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Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Lutin et billevesées

BON ANNIVERSOURS

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-01-2015 09:09:05 - 13 commentaires

Photo de la Baronne

Lui c’est Chéri-Nounours, il est arrivé chez moi le 10 janvier 1957, le jour de mon premier anniversaire. C'est mon oncle Alfred qui me l'a offert. Qu'il était beau et doux avec sa tendre fourrure et ses yeux de verre ! Je l'ai tout de suite adopté et il partagera mon lit jusqu'à mes douze ans. 

Le problème, c'est qu'il a aussi partagé mes jeux, et jouer avec un jeune lutin, ce n'est pas de tout repos. C'est ainsi qu'il a découvert le parachutisme du haut de l'immeuble où j'habitais. Enfin, je veux dire qu'il a d'abord expérimenté la chute libre avant de sauter avec un matériel plus adapté.
 
Il m'a aussi servi de cible, placé au fond du couloir de l'appartement. Il a dû ainsi supporter fléchettes à bout métallique et autres projectiles comme les flèches à bout ventouse tirées par mon grand arc à corde en nylon (la modernité !).

Il a aussi connu des tentatives d'incendie à la colle scotch (très marrant, j'adorais l'odeur) et diverses autres tortures comme la crucifixion, pratique que m'inspirait le catéchisme auquel j'allais chaque semaine. Je n'ai jamais cherché à le décapiter car je l'aimais.

Voilà pourquoi mon ours en peluche perdit ses beaux yeux marron et la quasi totalité de sa fourrure, laissant même apercevoir la paille au niveau de la tête et des membres. Les diverses éventrations avaient failli avoir raison de son intégrité corporelle. La bourre du ventre étant partie, le tissu avait fini par se déchirer et mon cher ours faillit se résigner à voir disparaître ses membres inférieurs. 
 
C'est à cette époque (j'avais dix ans) que ma grand-mère intervint. Elle confectionna un pull rouge au crochet qu'elle fixa solidement au corps de mon compagnon, assurant ainsi une cohésion définitive entre ses  deux parties. Elle lui tricota même une petite cravate bleue et deux yeux minuscules qui lui donnèrent un éternel regard de drogué.
 
C'est en sixième que je me mis à grandir de deux centimètres par mois et il fallut un jour se rendre à l'évidence, il n'y avait plus de place pour lui dans mon lit de 70. Il élit donc domicile sur une chaise où je finis par le laisser tranquille, devenant moins guerrier à mesure que je grandissais.
 
De mes un an à mes douze ans, j'avais bavé, transpiré et certainement laissé d'autres traces de déjections sur ce pauvre ours qui avait aussi connu la boue et la poussière, la pluie et la neige ; or, étant constitué de bourre et de paille, il ne pouvait être lavé.

Constatant le triste état de crasse et de délabrement du jouet qu'on n'osait plus qualifier de peluche, ma mère me proposa un jour de jeter cet antique haillon qui traînait sur ma chaise. A l'époque, je faisais déjà dix centimètres de plus qu'elle ; je la regardai d'un air sérieux et lui dis :
"Si tu mets Chéri-Nounours à la poubelle, je t'y mettrai aussi..."

Ma mère n'insista pas.
 
Depuis ce temps, ce patient plantigrade a toujours siégé quelque part dans ma chambre. Il fallut bien que mon épouse l'accepte, ce qu'elle fit de bonne grâce. Il fut un père pour les ours de mon fils et un motif d’amusement pour ma fille. Je le présenterai un jour à ma petite-fille...
 
En 2001, à la faveur d'un douzième déménagement, je l'ai installé sur le dossier d'une chauffeuse rouge foncé à droite de mon lit et il y est toujours, m'observant chaque soir de son regard fixe de camé. Il semble cependant vivre paisiblement sa retraite d'ours. 

Aujourd’hui, nous avons 117 ans à nous deux. Bon anniversaire Chéri-Nounours.
 
 
 


 
 

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DANS LES RETS DE L'ASTRE D'HIVER

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-12-2014 18:26:26 - 11 commentaires

14 décembre 2014
 
 
Un matin d'hiver en Ecouves, le lendemain d'un éprouvant 10 km à Sées, je m'extrais de la brume à la suite des trailers que je peine à suivre. Vers le sud, Radon, notre base arrière, sommeille encore dans les vapeurs hivernales alors que les hauts sont violentés par les rais obliques du soleil hiémal.
 
 
Voilà des années que, chaque semaine, je guette le bon éclairage, le juste plan. Certains jours, mon petit Canon baroudeur reste dans son étui. Parfois, l'air est trop saturé et dévie suffisamment les longueurs d'onde pour que tout semble gris. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. 
 
 
Ce dimanche, l'éclairage est d'une crudité sublime. Les fougères encore dressées, sont passées du carmin à l'orangé et la mousse, dorlotée par une saison douce et humide, est d'un vert insolent.
 
 
De l'ombre à la lumière, on passe d'un monde en noir et blanc à une explosion chromatique. Je manque parfois de perdre de vue mes camarades moins enclins que moi à l'ébahissement.


Au sommet du Rendez-Vous, la terre, passée au laser, s'allège des esprits de la brume dans le bleu intense de la fin de matinée. Il est temps de rentrer.


Seize kilomètres et soixante-six clichés plus tard, retour vers Radon. Il est onze heures. Nous nous enfonçons petit à petit dans les frimas et le brouillard. Le soleil ne montera pas beaucoup plus haut mais il a montré sa force. Ecouves est sous bonne garde.


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JUSTE AVANT LA NUIT

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-10-2014 19:12:07 - 3 commentaires

 
30 octobre 2014
 
 
Oblique et fou, le soleil incendie pour une heure d’éternité mon jardin du Septentrion.


Mon épouse, grimpée dans l'arbre sauvé des sables d'Aquitaine, s'affaire à recueillir la manne miraculeuse.
 

Les fleurs au nom de renard nous feraient presque oublier que novembre est à nos pieds.
 
 
J'abandonne bientôt le panier que distraitement je tenais...
 
 
...pour admirer la gloire et la splendeur des baies.
 
 
Une dernière éclaboussure sur les fleurs de Toussaint, la nuit se précipite.
 
 
La cueillette est bonne, demain sera lumière. 






1 : Escargot des haies
2 : Arbouse
3 : Fuchsia
4 : Baies de chèvrefeuille
5 : Callicarpa
6 : Chrysanthèmes
7 : Future confiture



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AU FIL DE L'AUTOMNE

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-10-2014 09:49:15 - 6 commentaires

(cliquer pour agrandir)
 
 
Un matin d'octobre, sous un lumineux collier de perles, rampe un minuscule escargot de dessin animé pressé d'arriver au terme de son périple avant qu'un rayon de soleil ne mette fin à ses rêves.
 
Vous pensez que j'ai trop d'imagination et que ce n'est qu'un empilement de gouttelettes d'eau sur un fil à linge. Et pourtant, je l'ai vu...


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SPORT AU COLLÈGE

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-09-2014 20:16:50 - 18 commentaires

Mercredi matin : entraînement de 3x20min en vitesse semi-marathon sur piste, le 100km de Millau, ça ne s'improvise pas ! Pendant que Sébastien galope et que Katia, affûtée comme une lame de tungstène me décolle avec une incroyable facilité, moi, je me traîne...

Au bout d'une trentaine de minutes, arrive une classe de collège, certainement des troisièmes. Il fait grand soleil et nous courons en débardeur alors que les jeunes arrivent habillés dans des survêtements qui nous feraient exploser de chaleur même au plus fort de l'hiver.
 
Je remarque un bon quart des filles qui s'assoient le long de la clôture pour n'en plus bouger. C'est certainement les victimes des menstruations qui, c'est bien connu, oblitèrent toute idée de sport. Ayant entraîné plusieurs femmes au marathon, je suppose que mes pauvres amies qui ne rataient aucun des quatre entraînements hebdomadaires étaient en aménorrhée permanente...
 
Le prof, bien jeune, commence par demander aux collégiens de s'échauffer en faisant un tour de piste. Au bout de cent mètres, un autre groupe de filles se met à marcher en ronchonnant (D'abord, j'aime pas courir !) pendant que le reste du groupe rampe à l'exception de quatre ou cinq garçons qui ont encore gardé le goût du jeu ; j'apprendrai plus tard que ce sont les footeux de la classe.
 
Après quatre cents mètres "d'échauffement", le prof montre aux élèves quelques mouvements de gym, le genre d'assouplissements à ressorts que l'on ne pratique plus depuis vingt ans et d'autres exercices, cette fois-ci plus adaptés à l'athlétisme. 

Pas facile son boulot : enseigner le sport est, à mon sens, plus dur que d'enseigner les maths car on est sur de l'humain, du corporel, et, chez les ados, il n'y a rien de plus mouvant et problématique.

Séries de deux cents mètres : les footeux partent comme des bombes suivis par quelques rappeurs qui explosent en milieu de course. Tant bien que mal, le jeune enseignant indique les performances à ses élèves assorties de quelques encouragements.

Reste quelques mangeurs excessifs de mac do qui s'évertuent avec lenteur mais qui terminent tant bien que mal leur demi-tour de piste. Une élève est cependant rétive (Je sais pas courir !), le prof s'énerve un peu : "Mais tu sais marcher, alors fais au moins tes deux cents mètres !" La gamine l'envoie promener. 

"Mais... si tu cours pas, comment veux-tu que je te note ?" explose enfin le prof.

Ben voilà mon gars, me dis-je en continuant de faire mon hamster sur la piste, tu as touché du doigt le problème du sport à l'école. Le sport, c'est le corps, c'est le sensible. Quand on note un devoir d'histoire ou un exercice de maths, on apprécie un travail, pas celui qui l'a fait. Quand on note une performance sportive chez un ado, on s'attaque à un corps qui est un continent en pleine révolution tectonique.

Notre entraînement sur piste se termine, Katia a déjà parcouru quinze kilomètres, elle ruisselle. Quelle ado était-elle, je n'en sais rien. Quant à moi, je me souviens vaguement de mes cours de sport au collège et au lycée mais j'ai cependant gardé des archives :



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SYMPHONIE MYCOLOGIQUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-08-2014 18:25:48 - 8 commentaires

 
 

Deux heures de cueillette sur les pentes du Petit Vignage en Ecouves lors d'un après-midi d'août à la météo indécise. Un été aux couleurs de septembre, une humide douceur qui me pousse plus à glander qu'à glaner. J'entends le chant cryptogamique des carpophores et du mycélium, je pénètre un autre monde et la nature m'y cause...

 
Surgissant impudique de l'humus nourricier
 
 
Il s'empare de la terre qu'il déflore de son pied
 
 
Quelques heures, quelques jours, son chant est éphémère
 
 
Apparaît, disparaît, sans un bruit, sans colère

 
Si petit, si fragile, ce conquérant secret
 
 
Cache, démon subreptice, de titanesques projets

 
 Il éclot, nous étonne, sans tambour ni trompette
 
 
Envahit et s’immisce tout dévore  puis rejette
 
 
 Dans le sol, tu le sais, son empire s'étend
 
 
 Ne laissant en surface que leurres et faux-semblants
 
 
Sa beauté, ses couleurs le rendent aux yeux aimable
 
 
 Mais tu sais, mais je sais de quoi il est capable
 
 
 Il fascine, il repousse, polymorphe empereur
 
 
 Il nourrit, il détruit, insaisissable acteur
 
 
 De nos bois, de nos peaux, éternel compagnon
 
 
Mycélium sporadique... il n'est que champignon.
 
 

Trop rêveur, le Lutin rentra bredouille mais il eut quand même droit à une fricassée de chanterelles cueillies par sa Josette, le lendemain midi.



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UN ANNIVERSAIRE EN NORD COTENTIN

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-08-2014 20:39:55 - 7 commentaires

Qui a dit que la Normandie, c'est plat ?

 
 
Traversée d'Herqueville : boudiou, mais on n'y voit rien ! C'est dans une purée de pois que nous descendons la route en lacets qui nous amène au point de rendez-vous.
 

Miracle ! A peine j'aperçois la voiture du Mustang sur le parking d'Herquemoulin que le ciel se dégage. Je regarde autour de moi, on est en Ecosse ou en Irlande ?
 
 
Pour son anniversaire, le Mustang nous a conviés, ma Josette et moi à une petite randonnée allant d'Herquemoulin à la pointe de Goury : 22 km de montées et descentes sur un des plus beaux sites normands. Plus nous montons vers le nord, plus le ciel se dégage. Pendant plusieurs km, nous ne rencontrons personne, enfin presque...
 
Photo du Mustang
 
 Oui, presque car, alors que nous longeons la baie des Fontenelles, nous sommes accompagnés, à une vingtaine de mètres de la grève, par deux dauphins qui suivent la même direction que nous. Instant magique.


La région ayant été arrosée la nuit précédente, nous rencontrons aussi des milliers d'escargots qu'il faut constamment éviter de peur de procéder à un gastéro-génocide.
 
 
Malgré ses 59 balais (zut, je l'ai dit !), le Mustang marche d'un bon pas, suivi de mon épouse qui a du sang viking du côté de son père. Le Lutin, lui, souffle derrière et trottine comme il peut en admirant le paysage.


Nous approchons du Nez de Jobourg, point culminant de la randonnée (128 m au-dessus de la mer) et le ciel se dégage enfin complètement. Le spectacle est splendide.


Après deux heures trente de randonnée, nous allons manger en compagnie de Madame Mustang qui nous a rejoints pour le pique-nique. Petite séance souvenir, le Mustang immortalise les lutins sur le Nez.

Photo du Mustang

Mine de rien, nous sommes juchés sur un promontoire de gneiss icartiens. Bon, ça ne vous dit peut être rien mais il s'agit de roches parmi les plus anciennes de France : 2 milliards d'années.


Nous repartons. Baie de la Biette soufflée, Anse du Cul Rond, le coin a des noms bien sympathiques et sa campagne est harmonieuse. Le Mustang nous montre plusieurs fois une curiosité : chaque pâturage comporte en son centre une pierre dressée, comme un petit menhir. Nous nous perdons en conjectures...

Photo de ma Josette
 
Nous sommes en vue du but de notre randonnée et le Mustang se prête à une séance de pose.


Nous terminons dans des paysages presque méditerranéens, le cap de la Hague et son phare sont en vue.


Nous arrivons dans des zones moins sauvages et retrouvons même une route sur laquelle nous faisons une découverte entomologique :

environ 7 cm

Une énorme chenille de saturnia pavoniella (petit paon de nuit austral), papillon présent surtout dans le Sud Est de la France mais qui semble s'être bien adapté au climat particulièrement doux du Nord Cotentin.


Apercevant un nouveau petit menhir dans un pré, le Mustang finit par en demander la signification à un habitant qui nous explique que ce genre de roc s'appelle un "frotteux" (ou "gratteux"). Il est destiné aux vaches qui s'en servent pour se gratter ; cela évite qu'elles se frottent aux clôtures des pâturages qui sont le plus souvent en pierres sèches et qui ne résisteraient pas bien longtemps aux assauts des bovins.


Enfin, un peu de plat ! Nous rejoignons madame Mustang qui nous a commandé une bière à la Pointe de Goury. Je me repose ensuite sur la plage pendant que le Mustang se baigne dans une eau qui ne doit pas dépasser 16 ou 17 degrés. Quel animal !

La soirée anniversaire se termine par un repas au "Sauve qui Pleut" dans l'anse de Sciotot. Une belle journée en compagnie d'amis chers, que demander de plus ? Nous ne sommes pas bien jeunes mais on s'éclate toujours autant.

Selfie du Mustang


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CARTE POSTALE

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-08-2014 16:53:46 - 5 commentaires


Les lecteurs de mon blog, s'il en reste (vous êtes là ? hou hou !), savent que je me pique de photographie et qu'il m'est même arrivé de réussir deux ou trois clichés (comme celui-ci). Ce hobby qui n'est pas vraiment une passion m'a amené à dépenser pas mal d'argent quand j'ai compris qu'on ne pouvait pas faire n'importe quoi avec n'importe quel appareil. Voilà pourquoi je tourne actuellement avec deux compacts et un hybride après avoir donné mes deux réflex à mon fils. Je lutte actuellement pour ne pas m'acheter le dernier RX100 de Sony et ce n'est pas facile... Vous avez compris, je suis un geek. Eh bien, lundi dernier, je ne sais pas pourquoi, alors que j'assistais à la grande marée sur la pointe d'Agon (qui ne connaît pas le Cotentin ne sait pas ce que sont les grands espaces), j'ai bêtement sorti mon téléphone portable pour photographier mon épouse (cliquer pour agrandir) :
 

Voilà, je me suis fait ridiculiser par un téléphone portable, preuve qu'en photo, la lumière prime sur tout et que, sans elle, le geek peut aller se rhabiller...


 
 

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UN SAUVETAGE DRAMA-TIQUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-07-2014 09:29:52 - 10 commentaires

Horreur !
 
 
Observant une cétoine dorée sur mon chardon bleu, je m'aperçois que ce bel insecte n'a pas l'air en forme.


Atroce, ce coléoptère est envahi par des tiques agglutinées en groupes et collées par des fils (la tique est le plus gros acarien, donc un arachnide). Je prélève l'animal et le mets dans une boîte pour observer les dégâts.
 

Les tiques, petits vampires à huit pattes, sont bien décidées à bouffer le gros insecte en passant par ses jointures. Un gros paquet s'est fixé au niveau du troudu, la partie la plus vulnérable. Ça doit gratter sévère, j'voudrais pas être à sa place. La cétoine est-elle condamnée ? C'est sans compter sur le Lutin et sa Josette qui aiment et protègent les bêtes (sauf les tiques et les moustiques, faut pas exagérer).

 
Aussi sec, le docteur Lutin enfile ses gants chirurgicaux et, aidé de son assistante, il débarrasse patiemment l'insecte de ses parasites à l'aide d'un pinceau doux et d'une bassine d'eau tiède.
 
 
L'opération prend bien 20 min car les tiques se défendent en revenant systématiquement vers leur victime dès qu'on les en éloigne grâce aux fils collants qui y sont fixés. Pas facile mais, après pas mal d’efforts, les vampires gisent noyés au fond de la bassine. Ils sont une centaine !
 
 
Le résultat est là, l'insecte-bijou est vierge de tout parasite mais il est en état de choc, partiellement asphyxié par l'eau qui a un temps bouché ses stigmates. Je le pose sur une feuille de rhubarbe pour qu'il sèche et récupère. Un quart d'heure après, il s'envole apparemment en pleine forme.
 
 
 

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LE JARDIN SE CRÉE

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-07-2014 12:41:56 - 3 commentaires

En lisant le blog de mon ami François, ancien Sagien, je me suis dit que son article sur son jardin de parisien méritait une réponse normande, histoire de lui remémorer la douceur et la modeste splendeur de notre petit désert commun : l'Orne.
 
 
Un matin de juillet entre les dards d'un soleil indécis
 (Paroles d'André Balzer et Jacques Chabiron)
 
 
 
 
Un instant de brume 


Dans une ouverture du temps


Il s'élève, il s'élève


Dans un reflet de sang


Comme une parcelle de lumière


Comme l'orage éclaire le vent


Ivre d'extase, le voleur


Dérobe l'herbe de couleur


L'huile d'éther qui voile l'air


Et l'on quitte la Terre


Comme une parcelle de lumière

 
Comme l'orage éclaire le vent
 

Regarde, j'ai volé l'extase ! J'ai les yeux pleins de lumière.
 
 

Regarde, j'ai volé l'extase ! Ils reflètent un mystère.


 

******


Le Voleur d'Extase tiré de l'album "L'Araignée-Mal"
Atoll (1975)
 
 
Note : malgré les allusions évidentes de la chanson, je ne fume aucun produit de mon jardin...
 
 
 

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