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Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Lutin et billevesées

JUSTE AVANT LA NUIT

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-10-2014 19:12:07 - 3 commentaires

 
30 octobre 2014
 
 
Oblique et fou, le soleil incendie pour une heure d’éternité mon jardin du Septentrion.


Mon épouse, grimpée dans l'arbre sauvé des sables d'Aquitaine, s'affaire à recueillir la manne miraculeuse.
 

Les fleurs au nom de renard nous feraient presque oublier que novembre est à nos pieds.
 
 
J'abandonne bientôt le panier que distraitement je tenais...
 
 
...pour admirer la gloire et la splendeur des baies.
 
 
Une dernière éclaboussure sur les fleurs de Toussaint, la nuit se précipite.
 
 
La cueillette est bonne, demain sera lumière. 






1 : Escargot des haies
2 : Arbouse
3 : Fuchsia
4 : Baies de chèvrefeuille
5 : Callicarpa
6 : Chrysanthèmes
7 : Future confiture



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AU FIL DE L'AUTOMNE

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-10-2014 09:49:15 - 6 commentaires

(cliquer pour agrandir)
 
 
Un matin d'octobre, sous un lumineux collier de perles, rampe un minuscule escargot de dessin animé pressé d'arriver au terme de son périple avant qu'un rayon de soleil ne mette fin à ses rêves.
 
Vous pensez que j'ai trop d'imagination et que ce n'est qu'un empilement de gouttelettes d'eau sur un fil à linge. Et pourtant, je l'ai vu...


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SPORT AU COLLÈGE

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-09-2014 20:16:50 - 18 commentaires

Mercredi matin : entraînement de 3x20min en vitesse semi-marathon sur piste, le 100km de Millau, ça ne s'improvise pas ! Pendant que Sébastien galope et que Katia, affûtée comme une lame de tungstène me décolle avec une incroyable facilité, moi, je me traîne...

Au bout d'une trentaine de minutes, arrive une classe de collège, certainement des troisièmes. Il fait grand soleil et nous courons en débardeur alors que les jeunes arrivent habillés dans des survêtements qui nous feraient exploser de chaleur même au plus fort de l'hiver.
 
Je remarque un bon quart des filles qui s'assoient le long de la clôture pour n'en plus bouger. C'est certainement les victimes des menstruations qui, c'est bien connu, oblitèrent toute idée de sport. Ayant entraîné plusieurs femmes au marathon, je suppose que mes pauvres amies qui ne rataient aucun des quatre entraînements hebdomadaires étaient en aménorrhée permanente...
 
Le prof, bien jeune, commence par demander aux collégiens de s'échauffer en faisant un tour de piste. Au bout de cent mètres, un autre groupe de filles se met à marcher en ronchonnant (D'abord, j'aime pas courir !) pendant que le reste du groupe rampe à l'exception de quatre ou cinq garçons qui ont encore gardé le goût du jeu ; j'apprendrai plus tard que ce sont les footeux de la classe.
 
Après quatre cents mètres "d'échauffement", le prof montre aux élèves quelques mouvements de gym, le genre d'assouplissements à ressorts que l'on ne pratique plus depuis vingt ans et d'autres exercices, cette fois-ci plus adaptés à l'athlétisme. 

Pas facile son boulot : enseigner le sport est, à mon sens, plus dur que d'enseigner les maths car on est sur de l'humain, du corporel, et, chez les ados, il n'y a rien de plus mouvant et problématique.

Séries de deux cents mètres : les footeux partent comme des bombes suivis par quelques rappeurs qui explosent en milieu de course. Tant bien que mal, le jeune enseignant indique les performances à ses élèves assorties de quelques encouragements.

Reste quelques mangeurs excessifs de mac do qui s'évertuent avec lenteur mais qui terminent tant bien que mal leur demi-tour de piste. Une élève est cependant rétive (Je sais pas courir !), le prof s'énerve un peu : "Mais tu sais marcher, alors fais au moins tes deux cents mètres !" La gamine l'envoie promener. 

"Mais... si tu cours pas, comment veux-tu que je te note ?" explose enfin le prof.

Ben voilà mon gars, me dis-je en continuant de faire mon hamster sur la piste, tu as touché du doigt le problème du sport à l'école. Le sport, c'est le corps, c'est le sensible. Quand on note un devoir d'histoire ou un exercice de maths, on apprécie un travail, pas celui qui l'a fait. Quand on note une performance sportive chez un ado, on s'attaque à un corps qui est un continent en pleine révolution tectonique.

Notre entraînement sur piste se termine, Katia a déjà parcouru quinze kilomètres, elle ruisselle. Quelle ado était-elle, je n'en sais rien. Quant à moi, je me souviens vaguement de mes cours de sport au collège et au lycée mais j'ai cependant gardé des archives :



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SYMPHONIE MYCOLOGIQUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-08-2014 18:25:48 - 8 commentaires

 
 

Deux heures de cueillette sur les pentes du Petit Vignage en Ecouves lors d'un après-midi d'août à la météo indécise. Un été aux couleurs de septembre, une humide douceur qui me pousse plus à glander qu'à glaner. J'entends le chant cryptogamique des carpophores et du mycélium, je pénètre un autre monde et la nature m'y cause...

 
Surgissant impudique de l'humus nourricier
 
 
Il s'empare de la terre qu'il déflore de son pied
 
 
Quelques heures, quelques jours, son chant est éphémère
 
 
Apparaît, disparaît, sans un bruit, sans colère

 
Si petit, si fragile, ce conquérant secret
 
 
Cache, démon subreptice, de titanesques projets

 
 Il éclot, nous étonne, sans tambour ni trompette
 
 
Envahit et s’immisce tout dévore  puis rejette
 
 
 Dans le sol, tu le sais, son empire s'étend
 
 
 Ne laissant en surface que leurres et faux-semblants
 
 
Sa beauté, ses couleurs le rendent aux yeux aimable
 
 
 Mais tu sais, mais je sais de quoi il est capable
 
 
 Il fascine, il repousse, polymorphe empereur
 
 
 Il nourrit, il détruit, insaisissable acteur
 
 
 De nos bois, de nos peaux, éternel compagnon
 
 
Mycélium sporadique... il n'est que champignon.
 
 

Trop rêveur, le Lutin rentra bredouille mais il eut quand même droit à une fricassée de chanterelles cueillies par sa Josette, le lendemain midi.



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UN ANNIVERSAIRE EN NORD COTENTIN

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-08-2014 20:39:55 - 7 commentaires

Qui a dit que la Normandie, c'est plat ?

 
 
Traversée d'Herqueville : boudiou, mais on n'y voit rien ! C'est dans une purée de pois que nous descendons la route en lacets qui nous amène au point de rendez-vous.
 

Miracle ! A peine j'aperçois la voiture du Mustang sur le parking d'Herquemoulin que le ciel se dégage. Je regarde autour de moi, on est en Ecosse ou en Irlande ?
 
 
Pour son anniversaire, le Mustang nous a conviés, ma Josette et moi à une petite randonnée allant d'Herquemoulin à la pointe de Goury : 22 km de montées et descentes sur un des plus beaux sites normands. Plus nous montons vers le nord, plus le ciel se dégage. Pendant plusieurs km, nous ne rencontrons personne, enfin presque...
 
Photo du Mustang
 
 Oui, presque car, alors que nous longeons la baie des Fontenelles, nous sommes accompagnés, à une vingtaine de mètres de la grève, par deux dauphins qui suivent la même direction que nous. Instant magique.


La région ayant été arrosée la nuit précédente, nous rencontrons aussi des milliers d'escargots qu'il faut constamment éviter de peur de procéder à un gastéro-génocide.
 
 
Malgré ses 59 balais (zut, je l'ai dit !), le Mustang marche d'un bon pas, suivi de mon épouse qui a du sang viking du côté de son père. Le Lutin, lui, souffle derrière et trottine comme il peut en admirant le paysage.


Nous approchons du Nez de Jobourg, point culminant de la randonnée (128 m au-dessus de la mer) et le ciel se dégage enfin complètement. Le spectacle est splendide.


Après deux heures trente de randonnée, nous allons manger en compagnie de Madame Mustang qui nous a rejoints pour le pique-nique. Petite séance souvenir, le Mustang immortalise les lutins sur le Nez.

Photo du Mustang

Mine de rien, nous sommes juchés sur un promontoire de gneiss icartiens. Bon, ça ne vous dit peut être rien mais il s'agit de roches parmi les plus anciennes de France : 2 milliards d'années.


Nous repartons. Baie de la Biette soufflée, Anse du Cul Rond, le coin a des noms bien sympathiques et sa campagne est harmonieuse. Le Mustang nous montre plusieurs fois une curiosité : chaque pâturage comporte en son centre une pierre dressée, comme un petit menhir. Nous nous perdons en conjectures...

Photo de ma Josette
 
Nous sommes en vue du but de notre randonnée et le Mustang se prête à une séance de pose.


Nous terminons dans des paysages presque méditerranéens, le cap de la Hague et son phare sont en vue.


Nous arrivons dans des zones moins sauvages et retrouvons même une route sur laquelle nous faisons une découverte entomologique :

environ 7 cm

Une énorme chenille de saturnia pavoniella (petit paon de nuit austral), papillon présent surtout dans le Sud Est de la France mais qui semble s'être bien adapté au climat particulièrement doux du Nord Cotentin.


Apercevant un nouveau petit menhir dans un pré, le Mustang finit par en demander la signification à un habitant qui nous explique que ce genre de roc s'appelle un "frotteux" (ou "gratteux"). Il est destiné aux vaches qui s'en servent pour se gratter ; cela évite qu'elles se frottent aux clôtures des pâturages qui sont le plus souvent en pierres sèches et qui ne résisteraient pas bien longtemps aux assauts des bovins.


Enfin, un peu de plat ! Nous rejoignons madame Mustang qui nous a commandé une bière à la Pointe de Goury. Je me repose ensuite sur la plage pendant que le Mustang se baigne dans une eau qui ne doit pas dépasser 16 ou 17 degrés. Quel animal !

La soirée anniversaire se termine par un repas au "Sauve qui Pleut" dans l'anse de Sciotot. Une belle journée en compagnie d'amis chers, que demander de plus ? Nous ne sommes pas bien jeunes mais on s'éclate toujours autant.

Selfie du Mustang


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CARTE POSTALE

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-08-2014 16:53:46 - 5 commentaires


Les lecteurs de mon blog, s'il en reste (vous êtes là ? hou hou !), savent que je me pique de photographie et qu'il m'est même arrivé de réussir deux ou trois clichés (comme celui-ci). Ce hobby qui n'est pas vraiment une passion m'a amené à dépenser pas mal d'argent quand j'ai compris qu'on ne pouvait pas faire n'importe quoi avec n'importe quel appareil. Voilà pourquoi je tourne actuellement avec deux compacts et un hybride après avoir donné mes deux réflex à mon fils. Je lutte actuellement pour ne pas m'acheter le dernier RX100 de Sony et ce n'est pas facile... Vous avez compris, je suis un geek. Eh bien, lundi dernier, je ne sais pas pourquoi, alors que j'assistais à la grande marée sur la pointe d'Agon (qui ne connaît pas le Cotentin ne sait pas ce que sont les grands espaces), j'ai bêtement sorti mon téléphone portable pour photographier mon épouse (cliquer pour agrandir) :
 

Voilà, je me suis fait ridiculiser par un téléphone portable, preuve qu'en photo, la lumière prime sur tout et que, sans elle, le geek peut aller se rhabiller...


 
 

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UN SAUVETAGE DRAMA-TIQUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-07-2014 09:29:52 - 10 commentaires

Horreur !
 
 
Observant une cétoine dorée sur mon chardon bleu, je m'aperçois que ce bel insecte n'a pas l'air en forme.


Atroce, ce coléoptère est envahi par des tiques agglutinées en groupes et collées par des fils (la tique est le plus gros acarien, donc un arachnide). Je prélève l'animal et le mets dans une boîte pour observer les dégâts.
 

Les tiques, petits vampires à huit pattes, sont bien décidées à bouffer le gros insecte en passant par ses jointures. Un gros paquet s'est fixé au niveau du troudu, la partie la plus vulnérable. Ça doit gratter sévère, j'voudrais pas être à sa place. La cétoine est-elle condamnée ? C'est sans compter sur le Lutin et sa Josette qui aiment et protègent les bêtes (sauf les tiques et les moustiques, faut pas exagérer).

 
Aussi sec, le docteur Lutin enfile ses gants chirurgicaux et, aidé de son assistante, il débarrasse patiemment l'insecte de ses parasites à l'aide d'un pinceau doux et d'une bassine d'eau tiède.
 
 
L'opération prend bien 20 min car les tiques se défendent en revenant systématiquement vers leur victime dès qu'on les en éloigne grâce aux fils collants qui y sont fixés. Pas facile mais, après pas mal d’efforts, les vampires gisent noyés au fond de la bassine. Ils sont une centaine !
 
 
Le résultat est là, l'insecte-bijou est vierge de tout parasite mais il est en état de choc, partiellement asphyxié par l'eau qui a un temps bouché ses stigmates. Je le pose sur une feuille de rhubarbe pour qu'il sèche et récupère. Un quart d'heure après, il s'envole apparemment en pleine forme.
 
 
 

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LE JARDIN SE CRÉE

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-07-2014 12:41:56 - 3 commentaires

En lisant le blog de mon ami François, ancien Sagien, je me suis dit que son article sur son jardin de parisien méritait une réponse normande, histoire de lui remémorer la douceur et la modeste splendeur de notre petit désert commun : l'Orne.
 
 
Un matin de juillet entre les dards d'un soleil indécis
 (Paroles d'André Balzer et Jacques Chabiron)
 
 
 
 
Un instant de brume 


Dans une ouverture du temps


Il s'élève, il s'élève


Dans un reflet de sang


Comme une parcelle de lumière


Comme l'orage éclaire le vent


Ivre d'extase, le voleur


Dérobe l'herbe de couleur


L'huile d'éther qui voile l'air


Et l'on quitte la Terre


Comme une parcelle de lumière

 
Comme l'orage éclaire le vent
 

Regarde, j'ai volé l'extase ! J'ai les yeux pleins de lumière.
 
 

Regarde, j'ai volé l'extase ! Ils reflètent un mystère.


 

******


Le Voleur d'Extase tiré de l'album "L'Araignée-Mal"
Atoll (1975)
 
 
Note : malgré les allusions évidentes de la chanson, je ne fume aucun produit de mon jardin...
 
 
 

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NAGUÈRE, DES ÉCOLES - ÉPISODE 17

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-07-2014 11:48:27 - 13 commentaires

Monsieur Roland

1966-67

J'étais un élève médiocre, comme on disait à l'époque. Arrivé à l'école de la Chiffogne au cours de l'année précédente, je m'étais retrouvé au milieu de garçons bien meilleurs que moi et il avait été convenu que j'allais redoubler ma 7ème que l'on n'appelait pas encore CM2.

Je n'étais pas fâché en cette rentrée 1966 de changer de maître, le précédent étant passablement effrayant. J'étais admis chez Monsieur Roland, dans l'autre 7ème.

Nous n'étions que 29 garçons, ce qui était un progrès par rapport aux 36 à 37 élèves de mes classes de cours élémentaire ; et puis, c'était la classe de Monsieur Roland.

Cheveux gris en brosse, sempiternelle blouse et larges lunettes, Monsieur Roland devait avoir cinquante ans. Il fumait constamment en débitant son cours, ce qui justifiait le fait qu'été comme hiver, la fenêtre à gauche de son bureau était ouverte. La fumée, obéissante comme ses élèves, n'arrivait jamais jusqu'à nous et se contentait de fuir docilement par cette issue. Couverts de nos chemises, pulls en laine et blouses en coton ou nylon, nous n'avions jamais froid. Il faut dire que les légendaires hivers Francs-Comtois endurcissaient quiconque y survivait.
 
La rigueur était le maître mot de l’enseignement de ce maître à qui l'on confiait parfois la formation d'autres maîtres ; la rigueur et la clarté. Je me mettais à comprendre ce qui m'échappait jusqu'ici par manque de précision ou par manque d'intérêt de ma part. Le monde était plus clair, plus lisible.
 
Chaque erreur, chaque manquement au règlement, chaque leçon non apprise donnait lieu à l'inscription sur le cahier de sanctions-récompenses tenu par le premier de la classe. Le barème était clairement établi et chaque punition pouvait être compensée par un bon résultat. C'est comme cela que mon aisance naturelle en orthographe servait de contre-feu à ma paresse en ce qui concernait les leçons.
 
Ce modus vivendi apparemment sévère était bien vécu par le groupe qui en acceptait les tenants et les aboutissants car tout cela se passait dans le calme ; Monsieur Roland ne se fâchait jamais.

L'année scolaire était un long fleuve tranquille qui déroulait sur trente heures hebdomadaires ses divisions à virgule, ses hectares, ses verbes au conditionnel passé deuxième forme, ses participes passés employés avec avoir et ses dictées-questions quotidiennes. Entraînés sur cinq jours pleins comme des sportifs de haut niveau, nous ne pouvions être que bons. Même moi, petit redoublant.
 
C'eût pu être ennuyeux comme une année de collège mais Monsieur Roland était passionnant. Il savait tout, du moins le croyions-nous ; il avait tout vécu et avec cet ancien maquisard communiste, la seconde guerre mondiale devenait une épopée vue de l'intérieur. Il avait aussi un goût prononcé pour les sciences et, avec lui, les pages du livre de leçons de choses sortaient à l'air libre. Je me souviendrai toujours de cette expérience de chimie lors de laquelle avec de l'acide et du cuivre, il fit apparaître, tel un magicien, une fumée violette dont le comportement quasi-vivant me fascina.

La culture physique avait une bien maigre place en fin d'année le samedi après-midi et la musique se pratiquait sous la direction du monsieur qui parlait dans l'imposante radio à lampes qui trônait sur l'armoire. De ces séances, je me souviens seulement de la fin d'année lors de laquelle nous apprîmes avec enthousiasme l'Hymne à l'Universelle Humanité de Marcel Bouchor sur l'air de l'Ode à la Joie de Beethoven. 

Cette année passée dans le calme, l'ordre, la clarté et la précision avait fait de moi un bon élève et, lors de la "composition" du mois de juin qui reprenait les épreuves passées par la classe de certif, j'eus la surprise de terminer en tête, devant le jusqu'ici indéboulonnable premier qui piqua du nez pour l'occasion.

Mon père, dont les sentiments restaient sanglés dans son uniforme d'officier de cavalerie, exprima son contentement en me disant : "C'est bien". Et il m'offrit un cahier, une gomme, quelques crayons et une énorme pièce de cinq francs. Il était fier de moi.


Dès la rentrée de sixième, incapable de comprendre le monde dans lequel j'évoluais, j'entamai une lente descente qui devait m'amener à un second redoublement en quatrième. Monsieur Roland était déjà loin. Je ne le revis plus.


Et pourtant, toutes ces règles d'orthographe, problèmes de trains, anecdotes historiques ou schémas du corps humain résonnaient en moi, raisonnaient en moi. Et dans les moments les plus sombres de mon parcours scolaire chaotique, Monsieur Roland était toujours là, avec sa rigueur, son calme et sa clarté. Comme une bouée que l'on lance à celui qui se noie...




******

4 juillet 2014

La porte de l'école Jules Ferry se referme en produisant un claquement sec. Je marche d'un pas décidé le long de l'austère façade datant des premières années du vingtième siècle. Je n'enseignerai plus. Changer de vie, c'est aussi simple que ça.



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L'AUTRE VERSANT DE LA MONTAGNE

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-06-2014 16:41:11 - 15 commentaires


Depuis le temps que j'entraînais des filles, ça devait arriver, j'allais bien un jour me faire coiffer au poteau par une demoiselle. En fait de coiffer, tu m'as mis presque une heure dans la vue. Quand j'ai appris cela au téléphone peu de temps après mon arrivée au trail d'Ecouves, j'en ai eu les larmes aux yeux mais je les ai ravalées, étant à ce moment entouré d'une vingtaine d'Ecouviens hilares. Ils se sont mis à applaudir quand ils ont appris ton prénom. Moi, j'étais tout petit, tout chose, et je t'aimais déjà si fort.
 
Pour une fois, je ne me suis pas attardé à la bière et j'ai filé à la maison pour me récurer. Une heure plus tard, j'embrassais ma fille dont j'étais si fier et je me penchais sur ton berceau.
 
Tes parents débutaient une nouvelle vie ; moi, je basculais sur l'autre versant de la montagne et ton aurore éclairait ma descente.



Arielle est née le 1er juin 2014
pendant que son grand-père courait.
Elle est belle et elle sent très bon.


 
 

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