KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Août 2015
Le Lutin d'Ecouves

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Archives Août 2015

L'ESPRIT FRANÇAIS 9

Par Le Lutin d'Ecouves - 31-08-2015 16:02:41 - 2 commentaires

Jean-Féry Rebel
1666-1747
 
 
Jean-Féry Rebel est un de ces nombreux musiciens qui doivent leur carrière à Lully qui le remarqua à l'âge de huit ans et lui fit donner une formation musicale comprenant le violon et la composition. Il gravit ainsi les échelons de la hiérarchie musicale pour finir compositeur de la musique de la Chambre du Roy aux côtés de son beau-frère Michel-Richard de Lalande.

Ses compositions, essentiellement profanes, sont marquées par une certaine recherche de modernité (des sonates pour violon composées dès 1695, parmi les premières en France mais publiées presque 20 ans plus tard), une modernité parfois surprenante (Le surprenant "Cahos" tiré des "Elémens"). En tout cas, il s'agit toujours d'une musique de grande qualité.

La pièce que j'ai choisie pour ce billet "Les Caractères de la Danse" s'insère parfaitement dans le cadre de l'Esprit français car on ne peut concevoir de musique française sans parler de la suite de danses. Cette pièce de Rebel a l'avantage de présenter un large éventail de ce qui se fait à l'époque, onze danses précédées d'un prélude entre lesquelles l'auteur intercale par deux fois un mouvement vif de sonate : Prélude-Courante-Menuet-Bourrée-Chaconne-Sarabande-Gigue-Rigaudon-Passsepied-Gavotte-Sonate-Loure-Musette-Sonate. Le tout en huit minutes !

L’œuvre fut scéniquement créée par Françoise Prévost et reprise par les plus grandes danseuses de son époque. L'audace, la dextérité compositionnelle et l'originalité de cette pièce assura la notoriété du compositeur qui produisit par la suite plusieurs partitions de ce nouveau genre appelé à l'époque "Symphonies de danses", type de composition légèrement différent de la suite de danses car indépendant des spectacles dramatiques.

(Ref)
 

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LES NOUVEAUX HABITANTS DU CHARDON BLEU

Par Le Lutin d'Ecouves - 23-08-2015 19:53:34 - 6 commentaires

En 2010, je vous parlais d'un chardon bleu que j'avais acheté en Bretagne pour le transplanter dans mon jardin de lutin normand (voir ICI). L'animal, si je puis dire, s'y est trouvé fort à l'aise et a même fait des petits, attirant de nombreux insectes intéressés par sa subtile odeur de cadavre en décomposition. Outre le fait que cette plante me renseigne sur les différentes espèces d'insectes butineurs (non, il n'y a pas que les abeilles), elle me permet d'année en année d'apercevoir de nouvelles espèces qui semblent bien remonter du sud, témoignant ainsi d'un probable réchauffement climatique. 
 
Scolia hirta

Joli regard... la scolie hirsute est qualifiée d'insecte xérophile, c'est à dire vivant dans des milieux très pauvres en eau comme les dunes, collines et prairies sèches. C'est un insecte méditerranéen plus commun en Afrique du Nord, Europe du Sud et jusqu'en Iran. Depuis deux ans, la scolie vient chez moi, dans l'Orne. Elle ressemble plus précisément à ça :
 
Scolia hirta

C'est une guêpe solitaire mais elle est dépourvue d'agressivité. Il faudra cependant éviter de la prendre à la main car sa piqûre est douloureuse bien que sans danger.
 
 
Delta unguiculata

Autre guêpe solitaire, l'énorme eumène unguiculé (de la taille d'un frelon) très commune en Espagne et qui n'était jusqu'ici remontée qu'au niveau des Charentes. Elle est présente chez le lutin alençonnais depuis 2011 (voir ce billet). Ne lui faites pas de mal, elle est, elle aussi, parfaitement pacifique.
 
Isondontia mexicana

L'isodontia mexicana est une guêpe solitaire américaine qui s'est implantée dans le Midi il y a environ 50 ans, elle remonte vers le nord depuis 2003 et est arrivée chez moi en 2014.
 
Polistes dominula

Dernière guêpe, sociale par contre, Polistes dominula est un gros poliste très pacifique mais attention cependant à sa piqûre qui peut poser des problèmes d'allergie. Cela dit, il faut la prendre dans les mains pour qu'elle daigne vous piquer !
 
Anthidium septemspinosum

De nombreuses abeilles et bourdons de plusieurs types fréquentent le chardon bleu mais je n'avais pas encore vu cette abeille cotonnière. Cette espèce particulière (Anthidium septemspinosum) était jusqu’ici absente de Normandie. Je ne me suis pas permis de lui demander ses papiers...

Sphecodes albilabris

Autre abeille solitaire, le Sphécode à labre blanc est un nouveau venu de 2015.

 
Helophilus pendulus
 
Les syrphes sont parmi les plus belles mouches comme cet hélophile suspendu de belle taille...

 
Volucella zonaria

... mais la plus belle est sans doute la volucelle zonée qui imite le frelon dont elle a presque la taille, ce qui peut faire peur aux phobiques. Pourtant, l'insecte est totalement inoffensif.

Volucella pellucens

Sa cousine, la volucelle transparente est un peu plus petite mais toujours élégante. Les deux espèces de volucelles sont des animaux des bois et zones humides mais elles fréquentent mon jardin de ville depuis deux ans.

Synanthedon formicaeformis

Plus curieux ici, ce petit papillon, la sésie fourmi ne devrait fréquenter que les saules dont se nourrit sa chenille. L'appel du chardon a été le plus fort...

Cetonia aurata
 
Et pour terminer, même la cétoine dorée vient butiner le chardon bleu. Elle, elle n'est ni rare ni nuisible, au contraire. Sa larve est un excellent recycleur de matières organiques pour votre compost (attention, elle ressemble à celle du hanneton [gros ver blanc] mais ne provoque aucun dégât dans les cultures), quant à l'adulte, c'est un important pollinisateur à la grande polyvalence.




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L'ESPRIT FRANÇAIS 8

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-08-2015 15:41:24 - 2 commentaires

François Couperin
1668-1733
 
Document Wikipédia
 
François Couperin, dit "le Grand" est l'héritier d'une famille de musiciens originaires de Chaumes-en-Brie. Neveu de Louis et fils de Charles, tous deux clavecinistes et organistes, François apprendra la musique avant même l'écriture et la lecture. Héritant fort jeune de la charge d'organiste de l'église St Gervais de Paris à la suite de la mort de son père (qui avait succédé à son frère), il s'est fait connaître comme fin pédagogue et surtout comme rénovateur du clavecin français à travers ses quatre livres de clavecin qui révolutionnèrent le style national.

Avec ces pièces, on est en plein dans l'Esprit français dans ce qu'il a de plus idiomatique. On y échange la structure baroque de la suite de danse pour une série de petites peintures poétiques et souvent mélancoliques aux noms parfois étranges : La petite pince-sans-rire, Les satires chèvre-pieds, Les dars-homicides, Le tic-toc-choc,  Les ombres errantes, Les Baricades Mistérieuses... Le personnage de Couperin s'y esquisse : peu mondain mais non dénué d'humour, rigoureux mais aussi bon vivant comme le décrit Titon du Tillet :


Extrait du livre de Charles Bouvet
sur la dynastie Couperin (1919)


La pièce présentée ici a pour nom La Croûilli du nom de la terre que possèdent les Couperin dans la paroisse de Beauvoir non loin de Chaumes-en-Brie. La pièce est sous-titrée la Couperinéte (avec un accent à l'envers...) et décrit de manière tendre la campagne briarde et l'attachement que l'auteur y porte. Si j'ai choisi cette partition peu complexe, c'est parce qu'elle exprime bien le refus de la virtuosité de l'auteur au profit d'une simple élégance évocatrice. La deuxième partie de  la pièce ("dans le goût de musète" du nom de la musette, instrument campagnard) est écrite avec une contre partie de viole ("Sy l'on veut").
 

(Ref)
 

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Sources : Musicologie.org, pochettes de disques, analyses personnelles
 

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OÙ EST-IL ?

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-08-2015 14:11:41 - 2 commentaires

 

À l'ombre d'un hiver délictueux
Nous riions de nous-mêmes
Oublieux de la fraîcheur des villes
Soucieux de nos serrures intimes


Solidaires face au vent de l'effroi
Nous avions cru nous réchauffer
Nous n'avons fait que nous mirer
Dans notre source d'incertitude
 
 
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 7

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-08-2015 19:04:10 - 4 commentaires

Pierre Gaultier de Marseille
1642-1696
 
Document BNF

 Né à La Ciotat, fils d'un tonnelier, Pierre Gaultier s'est fait remarquer très jeune pour la justesse de sa voix et ses dons musicaux, ce qui lui permit de faire des études d'organiste, métier qu'il exerça dans sa ville natale puis à Marseille où il fut aussi le premier compositeur d'opéra avec son œuvre "Le Triomphe de la Paix". 

Faire donner un opéra à Marseille en ces temps centralisateurs n'était pas chose aisée et Gaultier dut aller rencontrer le surintendant de la musique Jean-Baptiste Lully à Versailles pour lui acheter (pour 3000 livres) le droit de fonder une académie de musique ainsi que le droit de donner des représentations d'opéra, chasse gardée du grand Lully.

Revenu à Marseille, Pierre Gaultier y donna "Le Triomphe de la Paix" avec un grand succès puis partit en tournée dans toute la région avec sa troupe. Hélas, malgré l'affluence de nombreux spectateurs et le succès critique, Gaultier fut vite couvert de dettes et se retrouva jeté en prison faute de rembourser ses créanciers. C'est dans la prison d'Avignon qu'il composa la pièce présentée ici (voir partition ci-dessus). Ce duo (en l’occurrence flûte à bec alto et basse continue) exprime bien toute la mélancolie de l'auteur face au destin.

Un destin qui n’épargna pas l'auteur qui se "refit" en donnant plus tard l'opéra "Alceste" de Lully qui connut un franc succès à Aix, Avignon, Arles puis à Montpellier où il fut joué durant trois semaines. Malheureusement, Gaultier embarqua à Sète avec une partie de sa troupe pour voguer vers Marseille ; le bateau fut pris dans une  brutale tempête méditerranéenne et disparut corps et biens.

(Source : Musée de la Ciotat)
 
(Ref)

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