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Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Lutin et billevesées

Douze subjectivités pour 2021

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-12-2021 09:16:20 - 8 commentaires

 Rétrospective Photo


Pas terrible cette année 2021 avec son virus, son été pourri et un organisme qui vous fait signe que vous n'êtes pas immortel... Moi qui ne suis pas du tout porté sur l'introspection, j'ai bien été obligé de reconsidérer diverses choses et valeurs, entre autres esthétiques. J'espère que cette évolution transparaît dans les douze instants choisis dans mon blog photo ou mon Flickr que je vous propose ici :

(Cette année, chaque photo a un titre, on peut cliquer dessus pour mieux voir les détails.)

Janvier

 

Concentrée  
 
La moitié de ces photos sont prises lors de mes pérégrinations dans ma bonne ville d'Alençon en compagnie de Tonton Gilles dont je copie le style sans vergogne. Pour celle-ci, j'ai recours à la couleur partielle que j'utilise de plus en plus pour souligner le sujet de l'image.

 

Compact Sony DSC-RX100M3

Février

 

L'éveil des Géants


Consultant régulièrement les clichés d'autres photographes, je finis justement par me méfier du cliché... Le beau n'est pas toujours synonyme de photo réussie et un beau paysage peut être bien plat. Cette photo prise dans la campagne non loin de chez moi est le résultat d'une prise de vue coup de cœur faite à l'aide d'un téléphone portable. J'espère y rendre un peu de la modeste splendeur de ma région au climat et aux esprits tempérés.


Téléphone portable Huawei MYA-L11

Mars


Bus Stop

Depuis un bon moment, j'ai réalisé qu'une photo était plus vivante avec un personnage. La législation française est assez large avec la photo de rue à partir du moment où les personnes ne sont pas défavorablement présentées et mises en situation dans un décor. Cela dit, je préfère que mes sujets ne soient que peu reconnaissable ou bien qu'il s'agisse de connaissances..

 

Compact Panasonic DMC-TZ100

Avril

Risky landing

Ce pigeon pris au 500e a la bonne idée de se poser dans la diagonale de la photo. Il a l'air d'avertir ses camarades de son arrivée imminente mais ceux-ci n'en semblent pas perturbés. Une petite scène anodine prise sur un des barrages de la Sarthe.

Hybride Panasonic DMC-G85

Mai

La Halle avant l'orage

Peut-être ma meilleure photo de l'année. Cette flaque d'eau, je l'ai déjà utilisée un jour de Noël avec succès mais c'est ce 16 mai que j'ai pu faire le reflet presque parfait de la Halle au Blé avec ce personnage en rouge discrètement souligné par le panneau vers lequel il se rend ; un autre personnage au lointain part en sens contraire. Le ciel menaçant met le couvercle sur ces mondes inversés. Merci à Tonton Gilles pour m'avoir enseigné cette technique de la photo rase-bitume.

Compact Panasonic DMC-TZ100

Juin

Gwin Zegal


Entre deux averses, nous nous arrêtons pique-niquer dans la région des falaises de Plouha. Cette randonnée de seize jours allant du Mont-St-Michel à Paimpol fut bien humide et ce petit port planté de troncs d'arbres ne resplendit pas de tous ses feux mais la magie de la Bretagne opère cependant et qu'est-ce qui fait plus breton qu'un ciré jaune ?


Téléphone portable Huawei MYA-L11

Juillet

 

Le prêtre et les jets

Pour la couleur et le soleil, il faudra attendre un peu... De retour en ma bonne cité d'Alençon et en compagnie de Tonton Gilles, je photographie cet ecclésiastique pensif face la fontaine jouxtant la Basilique. Ce festival de lignes verticales doit être propice à l'élévation...

 

Hybride Panasonic DMC-G85

Août

 

Bombus agrorum

La photo entomologique reste ma spécialité. Cette année, l'été particulièrement humide a au moins divisé par deux le nombre de spécimens présents dans mon jardin qui est pourtant le refuge de nombreux insectes (A ce jour, 179 espèces photographiées sur 100 m2). Ce joli bourdon des champs semble se cabrer comme un mustang en déployant sa langue très longue, organe qui lui permet de butiner des fleurs profondes ce qui en fait un des meilleurs pollinisateurs.

 

Hybride Panasonic DMC-G85

Septembre

 

Dancing on pebbles

Une semaine de rêve au soleil de la Hague dont je ne me lasse pas de la beauté des paysages. Nous sommes rejoints par nos amis pour y courir le trail de la Barjo, 50 km de plaisir. Sur les galets de Goury, Béa et Fab entament une chorégraphie improvisée et pleine de vie. J'aurais pu choisir un de ces magnifiques panoramas de cette merveilleuse région mais l'expressivité fait de meilleures photos que la simple beauté.

 

Compact Panasonic DMC-TZ100

Octobre

 

Face à face

Toujours la technique de mon professeur Tonton Gilles. Le reflet est une de ses spécialités mais en ce jour d'Halloween, je ne me suis pas trop mal débrouillé. Et puis, la multiplicité des plans permet une lecture riche de la photo tout en mettant la Basilique doublement en valeur.

 

Compact Sony DSC-RX100M3

Novembre

 

La chute de la Maison Vélo  

Exercice de style et jeu de couleurs. Mon ami Tonton Gilles est capable de rester à l'affût face à une devanture d'une couleur donnée jusqu'à ce qu'un personnage au vêtement adéquat passe enfin. Je n'en suis pas là et j'ai pris ce cliché au vol ou plutôt volé ce cliché.

 

Hybride Panasonic GX80

Décembre

 

Mud day


Jour de boue, sortie de 2h45 en Ecouves sur des terrains qui rebutent même les sangliers. Quel plaisir d'être ensemble dans la gadoue ! Il faut un appareil léger antichoc et waterproof pour ce genre de situation. Malgré ses évidentes limitations techniques, cette photo reflète l'amitié, l'entraide et la joie d'être ensemble. Cette année en demi-teinte se termine en éclat de rire et ça fait du bien !

 
Compact Sony DSC-TX30

 




 

 

 



 

 

 

 

 

 

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Le Pro se tâte (ÉPISODE 6/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-11-2021 08:42:10 - 14 commentaires


Entretemps 4

J'avais bien lu la documentation sur la biopsie avant l'intervention mais il devait manquer une page. Comment dire... se faire larder la poire à jus, ce n'est pas sans conséquences. 

Osons la métaphore : c'est comme si tu rentrais dans un bar et que tu commandais une piña colada et qu'on t'amenait un lait fraise. Ça surprend. En fait, quand ça m'est arrivé, j'ai eu un début de malaise vaginal vagal. C'était mes premières règles et je ne m'y attendais pas. Une fois remis, j'ai téléphoné au secrétariat urologie qui m'a envoyé par mail la feuille d'info manquante. C'était normal et ça pouvait durer des semaines. Encore un truc qui me rapproche de mon épouse et de mes copines, les problèmes liés à l'appareil reproducteur, elle connaissent ça depuis leur prime jeunesse. Moi, j'ouvre seulement les yeux. A 65 ans, c'est pas terrible mais c'est mieux que rien.

17 au 23 septembre 2021

Effectivement, la biopsie n'a aucune incidence sur les perfs. Mon cinquante bornes se passe au mieux et je poutre à l'occasion un tas de jeunes, ce qui me fait reluire l'Ego. Tout cela tombe fort à propos car mon moral était sur pause depuis un moment et ça commençait à se voir. J'ai bien joué mon rôle de type cool mais de temps en temps j'avais des absences. En gros, parfois je ne racontais pas de conneries, ce qui est mauvais signe chez moi.

Cela dit, ce fut un week-end de super forme avec les amis suivi de quelques jours avec ma chère épouse qui sait toujours trouver les bons mots quand il le faut et parler d'autre chose quand c'est nécessaire. Nous finissons ces courtes vacances dans un quatre étoiles à Granville pour fêter son anniversaire qui coïncide avec le premier jour d'automne. La chambre et le restau, ça me coûte un rein mais je suis prêt à donner les deux et la prostate avec. Soyons fous !

Entretemps 5

Depuis juin, j'ai plus que du temps pour gamberger. Je me doute qu'un jour plus ou moins proche, on va m'exploser la noisette. Bien sûr, j'ai le choix de refuser et bien sûr je connais les conséquences liées aux deux options. D'un côté, avec l'intervention chirurgicale je risque de me retrouver avec le divertisseur comme un foulard ; de l'autre côté je risque de ne pas voir grandir mes petites filles. Le choix est vite fait : j'opte pour le foulard.

1er au 6 octobre 2021

La pression est trop forte, je ne peux pas garder tout ça pour moi, j'ai des responsabilités familiales et sportives. J'annonce la chose à mes enfants en y glissant quelques plaisanteries pour faire passer la pilule. Ils me remercient pour ma franchise, ils n'auraient pas apprécié que je leur cache cela plus avant.

J'en parle à mon copain Hervé proche comme moi du Mustang trop tôt disparu à cause de cette saleté de cancer. Hervé a de bonnes raisons de me comprendre.

J'en parle au petit groupe que je dois bientôt entraîner pour le marathon de La Rochelle que je ne suis pas sûr de courir selon que ça urge ou pas. Béa en a les larmes aux yeux. Je n'aime pas faire de peine aux autres.

J'en parle à Katia dont l'empathie m'a toujours fait beaucoup de bien.

Et puis j'attends le 12 octobre.

12 octobre 2021

Josette m'a proposé de m'accompagner mais je préfère y aller seul et à pied. Trop de pression. 

Il fait très beau et la balade pourrait être très agréable si je n'étais pas tendu comme une corde d'arbalète. Arrivé à l'hôpital, je prends mon ticket et j'attends. Autour de moi, que des vieux. Je réalise que moi aussi je suis vieux et que je ne fais pas tache. L'urologue a une heure trente de retard et je prends mon mal en patience. J'ai l'air calme mais je suis remonté comme un coucou suisse.

Une fois en face du médecin, celui-ci commence en me disant d'un air étonné : "Ça ne va pas ? Vous avez l'air tendu."

J'ai envie de lui dire que ça fait quatre mois et demi que j'ai neuf chances sur dix d'avoir un début de cancer de la prostate, que je me suis injecté par deux fois de l'huile dans le rectum puis fait reluire le conduit à lentilles par une machine à échographie, que lui-même a lâchement profité de mon sommeil pour m'y mettre les doigts avant de me composter joyeusement la noix. Sinon, ça va, je ne suis pas tendu. Trop cool la vie !

"Bonne nouvelle, pour le moment il n'y a pas de cellules cancéreuses."

J'ai chaud ! Il m'explique que j'ai bien quelques cellules un peu zarbi et que ça va solliciter un contrôle annuel des PSA et éventuellement une nouvelle biopsie.

"Dans ce cas, je vous ferai une trentaine de prélèvements."

Bonne Mère, ça ne va plus être une prostate, ça va être de la dentelle d'Alençon ! Bon, si j'ai bien compris, je n'ai pas de cancer.  Au pire, j'ai un pré-cancer qui pourrait éventuellement évoluer en gentil cancer pas grave car pris à temps. Ne perdant pas le nord, je dis au gars que je suis déjà inscrit aux 100 km de Millau fin septembre 2022 et que dans ce cas, je ne commencerai les tests que courant octobre. Il approuve : "Pas la peine de vous mettre la pression".

J'ai les pattes coupées et je vais m'asseoir sur un banc non loin de l'hôpital pendant un long moment. J'ai des coups de fil à passer et des SMS à envoyer. 

13 octobre 2021

C'est Katia qui a le mot de la fin provisoire dans cette histoire lors de notre traditionnel entraînement allure semi-marathon du mercredi :

"Tu vois, maintenant tu es comme nous les femmes avec nos frottis annuels et nos mammographies. On a ça dans la tête et puis ça passe puis ça revient...



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Le Pro se tâte (ÉPISODE 5/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-11-2021 09:06:25 - 6 commentaires


Entretemps 3

J'ai dit aux copines que je n'étais pas disponible pour la séance de fractionnés du jeudi. Je sens que mon mutisme à propos de ma santé va finir par poser des problèmes.  En plus de Béa dont ce sera le premier marathon, j'ai écrit un plan pour Fab qui veut passer sous les 3h30 et pour Patricia qui veut courir La Rochelle en 4h12. Dans peu de temps, on va tous à La Hague pour remplacer le 100 km de Mag par un trail de 50 bornes. Cette échéance est réalisable comme m'a dit l'urologue mais la suite reste un mystère. Il va falloir à un moment ou à un autre que je lâche le morceau avant qu'on me l'enlève...

9 septembre 2021

Comme je passe à 14h30, j'ai droit au lavement le matin. Trop fun. Et en plus, je dois être à jeun pour l'intervention. Trop top. Je suis dans un couloir et j'attends un bon moment. On m'appelle et une infirmière m'emmène dans une chambre puis me donne des vêtements en papier et une charlotte que je dois enfiler dès maintenant. Je me regarde dans la glace des sanitaires et je me dis que j'ai tellement l'air ridicule que si une de mes copines me voyait dans cet accoutrement, je n'aurais plus comme porte de sortie que le Seppuku (improprement nommé Hara Kiri) pour laver mon honneur.

On me donne un calmant et j'attends. Je vois le type d'à côté partir en chariot puis on vient me chercher. L'anesthésiste est sympa, elle me fait le coup de Kaa dans le Livre de la Jungle (Aie confiance...) et je pars en sucette comme un pet sur une toile cirée.

L'instant d'après, je me réveille et le soir n'est pas loin de tomber, Kaa me sourit et m'annonce qu'on m'a fait douze prélèvements sur la prostate, un organe qui a généralement une taille de quatre par trois cm. Il est bien poinçonné mon ticket de métro. Je suis crevé et je vais passer encore une heure dans la chambre devenue silencieuse, tellement silencieuse que je me demande si je ne suis pas dans le premier épisode de Walking Dead lors duquel Rick se réveille dans un hôpital déserté envahi par des zombies assoiffés de chair humaine. J'étais le dernier à passer et tout le monde est barré. Je me sens glauque.

Finalement, Josette vient me chercher. Elle n'est pas pâle et ne veut pas me prélever un bout de barbaque avec les dents. C'eût été facile car j'ai l'énergie d'une huître asthmatique. Non, tout va bien, j'ai juste envie de dormir mais avant il faut bien manger un peu car je suis à jeun depuis un moment.

10 au 12 septembre 2021

Je repars courir une petit jogging le vendredi et un entraînement à l'éclate le samedi. Je me permets d'exploser tout le monde dans la montée du Chemin de la Messe qu'on aurait dû appeler le Chemin de Croix. Deux heures en forêt le dimanche et ça va fort ! La prostate c'est pas utile pour la course à pied semble-t-il !

13 septembre 2021

Ne voyant rien arriver, je téléphone au secrétariat urologie. On ne m'a pas oublié mais le planning, vous savez ! Bon, le docteur vous fera un bilan le 12 octobre... Gasp ! Encore un mois sur le grill avant qu'on me dise que l'on va m'enlever un organe qui ne va de toute façon plus me servir ou alors qu'il est tellement pourri que je suis foutu et que je ferais mieux de me jeter du haut des 130 mètres du Nez de Jobourg, la plus haute falaise de Normandie. 

Ben tiens ça tombe bien, je pars courir là-bas dans quelques jours avec Ma Josette, Béa et son Fab ainsi que Mag et Pat. On va s'éclater et je vais continuer de me faire un sang d'encre tout en donnant le change à jouer le coach hyper cool et rassurant. Y'a des moments où on a envie de se la prendre et se la mordre...


©Thierry et Josette


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Le Pro se tâte (ÉPISODE 4/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-10-2021 15:17:39 - 5 commentaires


Entretemps 2

Quand j'ai appris que les 100 km de Millau étaient annulés COVID oblige, j'ai paradoxalement ressenti un soulagement. Mag comptait sur moi et si je devais lui annoncer mon forfait pour cause  de charcuterie urologique, j'aurais l'impression de la trahir. Ben non, c'est pas moi qui ai lâché en premier, c'est l’organisation. Ouf !

5 août 2021

Dans la salle d'attente, j'adopte le regard fuyant de celui qui n'est pas là et qui surtout n'a pas envie de rencontrer une connaissance. "Ah ben tiens, t'es là. Alors c'est pour quoi ?" Enfin vous voyez, le mec inquisiteur qui aimerait bien savoir ce que fait un type comme moi dans ce lieu pour vieillards semi-décédés. J'exagère un peu mais c'est comme ça que je le ressens.

Au moins, l'IRM c'est sans douleur. On t'injecte un truc radioactif qui va certainement te filer une leucémie et après on te balance dans une sorte de four crématoire mais qui ne chauffe pas. Pendant une demi-heure, il y a des types qui font de la musique africaine au-dessus de la boîte. C'est bruyant mais indolore. Je n'ai affaire qu'à des manipulateurs radiologiques, des pros de chez pro. Mon Libanais, il est certainement en vacances. On ne va pas parler judo aujourd'hui.

13 août 2021

Le Liban c'est loin mais quand même... Je pars lundi sur l'île de Groix et je n'ai pas les résultats de l'IRM. Je téléphone au service radiologie, la dame se renseigne et, un peu gênée me dit : "On vous fait la lecture de l'IRM aujourd'hui, vous aurez les résultats ce soir par internet. Je pars donc en vacances avec un rapport indiquant que j'ai un nodule à risque faible et un nodule à risque modéré. Ça me fait une belle jambe. Entretemps, ma docteure (ma médecine, ça le fait pas) est repartie en vacances donc on verra ça fin août.

16 au 22 août

Après une belle première journée sur l’île de Groix, y r'pleut ! 2021 année de lose (avec un seul o, bande d'ignares, loose avec deux o veut dire relâché, dénoué et moi je suis plutôt noué !).

La beauté l'emporte et alors que le temps reste gris, nous sillonnons Groix de long en large à raison de vingt bornes par jour avant d'aller passer le week-end à Lorient. Tout cela me fait du bien mais malgré tout j'ai un truc qui me gratte dans les boyaux de la tête. 

30 août

Mon médecin est revenue de vacances. Je sais ce qu'elle va dire, je vais me taper le type avec les soucoupes violentes, le fameux urologue. Gagné, ce n'est pas des soucoupes mais des gros doigts qu'ils ont ces mecs. Je sens que je vais aimer. Magali la gentille docteure ne me cache pas que je vais droit vers la biopsie mais ne gâchons pas le plaisir en brûlant les étapes... Je téléphone ensuite à Érick mon rognologue préféré qui m'indique un urologue patenté : "C'est le meilleur" me dit-il.

1er septembre

Pour le coup c'est rapide. La secrétaire m'a dit au téléphone c'est dans deux jours ou dans trois mois. Banco, let's go ! On va s'éclater !

Le gars il est compétent et roumain. Ben oui, Alençon n'est ni proche de la montagne ni au bord de la mer. Les médecins qui bossent à l'hôpital ou à la clinique ne sont pas français. Il lit mes comptes-rendus et me dit qu'il va me prendre un rendez-vous pour une biopsie de la prostate. Encore gagné, je le savais. Et comme dans un cas comme cela, j'ai neuf chances sur dix d'avoir des cellules cancéreuses, je sens que je n'ai pas fini de jouer au Loto. Ce sera pour le 9 septembre dans huit jours.

"Je cours un trail de 50 km le 19 septembre, ça ne pose pas de problème ? Il n'y voit pas d'inconvénient. Même avec une prostate poinçonnée comme un ticket de métro, on peut courir. Enfin une bonne nouvelle.

A un moment, l'urologue me regarde d'un air gourmand : "Vous voulez pas que je vous fasse un toucher rectal pour voir la texture de la prostate ?"

Je change de couleur et le gars n'insiste pas. "Bon, je vous ferai ça au moment de la biopsie, c'est pas pressé." 

3 septembre

Visite obligatoire chez l'anesthésiste. Elle aussi est roumaine. Bizarrement, ce ne sera pas elle que je verrai le jeudi suivant. En fait, c'est dix minutes d'interrogatoire sur mon état de santé. Je n'ai rien à dire, mes rapports avec la gent hospitalière ont été fugaces et incidents, essentiellement dus à des accidents de judo ou de vélo. Quant à l'anesthésie c'est ma première à 65 ans. Je suis comme une jeune vierge qui va à son premier rendez-vous. Je sens qu'à un moment ou un autre, je vais avoir mal...

 


 

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Le Pro se tâte (ÉPISODE 3/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-10-2021 15:05:15 - 8 commentaires


Entretemps 1

J'ai vraiment les boules ! J'ai promis à Mag de l'entraîner pour son premier 100 km de Millau et j'ai concocté un de ces plans de derrière les fagots que si tu survis, tu cours les cent bornes les doigts dans le nez en sifflotant. J'ai promis de même à Béa de la préparer pour son premier marathon à La Rochelle que même elle sera tellement au point qu'elle va faire fumer le tapis de l'arrivée avant d'aller faire un tour supplémentaire rien que pour se calmer. Or, je ne sais pas où je vais et si je finirai ces entraînements. Si ça se trouve, au bout de la batterie d'examens qui se profilent, on va me virer la prostate et je vais me retrouver des mois sans courir. Les boules, je vous dis !

19 juillet 2021

J'ai un beau rendez-vous pour demain et une belle ordonnance sur laquelle il est marqué que je dois boire de l'eau en quantité sans faire pipi le jour de l'examen mais aussi qu'en apéritif, je dois me faire un lavement la veille au soir.

Pour ceux qui l'ignorent, un lavement consiste à se balancer un demi-litre d'huile dans le rectum en position couchée et à attendre les fesses serrées sur le lit pendant cinq minutes. Après c'est 5 secondes chrono pour aller aux toilettes sous peine de repeindre la chambre en jaune caca d'oie. 

Mon épouse est expulsée de la pièce, je tiens à ma fierté. Ouille, même graissée comme une chaîne de vélo, la canule fait mal à l'entrée. Proutch, j'appuie sur le corps du lavement. Une minute, rien. Deux minutes, rien. Trois minutes, ça gargouille. Quatre minutes, au secours ! Je me lève le short en bas des pattes, quelques mètres et prouaaatch ! Première couche. Et ça continue ! C'est fou comme le médical vous renvoie à la base de ce que vous êtes vraiment : un ensemble de tuyaux et de poches pleins de liquides douteux qui ne songent qu'à déconner si vous n'y faites pas gaffe.

20 juillet 2021

On a tout de suite sympathisé avec le médecin radiologue, c'est un ancien membre de l'équipe de judo libanaise. Même le cul à l'air (en ce qui me concerne), en tant qu'anciens judokas, on se reconnaît tout de suite. Il me demande des nouvelles de Fabien, double champion du monde avec lequel je m'étais entraîné dans les années 70 dans mon club d'Alençon, il me raconte comment il s'était fait compiler le kernell dès le premier tour par un monstre russe lors des Jeux Olympiques.

"Tiens vous m'êtes sympathique, je vous fais la totale pour le même prix !" Et voilà qu'il m'enduit de gel et me ratisse tout l'abdomen. "Un peu abîmée votre vésicule biliaire (je pense à tous ces litres de bière que j'ai sifflés) mais c'est pas méchant. Vos vésicules séminales sont parfaites, bon maintenant la prostate. Mettez-vous en position fœtale."

Et là il sort un machin énorme qu'il recouvre d'un préservatif. Je me retourne et je sens qu'on vient de m'incendier le fondement. Le gars il a du mal car la bête résiste et expulse son instrument sans que j'y sois pour quelque chose. Au bout de plusieurs tentatives, il réussit à bloquer son pieu médical dans mon rectum pour faire ses clichés. Je transpire.

"Bon ben là vous avez deux nodules un peu douteux, vous affolez pas je vais vous faire prendre un rendez-vous pour un IRM, on verra plus clair."

Ben non je ne m'affole pas, j'ai les PSA en folie et j'ai deux nodules douteux sur la prostate qui nécessitent un IRM. Pas de raison de s'affoler, je vais même inviter mes copains pour fêter ça, tiens !

3 août 2021

C'est allé assez vite, j'ai rendez-vous le cinq pour l'IRM. Avant j'ai fait faire un nouveau dosage des PSA qui sont grimpés à 10,5. Il a raison, on ne va pas s'affoler pour si peu. C'est quoi déjà le numéro du SAMU, je me sens bizarre...

 

Dessin Blachon - L’Équipe Magazine

 

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Le Pro se tâte (ÉPISODE 2/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-10-2021 09:32:34 - 5 commentaires

 


12 au 27 juin 2021

346 km pour digérer. Mon médecin est en vacances et moi aussi. Je dois prendre rendez-vous en rentrant mais en attendant, je marche avec mon épouse et un sac à dos de 10 kg. Les trois premiers jours tiennent du cauchemar obsessionnel, je me fais un film en continu genre "Le retour du fils de la vengeance des morts-vivants". 

J'ai des excuses. Les onze années passées à soutenir mon cher ami Mustang m'ont durablement marqué. Ce putain de cancer de la prostate l'a emporté alors qu'il avait des tas de choses à faire et déjà une ribambelle de petits-enfants. Moi, j'ai du boulot en tant qu'entraîneur et deux petites-filles. Je ne vais quand même pas me faire la malle comme ça !

Bon, au bout d'un moment, ça va mieux. Rien ne m'a jamais autant convenu que marcher la journée entière en compagnie de mon épouse. Je retrouve progressivement mon optimisme naturel : Y'a quand même une chance sur dix que ce ne soit pas un cancer et puis mon beau-père a vécu avec ça durant plus de vingt ans et puis j'ai une très bonne santé et puis... merde, j'avais pas besoin de ça ! 

Au bout d'un moment, y pleut et après y r'pleut. Ben v'là aut'chose !

 30 juin 2021

Mon médecin s'appelle Magali et elle est très gentille et très consciencieuse, elle me dit qu'avec un taux aussi élevé de PSA je ne vais pas couper à une visite chez l'urologue.

Un type qui cherche les soucoupes volantes ? Je suis vert ! Non, urologue, pas ufologue âne bâté ! Je comprends vite qu'un urologue c'est un type qui s'intéresse à ta plomberie. En gros un gars qui regarde ton pipi mais qui pour ce faire n'hésite pas à passer par la boîte à caca. J'en transpire d'avance.

Mais avant, me dit ma docteure (orthographe rénovée), il faut des examens. Moi, les examens c'est pas mon truc d'ailleurs j'ai raté une fois mon bac et je l'ai eu l'année suivante par hasard. Ensuite, je suis arrivé premier à un concours de circonstances et j'ai fini instit. Euh, comme examen, il s'agit d'une échographie de la prostate. Ok, pas de problème, je connais, c'est comme ça que j'ai vu mes enfants à la télé. C'est sans danger, je dirais même que c'est cool.

Aussitôt dit, aussitôt fait je vais à la clinique pour prendre rendez-vous, ben ça sera pour dans trois semaines mais on me file quand même une ordonnance et un papier d'instructions que je lirai plus tard.

Une fois rentré à la maison, je regarde sur internet et je découvre effaré que le truc ne se fait pas en te baladant une brosse sur le bide, en fait on t'enfonce une sonde dans le rectum. Mais c'est horrible !

 



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Le Pro se tâte (ÉPISODE 1/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-10-2021 11:39:08 - 6 commentaires

 

7 juin 2021

Dans cinq jours je démarre  les 346 km de la première tranche du GR 34 avec mon épouse mais pour le moment il faut aller voir notre médecin de famille pour le renouvellement de nos licences d'athlétisme.

Elle est bien mignonne notre médecin mais j'essaie de la voir le moins possible. Facile pour moi car je ne suis jamais malade, j'ai même cru un moment que j'étais immortel. Bon, il me faut bien ce fameux papier pour continuer mon activité de course à pied donc je me plie à cette tradition médicale non sans mentir éhontément sur la réalité de ma vie sportive.

Ayant déjà été échaudé par un jeune médecin remplaçant qui, voyant mon âge, ne voulait pas me délivrer le sésame sans une batterie d'examens propres à me qualifier pour un vol orbital, je divise par deux le nombre de kilomètres hebdomadaires et mon nez croît de trente centimètres quand j'annonce le type de distances parcourues en compétition durant l'année. Ça donne ceci :

"Euh, je m'entraîne trois quatre fois par semaine pour une distance n'excédant pas 40 km hebdomadaires, pour sûr ! Ben, je cours les corridas locales et quelques cross. En gros des compétitions de 5 à 10 km, quoi... Ben je fais aussi les 16 km d'Alençon-Médavy mais c'est un max !

- Ah oui quand même, vu que vous avez 65 ans, je vais vous demander un test d’effort chez le cardiologue. Vous le ferez ?

- Oui oui docteur !"

Si je lui disais que je cours sept jours sur sept et entre 80 et 90 km/semaine, elle appellerait le SAMU et en plus, si j'avouais que je prépare les 100 km de Millau fin septembre plus le marathon de La Rochelle fin novembre, c'est les urgences psychiatriques qu'elle appellerait. Donc je mens pour avoir mon certif mais j'accepte quelques analyses de sang en plus du tour de vélo chez le cardio.

"Ah oui, je vous mets les PSA, à votre âge ça se justifie..."

Dans le temps, je pensais que PSA voulait dire Peugeot Société Anonyme. J'ai depuis appris que ça avait un rapport avec la prostate, un petit organe qui me rend toujours quelques services mais dont j'ai généralement négligé l'entretien m'étant arrangé pour ne me soumettre qu'à un seul test PSA en 15 ans. Si je veux me faire bien voir et ne pas me retrouver un jour à fabriquer moi-même mes propres certificats médicaux, je ferais mieux de filer doux et de passer par les fourches caudines du bon-vouloir médical. Donc : Banco pour les PSA.

8 juin 2021

En fait, je déteste les prises de sang, non à cause de l'aiguille dont je ne sens généralement pas le passage mais à cause du fait qu'il faut être à jeun pour le prélèvement ; or chez moi, les choses vont dans l’ordre : Lever - Manger - Caca - Laver. Mettre le boxon là-dedans, ça me fiche la journée en l'air. Pour limiter les dégâts, j'ai fait venir l'infirmière à domicile mais cependant, je suis lavé et habillé quand elle arrive. C'est le bazar.

Maintenant, les résultats arrivent par internet le soir. A 20 h je me connecte et je parcours vite fait les résultats. Une étoile. Tout en bas. Les PSA à 9,5 au lieu de 4 ! Chaleur intense, mon front se perle de sueur d'autant plus que sur le papelard affiché devant moi c'est écrit que je ferais bien de me radiner vite fait chez mon médecin car c'est pas bon du tout. Ça sent vaguement les emmerdes et le toucher rectal. Je ne suis pas loin du malaise vagal quand je descends me rafraîchir au lavabo. En parlant de lavabo, mon teint est assorti à ma salle de bain ce soir.

Pas le choix, j'en parle à mon épouse. Elle est douce et rassurante mais moi j'ai le sang comme du boudin noir. Manquait plus que ça !


 


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GR 34 2021 : Etapes 13 à 16

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-07-2021 15:47:36 - 5 commentaires

 


Etape 13 : 24 juin Yffiniac - Plérin (19,6 km - 331 m D+)

 

 
Un peu de repos... l'étape ne doit faire que seize petits kilomètres et un minimum de dénivelé. Nous sommes au fond de la baie et c'est tout plat. Il s'agit surtout de franchir le Gouët, c'est à dire de contourner St Brieuc par l'intérieur de la baie sans jamais entrer en ville. Plutôt sympa la balade et il fait beau ! 

 

Photo Josette

 

Juste avant le Gouët, nous visitons le Petit Monaco, un ensemble de cabanes datant pour certaines de la période du Front Populaire et construites un peu anarchiquement le long de la côte. Cette petite cité en bois (parfois sur pilotis ou constituée d'anciens wagons) a failli disparaître dans les années 2000 mais les autorités locales ont souhaité depuis leur accorder un statut juridique pour préserver le cachet populaire du quartier, ces petits cabanons ne coûtant que de 2500 à 8000 €, tarifs qui n'ont rien à voir avec ce qui se pratique ailleurs sur la côte. Nous restons dans l'ambiance en pénétrant dans le port du Légué où nous nous attablons à la terrasse d'un bar en compagnie d'ouvriers du chantier de réparation navale. L'ambiance n'est plus très touristique mais très sympa. Nous admirons au passage une immense mur couvert par les graffeurs locaux :

 

Photo Josette

 

Ne reste plus que la remontée du Gouët et nous arrivons bientôt à Plérin dans le quartier St Laurent mais avant, nous pique-niquons au soleil sur des rochers au bord de l'immense baie.

 

 

 L'hôtel est situé à côté des commerces, d'une laverie et d'un bar ; le quartier St Laurent est balnéaire et calme, il fait beau. Nous sirotons des bières pendant que le linge se fait. A l'heure dite, nous allons à notre rendez-vous avec le patron de l'hôtel-bar-tabac. Comme c'est son jour de congé, il vient de St Brieuc pour nous ouvrir. L'établissement semble avoir un petit côté vintage qui n'est pas pour nous déplaire...

 

Photo Josette

Ah oui, c'est bien imité ! On se croirait dans un roman de Simenon des années 50. Le type mal rasé sans masque ni aucune mesure covid nous fait monter un escalier qui n'a vu ni balai ni cire depuis des années. Il nous file une clé et se barre fissa. Nous entrons dans la chambre et nous sommes aussitôt assaillis par une forte odeur de cigarette, le ménage est plus que symbolique et les recoins sont recouverts d'une épaisse poussière grasse. Les toilettes sont sur le palier et , faute d'exploser, je suis contraint d'uriner dans les chiottes les plus crades que j'ai pu fréquenter depuis des décennies avec une mention spéciale pour le balai hygiénique (le mot n'est vraiment pas adapté) recouvert d'une substance collante grise et verdâtre, substance de type blob que l'on s'attend à voir s'animer pour se jeter sur le pauvre touriste afin de le phagocyter. Pendant ce temps, mon épouse se perd dans le couloir et rentre dans la chambre d'un clodo vachement bien imité qui est certainement là pour compléter le tableau. Ça y est, j'ai compris, on est sur le plateau du tournage de "Maigret et l'hôtel borgne" avec Bruno Cremer. Euh, ben non, Bruno Cremer il est mort. Et c'est nous qui le serons bientôt si on n'escampe pas de là. Google m'indique un Ibis à trois kilomètres à l'intérieur des terres, trois bornes que nous faisons en à peine une demi-heure malgré les sacs à dos... Carrément un Ibis Style avec des chambres qui coûtent le prix d'un rein et qui ont une vue imprenable sur les pompes à essence du Leclerc voisin. Pas grave, ils ont de la bière et de la bouffe à base de surgelé.

 

Etape 14 : 25 juin Plérin - St Quaix Portrieux (23,5 km - 672 m D+)

 

Y r'pleut ! Nous n'avons pas le choix, nous zappons la Pointe du Roselier pour rejoindre directement la plage des Rosaires. Le contraire nous eût porté l'étape à plus de 30 km, ce n'eût pas été raisonnable d'autant que le sentier en direction de Binic n'est pas des plus plats. Sous une pluie fine constante, nous attaquons la première partie du trajet bien pentue et rendue glissante par cette météo décidément bretonne. Nous croisons à plusieurs reprises les différentes classes d'une école qui a eu la bonne idée de faire sa sortie nature ce jour, ce qui me fait remémorer quelques voyages scolaires bien arrosés. 

 


 Nous cheminons quelques temps avec un randonneur, un ancien comme nous. Il discute un bon moment avec Josette qui lui fait un cours complet sur la tenue de bâton en marche nordique. A un arrêt, il est rejoint par son épouse et nous laissons le couple pour bientôt rejoindre Binic.



Le terrain est encore bien costaud et nous devons parfois descendre avec la prudence d'une hyène gravide. Une fois sur le port, nous avisons une crêperie dans laquelle nous nous restaurons à l'abri, bonne idée car la pluie se met à prendre des airs tropicaux. Une heure après, les précipitations redevenant modérées, nous prenons la direction de St Quaix.

 


Nous marchons dans une zone que je connais bien car j'y ai couru trois fois le trail Glazig en février. Qui a couru le Glazig et a survécu ne craint point la pluie et la boue. Cela dit, ils ont de satanées côtes dans le bled ! 

 


 Arrivés à St Quaix, nous trouvons une chambre d'hôtes non loin de l'île de la Comtesse, la propriétaire nous propose d'utiliser le spa mais nous déclinons l'offre ayant suffisamment vu d'eau pour la journée. Faisant exception à la règle de la bière, nous finissons la journée en consommant des tapas au Mojito puis au Ti Punch. Autant dire que la nuit fut calme.
 

 

Etape 15 : 26 juin St Quaix Portrieux - Plouha (21,9 km - 886 m D+)

 

Temps calme et légèrement humide en quittant St Quaix, c'est presque l'idéal pour des Lutins de la forêt d'Ecouves. Tant mieux car on va grimper sur les plus hautes falaises de Bretagne à Plouha (104 m). Grimper une centaine de mètres, ce n'est pas un problème mais grimper puis descendre puis grimper puis descendre et ainsi de suite... 

 


Après un café pris à Port Goret, le ton est donné. Ce ne sera pas l'étape la plus facile... En tout quatre bonnes heures de marche pour dépasser la pointe de Plouha, les falaises se font de plus en plus escarpées.

 

 

Une fois de plus la météo gribouille ne rend pas justice à la magnificence du paysage. Dans cette zone, nous rencontrons pas mal de monde, le terrain n'étant pas trop compliqué jusqu'à Gwin Zegal où les bateaux sont amarrés à des pieux, en fait des troncs d'arbres qu'il faut changer régulièrement. 

 

 

Ici, nous pique-niquons rapidement car la bruine se fait pluie... La remontée de la falaise est vraiment trop dure, nous profitons de la marée basse pour passer par l’estran jusqu'à Port Moguer et sa digue en granite rose, là la pente est plus douce.
 


Jusqu'à la plage Bonaparte, les choses restent simples mais quand nous dépassons ce haut lieu de la Résistance, le GR redevient sauvage, escarpé, encombré. La fin du parcours est très physique, surtout quand il faut quitter le GR pour rejoindre notre camping à partir de la pointe de la Tour. C'est plus de la chute à travers la végétation humide plutôt que de la descente.


Enfin, nous arrivons au camping pour intégrer un mobile-home pourvu de chauffage utile au séchage des affaires. Repas le soir à l'anse de Bréhec située à un kilomètre : fish and chips avec mojito puis bière bretonne, il fallait bien ça pour récupérer de cette étape humide et physique.
 
Etape 16 :  27 juin Plouha - Paimpol (18,5 km - 560 m D+)


Le beau temps revient pour cette dernière étape, l'Anse de Bréhec prend un air plus aimable quand nous la quittons. Le chemin sera court mais quand même assez physique comme qui dirait...

Photo Josette

Malheureusement, certaines falaises étant trop dangereuses, le GR nous fait passer plusieurs fois par la route. Une fois sur les hauteurs, nous pouvons entr'apercevoir la fin de notre périple au-delà de la pointe de Plouézec : l'anse de Paimpol et ses îles et plus au loin l'île de Bréhat si prisée des touristes.

 

Pique-nique avant d'aborder des parties plus plates de l'anse de Beauport dont nous visitons brièvement l'abbaye. Cette fin d’étape ressemble un peu à notre départ deux semaines plus tôt, nous retrouvons de grandes étendues marécageuses comme dans la baie du Mt St Michel. 
 
 


L'ambiance est plutôt calme. Nous sommes cependant hélés par une jeune fille accompagnée de son papa. Elle porte un maillot jaune et tient un vélo à la main, ils veulent que je les prenne en photo, ce que je fais aussitôt. Nous continuons en passant par une zone de loisirs avec piscine d'eau de mer et sable mais curieusement il n'y a personne, pourtant on est dimanche...


Nous arrivons au port de Paimpol en suivant la côte. Précédemment, nous ne voyions pas un chat mais maintenant, c'est la foule. Tout le quartier du port est blindé mais il y a assez de bars pour que nous trouvions une place à une terrasse. Nous optons pour caïpirinha et Calmars grillés, faut pas faiblir. Je demande à la plantureuse serveuse pourquoi la ville est aussi animée ce dimanche. "Ben, ils attendent le Tour de France." Ah oui, je savais bien que le Tour passait en Bretagne mais j'ignorais qu'il passait par Paimpol. Sur ce, on entend du barouf et nous voyons un long serpent multicolore se dérouler à une centaine de mètres de nous. En deux minutes c'est plié, la foule se disperse pour se jeter sur les dernières places en terrasse. Nous faisons une balade sur les quais et fixons par un cliché un point définitif sur notre aventure bretonne de 2021 :


L'appartement loué pour la nuit est plus que confortable, il ferait un bon point de départ pour une session 2022... Le retour en train du lendemain se fait tranquillement avec un gros arrêt à Guingamp. En fait quand je dis tranquillement, je manie la litote car en fin de parcours, notre rame mettra 2h35 pour effectuer les 50 derniers kilomètres entre Le Mans et Alençon c'est à dire à peine 20 km/h de moyenne. J'ai failli descendre pousser...

 


 

 

 

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GR 34 2021 : Etapes 9 à 12

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-07-2021 15:21:51 - 4 commentaires


Etape 9 : 20 juin Plévenon - Pléhérel (21,8 km - 693 m D+)

 


 Pas terrible la météo mais toujours cette sensation de liberté qui n'a pas de prix. Après un petit déjeuner d'enfer au Petit Trécelin, nous retournons un moment dans les bois bien pentus pour déboucher sur la côte. Nous remontons le long de la Baie de la Fresnaye en direction du Fort La Latte, il s'agit de la partie la plus raide de notre étape et quand je dis raide, c'est une litote. 

 

 

A partir du Fort, nous entrons dans une zone plus touristique et aussi plus carrossable. Je connais bien la zone pour avoir couru trois fois le trail d'Erquy. Nous nous dirigeons vers le Cap Fréhel, haut lieu touristique de la région avec ses magnifiques grès roses et ses centaines d'oiseaux.


 

Malheureusement le temps bouché ne rend pas justice à ce site parmi les plus beaux de France. Presque quatre heures de marche, nous pique-niquons au Cap Fréhel avec la nourriture économisée grâce au repas non prévu la veille au soir. Nous gardons cependant un peu de pain et des sardines pour le soir car nous sommes depuis hier sur un parcours dépourvu de commerces.

 

 

 

La descente vers Pléhérel est moins difficile mais Josette a très mal au dos, et nous nous arrêtons un moment à la plage des Grèves d'en Bas tout près du bourg pour souffler un peu et regarder les surfeurs qui tentent vainement de chevaucher des vagues de 50 cm de haut. Une fois mon épouse retapée, nous grimpons au bourg pour aller boire une bière dans un trocson type années 60 bien sympa. L'hôtel fait plutôt pension de famille et la patronne qui est seule à le tenir est assez raide mais la prestation est correcte et le petit déjeuner pantagruélique. Juste un problème : nos voisins sont des sportifs comme nous, en beaucoup plus jeunes, et ils ont la bonne idée de se lever à 5h00 pour se mettre à trafeter jusqu'à leur départ vers 6h30. Bon, comme ça on partira plus vite.
 
Etape 10 : 21 juin Pléhérel-Erquy (20,8 km - 466 m D+)



Ce matin il fait beau et nous découvrons une splendide vue sur le Cap Fréhel au départ. Direction Erquy en passant par les Sables d'Or.


Comme c'est le jour de l'été, la Bretagne nous offre un répit et nous retrouvons les incroyables couleurs de ce magnifique pays. En fait, une fois arrivé aux Sables d'Or, Erquy n'est pas très loin sauf qu'il faut passer par les marais de l'Islet puis faire tout le tour du cap.
 

Nous nous économisons un peu de dénivelé en laissant le GR et en passant par la plage de Lanruen tout en admirant les falaises de ce fameux grès rose dont sont faites maintes maisons d'Erquy.


Bon, ben ce cap, il va bien falloir y grimper... et c'est raide avec le sac mais une fois en haut, on est sur du sentier à vaches Parisiens. Le tour du cap, nous connaissons mais on ne s'en lasse pas. Tous ces beaux cailloux, ça fait rêver mon épouse qui a l'âme géologique.


Il fait beau et même trop chaud pour des Normands, le cap a ce petit air méditerranéen que je lui connais pour l'avoir arpenté plusieurs fois. Nous avons pris notre temps et marchons depuis plus de cinq heures, nous descendons au port et nous attablons tout en commandant une bière et deux bruschettas. La vue est superbe mais... mais les couleurs changent subitement. De bleue, l'eau devient verte, je sors de la terrasse et fais vite une photo (sans trucage) :
 
 
Krabardaf ! L'orage arrive en quelques minutes, la parenthèse estivale se referme. il faut attendre un bon moment pour partir rejoindre la chambre d'hôtes qui se trouve encore à trois kilomètres. Trop bien la chambre, trop bien le site, trop gris le temps... Y'a de quoi se la prendre et se la mordre. On descend boire une nouvelle bière dans l'ancien bourg puis on se venge sur nos dernières provisions, va p'têt ben falloir trouver du manger demain.

Etape 11 : 22 juin Erquy - Planguenoual (23,5 km - 684 D+)


L'étape de la météo qui tape : cela va de la bruine à la pluie avec adjonction d'un vent force 7. Si tu n'y survis pas, la Bretagne n'est pas faite pour toi. Nous entamons la descente vers le fond de l'immense baie de St Brieuc. Arrivés à la plage de Caroual, le GR est détourné par un grand chantier qui empiète sur une bonne part de la plage. Devant les hautes barrières du chantier se trouve un vigile. Polis comme nous sommes, nous lui disons bonjour ; à ce moment, une voiture ralentit à son niveau, les gens baissent la vitre et se mettent à insulter le gars. Je l'interroge sur le peu d'aménité des locaux : "Oh, c'est comme ça toute la journée, ici c'est la station où arriveront les câbles des éoliennes prévues dans la baie, alors les gens nous insultent..." 


Le terrain est pentu et rendu glissant par une pluie modérée mais continue. On est autour de 12 à 13 degrés. Cerise sur le gâteau, les rafales de vent nous déséquilibrent régulièrement... et malgré cela nous trouvons le parcours d'une grande beauté, enfin quand la végétation nous le laisse entrevoir.


Oui, car le GR n'est pas trop usité dans le coin et il faut parfois écarter les fougères ronces et orties pour passer. Trop bien !


Le midi, après avoir gravement grimpé la pointe de Pléneuf, nous arrivons au Val-André et son immense plage grouillante de monde sauf que là, il y a juste nous qui nous grouillons pour trouver un coin au chaud pour manger. Au resto du casino, on nous accepte malgré nos sacs à dos dégoulinants et notre aspect visqueux. Un bon coup de bière avec un repas correct et pas trop cher, on va mieux. Mais nous ne sommes pas secs et quand nous ressortons, nous comprenons vite que si nous attendons l'ouverture de la supérette locale à 15 h, nous risquons de nous faire Miko. Nous trouvons un magasin tenu par une bourgeoise qui vend à prix d'or des cakes faits main et des quiches du même métal. Pour 15 euros, deux quiches individuelles et un morceau de cake... Ces produits de luxe s'avèreront surprenamment nourrissants, du genre lembas des elfes de la forêt. Finalement, la bourgeoise, c'était peut-être Galadriel...
 
 
Nous sommes attendus dans le chalet de Jean-Claude à Planguenoual mais avant, nous mangeons encore pas mal de dénivelé et de bruine en essayant d'apprécier le spectaculaire paysage de cette partie très sauvage de la côte. Une fois arrivés, Jean-Claude nous montre notre home fort spacieux pourvu d'une véranda qui se met à faire un drôle de bruit : la pluie qui avait été modérée jusqu'ici se met à tomber plus que dru. Jean-Claude nous a conseillé la Moulerie de la Baie à 1 km d'ici mais nous réalisons que cette distance sous une telle pluie allait nous transformer en serpillières périmées. Mieux vaut se déloquer et laver puis étendre tout ce qui est trempé. Heureusement, il y a du chauffage. Jean-Claude a déconnecté les fusibles des radiateurs mais moi, je ne suis pas né de la dernière bruine et nous finissons la soirée dans une douce ambiance de buanderie en mangeant du lembas.

Etape 12 : 23 juin Planguenoual - Yffiniac (22,4 km - 609 m D+)


Le temps est bien plus riant ce matin et le dénivelé se marre aussi pas mal... à notre détriment. Arrivés au niveau de Morieux, il faut contourner le Gouessant qui se jette dans la Baie et c'est une heure d'efforts sur des chemins à chèvres utilisés d'ailleurs par une station de trail locale. On comprend pourquoi...


Ouf, nous sommes allés jusqu'au barrage hydroélectrique et nous sommes enfin de retour sur la côte. Marre du dénivelé, nous descendons sur le sable en nous tenant à distance des algues vertes très présentes dans la baie.


Arrivés sur la plage de Bon-Abri, nous trouvons une importante exploitation mytilicole dans laquelle on a eu la bonne idée de construire une cabane à Moules-frites. Nous y sommes chaleureusement accueillis, ça tombe bien, nous n'avons plus rien à manger et pas la queue d'un commerce le long de la côte. De la moule fraîchement pêchée, des frites locales cuites à la graisse de bœuf et une nouvelle bière locale. Le bonheur, en quelque sorte...


Le tour de la pointe d'Hillion prend encore un bon bout de temps et nous mettons deux bonnes heures pour descendre dans le fond de la baie dont on se demande bien à quoi elle ressemblera quand elle sera plantée d'éoliennes dont la construction a été décidée par des technocrates urbains à l'écologie sélective...


Nous avons réservé une chambre dans un hôtel d'une grande chaîne à Yffiniac et c'est une bonne surprise, la zone pavillonnaire est aérée et presque agreste. Il y a de quoi faire les courses pour l'étape suivante, c'est parfait. Resto à l'hôtel le soir, du surgelé pas mal foutu et... de la bière. Il ne reste plus que la remontée de la partie ouest de la baie et notre périple sera bouclé. Eh bien, ça prendra encore quatre étapes et beaucoup de grimpette.
 
 

 

 

 

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GR 34 2021 : Etapes 5 à 8

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-07-2021 15:58:57 - 5 commentaires

 

 

Etape 5 : 16 juin St Malo - St Briac sur Mer (23 km - 609 m D+) 

 


Il fait beau... plus pour longtemps. Quittant St Malo, nous franchissons le barrage de la Rance pour aller grimper vers Dinard. La progression se fait en grande partie en sous-bois. Le GR nous fait croire que nous sommes en pleine nature alors que la zone est densément peuplée.

 


La Pointe de la Vicomté nous offre une vue splendide sur la Baie du Prieuré. Il ne reste plus qu'à descendre vers la plage du Prieuré où nous prenons un café juste à côté d'une réunion professionnelle de femmes coaches spécialistes en formation. Les deux animatrices me font aussitôt penser à nos chères inspectrices et conseillères pédagogiques qui masquaient leur incapacité à enseigner par un vocabulaire ronflant, creux et émaillé d'anglicismes maladroits du type présentiel, distanciel, sécure ou relevant. J'ai vite envie de distribuer des baffes en présence mais je me tiens finalement à distance, c'est plus sûr et pertinent !

 

 
Nous entamons le long tour de Dinard sous les remparts, excellente surprise ! Le panorama est magnifique et souvent surprenant comme cette vue vers St Malo :

 


Las, le temps se couvre en quittant Dinard et la côte de St Lunaire se fait bien grise... Nous arrivons à St Briac où nous dormons chez une charmante comédienne qui chôme en Bretagne et finance son loyer en sous-louant une chambre de son petit logement aux touristes. C'est ça qui est chouette dans ce genre de vacances, on voit de tout. Nous mangeons le soir sur une plage proche d'un peu de pain et de sardines. Le mauvais temps qui se précise nous fait croire que nous sommes seuls en ce vaste lieu comme si le Monde nous appartenait... rêve de vieux adolescents.

 

Etape 6 : 17 juin St Briac sur Mer - St Cast le Guildo (22,4 km - 317 m D+)

 


Le petit déjeuner était compris dans le prix de la chambre mais je n'ai pas dû comprendre... 1/2 verre de jus d'orange pour deux et le pain qu'il faut décongeler soi-même.... Notre hôte ne s'est pas levée et nous n'avons pas pu la saluer. Il bruine, il pleuviasse, il brougniasse. A partir de ce jour, nous n'allons pas souffrir de la chaleur, c'est ça de gagné. Nous longeons un moment l'immense golf de St Briac et nous nous dirigeons vers le sentier des douaniers. St Briac est connu pour ses très belles villas accrochées au bord de mer, si bien accrochées que certains n'apprécient pas les va-nu-pieds. Il faut dire qu'ici il y du beau linge comme un ancien secrétaire d'état américain ou un ancien ministre de l'environnement et quand on se soucie de son environnement, on ne laisse pas n'importe qui s'y balader. Nous nous engageons cependant sur les sentiers côtiers dûment balisés par la municipalité.

 


Ah, zut, demi-tour ! Les riches font de la résistance dans le coin. Bon, on va faire un peu de route. Nous passons à Lancieux pour acheter un peu de nourriture et longeons la côte en direction des marais.

 


Au fond de la baie, le GR semble pris de folie et part à l'opposé. Nous avisons une route fermée à la circulation car inondable, bonne idée car j'estime que nous économisons environ 3 km qui nous faisaient passer en pleine campagne. Nous avons décidé de zapper la presqu'île de St Jacut car nous en avons déjà fait le tour lors du trail des Ebihens, de plus il est difficile de trouver un logement en ce lieu presque aussi chic que St Briac. Donc, en quelques kilomètres, nous arrivons au Guildo dont nous pouvons voir les imposantes ruines du château. Nous faisons un arrêt bière et nous consommons deux spécialités locales. Ce sera une constante : nous ne consommerons que des bières bretonnes en Bretagne.

 

Quelques bières locales qui firent notre bonheur

A peu de distance se trouve notre chambre d'hôtes. Là, nous sommes accueillis royalement dans une grosse maison bourgeoise. Petit balade dans le bourg du Guildo où mon épouse repère un monument singulier dédié à un célèbre enrhumé...

 

Photo Josette

 

Etape 7 : 18 juin St Cast le Guildo - St Cast le Guildo (9,7 km - 344 m D+)



Ben, il pleut. Le tour de St Cast étant vraiment trop long, nous avons décidé de faire une petite étape histoire de profiter de la plage l'après-midi. Nous avions même emporté les maillots de bain. En fait, pour les photos sexy, c'est cuit.

 

 

En plus, malgré la petite distance, on prend cher au niveau grimpette. Heureusement que je n'avais pas programmé le tour complet.

 


Après en avoir bavé jusqu'à la pointe du Bay, nous arrivons à la plage de Pen Guen pour rejoindre le camping du même nom. La plage est immense et a un air de chabadabada, toi et moi oua badabada, encore un fois... mais mon épouse ne veut pas qu'on s'attarde à courir comme des chiens fous les cheveux dans le vent. Va comprendre. On a quand même pris une bière au bar de la plage où nous étions les seuls clients puis nous sommes allés au camping. Chouette, le "Mobile home" a le chauffage ! Re-chouette, il y a une laverie avec séchoir !

 

Etape 8 : 19 juin St Cast le Guildo - Plévenon (26,3 km - 690 m D+)

 

 

 En plus, il fait froid mais une fois la partie ouest de St Cast abordée, nous arrivons dans des lieux particulièrement sauvages et escarpés. Passée la pointe du Châtelet, nous apercevons une plage bienvenue pour pique-niquer de quelques victuailles étiques et rares car il n'y a aucun moyen de trouver à manger sur des kilomètres et nous avons omis de réserver à manger à l'hôtel du Petit Trécelin, il faut donc en garder pour ce soir...

 

 En regardant vers le sud, nous pouvons nous faire une idée du chemin qu'il reste à faire pour arriver au fond de la baie de la Fresnaye d'autant plus que nombre d'obstacles nous attendent comme le contour du Moulin de la Mer qui, heureusement est à marée basse. 
 

Un peu d'acrobatie en se mouillant à peine les pieds et nous économisons bien un ou deux km sur le GR. Arrivés au fond de la baie, nous coupons par la route pour remonter au nord, ça ira comme ça...
 

Le terrain devient campagnard puis sylvestre... le GR que nous reprenons nous fait passer par une forêt marécageuse digne de "La créature du Lac Noir". Ça glougloute partout, nous marchons dans la boue et ça monte, ça monte... jusqu'à ce nous arrivions au petit Trécelin. L'hôtel est carrément bien, les chambres sont des petits appartements séparés avec chauffage et le patron est très très sympa. Il connaît bien les randonneurs car il gère un des rares hébergements sur le chemin qui mène au cap Fréhel. C'est un ancien joueur de rugby de niveau national et nous sympathisons en buvant la bière. Un orage arrive et nous sommes heureux de n'avoir eu que de la pluie fine depuis le départ. Nous sommes littéralement crevés par cette étape. "D'autres ont renoncé, nous dit le patron, les gens ne se rendent pas compte de la difficulté du terrain et il y a des annulations, surtout par cette météo... au fait, un couple vient de décommander, ça vous intéresserait de manger ?" Tu parles Charles on ne demande même pas ce qu'il y a au menu, nous finissons la soirée devant un bon repas. A la bière de 18h, nous ajoutons ainsi un kir breton puis un verre de blanc. Dehors, il se met à tomber des cordes. Je crois qu'une fois retournés dans la chambre, nous avons regardé Arsène Lupin avec Georges Décrières et Marthe Keller mais je ne me souviens plus trop de la fin...

 

 

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