KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Janvier 2008
Le Lutin d'Ecouves

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Archives Janvier 2008

CANTIGAS

Par Le Lutin d'Ecouves - 31-01-2008 22:00:24 - 7 commentaires

La Musique Européenne au Moyen-Age

Episode 5

Par Le Lutin d'Ecouves
qui fonce moins qu'Alphonse
 
 
 
Cantigas de Santa Maria.
 
C'est le roi de Castille Alfonso el Sabio (Alphonse X le Sage ), à la tête d'une équipe d'artistes, qui a élaboré cette oeuvre monumentale entre 1250 et 1280 environ. Le roi Alfonso expose son dessein dans le prologue qui ouvre la série des 426 cantigas:
" L'art du troubadour exige de l'entendement et de la raison, et bien que je ne possède pas ces facultés au degré que je voudrais, j'espère que Dieu me permettra de dire un peu ce que je désire. Et ce que je désire, c'est que la Vierge fasse de moi son troubadour."
 
Alfonso et  ses musiciens
 
Après avoir recueilli toutes ces mélodies ainsi que les récits de miracles, il convenait d'en faire une synthèse, par une versification de chaque récit, adaptée à la mélodie choisie pour s'y associer.Le travail suivant consistait à matérialiser sur manuscrits les cantigas ainsi élaborées, grâce à l'intervention de 4 groupes de spécialistes:Lettristes, Miniaturistes, Traceurs de portées musicales, Noteurs des musiques.
 
La langue utilisée ici est le galicien, tous les textes sont en vers, avec une grande variété de métriques.
 
Un premier extrait : Qual'e Santivigada
 
 
 

 

Je ne résiste pas à l'envie de vous proposer un nouvel extrait de ces cantigas mais celui-ci est particulier : il s'agit d'une interprétation instrumentale d'une de ces pièces. 

Celle-ci peut nous donner une idée de ce que pouvait être un "boeuf" entre instrumentistes au moyen-âge. La pièce interprétée ici est basée sur le thème de la Cantiga 206, la technique utilisée n'est pas si loin de celle utilisée par les musiciens de jazz. En tout cas, ça déménage bien !

Cantiga 206

interprétation instrumentale 

  

Les illustrations sont extraites du manuscrit original qui est une véritable mine concernant l'instrumentarium médiéval.

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KONOKO

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-01-2008 22:57:06 - 7 commentaires

Konoko

 

    Elle se méfiait toujours un peu de mes réflexes imprévisibles mais finissait quand même par accepter le randori après quelques mimiques exprimant à la fois l’agacement et l’amusement. Elle savait le lien qui nous unissait, jamais exprimé, jamais écrit, jamais effleuré mais toujours présent. Un fil ténu sur lequel nos sentiments réciproques  dansaient en équilibre instable le fantôme d’une pavane faite de mensonges inavoués et de vérités muettes.

 

    Son regard intense croise fugitivement le mien la seconde précédant le sonore « Hajime ! » qui ouvre les portes du combat et ferme son regard.
A ce moment précis, elle rentre en elle-même et ses yeux n’expriment plus que le vide intense de la concentration.

Le Kumi-Kata  (saisie), pour des judokas expérimentés est fondamental. Avec Konoko, c’est toujours perdu d’avance. Impossible d’imposer ma garde à droite avec le pouce dans le col. Telle une chatte défendant ses petits, elle agite ses mains et tord son cou jusqu’à ce que j’accepte une saisie bancale qui  ferme la porte  à l’Haraï Goshi foudroyant et ô combien brutal que j’inflige généralement aux garçons imprudents ou simplement téméraires.

 

    Chacun a un « spécial », c'est-à-dire une technique favorite. La mienne c’était Haraï Goshi Maki Komi. Pour faire simple, je fauchais la hanche de mon adversaire pour le faire basculer devant moi puis je lui retombais dessus, généralement sur les côtes.

Ne faisant qu’une soixantaine de kilos, je cassais peu de monde ainsi mais le peu de finesse de mon judo attirait souvent des remarques de mon prof et ami qui me répétait à l’envi :

« Ce n’est pas le Judo que je t’enseigne mais, puisque ça marche … » et il haussait les épaules.

Konoko connaissait tout cela par cœur et sa grande science du Kumi-Kata la mettait à l’abri de la fougue d’un ours coincé dans le corps d’un loup-cervier.

 

    Premier balayage maladroit de ma part. Le retour de mon pied est précédé par un sifflement puis un petit cri aigu. Le signal : je suis en danger, j’ai un dixième de seconde pour changer ma position. Je plante mon pied profondément dans le tatami. Un claquement. Konoko n’a pas réussi son contre. En échange, j’aurai un bleu à la base de la cheville. J’ai encore un dixième de seconde pour enlever mon pied. Je le fais en profitant indûment de la différence de poids : je fixe mon adversaire d’un coup sec des deux mains et je me dégage.

 

    Entrée en matière on ne peut plus classique !  La moitié de nos confrontations commençait ainsi. Il faut dire que Konoko m’avait accompagné ou plutôt, c’était moi qui l’avait accompagnée sur les tatamis depuis de nombreuses années.

Cela avait commencé à l’époque où, adolescents incandescents, nous passions le plus clair de nos loisirs à répéter cent, cinq cents, mille fois le même mouvement jusqu’à ce que notre cerveau reptilien l’intègre, jusqu’à ce que notre moelle épinière se mette à penser, jusqu’à ce que les neurones de notre système digestif libèrent l’énergie du Hara.

Ces séances d’Uchi Komi suivies par des séries de Nage Komi lors desquelles nous chutions chacun au moins deux cents fois en quelques minutes nous vidaient l’esprit des miasmes de la vie quotidienne et faisaient couler dans nos corps de coruscants fleuves d’énergie en fusion.

Ces entraînements qui pouvaient durer trois heures se terminaient toujours par des combats d’entraînement, des randoris qui nous laissaient hébétés et légers à la fois. Enfin, pas tous.

Konoko avait une faculté de récupération surprenante. Alors que comme beaucoup, je finissais la soirée dans mon lit, écoutant un vinyle de Pink Floyd pour prolonger l’état quasi-hypnotique dans lequel l’entraînement m’avait plongé ; Konoko sortait en boîte avec sa sœur aînée. La danse était pour elle un besoin et sa fontaine d’énergie s’y déversait telle une cascade de vie.

 

    Morote ! Le classique des classiques mais à genoux ! J’ai beau ne pas être très grand, lorsqu’un petit bout de femme me rentre une telle prise au ras du sol, cela représente un sacré appel d’air !

Tant bien que mal, je glisse sur le côté droit pour éviter le pion retentissant. Le problème, c’est que Konoko a conservé mon bras et ça, c’est définitif trois fois sur quatre ! Nous sommes au sol, je suis donc en danger malgré mes douze kilos de différence. Konoko est la spécialiste du Juji Gatame, une clé de bras en croix redoutable qu’elle sait faire dans n’importe quelle position. Une alarme tonitruante sonne dans mon corps, j’ai deux secondes tout au plus pour me dégager.

 

    Juji Gatame ! Au club, nous connaissions bien ce spécial de Konoko même si nous avions du mal à l’éviter. En compétition, cela faisait des ravages…

Je me rappelle d’un championnat de ligue lors duquel j’avais échoué une fois de plus au pied du podium à la suite d’une chute mal réceptionnée qui m’avait valu un détour vers l’hôpital.

Arrivé en Judogi dans le couloir des urgences, je vis trois filles dans la même tenue que moi, la ceinture noire passée autour du cou nouée en soutien d’un bras.

Je leur demandai naturellement ce qui leur était arrivé.

C’était Konoko et son foudroyant Juji ! Les trois combattantes avaient commis l’erreur  de résister à la clé plus de deux secondes. La sanction était tombée : une petite luxation du coude pour chacune d’elles. La prochaine fois, elles penseraient à abandonner plus vite.

 

    Une traction brutale  délivre mon bras  de l’emprise de Konoko mais je ne suis pas complètement hors de danger. Alors que j’essaie de me mettre à genoux, les jambes de ma partenaire enserrent le haut de mon buste. Konoko se rapproche et tente un étranglement de face. Là, elle est un peu présomptueuse. Je suis quasi insensible aux étranglements. Je tends le bras pour couper l’effort de sa prise…C’était un piège ! Son pied passe derrière ma tête, mon bras est tiré en avant : Sankaku Gatame, le triangle infernal. Les cuisses de la guerrière bloquent ma respiration. Je suis comme un nouveau né pris dans un étau. Des muscles longs et durs comme des fibres d’ébène exercent une terrible pression sur ma carotide gauche alors que mon bras en extension gêne considérablement ma respiration, la clé n’est pas loin et je suis à deux doigts de l’immobilisation totale.

Je me maintiens tant bien que mal sur le côté et je m’enfonce en moi-même. J’attends que la pression exercée par les jambes  diminue pour avoir l’opportunité de me dégager. Je commence à ne plus voir qu’un voile rouge mais je grimace cependant un sourire.

Un soupir, Konoko relâche sa prise et se met debout. La couleur violette de ma face grotesquement souriante l’a découragée. Je tousse et me relève.

« Tu n’es pas sérieux me dit-elle, toujours à faire le guignol, ça me déconcentre… »

Elle me touche le bout du nez et me sourit. Puis son regard disparaît à nouveau.

 

    J’ai eu ma chance. Je n'avais pas loin de dix-huit ans. Je sentais bien qu’un courant passait entre nous lorsque nous rentrions à pied en direction de notre lotissement.

Trop de timidité, trop de proximité, trop de scrupules. J’avais laissé passer le temps et le temps s’était vengé.

Elle l’avait rencontré, Lui. Il dansait merveilleusement et s’était mis au Judo où il excella rapidement.

Nos destinées divergèrent de nombreuses années jusqu’à ce jour où elle me retrouva pour m’inciter à créer un club avec l’aide d’anciens amis. Pascal, un ancien de la bande d’ados furieux qui était maintenant cinquième Dan assurerait les cours.

 

    Konoko retrousse sa manche droite  avant d’attaquer. Je remarque une fois de plus à quel point elle a maigri. Elle était déjà mince, maintenant elle est carrément maigre. Elle arrive à saisir le haut de mon col. Je sens l’Uchi Mata saignant se profiler à l’horizon…

 

    Quand je lui demandais si elle n’avait pas un peu maigri, Konoko me disait que c’était à cause de sa conversion à la course à pied.

A cette époque, j’étais devenu un judoka médiocre doublé d’un coureur passable. J’avais créé, avec l’aide d’une association de quartier, une petite corrida sympathique et j’incitais tout mon entourage à y participer.

« Je viendrai, je m’entraîne pour ça, me disait-elle.»

Et comme elle ne faisait pas les choses à moitié, elle courait soir et matin comme si quelque chose ou quelqu’un la fuyait, comme si sa vie en dépendait. « Je viendrai, ne t’en fais pas… »

 

    Je me contracte, je me penche légèrement en avant. Erreur de débutant. Konoko bascule subitement et sa jambe droite fauche l’intérieur de ma cuisse alors que son corps pivote en équilibre sur un pied. Uchi mata ! Je fais un soleil et me retrouve sur le dos dans un concert de cris et de rires. Tout le club s'esclaffe : je me suis encore fait rouler dans la farine. Toutes ces années de Judo et je me fais toujours avoir !

Dès que j’ai repris ma respiration, je me mets à rire. Konoko rit aussi puis son regard se voile.

Le cours se termine, Konoko touche à nouveau le bout de mon nez avant d’aller se rhabiller.

 

    Deux jours plus tard, j’apprenais que Konoko avait fait le grand saut, nous laissant tous face à un abîme insondable de questions indicibles.

Damien, le seul d’entre nous qui avait fait une carrière internationale de judoka descendit de Paris dès le lendemain et resta pour l’enterrement qui nous vit tous sanglotants et hébétés face à cet événement vide de sens.

 
Il me fallut des mois pour comprendre la vérité. Konoko avait été trahie. Depuis des années, elle avait bâti sa vie toute droite, bâti son couple, bâti sa famille, bâti sa maison.

La vie d’une combattante ne s’accommode pas de la trahison.Tout s’effondrait autour d’elle, elle ne trouva pas d’issue.

 

    Un été aux sentiments brumeux suivit cet événement. La rentrée du club fut plus que pénible pour les proches de Konoko que nous étions.

Dès que j’ai mis le pied sur ce tatami si froid, si terne, je sus que c’était fini. Je resterai encore quelques années mais quelque chose s’était brisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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UN CROSS SANS MUSTANG...

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-01-2008 19:33:33 - 9 commentaires

...C'est comme la moule sans la frite
C'est comme un match sans arbitre
C'est comme le gras sans le jambon
C'est comme les pleurs sans l'oignon 
 C'est comme la voile sans la vapeur
C'est comme le pet sans l'odeur...
 
 
Ce samedi 19 janvier, je me sens mélancolique. Rien que d'évoquer ce mot, j'ai des contractions intestinales. 
 
Je suis triste, enfin raisonnablement triste pour un Lutin. Je vais disputer un cross sans mon Canasson. Môssieur se réserve pour le lendemain : il va disputer le cross FFA d'Hérouville dans les lointaines terres du Calvados.
 
Me voilà seul comme un Lutin sans personne à persécuter. Il y a bien Allain mon merlan-gourou préféré mais j'ai trop de respect pour lui pour le malmener comme je le fais habituellement avec mon équidé favori.
 
Pas de tête de Turc, tant pis... je vais courir.
 
Mais avant, sur le site de la Plaine des Sports d'Alençon, je vais assister pour ce 6ème cross FSGT de la saison aux courses "enfants" et "féminines" précédant mon épreuve.
 
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs c'est un Kikoureur qui ouvre le bal ! Eh oui, aujourd'hui, Bin' a décidé de mener le cross jeunes du début à la fin, basta la stratégie ! On se défonce ! En voilà de la gestion comme je l'aime !
 
 
Pas si loin, la petite fille de mon copain Yannick (un fameux coureur) se précipite à la suite des plus âgés avec une détermination qui en dit long sur la suite de sa carrière de sportive :
 
Loulou et Christian attendris devant la relève...
 
Un doute m'étreint (de marchandises) Bin' va-t-il tenir à ce rythme ? Eh bien, oui :
 
 
Le galopin aux cheveux de feu termine vainqueur en poutrant tout le monde dans les grandes largeurs. Il avouera qu'il a bien tiré sur la caisse...
 
Le Lutin se sent mieux, la performance du Bin' lui a redonné un peu d'énergie.
 
Maintenant, c'est au tour des filles.
La Championne Véro accompagne le groupe de tête lors du premier tour puis s'envole dès le début du deuxième. Elle fait vraiment ce qu'elle veut !
 
 
 
Derrière, se trouve Sylvie. Normal ! Mais, mais , mais ... il y a une gamine qui se trouve devant Simone et Mireille. C'est quoi ce délire !
 
 
 
Les deux V2 dépasseront bientôt l'impudente qui ose déranger l'ordonnancement naturel de la course.
 
Véro boucle tranquillement ses 5 bornes en 22'07 sans fatigue.
 

 

 Une minute plus tard, Sylvie arrive, assurant comme d'habitude sa première place V1.

 

 

Surprise ! Simone n'arrivera pas seule. Elle a eu un coup de mou et c'est accompagnée de sa copine Mireille qu'elle franchira l'arrivée.

 

 

Mireille laissera cependant la première place V2 à Simone. Amitié, respect pour une championne ou les deux ?

 

De voir tout cela, ça m'a ragaillardi ! En plus, mon Mustang est venu élégamment vêtu pour  soutenir les copains et faire de photos.

 

Remarquez ses bottes de trail : le chic absolu ! 

 

Le départ ! Allain et moi,  sommes partis sans le savoir pour faire notre cross le plus rapide de la saison.

Allain, c'est la classe... Je ne dirai pas son âge vu qu'il ne lui reste plus

qu'une saison 1/2 à faire en V2... Oups, j'ai gaffé ! 

 

C'est rapide, c'est très rapide ! Il faut dire que le terrain est plat, juste une butte à grimper trois fois. Autant dire, rien...

 

 

 La voilà la malheureuse grimpette. Remarquez le 133 : Yannick, le papa de la libellule photographiée plus haut.
Yannick va boucler les 9,5 km en 32'32 ...ouch ! 

 

 

Ricounet, le mari de Sylvie m'a doublé dès le début, il fera son cross à une moyenne de 4mn au kilomètre. C'est plus du cross, c'est de la route !

Allain me suit toujours, il ne sera jamais loin de moi, réussissant son meilleur classement de la saison.

 

Allain, ça va mais il y en a d'autres qui souffrent !

 

Derrière, il y en a un qui s'amuse. JMF, le père de Bin', le meilleur ultra traileur de notre bande (GRR en 38 h !) se permet de musarder et même de s'arrêter discuter avec son fils auquel j'ai confié mon appareil photo.

  

Ah, le touriste ! 

 Bien que courant souvent seul, je réussis à me motiver suffisamment pour boucler mes 9500m en 38'09.

 

Ça me paraît plutôt rapide ! La distance officielle était-elle bien celle annoncée ?

 Bon, malgré l'absence de motivation, je réalise mon meilleur classement de la saison. Faut pô s'plaindre, d'autant qu'il y a du gâteau à la fin...

 

 A bientôt pour le dernier cross de la saison en forêt de Silly... si la neige de la Raidlight Trail Trophy ne m'engloutit point !

 

Merci à Bin' et à Béa pour les photos du cross masculin 

 

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THE DESCENT

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-01-2008 09:54:44 - 12 commentaires

 
Enfant, j'ai toujours préféré la version Perrault du Petit Chaperon Rouge dans laquelle cette gourdasse (il n'y a pas d'autre mot) se fait boulotter par le Loup plutôt que les versions édulcorées qui présentent un sauvetage aussi improbable que débile.
 
Précocement conscient du chaos que constituait l'univers qui m'entourait, je suis devenu très tôt amateur de films d'horreur et de fantastique qui me semblaient plus proches de  la réalité du monde tel que je le ressentais que des guimauves délavées servies par Disney et consorts.
 
Bien sûr, la censure aidant, les films tels que Dracula de Tod Browning (1931) ou La Nuit du Loup-Garou de Terence Fischer (1961) ne faisaient pas vraiment peur. Cependant, je découvrais de vrais chefs-d'oeuvre comme La Fiancée de Frankenstein de James Whale (1935) dont certaines scènes m'ont ému jusqu'au fond de la moelle des os, siège comme chacun le sait de la production de l'hémoglobine.
 
 
Les choses se sont arrangées  à partir de la fin des années 70 quand la censure se ramollit et l'on put voir quelques films bien angoissants dont Alien de Ridley Scott (1979) qui nous plongea dans l'univers esthétique du peintre Giger.
 
Depuis, des choses de qualité variable sont apparues sur les écrans : cela va de la petite perle (Freddy sort de la nuit de Wes Craven) à la grosse bouse (une grande partie de la production).
 
Et puis voilà qu'en 2005, le britannique Neil Marshall sort The Descent dont voici le synopsis : 
 
Six jeunes femmes aventurières décident d'explorer de vieilles grottes dans les montagnes Appalaches aux États-Unis. Finalement, l'expédition tourne au cauchemar lorsqu' une partie de la grotte s'effondre et que les filles sont prisonnières des étroites galeries. Elles constatent alors rapidement qu'elles ne sont pas seules ...
 
 La spéléo, ce n'est pas pour les claustros ! 
 
Attention : Chef-d'oeuvre. Cela faisait longtemps que je n'avais pas été réveillé ainsi par un film.
 
Je ne vais pas vous le raconter mais sachez qu'il commence par un accident de voiture filmé avec une efficacité redoutable. Le réveil est brutal pour l'héroïne.
 
 
 
Tout part de là. Pour renouer avec la vie, Sarah va , un an plus tard, organiser avec ses amies une première dans un gouffre des Appalaches. 
Evidemment, ça ne va pas se passer trop bien...
 
Pourquoi j'aime ce film
 
D'abord parce que je suis un fervent admirateur de la gent féminine et que le film n'est joué que par des femmes pourvues de la qualité que j'admire le plus chez elles : la force.
 
 
On voit bien que ce ne sont pas des mauviettes.
En plus, elles sont carrément belles, ça ne gâche pas.
 
Lors de cette tragique aventure, Sarah va découvrir son passé et se découvrir elle-même quitte à perdre le vernis d'humanité qu'elle pensait posséder.
 
 
 
Une des scènes fortes lors de laquelle Sarah achève une de ses amies
pour lui éviter un sort encore plus cruel.
 
Sarah va subir une lente transformation qui va faire d'elle un être brut et naturel qui sera mené par l'instinct de conservation et les pulsions animales propres à chacun, tout en restant une femme blessée dans sa chair et dans son âme, ce qui ne la rendra que plus dangereuse.
 
 
 Une femme, une mère, une vraie...
 
Evitant la conclusion bêtasse, Neil Marshall assène une fin surprenante, dernier coup de massue  d'un film maîtrisé jusqu'au bout.
 
The Descent a reçu de nombreuses récompenses et prix, même Télérama a aimé, c'est dire !
 
Précipitez-vous pour acheter le DVD, en plus il n'est pas cher, vous ne le regretterez pas !
 
Pour terminer, voici la bande annonce du film :
 
 

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CARMINA BURANA

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-01-2008 13:46:12 - 8 commentaires

La Musique Européenne au Moyen-Age

Episode 4

Par Le Lutin d'Ecouves
pas toujours clerc

 

Carmina Burana ! En voilà un nom qui me dit quelque chose ! Mais oui, j'ai entendu ça au départ d'un marathon. Un choeur grandiloquent qui pète, le genre de chose qui vous booste sévèrement.

Ben, ça c'est une oeuvre de Carl Orff (1895-1982). Sa partition la plus célèbre fut composée d'après les paroles se trouvant dans un manuscrit trouvé dans l'abbaye de Benediktbeuren en Bavière.

Ces chants intitulés "Carmina Burana" (chants de Beuren) étaient pour la plupart l'oeuvre de Goliards qui étaient de drôles d'énergumènes, c'est le moins qu'on puisse dire !

 

Page du manuscrit des Carmina Burana représentant la roue de la Fortune

qui abat les puissants et hausse les faibles


Les Goliards étaient des étudiants en théologie et des clercs à l'esprit libre qui n'hésitaient pas à brocarder et à parodier l'Eglise.

À la Saint Rémy par exemple, les Goliards allaient à la messe, en procession, chacun traînant sur le sol un hareng au bout d'une cordelette, le jeu étant de marcher sur le hareng de devant et d'éviter que son propre hareng ne soit piétiné.

Dans certaines régions, on célébrait la fête de l'âne, lors de laquelle un âne vêtu d'un costume loufoque était mené jusqu'au chœur de l'église où un chantre psalmodiait une chanson en louange à l'âne. Lorsqu'il marquait une pause, le public devait répondre "Hi Han, Sire Ane, Hi Han".

Bon, ça ne plaisait pas toujours à la hiérarchie comme en témoigne cette plainte de l'Université de Paris :

"Prêtres et Clercs ... dansent dans le chœur habillés comme des femmes ... ils chantent des chansons légères. Ils mangent du boudin noir sur l'autel lui-même alors que le célébrant dit la messe. Ils jouent aux dés sur l'autel. Ils encensent avec de la fumée puante provenant de semelles de vieilles chaussures. Ils courent et sautent à travers l'église sans rougir de leur propre honte. Enfin, ils conduisent des chariots et des carrioles usés à travers la ville et soulèvent les éclats de rire de leurs acolytes et des passants grâce à leurs représentations théâtrales infâmes remplies de gestes impudiques et de mots vulgaires et dévoyés.."

On savait s'amuser au Moyen-âge !

Le manuscrit des Carmina Burana est une compilation de 315 pièces réalisée entre 1225 et 1250 avec des textes en Latin, en Français et en Allemand. On y trouve des chants religieux (dont une "messe des joueurs" qui se célèbre en buvant et en jouant aux dés), des chants d'amour, des chants satiriques et des chansons à boire.

Certains des textes retrouvés en Bavière étaient accompagnés de neumes (notes) permettant une interprétation musicale. Voici une de ces pièces :

 

In Gedeonis Area

 

 
 

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LES TRADITIONS SONT RESPECTEES

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-01-2008 19:28:46 - 5 commentaires

 Cross de Mamers (72)
 
 
Alors, vous pourriez peut-être me dire : Sacré vingt diou de nom de d'là mais pourquoi c'est'y donc que la FSGT de l'Orne elle organise un de ses cross dans la Sarthe ? Je vous répondrai que cheu nous, on n'est pas des gens regardants et que les gars de la Sarthe, c'est comme les Mayennais, c'est des bons gars qui mangent du camembert tout pareil que les bons Normands !
 
Même que samedi dernier, on a accueilli un Grand Géant Orange (Sylvain61) et une Zabou parisienne pour participer au 5ème cross de la saison.
 
 
Enfin, le géant n'était pas très orange...
 
 
Le cross, c'est bien pour ceux qui n'aiment pas être constamment tourneboulés : les horaires sont toujours les mêmes, les classements sont presque toujours identiques et ça se termine toujours par un gâteau arrosé de vin chaud.
 
 
Comme à l'accoutumée, on commence par les petits : Poussins, Benjamins et Minimes filles.
 
 
Allez Bin' ! (202)
 
 
Une fois de plus, Bin, malgré mes encouragements se fait souffler la première place par son camarade Benoît qui est décidément le plus fort. Et il faut être balèze pour passer devant le Bin', j'en sais quelque chose !
 
 
Ensuite, c'est le cross féminin accompagné des Minimes et Cadets garçons. Là, les organisateurs ont déjà préparé les feuilles de classement, ça gagne du temps : 
  1. Véronique (1ère SF)
  2. Sylvie (1ère V1F)
  3. Simone (1ère V2F)

C'est sans compter sur Zabou-la-Gnaque ! Notre Parisienne invitée emboîte la foulée de Véro qui part à un rythme d'enfer comme d'habitude.
 Sylvie la rejoint peu de temps après et elles se mettent à causer, laissant Véro soulever les mottes et réveiller les taupes.
 
Arrivée de Simone : "Hé, les filles, on n'est pas au salon de thé, c'est un cross !"
Sylvie, aiguillonnée par notre championne de France V2, reprend sa place habituelle de deuxième et laisse notre courageuse Zabou gérer la fin du cross.
 
 
Allez, on entame le deuxième tour ... 
 
 
Tout n'est pas perdu pour Zabou, son GGO vient l'encourager le long du parcours.
 
 
 Ah, le beau petit couple !
 
 
Finalement, le classement établi d'avance est respecté et Zabou termine 4ème (sur 29 filles) et 2ème SF. Pas mal pour une Parisienne !
 
Il ne reste plus que le cross masculin et là, vous vous demandez qui du Lutin ou du Mustang va poutrer l'autre...
Et bien, le Mustang, ça le fait marrer !
 
 
Henni soit qui mal y pense !
 
 
Je confie l'appareil photo à Bin' et je m'élance comme un malade dès le top départ comme si j'avais un troupeau de chevaux sauvages à mes trousses.
 
 
C'est pas beau de tirer la langue, Lutin ! 
 
 
Loin devant, le GGO fait la course avec le groupe de tête, il terminera cependant 7ème à une minute du premier, histoire de ne pas perturber le classement prévu. Il est gentil, le GGO ...
 
 
 J'aime cette photo : Le GGO  passant monsieur Pierre qui fait son cross à son rythme de sénateur.
Le cross, c'est ça, il y en a pour tout le monde et chacun est content. 
 
Derrière, on se bat comme on peut, Allain (riah50)  fait sa course à un bon rythme, se permettant de passer le Mustang...
 
 
 
 Le coiffeur volant (le buff MDS : la classe !) 
 
 
 Quant à moi, je n'ose pas me retourner de peur de voir apparaître le duo infernal : Mustang + JMF comme à Orgères.
 
 JMF, en fait, gère son cross peinard ...
 
 
Finalement, l'explication n'aura pas lieu et je termine en 37'04, effectuant ma meilleure perf de la saison de cross. 
Mon Mustang arrivera  xxxx'xxxx''   plus tard. Les usages ont été respectés.
 
Parfois, la tradition, ça a du bon ...
 
 
 

 
 
 

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PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-01-2008 16:31:20 - 4 commentaires

Première sortie forêt de l'année
 
 
Trois janvier, nous sommes encore en vacances et Béa (la Baronne) a contacté ma Josette pour un petit entraînement en forêt d'une heure, une heure et demie...
A part surfer sur Kikouroù, je n'ai pas grand chose à faire, donc je décide de les accompagner. Bonne surprise : Bin' est de la partie. Comme moi, il a un cross samedi et il m'annonce qu'il a des fractionnés à faire en préparation de l'épreuve.
Un entraînement trail couplé avec des fractionnés à deux jours d'une compétition : Bienvenue chez les cinglés Bin' !
 
 
 
 Mustang n'est pas là mais il nous a envoyé ses petits cousins.
 
 
 
Bin' et sa mère démarrent cool avant une dizaine de 30''x30" en côte (pour Bin' et moi, pas pour les filles).
 
 
Là, il faudra bien passer dans l'eau les filles !
 
 
La brume descend de plus en plus et nous progressons à l'intérieur d'un nuage.
 
 
Allez, un petit toboggan pour finir : on descend...
 
 
Et on monte...
 
 
Vision artistique des traileuses dans le brume de janvier.
 
 
Bon, là je pense que je me suis un peu égaré, ce qui nous a permis de bénéficier d'une bonne demi-heure de bonus.
 
 
Il est midi et la brume se fait de plus en plus opaque, donnant un aspect fantomatique à la forêt.
 
 
 
Deux heures vingt d'entraînement, Bin' a pété son record de durée. Espérons qu'il a gardé du jus pour samedi. 
 
 
 
 

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FUMEUX FUME

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-01-2008 11:41:17 - 2 commentaires

 

Ce premier janvier est un jour faste pour ceux qui aiment la bière pression sans la fumée. Je dédicace ce texte de Solage (fin XIVème siècle) aux derniers malheureux qui s'accrochent encore à leur Tube à Mort.

 

Fumeux fume par fumee

Fumeuse speculacion

Qu'antre fummet sa pensee

Fumeux fume par fumee

 

Quar fumer soit molt li agree

Tant qu'il ait son entencion

Fumeux fume par fumee

Fumeuse speculacion 

 

(Orthographe d'époque) 

 

Le tabac n'étant pas connu en Europe à l'époque, Solage faisait, en fait, allusion aux rhétoriciens de son entourage.

 

 

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