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Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Lutin et billevesées

HUIT FOIS VINDILIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-09-2020 14:58:42 - 2 commentaires

 

 

Toi, moi et l'oubli
Sur l'Océan de septembre
A nouveau une Île



 

Tempêtes figées
Éphémère éternité
Heureux et perdus

Sur le volcan disparu
Nous danserons à nouveau

 

 

 

Un été sans fin
Dans l'antre de Calypso
Silences frémissants

Sur le bord de la falaise
Les cordes et les corps s'accordent


 


 Des larmes de sable
Nos pas, sentiments cachés
Effaçant la nuit

Un monde à portée de main
Au travers des ombres nues


 


Les vallons d'automne
Un sourire océanique
 Envahi de solitude

Au-delà de la raison
 Chant des saisons évanouies

 

 


 Ivres de brûlures
Éruptions immémoriales
Érosion fracturée

Nos vies à jamais gravées
Songes de lave, rêves de schiste


 


Usés par le temps
Un monde parcouru à deux
Toujours pas l'hiver

Nous avons semé la vie
Sans penser au lendemain

 

 


Les couleurs s'évadent
Parmi les géants de pierre
Au bord de ce monde

Deux funambules endormis
Cheminant sur l'horizon



Photos prises à Belle-Ile-en-Mer du 7  au 15 septembre 2020

(Vindilis est un des noms antiques de Belle-Ile)


 


 



 

 

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CORONA LIBRE !

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-06-2020 17:48:46 - 9 commentaires


Vertubleu, ce fut long ! Durant ces 55 jours de confinement, en dehors de mes expéditions à risque dans des grandes surfaces nids à virus où il fallait bien que le mâle chasseur que je suis prît des risques pour assurer la subsistance du couple, ma seule sortie était mon heure de sport de 19h à 20h qui me fit parcourir au total 656,5 km muni de l'autorisation ad hoc (L’État rembourse-t-il les cartouches d'imprimante ?).
 
J'avais par civisme (ça, c'est mon côté maître d'école) suivi les instructions gouvernementales tricotées par les beaux messieurs en leurs bureaux du Mordor, contrée (c'est bien connu) où l'on ne trouve ni forêt digne de ce nom, ni plage méritant cette appellation mais, doté d'un sens aigu de la contradiction (ça, c'est mon côté Baby Boomer), je ne suis pas sorti de chez moi le lundi 11 mai, premier jour du déconfinement.

Cela m'a quand même fait drôle de retrouver quelques jours plus tard ma forêt et ses 15 000 hectares que les Gens d'Armes quadrillaient depuis deux mois pour que nul individu ne transmette le coronavirus aux blaireaux certainement cousins de ceux du Mordor sus-cités (on est solidaire chez les mustélidés).


Ecouves était toujours là et toujours aussi vaste. Nous les lutins avions été punis deux mois et ainsi privés de notre milieu naturel et un lutin hors-sol, ça s'étiole du pétiole. Je courus deux heures sans voir personne comme à l'accoutumée. Certains chemins s'étaient refermés à la faveur du glorieux printemps en cours et je rentrai quelque peu zébré à la maison.

Cela dit, nous étions toujours sous surveillance... Le mercredi suivant, alors que je faisais mes séries de 1000 m à vitesse semi-marathon sur la piste de la Plaine des Sports en compagnie de ma copine Katia (chacun dans son couloir), j'ai été interpellé (par mon nom) par un fonctionnaire de la mairie : "Excusez-moi, mais vous courez trop près l'un de l'autre !" Palsambleu, allais-je sortir ma rapière pour transpercer l'impudent paltoquet ou bien allais-je lui répondre courtoisement histoire de préserver les bonnes relations entre mon club et la mairie ? J'ai finalement opté pour la deuxième solution. Comme quoi toutes ces heures à courir seul m'avaient fait progresser au niveau self-control.

Il restait la limite des 100 km. Habitant dans l'Orne, j'ai trouvé normal le mardi d'après de suivre le cours de ce ruisseau éponyme qui prend sa source au nord-est d'Ecouves. Direction Franceville au bord de la Manche à 97 km à vol d'oiseau de chez moi en compagnie de ma chère épouse.


Le ruisseau ornais est devenu un large fleuve, le temps est magnifique, les marais habités par une multitude d'oiseaux et la plage déserte. A son entrée, un panonceau nous invite à nous mouvoir étant donné que nous sommes censés nous trouver sur une plage "dynamique", tout arrêt risquant de contaminer crabes et palourdes...


Au bout d'une petite heure de marche, constatant qu'il n'y avait personne un kilomètre à l’ouest ni âme qui vive un kilomètre à l'est, nous prîmes le risque insensé de nous asseoir pour consommer nos sandwiches au poulet et au curry. Pas d'hélicoptère pour nous chasser ni de drone pour nous filmer... Nous étions des rebelles !


Retrouvant la civilisation à Houlgate en début d'après-midi, nous vîmes que la mairie avait bien fait les choses, fléchant promenade et plage pour que les quelques badauds ne puissent se croiser. On ne sait jamais, après ces mois de confinement, nos cerveaux mal oxygénés n'étaient peut-être plus en mesure de gérer efficacement nos déplacements.
 
 Photo de ma Josette

Il faisait vraiment trop beau ! Nous décidâmes de rester et il me fallut prendre le risque mortel mais calculé d'affronter les emplettes dans la supérette locale dépourvue de fléchage approprié. Munis de nos quelques provisions, nous nous dirigeâmes ensuite vers Villers sur Mer dont la plage se révéla moins que dynamique :

Photo de ma Josette

En panne de peinture mais détenant un énorme surplus de rubalise, la commune avait interdit la plage et bloqué ses nombreux accès. Au bout d'un kilomètre d'interdictions, nous arrivâmes à Auberville au pied des falaises des Vaches Noires et la prohibition cessa. Pas de marquage, de panonceau, de barrière ou d'injonction.


Estimant que le risque de recevoir un parapentiste contaminé dans la figure était négligeable, nous fîmes notre repas du soir en ce lieu de paix. Enfin vraiment chez nous dans notre belle Normandie, enfin libres !

Picolare perseveramus et merdum ad Mordorem !


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CORONANNIVERSAIRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-04-2020 15:46:49 - 13 commentaires

 1er avril 1978
 
En fait, nous ne nous sentions pas vraiment concernés par le mariage, nous étions peu adeptes de ces institutions héritées de nos parents nés dans les années vingt mais, au bout de dix-huit mois de vie commune, le problème se posa pour des raisons professionnelles. 
 
Josette émergeait de l'ENA (Ecole Normale d'Alençon) et j'y plongeais : notre carrière d'instituteurs laïques gratuits et obligatoires débutait. Eh oui, à l'époque, on pouvait se retrouver responsable à vingt ans d'une classe de trente gamins et vivre d'un traitement de fonctionnaire aussi maigre qu'un sandwich SNCF mais suffisant pour de jeunes adultes dont les besoins se limitaient à un peu de nourriture et deux ou trois fringues. Or, la question des postes se posait...
 
Dans l'Orne, jeune instit voulait et veut toujours dire perdu dans la cambrousse et, à cette époque, il n'était pas question d'obtenir de mesures de rapprochement de conjoint si justement on n'était pas conjoints. Sans parler des fameux postes doubles avec logement (en mauvais état) de fonction réservés exclusivement aux couples mariés. Il fallait donc que l'on se marie.
 
Au bureau de l'état-civil de la mairie d'Alençon, nous avions eu le choix entre le samedi 1er et le samedi 8 avril. Nous avions trouvé très amusant de nous marier un 1er avril, un pied de nez aux valeurs institutionnelles de nos parents en quelque sorte. Nous vivions comme si le temps n'existait pas sans penser aux conséquences de nos actes. L'idée même de fonder une famille ne nous avait pas effleuré et d'ailleurs notre fille ne devait arriver que presque sept ans plus tard

Ma future épouse étant fille de couturière, sa mère avait tenu à lui faire un ensemble jupe-boléro bordeaux, surtout pas blanc car c'était la couleur traditionnelle du mariage. J'étrennai ce jour mon premier costume payé par ma mère, il était bleu et en velours. Très années soixante-dix comme la moustache que je portais surtout pour me vieillir. A vingt et vingt-deux ans, dans la vie active, il faut pouvoir être pris au sérieux et certains artifices peuvent servir.
 
Il faisait un temps de  mars ce samedi d'avril avec des rafales de vent et des giboulées. Cérémonie à la mairie (surtout pas à l'église, ce qui fit se désister les grands-parents de Josette nés à la fin du XIXème siècle) puis vin d'honneur chez ma mère. Mon copain et témoin Daniel avait déniché une connaissance qui était équipé d'un réflex, appareil de luxe à l'époque, et qui voulait bien faire les photos du mariage car nous étions trop pauvres pour nous payer un professionnel. Le gars tirait lui-même ses clichés couleur et il avait certainement utilisé des produits périmés car les photos furent toutes ratées, couvertes d'une brume rougeâtre du plus mauvais effet. Nous nous en fichâmes, le souvenir n'avait pas d'importance pour nous.
 
Repas du soir chez Chalumeau, le restaurant ouvrier à côté de chez mes beaux-parents. Parents, frères et sœurs avec leur marmaille plus les témoins et un oncle par famille, nous étions trente. Inviter toute la famille de mon épouse tontons, tatas et cousins et nous dépasserions la centaine, pas possible pour le budget.
 
Vers deux heures du matin, avec plus d'un gramme d'alcool dans le sang comme cela se faisait à l'époque, nous étions partis nous coucher et puis voilà. Nous étions mariés et cela n'eut pas d'autre conséquence qu'administrative.
 
L'âge venant, les restaurants devenant plus abordables pour nous, nous prîmes l'habitude de fêter ce poisson d'avril plus dignement. Mon meilleur souvenir étant cette petite cabane au bord de l'immense plage de Bordeira sur la côte vincentine au Portugal. Nous avions fêté nos quarante ans de mariage d'une daurade pêchée le matin même par le restaurateur accompagnée d'une bouteille de vinho verde. Une repas de fête simple comme le fut notre mariage.
 
Cette année c'est 42 qui comme chacun le sait est la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste. Drôle d'anniversaire confiné... j'ai quand même acheté un gâteau en allant chercher le pain. La queue faisait dix mètres de long, nous étions cinq à attendre. Je suis ensuite allé chez le traiteur acheter du gratin de poisson. Ça s'impose.
 
Un anniversaire de mariage en ces temps de privation de liberté ça finit un peu en queue de poisson. Mais après tout, nous prenons cela avec légèreté comme nous le fîmes en ce jour de 1978.

 
 
 

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CORONAPÉRO

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-03-2020 08:59:02 - 4 commentaires


Bon, ben je ne mourrai pas idiot, je viens d'installer Skype sur le portable de mon épouse. Je n'en avais jusqu'ici pas ressenti la nécessité, ma vie sociale étant plutôt fournie et le nombre de mes connaissances tellement important que j'oublie parfois les noms, ce qui me pousse souvent à répondre à "Salut Thierry" ou "Salut Lutin" par : Ah, salut toi..., ça va ?"
 
Oui, le Lutin a beaucoup de connaissances, ce qui est normal quand on vit dans la ville qui vous a vu naître 64 ans auparavant : des sportifs, d'anciennes connaissances du collège ou du lycée, d'anciens élèves et parents d'élèves, des conseillers municipaux et même le député. J'ai beaucoup traîné dans l’associatif et j'y traîne encore. Ça fait du monde. Mais c'était avant, avant les Temps Modernes où, pris dans les engrenages en roue libre d'une société que rien n'arrête, nous tournons, nous tournons... en rond. Moi qui aimais faire le Charlot, me voici obligé de faire le confinement.
 
Eh oui, nous voilà confinés tels des rats de laboratoire en attendant la fin de l'expérience. Je ne vais pas me plaindre outre mesure, j'ai un petit jardin (zut, il fait froid) et je sors une cinquantaine de minutes chaque jour de manière subreptice au crépuscule sans me prendre pour Hercule car le gouvernement m'en... donne l'autorisation pour pratiquer une sortie sportive me permettant de ne pas encombrer les urgences psychiatriques de la cité.

J'ai de la chance oui car je vis avec ma chère épouse qu'après presque deux semaines de confinement je n'ai toujours pas envie de frapper, ce qui est un bon indice quant à la qualité de notre union.

Cela dit, je commence à avoir le boyau social qui gargouille...

C'est Brain, mon ami ingénieur spirouphile qui m'a suggéré d'installer "Skaïpe", moi qui croyais que c'était une imitation cuir. Eh bien, c'est plutôt sympa et ça donne un peu plus de présence dans la maison. Voici pourquoi, moi qui ne picolais que le week-end, je me suis mis à pratiquer l'apéro-Skype deux fois la semaine. La première fois, ce fut donc avec Brain. Nous avons parlé de choses et d'autres donc bien sûr de cinéma car l'animal est plus que féru de toile, surtout ancienne et même muette. Nous avons aussi pas mal parlé de grammaire car je corrige en ce moment son livre de 600 pages sur le cinéaste Henry King. Plus de deux heures après, les sujets n'étant pas épuisés, nous convînmes d'un rendez-vous hebdomadaire.

Enthousiasmés, nous avons réitéré à trois écrans avec mon fils ainsi qu'avec ma fille et son époux. Ça fait vraiment du bien de revoir sa petite famille et surtout mes deux petites chéries adorées et merveilleuses petites-filles d'amour (ben oui, ça fait cela d'être papy). On a causé de choses et d'autres et bien sûr du connardevirus. Arielle, bientôt six ans, était très à l'aise avec ce type de contact virtuel alors qu'Olivia (16 mois) semble n'avoir pas trop compris ce qui se passait.

Comme dirait Bradbury, Skype peut finalement servir de remède à la mélancolie... mais il y a un hic : lors de ces séances, je me suis aperçu que, comme après la première tournée, je n'avais pas de refus de mes commensaux pour en servir une seconde vu que chacun chez soi a son chaix, j'avais tendance à me resservir deux, trois ou quatre fois. Et comme je suis un amateur de rhum pur, j'ai bien peur qu'une fois le confinement terminé, je sois amené à fréquenter un autre type de réunion lors de laquelle on s'assoit en cercle et on se présente en rajoutant : "Je suis alcoolique".




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CORONAGENDA

Par Le Lutin d'Ecouves - 26-03-2020 18:45:53 - 2 commentaires

Tout ce temps à gaspiller, il faut s'organiser en le rendant utile mais n'en faisons point trop. Déjà, j'ai mis deux jours à décaper ma modeste terrasse au lieu d'une journée. Je regarde fièrement le résultat : impeccable, et ce barbecue nettoyé à fond et prêt à l'emploi, c'est super. Bon, il ne va pas trop se salir dans le mois qui vient. Pour le moment, en terme de barbecue party, c'est partie remise.
 
Mon épouse a passé les derniers jours à nettoyer le jardin, il ne reste plus grand chose à tailler à part la bavette ; de plus, la déchetterie étant fermée jusqu'à nouvel ordre (ou ordre nouveau), les sacs de déchets verts s'entassent dans le garage sans espoir d'échappatoire et à Thouars, d'ailleurs ils sont aussi confinés finalement.
 
Zut, je fais quoi ce matin ? Les paniers à linge sont désespérément vides, un crève-cœur pour moi qui aime vraiment repasser au calme dans ma buanderie en écoutant France-Culture. Faudrait s'habiller plus pour salir plus mais comme je passe mes journées en short à vaguement vaquer, mon fer n'en a plus tellement sous la semelle. Pourtant, en ce moment, les Chemins de la Philosophie rediffusent une série passionnante sur Nietzsche, philosophe aussi limpide que son nom est pénible à écrire.

Je m'essaie bien à la réparation du volet roulant de la chambre et je ne passe pas loin de la catastrophe en m'ouvrant le mollet avec le cache du moteur qui a le mauvais goût de choir inopinément. Bon, le volet ne marche toujours pas correctement et au remontage, il manque une vis qui s'est fait la malle par le regard du sous-sol.
 
Pas mal, en prenant mon temps grâce à ce bricolage inopérant et à cette plaie au mollet (soins et nettoyage du sang dans les godasses et sur la fenêtre), je suis arrivé à 11h30. Je termine la partie de Warcraft 3 que j'avais débutée hier soir. Je finis de poutrer l'armée de morts-vivants ennemie en lui coupant tout accès aux ressources. Je contrôle moi-même une autre armée de morts-vivants dont je maîtrise efficacement les codes. Ça ne paraît pas utile a priori mais ça pourrait servir ce genre de compétences si la situation s’aggrave...
 
 Par Ner'zhul, la belle force de frappe !

Mangeons léger. Mon épouse a plus de temps pour cuisiner et nous adaptons nos apports caloriques à notre moindre dépense énergétique.

Le thé : au moins une heure devant la télé à regarder un demi-film d'horreur. Ça s'appelle "Hostile" et ça se passe dans un monde apparemment ravagé par une sorte d'épidémie qui rend certains individus cadavériques et avides de chair humaine. Juste visible mais la fille a de très belles jambes.

Pas de bricolage cet après-midi mais chasse photographique dans les 100 m2 du jardin. Des éristales, des tas d'éristales mais aussi des osmies, une grosse mère bourdon terrestre et une coccinelle à deux points. Au bout de deux heures, jackpot ! Ma 37ème espèce d'hyménoptère : Nomada flava, une abeille coucou qui pond dans les nids d'autres abeilles solitaires. Oh la vilaine !

 
Le vent est tombé, le café au soleil ça n'a pas de prix. Quelques recherches entomologiques sur internet et c'est l'heure d'aller agiter les jambons. Je remplis mon abfällige Reisebescheinigung, j'y joins mon ausweis et je pars courir sur mon circuit réglementaire. Depuis quelques jours, j'effectue mon heure de sport solitaire de 19 à 20 h car le matin, je croisais des regards et parfois des gestes hostiles typiques de ces temps modernes d'inversion de valeurs où le sportif en bonne santé devient un suspect, ce qui n'est guère plus propre que d'être un suspendu.

Vitesse marathon durant 55 minutes ce jour d'hui. J'ai tendance à aller de plus en plus vite. Plus mon esprit se vide, plus mon fardeau s'allège. Trois fois je longe les terres inconstructibles le long de la Sarthe. On se croirait à la campagne à quelques centaines de mètres du centre-ville. Au dernier tour, le soleil se couche et la fugace heure bleue vient poétiser mes derniers instants de liberté. Le hamster retourne dans sa cage.






 

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CORONAVIRUN

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-03-2020 12:49:08 - 4 commentaires


Pas aisé de se conformer aux instructions officielles quand on a eu 12 ans en 1968...  Il faut dire qu'avec ses neuf cas d'infection à ce jour (zéro décès) pour 280 000 habitants, l'Orne fait figure de désert covid et c'est tant mieux. Cela dit, par respect d'autrui et par civisme, j'ai fait violence à l'ado rebelle qui sommeille toujours en moi et j'ai respecté tant que faire se peut les consignes de confinement.
 
Il faut dire que j'ai une maman de 92 ans à la santé incertaine dont je m'occupe régulièrement. Prendre le plus petit risque de lui amener le moindre virus serait de la folie. Donc, à plus tard Maman, on va s'envoyer des SMS. Il y a aussi mes amours de petites-filles que je ne puis voir pour le moment. Ça ce n'est pas drôle ! 
 
Pour le moment, il est autorisé de courir à proximité de chez soi. Là, mon expérience de hamster va me servir. Ayant participé aux 24h de la No Finish Line Paris quatre fois (107 km, 101 km, 101km, 128 km) sur le Champ de Mars, mon cerveau est déjà accoutumé à tourner en circuit court et puis circuit court, ça fait moderne et écolo. 
 
Mon quartier populaire de Courteille est suffisamment vaste et aéré pour qu'on ne se sente pas oppressé. Je descends l'avenue jusqu'à la rivière, huit cents mètres. Rue d'Echauffour : je longe la Sarthe jusqu'à la Fuie des Vignes, zone champêtre et inondable à quelques centaines de mètres du centre ville. Pas grand monde à part les quelques personnes qui vont encore au boulot en automobile. Je croise une maman qui fait son jogging sur la piste cyclable avec sa petite fille en vélo. Je la vois donner des instructions à son enfant. Je m'écarte ostensiblement pour que la maman ne s'effarouche pas. Elle me sourit, on se salue. Le cimetière Notre-Dame où mon frère accompagné de son fils et mon père se font face. Non loin se trouve la maison funéraire. Un enterrement en petit comité se prépare. Encore deux cents mètres et ce sont les pompes funèbres, une vieille entreprise d'Alençon dont les vieux natifs comme moi se remémorent encore l'ancienne enseigne "Pompes funèbres Bouillon anciennement Mordefroy" ça ne s'invente pas...
 
Je remonte par la rue de La Billardière du nom de Jacques Julien Houtou de La Billardière le célèbre botaniste qui a donné son nom à l'Atraphaxis billardieri. Dans cette rue, se trouve la maison où vécut le non moins célèbre maréchal et intrépide Lyautey dont on disait que c'était un homme qui avait des c....... au c.. mais que ce n'était pas toujours les siennes. 

Voilà, je tourne rue Cazault et passe le pont de Courteille. Je suis chez moi : 3,5 km et toujours à 1km max de chez moi. Il fait soleil et les rues sont quasi désertes, on repart pour un tour puis un autre. Au total 10,5 km en 56 min.

Ce n'est pas la magnifique forêt d'Ecouves mais c'est supportable. En accomplissant cela sept jours sur sept, je crois que ça va le faire...

Et puis, il fait beau. Cet après-midi on va jardiner.





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DOUZE VISIONS AVEC OU SANS COULEURS

Par Le Lutin d'Ecouves - 23-12-2019 19:51:23 - 6 commentaires

Rétrospective 2019

Quand je me suis mis à choisir ces douze images tirées de mon blog photo ou de mon Flickr illustrant l'année qui s'achève, j'ai été surpris de constater la quasi fuite de la couleur au profit de l'expressivité. Deux de mes choix sont pris au téléphone portable et deux autres par un vieux compact Canon oublié au fond d'un tiroir. Comme quoi, la technique ne fait pas tout...
 
(En cliquant sur les photos, vous pouvez les voir en plus grande définition.)

Janvier
 
 
Ecouves à nouveau. J'ai pris l'habitude de courir seul chaque vendredi matin. Je traverse une futaie en pente peu accessible aux humains mais praticable pour les lutins. Le ciel encombré jusqu'ici s'étire comme un drap de papier et me livre quelques minutes azurées.
 
Compact Sony DSC-TX30
 
Février
 
 
Tonton Gilles m'a offert un trépied pour mon anniversaire et entend m'apprendre à m'en servir. Nous allons dans la cour carrée de l'ancien collège de Jésuites d'Alençon et nous faisons une séance à la tombée de la nuit. Huit secondes de pose pour l'appareil et trois secondes pour moi. Cela me permet de jouer au fantôme sur ce cliché. J'ai appelé cette photo : "Le Passe-Muraille".

Hybride Panasonic DMC-G80
 
Mars
 
 
Mon ami le Mustang nous a quittés quatre semaines auparavant. Chaque vendredi en Ecouves, je pense à lui lors de mes longues galopades solitaires. Alors que je cours parmi une parcelle de sapins pectinés, la brume se déchire soudain et le soleil m'offre un spectacle dont la magie vaut mille et mille paroles de consolation. J'aurais aimé que tu sois là...

Compact Canon PowerShot D20

Avril


Nous revenons d'Ecouves après une séance de marche nordique ; pénétrant dans Alençon par le nord, nous essuyons des giboulées puis le miracle renouvelé de l'arc-en-ciel survient au niveau de l'hippodrome. Je n'ai que mon petit Canon compact et je prends une photo qui révèle bien ses limitations mais aussi son charme. Le contraste entre l'intérieur et l'extérieur de l'arc est saisissant et le cadrage presque miraculeux. Le hasard fait parfois bien les choses.


Compact Canon PowerShot D20

Mai


Une de mes passions est la photographie d'insectes. Ce petit charançon (Lixus angustatus) a bien voulu me faire une séance de pose en prenant une série d'expressions intéressantes. J'ai choisi ce cliché pour sa précision et le bokeh rappelant les couleurs du premier plan. 

Hybride Panasonic DMC-G80
 
Juin
 
 
S'il est expert en physique relativiste et en cinéma muet, mon ami Brain n'est pas un  bricoleur performant et je l'aide à aménager son nouvel appartement en centre-ville. Après les tringles à rideaux, je m'attaque aux luminaires. L'animal a du goût et cette suspension mérite que je la fixe avec soin. Je sors mon téléphone portable. Pureté des lignes, monochrome involontaire, ce sera ma photo du mois.

Téléphone portable Huawei MYA-L11
 
Juillet
 
 
Je ne m'en lasse pas ! L'eumène est pour moi la plus belle des guêpes. Cette femelle illustre bien l'expression "Avoir une taille de guêpe". Le bokeh met à nouveau en valeur cet imposant quoique pacifique insecte témoin du réchauffement climatique.
 
 Hybride Panasonic DMC-G80
 
Août
 
 
Nouvel exercice de style, je suis en cours avec Tonton Gilles. Nous faisons une séance sur les reflets. Les gens doivent se demander ce que nous faisons collés aux vitrines l'appareil photo vissé au visage... La lumière brutale d'août brouille le discours, la photo sera en noir et blanc.

Hybride Panasonic DMC-G80
 
Septembre
 
 

Les Causses offrent des paysages magnifiques et Millau est une ville exotique pour des Normands tels que nous mais ce jour est nuageux et d'ailleurs, j'ai laissé mon appareil photo au gîte. Josette avise un atelier d'artisan, véritable foutoir surréaliste. La fille de menuisier se hausse légèrement pour observer les machines dont elle connaît le nom. Je sors mon téléphone portable. Cette rue me fait penser aux années 60 de mon enfance, mon épouse apporte une touche de couleur bienvenue dans ce monde figé dans un passé monochrome. De part et d'autre du soupirail, quelques plantes ponctuent la scène.
 
 Téléphone portable Huawei MYA-L11
 
Octobre
 
 
 La rue de la Levrette à Alençon. Je demande à Tonton Gilles de poser pour moi. Je m'accroupis et joue avec le contraste. Plusieurs allers-retours seront nécessaires pour obtenir ce résultat. Mon petit Sony RX100 révèle à nouveau son étonnante précision. Pas besoin de couleur.

Compact Sony DSC-RX100M3
 
Novembre
 
 
Honfleur est un magnifique port normand mais il tombe des cordes, que dis-je des câbles. Nous avons loué une sorte de loft meublé résolument moderne. J'ai amené mon trépied, ce qui me permet de faire de la pose longue et ainsi ne pas figurer dans le reflet. Le lendemain, je ferai une belle photo d'heure bleue sur le port mais ce cliché géométrique aura ma préférence.

Hybride Panasonic DMC-G80
 
Décembre
 
 
Il pleut sans presque discontinuer depuis octobre. Même en Normandie, on n'a jamais vu cela. J'appelle Tonton Gilles au secours : "Je n'ai rien réussi de probant ce mois-ci. Si tu ne m'aides pas, je n'aurai pas pour décembre de cliché présentable pour ma rétrospective annuelle." Une éclaircie, nous partons pour une séance à la tombée de la nuit. Nous longeons la Sarthe qui est sortie de son lit. Tonton Gilles voit un personnage marcher en contre-jour sur le pont. Il shoote et me montre sa photo. Sans honte, je lui demande de marcher sur le même pont pour copier son cliché très réussi. Il s'exécute de bonne grâce. L'homme au chapeau a toujours été photogénique.

Hybride Panasonic DMC-G80
 
 

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TOUR DU COTENTIN - ETAPES 13 à 16

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-07-2019 11:47:47 - 2 commentaires


Etape 13 : Pirou-Agon Coutainville - 24 juin 2019 - 16 km

La dernière de nos quatre heures de pluie en seize jours, nous partons de Pirou sous une gentille averse dont l'eau est aussitôt absorbée par la dune.  



Le paysage ne va plus beaucoup varier lors des dernières étapes, le GR se contentant de traverser les immenses dunes et de contourner les havres, celui de Geffosses ne présentant aucune difficulté puisqu'un pont le franchit, nous privant par cela de la vue de tadornes de Belon, de vanneaux huppés, de traquets motteux et autres gravelots à collier interrompu. 


Arrivés au niveau de Gouville, nous passons par les fameuses cabanes à toit coloré inscrites au patrimoine local.  La pluie s'est arrêtée mais le temps gris ne permet pas de faire de photos correctes des alignements de ces très jolies constructions dont l'histoire remonte au début du XXème siècle.


Le pique-nique se fait près d'un gabion datant du XVIIIème siècle. Ce genre de petite construction servait d'abri aux douaniers qui surveillaient les côtes très fréquentées par les contrebandiers.

Le havre de Blainville qui suit nous oblige à bifurquer dans une zone industrielle en grande partie consacrée à la conchyliculture et à l'ostréiculture. Quand nous retrouvons la côte, c'est pour tomber directement sur Agon-Coutainville que j'ai du mal à reconnaître : une bonne partie du sable du front de mer a disparu et d'énormes enrochements protègent désormais les villas du front de mer sur plusieurs kilomètres. Ayant vu l'océan à l’œuvre en Aquitaine pendant une vingtaine d'années (surtout au Médoc où la mer avançait d'un à deux mètres par an), j'ai conscience que ces murs contre l'océan ne sont que fétus et que ces maisons sont à terme condamnées. 


Depuis le début de notre aventure, nous avions l'habitude de dire bonjour aux personnes que nous rencontrions comme nous le faisons systématiquement en notre bonne forêt d'Ecouves. Que ce soit vers Barfleur, la Hague ou sur les dunes de Lindbergh, nous avions toujours reçu un salut en réponse. Et voilà que les passants croisés ne répondent pas à nos civilités, fuyant même notre regard. Perplexes, nous gagnons notre hôtel où une belle Coutainvillaise nous accueille chaleureusement. 

Nous avons l'explication de ce soudain refroidissement le lendemain quand, m’enquérant de la singularité des mœurs locales, un jovial natif me renseigne enfin : "C'est normal, vous avez dû rencontrer des Parisiens, ici il y en a plein et c'est eux qui achètent toutes les maisons en bord de mer." 

Etape 14 : Agon Coutainville-Montmartin sur Mer - 25 juin 2019 - 25,5 km

Cette étape n'est rien d'autre que le contournement du havre de Regnéville au sud d'Agon. Vingt-cinq kilomètres de détour à cause d'un détroit de cinq cents mètres de long à marée basse mais vingt-cinq kilomètres d'une magnifique nature sauvage...


Jusqu'au pique-nique du midi, nous ne rencontrerons absolument personne lors de ce long contournement, et pour cause : le chemin a peu d'accès et le terrain est particulièrement sauvage. Il faut parfois un peu d'imagination pour se croire sur un sentier balisé...

Photo Josette

De marécages en prés salés, nous ne franchissons le fleuve Sienne qu'au bout de trois heures au pont de la Roque où nous pique-niquons. 


La deuxième partie du tour du havre se fait essentiellement sur des prés salés où il devient vite impossible de ne pas marcher sur les crottes de mouton.


En arrivant à Regnéville, il se met à faire soif, la température atteignant les 20 degrés, nous ignorons à ce moment qu'à Alençon commence une canicule et qu'il y fait déjà 30 degrés. N'empêche avec un sac à dos, vingt degrés c'est beaucoup et nous nous attablons à la terrasse du bar local partiellement occupé par les grand-mères du club de tricot local.

Le village est bien agréable et il possède les vestiges historiques d'un glorieux passé comme une forteresse en ruine et des fours à chaux mais il nous faut partir vers notre gîte situé en plein marais entre la mer et le canal de Passerin.


Plus isolé tu meurs...  mais la mer est à 500 m. Il est des jours où l'on regrette de ne pas rester un peu plus tant l'accueil est chaleureux et le pays serein.  

Le soir venu, il nous faut trouver à manger et le premier restau est à deux bons kilomètres au sud... les pieds font un peu la moue. Des voisins de gîte habitant l'Orne comme nous nous proposent gentiment de nous véhiculer. Quelle bonne idée !

Photo Josette
 
Dans le seul bar-restaurant ouvert de Hauteville Plage, nous sifflons avec volupté une bonne bière avant de nous régaler d'énormes brochettes de Saint-Jacques servies par un patron grand défenseur de l'histoire locale. 

Etape 15 : Montmartin sur Mer-St Martin de Bréhal - 26 juin 2019 - 16,3 km

Notre voyage est bientôt terminé, il ne nous reste plus que le havre de la Vanlée à passer avant de nous rendre à Granville.


La moitié de la randonnée se fait sur la dune en ligne droite jusqu'à ce que nous arrivions au havre.


Celui-ci est à marée basse mais pas question de le traverser avec nos sacs à dos. Il faudra bien suivre le GR qui emprunte tant bien que mal des routes de campagne et des chemins parfois transformés en champ de poireaux ou de carottes par l'agriculteur local soucieux de rendement.


Au bout d'un moment, fatigués par les tergiversations d'un GR devenu aléatoire, nous descendons sur le havre lui-même jusqu'à ce que nous arrivions à la route inondable qui traverse la Vanlée.


En cette période de petites marées, la route est dégagée toute la journée et les prés salés sont investis par les moutons.


Le camping de la Vanlée est immense et peu habité, notre tente est spartiate mais convenable. Cette étape ayant été parcourue d'un seul tenant, nous mangeons notre boîte de sardines avec un reste de pain comme repas de midi, pensant trouver à manger pour le soir à St Martin.

Eh bien non, le calendrier est sans pitié : nous ne sommes pas encore le 1er juillet et tout est fermé le soir. Au bar PMU, le patron nous dit d'aller voir à Coudeville, deux km plus au sud "Allez voir, y'a le gars qui fait d'la moto. C'est ouvert sept jours sur sept, y s'appelle Laurent."

Effectivement, nous trouvons le Laurent dans un petit local proche d'un parking qui nous fait à manger pour dix euros par personne boissons comprises. Et en plus, c'est bon. La dernière fois que j'ai mangé pour ce type de tarif, c'était au Maroc. 

Etape 16 : St Martin de Bréhal-Granville - 27 juin 2019 - 11 km

Ce n'est pas vraiment une étape mais un sas. Après avoir traversé des pays sauvages et souvent déserts, nous entrons à partir de St Martin de Bréhal dans une zone plus urbaine qui va jusqu'à Granville. 


Au bout d'un moment passé le front de mer, nous finissons par couper par la plage, direction Granville que nous voyons au loin depuis le début.


Le voyage ne prend que deux heures et nous avons le temps de nous installer dans notre hôtel avant de ressortir en ville. 
 
Granville a la chance d'être bien plus qu'une cité balnéaire même si ses plages sont très agréables. C'est une très ancienne ville corsaire et son carnaval est réputé. Granville est habitée... Toute cette vie qui grouille, toute cette agitation nous étourdit un peu après deux semaines de pérégrinations en couple. 


Nous passons un moment dans une petite crique située sous la ville haute, nous y retrouvons un peu de calme avant de retourner à l'hôtel où nous faisons un bon gueuleton avant d'aller baguenauder sur la longue jetée du port. 
 
 Granville, 27 juin au soir...
(Statues de Philippe Olive)
 
 
Epilogue - 28 juin 2019

Notre voiture est à Picauville, près de Ste Mère Eglise à une centaine de kilomètres de Granville par le bus. Le ticket coûte la modeste somme de 2€30 et pour ce prix, on peut vous emmener à Cherbourg si vous voulez. Bon, il faut être patient d'autant qu'il faut changer à St Lô avec deux heures d'attente. Ça tombe bien, nous avons le temps.

En fin d'après midi, Jean-Yves nous attend à Ste Mère et nous achemine à Picauville où nous partageons un barbecue généreusement arrosé de vin blanc. Concernant la canicule, nous avons eu des nouvelles du reste de la France et je consulte à ce moment l'application météo de mon smartphone :

 

 
Merci à Sylviane, Jean-Yves, Françoise et Rémi pour leur aide et leur accueil. 

Merci à mon épouse Josette sans qui ce voyage n'aurait pas eu de sens.




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TOUR DU COTENTIN - ETAPES 9 à 12

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-07-2019 11:32:03 - 2 commentaires

 
Etape 9 : Les Pieux-Barneville Carteret - 20 juin 2019 - 28 km
 
L'étape de plage. L'étape précédente ayant été plutôt longue et celle-ci pas vraiment courte, nous décidons cette fois de ne pas suivre le GR et d'emprunter la plage qui nous assure d'une progression plus rapide. Nous allons d'abord marcher dans l'Anse de Sciotot puis progresser sur l'immense plage de plus de 12 km de long qui va de Surtainville à Carteret.
 
 
Après quelques kilomètres de route, nous arrivons à Sciotot, le soleil est de la partie. Arrivés au bout des quatre kilomètres de l'Anse, nous grimpons et regardons une dernière fois le cap de Flamanville au loin :
 

Le nord semble encore bien encombré de nuages alors que le bleu envahit progressivement le sud. Ça tombe bien, c'est là que nous allons.
 
 
Mon épouse adopte un rythme régulier de 5,5 km/h et s'y tient. Le Cap de Carteret se fait attendre durant plus de deux heures mais nous y arrivons finalement, retrouvant la civilisation avec ses bons côtés comme les bars en bord de mer.
 

Encore près de cinq kilomètres de civilisation pour rejoindre l'hôtel. Sur le port, nous rencontrons des bénévoles de la FFR qui collent des autocollants GR223. Nous les remercions pour leur travail, conscients du fait que la France a bien de la chance de posséder un réseau aussi dense de chemins balisés.
 
 

A partir d'ici, le dénivelé, c'est terminé. Nos montagnes seront de sable et le ciel notre limite. Le parcours des grands havres a débuté.

Etape 10 : Barneville Carteret-Denneville - 21 juin 2019 - 20 km




Aujourd'hui, c'est l'été. Nous achevons le tour du havre de Barneville entamé hier. Direction le havre de Portbail.


Après quelques kilomètres de plage, nous y arrivons par les dunes. Ce havre ne pose pas de difficultés de contournement, étant franchi par deux ponts.


La petite ville de Portbail a, comme toute la région, une histoire très ancienne comme en atteste des vestiges gallo-romains ou cette église du XIème siècle avec son clocher carré typique de la région. Ce clocher servait pour la défense mais aussi de point d'amer pour les bateaux entrant dans le havre. 


 

Un deuxième pont, piétonnier cette fois, nous permet de quitter Potbail pour pénétrer dans les superbes dunes de Lindbergh.


Ce beau lieu de randonnée doit son nom au fait qu'en 1927, on aurait aperçu un avion survoler ce lieu. On a supposé que c'était Charles Lindbergh qui rentrait chez lui après sa traversée de l'Atlantique... 

Arrivés à Denneville par un temps magnifique, nous avons la surprise de constater que le B&B loué pour le prix d'une chambre d'hôtel est en fait une maison complète entourée d'un beau jardin. Une promenade vespérale à Lindbergh-plage me permettra de faire un portrait de Josette en moussette* :


*La moussette est plus précisément la forme juvénile de l'araignée de mer, endémique sur ces côtes.

Etape 11 : Denneville-St Germain sur Ay - 22 juin 2019 - 19 km


A nouveau des steppes dunaires, nous ne nous lassons pas de ces vastes paysages déserts. Comme à l'accoutumée, notre marche est accompagnée par l'alouette, infatigable chanteuse.

 
Notre progression est bientôt stoppée par le havre de Surville très difficile à contourner, ce qui nous oblige à passer par la route un bon moment. Une fois le havre contourné, il nous faut prendre la plage pour enfin arriver à St Germain sur Ay Plage. Il y a un café ouvert, nous prenons notre temps et consommons deux cafés de suite. Nous sommes les seuls consommateurs et, à notre départ, la patronne ferme son établissement pour aller faire un tour. Notre B&B se trouve à plus de cinq kilomètres de là, au fond du havre.



Le Havre de St Germain est un des plus vastes du Cotentin, il a servi de port de commerce jusqu'au début du XXème siècle puis l'ensablement conjugué à l’augmentation du tonnage des bateaux a fini par mettre un terme à cette activité tout comme la Révolution, en mettant fin à la gabelle avait fait disparaître l'activité des sauniers locaux (au profit du sel de Noirmoutier plus facile à produire).

Témoin de cette activité portuaire, un corps de garde construit sur ordre de Vauban surveille encore ces terres qui ne s'inondent plus qu'aux grandes marées. C'est près de ce corps de garde que nous croisons une noce habillée en hardes moyenâgeuses qui s'en va fêter les vingt ans de mariage d'un couple local, tractant force victuailles et boissons. Nous sympathisons et discutons un peu avec la joyeuse équipe, moquant gentiment les impétrants du haut de nos quarante et un ans d'hyménée. 

Etape 12 : St Germain sur Ay-Pirou - 23 juin 2019 - 16,2 km

Un havre, ça ressemble à ça...


... et c'est souvent beaucoup de kilomètres de sable et de marais pour traverser un petit fleuve côtier. 

 
Moyenne étape simple aujourd'hui. Nous allons pouvoir récupérer un peu d'autant que l'hébergement nous est facilité par nos cousins Françoise et Rémi qui nous prêtent leur maison de Pirou qui se trouve au sud du havre. Juste un petit tour de la pointe du Becquet et direction le sud par la plage.


Le temps restera nuageux toute la journée. Nous arrivons assez tôt au but et avons le temps de faire notre unique séance de plage du périple en compagnie des cousins. Ceux-ci nous confient ensuite la clé de leur château avant de filer vers Alençon.
 
Pirou est une station balnéaire à taille humaine qui respire le calme, même en plein été. Après le dîner, nous allons nous asseoir sur un banc face à la mer. Nous ne pensons à rien, goûtant juste la quiétude d'un couple qui sait que le bonheur, s'il existe, n'est pas un but mais un long chemin.


A suivre


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TOUR DU COTENTIN - ETAPES 5 à 8

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-07-2019 12:16:58 - 5 commentaires


Etape 5 : Cherbourg-Omonville la Petite - 16 juin 2019 - 24,7 km
 
Alors que nous étions sous les nuages depuis notre départ de l'hôtel, au moment où nous passons la limite de l'agglomération cherbourgeoise, le soleil fait son apparition...


A part quelques passages de plage, nous devons bien souvent progresser dans les rues de stations balnéaires. Il faudra environ 12 km pour que nous retrouvions la nature sauvage propre à la région.

 
Pique-nique à Landemer : le sentier côtier commence ici. Les coureurs de la 1/2 Barjo nous ont précédés de peu, nous allons suivre les traces de la course durant plusieurs jours. 
 

Sept kilomètres d'un magnifique sentier de trail avec des montées et des descentes continuelles, nous ne croisons bientôt plus de touristes.


Nous progressons dans une magnifique nature qui me fait bien souvent penser à la Bretagne. Le temps se couvre progressivement, ce qui nous évite de trop souffrir, le dénivelé étant conséquent.

 
A l'approche d'Omonville la Rogue, nous croisons le "Mur Blanc", un amer construit à la fin du XIXème pour servir de repère à la navigation. 

Havre de Barfouis, Pointe de Jardeheu, nous revenons au niveau de la mer avec parfois de longues progressions sur des langues de galets.


Au milieu de l'Anse St Martin, nous pénétrons dans le pays de la Hague avec ses caractéristiques pâturages cernés de murs en pierre sèche et ses fameux "gratte-cul", sortes de petits menhirs plantés en milieu de champ et destinés au confort des bêtes qui s'y frottent, évitant ainsi qu'elles le fassent le long des murs qui finiraient par s'effondrer.


Pause à Omonville la Petite, magnifique village. Notre visite vespérale sera consacrée à Jacques Prévert dont la tombe se situe à l'entrée du cimetière près de la très jolie église que le poète se gardait bien de fréquenter car, comme il disait, "Dans une église, il y a toujours quelque chose qui cloche".

Etape 6 : Omonville la Petite-Auderville - 17 juin 2019 - 12,8 km

Nous avons décidé de faire le tour du Cap de la Hague en deux jours pour récupérer un peu mais aussi parce que le terrain s'y fait plus rocailleux et nettement plus pentu dans sa deuxième partie.


Premier arrêt à Port Racine, le plus petit port de France. Celui-ci tient son nom de François-Médard Racine, un corsaire du XIXème siècle qui y mouillait son bateau "l'Embuscade" prêt à se jeter sur le moindre navire rosbeef qui passait. 


L'étape est courte et relativement plate mais le sentier se transforme souvent en champ de galets, ce qui rend la progression peu aisée. Arrivés à Goury, nous prenons notre temps avant de rejoindre Auderville qui se trouve deux km plus haut.


Nous sommes enfin arrivés au Cap de la Hague à l'extrémité nord-ouest du Cotentin. Demain, cap vers le sud... 


Le soir, comme nous sommes taquins, nous faisons un nouveau cliché d'un bouquet de gunnera manicata pour l'envoyer à la famille et aux amis en leur expliquant qu'il s'agit de rhubarbe et que sa taille exceptionnelle est due à la proximité de l'usine de retraitement de déchets nucléaires.

La soirée est magnifique, après le restaurant nous descendons à Goury pour sacrifier au rite maintes fois rebattu du coucher de soleil. C'est banal, c'est sentimental mais c'est beau.


Etape 7 : Auderville-Herqueville - 18 juin 2019 - 14,2 km

Deuxième petite étape mais maximum de dénivelé, nous allons passer par le Nez de Jobourg qui culmine à 128 mètres au-dessus du niveau de la mer. Nous allons en prendre plein les yeux. Euh oui, mais pas comme on l'avait prévu...


 Houlà, il fait un peu gris ce matin ! Par prudence, les sacs sont munis de leurs préservatifs orange. Ça gâche un peu la photo.
 

Mon épouse qui est passionnée de géologie m'explique à nouveau que nous marchons sur des gneiss icartiens vieux de deux milliards d'années... houlà, je fais attention où je mets les pieds.



Le site est fabuleux, les photos le sont moins, la luminosité baissant de plus en plus. Un vent à décorner les aurochs se lève, nous trouvons un inconfortable petit coin à l'abri pour pique-niquer. L'étape est courte et nous avons le temps... Non, finalement nous n'avons pas beaucoup de temps et le repas est vite expédié car il y a des signes qui ne trompent pas :


Krabardaf !!! Une pluie orageuse poussée par un vent furieux se jette sur nous et nous bat comme plâtre. Nous avons beau avoir mis l'équipement anti-pluie, nous sommes giflés, soufflés, foulés au pied par un grain subit et nonobstant peu amène. Les sentiers déjà bien techniques se transforment instantanément en ruisseaux. Vous avez beau être normand, ça surprend !

Ce sont deux serpillières qui se présentent au B&B d'Herqueville. Nos hôtes allument leur cheminée pour que nous y fassions sécher nos chaussures et nous prêtent leur séchoir . Une fois égouttés, nous goûtons enfin la félicité assis à la table d'hôtes face aux huitres, bigorneaux et autres araignées de mer géantes, le tout arrosé de bon vin. L'aventure c'est bien. La bonne chère, c'est pas mal non plus...

Etape 8 : Herqueville-Les Pieux - 19 juin 2019 - 31,5 km


L'étape des brumes. Ce matin, il ne pleut plus et il fait bon mais boudiou que c'est brumeux ! Des hautes falaises d'Herqueville, nous apercevons à peine Flamanville que nous passerons dans la journée.


Le terrain descend vite au niveau de la mer et nous longeons d'abord la mare de Vauville, une réserve ornithologique de deux kilomètres de long qui peut abriter jusqu’à 160 espèces d'oiseaux sur 60 hectares. Pas question de baguenauder, nous restons sur les sentiers tracés pour la tranquillité des animaux.


En enfilade, se trouvent les dunes de Biville autrement plus vastes : 617 hectares sur 10 km de long. Nous partons à l'aventure sur la vaste pelouse dunaire dont on ne voit pas la fin, le paysage fait parfois penser à une steppe d'Asie centrale. On y fait parfois d'étranges rencontres :


Cet EBR Panhard a, semble-t-il été oublié par l'Armée quand elle a quitté l'endroit, alors terrain militaire. 



A 14 heures, la brume s'épaissit de plus en plus. Arrivés à Siouville, nous décidons de quitter le GR pour suivre la plage, histoire d'accélérer le pas. Arrivant sur le port de Diélette, il nous faut contourner l'usine de Flamanville en empruntant un looong détour.
 
 
Quand nous retrouvons le chemin côtier à l'Anse de Quédoy, nous en avons plein les bottes ; après cinq kilomètres de montagnes russes il nous faudra encore trois kilomètres de route pour rejoindre les Pieux où se situe l'hôtel. Quand nous arrivons en ville, la brume a tout envahi. Perclus de fatigue, nous passons une soirée en coton.

Demain, nous allons aborder le pays des grands havres qui nous mènera au terme de notre périple. La pluie puis la brume n'ont finalement pas tant perturbé le déroulement des deux dernières étapes et puis, en Normandie comme en Bretagne, il faut prendre la météo avec humour...


A suivre





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