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Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Lutin et billevesées

BELLE ÎLE EN MÈRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-05-2018 10:16:49 - 5 commentaires

 

 
Dans le bleu silence lissé par le bruit de l'onde
Je sais que tu m'entends
 
 
Sur les grèves ondoyantes bordées par l'océan
Je sais être patient
 
 
 Comme un doux bruissement, comme un souffle d'été
Je sais quel est ton chant


 Sous l'écorce du fruit, dans sa chair sans un bruit
Je sais quel est ton sang


 Sur la terre avant toi, pleine de vie, pleine de joie
Je sais qu'elle t'aime tant
 

Calypso en son île, maîtresse de son temps
Ma beauté assoupie, tu sais que je t'attends


******

 
Arielle aura une petite sœur dans six mois et moi je serai Re-Papy... Joie !
 
 
 
 Clichés pris du 19 au 21 mai 2018 à Belle-Île-en-Mer
 
 

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ENTRE LE GRIS ET LE BLANC

Par Le Lutin d'Ecouves - 09-02-2018 21:04:05 - 5 commentaires

Parfois, je me demande si ce siècle n'est pas en train de nous transformer en lagopèdes frémissants et pusillanimes... Trois flocons sur la France et c'est la panique que relaient stupidement médias et réseaux sociaux. Rendez-vous compte, il neige en hiver ! Moi qui ai vécu en Franche-Comté et qui suis allé à l'école en marchant à côté de congères presque aussi hautes que moi, je me gausse, et pas seulement Carl Friedrich...
 
N'empêche, notre séance marche nordique du vendredi est annulée car la Loi avec un grand Hell nous interdit d'emmener du monde en forêt par vigilance orange. Quand c'est orange, on se range ; quand c'est rouge, personne ne bouge. Mais quelle vigie lance ce genre d'ânerie ? Eh bien puisque c'est orange, pas de quartier même si je dois avoir des pépins, s'il me reste encore un zeste d'énergie, je dois bien être encore capable de conduire sur la neige et ainsi profiter d'Ecouves en manteau d'hermine.
 
On voit encore la chaussée par endroit... mon épouse n'est pas toujours rassurée mais elle sait que je ne panique jamais sur neige. La conduite est pourtant simple : on oublie la pédale de frein et on pilote le véhicule comme un canoë. Arrivés au pied des Ragottières à moins de trois kilomètres d'Ecouves,  une surprise nous attend : un panneau "Route barrée". Un responsable tremblotant de la Préfecture a dû croire que le ciel lui tomberait sur la tête s'il ne prenait pas toutes les mesures nécessaires pour protéger sa carrière en émettant toutes les interdictions possibles, évitant par là-même de se voir accuser de négligence. 
 
On ne se refait pas, je franchis l'interdiction. Vu l'état de la route, je dois être le premier rebelle du matin, quel plaisir de rouler sur ce tapis onctueux ! Nous nous garons dans le blanc silence du Vignage. Bien équipés, bien au chaud, les lutins vont trottiner sur les virginales pentes de la mère Ecouves.
 
 
Le premier plaisir de la neige, c'est ce crissement ouaté, ce gémissement subtil de la matière vierge que l'on foule. Personne n'est passé depuis l'aurore et nos pas sont pionniers. Une gomme de lait a transformé nos si familiers sentiers en nouveaux territoires d'exploration. Nous renouons avec ce plaisir enfantin de la découverte d'un nouveau monde. Pour quelques heures encore, nous serons les premiers...

 
La lumière n'est pas favorable au photographe, nous allons cheminer entre le blanc du sol et le gris du ciel, peu de nuances mais suffisamment de sensations pour qui sait s'ouvrir et vivre dans les délectables interstices de l'instant. 
 

De Pierre-Chien à la Croix-Madame, ce n'est que montée sous une douce ondée liliale. Nous nous arrêtons de temps en temps pour écouter le silence, le vrai, celui qui laisse entendre le son duveteux de l'air égratigné par les cristaux de frimas.
 
 
La neige chafouine chiffonne nos sentiers et nous nous égarons parfois mais l'instinct des lutins nous remet à chaque fois dans le blanc des lieux. Voici la Croix-Madame plantée en hommage à Louise de Savoie alors qu'elle était l'épouse de Monsieur, futur Louis XVIII Comte de Provence et Duc d'Alençon. C'est fou comment un simple carrefour peut faire ainsi voyager...

 
Nous dévalons par la route en direction du Chêne au Verdier. La chaussée, vierge depuis cette nuit, déroule une parfaite piste de ski de 1500m de long que personne n'empruntera hélas. Faire du ski, vous n'y pensez pas ! Et si vous tombiez ? Heureusement que les routes d'accès sont interdites.
 
 
Du Verdier au Vignage, le chemin est plaisant par la falaise surplombant les douces collines d'Ecouves. Environ dix kilomètres seuls au monde et nous retrouvons bientôt la civilisation. Nos traces ont dû ouvrir la voie car deux autres véhicules accompagnent notre automobile au pied du Vignage. La fonte a débuté et la route a perdu sa douceur de coton. Au pied des Ragottières, c'est redevenu une bête route noire à peine tavelée de quelques souvenirs neigeux. Et pourtant, Big Brother a maintenu son interdiction : Route barrée, je vous dis ! Route barrée au rêve, à la douce illusion de l'enfance, au blanc des sentiments qui adoucit le gris de la vie. Heureusement que cette interdiction ne s'adresse qu'aux pauvres lapins trémulants mus par l'effroi distillé à cor et à cri par des écrans à cran. 

Forêt d'Ecouves, 9 février 2018

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DOUZE MOIS, DOUZE MOI

Par Le Lutin d'Ecouves - 23-12-2017 16:23:42 - 4 commentaires


Rétrospective 2017
 
 
Comme l'année dernière, je me livre à une petite "introspective" photographique de l'année écoulée. Si l'on compare les deux billets, l'on trouvera des similitudes (Encore des contre-jours !) mais aussi des différences météo-psychologiques. Moins de bleu, plus de bleus...
 
La plupart des photos sont prises en compagnie de Tonton Gilles, mon compagnon d'errance photographique.

Cliquez sur chaque photo pour obtenir un plus grand format (puis retour arrière).
 
 
 Janvier
 
 
Pour une fois, Tonton Gilles m'a accompagné en Ecouves. Nous mitraillons longuement ce coucher de soleil sur la Butte Chaumont. Il fait très froid et les couleurs ruissellent sur le papier glacé de l'air incroyablement pur de ce jour d'hiver.
 
Février
 
 
Postés sous le Pont de Sarthe, nous regardons la rivière chuter brutalement à l'endroit où passait autrefois la route de l'étain. Tonton Gilles m'incite à prendre une photo en pause longue, ce qui va donner cet aspect échevelé à l'eau.
 
Mars
 
 
Décidément, mars n'a rien de printanier. Nous cheminons sur la demi-lune à l'arrière de la Préfecture. Les corneilles confectionnent leurs nids dans les hautes branches du Parc de l'Hôtel de Guise. L'une d'elles passe lors d'un fugace instant lors duquel le soleil daigne se montrer.


Avril


Enfin un peu de bleu et d'humour. Ce pommier fleuri avant les autres semble commander à une troupe rangée au garde-à-vous. J'intitule ce cliché : Sgt Spring.


Mai

 
La météo n'est pas fameuse en ce joli mois de mai, nous cheminons dans le parc des Promenades. Je fais peu de photos de personnages mais ce plan attire mon regard : deux sœurs accroupies dans une attitude que seuls les enfants peuvent avoir. Le grand-père ancien maître d'école voit ici plus de choses que le commun des mortels.
 
 
Juin
 
 
Le feu de la St Jean de Radon illumine la nuit en Ecouves. La chaleur devient insupportable et je m'éloigne pour rentrer à la maison. Je me retourne une dernière fois pour contempler le monstre dont la lumière découpe crûment les silhouettes des spectateurs. Mon cliché me fait penser à un rituel ancestral dédié à nos ancêtres tapis sous le sol de la forêt.


Juillet

 
Bibliothèque municipale. Il a beaucoup plu et ce pare-soleil s'est effondré en devenant une piscine à insectes. Sur le coup, le cliché ne m'a pas plu mais Tonton Gilles, grand amateur de lignes, a su m'en montrer l'intérêt. 
 
 
Août
 
 
Lassay-les-Châteaux en Mayenne. Au détour d'une rue, cette silhouette en véritable mousse, cette plaque bleue  et cette publicité pour le Petit journal (1863-1944) révélée par le décrépissage du mur. La photo est incontournable.
 
 
Septembre
 
 
Simple et évidente cette clématite blanche sur ce bord de Sarthe où j'avais déjà photographié une passiflore elle aussi blanche. Mon intérêt pour cette fleur vient des gouttes d'eau qui la parsèment.
 
 
Octobre
 
 
Décidément, l'année est bien sombre. Je prends le reflet du soleil dans l'eau de la Sarthe. Aussi bizarre que cela paraisse, ce cliché est en couleurs et n'a pas subi de traitement.
 
 
Novembre
 
 
Il n'est pas encore 18 h et les lumières s'allument déjà. Ce candélabre municipal proche de l'hôpital s'est paré d'une vigne vierge. Sur ce pont, les autres luminaires le regardent d'un air hautain. Mais lui il s'en fiche, il sourit.
 
 
Décembre
 
 
La rue Georges Guynemer est un exemple de réhabilitation réussie. Autrefois peuplée d'immeubles délabrés, elle est devenue un endroit où il fait bon vivre mais ce jour, alors qu’on est en milieu d'après-midi, ce lieu semble porter le deuil de ce jeune aviateur mort en 1917 dans sa 23ème année.
 
 
 Pour les amateurs : mon blog photo régulièrement mis à jour.
 
 

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IMPRESSIONS ESPAGNOLES

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-10-2017 12:15:17 - 4 commentaires

Il n'est parfois pas besoin d'aller au bout du monde pour trouver un dépaysement total mâtiné d'une étonnante familiarité et se débarrasser à l'occasion de quelques idées reçues. Grand voyageur dans ma tête, je n'avais cependant pas remis les pieds en Espagne depuis 1966. Le pays avait changé...
 
Non point les plateaux d'ocre et de rouge brûlés par le soleil et parsemés de fiers reliefs à la dureté minérale. Non point les millions d'oliviers et les rares villages blancs accrochés aux flancs endurcis de collines rongées par les ères. Traverser l'Espagne par le centre est une expérience esthétique à la sévérité assumée.

 Sierra Nevada

Non, la terre était la même mais le pays m'a paru neuf comme son incroyable réseau autoroutier aux trois quarts gratuit et au trafic étonnamment fluide sur lequel les Espagnols naviguent débonnaires et courtois. Première idée reçue : les Espagnols sont des Méditerranéens énervés du volant. Que nenni ! Plus mon épouse et moi allions au sud, plus les conducteurs respectaient la signalisation et les limitations plus sévères qu'en France (80,100 et 120 km/h). Pas de coups d'avertisseur, pas d'appels de phares envers le touriste qui cherche sa route. Pas de feux grillés et pas d'insultes. Au contraire, alors que je me traînais sur une route de montagne, une voiture qui me suivait de près depuis un moment finit par me dépasser alors que je m'arrêtais, cherchant mon chemin. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis le conducteur, faire demi-tour, pour venir s'excuser de m'avoir collé de trop près.
 
Ce n'est qu'au retour que j'ai constaté que plus on approchait de la France, plus les mauvaises conduites se multipliaient comme si la frontière laissait suinter un peu d'incivisme routier. 

Aranda de Duero

Autre idée reçue : les villes espagnoles sont sales et désordonnées. Eh bien, non. Que ce soient dans les grandes villes touristiques comme Granada ou  Córdoba, des villes de la côte comme Nerja, des villages comme Monachil où nous résidions ou encore des villes étapes comme Aranjuez ou Aranda de Duero, je n'ai vu que des lieux propres et bien entretenus.

 Aranjuez
 
Différence fondamentale d'avec les Français, qu'il soient de la région de Burgos, de Madrid ou de Granada, les Espagnols sont dehors à 20h00 et jusqu'à tard le soir. Cela leur évite certainement de s'angoisser à regarder la télévision... Quelle que soit la taille de la ville, ça sent la fiesta dès que le soleil descend. Bière à cinq degrés, tapas, discussions à n'en plus finir, enfants qui jouent au milieu de tout cela et des Espagnoles !

Oui, des Espagnoles. Encore une idée reçue : les femmes de ce pays sont petites, noiraudes et pas commodes. Tu parles ! En Castille, León et surtout Andalousie, j'ai failli avoir des problèmes de conjonctivite tellement les femmes étaient belles. Heureusement que mon épouse veillait sur moi pour me rappeler mon âge et me mettre des gouttes dans les yeux.

Des Espagnoles grandes, racées, très soignées brunes ou blondes : je n'avais jamais vu une telle concentration de belles femmes. Et libres dans leurs tenues, je n'avais pas vu de jupes aussi courtes depuis 1970. Oui, une impression de liberté que j'avais oubliée. Qu'elles aient 15 ou 45 ans, j'ai surtout rencontré des femmes qui s'assumaient en tant que telles. Seules les femmes de ma génération gardaient un style plus classique (avoir connu Franco, ça marque). Quel contraste avec mes différents passages à Paris où j'ai surtout vu des gens gris-marron qui rasaient les murs en évitant les regards d'autrui.

Monachil

Fin septembre était une bonne période pour visiter le pays sans être dans le flot des touristes, surtout si on évite les côtes. Cela dit, peu de temps après les attentats de Barcelone, je craignais que les autorités espagnoles aient pris des mesures semblables à celles qui sont pratiquées en France et qui confinent au ridicule quand, dans une petite ville comme la mienne, on fouille les sacs des dames dès qu'on pénètre dans une manifestation culturelle ou festive ou qu'on met en place des barrages bloquants lors d'épreuves comme les célèbres "Foulées de la Grotte à Jules" de Vignats (285 habitants).
 
C'est à Córdoba que j'ai réalisé que les Espagnols n'allaient pas se laisser gagner par la panique. Si j'y ai bien vu deux militaires patrouiller à proximité de la mosquée-cathédrale, comme tous les touristes, nous y avons pénétré avec nos sacs à dos sans que personne ne nous demande quoi que ce soit. Nulle trace de forces de l'ordre à l'intérieur de ce gigantesque édifice (2,3 ha) qui fait passer Notre-Dame de Paris pour une chapelle de province.
 
 Córdoba

Même chose à l'Alhambra de Granada où les visites et promenades sont libres jusqu'au soir sans que l'on nous demande autre chose que notre billet. En ces différents lieux, nous avons bien sûr rencontré nombre de touristes mais aussi une grande quantité d'Espagnols semble-t-il soucieux de leur culture et de leur patrimoine.

Granada

Rendu un peu parano (Français parano, c'est un pléonasme) par différents sites qui parlaient de voleurs à la tire et de pirates de la route, j'ai au fur et à mesure compris que tout cela n'était que du flan ou plutôt de la tortilla. L'on n'est pas plus en danger à Granada qu'à Bécon-les-Bruyères. La seule différence, c'est que pour commander quelque chose dans un bar ou un restaurant, il vaut mieux parler Castillan car le Français y est vraiment une langue étrangère mais quand on fait l'effort de parler leur langue, les Espagnols, réservés et courtois deviennent chaleureux.
 


Granada

Inutile de s’appesantir sur la météo, bien sûr. De l'Espagne, je n'y ai vu que du bleu et n'y ai ressenti que de la douceur, même en altitude. De la douceur de vivre aussi...

Pico Veleta (3396m)

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RENTRÉE DES CLASSES

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-09-2017 12:00:49 - 7 commentaires

Nous sommes le quatre septembre et c'est ma quatrième rentrée sans élèves. Après tout ce temps, ce jour reste particulier pour moi. Il flotte encore dans l'atmosphère un ersatz de pincement au cœur, un reste d'angoisse lié à cet événement qui a rythmé ma vie d'enfant puis celle d'adulte.
 
Oh, je sais que j'aurais pu continuer d'enseigner durant plusieurs années, mon insolente bonne santé et mon expérience professionnelle me l'auraient largement permis mais voilà, la folle manie des évaluations, d'interminables et trop nombreuses réunions stériles, une incompétente politique du paraître et un acharnement aveugle à détruire un système qui tournait tout seul avaient fini par me convaincre d'abandonner le navire. Et puis cette suspicion de paresse distillée par les politiques et reprise par une partie de la population...
 
Comme j'ai aimé transmettre, comme j'ai aimé mon travail de maître d'école ! Toute ma carrière, j'ai dû me battre contre ceux qui n'étaient qu'idéologie, métalangage, storytelling puis in fine tableaux Excel et diapos Power Point.
 
******
 
Il est un peu plus de neuf heures, je reçois un message sur mon smartphone : Arielle vient de faire sa première rentrée à la maternelle de l'école dans laquelle j'ai enseigné mes dix-neuf dernières années professionnelles. Une photo accompagne le message : bien coiffée et très sérieuse avec son cartable dans le dos, elle est si grande que je me sens tout petit. Un message de ma fille accompagne la photo : la demoiselle, très contente d'aller à l'école, a congédié ses parents d'un signe de la main. Ceux-ci sont ensuite allés boire un coup pour s'en remettre.
 
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J'ai été grand-père, j'ai ensuite pris ma retraite mais je me sentais toujours en prise avec le système, pestant contre l'incompétence des politiques et l'aveuglement de l'administration. J'étais encore un peu maître d'école.
 
Arielle fait sa rentrée, la boucle est bouclée. Je deviens un grand-père comme un autre, enfin, je crois. Et puis, ma petite-fille m'appelle "Papy Dinosaure". C'est ce que l'on appelle de la clairvoyance...

 
 

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UN AIMANT QUI A BONNE MINE

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-04-2017 09:51:11 - 8 commentaires

 
Si je compte bien, cela fait quarante-trois ans que je fréquente la maison. Cette table de salle à manger, je l'ai bien souvent vue encombrée d'une machine à coudre Singer. Une belle-mère couturière, on ne sait pas à quel point ça peut être utile... 
 
Au moment d'épingler les ourlets avant la coupe du bas de mes pantalons, Cécile sort toujours la même boîte en fer qui contient le même aimant bien pratique pour faire le ménage après l'ouvrage. Une couturière, ça sème beaucoup et quand on est maman de cinq enfants puis nourrice à domicile, on ne peut pas se permettre de laisser des aiguilles sur le parquet.

"Tu ne sais pas d'où il est venu celui-là ?
- Ben non, je l'ai toujours vu dans votre boîte..."
Et elle me raconte.
 
En août 1944, ça avait bien tapé  en forêt d'Ecouves avant que les Allemands ne lâchent prise, laissant du matériel et tout un tas de munitions dans différents endroits. Perchés aux Montgommeries tout en haut de la montagne à près de 400 mètres d'altitude, Cécile et ses cinq frères et sœurs menaient une vie normale d'enfants ou d'adolescents de l'époque. Enfin, presque normale, c'était la guerre quand même.

A l'époque, les gamins n'avaient pas constamment le fil à la patte comme actuellement et ils jouissaient d'une liberté qu'on n'ose à peine imaginer. Une sacrée liberté pour apprendre la vie et aussi faire des bêtises.

Le petit Roger avait treize ans et il était déjà bien adroit. Il avait découvert un stock de mines anti-char allemandes de modèle Hafthohlladung. Ces mines pouvant percer 14 cm de blindage se posaient à la main sur les chars et étaient déclenchées par un détonateur à friction retard. Le pauvre bidasse qui avait réussi à poser la mine sur le blindé ennemi sans se faire écraser ni mitrailler avait ensuite 7,5 secondes pour prendre la poudre d'escampette. C'était rock and roll !


Or, ces mines, pour rester fixées aux chars, étaient pourvues de trois puissants aimants parallélépipédiques à la base comme on peut le voir sur cette photo :


Qui n'a pas été émerveillé dans son enfance par les propriétés magiques du magnétisme ? Le petit Roger n'a pas mis de temps à trouver comment démonter les aimants de ces mines et, comme il avait constitué un stock, il en a distribué autour de lui. Je ne pense pas que ses parents en connaissaient la provenance, ses frères et sœurs, si. 
 
Comme on a l'esprit pratique en Ecouves, chacun a trouvé une fonction à son aimant. Pour Cécile la couturière, ce fut "ramasse-aiguilles". Voilà comment un morceau de métal aimanté peut nous faire voyager dans le temps et l'Histoire...




Merci au forum "Les aigles verts" pour les renseignements sur les mines.
 
 
 


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DOUZE MOIS ET DOUZE ÉMOIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-12-2016 18:08:02 - 11 commentaires

Petite rétrospective de l'année 2016 issue de mes balades en compagnie de mon Hybride Panasonic, de mes compacts Sony et bien souvent de Tonton Gilles le marcheur infatigable qui ne quitte jamais son Reflex Canon.
 
 
Janvier
 
Alençon, 21-01

Belle journée froide, nous revenons du Parc des Promenades et je m'aperçois que le célèbre toit métallique de la Halle aux Blés installé en 1865 par l'ingénieur Croquefer semble faire une partie de bilboquet avec la Lune.


Février

 Alençon, 15-02

A ses pieds, j'ai vu nager des bœufs... Dures et fières, les ronces aidées de la mousse et du ruisseau du Gué de Gesnes rongent patiemment ce mur qui s'effondre non loin de l'hôpital. On est sur un ancien marais et la nature reprend ses droits. 
 
 
Mars
 
 Forêt d'Ecouves, 17-03
 
Des chatons comme une promesse de printemps... Insensible aux saisons dans mon jeune âge, j'ai bien changé. Le Temps m'a ouvert aux autres et aux choses simples. 
 
 
Avril
 
 Alençon, 07-04
 
Les feuilles des ancolies ont cette belle particularité de contraindre la rosée du matin à former de jolies perles d'eau qui disparaissent ensuite au soleil sans mélancolie. Délicat et beau...


Mai

Alençon, 26-05

Mon jardin sert souvent de pâture aux représentants du petit monde, il ne me nourrit guère mais me donne l'occasion d'admirer la grande beauté de cette faune fantastique. Le Lutin aime tous les animaux...


Juin

Belle-Ile-en-Mer, 14-06

Comme un moucheron se détachant à peine sur le ciel gris, un minuscule personnage donne la mesure des formidables falaises de la Pointe des Poulains. Belle-Ile... tout est dans le nom.


Juillet

Alençon, 13-07

Veille de Fête Nationale. Deux secondes de pose et la fumée semble des dragons vomissant leur verte fureur sur l'Hôtel de Ville. Parfois, les lendemains ne chantent pas...
 
 
Août

Alençon, 25-08

Minou Gris, c'est comme cela que nous l'avons appelé. Chaque matin, il vient nous voir quelques minutes puis repart vers ses rêves de prédateur. Les soirs d'été, il nous observe dîner sur la terrasse. C'est un tueur sans pitié et un opportuniste souvent mal embouché. Nous l'aimons bien...
 
 
Septembre

Vallon-Pont-d'Arc, 25-09-2016

Dans les couloirs du Temps... Juste avant un plongeon de 36 000 ans, le Musée de la caverne du Pont d'Arc nous offre cet instant de perfection géométrique. Mon épouse me précède, nous sommes ensemble, nous sommes bien.
 
 
Octobre
 
 Alençon, 26-10

Couleurs et reflets, Alençon est un jardin au bord de l'eau. Tonton Gilles réussit mieux que moi ses clichés des miroirs de la Sarthe mais mon petit Sony s'est quand même bien débrouillé ce jour-là...


Novembre

Alençon, 17-11

Fleur de la Passion oui, mais pas amoureuse... La passiflore fait symboliquement référence à la Passion du Christ. Celle-ci est originaire du Brésil et se permet d’être toujours en fleur en novembre. Tant de Constance (Elliott) mérite le respect.
 
 
Décembre
 
 St Germain-du-Corbéis, 15-12

Il est 16h30, c'est déjà le soir, je n'ai pas vu cette grande buse se poser et c'est Tonton Gilles qui me signale le plan. Nous avons marché dix kilomètres et je n'ai réussi qu'un cliché. Cela suffit à mon bonheur...



 



 

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FACE AU SOLEIL DE NOVEMBRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 28-11-2016 20:56:03 - 9 commentaires

Amateur ou pas, chaque photographe a ses manies. Ceux qui suivent mon blog photo (une parution tous les deux jours) ont pu constater la plus évidente : dans 99% des cas, mes clichés ne sont effectués qu'avec des petits appareils (hybride, compact et même téléphone portable). Modestie ou suprême snobisme, là n'est pas le sujet de ce billet mais plutôt cette fichue habitude du contre-jour que j'ai développée depuis mon passage à la photo numérique. Ce mois de novembre, durant mes balades photographiques avec Tonton Gilles, je n'ai pas pu résister à cette sale manie. Résumé en neuf étapes :
 
 
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Premier novembre de feu froid en Ecouves, Tonton Gilles se tortille sous une branche pour prendre un cliché du carrefour du Chêne au Verdier ; je me mets juste à côté de lui et lui vole son idée mais mon petit compact Sony, un RX100, ne voit pas la même chose que son Reflex Canon :
 
  01-11-2016
 
Deux jours plus tard, nous franchissons la frontière ornaise sur quelques centaines de mètres pour nous aventurer sur les terres sauvages de la Mayenne à St Pierre des Nids. Juchés sur un barrage, nous photographions l'île de l'ancienne forge :
 
 03-11-2016
 
Puis j'entraîne mon compagnon à l'endroit où les départements de l'Orne, de la Sarthe et de la Mayenne se touchent en un point. De merveilleux pâturages nous ouvrent leurs vastes bras. Un éclair bleu et orange, le martin-pêcheur veut bien se montrer mais ne se laisse pas photographier. Le soleil de l'après-midi se répand sur les collines en direction de St Léonard-des-Bois :
 
 03-11-2016
 
Un dimanche matin en compagnie de mon épouse pour deux heures de marche nordique en Ecouves. Non loin de Radon, la quiétude et la grâce de ce petit chemin près de Radon me fait décrocher un bâton pour sortir mon plus petit compact, un Sony TX30, pas de possibilités de réglages, juste un silencieux clic-clac et l'automne est dans la boîte :
 
 13-11-2016
 
Des jours de ciel blanc plus tard, le soleil se met à nouveau à hanter les bords de notre monde. Je reprends mon RX100 si petit mais si malin. Il est 16h30 et le soleil peint hâtivement l'horizon d'orange et de gris. C'est à mon tour de signaler un plan à Tonton Gilles, nous prenons tous deux en photo le même arbre à proximité de la Fuie des Vignes :

27-11-2016

Le lendemain, le bleu domine. Il fait cinq degrés et le vent de nord-est nous chante l'hiver en balayant le ciel de son humidité. J'emmène mon compagnon photographe dans la Sarthe à cinq kilomètres de notre quartier de Courteille. Nous montons sur une modeste colline et regardons en direction d'Alençon :

28-11-2016

Quelques minutes plus tard, il est presque 17h, les couleurs changent de minute en minute. Un dernier cliché au même endroit avant le chocolat chaud :

28-11-2016

Mardi glacial, nous montons à Ste Anne de Champfrémont sur la colline de Multonne en Mayenne qui toise Ecouves par-dessus la plaine d'Alençon. Orienté au sud, le site ne manque jamais de lumière. En cette saison, il se prête idéalement à ma petite manie du contre-jour.
 
 29-11-2016
 
Le froid se fait très vif, Alençon entre déjà dans l'ombre pendant que les étangs de Ste Anne se gorgent encore de soleil. L'hiver vient.
 
 29-11-2016
 

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Si vous voulez vous évader...

Tonton Gilles ne s'appelle pas Gilles et il n'est pas mon Tonton, ça ne l'empêche pas de tenir depuis deux ans un blog aux textes poétiques, épiques ou intimistes.
 
Il tient aussi depuis peu un blog photo très prometteur.
 
Quant au Lutin, il a déjà publié plus de 300 clichés sur son blog photo
 
 

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DANS UN REPLI DU TEMPS

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-10-2016 18:46:55 - 5 commentaires

 
Si les matins du monde ressemblent au chant des orgues
Immobiles et pétris par les assauts du temps,
 
 
Si rien ne reste, que nos ombres dans le reflet
Sauvage et fier d'un vaste flot d'indifférence.
 
 
Tu me diras encore la chaleur de l'instant,
Tu me diras enfin que l'univers est nôtre.
 
 
Et je pourrai sentir au creux de ton regard
La douce éternité de notre connivence .
 
 
Et nous pourrons renaître, et nous pourrons danser,
Poussières oublieuses de l'univers immense.
 

Photos prises sur les bords de la Cèze le 28 septembre 2016.

 

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SEPT HAïKUS POUR CÉNERI

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-09-2016 13:05:39 - 10 commentaires

 
 Falaise escarpée
Ses gardiennes, dards acérés
Mille ans souveraine

蜜蜂
 
 
 
 
 
Fortune, lune changeante
De nos larmes elle a besoin
Un été de feu
 
 車輪
 
 

 

 

Parsemé d'embûches
Sombre est le roi de la nuit
Où est la lumière ?
 

 

 

Ce monde en miroir
Ombres captives, chants figés
Le Temps effacé
 

 


Anciens bruits de forge
Arbre vorace, feux éteints
Tiens, un caillou bleu

鋼鉄

 
 
 
Modeste et grandiose
Dans les méandres du Temps
Doux chant de l'Ermite

仙人
 
 
 
 
 
Déesse de lumière
Venant d'un monde étranger
Flots et entrelacs

 
 
 
 

Photos prises en août-septembre 2016 à St Céneri-le-Gérei (Orne)
 

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