KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Lutin et billevesées
Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Lutin et billevesées

UN SAUVETAGE DRAMA-TIQUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-07-2014 09:29:52 - 8 commentaires

Horreur !
 
 
Observant une cétoine dorée sur mon chardon bleu, je m'aperçois que ce bel insecte n'a pas l'air en forme.


Atroce, ce coléoptère est envahi par des tiques agglutinées en groupes et collées par des fils (la tique est le plus gros acarien, donc un arachnide). Je prélève l'animal et le mets dans une boîte pour observer les dégâts.
 

Les tiques, petits vampires à huit pattes, sont bien décidées à bouffer le gros insecte en passant par ses jointures. Un gros paquet s'est fixé au niveau du troudu, la partie la plus vulnérable. Ça doit gratter sévère, j'voudrais pas être à sa place. La cétoine est-elle condamnée ? C'est sans compter sur le Lutin et sa Josette qui aiment et protègent les bêtes (sauf les tiques et les moustiques, faut pas exagérer).

 
Aussi sec, le docteur Lutin enfile ses gants chirurgicaux et, aidé de son assistante, il débarrasse patiemment l'insecte de ses parasites à l'aide d'un pinceau doux et d'une bassine d'eau tiède.
 
 
L'opération prend bien 20 min car les tiques se défendent en revenant systématiquement vers leur victime dès qu'on les en éloigne grâce aux fils collants qui y sont fixés. Pas facile mais, après pas mal d’efforts, les vampires gisent noyés au fond de la bassine. Ils sont une centaine !
 
 
Le résultat est là, l'insecte-bijou est vierge de tout parasite mais il est en état de choc, partiellement asphyxié par l'eau qui a un temps bouché ses stigmates. Je le pose sur une feuille de rhubarbe pour qu'il sèche et récupère. Un quart d'heure après, il s'envole apparemment en pleine forme.
 
 
 

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LE JARDIN SE CRÉE

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-07-2014 12:41:56 - 3 commentaires

En lisant le blog de mon ami François, ancien Sagien, je me suis dit que son article sur son jardin de parisien méritait une réponse normande, histoire de lui remémorer la douceur et la modeste splendeur de notre petit désert commun : l'Orne.
 
 
Un matin de juillet entre les dards d'un soleil indécis
 (Paroles d'André Balzer et Jacques Chabiron)
 
 
 
 
Un instant de brume 


Dans une ouverture du temps


Il s'élève, il s'élève


Dans un reflet de sang


Comme une parcelle de lumière


Comme l'orage éclaire le vent


Ivre d'extase, le voleur


Dérobe l'herbe de couleur


L'huile d'éther qui voile l'air


Et l'on quitte la Terre


Comme une parcelle de lumière

 
Comme l'orage éclaire le vent
 

Regarde, j'ai volé l'extase ! J'ai les yeux pleins de lumière.
 
 

Regarde, j'ai volé l'extase ! Ils reflètent un mystère.


 

******


Le Voleur d'Extase tiré de l'album "L'Araignée-Mal"
Atoll (1975)
 
 
Note : malgré les allusions évidentes de la chanson, je ne fume aucun produit de mon jardin...
 
 
 

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NAGUÈRE, DES ÉCOLES - ÉPISODE 17

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-07-2014 11:48:27 - 13 commentaires

Monsieur Roland

1966-67

J'étais un élève médiocre, comme on disait à l'époque. Arrivé à l'école de la Chiffogne au cours de l'année précédente, je m'étais retrouvé au milieu de garçons bien meilleurs que moi et il avait été convenu que j'allais redoubler ma 7ème que l'on n'appelait pas encore CM2.

Je n'étais pas fâché en cette rentrée 1966 de changer de maître, le précédent étant passablement effrayant. J'étais admis chez Monsieur Roland, dans l'autre 7ème.

Nous n'étions que 29 garçons, ce qui était un progrès par rapport aux 36 à 37 élèves de mes classes de cours élémentaire ; et puis, c'était la classe de Monsieur Roland.

Cheveux gris en brosse, sempiternelle blouse et larges lunettes, Monsieur Roland devait avoir cinquante ans. Il fumait constamment en débitant son cours, ce qui justifiait le fait qu'été comme hiver, la fenêtre à gauche de son bureau était ouverte. La fumée, obéissante comme ses élèves, n'arrivait jamais jusqu'à nous et se contentait de fuir docilement par cette issue. Couverts de nos chemises, pulls en laine et blouses en coton ou nylon, nous n'avions jamais froid. Il faut dire que les légendaires hivers Francs-Comtois endurcissaient quiconque y survivait.
 
La rigueur était le maître mot de l’enseignement de ce maître à qui l'on confiait parfois la formation d'autres maîtres ; la rigueur et la clarté. Je me mettais à comprendre ce qui m'échappait jusqu'ici par manque de précision ou par manque d'intérêt de ma part. Le monde était plus clair, plus lisible.
 
Chaque erreur, chaque manquement au règlement, chaque leçon non apprise donnait lieu à l'inscription sur le cahier de sanctions-récompenses tenu par le premier de la classe. Le barème était clairement établi et chaque punition pouvait être compensée par un bon résultat. C'est comme cela que mon aisance naturelle en orthographe servait de contre-feu à ma paresse en ce qui concernait les leçons.
 
Ce modus vivendi apparemment sévère était bien vécu par le groupe qui en acceptait les tenants et les aboutissants car tout cela se passait dans le calme ; Monsieur Roland ne se fâchait jamais.

L'année scolaire était un long fleuve tranquille qui déroulait sur trente heures hebdomadaires ses divisions à virgule, ses hectares, ses verbes au conditionnel passé deuxième forme, ses participes passés employés avec avoir et ses dictées-questions quotidiennes. Entraînés sur cinq jours pleins comme des sportifs de haut niveau, nous ne pouvions être que bons. Même moi, petit redoublant.
 
C'eût pu être ennuyeux comme une année de collège mais Monsieur Roland était passionnant. Il savait tout, du moins le croyions-nous ; il avait tout vécu et avec cet ancien maquisard communiste, la seconde guerre mondiale devenait une épopée vue de l'intérieur. Il avait aussi un goût prononcé pour les sciences et, avec lui, les pages du livre de leçons de choses sortaient à l'air libre. Je me souviendrai toujours de cette expérience de chimie lors de laquelle avec de l'acide et du cuivre, il fit apparaître, tel un magicien, une fumée violette dont le comportement quasi-vivant me fascina.

La culture physique avait une bien maigre place en fin d'année le samedi après-midi et la musique se pratiquait sous la direction du monsieur qui parlait dans l'imposante radio à lampes qui trônait sur l'armoire. De ces séances, je me souviens seulement de la fin d'année lors de laquelle nous apprîmes avec enthousiasme l'Hymne à l'Universelle Humanité de Marcel Bouchor sur l'air de l'Ode à la Joie de Beethoven. 

Cette année passée dans le calme, l'ordre, la clarté et la précision avait fait de moi un bon élève et, lors de la "composition" du mois de juin qui reprenait les épreuves passées par la classe de certif, j'eus la surprise de terminer en tête, devant le jusqu'ici indéboulonnable premier qui piqua du nez pour l'occasion.

Mon père, dont les sentiments restaient sanglés dans son uniforme d'officier de cavalerie, exprima son contentement en me disant : "C'est bien". Et il m'offrit un cahier, une gomme, quelques crayons et une énorme pièce de cinq francs. Il était fier de moi.


Dès la rentrée de sixième, incapable de comprendre le monde dans lequel j'évoluais, j'entamai une lente descente qui devait m'amener à un second redoublement en quatrième. Monsieur Roland était déjà loin. Je ne le revis plus.


Et pourtant, toutes ces règles d'orthographe, problèmes de trains, anecdotes historiques ou schémas du corps humain résonnaient en moi, raisonnaient en moi. Et dans les moments les plus sombres de mon parcours scolaire chaotique, Monsieur Roland était toujours là, avec sa rigueur, son calme et sa clarté. Comme une bouée que l'on lance à celui qui se noie...




******

4 juillet 2014

La porte de l'école Jules Ferry se referme en produisant un claquement sec. Je marche d'un pas décidé le long de l'austère façade datant des premières années du vingtième siècle. Je n'enseignerai plus. Changer de vie, c'est aussi simple que ça.



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L'AUTRE VERSANT DE LA MONTAGNE

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-06-2014 16:41:11 - 15 commentaires


Depuis le temps que j'entraînais des filles, ça devait arriver, j'allais bien un jour me faire coiffer au poteau par une demoiselle. En fait de coiffer, tu m'as mis presque une heure dans la vue. Quand j'ai appris cela au téléphone peu de temps après mon arrivée au trail d'Ecouves, j'en ai eu les larmes aux yeux mais je les ai ravalées, étant à ce moment entouré d'une vingtaine d'Ecouviens hilares. Ils se sont mis à applaudir quand ils ont appris ton prénom. Moi, j'étais tout petit, tout chose, et je t'aimais déjà si fort.
 
Pour une fois, je ne me suis pas attardé à la bière et j'ai filé à la maison pour me récurer. Une heure plus tard, j'embrassais ma fille dont j'étais si fier et je me penchais sur ton berceau.
 
Tes parents débutaient une nouvelle vie ; moi, je basculais sur l'autre versant de la montagne et ton aurore éclairait ma descente.



Arielle est née le 1er juin 2014
pendant que son grand-père courait.
Elle est belle et elle sent très bon.


 
 

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NAGUÈRE, DES ECOLES - EPISODE 16

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-04-2014 20:21:42 - 4 commentaires

Féminisme
 

Les années se suivent et ne se ressemblent pas ; cette année, le CM2 est composé de seize garçons et seulement six filles. De plus, contrairement à l'année précédente, les gars sont plutôt du genre balèze. Même si aucune fille ne présente de difficulté particulière, hors de question pour elles de dominer outrageusement la classe comme celles de la promo précédente. Les gars étant particulièrement gentils, tout se passe bien mais je veille cependant à ce que mes filles ne souffrent pas de leur situation ultra minoritaire.
 
Conscient du rôle de reproduction sociale de l'école, j'ai toujours été attentif à la préservation de l'équilibre entre les sexes, mettant souvent le doigt là où ça fait mal dans ce pays des droits de l'homme qui a trop souvent oublié ceux de la femme.
 
Cela peut prendre la forme de phrases à analyser en grammaire ...
 
Encadre les compléments circonstanciels et indique leur nature :
En France, les femmes ont le droit de vote depuis 1944.
Les femmes turques ont eu le droit de vote dix ans avant les françaises.
 
... ou de phrases amusantes à compléter en orthographe.
 
Ecris as, a ou à :
Mamie … désintégré les monstres avec son parapluie … rayon laser.
 
L'histoire reste la matière privilégiée pour aborder la condition féminine, ce qui me permet de citer le rôle des femmes durant la Révolution ou lors de la Commune de Paris.
 

Considérant que le macho est une insulte à la gent masculine, il y en a un que je ne rate pas, c'est le Napoléon qui, non content de rétablir l'esclavage dans les colonies, prive les citoyennes du peu de droits qu'elles avaient obtenu pendant la Révolution :
 
(extrait de mon cours)
Napoléon définit  la place de la citoyenne dans la société à l’article 1124 du code civil : "Les personnes privées de droits juridiques sont les mineurs, les femmes mariées, les criminels et les débiles mentaux." 
 
Voilà une bonne matière à débat ...
 
 
Si, en sport, le rééquilibrage est plus délicat (les garçons courent effectivement plus vite que les filles), les sciences sont parfois sujettes à d'intéressantes découvertes :

S... découvrant les gènes XX des filles et XY des garçons :
"Ah oui, X, c'est les filles donc finalement, il y a de la fille dans le garçon ..."
 
Satisfait de mes efforts en faveur de l'égalité filles/garçons, j'aborde les derniers mois de ma carrière, ignorant qu'entre la satisfaction et la suffisance il n'y a pas plus d'espace qu'entre le X et le Y.

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A un trimestre de la retraite, un incident lors d'une leçon de mathématiques m'a interpellé et mis dans l'embarras :

Situation de départ : les enfants étaient amenés à calculer le temps mis par deux concurrents lors d'un semi-marathon. Il s'agissait d'introduire le calcul sur les nombres sexagésimaux. Quelques enfants défilèrent au tableau, proposant des solutions dont certaines étaient parfois très intéressantes comme celle de N ... qui me calcula ainsi 2h04 - 15 min :

"De 5 pour aller à 14, 9 et je retiens 1 _ 1+1=2, pour aller à 60 = 4, je retiens 1 _ 1 pour aller à 2 = 1. 1h 49 min." 
Bizarre mais imparable !

Après présentation d'autres types de solutions, je proposai les techniques habituelles d'addition et de soustraction qui consistent à transférer des paquets de 60 pour faciliter le calcul.



Je fis un bilan des résultats et des méthodes utilisées et je m'aperçus que, si les 2/3 des garçons avaient réussi dans leurs recherches, aucune des six filles n'avait abouti malgré leurs très bons résultats en maths jusqu'ici. J'étais bien embêté de les avoir mises dans cette situation.

Ce ne fut qu'après discussion et analyse des brouillons que je découvris le pot aux roses : les filles avaient été victimes de leur rigueur. En effet, respectueuses des règles, elles avaient répugné à écrire les unités de temps dans les opérations (ce qui ne se fait jamais pour les autres unités) ; de plus, adeptes du travail propre et bien léché, elles n'avaient pas osé raturer les chiffres comme on doit le faire dans ce genre de calcul.
 
Les garçons avaient réussi grâce à leur plus grande facilité à contourner les règles. Mon enseignement précis et rigoureux avait desservi les filles qui m'avaient fait confiance et suivaient à la lettre mes préceptes.
 
L'incident fut vite oublié mais me donna matière à réflexion sur la façon dont les hommes gravissent les échelons de la réussite sociale.

******

Deux jours plus tard, je m'aperçus que mercredi, c'était l'anniversaire de C... .
"Alors, ma grande, qu'as-tu eu pour tes onze ans ?"

La blonde timide sortit un pied de sous sa chaise pour me montrer une superbe Converse rose. 
"On m'a offert les mêmes chaussures que vous ..."

J'ai pris cela pour un hommage.



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NAGUÈRE, DES ECOLES - EPISODE 15

Par Le Lutin d'Ecouves - 26-04-2014 16:03:14 - 4 commentaires

Question de taille
 
 
Cette année-là, les filles du CM2 dominaient les garçons de la tête et des épaules intellectuellement et physiquement. Véritables canonnières en hand-ball, elles avaient aussi le tir précis et puissant en maths comme en français. A côté de ces graines d'Amazones, mes petits garçons si doux et si gentils faisaient profil bas, tiercelets qu'ils étaient face à ces demoiselles dominatrices.

En cette fin d'année, conformément au programme de sciences, j'abordai la reproduction en zoologie puis en biologie humaine. Plus mûres et plus sûres d'elles, les filles me bombardaient de questions toutes aussi précises les unes que les autres ; questions auxquelles je répondais en nommant les choses de manière rigoureuse, sans circonlocutions ; quand des enfants s'interrogent, on ne tourne pas autour du pot, on appelle un chat un chat, si j'ose m'exprimer ainsi.

Je me suis d'ailleurs maintes fois interrogé à ce propos : pourquoi des enfants de dix-onze ans (des filles majoritairement) posent-ils à leur maître d'école des questions qu'ils ne poseraient pas forcément à leurs parents ? Un ami médecin m'en a donné une explication fort judicieuse :

"En tant qu’enseignant, tu es un neutre, non chargé d'enjeux affectifs. On peut te parler comme au docteur, cela reste sans conséquence pour eux."

N'empêche, cette année les filles faisaient fort et, en observant mes petits garçons du coin de l’œil, je m'aperçus qu'ils étaient un peu effarés par l'inextinguible curiosité de ces demoiselles dont le froid n’atteignait jamais les pupilles. Les pauvres gars, tout intimidés par ces femmes en devenir, ils ne semblaient pas rassurés et, quand face au schéma du système reproducteur féminin, une fille fit remarquer que, d'après ce qu'elle avait vu chez son petit frère, ça n'allait pas le faire (comme on dit chez nous ...), je pris la parole dans l'intention de rassurer un peu les garçons.
 
"Ne vous en faites pas, les organes se développent aussi chez les garçons, même si c'est un peu plus tard que chez les filles.
- Ah oui, et ça prend quelle taille ? me questionne une effrontée, le sourire au coin des lèvres."

Là, je suis coincé, il me fallut répondre pour rester crédible.

"La moyenne mondiale tourne autour de 15 à 16 cm."

Face à moi, un rang complet de filles dont les yeux s'arrondirent puis se baissèrent vers le double-décimètre traditionnellement posé en haut de la table d'écolier. L'une d'entre elles posa même un doigt sur la quinzième graduation pour se faire une idée.

Je profitai du blanc pour passer à autre chose, ne souhaitant pas dépasser les limites de mes attributions pédagogiques. J'observai cependant que mes gentils tiercelets avaient le sourire ...


 

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UNE ÂNERIE SANS BORNE

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-04-2014 18:43:58 - 18 commentaires

Misère de misère, à mon âge me retrouver dans une telle situation !  Bon, quand on est jeune et qu'il faut se faire remarquer des filles, on est bien obligé sinon on ne se reproduit pas ...
 
Oui, je veux parler des défis stupides que se lancent les jeunes mâles : pour moi, ça a commencé par qui pissera le plus loin, qui grimpera le plus haut (mon record : presque 30 m sur un séquoia à 14 ans), qui se pignolera le plus vite (j'ai perdu) ; puis ce fut des concours idiots du genre emballer la plus moche (je me suis fait jeter) ou picoler le plus pire (j'ai gagné, beuââârk).
 
En fait, je ne me suis pas reproduit plus qu'un autre (plutôt moins) alors, j'ai laissé tomber les challenges à la mormoil et je suis devenu un petit bourgeois comme tout le monde.
 
Bourgeois mais nonobstant sportif ... Dans ce milieu qu'est le monde de la transpiration, les paris débiles et autres gageures absurdes sont légion mais, conscient de mes limites, je n'ai jamais trop ouvert la boîte à clabauderies, laissant mes amis m'entraîner dans d'improbables aventures sportives et néanmoins enrichissantes. Que ce soit Allain ou Philippe le Mustang, j'ai toujours suivi, fréquemment souffert, parfois vomi et quelquefois abandonné. Mais non, rien de rien, je ne regrette rien. Et puis d'abord, je n'étais pas responsable ...
 
Et v'là t'y pas que par crânerie, stupidité, imbécillité, vanité, fatuité, suffisance ou orgueil mal placé, à l'âge avancé de 58 ans, j'ai dit un jour après trois bières : "Pour fêter ma retraite en septembre, je vais faire les 100 km de Millau."

Quel idiot, quel abruti, quelle andouille ! Mais quel ballot ! Qu'est-ce qui m'a pris, moi qui vais être grand-père dans deux mois, de débiter pareille coquecigrue. En vérité, l'âge où l'on bave n'est point à l'abri des balivernes.
 
Enfer et course à pied, maintenant je ne puis plus reculer de peur de me faire ... euh, ridiculiser. Je fus un sot d'adolescent, je me retrouve un sot d'homme avec cette idée crétine d'impressionner mon entourage en me faisant passer pour un surhomme du bitume ; un matamore du macadam, oui !
 
A vouloir se reproduire à tout prix, on reproduit ses erreurs, c'est la malédiction du mâle. Et moi, je n'avais plus besoin de me reproduire.

C'est comme ça que le tranche-montagne de bas étage que je suis, le fanfaron qui m'habite s'est  mis  à remplir un funeste formulaire.
 
 
Chlonk ! Zut, la lettre est dans le fond de la grande boîte jaune de la Poste. Je suis foutu ! 


 

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MARDI, C'EST ZOMBIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-03-2014 13:44:34 - 3 commentaires


Quand on me dit : "Mais je n'ai pas le temps de courir avec le boulot, les gosses et tout ça", je réponds souvent : "Faites comme nous, courez la nuit ..."
 

 
Voilà une bonne quinzaine d'années que nous nous réunissons chaque mardi soir pour notre tour d'Alençon à la lumière des candélabres municipaux. Au début, nous n'étions que quatre ou cinq puis par un prompt renfort, nous nous vîmes une vingtaine galopant dans la cité déserte à l'heure où même les corneilles se taisent.

Durant une heure, la petite ville ne résonne que de nos interjections et de mes plaisanteries douteuses puis c'est enfin la remontée vers la basilique et le sprint final lors duquel chacun retrouve ses dix ans.


C'est enfin la dispersion et le retour. Le kilomètre qui me sépare de la maison en compagnie de ma Josette et de mon presque petit frère Erick, je le goûte comme on goûterait un dessert oublié. Un chemin aux accents à la fois froids et doux comme le sont nos hivers. 

Une si courte séparation jusqu'à l'entraînement sur piste de jeudi : "Pour moi, c'est flammekueche et un peu de rillettes avec du Gevrey-Chambertin, s'il m'en reste." Le presque petit frère sait vivre ...

Pour moi et mon épouse, c'est soupe et compote comme chaque mardi. A l'approche de la soixantaine, la ligne, ça se surveille. Plus que trois cents mètres et c'est la maison près du chemin de fer désert.


Depuis quelques temps, notre frugal repas du mardi soir s'égaie d'un nouveau rituel réjouissant : nous visionnons systématiquement un épisode en VO de l'excellente  série "The Walking Dead" dans laquelle de sympathiques américains se fritent avec des milliers de zombis tous aussi stupides qu'avides de chair fraîche.
 

Et je te dis pas la mauvaise haleine ...

Même si la série est une intéressante réflexion sur le comportement social et politique des survivants, ce qui nous réjouit surtout, c'est quand même le "Zombi Kill" récurrent dans chaque épisode car, comme chacun le sait, les morts vivants, il faut les re-tuer, et de manière rigolote si possible. 

Dans le genre artiste, ma préférée reste Michonne, une virtuose du katana qui vous tranche du zombi comme ma grand-mère tranchait du lapin vivant dans son arrière-cuisine (doux souvenir d'enfance).

Hou, ça pique !
 
Le jeune Carl (douze ans) n'est pas mal non plus. Il faut dire que dans ce monde, on apprend vite à survivre.

Oh le coquin !
 
Bon, c'est un peu gore mais après une journée de boulot avec des enfants et dix kilomètres de course à pied le soir, ça passe tout seul et ça permet de passer une bonne nuit.
 
 Vas-y Maggie, fais-en de la soupe !
 
 
 




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DE BRUME, DE LUMIÈRE ET D'EAU

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-02-2014 19:46:29 - 12 commentaires

1 février 2014
 

Je dois avouer qu'il pleut parfois en Normandie et cette fin de semaine fut quelque peu arrosée. La Sarthe qui traverse Alençon en a profité pour déborder un peu.
 
 
La Fuie des Vignes, zone inondable située à quelques centaines de mètres du centre-ville nous sert d'indicateur d'humidité. "Si les peupliers ont les pieds dans l'eau, c'est qu'on va bien s'amuser en Ecouves", me dis-je ce samedi. Et je n'ai pas été déçu.


2 février 2014
 
 
La sortie dominicale des Trailers d'Ecouves a commencé sous une belle lumière d'hiver, le gel ayant asséché l’atmosphère, dispersant çà et là de nombreux cheveux de glace. Nous cheminons d'abord au milieu d'une nature glougloutante, zigzaguant parmi les nombreuses flaques d'eau et franchissant d'inédits ruisseaux quand, sous l'action d'un ardent soleil, une brume spectrale se met à monter du sol.


Les bas d'Ecouves, se gorgeant d'humidité, jouent à ressembler à un décor de film fantastique.


La brume, constituant une couche à peine plus haute que les arbres, a généré une lumière particulière que je m'empresse de saisir, sachant le phénomène éphémère.


Le groupe des Trailers a disparu et seuls ma Josette, Yannick et Germaine sont restés avec moi. Nous profitons encore un moment du spectacle.


Il est temps de rentrer au QG pour, entre autres, fêter le titre de championne de Normandie V2 de cross FSGT de Germaine acquis la veille.


Notre chemin des chèvres transformé en gai ruisseau chante sous nos pas, préfigurant le bruit de la tireuse à bière qui nous attend. Encore une matinée de magie gagnée sur l’Éternité.


Les photos sont disponibles en 1280 pixels en cliquant dessus.
 

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ADIEU JULIE

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-01-2014 21:27:04 - 9 commentaires


Nous v'là bien !


La semaine n'avait pas commencé dans le frais avec ce courrier reçu le mardi :
 

Bon, je comprends que depuis le temps, les types au ministère en avaient eu marre de moi mais tout de même, ça en fiche un coup dans le genre moisi. Faut pas exagérer, Jules Ferry, je l'ai à peine connu ...
 
Mais c'est pas tout ! Voilà t'y pas que j'apprends avec une stupéfaction teintée d'abasourdissement que cette même semaine, l'indétrônable Julie Lescaut allait connaître le même sort que moi. Il y a des jours où on ferait mieux de rester couché !
 

Ah Julie, passe-moi les menottes et fais de moi ce que tu veux ! Qui n'a pas rêvé d'être questionné par la rousse la plus pétante du PAF ! Bon, rousse c'est pas tout à fait vrai car, malgré le nettoyage systématique du net par Véronique Genest qui incarne la flamboyante commissaire, des collectionneurs enamourés possèdent encore quelques numéros du célèbre "Lui" du 1er mai 1981 dans lequel on ne peut que constater l'étonnante vérité : c'est une fausse rousse et une vraie brune que rien ne défrise, il n'y a pas à en douter !
 
 Autre révélation : elle savait lire

A l'époque, le choc de cette révélation fut rude, jugez-en donc : neuf jours après la parution de la revue où l'héroïne de Zola posait nue, le gouvernement Giscard tombait et les socialistes se jetaient sur la France le couteau entre les dents.

Mais laissons ici le corps con de Zola pour nous concentrer sur la seule vraie culture populaire qui en vaille la peine, j'ai nommé le commissaire Julie Lescaut. Julie, et bien sûr ses filles auxquelles elle fait la cuisine tout en arrêtant les tueurs en série entre deux séances de repassage. Bon, les filles sont régulièrement prises en otage ou agressées par des psychopathes mais c'est pas grave car Julie leur fait toujours un câlin et tout le monde se marre comme à la fin d'un épisode du commissaire Cordier (Ah, Pierre Mondy et ses polos Lacoste !!!).
 
 
Mais il ne faut pas croire que cette rousse est seulement une maman car si Véronique, Julie aussi ; et ses amants ne manquent pas même si elle garde une certaine tendresse pour Paul Lescaut son ex-mari qu'elle enterre quand même dans le dernier épisode, faut ce qu'il faut.

Un autre truc qu'elle a enterré ces derniers temps, c'est sa ligne. Pourtant, elle en avait fait des efforts, allant jusqu'à faire paraître un livre sur son dernier régime. 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





Bon, trois ans après, Julie a baissé les armes et pris le yoyo en pleine figure comme en témoignent les derniers épisodes de la série :
 
 
Julie Lescaut, c'était aussi et surtout une galerie de personnages sympathiques comme le lieutenant N'Guma, bien pratique pour porter les courses et même remplacer la voiture de fonction du commissariat quand celle-ci est en panne.
 
 
Il y avait aussi le lieutenant Kaplan, collaborateur émérite que TF1 finira par licencier à cause de son vrai patronyme ; en effet, il s'appelait Renaud Marx.
 
Le copain de Kaplan et informaticien tout aussi émérite s'appelait Motta. Le gars n'était pas bien gâté par la nature mais il vous crackait un disque dur aussi vite que N'Guma vous bouffait un hamburger. 
 
 
Le Vincent Motta, il n'était pas bien gros mais ça, ça se comprend car il en subissait des vertes et des pas mûres avec les filles et ça lui tirait sur la mine.
 
Moi, j'ai rien dit ...

Mais, sincèrement, mon préféré c'était l'agent Léveil, le type qui ne comprenait rien et qui faisait gaffe sur gaffe, le Gaston du commissariat.


Même qu'un jour, il était tellement bête qu'il a arrêté le commissaire Lescaut en personne. La criiise !


Je pourrais disserter des lignes et des lignes sur les 101 épisodes de la série mais, après la mort de Motta dans le centième épisode et la retraite de Julie jeudi dernier, je n'ai plus d'énergie. Il faut dire que le décès du commissaire Cordier et l'éviction télévisuelle de l'inspecteur Derrick pour une peccadille de jeunesse m'avaient déjà bien entamé le moral. 

Et puis, je dois l'avouer, je suis né la même année que Véronique Genest et, en juin, je vais être à la fois grand-père et quasiment à la retraite à l'instar du commissaire Lescaut. Vous comprenez que ça m'en fiche un coup.

Julie, ses filles et sa petite-fille dans le dernier épisode du 23 janvier 2014
 
 
 
 
 
 

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