KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Mai 2020
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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (II)

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-05-2020 11:20:09 - 1 commentaire

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (2ème partie)
 
 
Après avoir exploré une fraction de l'immense famille des syrphes, intéressons-nous à des mouches qui ont l'air de mouches : les muscidés, les calliphoridés et les tachinidés.


  Musca domestica
 
La mouche domestique est l'insecte dont la répartition mondiale est la plus vaste car, si elle vit facilement dehors, elle s'est adaptée à l'habitat humain et participe même à sa décoration en dessinant sur les voilages. C'est un animal opportuniste qui peut se nourrir d'à peu près tout ce qu'il trouve avec une préférence pour les sucres, les cadavres, les déchets alimentaires et les excréments mais la mouche ne mange que liquide et donc régurgite sa salive sur la nourriture pour la dissoudre avant de l’aspirer avec sa trompe. Miam ! Sa larve s'appelle asticot dont l’œuf est pondu dans de la nourriture où elle doit se débrouiller pour grossir et se métamorphoser. Une mouche peut pondre jusqu'à 1000 œufs dans sa vie. La mouche domestique est vecteur d'un tas de maladies car elle-même supporte plus de 100 pathogènes différents. Comme elle vit avec l'homme, elle a dû subir les attaques insecticides de notre espèce et elle s'est donc adaptée à cela en devenant une des espèces les plus résistantes à la chimie tchernobylienne. Tout cela n'en fait pas apparemment un animal très sympathique mais, après tout, les maladies qu'elle colporte ce sont les nôtres et les différentes résistances qu'elle a acquises, c'est à notre contact. La mouche domestique, c'est un peu le rat des insectes et comme lui, elle a co-émigré et co-évolué avec notre espèce.
 
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 Phaonia subventa

Autre muscidé, Phaonia subventa vit dans les endroits végétalisés et pond ses œufs dans des feuilles ou du bois en décomposition mais aussi dans des charognes. Les yeux rapprochés du spécimen photographié indiquent qu'il s'agit d'un mâle, la femelle les ayant bien séparés. C'est un trait commun à beaucoup de mouches.

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 Hebecnema vespertina
 
Cette petite mouche (5 à 6 mm) fait aussi partie des muscidés, elle est très répandue en Europe et en Amérique.  On remarquera son élégance de lignes, les soies blanches sous les yeux et ses petits crochets blancs au bout des pattes.

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Lucilia sericata
 
Nouvelle famille : les calliphoridés, des mouches aux belles couleurs. La lucilie soyeuse, aussi appelée mouche verte est, comme la mouche domestique, une fidèle compagne de l'homme. Sa fidélité va jusqu'à pondre ses œufs dans les cadavres oubliés en pleine nature, ce qui en fait une des espèces utilisées par la médecine légale pour dater les décès. En dehors des cadavres de divers animaux, cette mouche pond dans les plaies ou les excréments. Cette espèce est d'ailleurs utilisée en "larvothérapie" pour nettoyer certaines plaies infectées en nettoyant les tissus nécrosés et en épargnant les tissus sains. La salive liquéfie les tissus nécrosés qui sont aspirés par les larves. Cette salive contient en outre des peptides antimicrobiens efficaces contre les contaminations bactériennes (source Quel est cet animal). Pas si mal pour une mouche à m... !

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Protocalliphora azurea
 
Ces mouches bleues ne vont pas chercher à s'intéresser à votre nourriture car elles se nourrissent essentiellement sur les fleurs d'apiacées ou de lierre bien que la femelle de celle-ci aime à se restaurer de la transpiration humaine ou des déjections fraîches d'oiseaux. La larve hématophage de cette espèce se développe dans les nids de passereaux dont elle parasite les oisillons.

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Calliphora vicina

La calliphore bleue est une mouche à viande très courante et cosmopolite qui pond ses œufs dans toutes sortes de cadavres y compris le poisson. Ses larves se nourrissent de la chair en décomposition en la liquéfiant avec leur salive. Leur action est déterminante en tant que nettoyeurs de la nature. Elles servent bien sûr aussi à la datation en médecine légale.  Les adultes se nourrissent cependant de nectar, de matières sucrées et de fruits en décomposition. Cette mouche joue un rôle important dans la pollinisation de l'arum italicum et la dispersion des spores du phallus impudicus, cette plante et ce champignon dégageant une odeur de décomposition propre à attirer la femelle de cette calliphore.

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Tachina fera

Les tachinaires (ou tachinidés) sont une famille de mouches généralement appréciée des jardiniers car leurs larves sont parasites d'autres insectes, particulièrement de chenilles qui ont souvent la mauvaise idée de se nourrir des produits du potager. La tachinaire hérissonne se nourrit de nectar mais ses larves parasitent les chenilles de papillons de nuit qu'elles pénètrent pour les dévorer de l'intérieur avant de procéder à leur métamorphose.

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Eriothrix rufomaculata


Cousine tout aussi hérissée, cette tachinaire rouge à pattes noires a des mœurs identiques à celles de sa cousine jaune, parasitant aussi des chenilles de papillons de nuit.

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Sturmia bella

Cette belle tachinaire gris-bleu a une autre stratégie  : elle pond ses œufs sur les orties dont se nourrissent les chenilles de la petite tortue (aglais urticae), un papillon de jour très courant. Trop occupées à boulotter, les chenilles ne s'aperçoivent pas qu'elles avalent des œufs qu'elles ne digèrent pas, leur système digestif n'étant adapté qu'aux orties. Les chenilles continuent leur croissance jusqu'à leur dernière mue mais pendant la formation de la chrysalide, elles se font dévorer de l'intérieur par les larves qui s'échappent enfin du cadavre pour finir leur métamorphose au sol (Source Filming VarWild).


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Phasia barbifrons

Cette toute petite tachinaire fort élégante n'a pas suffisamment été étudiée pour qu'on connaisse son espèce hôte. On sait juste qu'elle présente les caractéristiques de sa famille de mouches parasites.

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Phania funesta
 
Inutile d'aller chercher bien loin pour comprendre son nom... Phania funesta est une  petite tachinaire endoparasite des punaises.

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Ectophasia crassipennis


La phasie crassipenne a des petits airs de syrphe mais c'est bien une tachinaire qui parasite aussi les larves des punaises de diverses espèces comme la punaise arlequin ou la punaise des baies. Les adultes comme on le voit sur la photo sont des butineurs qui apprécient particulièrement les apiacées (ombellifères).

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Cylindromyia bicolor

Eloignez les enfants... Cylindromyia bicolor est très facile à identifier grâce à sa forme cylindrique, sa couleur, sa tache noire sur le dessus de l'abdomen, ses gros cuillerons blancs qui protègent ses balanciers et bien sûr ses belles épines de tachinaire. Elle aussi parasite une punaise, plus précisément la punaise nébuleuse présente dans mon jardin.







 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-05-2020 18:11:38 - 5 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (1ère partie)
 
Les diptères, sont des insectes qui ne possèdent qu'une paire d'ailes (d'où le nom), la deuxième paire étant généralement réduite à l'état de balanciers servant de stabilisateurs durant le vol. Parmi les diptères, se situe la famille des moustiques fameux criminels en série qui tuent un million d'humains par an sur Terre (par les maladies qu'ils inoculent) alors que l'homme n'est même pas capable d'en tuer la moitié (430 à 480 000 meurtres pas an, petit joueur !). Vous ne trouverez pas ici de photo de moustique car j'ai tendance à les trucider supportant mal d'être pompé au niveau sanguin. A noter que ce printemps, j'ai déjà assassiné une bonne dizaine de moustiques tigres (qu'ils sont lents !) alors qu'ils ne sont pas signalés dans l'Orne et dans les départements limitrophes).
 
Une grande majorité des diptères sont appelés mouches et j'espère contribuer à la réhabilitation de ces insectes souvent très utiles et parfois très beaux, il suffit de les regarder de près. Ce premier chapitre est entièrement consacré aux syrphes de mon jardin. Les syrphes, facilement reconnaissables à leurs couleurs sont de remarquables et indispensables pollinisateurs, aussi importants mais moins connus que les abeilles.
 
 
 Volucella zonaria
 
Cette magnifique mouche de grande taille (2,5 cm) c'est la volucelle zonée, elle est appelée mouche frelon par les Anglais car elle imite visuellement le frelon mais rassurez-vous, elle ne possède pas de dard et n'est pas équipée pour mordre. Cela dit, son aspect décourage de nombreux prédateurs qui hésitent à se frotter à ce qu'ils pensent être un hyménoptère irascible. Cette volucelle ne fait pas qu'imiter le frelon, elle le parasite en pénétrant dans les nids, protégée par son aspect mais aussi par les phéromones trompeuses qu'elle dégage et elle y pond ses œufs. Après éclosion, lorsqu'elle quitte la cellule qu'elle occupe, la larve de volucelle se nourrit de débris ou même de cadavres de frelons, effectuant ainsi un rôle de nettoyeur utile à la colonie de ses hôtes.

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Volucella pellucens
 
Un peu plus petite,  la volucelle transparente est appelée ainsi car une partie de son abdomen est constitué de sacs aériens utiles au vol en allégeant l'insecte. C'est un ectoparasite de la guêpe commune mais elle ne cherche pas à imiter son aspect, se fiant aux odeurs qu'elle dégage et qui trompent suffisamment ces hyménoptères pour qu'on la laisse pondre ses œufs à l'intérieur du nid. Comme pour sa cousine zonée, les larves de la volucelle transparente se nourrissent en servant d'éboueurs du nid de guêpe. Ce type de parasitisme est donc proche d'une forme de symbiose.
 
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 Helophilus pendulus

L'hélophile suspendu est un très joli syrphe habitué aux zones humides (hélophile : qui aime les marais), ce qui ne l'empêche pas de rayonner jusque chez moi (j'habite à 1000 m de la Sarthe et de ses zones inondables). C'est bien sûr un butineur comme tous les syrphes mais sa larve est aquatique et elle se nourrit en se déplaçant dans des eaux chargées en matière organique la tête en bas, respirant par son siphon postérieur qui affleure à la surface.

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Merodon equestris


La mouche des narcisses imite cette fois-ci un petit bourdon mais ne cherche pas à parasiter cet animal. Ce syrphe assez précoce au printemps dépose ses larves dans les bulbes de narcisses et de lys où il peuvent faire quelques dégâts en creusant des galeries pour se nourrir, les adultes se nourrissent du pollen et du nectar de ces fleurs.

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Eristalis tenax

L'éristale tenace (ou gluante ou  mouche pourceau) est un syrphe très courant que l'on peut confondre avec l'abeille à cause de sa taille, son aspect et sa façon de voler et de butiner sur place. Cette mouche est bien sûr totalement inoffensive. Vous en voyez souvent voler en stationnant un moment dans un rayon de soleil pour plonger habilement et subitement car ce sont d'excellents voiliers. Les noms peu flatteurs qu'on lui attribue sont dus à son habitude de pondre dans des endroits fortement pollués comme le purin, les eaux stagnantes très chargées en débris organiques et bien sûr les toilettes au fond du jardin dont la quasi disparition est un véritable drame pour un bon nombre d'espèces de diptères. La larve de cette mouche pourceau est bien moche en forme de ver à queue de rat, elle se nourrit des déchets trouvés dans ces eaux polluées, effectuant ainsi son travail de nettoyeur ; sa queue lui sert juste à affleurer à la surface de l'eau pour lui permettre de respirer. Rassurez-vous, l'adulte est parfaitement propre et se nourrit en butinant.
 
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 Eristalis pertinax

Pas facile à distinguer de sa copine... L'éristale opiniâtre a un abdomen plus conique et surtout les tarses 1 et 2 jaunes. Son comportement et celui de ses larves à queue de rat est identique à ceux de l'éristale tenace. Après tout, tenace et opiniâtre sont synonymes...

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Eristalis arbustorum

L'éristale des arbustes est un peu plus petit et un peu plus gracieux. On le trouve butinant les apiacées, les cirses, les chardons, le séneçon, les centaurées... Ses larves sont, elles, aussi moches que celles de ses camarades éristales et elles se nourrissent aussi dans le caca... On ne se refait pas.

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Myathropa florea

Voilà un nom plus avenant : le syrphe des fleurs. Les anciens l’appelaient le syrphe tête de mort à cause du dessin sur la partie supérieure de son thorax, ils ignoraient en fait qu'il s'agit du signe de Batman que tout le monde reconnaît aisément. L'adulte est un grand amateur du nectar d'un tas de fleurs, sa larve "queue de rat" se développe dans les eaux stagnantes chargées en matières organiques comme celles des autres éristales.

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Epistrophe melanostoma

Le syrphe de mai est un butineur polyvalent, comme tous les épistrophes, ses larves se nourrissent de pucerons, bonne nouvelle pour les jardiniers !

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Epistrophe eligans
 
Ce joli syrphe qui brille comme de l'or est qualifié d'élégant. Lui et ses larves ont le même comportement que le syrphe de mai. Une étude a été menée sur les larves de cet insecte, mettant en évidence une éclosion plus précoce qu'il y a vingt ans, preuve supplémentaire du réchauffement climatique.

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 Syrphus ribesii

Ok, il n'est pas à sa place sur une poire mais c'est un syrphe du groseillier sur lequel se développent ses larves apodes qui se nourrissent de pucerons et mon groseillier, il en a des tonnes de pucerons !

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 Episyrphus balteatus


Nous en arrivons aux syrphes de petite taille que les âmes craintives prennent parfois pour des mini guêpes. Le syrphe ceinturé est une véritable bénédiction de la nature car, en plus d'être à 100% inoffensif, c'est un pollinisateur hors pair, notamment du colza qui aurait bien du mal à se développer sans ce petit insecte ; mais ce n'est pas tout, sa larve est une grande consommatrice de pucerons (elle peut en 10 jours de croissance consommer jusqu'à 1000 pucerons) et l'on commercialise d'ailleurs ces insectes pour en protéger les cultures, entre autres sous serre.

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Scaeva selenitica

Pour qui n'est point trop attentif, tous ces petits syrphes se ressemblent. Celui-ci butine un grand nombre de fleurs et sa larve a une préférence pour les pucerons des conifères qui sont plus gros.

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Sphaerophoria scripta

Le syrphe porte-plume est très fin, d'où son nom. La femelle a le bout de l'abdomen pointu contrairement au mâle présenté ici. Comme ses collègues, c'est un très bon pollinisateur et ses larves en forme de sangsues boulottent les pucerons avec entrain. Cette espèce est migratrice et elle hiverne dans le sud de l'Europe.

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Eupeodes luniger

On ne va pas se répéter quand même : butinage et pucerons. Les maraîchers apprécient particulièrement ces petits syrphes. A noter qu'une révision des eupeodes (4 espèces dans nos régions  d'Europe de l'Ouest) a eu lieu en 2007 et que certains spécialistes affirment qu'on ne peut vraiment les distinguer qu'en disséquant les parties génitales (comme quoi, ça existe vraiment les gens minutieux qui ont des pratiques répréhensibles envers les mouches). Vu la taille de l'animal et l'état de ma vue, j'en resterai à mes observations actuelles.

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 Xanthogramma pedissequum

Contrairement à ce que j'ai lu sur Wikipedia, ce petit syrphe est courant dans toute l'Europe de l'Ouest même s'il ne pullule pas. Il a les même mœurs que ses camarades cités plus haut mais il est à remarquer qu'on a retrouvé des larves de cette espèce se nourrissant dans des fourmilières d'éleveuses de pucerons (eh oui, certaines fourmis élèvent les pucerons pour les "traire"). Les connaissances étant limitées sur le développement de cette espèce, on ne sait pas encore quelles sont les stratégies développées par ces larves pour ne pas se faire agresser par les fourmis qui sont très jalouses de leur cheptel.

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Xylota segnis


La xylote indolente m'a demandé bien des efforts pour son identification et j'ai dû recourir à l'aide du site Quel est cet animal. Ce petit syrphe se balade volontiers sur les feuilles où elle mange les grains de pollen ou "suce" les pucerons qu'elle peut trouver, ceux-ci regorgeant de miellat sucré. Ses larves se nourrissent de sève mais on en a trouvé aussi dans des restes humains en décomposition selon certains entomologistes britanniques.







 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HYMÉNOPTÈRES (III)

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-05-2020 21:50:37 - 2 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Hyménoptères (3ème partie)
 
 
 Vespa velutina
 
Vous pensiez en avoir fini avec la famille des guêpes, eh bien non ! Voici le fameux frelon asiatique facilement reconnaissable à ses pattes jaunes. Contrairement à son cousin européen plus imposant (Vespa crabro), celui-ci ne se contente pas de passer au-dessus de mon jardin en vrombissant, il se pose et se laisse gentiment photographier car le frelon asiatique est, contrairement à la légende, beaucoup plus pacifique que le nôtre qui a tendance à être un peu grincheux. Comme chez toutes les guêpes sociales, les reines construisent des nids en papier où elles pondent les œufs donnant les premières ouvrières qui l'aident ensuite à agrandir le nid et ce n'est pas peu dire ! Un nid à maturité (très souvent arboricole) peut faire un mètre de haut. Au bout d'un moment, on a affaire à un véritable immeuble à frelons où la population peut aller jusqu'à 2000 ouvrières et 500 futures reines et au moins autant de mâles en fin de saison (travaux de Quentin Rome). Même si vespa velutina est plutôt placide, je conseillerai de ne pas approcher son nid à moins de cinq mètres même si je l'ai déjà fait de très près... Ce frelon est fructivore et butineur mais il nourrit ses larves avec de la viande d'autres insectes (abeilles, guêpes, mouches, papillons etc...) comme le fait le frelon européen. Il est même capable de prélever des lambeaux de viande sur des cadavres d'animaux ou sur votre steak si vous le laissez traîner dehors. Ce frelon est très rustique et il n'est pas rare de voir des femelles butiner jusqu'à début novembre alors que les autres hyménoptères survivants se sont cachés pour hiverner. Cependant, il peut mourir d'hyperthermie au-dessus de 45°C, c'est pourquoi les abeilles Apis ceranae asiatiques se jettent en groupe sur les frelons trop proches de la ruche pour les entourer d'une boule compacte et faire ainsi monter leur température jusqu'à leur mort.
 
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 Scolia hirta
 
Guêpe thermophile, la scolie hirsute est plutôt méditerranéenne mais comme pas mal d'espèces, elle est remontée au nord depuis quelques années, ce qui explique sa présence en Normandie intérieure (par contre, sur la presqu'île du Cotentin, on rencontre naturellement un certain nombre d'espèces sudistes ; cela est dû à la quasi absence de gel). Sa piqûre est réputée très douloureuse mais comme c'est une guêpe solitaire, n'ayant pas de nid à défendre, elle est nullement agressive et il faut être bien empoté pour se faire piquer. La femelle a une manière bien à elle de nourrir ses larves : plutôt que de faire un nid, elle repère au sol les larves de scarabées tels que la cétoine, creuse éventuellement pour y accéder, paralyse la larve avec son aiguillon et dépose un œuf fécondé à côté. Elle ressort au besoin en creusant à nouveau en laissant sa larve se débrouiller pour dévorer sa proie après son éclosion.
 
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 Philanthus triangulum

Encore un voyou détesté par les apiculteurs ! Ce petit crabronidé est un philanthe apivore qui, comme son nom l'indique, est un prédateur de l'abeille qui est pourtant un peu plus grosse que lui... C'est un insecte solitaire qui creuse des galeries dans le sol où il dépose des œufs fécondés accompagnés de deux à trois abeilles paralysées par œuf. Je l'ai personnellement vu procéder, attaquant une abeille en plein vol, les deux insectes sont tombés à terre et avaient l'air de se battre comme des chiffonniers. Le philanthe pique l'abeille sous la gorge, ce qui a pour effet de la paralyser grâce au venin puis il transporte son imposante proie jusqu'à son nid où elle sera dévorée à l'éclosion des petits.

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 Cerceris rybyensis

Le cerceris commun est lui aussi un petit crabronidé solitaire qui a les mêmes mœurs que le philanthe mais il s'attaque surtout à des petites abeilles de type lasioglossum qu'il mord au niveau de la nuque et qu'il pique pour les paralyser avant de les donner à manger à ses larves qui nichent dans un trou au sol.
 
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 Ectemnius cephalotes
 
Ectemnius cephalotes est aussi un petit crabronidé solitaire mais on peut le trouver dans des habitats collectifs creusés dans du bois tendre où chaque femelle s'occupe de ses propres larves en leur amenant des proies, essentiellement des syrphes (famille de mouches souvent rayées jaune et noir). Pour se nourrir, cet insecte butine des apiacées mais ne dédaigne pas pour autant les larves ou les petits insectes.
 
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Crossocerus podagricus

Ce petit crabronidé a pour proies de petits diptères qu'il capture pour nourrir ses larves. L'animal est très peu étudié et je n'en sais pas plus... désolé.


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 Isodontia mexicana
 
Les sphécidés sont une famille de "guêpes" particulièrement élégantes. Provenant d'Amérique, l'isodonte mexicaine s'est implantée dans la partie méditerranéenne de la France dès les années 1960 et elle ne s'est répandue au nord qu'à partir de 2003. Son arrivée dans mon jardin date de 2014, elle y vient butiner mes chardons bleus qui ont un grand succès car j'y ai compté jusqu'à 40 individus en même temps. Elle fait son nid dans des cavités de bois ou de bâtiments. Elle nourrit ses larves de sauterelles qu'elle aura préalablement paralysées en les piquant au niveau des ganglions nerveux. Les adultes (le mâle est nettement plus petit) sont des butineurs.
 
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 Podalonia hirsuta
 
L'ammophile hérissée est censée vivre dans la partie sud des Alpes et dans le Cotentin mais elle semble bien avoir rejoint le sud de l'Orne où j'habite, nouvelle preuve du radoucissement progressif du climat dans cette partie de la Normandie. Ce sphécidé creuse son terrier dans des endroits sablonneux où il entasse des chenilles paralysées servant à la nourriture de ses larves. 
 
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 Macrophya annulata

 
Les tenthrèdes (appelés "mouches à scie" bien que ce ne soit pas des mouches) sont des hyménoptères primitifs dont les femelles ont la particularité d'avoir un ovipositeur en forme de"scie" avec lequel elles incisent le feuillage ou les tiges des plantes hôtes pour y déposer leur ponte. De cette ponte sort ce qu'on appelle des "fausses chenilles" qui se nourrissent du feuillage sur lequel elles ont été pondues tout comme le font les "vraies chenilles" du papillon. Les chenilles de macrophya annulata sont des prédatrices du rosier, de la ronce et de la potentille.

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Arge pagana

La tenthrède du rosier, comme son nom l’indique, dépose ses œufs sur les rosiers ou églantiers où les fausses chenilles qui en sortiront risquent de faire pas mal de dégâts. Avec sa "scie", la femelle pratique une incision dans une tige, y dépose ses œufs en ligne puis referme la plaie grâce à une sécrétion qu'elle produit (Voir ici sur insectes-net.fr). 

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Amblyteles armatorius

Les ichneumons sont des hyménoptères dont la femelle possède un long ovipositeur parfois rétractable avec lequel elle dépose ses œufs dans les insectes hôtes (souvent des chenilles ou des chrysalides mais aussi des larves de coléoptères) sans les tuer ou les paralyser. L'hôte continue un moment sa vie pendant que la larve le grignote provoquant in fine sa mort. Amblyteles armatorius pond ses œufs dans des chenilles de noctuelles qui font de sacrés dégâts dans le jardin. Voilà pourquoi les ichneumons sont très appréciés des jardiniers.

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Ctenichneumon inspector ssp.nigriventris

Voici une magnifique femelle d'ichneumon sous-espèce de Ctenichneumon inspector. Comme beaucoup d'hyménoptères, si leurs larves sont souvent carnivores, les adultes butinent les fleurs pour se nourrir, mon pied d'angélique officinale est d’ailleurs apprécié par pas mal d'espèces...

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Ophion luteus

L'ophion jaune (il est en fait plutôt roux...) est un insecte tardif qui émerge à la fin de l'été. J'ai photographié ce spécimen un 16 novembre à une époque où on ne voit plus guère d'insectes hormis une ou deux femelles frelon asiatique à la recherche d'un abri. Cet ichneumon parasite lui aussi diverses chenilles.

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Lasius emarginatus

On allait oublier les fourmis ! Ce sont bien des hyménoptères comme les guêpes ou les abeilles et comme ces dernières, elle possèdent une organisation sociale sophistiquée et même plus complexe. Une fourmilière a non seulement une organisation architecturale (différentes salles pour différentes fonctions) mais les fourmis ont aussi une organisation sociale plus développée que les abeilles car s'il y a bien une reine (qui peut vivre parfois dix à quinze ans), des femelles et des mâles destinés à la reproduction, là où les ouvrières abeilles font toutes les tâches au cours de leur brève vie, les ouvrières fourmis sont parfois divisées en catégories : simples ouvrières minor ou ouvrières major puissamment armées pour la guerre. D'autres fourmis ont des ouvrières monomorphes, les tâches intérieures étant réservées aux plus jeunes, le pourvoi en nourriture étant effectué par les plus âgées. Chez certaines fourmis champignonnistes, on atteint jusqu'à 29 tâches différentes mêlant âge et morphologies particulières. Dans le cas de mes lasius emarginatus, point de polymorphisme, les ouvrières sont toutes identiques. Il s'agit d'une espèce de petites fourmis bicolores qu'on trouve fréquemment dans les constructions humaines, en l'occurrence dans un muret de mon jardin et certainement sous ma terrasse. Les ouvrières peuvent rayonner à plusieurs dizaines de mètres pour chercher de la nourriture. Une dernière précision : les fourmis comme tous les hyménoptères ont des ailes mais chez les ouvrières, ces ailes ne se développent pas. Seuls les mâles et les jeunes reines en possèdent et en usent le jour du vol nuptial lors duquel ils s'accouplent, ce qui provoque la mort du mâle et la dispersion des femelles qui s'enterrent ensuite en arrachant leurs ailes dans le but de créer une nouvelle fourmilière. Ce phénomène de "fourmis volantes" se passe généralement lors de fins d'après-midis chaudes en été et est très apprécié des oiseaux et autres prédateurs des insectes.




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