KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Juillet 2010
Le Lutin d'Ecouves

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Archives Juillet 2010

LES FOLIES D'ESPAGNE 19

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-07-2010 09:10:37 - 3 commentaires

 

Alessandro Scarlatti

1660-1725

 

 

Avant d'être le papa du petit Domenico aux 555 sonates, Alessandro Scarlatti fut un musicien important de la fin du XVIIème et du début du XVIIIème en Italie.

Né  en Sicile, il se retrouve à 24 ans maître de chapelle du marquis del Carpio, Vice-Roi de Naples alors sous domination espagnole.

C'est pendant cette période (20 ans) qu'il se fera connaître par ses opéras en se plaçant, non comme le créateur de l'opéra napolitain mais comme le plus prolifique et le plus important compositeur de cette école.

A partir de 1702, suite à une situation politique qui se dégrade (guerre de succession d'Espagne) Scarlatti quitte Naples, voyage en Italie et travaille quelques temps à Rome où il va se consacrer le plus souvent à la composition d'oeuvres religieuses.

C'est en 1708 que Scarlatti retrouvera son ancien poste à Naples à la faveur de la prise du royaume par les Autrichiens. 

 

Thème de la Follia par Scarlatti
 

 

Face à son importante production vocale (115 œuvres théâtrales, 25 oratorios et grandes cantates spirituelles, plus de 650 cantates de chambre, une centaine de motets dont un Stabat Mater, une quinzaine de messes et quelques madrigaux), sa production instrumentale paraît maigre : 12 Sinfonie di concerto grosso (1715), des concertos pour cordes, quelques sonates à quatre, deux sonates pour flûte et clavier, des toccatas, fugues et pièces diverses pour le clavier.

 

C'est parmi ces pièces que l'on trouve une Follia (avec 2 L, on est en Italie) pour clavecin écrite en 1723 à une époque où le compositeur s'était déjà mis  en semi-retraite.

 

Variazioni su la Follia

 

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Texte de référence : billet 1
 
 
 
 
 

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LES HABITANTS DU CHARDON BLEU

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-07-2010 19:29:38 - 13 commentaires

 

 La vie en bleu

 

 

Il y a quatre ans, j'ai ramené un petit chardon bleu de Bretagne. Il a bien prospéré dans mon jardin et, malgré son aspect râpeux, il attire chaque matin des dizaines d'insectes. Une vraie HLM entomologique...

 

 

Elle, elle ne butine pas, c'est un carnivore. Vous l'avez reconnue, c'est la coccinelle ; elle vient juste de sortir de sa nymphe. Regardez-la bien, elle ne va pas garder cette couleur longtemps...

 



 Voilà, en quelques heures, on a séché et pris sa jolie couleur rouge qui avertit les oiseaux :"Je suis immangeable !"

J'ai essayé pour vous : la coccinelle est ce qui se fait de plus amer !!!

 

 

Ce beau chardon exhale une vague odeur de cadavre encore un peu frais, il n'en faut pas plus pour que les mouches arrivent .

 

 

Certaines guêpes fouisseuses comme ce sphégien semblent apprécier le pollen de chardon mais ce sont, bien sûr les abeilles qui le fréquentent le plus.

 

 

Bien sûr, l'abeille commune qui se fait malheureusement de plus en plus rare.

 

 

Avant d'avoir ce chardon, je ne savais pas qu'il y avait autant d'espèces d'abeilles comme cette colletes succintus...

 

 

 Ou cette abeille noire avec ses étagères à pollen sur les pattes arrière.

 



Encore une abeille solitaire (colletes hederae) au look de guêpe, histoire d'effrayer le touriste.

 

Mais qui fréquente en masse le chardon bleu ? C'est le cousin bourdon dont  au moins trois espèces le butinent dès le lever du soleil :

 

 
 
 
Photos prises avec un compact Sony TX5
 
 

 

 

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EN EXCLUSIVITE : AVATAR II

Par Le Lutin d'Ecouves - 26-07-2010 09:24:50 - 8 commentaires

 

La bande annonce !

 

James Cameron a eu la gentillesse de m'envoyer la bande annonce de son dernier film rien que pour Kikouroù. Il n'est pas exclu que je joue un petit rôle dans la version finale, histoire d'augmenter encore les ventes de billets.

 

 

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LES FOLIES D'ESPAGNE 18

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-07-2010 16:32:33 - Aucun commentaire

 
François Le Cocq
1660 ? - 1730 ?
 
 
 
François Le Cocq ne doit son existence dans les encyclopédies qu'au talent de copiste de Jean-Baptiste de Castillion (1680-1753), prévôt de Ste Pharaïlde à Gand et vicaire général de l’évêque de Gand.
 
Celui-ci, reprenant la pratique de la guitare qu'il avait abandonnée vingt ans plus tôt, s'est ingénié à retranscrire 117 compositions de Le Cocq sur un manuscrit qui est parvenu jusqu'à nous.
 
Grâce à ce manuscrit, on apprend que Le Cocq fut musicien à  la Chapelle Royale de Bruxelles, qu'il eut l'honneur de jouer devant l'Archiduchesse gouvernante des Pays-Bas et qu'il a enseigné la guitare à l'Electrice de Bavière.
 
 
Toutes les pièces présentées sont composées pour la guitare à cinq choeurs, instrument fort à la mode à l'époque baroque comme je l'ai déjà écrit dans le texte consacré à Francesco Corbetta.
 
 

 On remarque que le dernier choeur est juste composé d'une chanterelle
 
 
 
Que le compositeur soit quasi inconnu et nonobstant belge n'enlève rien à la grande qualité de sa musique.  A l'instar des compositeurs de son époque, Le Cocq a produit une série de variations sur les Folies d'Espagne dont je vous livre la chaude et talentueuse interprétation du guitariste japonais Taro Takeuchi.
 
 
Folies d'Espagne
(22 variations)
 
 
 
 
 
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Texte de référence : billet 1
 

LOUÉE SOIT LA POLICE

Par Le Lutin d'Ecouves - 23-07-2010 10:40:15 - 6 commentaires

 

Pas d'accord !

 

Pas contents les membres du syndicat SGP Police quand ils ont vu cette affiche de mes voisins Sarthois, "Les Poulets de Loué" :

 

 

Bon, l'uniforme n'est pas très actuel mais on sent comme une raillerie. Personnellement, je trouve la pub plutôt bon enfant mais en ces temps difficiles (suppressions de postes, politique du chiffre, surdité de la hiérarchie) dans la police et la gendarmerie, je peux imaginer que cela irrite...

 

Donc, pas de railleries, sarcasmes lazzis et autres pasquinades de la part du Lutin mais une interrogation : Pourquoi compare-t-on les policiers à la gent emplumée ?

 

C'est carrément le site du ministère de l'intérieur qui nous renseigne sur le sujet :

"En 1871, Jules Ferry met à disposition de la préfecture de police la caserne de la Cité pour en faire son siège. Cette caserne ayant été bâtie sur l'emplacement de l'ancien marché aux volailles de Paris le sobriquet de poulet est alors donné aux policiers."

 

 

Eloignons-nous de la police mais restons avec les poulets. Une acception vieillie de terme est : "message, billet doux". L'usage de poules à la place des  pigeons pour porter les lettres d'amour pourrait sembler douteux mais il faut se pencher sur l'explication fournie par Louis Sébastien Mercier à la fin du XVIIIème siècle :

 « C’étoit autrefois en Italie les vendeurs de poulets qui portoient les billets doux aux femmes : ils glissoient le billet sous l’aile du plus gros, et la dame avertie ne manquoit pas de le prendre. Ce manège ayant été découvert, le premier messager d’amour qui fut pris, fut puni pas l’estrapade, avec des poulets vivants attachés aux pieds. Depuis ce tems, poulet est synonyme de billet doux. » 

 

 Supplice de l'estrapade

 

Et si l'on faisait porter les lettres d'amour par la Police ? En voilà une idée qui améliorerait son image !

 

 

 

 

 

 

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CANICULE : UNE ETOILE QUI A DU CHIEN

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-07-2010 15:29:56 - 6 commentaires

 

Sirius (Alpha Canis Majoris)

Alpha du grand chien

 

 

Proche de l'écliptique, donc basse dans le ciel nocturne, la constellation du grand chien contient l'étoile la plus brillante du ciel : Sirius. Or, cette étoile se lève et se couche avec le soleil durant la période allant de la fin juillet à la fin août.

Cette période a été appelée Canicule (du latin canicula = petite chienne).

Voilà, en gros ce que disent Wikipédia ou le site de Météo France que j'ai consultés. Et pourtant, Sirius n'est pas située dans la constellation du petit chien (Canis Minoris) mais du grand chien (Canis Majoris). Il fallait que le Lutin cherche plus loin...

 

On peut supposer que le surnom latin de Sirius était, en fait,  "cani gula" (gula = gosier) ce qui désignait la position exacte de l'étoile, à la base de la gorge du grand chien (voir dessin). Le terme, très proche phonologiquement de canicula, se serait confondu avec celui-ci.

 

Le chien est ensuite allé faire un tour dans les  langues d'Oc (can/cania) où il a donné Cagnard, mot désignant d'abord le côté de la rue exposé au soleil  (dictionnaire étymologique de la langue françoise de Ménage - 1750) mais aussi les paresseux qui se prélassent au soleil (un cagnard, une cagnarde).

Il est à noter que le mot cagnard, remonté au nord à la faveur des congés payés pendant le vingtième siècle, s'est mis à désigner de manière plus récente la période de chaleur elle-même. En un mot : la canicule.

 

Les peuples anglo saxons utilisent aussi des termes faisant référence à Sirius. Les Anglais utilisent le terme Dog Days (jours du chien) pour désigner la canicule. En allemand, le mot Hundsstern (étoile du chien) est plus précis, puisqu'il désigne Sirius elle-même.

 

Quant aux Russes, ils ne se sont pas fatigués en inventant le mot "vacances", ils ont repris le terme canicule : каникулы  (Kanikouly).

 

 

 

 

 

 

 

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ECOUVES 2009-2010 : LES YEUX EN DEDANS

Par Le Lutin d'Ecouves - 20-07-2010 00:17:23 - 10 commentaires

 
 
Troisième saison
Septembre 2009-Juillet 2010
 
 
La forêt n'est jamais la même d'une année sur l'autre mais cette année, c'est encore plus évident. Voilà trois cycles que je la photographie et à chaque fois, elle me renvoie une image différente.
 
J'ai fini par comprendre que l'on ne photographie pas des objets mais de la lumière. Depuis septembre, un sentiment de frustration s'est installé pour ne me quitter qu'à de rares moments : la luminosité ne convenait jamais. J'ai ainsi eu l'impression de passer à côté de l'automne et d'une partie du printemps. Et que dire de l'été qui écrase toute perspective ?
 
Au bout d'un moment, j'ai réalisé que je photographiais en dedans...
 
 
 
 
La vie n'est jamais la même d'une année sur l'autre mais cette année, c'est encore plus évident. Voilà trois années que j'essaie de la transcrire par écrit et à chaque fois, elle me renvoie une image différente.
 
J'ai fini par comprendre qu'on n'écrivait pas sur des faits mais sur des ressentis. Depuis un an, un sentiment de frustration s'est installé pour ne me quitter qu'à de rares moments : les mots n'étaient jamais vraiment à leur place. J'ai ainsi eu l'impression de passer à côté d'une partie de mes sujets dont certains sont restés sous forme d'ébauches maladroites.
 
Au bout d'un moment, j'ai réalisé que j'écrivais en dedans...
 
 
 
 
Philip Glass : Quatuor N°2
 
 
 
 
 

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LES FOLIES D'ESPAGNE 17

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-07-2010 14:05:41 - 2 commentaires

 

Michel Farinel

1649-1726

 

 

Pauvre musicien dauphinois ! Michel Farinel est né à Grenoble et mort à La Tronche juste à côté. Et pourtant, ni les sites, ni les pages Wikipédia des deux villes respectives ne font allusion à ce musicien ni aux membres de sa famille (chez les Farinel, on est musicien de père en fils). Ingratitude et béotianisme !

Vraiment, faire partie du gratin dauphinois et ne pas être reconnu dans sa ville de La Tronche, il y a de quoi faire la tête !

 

Comme tout bon musicien baroque, Farinel voyage pour parfaire son éducation et étudie à Rome sous la direction de Carissimi. Dès 1672, il revient en France où il épouse Marie Cambert, fille d'un musicien émigré à Londres.

Le couple se rend justement un moment à Londres avant d'émigrer ensuite à Madrid où Farinel est nommé surintendant de la musique de la reine Marie-Louise (fille du duc d'Orléans).

C'est pas fini ! En 1688, Michel est nommé violoniste à la cour de Versailles mais il n'y reste qu'un an avant de retourner dans son Dauphiné pour diriger la musique du monastère royal de Montfleury près de Grenoble. 

 

Si Farinel est connu, c'est grâce à son passage à Londres qui fut pourtant assez court. Cela se situe à l'époque où, bien avant Corelli, Lully publie ses Folies d'Espagne qui ont un certain retentissement même si la partition du musicien romain reste déterminante dans la diffusion du thème. A l'instar de nombreux musiciens du moment, Michel va composer et donner ses variations sur les Folies d'Espagne qui auront un certain succès.

C'est le musicien John Playford qui publie les variations de Farinel dans "The division violin" (1684) sous le titre de Faronell's Division on a ground

 

Faronell's division on a ground

(11 variations)

 
 
 
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Texte de référence : billet 1
 
 
 
 

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EXCLUSIF ! UN MARIAGE CHEZ LES LUTINS !

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-07-2010 20:56:15 - 29 commentaires

 

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UNE ETRANGE CHALEUR VENUE DU FROID

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-07-2010 11:04:25 - 12 commentaires

 
 
Trente décembre 
 
 
 
 
Vous imaginez moins seize degrés en Normandie, vous ? De la neige à ne plus savoir qu’en faire et un bébé en couveuse…

Dès sa sortie, on nous annonce que le bébé a de la fièvre et abracadabra, le nouveau-né escamoté.

"Au fait, c’est un quoi ? fais-je très prosaïquement.
- Une petite fille, une belle petite fille !"

Pour bien faire les choses, la pédiatrie est à l’opposé de la maternité, ce qui en ce jour de blizzard transforme la paternité en parcours du combattant. Et pourtant, cheminant parmi les monceaux de neige pelletée à la hâte, je ne sens pas la morsure du froid. Je suis immunisé par l’émotion. Quelque chose d’entièrement nouveau, venu du fond des âges.

Voilà que j’arrive dans un couloir vitré avec, à ma droite, une enfilade de boîtes en verre dans lesquelles une dizaine de petits rôtis de porc vagissants s’agitent mollement.
Interrogation et sentiment de stupidité. C’est mon premier enfant et je ne l’ai aperçu que quelques minutes. Il fait comment le primo-paternel ? Il fait des grimaces au hasard au premier bébé qu’il aperçoit ?

Ben non, je la reconnais tout de suite. Elle est très belle, pas fripée comme les autres shar-péïs et elle gueule comme un veau, protestant contre sa boîte trop petite pour son physique d’athlète.

Septicémie… drôle de commencement pour quelqu’un qui ne tombera plus jamais malade hormis quelques vomis règlementaires.

C’était les derniers jours de 1984 et j’étais papa d’une petite fille indestructible dont la douceur le disputait à l’affection. Le genre de gosse qu’une nourrice paierait pour s'en occuper.
 

 Dessin de ma Josette d'après Gotlib (1984)
 
 
Une coupe au carré et des jupes qui tournent plus tard, elle se révèlera une sœur comme on en fait peu puis une superbe adolescente qui eut la finesse de s’opposer sans violence et toujours avec humour.

Et nous voici à deux jours de son mariage avec un gars qu’elle a eu la sagesse de choisir complètement différent de son père.

Presque vingt-six années et quarante-cinq degrés nous séparent de ce moment de décembre mais j’entends encore le crissement de la neige sous mes pas, je sens encore l’écho de cette émotion nouvelle.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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