KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Novembre 2013
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PETITE CHÉRIE

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-11-2013 18:11:18 - 17 commentaires


Ne l'ayant pas portée durant neuf fois, elle était virtuelle pour moi et ce fut un grand choc de la voir arriver. J'étais chaviré, incapable de m'apercevoir de quel sexe elle était.

"Vous voulez peut-être savoir ce que c'est, dit l'infirmière qui commençait les soins, c'est une fille !"
 
Les soins terminés, le bébé ayant de la fièvre fut prestement évacué en pédiatrie. Nous n'avions pas vraiment été présentés. Moment difficile, j'apprenais dès les premières minutes la grande joie et la grande responsabilité du métier de père.

Une heure plus tard, au service pédiatrie, j'ouvris la porte donnant sur un long couloir dont une paroi était vitrée. Fier et bouleversé, j'allais montrer mon premier enfant à ma mère mais je fus un instant désorienté par cette succession de boxes vitrés contenant des couveuses. Comment allais-je reconnaître ce bébé que j'avais juste aperçu durant un quart d'heure ?

Ce fut cependant d'un pas décidé que je longeai la vitre, ces petites choses émouvantes, je ne les vis pas. L'instinct me fit m'arrêter sans hésitation devant la couveuse d'un grand bébé qui se fâchait dans sa boîte avec l'air de dire "Vous ne voyez donc pas que je n'ai rien à faire ici ?". Elle était si belle et si bien faite, c'était ma fille.

Cette nuit-là, la température descendit à moins dix-sept degrés sur Alençon mais je ne ressentis pas le froid.

******

Petite Chérie, c'est comme cela que je l'appelle depuis un moment. Vingt-neuf ans et un mètre soixante-dix, elle n'est pas vraiment petite ; elle ne l'a d'ailleurs jamais été. Le beau bébé a tenu ses promesses et n'a plus été malade hormis les petites fièvres communes de l'enfance qui me tournaient malgré tout les sangs. 

Un ange de petit frère, des études, un mariage, comme tout va vite !

Ce soir, elle et son mari nous ont invités, moi, sa mère et son frère. Apéritif au Champagne, c'est ce que je préfère. Pop ! de l'or coule dans mon verre. Zut, j'ai promis à mon épouse de ramener la voiture. Je m'adresse à mon gendre :

"Juste un verre mon gars ! 
Le beau brun me regarde avec des yeux malicieux avant de répondre :
- Oui, mais c'est une cuvée spéciale, regardez !"

Je lis "Juin 2014" au dos de la bouteille. J'ai un court moment de doute, c'est quoi ce millésime ? Puis je vois enfin cette photo au bas de l'étiquette. Pas de doute, c'est une échographie. Une vague me submerge comme en ce jour de décembre 1984.

Je vais être grand-père.





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ELLES SONT BELLES, LES FILLES DE LA ROCHELLE

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-11-2013 19:55:29 - Aucun commentaire

 


Ah ben non, finalement c'est pas une fille mais c'est mieux, c'est François ! Pour voir les vraies filles de la Rochelle, cliquez ICI.

 

 

VERS LA ROCHELLE AVEC ELLES

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-11-2013 18:03:13 - 10 commentaires

 
DOC GYNECOACH
 
Incapable de briller sportivement pour cause de grand âge, j'ai fini par me dire qu'au lieu de me terminer en me suicidant, par exemple en courant l'UTMB ou la Diagonale des Fous, je ferais mieux de me reconvertir en entraîneur, histoire de m'attribuer une partie de la performance de ceux que je prépare à la compétition.

Bizarrement, la demande est surtout venue de femmes qui désiraient que je les initie au trail ou au marathon. Plus jeune, je faisais plutôt fuir les filles mais maintenant, elles s'adressent à moi pour que je les accompagne sur les routes et chemins et que je leur dispense divers conseils sur la course que je pratique maintenant depuis une vingtaine d'années. Je pense qu'elles sentent qu'elles ne risquent plus rien avec moi, vu mon état ...
 
Un nouveau marathon : la Rochelle et une nouvelle débutante à former : ma cousine, la brune Françoise, qui sera accompagnée par la blonde Katia avec laquelle j'ai déjà partagé le marathon de Poitiers et qui connaît bien les ficelles d'un entraînement de Lutin.
 
 
Tout a commencé sur la douce pente d'un été qui ne voulait pas finir ...


 
Toujours accompagnées d'autres coureurs issus des Trailers d'Ecouves, Françoise et Katia ont commencé un programme de trois mois à raison de quatre séances par semaine : deux parcours de dix kilomètres à allure modérée, un parcours long de 18 à 23 km avec accélérations intégrées et une séance de fractionnés sur piste, torture qu'elles accomplirent avec une détermination sans faille, provoquant par là-même mon admiration.

 
 
Le temps a passé et le soleil a bien voulu nous donner la main encore un moment.
 

 Puis, l'automne a mis de la couleur à nos sorties champêtres.
 
 
Et même si la météo se faisait parfois menaçante, ...
 
 
 ... nous échappions la plupart du temps aux intempéries.
 
 
Aujourd'hui, dernière séance longue en Ecouves, histoire de renouer avec notre forêt. Françoise est prête pour son premier marathon.
 
 
L'objectif reste modeste : entre 3h55' et 3h59'. Katia, remontée comme une horloge, va s'attaquer à son record de 3h56'. Plus qu'une semaine et un nouveau cycle se termine. Je suis plutôt confiant et passablement fier de mes "élèves". 
 
 En route vers la Rochelle ...
 
 

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LE DÉJEUNER SUR L'HERBE

Par Le Lutin d'Ecouves - 11-11-2013 09:29:12 - 4 commentaires

1975
 
Je venais d'avoir dix-neuf ans et, à l'instar de onze de mes douze autres collègues garçons de la terminale D, je m'apprêtais à échouer consciencieusement au Bac. Les filles, elles, s'en tireraient mieux ... surtout les redoublantes.
 
Ma chevelure de batteur de hard rock, mes jeans déchirés et mon treillis marqué au feutre me donnaient un aspect totalement en adéquation avec l'époque. On aurait pu dire que j'avais l'air branché si le terme avait alors été usité. Mon apparemment vaste culture rock, mon âge déjà avancé et ma guitare Yamaha pour gaucher me conféraient un certain statut dans mon lycée alençonnais et pourtant ...
 
Pourtant, alors que j'avais un look à prendre du LSD au petit déjeuner en écoutant Pink Floyd et Tangerine Dream, je n'avais jusqu'ici jamais cherché à consommer de drogue malgré ma fréquentation de milieux où celle-ci circulait librement. J'avais fait des efforts en essayant les cigarettes blondes ou brunes mais, ayant les tuyaux trop près de la sortie, je m'étais rabattu sur la pipe qui me rendait moins nauséeux. Et puis, à cette époque, la pipe donnait un air intelligent et cool du genre "Gardarem lou Larzac". J'eus persisté que j'aurais peut-être fini député écologiste au Parlement Européen, allez savoir ...
 
Pour tout dire, j'avais quand même l'air un peu con de n'avoir jamais essayé de fumer le moindre joint et je sentais que ça nuisait un peu à ma réputation. De plus, étant d'une nature très curieuse, j'étais plutôt fasciné quand j'entendais le guitariste du groupe du lycée m'expliquer que la dernière fois qu'il avait pris du LSD, il avait conversé télépathiquement avec un extra-terrestre. Quand aux copains qui fumaient de l'herbe, je leur trouvais un air vachement pénétré.
 
******
 
En route vers un échec assuré, je me pliais cependant au rituel du Bac blanc et, ce lundi après-midi, nous passions une épreuve de quatre heures de philo. Au fond de la salle, à côté de ma copine de classe A ..., je m'apprêtais à torcher un texte quelconque sur un sujet bateau. Ecrire n'avait jamais été un problème pour moi. Travailler en était un autre ...
 
Or, A..., jeune fille en robe au tissu indien et aux cheveux blonds sentant le patchouli, avait une habitude aussi hebdomadaire qu'amusante : elle se fumait un joint tous les lundis après-midi, ayant, comme à l'accoutumée, reçu par courrier postal deux grammes de haschisch de la part d'une amie habitant Paris. Ce jour de Bac blanc, elle trouva idoine de me proposer de partager son shit et elle m'en bourra aussitôt la pipe en tout bien tout honneur.

Aussi incroyable que cela paraisse, nous avions, à cette époque, obtenu le droit de fumer en classe et c'est en rédigeant l'introduction de ma dissertation que je tirai pour la première fois une bouffée de fruit défendu.

Rien. Deux taffes, trois taffes ... Rien. C'est ça planer ?

Alors que mon cerveau ne réagissait apparemment pas à la drogue, je sentis en moi monter une subite onde de sueur. La Gerbe Finale, la Mère du Vomi, la Septième Vague du Dégobillage était en route et ça ne rigolait pas. Il fallait que je sorte avant que ça sorte !

Arrivé aux toilettes heureusement proches, je sentis que mon corps avait l'intention de se vider nonobstant par l'avant mais aussi par l'arrière et ce, concomitamment. Il fallait faire un choix et il fut vite fait : j’arrosai  violemment mes Clarks pendant qu'un jet malodorant à la couleur douteuse tapissait la cuvette sur laquelle j'eus heureusement le temps de m'asseoir. Je restai plié en deux un bon moment puis je trouvai enfin la force de nettoyer mon postérieur et mes chaussures à l'aide de ce papier toilette marron si prisé alors dans les collectivités et dont la principale propriété était d'étaler les substances plutôt que de les absorber.

Enjambant mon repas du midi, je retournai en classe blanc comme un linge et titubant comme un ivrogne. Je venais d'expérimenter la biture sans alcool. Croyez-moi, ça fait mal.
 
A peine assis, je tombai de ma chaise, ce qui me valut un séjour à l'infirmerie où ma mère vint bientôt me chercher. Ayant réussi à faire passer cette péripétie pour un gros malaise vagal, je restai au chaud chez ma maman le lendemain et j'eus même droit à la visite du médecin de famille. Ce bon docteur, habituellement surexcité et d'une rapidité surprenante (Je l'ai chronométré en cabinet : douze patients à l'heure !), fit ce que je ne l'avais jamais vu faire : après m'avoir ausculté, il s'assit dans un fauteuil du salon et se mit à discourir longuement sur ces enseignants qui en demandaient toujours plus aux adolescents et qui les épuisaient à force de travail. Je n'en revenais pas ; ce praticien d'âge mûr aux cheveux gris en brosse prenait ma défense et celle de ma génération. Il avait raison, nous risquions certainement le burn out... Il me signa un congé de deux jours et me souhaita bon courage pour mon examen. 

Finalement, l'événement n'entama pas tant que ça ma réputation au lycée et, l'année suivante, après un magnifique échec au Bac, je conservai mon aura de redoublant vraiment très cool au look rebelle à la Franck Zappa.

Bien des années plus tard, j'appris que ce héros rock de notre adolescence n'avait jamais rien pris de plus fort que du café ou qu'un verre de Bordeaux. Quant à moi, j'étais vacciné et je n'approchai plus de la moindre substance stupéfiante. Par prudence, j'arrêtai même de fumer la pipe quelques années plus tard. On ne sait jamais.







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VIVALDI ET LE CONCERTO 20

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-11-2013 18:32:18 - 3 commentaires

En perspective
 
 
Pour terminer cette série sur Vivaldi, je vous propose d'écouter le premier mouvement du concerto RV 552 "Per eco in lontano" dans lequel, après une longue introduction des cordes, un premier violon soliste engage la conversation avec un deuxième violon situé acoustiquement à l'arrière, ce qui donne un effet de perspective à l'orchestre, rajoutant ainsi un effet "3D" à la musique.
 
Selon la taille et la qualité acoustique de la salle de concert, on peut faire jouer le deuxième violon réellement à distance ou, plus simplement, le faire jouer avec une sourdine qui imitera l'éloignement.
 
 Sourdine pour violon

Quelle que soit la solution choisie, on obtient un effet saisissant mettant particulièrement en valeur ce splendide concerto de la maturité de Vivaldi qui produisit à cette époque des œuvres de plus en plus longues et recherchées.
 
 
Ref
 
 
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