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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HÉMIPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-07-2020 12:24:47 - 3 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

Hémiptères (1ère partie)
 
 
Les hémiptères sont un ordre d'insectes comportant essentiellement les punaises, cigales, cicadelles et pucerons. Au niveau cigales, le réchauffement climatique n'a pas encore permis l'arrivée de ces scies entomologiques dans mon département normand de l'Orne malgré l'existence de la cigale de l'orne (cicada ornis) qui doit en fait son nom au frêne à fleurs (fraxinus ornus). Les hémiptères sont des insectes à métamorphose incomplète, les juvéniles (larves) ressemblent (plus ou moins) aux adultes et il n'y a pas de phase immobile dans leur croissance comme pour les insectes à métamorphose complète comme le papillon, sa chenille et sa chrysalide.
 
 
 Acanthosoma haemorrhoidale
 
Oh punaise ! Je ne pensais pas a priori que ces insectes offraient une telle variété de formes et de couleurs. Commençons par la punaise ensanglantée dont les dessins sont assez variables. Les adultes se nourrissent de fruits alors que les larves se nourrissent de feuilles d'aubépine, chêne, peuplier, noisetier... Comme toutes les punaises, elle émet une substance nauséabonde si on l'importune et comme toutes les punaises, elle possède un long rostre replié sous la tête et le thorax qu'elle déploie pour se nourrir car c'est un insecte suceur.

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Coreus marginatus

La corée marginée est très courante et facile à identifier, elle se nourrit sur l'oseille ou le groseillier mais ce qu'elle préfère chez moi, c'est la rhubarbe, véritable immeuble à punaises ; les larves sont très semblables aux adultes et grandissent lors de cinq stades larvaires.

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Rhaphigaster nebulosa

La punaise nébuleuse n'est pas trop difficile et se nourrit sur divers arbustes comme ses larves. Elle peut hiverner dans votre maison, si c'est le cas, ne la capturez pas avec les doigts et ne l'écrasez pas car elle peut sentir vraiment mauvais. De toute façon, elle sortira de chez vous dès le printemps.

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Holcostethus vernalis
 
Cette punaise est très courante, elle a comme autre nom Peribalus vernalis. Elle se nourrit sur une vingtaine de plantes différentes.

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Dolycoris baccarum

Encore une punaise éclectique dans son alimentation, toutefois, la punaise des baies a une préférence pour les fruits qu'elle pique avec son rostre suceur (comme toutes les punaises), laissant un goût désagréable à ce qui reste. 

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Graphosoma italicum
 
La punaise arlequin, très commune sur les apiacées (ombellifères) recherche le soleil et la chaleur, il n'est pas rare de la voir en grand nombre sur le bord des chemins. Sa livrée d'arlequin peu discrète est un avertissement pour les éventuels prédateurs signifiant : "Je suis vraiment mauvaise à manger". Comme les autres punaises de sa famille, elle possède un long rostre piqueur replié sous sa tête mais rassurez-vous, elle ne s'en servira pas pour vous agresser mais seulement pour se nourrir de sève. Les larves n'ont pas la même couleur que les adultes, elles sont brunes et plus arrondies.

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Eurydema ornata

La punaise rouge du chou peut en fait être rouge, orange ou jaune et même parfois blanche. Elle se reconnaît en fait grâce à ses dessins. Elle vit et se nourrit sur l'immense famille des brassicacées qui comporte le chou mais aussi la moutarde, le colza, le rutabaga, le radis, la giroflée, le navet, la roquette, la cardamine, le chou marin etc...

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Eurydema oleracea

La punaise potagère est aussi appelée punaise verte du chou car les taches qui vous semblent noires sont en fait vert très foncé. Les autres taches sont rouges, jaunes ou blanches. Elle aussi se nourrit de brassicacées mais comme certaines autres punaises, en cas de manque, elle peut consommer d'autres insectes qu'elle empale avec son rostre avant d'en sucer l'intérieur.

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Palomena prasina
(larves stades 4 et 5)


La punaise verte (qui devient rousse en fin d'année pour des raisons de camouflage) est très courante dans les jardins ou bois. Elle apprécie particulièrement les pommiers et poiriers mais aussi tout un tas d'herbacées. Ses larves sont aussi polyphages et les œufs facilement reconnaissables à leur couleur vert fluo sont pondus là où elles peuvent se nourrir... sauf grosse méprise comme j'ai pu le constater sur le mur extérieur de ma cuisine :

 
Oups !

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Nezara viridula

J'ai longtemps pensé que j'avais affaire à la punaise verte (Palomena prasina) jusqu'à ce que je m'aperçoive qu'elle possédait sur le scutellum trois petits points blancs encadrés de deux petits points noirs. Pas de doute, il s'agit de la punaise verte ponctuée qui provient d'Ethiopie et qui est commune en Europe du sud. Sa présence en Normandie n'est pas un hasard vu l'accroissement régulier des températures moyennes. Elle est très polyphage et s'attaque à une trentaine d'espèces de plantes. Comme on peut le voir ci-dessous, ses larves ne ressemblent pas à celles de l'autre punaise verte :


Nezara Virudula
(larves stades 3 et 5)





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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (III)

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-06-2020 18:34:18 - 3 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (3ème partie)
 
 
 Sarcophaga carnaria
 
De la famille des sarcophagidés (qui mangent de la viande), cette grande mouche appelée mouche à damier ou mouche grise de la viande est aussi une commensale de l'homme dont elle apprécie la nourriture carnée, viande ou poisson qu'elle gâte systématiquement en y déposant bactéries, virus pathogènes et champignons qu'elle importe des cadavres ou excréments visités à l'extérieur. C'est dans ces cadavres et ces excréments qu'elle dépose aussi ses œufs et, si le besoin s'en fait sentir, les larves peuvent être déposées directement car cette mouche peut aussi être ovovivipare. Son goût pour les cadavres en fait une précieuse auxiliaire de la médecine légale.

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Anthomyia procellaris

Nouvelle famille : les anthomyies.  Celle-ci est de petite taille (7 mm environ) et se nourrit de nectar, pollen et excréments. Elle fréquente les nids d'oiseaux dont ses larves apprécient les déjections.

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Sicus ferrugineus

De la famille des conopidés, le sicus ferrugineux n'a pas gagné le concours de beauté des mouches mais il compense par une certaine habileté en ce qui concerne la reproduction : la femelle fécondée, prenant son air chafouin (voir photo), attend de repérer de son œil torve un bon gros bourdon qui butine et elle va lui balancer un œuf pourvu de petits crochets dans les poils de l'abdomen où il s'arrime solidement avant d'éclore un peu plus tard. Les deux premiers stades de développement de la larve se contentent de pomper l'hémolymphe du bourdon (l'équivalent de son sang), le stade suivant se met à consommer la viande de l'hôte qui finit par en mourir. La métamorphose se terminera dans le cadavre du bourdon : la larve se transforme en pupe (la chrysalide de la mouche) et elle hiverne ainsi pour émerger à la saison suivante.

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 Chloromyia formosa
 
 De la famille des stratiomyidés, la chloromye agréable a un thorax vert métallique. Le spécimen présenté est un mâle à l'abdomen doré alors que la femelle possède un large abdomen bleuté. les adultes sont des butineurs et les larves se nourrissent de végétaux en décomposition et ainsi être fort utiles pour la transformation du compost.

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Oplodontha viridula

Autre stratiomyidé, cette petite mouche se rencontre plutôt dans les milieux humides car ses larves se développent dans l'eau. Son abdomen peut être de couleur très variable : jaune, vert, blanc ou orange.

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Thaumatomyia notata

Le chlorops grégaire (de la famille des chloropidés) est une toute petite mouche de 2 à 3 mm de long qui se nourrit de nectar et de liquides sucrés. Ses larves (3 à 4 générations par saison) vivent dans les racines de graminées et se nourrissent de pucerons d'où leur utilité dans les jardins.

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Bombylius major

Tout le monde connaît le grand bombyle mais certains le confondent avec un bourdon alors que c'est bien un diptère brachycère et donc une mouche tout à fait inoffensive. C'est un grand spécialiste du vol stationnaire et il butine les fleurs à l'aide de sa trompe d'une manière très semblable à celle du sphinx colibri qui est par contre un lépidoptère (papillon). La femelle pond ses œufs à l'entrée des nids de certaines abeilles ou même de certains papillons, ses larves se développent dans les nymphes ou chrysalides des espèces parasitées. Encore plus fort, on en a observé qui parasitaient des mouches tachinaires qui sont elle-mêmes des parasites de chenilles. On parle alors d'hyperparasitisme.

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Tipula oleracea

Chez les diptères, il n'y a pas que les mouches, il y a aussi les nématocères dont font partie ces imbéciles de moustiques mais aussi la placide tipule du potager appelée aussi cousin, faucheux ou même maringouin. Cet insecte pond ses œufs au sol et ses larves en forme de vers se nourrissent de racines. La tipule est attirée par la lumière et certains soirs d'été, on peut voir des invasions dans les vérandas de ces insectes inoffensifs mais parfois envahissants.

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Nephrotoma appendiculata

Le néphrotome de Pierre aisément reconnaissable grâce au dessin de son thorax est une autre espèce de tipule aux mœurs semblables à celles de la tipule du potager, ses larves mangeuses de racines sont donc moyennement appréciées du jardinier.



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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (II)

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-05-2020 11:20:09 - 1 commentaire

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (2ème partie)
 
 
Après avoir exploré une fraction de l'immense famille des syrphes, intéressons-nous à des mouches qui ont l'air de mouches : les muscidés, les calliphoridés et les tachinidés.


  Musca domestica
 
La mouche domestique est l'insecte dont la répartition mondiale est la plus vaste car, si elle vit facilement dehors, elle s'est adaptée à l'habitat humain et participe même à sa décoration en dessinant sur les voilages. C'est un animal opportuniste qui peut se nourrir d'à peu près tout ce qu'il trouve avec une préférence pour les sucres, les cadavres, les déchets alimentaires et les excréments mais la mouche ne mange que liquide et donc régurgite sa salive sur la nourriture pour la dissoudre avant de l’aspirer avec sa trompe. Miam ! Sa larve s'appelle asticot dont l’œuf est pondu dans de la nourriture où elle doit se débrouiller pour grossir et se métamorphoser. Une mouche peut pondre jusqu'à 1000 œufs dans sa vie. La mouche domestique est vecteur d'un tas de maladies car elle-même supporte plus de 100 pathogènes différents. Comme elle vit avec l'homme, elle a dû subir les attaques insecticides de notre espèce et elle s'est donc adaptée à cela en devenant une des espèces les plus résistantes à la chimie tchernobylienne. Tout cela n'en fait pas apparemment un animal très sympathique mais, après tout, les maladies qu'elle colporte ce sont les nôtres et les différentes résistances qu'elle a acquises, c'est à notre contact. La mouche domestique, c'est un peu le rat des insectes et comme lui, elle a co-émigré et co-évolué avec notre espèce.
 
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 Phaonia subventa

Autre muscidé, Phaonia subventa vit dans les endroits végétalisés et pond ses œufs dans des feuilles ou du bois en décomposition mais aussi dans des charognes. Les yeux rapprochés du spécimen photographié indiquent qu'il s'agit d'un mâle, la femelle les ayant bien séparés. C'est un trait commun à beaucoup de mouches.

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 Hebecnema vespertina
 
Cette petite mouche (5 à 6 mm) fait aussi partie des muscidés, elle est très répandue en Europe et en Amérique.  On remarquera son élégance de lignes, les soies blanches sous les yeux et ses petits crochets blancs au bout des pattes.

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Lucilia sericata
 
Nouvelle famille : les calliphoridés, des mouches aux belles couleurs. La lucilie soyeuse, aussi appelée mouche verte est, comme la mouche domestique, une fidèle compagne de l'homme. Sa fidélité va jusqu'à pondre ses œufs dans les cadavres oubliés en pleine nature, ce qui en fait une des espèces utilisées par la médecine légale pour dater les décès. En dehors des cadavres de divers animaux, cette mouche pond dans les plaies ou les excréments. Cette espèce est d'ailleurs utilisée en "larvothérapie" pour nettoyer certaines plaies infectées en nettoyant les tissus nécrosés et en épargnant les tissus sains. La salive liquéfie les tissus nécrosés qui sont aspirés par les larves. Cette salive contient en outre des peptides antimicrobiens efficaces contre les contaminations bactériennes (source Quel est cet animal). Pas si mal pour une mouche à m... !

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Protocalliphora azurea
 
Ces mouches bleues ne vont pas chercher à s'intéresser à votre nourriture car elles se nourrissent essentiellement sur les fleurs d'apiacées ou de lierre bien que la femelle de celle-ci aime à se restaurer de la transpiration humaine ou des déjections fraîches d'oiseaux. La larve hématophage de cette espèce se développe dans les nids de passereaux dont elle parasite les oisillons.

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Calliphora vicina

La calliphore bleue est une mouche à viande très courante et cosmopolite qui pond ses œufs dans toutes sortes de cadavres y compris le poisson. Ses larves se nourrissent de la chair en décomposition en la liquéfiant avec leur salive. Leur action est déterminante en tant que nettoyeurs de la nature. Elles servent bien sûr aussi à la datation en médecine légale.  Les adultes se nourrissent cependant de nectar, de matières sucrées et de fruits en décomposition. Cette mouche joue un rôle important dans la pollinisation de l'arum italicum et la dispersion des spores du phallus impudicus, cette plante et ce champignon dégageant une odeur de décomposition propre à attirer la femelle de cette calliphore.

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Tachina fera

Les tachinaires (ou tachinidés) sont une famille de mouches généralement appréciée des jardiniers car leurs larves sont parasites d'autres insectes, particulièrement de chenilles qui ont souvent la mauvaise idée de se nourrir des produits du potager. La tachinaire hérissonne se nourrit de nectar mais ses larves parasitent les chenilles de papillons de nuit qu'elles pénètrent pour les dévorer de l'intérieur avant de procéder à leur métamorphose.

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Eriothrix rufomaculata


Cousine tout aussi hérissée, cette tachinaire rouge à pattes noires a des mœurs identiques à celles de sa cousine jaune, parasitant aussi des chenilles de papillons de nuit.

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Sturmia bella

Cette belle tachinaire gris-bleu a une autre stratégie  : elle pond ses œufs sur les orties dont se nourrissent les chenilles de la petite tortue (aglais urticae), un papillon de jour très courant. Trop occupées à boulotter, les chenilles ne s'aperçoivent pas qu'elles avalent des œufs qu'elles ne digèrent pas, leur système digestif n'étant adapté qu'aux orties. Les chenilles continuent leur croissance jusqu'à leur dernière mue mais pendant la formation de la chrysalide, elles se font dévorer de l'intérieur par les larves qui s'échappent enfin du cadavre pour finir leur métamorphose au sol (Source Filming VarWild).


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Phasia barbifrons

Cette toute petite tachinaire fort élégante n'a pas suffisamment été étudiée pour qu'on connaisse son espèce hôte. On sait juste qu'elle présente les caractéristiques de sa famille de mouches parasites.

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Phania funesta
 
Inutile d'aller chercher bien loin pour comprendre son nom... Phania funesta est une  petite tachinaire endoparasite des punaises.

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Ectophasia crassipennis


La phasie crassipenne a des petits airs de syrphe mais c'est bien une tachinaire qui parasite aussi les larves des punaises de diverses espèces comme la punaise arlequin ou la punaise des baies. Les adultes comme on le voit sur la photo sont des butineurs qui apprécient particulièrement les apiacées (ombellifères).

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Cylindromyia bicolor

Eloignez les enfants... Cylindromyia bicolor est très facile à identifier grâce à sa forme cylindrique, sa couleur, sa tache noire sur le dessus de l'abdomen, ses gros cuillerons blancs qui protègent ses balanciers et bien sûr ses belles épines de tachinaire. Elle aussi parasite une punaise, plus précisément la punaise nébuleuse présente dans mon jardin.







 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-05-2020 18:11:38 - 5 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (1ère partie)
 
Les diptères, sont des insectes qui ne possèdent qu'une paire d'ailes (d'où le nom), la deuxième paire étant généralement réduite à l'état de balanciers servant de stabilisateurs durant le vol. Parmi les diptères, se situe la famille des moustiques fameux criminels en série qui tuent un million d'humains par an sur Terre (par les maladies qu'ils inoculent) alors que l'homme n'est même pas capable d'en tuer la moitié (430 à 480 000 meurtres pas an, petit joueur !). Vous ne trouverez pas ici de photo de moustique car j'ai tendance à les trucider supportant mal d'être pompé au niveau sanguin. A noter que ce printemps, j'ai déjà assassiné une bonne dizaine de moustiques tigres (qu'ils sont lents !) alors qu'ils ne sont pas signalés dans l'Orne et dans les départements limitrophes).
 
Une grande majorité des diptères sont appelés mouches et j'espère contribuer à la réhabilitation de ces insectes souvent très utiles et parfois très beaux, il suffit de les regarder de près. Ce premier chapitre est entièrement consacré aux syrphes de mon jardin. Les syrphes, facilement reconnaissables à leurs couleurs sont de remarquables et indispensables pollinisateurs, aussi importants mais moins connus que les abeilles.
 
 
 Volucella zonaria
 
Cette magnifique mouche de grande taille (2,5 cm) c'est la volucelle zonée, elle est appelée mouche frelon par les Anglais car elle imite visuellement le frelon mais rassurez-vous, elle ne possède pas de dard et n'est pas équipée pour mordre. Cela dit, son aspect décourage de nombreux prédateurs qui hésitent à se frotter à ce qu'ils pensent être un hyménoptère irascible. Cette volucelle ne fait pas qu'imiter le frelon, elle le parasite en pénétrant dans les nids, protégée par son aspect mais aussi par les phéromones trompeuses qu'elle dégage et elle y pond ses œufs. Après éclosion, lorsqu'elle quitte la cellule qu'elle occupe, la larve de volucelle se nourrit de débris ou même de cadavres de frelons, effectuant ainsi un rôle de nettoyeur utile à la colonie de ses hôtes.

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Volucella pellucens
 
Un peu plus petite,  la volucelle transparente est appelée ainsi car une partie de son abdomen est constitué de sacs aériens utiles au vol en allégeant l'insecte. C'est un ectoparasite de la guêpe commune mais elle ne cherche pas à imiter son aspect, se fiant aux odeurs qu'elle dégage et qui trompent suffisamment ces hyménoptères pour qu'on la laisse pondre ses œufs à l'intérieur du nid. Comme pour sa cousine zonée, les larves de la volucelle transparente se nourrissent en servant d'éboueurs du nid de guêpe. Ce type de parasitisme est donc proche d'une forme de symbiose.
 
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 Helophilus pendulus

L'hélophile suspendu est un très joli syrphe habitué aux zones humides (hélophile : qui aime les marais), ce qui ne l'empêche pas de rayonner jusque chez moi (j'habite à 1000 m de la Sarthe et de ses zones inondables). C'est bien sûr un butineur comme tous les syrphes mais sa larve est aquatique et elle se nourrit en se déplaçant dans des eaux chargées en matière organique la tête en bas, respirant par son siphon postérieur qui affleure à la surface.

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Merodon equestris


La mouche des narcisses imite cette fois-ci un petit bourdon mais ne cherche pas à parasiter cet animal. Ce syrphe assez précoce au printemps dépose ses larves dans les bulbes de narcisses et de lys où il peuvent faire quelques dégâts en creusant des galeries pour se nourrir, les adultes se nourrissent du pollen et du nectar de ces fleurs.

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Eristalis tenax

L'éristale tenace (ou gluante ou  mouche pourceau) est un syrphe très courant que l'on peut confondre avec l'abeille à cause de sa taille, son aspect et sa façon de voler et de butiner sur place. Cette mouche est bien sûr totalement inoffensive. Vous en voyez souvent voler en stationnant un moment dans un rayon de soleil pour plonger habilement et subitement car ce sont d'excellents voiliers. Les noms peu flatteurs qu'on lui attribue sont dus à son habitude de pondre dans des endroits fortement pollués comme le purin, les eaux stagnantes très chargées en débris organiques et bien sûr les toilettes au fond du jardin dont la quasi disparition est un véritable drame pour un bon nombre d'espèces de diptères. La larve de cette mouche pourceau est bien moche en forme de ver à queue de rat, elle se nourrit des déchets trouvés dans ces eaux polluées, effectuant ainsi son travail de nettoyeur ; sa queue lui sert juste à affleurer à la surface de l'eau pour lui permettre de respirer. Rassurez-vous, l'adulte est parfaitement propre et se nourrit en butinant.
 
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 Eristalis pertinax

Pas facile à distinguer de sa copine... L'éristale opiniâtre a un abdomen plus conique et surtout les tarses 1 et 2 jaunes. Son comportement et celui de ses larves à queue de rat est identique à ceux de l'éristale tenace. Après tout, tenace et opiniâtre sont synonymes...

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Eristalis arbustorum

L'éristale des arbustes est un peu plus petit et un peu plus gracieux. On le trouve butinant les apiacées, les cirses, les chardons, le séneçon, les centaurées... Ses larves sont, elles, aussi moches que celles de ses camarades éristales et elles se nourrissent aussi dans le caca... On ne se refait pas.

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Myathropa florea

Voilà un nom plus avenant : le syrphe des fleurs. Les anciens l’appelaient le syrphe tête de mort à cause du dessin sur la partie supérieure de son thorax, ils ignoraient en fait qu'il s'agit du signe de Batman que tout le monde reconnaît aisément. L'adulte est un grand amateur du nectar d'un tas de fleurs, sa larve "queue de rat" se développe dans les eaux stagnantes chargées en matières organiques comme celles des autres éristales.

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Epistrophe melanostoma

Le syrphe de mai est un butineur polyvalent, comme tous les épistrophes, ses larves se nourrissent de pucerons, bonne nouvelle pour les jardiniers !

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Epistrophe eligans
 
Ce joli syrphe qui brille comme de l'or est qualifié d'élégant. Lui et ses larves ont le même comportement que le syrphe de mai. Une étude a été menée sur les larves de cet insecte, mettant en évidence une éclosion plus précoce qu'il y a vingt ans, preuve supplémentaire du réchauffement climatique.

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 Syrphus ribesii

Ok, il n'est pas à sa place sur une poire mais c'est un syrphe du groseillier sur lequel se développent ses larves apodes qui se nourrissent de pucerons et mon groseillier, il en a des tonnes de pucerons !

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 Episyrphus balteatus


Nous en arrivons aux syrphes de petite taille que les âmes craintives prennent parfois pour des mini guêpes. Le syrphe ceinturé est une véritable bénédiction de la nature car, en plus d'être à 100% inoffensif, c'est un pollinisateur hors pair, notamment du colza qui aurait bien du mal à se développer sans ce petit insecte ; mais ce n'est pas tout, sa larve est une grande consommatrice de pucerons (elle peut en 10 jours de croissance consommer jusqu'à 1000 pucerons) et l'on commercialise d'ailleurs ces insectes pour en protéger les cultures, entre autres sous serre.

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Scaeva selenitica

Pour qui n'est point trop attentif, tous ces petits syrphes se ressemblent. Celui-ci butine un grand nombre de fleurs et sa larve a une préférence pour les pucerons des conifères qui sont plus gros.

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Sphaerophoria scripta

Le syrphe porte-plume est très fin, d'où son nom. La femelle a le bout de l'abdomen pointu contrairement au mâle présenté ici. Comme ses collègues, c'est un très bon pollinisateur et ses larves en forme de sangsues boulottent les pucerons avec entrain. Cette espèce est migratrice et elle hiverne dans le sud de l'Europe.

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Eupeodes luniger

On ne va pas se répéter quand même : butinage et pucerons. Les maraîchers apprécient particulièrement ces petits syrphes. A noter qu'une révision des eupeodes (4 espèces dans nos régions  d'Europe de l'Ouest) a eu lieu en 2007 et que certains spécialistes affirment qu'on ne peut vraiment les distinguer qu'en disséquant les parties génitales (comme quoi, ça existe vraiment les gens minutieux qui ont des pratiques répréhensibles envers les mouches). Vu la taille de l'animal et l'état de ma vue, j'en resterai à mes observations actuelles.

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 Xanthogramma pedissequum

Contrairement à ce que j'ai lu sur Wikipedia, ce petit syrphe est courant dans toute l'Europe de l'Ouest même s'il ne pullule pas. Il a les même mœurs que ses camarades cités plus haut mais il est à remarquer qu'on a retrouvé des larves de cette espèce se nourrissant dans des fourmilières d'éleveuses de pucerons (eh oui, certaines fourmis élèvent les pucerons pour les "traire"). Les connaissances étant limitées sur le développement de cette espèce, on ne sait pas encore quelles sont les stratégies développées par ces larves pour ne pas se faire agresser par les fourmis qui sont très jalouses de leur cheptel.

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Xylota segnis


La xylote indolente m'a demandé bien des efforts pour son identification et j'ai dû recourir à l'aide du site Quel est cet animal. Ce petit syrphe se balade volontiers sur les feuilles où elle mange les grains de pollen ou "suce" les pucerons qu'elle peut trouver, ceux-ci regorgeant de miellat sucré. Ses larves se nourrissent de sève mais on en a trouvé aussi dans des restes humains en décomposition selon certains entomologistes britanniques.







 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HYMÉNOPTÈRES (III)

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-05-2020 21:50:37 - 2 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Hyménoptères (3ème partie)
 
 
 Vespa velutina
 
Vous pensiez en avoir fini avec la famille des guêpes, eh bien non ! Voici le fameux frelon asiatique facilement reconnaissable à ses pattes jaunes. Contrairement à son cousin européen plus imposant (Vespa crabro), celui-ci ne se contente pas de passer au-dessus de mon jardin en vrombissant, il se pose et se laisse gentiment photographier car le frelon asiatique est, contrairement à la légende, beaucoup plus pacifique que le nôtre qui a tendance à être un peu grincheux. Comme chez toutes les guêpes sociales, les reines construisent des nids en papier où elles pondent les œufs donnant les premières ouvrières qui l'aident ensuite à agrandir le nid et ce n'est pas peu dire ! Un nid à maturité (très souvent arboricole) peut faire un mètre de haut. Au bout d'un moment, on a affaire à un véritable immeuble à frelons où la population peut aller jusqu'à 2000 ouvrières et 500 futures reines et au moins autant de mâles en fin de saison (travaux de Quentin Rome). Même si vespa velutina est plutôt placide, je conseillerai de ne pas approcher son nid à moins de cinq mètres même si je l'ai déjà fait de très près... Ce frelon est fructivore et butineur mais il nourrit ses larves avec de la viande d'autres insectes (abeilles, guêpes, mouches, papillons etc...) comme le fait le frelon européen. Il est même capable de prélever des lambeaux de viande sur des cadavres d'animaux ou sur votre steak si vous le laissez traîner dehors. Ce frelon est très rustique et il n'est pas rare de voir des femelles butiner jusqu'à début novembre alors que les autres hyménoptères survivants se sont cachés pour hiverner. Cependant, il peut mourir d'hyperthermie au-dessus de 45°C, c'est pourquoi les abeilles Apis ceranae asiatiques se jettent en groupe sur les frelons trop proches de la ruche pour les entourer d'une boule compacte et faire ainsi monter leur température jusqu'à leur mort.
 
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 Scolia hirta
 
Guêpe thermophile, la scolie hirsute est plutôt méditerranéenne mais comme pas mal d'espèces, elle est remontée au nord depuis quelques années, ce qui explique sa présence en Normandie intérieure (par contre, sur la presqu'île du Cotentin, on rencontre naturellement un certain nombre d'espèces sudistes ; cela est dû à la quasi absence de gel). Sa piqûre est réputée très douloureuse mais comme c'est une guêpe solitaire, n'ayant pas de nid à défendre, elle est nullement agressive et il faut être bien empoté pour se faire piquer. La femelle a une manière bien à elle de nourrir ses larves : plutôt que de faire un nid, elle repère au sol les larves de scarabées tels que la cétoine, creuse éventuellement pour y accéder, paralyse la larve avec son aiguillon et dépose un œuf fécondé à côté. Elle ressort au besoin en creusant à nouveau en laissant sa larve se débrouiller pour dévorer sa proie après son éclosion.
 
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 Philanthus triangulum

Encore un voyou détesté par les apiculteurs ! Ce petit crabronidé est un philanthe apivore qui, comme son nom l'indique, est un prédateur de l'abeille qui est pourtant un peu plus grosse que lui... C'est un insecte solitaire qui creuse des galeries dans le sol où il dépose des œufs fécondés accompagnés de deux à trois abeilles paralysées par œuf. Je l'ai personnellement vu procéder, attaquant une abeille en plein vol, les deux insectes sont tombés à terre et avaient l'air de se battre comme des chiffonniers. Le philanthe pique l'abeille sous la gorge, ce qui a pour effet de la paralyser grâce au venin puis il transporte son imposante proie jusqu'à son nid où elle sera dévorée à l'éclosion des petits.

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 Cerceris rybyensis

Le cerceris commun est lui aussi un petit crabronidé solitaire qui a les mêmes mœurs que le philanthe mais il s'attaque surtout à des petites abeilles de type lasioglossum qu'il mord au niveau de la nuque et qu'il pique pour les paralyser avant de les donner à manger à ses larves qui nichent dans un trou au sol.
 
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 Ectemnius cephalotes
 
Ectemnius cephalotes est aussi un petit crabronidé solitaire mais on peut le trouver dans des habitats collectifs creusés dans du bois tendre où chaque femelle s'occupe de ses propres larves en leur amenant des proies, essentiellement des syrphes (famille de mouches souvent rayées jaune et noir). Pour se nourrir, cet insecte butine des apiacées mais ne dédaigne pas pour autant les larves ou les petits insectes.
 
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Crossocerus podagricus

Ce petit crabronidé a pour proies de petits diptères qu'il capture pour nourrir ses larves. L'animal est très peu étudié et je n'en sais pas plus... désolé.


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 Isodontia mexicana
 
Les sphécidés sont une famille de "guêpes" particulièrement élégantes. Provenant d'Amérique, l'isodonte mexicaine s'est implantée dans la partie méditerranéenne de la France dès les années 1960 et elle ne s'est répandue au nord qu'à partir de 2003. Son arrivée dans mon jardin date de 2014, elle y vient butiner mes chardons bleus qui ont un grand succès car j'y ai compté jusqu'à 40 individus en même temps. Elle fait son nid dans des cavités de bois ou de bâtiments. Elle nourrit ses larves de sauterelles qu'elle aura préalablement paralysées en les piquant au niveau des ganglions nerveux. Les adultes (le mâle est nettement plus petit) sont des butineurs.
 
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 Podalonia hirsuta
 
L'ammophile hérissée est censée vivre dans la partie sud des Alpes et dans le Cotentin mais elle semble bien avoir rejoint le sud de l'Orne où j'habite, nouvelle preuve du radoucissement progressif du climat dans cette partie de la Normandie. Ce sphécidé creuse son terrier dans des endroits sablonneux où il entasse des chenilles paralysées servant à la nourriture de ses larves. 
 
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 Macrophya annulata

 
Les tenthrèdes (appelés "mouches à scie" bien que ce ne soit pas des mouches) sont des hyménoptères primitifs dont les femelles ont la particularité d'avoir un ovipositeur en forme de"scie" avec lequel elles incisent le feuillage ou les tiges des plantes hôtes pour y déposer leur ponte. De cette ponte sort ce qu'on appelle des "fausses chenilles" qui se nourrissent du feuillage sur lequel elles ont été pondues tout comme le font les "vraies chenilles" du papillon. Les chenilles de macrophya annulata sont des prédatrices du rosier, de la ronce et de la potentille.

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Arge pagana

La tenthrède du rosier, comme son nom l’indique, dépose ses œufs sur les rosiers ou églantiers où les fausses chenilles qui en sortiront risquent de faire pas mal de dégâts. Avec sa "scie", la femelle pratique une incision dans une tige, y dépose ses œufs en ligne puis referme la plaie grâce à une sécrétion qu'elle produit (Voir ici sur insectes-net.fr). 

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Amblyteles armatorius

Les ichneumons sont des hyménoptères dont la femelle possède un long ovipositeur parfois rétractable avec lequel elle dépose ses œufs dans les insectes hôtes (souvent des chenilles ou des chrysalides mais aussi des larves de coléoptères) sans les tuer ou les paralyser. L'hôte continue un moment sa vie pendant que la larve le grignote provoquant in fine sa mort. Amblyteles armatorius pond ses œufs dans des chenilles de noctuelles qui font de sacrés dégâts dans le jardin. Voilà pourquoi les ichneumons sont très appréciés des jardiniers.

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Ctenichneumon inspector ssp.nigriventris

Voici une magnifique femelle d'ichneumon sous-espèce de Ctenichneumon inspector. Comme beaucoup d'hyménoptères, si leurs larves sont souvent carnivores, les adultes butinent les fleurs pour se nourrir, mon pied d'angélique officinale est d’ailleurs apprécié par pas mal d'espèces...

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Ophion luteus

L'ophion jaune (il est en fait plutôt roux...) est un insecte tardif qui émerge à la fin de l'été. J'ai photographié ce spécimen un 16 novembre à une époque où on ne voit plus guère d'insectes hormis une ou deux femelles frelon asiatique à la recherche d'un abri. Cet ichneumon parasite lui aussi diverses chenilles.

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Lasius emarginatus

On allait oublier les fourmis ! Ce sont bien des hyménoptères comme les guêpes ou les abeilles et comme ces dernières, elle possèdent une organisation sociale sophistiquée et même plus complexe. Une fourmilière a non seulement une organisation architecturale (différentes salles pour différentes fonctions) mais les fourmis ont aussi une organisation sociale plus développée que les abeilles car s'il y a bien une reine (qui peut vivre parfois dix à quinze ans), des femelles et des mâles destinés à la reproduction, là où les ouvrières abeilles font toutes les tâches au cours de leur brève vie, les ouvrières fourmis sont parfois divisées en catégories : simples ouvrières minor ou ouvrières major puissamment armées pour la guerre. D'autres fourmis ont des ouvrières monomorphes, les tâches intérieures étant réservées aux plus jeunes, le pourvoi en nourriture étant effectué par les plus âgées. Chez certaines fourmis champignonnistes, on atteint jusqu'à 29 tâches différentes mêlant âge et morphologies particulières. Dans le cas de mes lasius emarginatus, point de polymorphisme, les ouvrières sont toutes identiques. Il s'agit d'une espèce de petites fourmis bicolores qu'on trouve fréquemment dans les constructions humaines, en l'occurrence dans un muret de mon jardin et certainement sous ma terrasse. Les ouvrières peuvent rayonner à plusieurs dizaines de mètres pour chercher de la nourriture. Une dernière précision : les fourmis comme tous les hyménoptères ont des ailes mais chez les ouvrières, ces ailes ne se développent pas. Seuls les mâles et les jeunes reines en possèdent et en usent le jour du vol nuptial lors duquel ils s'accouplent, ce qui provoque la mort du mâle et la dispersion des femelles qui s'enterrent ensuite en arrachant leurs ailes dans le but de créer une nouvelle fourmilière. Ce phénomène de "fourmis volantes" se passe généralement lors de fins d'après-midis chaudes en été et est très apprécié des oiseaux et autres prédateurs des insectes.




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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HYMÉNOPTÈRES (II)

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-04-2020 12:36:03 - 1 commentaire

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

Hyménoptères (2ème partie)
 
 
 Megachile centuncularis
 
Continuons avec les abeilles solitaires. Cette petite abeille (entre 0,8 et 1 cm) est un mégachile du rosier. Comme son nom l'indique, elle découpe des morceaux de feuilles de rosier, non pour s'en nourrir mais pour fabriquer des petites cellules pour ses œufs en les repliant en cigare qu'elle introduit dans des galeries creusées dans la terre ou la pulpe de bois. Contrairement à d'autres abeilles, elle ne récolte pas le pollen avec ses pattes mais avec une brosse située sous son ventre. Si vous constatez de jolies découpes en cercle sur vos feuilles de rosier, ne vous inquiétez pas, les dégâts resteront minimes et cette petite abeille participe grandement à la pollinisation. Les avantages de cet insecte restent donc bien supérieurs à ses inconvénients d'ordre esthétique.
 
 
J'ai une seule fois réussi à photographier un mégachile à la sortie de son terrier. Remarquez les feuilles découpées net autour du trou, ce ne sont pas des feuilles de rosier, ce qui semblerait indiquer que cet insecte est plus opportuniste qu'on ne le croit.

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Anthidium manicatum

Autres mégachiles, les anthidies sont aussi appelées "abeilles cotonnières" car elles cardent et feutrent les feuilles et récoltent ainsi de la matière duveteuse pour tapisser leurs nids creusés dans le sol, leur donnant ainsi l'aspect du coton. L'anthidie à manchettes présentée ici est une femelle, le mâle quant à lui est beaucoup plus gros et présente quatre épines à l'arrière de son abdomen qu'il utilise pour agresser tout autre insecte (guêpes, abeilles...) qui approche de son territoire en lui lacérant les ailes. 

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Note : Un certain nombre d'espèces sont présentées sur du chardon bleu qui n'est pas la fleur qu'elles butinent habituellement mais qui me sert bien car sa légère odeur de cadavre fascine bon nombre d'espèces.

Anthidium septemspinosum

Autre abeille cotonnière (les Anglais les appellent abeilles cardeuses), l'anthidie à sept épines a les mêmes mœurs belliqueuses en ce qui concerne le mâle (présenté ici) mais vous ne risquez rien car il ne s'attaque pas aux humains contrairement aux abeilles sociales.

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Chelostoma rapunculi

Le chélostome des campanules est une toute petite abeille mégachile qui, comme son nom l'indique, est spécialisée dans le butinage des campanules mais aussi de la centaurée, ce qui ne l'empêche pas d'apprécier mon chardon bleu.

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Coelioxys elongata

Si elle butine pour se nourrir, cette petite abeille mégachile facile à reconnaître avec son abdomen pointu ne récolte pas de pollen car c'est une abeille cleptoparasite : elle pond ses œufs dans les nids d'autres mégachiles, ses larves mangent ensuite les œufs de leurs hôtes pour mieux assurer leur survie.


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Colletes hederae

L'abeille du lierre est une espèce solitaire mais qui niche en bourgades de parfois plusieurs centaines de nids sur des talus ou des surfaces planes. Chaque femelle s'occupe de son nid, un simple trou creusé dans le sol, et va butiner le lierre dont elle rapporte le nectar et le pollen à destination de sa progéniture. 

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 Colletes daviesanus

La collète commune fait son nid sur des parois rocheuses dans la nature mais elle nidifie aussi en ville en creusant dans les joints de mortier mou, occasionnant parfois quelques dégâts si un grand nombre de ces abeilles décident de former une bourgade sur le même mur. Elle butine de l'alysson argenté, de l'achillée ou de l'anthémis des teinturiers

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Lasioglossum malachurum


Les Français n'ont semble-t-il pas donné de nom vernaculaire à cette petite abeille de la famille des halictidés qui, au contraire de beaucoup de ses collègues n'est pas solitaire mais sociale. Les reines fécondées de l'année précédente hivernent à plusieurs dans un seul nid (un simple terrier) et quand la belle saison pointe le bout du nez, c'est la bagarre jusqu'à ce qu'une seule reine entre en possession de tout le nid, les autres allant en fonder de nouveaux plus loin. La reine pond ensuite ses œufs d'où sortiront quelques femelles ouvrières qui vont la seconder. Lors de cette première période, la reine s'absente fréquemment pour butiner et ainsi rapporter de la nourriture destinée au couvain. Ces absences du nid s'accompagnent d'un risque élevé d'usurpation du nid par des abeilles coucous du genre sphecodes. Une fois la première génération au travail, la reine reste dans le nid, faisant office de pondeuse mais aussi de gardienne, surveillant constamment l'entrée du nid. Les mâles et les futures reines sont produits au mois d'août. A l'automne, une fois les jeunes reines fécondées, les ouvrières et les mâles meurent et le nid se met en hibernation.

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Sphecodes albilabris
 

En zoologie, le labre est l'équivalent de la mâchoire supérieure chez les insectes. Le sphécode à labre blanc est aisé à identifier grâce à cette petite moustache et à son abdomen rouge. C'est aussi une abeille de la famille des halictidés mais elle se s'embête pas à fonder une colonie car c'est une abeille-coucou qui va pondre dans le nid d'autres abeilles, généralement les mégachiles du rosier cités plus haut.

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Vespula vulgaris

Nous quittons enfin le monde des abeilles pour entrer dans celui des guêpes (vespidés). Ces satanées guêpes sont très courantes mais constamment en mouvement, ce qui les rend difficiles à photographier. La guêpe commune est un insecte social (une reine et des ouvrières essentiellement puis des mâles et des jeunes reines destinés à la reproduction) qui vit en nids pouvant compter 5000 à 10 000 individus. Elles sont responsables d'une bonne moitié des attaques sur les humains qui passent près de leurs nids fabriqués en papier à partir de débris de bois. La guêpe n'est pas commode à proximité de chez elle mais juste énervante quand elle vient voler au-dessus de votre steak. C'est une espèce prédatrice des autres insectes mais c'est surtout pour alimenter ses larves car la guêpe adulte se nourrit de miellat, de nectar et de fruits tombés ou abîmés. En fin de saison, le nid est abandonné et les reines fécondées vont hiverner à l'abri dans des cavités ou même dans votre grenier.

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Polistes dominula


Le poliste gaulois est une guêpe un peu plus grosse que la guêpe commune facile à reconnaître par ses deux pattes arrières beaucoup plus longues que les autres qui traînent derrière elle quand elle vole. Cette espèce est très peu agressive et se laisse facilement photographier. Ses mœurs sont semblables à celle de la guêpe commune mais son nid en papier mâché est considérablement plus petit, accueillant au maximum 100 à 200 individus. Le poliste est un prédateur de chenilles donc un utile auxiliaire du jardinier.

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Euodynerus dantici

De la sous-famille des Eumènes, cette très belle guêpe est solitaire et fait son nid dans des loges ou terriers parfois abandonnés par d'autres espèces. pour nourrir ses larves, elle capture des chenilles de microlépidoptères (petites espèces de papillons). Elle semble assez rare mais elle est cependant répandue sur toute la surface eurasiatique.

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Delta unguiculatum

La plus belle et la plus impressionnante des guêpes, ma préférée : l'Eumène unguiculé est une guêpe courante en Espagne qui remonte chez nous depuis quelques années. De la taille d'un gros frelon, cette élégante à la taille de... guêpe est aussi intimidante que pacifique comme toutes les guêpes et abeilles solitaires. Au pire, quand je l'ennuie trop avec mon appareil photo, elle pratique devant mon nez un vol d'intimidation histoire de me signifier que je la gêne. Son dard ne lui sert qu'à paralyser les chenilles qu'elle capture pour ses larves. C'est une guêpe potière qui fabrique de petites amphores avec de la terre, du sable et sa salive. Dans chaque pot souvent collé sur une paroi rocheuse ou plus simplement sur les murs des maisons, elle met un œuf et une chenille encore vivante qui sera dévorée par la larve à sa sortie de l’œuf.



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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HYMÉNOPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-03-2020 15:43:34 - 2 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

 
Hyménoptères (1ère partie)
 
Le terme hyménoptère signifie "ailes membraneuses", ce qui n'est pas très précis pour cet ordre d'insectes aussi fourni que les coléoptères. Bon, en gros, ce sont des insectes qui font bzzz dont certains pourraient piquer mais qui ne le font pas ou alors c'est parce que vous l'avez vraiment cherché !
 
 
 Apis mellifera

On ne présente pas l'abeille domestique. C'est un peu la vache des insectes sauf qu'elle produit du miel à la place de lait. Comme chacun sait, il y  trois types d'abeilles dans une ruche : la reine qui pond des œufs, l'ouvrière (multi-tâches : elle change de métier lors des étapes de sa vie) et le faux-bourdon, le mâle réservé à la reproduction lors des vols nuptiaux.
Connue depuis la préhistoire, l'abeille ne fut vraiment domestiquée qu'à la période de l'Egypte antique où on installa les essaims dans des ruches rudimentaires. En effet, si l'abeille n'est pas commode quand on s'approche de la ruche, elle est parfaitement pacifique quand, à la belle saison, les jeunes reines fécondées quittent la maison bien accompagnées pour fonder une ruche ailleurs. J'ai moi-même pu vérifier l'absence d'agressivité des abeilles en essaim lors de l'atterrissage d'une petite dizaine de milliers de ces insectes dans la cour de l'école où je travaillais. J'ai pu constater que l'apiculteur convoqué pour l'occasion n'avait même pas pris la précaution de mettre des gants pour capturer la reine et la mettre dans une ruchette où elle fut bientôt suivie par la plupart des autres abeilles. J'ai moi-même quasiment mis le nez dans l'essaim pour faire cette photo avec le petit appareil de l'école :


Cela dit, ne vous avisez pas d'approcher une ruche en activité, les abeilles, après avoir souvent pratiqué des vols d'intimidation, attaquent en nombre et peuvent être vraiment dangereuses. Sur les 15 à 20 décès en France par an (source INVS) dus aux piqûres d'hyménoptères, les abeilles sont à égalité avec les frelons mais nettement derrière les guêpes. Ne nous affolons pas, ces insectes n'attaquent que quand ils se sentent menacés et leur piqûre n'est dangereuse que pour les personnes peu nombreuses qui y sont allergiques (en premier les apiculteurs qui sont deux à trois fois plus susceptibles de faire une réaction allergique que les autres adultes, les enfants étant trois fois moins exposés à ce risque que les adultes en général (source INSERM).

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 Xylocopa violacea

Cette abeille solitaire de taille impressionnante est appelée abeille charpentière ou xylocope. C'est une butineuse et pollinisatrice hors pair qui va de fleur en fleur sans s'occuper de vous qui êtes bêtement effrayé par son vol bruyant. Son nom latin fait référence aux reflets violets de son corps sous une certaine lumière. C'est un animal thermophile et ses effectifs semblent se multiplier à la faveur du réchauffement climatique. Ce très pacifique insecte est un bon auxiliaire du jardinier pour peu qu'il laisse traîner un tas de bois quelque part car notre abeille est une vraie chignole entomologique qui va percer des galeries pour y loger ses œufs accompagnés d'un petit tas de pollen destiné à nourrir la future larve. Les dégâts occasionnés par cet animal resteront toujours très limités (quelques trous dans votre bois de chauffage ou dans votre charpente extérieure à la seule condition que celle-ci soit déjà en mauvais état). Là où cela devient vraiment intéressant, c'est que notre abeille perce de profondes galeries dans lesquelles elle peut déposer cinq à six œufs en enfilade séparés par des cloisons de sciure compactée ; or c'est du dernier œuf pondu que va sortir le premier insecte adulte alors que le premier œuf donnera le dernier spécimen à sortir de la galerie. Donc, le xylocope applique des procédés propres à ralentir le développement des premiers pondus et à accélérer celui des derniers pondus. Reste à savoir si cela est lié à des dosages hormonaux ou au dosage de la quantité de nourriture par cellule...
Pour aller plus loin : l'excellent site insectes-net.fr que je remercie pour ses infos.

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Bombus terrestris

Encore un ami du jardinier, le bourdon terrestre est un pollinisateur plus efficace que l'abeille et il semble plus résistant à la pollution que celle-ci mais aussi aux basses températures. Un nid de bourdons, situé au niveau du sol, contient 30 à 50 individus avec une reine, des ouvrières et des mâles (issus d’œufs non fécondés) comme les abeilles et tout comme celles-ci, le bourdon produit du miel mais en petite quantité car l'espèce n'a pas besoin de réserves pour l'hiver car toutes les ouvrières meurent à l'automne ce qui fait qu'au printemps, la reine des bourdons est seule à construire son nouveau nid. 

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 Bombus lapidarius


Facile à reconnaître ce bourdon des pierres avec ses "fesses rouges" (parfois tirant sur le jaune chez certaines ouvrières) et son corps noir. La reine, d'une taille imposante par rapport aux ouvrières, fait son nid dans les anfractuosités des murs ou des tas de pierres, d'où son nom. Une colonie peut accueillir plusieurs centaines d'individus.

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 Bombus pratorum

Le bourdon des prés est facile à reconnaître à sa houppe jaune et l'extrémité rouge orangée de son abdomen. Il est précoce et peut se voir dès le mois de mars. C’est un opportuniste qui peut nicher dans des galeries ou dans des nids abandonnés avec une préférence pour les nids au-dessus du sol.

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Bombus agrorum (pascuorum)

Le bourdon des champs est aussi une espèce très courante et précoce qui niche le plus souvent au niveau du sol. Un nid peut compter une centaine d'individus. C'est le bourdon qui butine le plus grand nombre de variétés de fleurs d'où sa grand utilité.

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Bombus lucorum (mâle)
 
Bien que plus petite, la femelle du bourdon des forêts est difficile à distinguer de celle du bourdon terrestre alors que son mâle présenté ici se distingue bien grâce à son aspect grisonnant.  

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Psithyrus campestris

Le psithyre des champs est un bourdon coucou qui parasite surtout le bourdon des champs. La femelle s'introduit dans le nid de son hôte où elle se cache jusqu'à ce qu'elle soit imprégnée de l'odeur de la colonie. Elle va ensuite pondre ses œufs (seulement des reines et des mâles) qui sont pris en charge par les ouvrières de l'autre espèce. 

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Osmia cornuta

L'osmie cornue est une petite abeille solitaire qui se met à butiner très tôt et vous aurez des chances de la voir avant les premières abeilles et les premiers bourdons. C'est un insecte très actif qui peut butiner par météo froide ou assez mauvaise et son rôle de pollinisateur peut être déterminant pour les espèces fruitières les plus précoces. Elle a des méthodes de nidification très proches du xylocope car elle aussi fore des galeries dans du bois où elle loge ses œufs dans des cellules en enfilade. Les derniers pondus sont donc les premiers sortis mais là, on connaît la stratégie de l'osmie : elle pond des œufs mâles en dernier car ceux-ci ont un développement plus rapide.

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Osmia bicornis

Encore une pollinisatrice efficiente ! L'osmie rousse, plus costaude d'aspect que sa cousine cornue, butine au moins vingt espèces de fleurs et est dès mars très efficace pour la pollinisation des arbres fruitiers et les arbustes à baies. Elle pond aussi ses œufs dans des galeries de bois et les cloisonne avec de l'argile préalablement préparée avec sa salive. 

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Andrena cineraria


L'andrène grise est une jolie petite abeille solitaire qui creuse son nid dans le sol où elle aménage deux à trois cellules. C'est une butineuse efficace comme toutes les abeilles et fait partie des principaux pollinisateurs du colza (source : université de Rennes)
 
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 Andrena morio

L'andrène noire est, semble-t-il moins connue que sa cousine grise. Je n'ai trouvé que la liste des plantes butinées par cette abeille solitaire et elle est conséquente : asphodèle, ciste, coriandre, carotte, carotte sauvage, coquelicot, anis, moutarde blanche, germandrée, tordyle et divers ophrys (orchidées sauvages). Source : Florabeilles.
 
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 Andrena agilissima


L'andrène agile porte bien son nom quand on l'observe butiner frénétiquement, changeant sans cesse de place. Elle ressemble fort à l'andrène noire mais est plus robuste et possède beaucoup plus de poils blancs que sa cousine. On la trouve, entre autres, sur les brassicacées. Comme toutes les andrènes, c'est une abeille solitaire.

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 Andrena nitida

L'andrène claire est une assez grosse abeille qui fait son nid sur les sols nus ou sablonneux. Elle butine plusieurs sortes de fleurs avec une préférence pour les prunelliers, le pissenlit ou le bouton d'or.

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 Andrena flavipes


Plus modeste de taille, l'andrène à pattes jaunes niche au sol dans des galeries creusées dans des terrains sableux ou argileux. Elle peut nidifier seule ou en groupes et produit deux générations par an. Elle butine un grand nombre de fleurs à condition qu'elles soient à corolle courte.

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Nomada flava

Et pour en terminer avec ce chapitre, en voici une qui est plutôt culottée ! Nomada flava est une abeille cleptoparasite qui pond ses oeufs dans les nids d'autres abeilles solitaires, plus précisément dans les nids d'andrènes (citées plus haut). 




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CENT MÈTRES CARRÉS : MES LÉPIDOPTÈRES (II)

Par Le Lutin d'Ecouves - 18-02-2020 15:34:15 - 7 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Lépidoptères (2ème partie)

Après avoir passé en revue mes papillons de jour, j'aborde maintenant les sésies, phalènes, les papillons nocturnes ou crépusculaires, et même les papillons qui devraient être nocturnes mais qui n'étaient pas au courant... Je n'en ai trouvé qu'un petit nombre vu que je ne fais pas de photos la nuit. Pourtant, ces papillons représentent huit à dix fois plus d'espèces que les papillons de jour et sont parfois d'une grande beauté comme ce grand paon de nuit large comme une main que j'ai déjà croisé dans mon jardin une nuit d'été ou le magnifique sphinx de la vigne, énorme papillon jaune et rose.
 
 Macroglossum stellatarum
 
Le sphinx colibri est un phénomène difficile à photographier car c'est un butineur fou qui change de place toutes les deux à trois secondes. Ce papillon peu voler à 50 km/h et aspirer son poids en eau sucrée en moins de 20 min, ce qui l'oblige à uriner tout en butinant pour ne pas s'alourdir. Tout cela pour alimenter son moteur de dingue qui lui permet de faire tourner ses ailes de 65 à 75 tours/seconde. C'est un migrateur originaire d'Afrique du Nord mais depuis un certain temps, des individus sédentaires s'observent chez nous, faisant souche sur place grâce au réchauffement climatique.

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 Tyria jacobaeae

L'écaille du séneçon ou "goutte de sang" est un papillon nocturne autant que diurne. Sa couleur vive avertit les prédateurs du fait qu'il est toxique et pas seulement amer comme la coccinelle. En effet, l'adulte et sa chenille se nourrissent sur le séneçon jacobée qui contient des composés cyanhydriques. La chenille est tout aussi voyante, rayée de noir et jaune. Notons que l'homme n'a rien inventé en créant les panneaux d'interdiction et de danger en noir et rouge ainsi que le marquage de signalisation et de chantier en noir et jaune...

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Euplagia quadripunctaria

L'écaille chinée est un papillon nocturne que l'on peut voir voler de jour malgré le fait qu'il préfère l'ombre. Si en vol il vous apparaît rouge-orangé, il se fait plus discret quand il se pose pour arborer des motifs géométriques en noir et blanc. Ses chenilles se trouvent sur le plantain, le framboisier, le séneçon ou l'ortie.

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Synanthedon formicaeformis

Les sésies sont des papillons dont les ailes manquent d'écailles et dont les membranes centrales sont ainsi translucides. La sésie fourmi pond ses oeufs sur les saules dont les feuilles servent de nourriture à ses chenilles.

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Synanthedon tipuliformis

La chenille de la sésie du groseillier s'attaque à la moelle des branches de groseillier et de cassissier, provoquant le dépérissement des arbustes (le cassissier y résiste mieux mais on ne sait pourquoi). Comme un certain nombre d'autres sésies, ce papillon imite plus ou moins les vespidés (guêpes) pour échapper à certains prédateurs. 

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Adela reaumurella

L'adèle verdoyante vit à proximité des arbres et sa chenille se nourrit dans la litière où elle s'abrite en formant un manteau de débris de feuilles autour de son corps. Les mâles comme présenté ici ont des antennes quatre à cinq fois plus longues que le corps. Ils volent en essaim à la saison (entre avril et juin selon la région) puis se reproduisent avec les femelles aux antennes bien plus discrètes. L'activité de l'adèle ne dure qu'environ deux semaines et il n'y a qu'une génération par saison. 

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Cydalima perspectalis

Ce joli papillon n'est autre que la terrible pyrale du buis dont j'ai vu les terribles dégâts lors d'une rando sur le causse du Larzac en septembre dernier : pas un buis n'avait survécu et mon passage à proximité des arbustes soulevait des nuages de pyrales. La petite chenille de ce papillon prolifique est d'une voracité sans nom et détruit littéralement le milieu dans lequel elle vit obligeant l'espèce à se déplacer ou bien périr. La pyrale, insecte asiatique, est arrivée en France en 2008 en passant par l'Allemagne et elle a maintenant envahi tout le pays. En ce qui concerne mes buis, il a fallu peigner les arbustes pour prélever les chenilles à la main et leur offrir un bain bien chaud. Et il faut recommencer jusqu'en novembre car l'animal ne cesse de se reproduire (3 générations minimum et 200 à 300 œufs par femelle) et hiverne à l'état de chenille ou de chrysalide. Seul le froid arrête son activité, le réchauffement global actuel lui ouvre donc d'intéressantes perspectives. En Europe, cet insecte n'a pas de prédateur déclaré mais en Chine, le frelon asiatique se nourrit de ses chenilles. Manque de bol, ici on fait la chasse à ce frelon pourtant plutôt pacifique. Caramba, encore raté !
 
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Chiasmia clathrata

Le géomètre à barreaux est une phalène diurne courante dans toute la France, sa chenille se nourrit sur les légumineuses, les genêts, le trèfle.

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 Triodia sylvina
 
Ah, voici un vrai papillon de nuit égaré de jour dans mon jardin. La chenille de la sylvine vit deux ans dans le sol en se nourrissant de racines de plantain, de pissenlit, de carotte, fougère... encore quelqu'un de pas difficile.
 
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 Emmelina monodactyla
 
Mais si, le ptérophore du liseron est un papillon très courant et très discret surtout dans cette position. Bon, s'il ouvre ses ailes, ce n'est pas à son avantage avec son air un peu mité...  Vu son nom, on se doute de ce que mange sa chenille ; les jardiniers trouveront donc ce petit papillon fort sympathique.
 
 
 
 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES LÉPIDOPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 06-02-2020 14:43:36 - 6 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Lépidoptères (1ère partie)

S'il est un ordre d'insectes qui a bonne presse, c'est bien celui des lépidoptères, autrement dit les papillons. Ils sont jolis, ne bourdonnent pas et évitent de se promener sur vos aliments ou sur votre très vieille grande-tante. Le papillon est Disney-compatible, contrairement à nombre de petites bêtes qu'on écrase sans réfléchir juste parce qu'on les trouve moches ou gênantes. Et pourtant... et pourtant le nombre de papillons a été divisé par deux ces vingt dernières années et, si je me réfère aux souvenirs de prés couverts de papillons de mon enfance, ce serait bien une division par dix ces cinquante dernières années. Eh oui, malheureusement pour eux, ces si gracieux insectes ont des formes larvaires appelées chenilles et celles-ci ont parfois un comportement vorace qui déplaît à l'homme qui s'empresse de balancer des nuages de produits tchernobylisants autant que minamatesques dans la campagne et même dans certains jardins. Ce n'est pas le cas chez moi où j'ai recensé quelques espèces.


Polygonia C-album

Le Robert-le-diable est facilement reconnaissable à ses ailes découpées. Il ne faut pas trop se fier à sa couleur qui va du jaune au rouge en passant par l'orange mais il y a un truc qui permet de l'identifier à tous les coups : le revers de chaque aile comporte un petit "C" blanc dessiné d'où son nom latin (C-album = C blanc). Sa chenille peut se nourrir sur votre noisetier ou votre groseillier et est couverte de blanc, ce qui la fait ressembler à une fiente d'oiseau, la protégeant des volatiles qui répugnent à manger leur caca !
 
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 Aglais urticae

La petite tortue est un des papillons les plus courants, on le trouve un peu partout des plaines aux montagnes à condition que la nourriture de sa chenille s'y trouve, ce qui n'est pas rare vu que c'est l'ortie (urticae). Comme la précédente espèce, c'est un papillon hivernant : la dernière génération (2ème ou 3ème selon l'endroit) passant la saison froide à l'état imagal dans des granges ou autres bâtiments d'où il ressort très tôt, parfois en mars avant la fin de l'hiver.
 
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 Vanessa atalanta

Très courant, le vulcain est aussi un papillon de l'ortie mais c'est en plus un grand voyageur qui passe l'hiver dans la zone méditerranéenne pour remonter dans le nord au printemps. L'adulte (imago) ne se nourrit pas d'orties comme le font ses chenilles mais il butine ou alors il va sucer le jus de fruits mûrs ou même pourris. La chenille, ne possédant pas de système de défense s'enroule dans les feuilles d'ortie pour se protéger des prédateurs et manger tout à son aise.


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Maniola jurtina

Le myrtil est un papillon ubiquiste, en gros, cela veut dire qu'on le trouve quasiment partout... Il est effectivement très courant car sa chenille se nourrit de poacées, c'est à dire les graminées qui sont les plantes les plus répandues. C'est plutôt un papillon d'été qui hiverne sous forme larvaire. Les mâles (dessus des ailes marron) éclosent les premiers et s'accouplent avec les femelles (dessus des ailes marron et jaune) dès qu'elles pointent le bout de leur trompe. Les premiers mâles ont maintenant tendance à éclore fin mai avec deux semaines d'avance sur leurs habitudes d'il y a trente ans, preuve s'il en est d'un réchauffement global progressif (source : Bourgogne Franche-Comté Nature).

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 Pararge aegeria
 
Le tircis est encore plus courant que ses camarades cités ci-dessus et c'est aussi dû au fait que ses plantes hôtes sont partout comme les poacées y compris le chiendent. Très courant en lisière de forêt, il s'observe aussi dans les jardins et les parcs d'avril à octobre (trois générations). Le mâle a un comportement territorial et monte la garde sur son petit domaine alors que la femelle passe son temps à... papillonner. Les mâles défendent âprement leur zone, n'hésitant pas à se battre pour chasser les importuns. Une étude de l'Université de Lyon a permis de prouver que plus le territoire d'un mâle est grand et éclairé, plus il avait de chances de s'accoupler car cela lui permettait de mieux repérer ces dames.

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Aglais io

Le paon du jour est aussi beau que répandu, sa chenille vit elle aussi sur les orties et l'adulte butine toutes les fleurs qu'il rencontre. Les ocelles de ses ailes sont censés effrayer les éventuels prédateurs et, si cela ne suffit pas, il replie ses ailes, montrant des couleurs brunes qui se fondent facilement dans le décor. C'est un papillon trogloxène qui n'hésite pas à se reposer ou hiverner dans des cavités naturelles ou artificielles (grottes, cavernes, mines, tunnels...).

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Pieris brassicae
 
La piéride du chou est ce papillon blanc à revers jaunâtres dont la chenille se nourrit de chou (quelle surprise !) mais aussi de capucine. L'espèce n'est pas menacée et résiste plutôt bien à la pollution générée par l'homme. Heureusement pour les amateurs de chou, la population de piérides est régulée par plusieurs petits parasites hyménoptères ou diptères qui pondent leurs œufs dans les chenilles qui sont ensuite dévorées par les larves. Ces parasites maintiennent ainsi un équilibre naturel qui empêche l'espèce de trop se développer. Et en plus, ça ne pollue pas !

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Iphiclides podalirius

Le flambé est un grand et magnifique papillon. Ce papillon est thermophile et est assez rare dans le nord. Pour tout dire, celui-ci est le premier que je vois dans ma région. Par contre, j'en ai observé pas mal dans les Alpes où ils font du "hill toping", pratique consistant à se regrouper en masse au sommet de collines pour pratiquer la sexualité de groupe avant de redescendre pour vaquer à d'autres occupations. Sa chenille se nourrit généralement sur des arbres fruitiers.







 
 


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CENT MÈTRES CARRÉS : MES COLÉOPTÈRES (III)

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-01-2020 15:37:27 - 2 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

Coléoptères (3ème partie)

Melolontha melolontha

Voici le seul hanneton commun que j'ai pu photographier en dix ans dans mon jardin. Dans mon enfance, cet insecte était bien connu des enfants qui jouaient volontiers avec ces animaux qui, après avoir passé trois années à grignoter les petites racines (radicelles) dans le sol, sortaient par milliers au printemps et quand je dis par milliers, il faudrait dire par millions ou même par milliards si l'on en croit "L'Année Scientifique et Industrielle de 1888" relatant le "Hannetonnage" des enfants des écoles chez mes voisins mayennais d'Ernée (texte édifiant à voir sur Insectes.net). Le DDT puis d'autres peu sympathiques produits tchernobyliens ont ensuite remplacé les petites mains pour faire presque disparaître cet insecte qui avait le tort d'être incroyablement prolifique, entraînant par là-même dans l'abîme tout un tas d'autres espèces d'insectes ainsi que les oiseaux qui s'en nourrissaient. Même si l'on ne peut ignorer les dégâts des hannetons (avec 50 larves au mètre carré, plus grand chose ne pousse), traiter ainsi les sols revient à vouloir régler le problème de la petite délinquance en employant des bombes au napalm. Donc, si vous trouvez des larves de hanneton en bêchant votre jardin, prélevez-les à la main et mettez-les chez votre voisin qui, de toute façon, a un jardin plus moche que le vôtre. Ou alors, exposez les larves à l'air libre dans un récipient où les oiseaux viendront se servir.
Attention, si vous trouvez des vers blancs dans votre compost, ce sont des larves de cétoines qui sont utiles à ce même compost.
 
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 Trichius fasciatus

Autre scarabéidé, la trichie fasciée (Bee beetle en anglais) ne pose par contre aucun problème pour le jardinier car sa larve se développe dans le bois en décomposition quant aux adultes, ce sont des butineurs (un peu brouteurs quand même...) participant comme les abeilles à la pollinisation des fleurs. 

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Lucanus cervus

Le lucane cerf-volant est le plus grand insecte européen, du moins le mâle (souvent 8 cm) car la femelle est nettement plus petite et ne comporte pas ces imposantes mandibules qui pourtant ne causeront pas de dégâts à vos mains si vous vous saisissez du mâle alors que celles de la femelle, plus modestes mais bien acérées, peuvent pincer jusqu'au sang. En fait, les grands attributs du mâle lui servent à la castagne car ces messieurs se battent comme des chiffonniers pour la possession des femelles. La plupart du temps, ces bagarres se soldent surtout par des rayures sur la carrosserie et peu de blessures à part d'amour-propre en ce qui concerne les vaincus.

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 Clytus arietis
 
Passons aux Cérambycidés, ces insectes longicornes. Le clyte bélier a un petit air de guêpe mal imitée mais il est totalement inoffensif. Les larves se développent dans du bois mort  et les adultes se nourrissent de nectar et de pollen. 
 

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Agapanthia cardui

Chez l'agapanthie du chardon, c'est le mâle qui est nettement plus petit que la femelle (ce qui est très fréquent chez les insectes sauf chez le lucane). La femelle de ce longicorne pond dans les tiges des chardons où les larves se développent. L'espèce apprécie aussi les marguerites et les mélilots.
 
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 Brachyleptura fulva
 
Le lepture fauve se rencontre plutôt dans les bois où se développent ses larves mais les adultes lors de leur courte vie (deux à trois semaines) voyagent assez pour arriver chez moi où ils se nourrissent de nectar et de pollen. 
 
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 Stictoleptura rubra
 
Autre longicorne très proche du précédent, le lepture rouge pond ses œufs dans du bois mort de conifères. Le pronotum (plaque au-dessus du thorax) du mâle est noir et celui de la femelle est rouge. On a donc droit à une dame sur la photo.

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Oedemera podagrariae
 
L'œdémère ochracé (famille des oedeméridés) se trouve souvent sur les ombellifères mais il ne dédaigne pas mes chardons bleus. Comme pour les cérambycidés, les adultes se nourrissent sur les fleurs et les larves dans le bois mort. Imaginez l'état d'encombrement des forêts si toutes ces espèces d'insectes aidant à la décomposition du bois n'existaient pas !

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Oedemera nobilis

L'œdémère noble est fort courant et facile à identifier grâce à son vert métallisé. C'est aussi un butineur dont les larves vivent dans le bois mort. Les  graciles proportions des pattes 3 indiquent qu'il s'agit d'une femelle car le mâle a vraiment de très grosses cuisses.

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Rhagonycha fulva
 
Malgré la ressemblance avec les oedeméridés, le téléphore fauve fait partie d'une autre famille, celle des cantharides. Le téléphore fauve se nourrit de petits insectes et de pollen (il participe donc à sa dispersion et à la pollinisation comme de très nombreux insectes) sa larve vit au sol et se nourrit aussi de petits insectes et de jeunes escargots. Le jardinier y voit là une certaine utilité !
 
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Lagria hirta

Les ténébrions sont une vaste famille de coléoptères dont le plus connu est le ténébrion meunier dont la larve est le ver de farine. La larve de la lagrie hérissée se contente de consommer des végétaux en décomposition, surtout les feuilles mortes. Les adultes se nourrissent essentiellement de pollen et de nectar. 

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 Otiorhynchus armadillo

Voyons maintenant les curculionidés ou charançons dont il existe 1500 espèces en France. Ce sont des polyphages peu aimés des jardiniers mais ils sont si mignons que je me garderai bien de leur faire du mal. Celui-ci ne semble pas avoir de nom vernaculaire.

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Lixus angustatus

Le charançon de la mauve se nourrit sur cette belle plante qui ne pousse pas dans mon jardin. Je suppose que ce spécimen (c'est une femelle, ça se voit à sont rostre noir) était de passage.


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Mononychus punctumalbum

Le charançon de l'iris existe en deux formes, foncée comme celui-ci et claire dite "café au lait". Ses larves se développent dans l'ovaire des iris et peuvent faire pas mal de dégâts. Les adultes hivernent parfois au sol dans les capsules anciennes de la plante et ressortent en mai. Mes pivoines n'étant pas loin des iris, il y a fort à parier qu'il s'agit là d'un adulte sortant de son hibernation et recherchant un iris hôte (photo prise un 4 mai).
 
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 Liophloeus tessulatus

Le charançon du lierre est un des plus gros représentants de cette famille nombreuse des curculionidés. Sa couleur peut être très variable, ses élytres rayés être couverts de points ou de taches et même être noirs. Les adultes se nourrissent de lierre ou de berce alors que les larves vivent dans le sol où elles mangent des racines d'apiacées. 


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Cidnopus pilosus

Le cidnope poilu est un taupin (Elatéridés) dont les larves ont tendance à manger les racines des graminées et poacées. Les Anglais l'appellent click-beetle car ce petit coléoptère, quand il est sur le dos, se rétablit en se projetant en l'air grâce à un déclic entre son pronotum et ses élytres. 

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Meligethes sp.
 

Ici, j'arrive aux limites extrêmes de mon  appareil photo hybride et de l'identification car ce petit coléoptère ne dépasse guère les 2 mm et sa famille est très peu étudiée. Il s'agit fort probablement d'un méligèthe ce tout petit insecte à reflets verdâtres qui vole par millions en juin - juillet et qui raffole tellement du jaune qu'il peut en couvrir votre t-shirt par dizaines si celui-ci arbore ladite couleur mais aussi (en moindre quantité) le blanc ou le vert fluo. Il se nourrit du pollen de fleurs jaunes comme mon millepertuis arbustif.










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