme si l'énergie était revenue subitement avec la pluie. Chaque départ est ponctué d'amples mouvements de bras qui me hissent à une allure à laquelle la souffrance ne peut m'atteindre.

Le premier virage est inondé et mes semelles frappent impitoyablement la piste dont les larmes constellent mes chevilles. Encore cent mètres et c'est déjà la fin. 

Je descends à peine en rythme durant le demi-tour suivant et c'est à nouveau l'accélération. La bruine forme comme un linceul diaphane et frais que je pénètre avec énergie mais sans jubilation.

Je connais cet état, ce détachement. Un jour de décembre, alors que la neige recouvrait les pistes, j'avais couru et paisiblement conversé avec une ombre. Il y a des jours plus étranges que d'autres et ce jeudi de novembre en fait partie.

 
Depuis si longtemps, je perds de la substance mais aujourd'hui, la pluie me préserve de la sécheresse de l'existence.

 
Après cinq bons kilomètres de jaillissement, je me résous enfin à repartir de la Plaine. Je commence ma saison de cross dans deux jours. 

Samedi
 
Je ne sais pas très bien ce que j'ai fait hier et me voilà en pleine campagne mais cette fois-ci, je ne semble pas seul. Le départ est donné.

A presque cinquante-six ans, je deviens enfin raisonnable et tout se passe bien. Je compte douze côtes parmi les prés et les bois. C'est dur mais c'est pour cela que je m'y plais. Dommage, il ne pleut pas. La fraîcheur et le gris de l'automne  apaisent cependant les douleurs de l'été.

Ma montre affiche un rythme étonnamment régulier et je termine le cross sans faiblir. J'ai eu l'impression d'aller vite alors que je sais très bien que je m'enfonce chaque année dans les profondeurs du classement. Est-ce cela vieillir : avoir l'impression d'aller vite alors que le monde vous dépasse encore et encore jusqu'à vous laisser enfin dans les tourments de l'immobilité ?

Ces gens, je les aime sincèrement et je n'aurais manqué cette soirée pour rien au monde. Le cross de l'après-midi ne m'a pas éprouvé et la fatigue ne me tracasse pas outre mesure.

Le vin est parfait. Je ne serai jamais connaisseur mais je sais apprécier le soleil qui a baigné la vigne. La pluie, elle, se remet à tomber. Ce n'est pas une souffrance mais je me retrouve à nouveau à la Plaine dans la pénombre d'une soirée d'automne. Il est temps que je rentre. Mes amis, je les retrouverai demain.

Dimanche
 
D'aucuns m'envient cette faculté de chuter dans le sommeil. C'est comme une conscience qui se suicide. Le noir. Rien avant et rien après.

Je suis déjà en forêt et je cours. C'est presque une fuite. J'attends à peine les autres, c'est une transgression. Les monts sont pris de face et nous cumulons bientôt près de mille mètres de dénivelé mais pourtant je ne ressens pas les douleurs inhérentes aux lendemains de compétition. 

Je vais parfois très vite, frôlant à peine racines et roches. De longues, très longues montées me rappellent à la réalité et je perçois ainsi mieux les autres.

La dernière descente, je la fais seul, m'égarant une fois de plus pour un court moment. Je vole et la forêt bruisse.

Deux heures quarante-trois et je sors de la brume pour entrer dans la chaleur utérine de l'amitié. Un verre de bière à la main, je suis moi. Je me suis.

 

 

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MARATUS MAN

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-11-2011 19:37:14 - 5 commentaires

 

Photos Jürgen Otto

Maratus Volans
 
 
Encore une histoire d'araignée, allez-vous dire, ça devient une obsession...
 
Oui mais là, je peux vous présenter un document exceptionnel grâce à l'autorisation de son auteur, Jürgen Otto, un scientifique australien habitant à Sidney qui est le seul actuellement à avoir filmé la parade nuptiale de cette araignée du Queensland. 
 
Cela tient de l'exploit technique quand on sait la taille de l'individu : 4 ou 5 mm.
 
 
Se reproduire n'est pas une mince affaire chez les araignées et Maratus volans ne fait pas exception. 
 
Il doit d'abord se signaler à la femelle en agitant sa troisième paire de pattes avant de déployer sa fameuse "voile" colorée pour charmer madame.
 
 
L'art de la séduction est ardu et dangereux car si la femelle n'est pas intéressée ou n'a pas identifié le mâle, il est immédiatement attaqué et dévoré.
 
Arrivé à trois centimètres de la femelle, Monsieur se met à effectuer une danse effrénée dont le but est de fasciner Madame  qui entre en transes, ce qui a pour effet de la paralyser. Le mâle peut ainsi féconder tranquillement la femelle à l'aide de ses pédipalpes.
 
Voici la vidéo de Jürgen Otto :
 

Merci à Jürgen Otto pour son aimable autorisation.

Son profil Flickr

 

 

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UN AUTOMNE EN PENTE DOUCE

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-11-2011 21:03:56 - 3 commentaires

 

Premier Novembre


Il a plu ce matin mais le soleil n’avait pas dit son dernier mot. Encore un jour de lumière à la douceur d'exil, pareil à ces souvenirs que l'on sait morts mais qui vous réchauffent pourtant le cœur.


L'ipomée, en son sein, semble avoir gardé l'été qui nous a si cruellement manqué et elle nous le restitue maladroitement dans une lumière à la froideur irréelle.


Le cœur des fleurs... un mystère qui m'a fasciné depuis ma toute petite enfance et qui ne cesse de bruire de promesses féminines. Ainsi, cette capucine devient pour un instant un voyage, une rencontre.


Les fuchsias, dans ce jardin orienté au nord, sont les dernières plantes à fleurir abondamment, clochettes sanguines aux entrailles épiscopales.


Souvenir de ces vacances de sable bordées d'infini vert, j'ai gardé un arbousier qui, non content de s'adapter au septentrion, s'est mis à prospérer fier et luxuriant. Cette année, pour me signifier sa mâle vigueur, il s'est couvert de fruits écarlates auxquels je ne touche guère, préférant laisser ces pointes de gaîté orner ce petit arbre à l'insolente santé.


Mes amies araignées se sont fait discrètes depuis quelques jours et les hyménoptères survivants se sont calfeutrés tout comme les coccinelles que je dérange encore en taillant mes arbustes. Seuls quelques rustiques diptères m'observent encore comme cet éristale à la dégaine d'abeille...


 ... ou ce petit syrphe qui se désaltère sur cette fleur de millepertuis, astre miniature couvert de rosée vespérale.

Seize heures,  l'obliquité des rayons qui donne cette si belle lumière a l'ombre pour contrepartie. Il est temps que le voleur de couleurs réintègre son illusoire abri. L'automne est là.


 

 

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