L'ESPRIT FRANÇAIS 1
Le Lutin d'Ecouves

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L'ESPRIT FRANÇAIS 1

Par Le Lutin d'Ecouves - 06-02-2015 19:07:48 - 4 commentaires

Cette nouvelle série d'une vingtaine de billets a pour but de présenter ce que j'appelle l'Esprit français, ce mélange de tragique et de légèreté, de noblesse et de modestie résultant de la fréquentation d'une culture et d'une nature dont la douceur le dispute à la générosité. C'est dans la musique instrumentale des XVIIème et début XVIIIème siècles que cette esthétique singulière s'est particulièrement développée avant de se dissoudre dans le goût italien.
 
Ennemond Gaultier
1575-1651
 
 
C'est dans le premier tiers du XVIIème siècle que la facture du luth fut portée à la perfection grâce à la collaboration entre luthiers et luthistes. Interprète privilégié de la "douceur françoise", il fut chez nous considéré comme le plus noble des instruments. D'origine arabe, répandu dans toute l'Europe, il trouva son apogée en France chez les grands maîtres tels que Ballard, Mézangeau, Mouton, Gallot ou les cousins Gaultier Jacques, Denis et Ennemond.
 
Ennemond Gaultier, dit le vieux Gaultier, est né en Dauphiné en 1575 ; il "fust mis page a l'aage de sept ans chez la dame de Monsmorency et desla fust attiré au service de la reyne mère". C'est ainsi qu'il entra au service de Marie de Médicis. Il donna même des leçons de luth à la reine-mère ainsi qu'au cardinal de Richelieu [... et c'estoit la chose la plus ridicule qui se pust imaginer que de le voir prendre des leçons de Gaultier. (Tallemant des Réaux)].
 
Il fut au moins deux fois représentant de Marie de Médicis à la cour d'Angleterre et l'on se prend à rêver de sa rencontre (jamais mentionnée, malheureusement) avec l'immense compositeur et luthiste John Dowland.
 
L'exil définitif de Marie de Médicis finit par mettre un terme à la carrière de Gaultier qui passa ses vingt dernières années dans la région de Lyon.

La chaconne présentée ici fait partie de la centaine de pièces composées en tablature par Gaultier qui sont parvenues jusqu'à nous. Cette pièce lente et solennelle est empreinte d'une certaine tristesse retenue que l'on rencontre fréquemment chez les grands compositeurs pour luth ou viole de l'époque.

(Ref)
 
 
D'après des notes de Claude Chauvel

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4 commentaires

Commentaire de Benman posté le 06-02-2015 à 23:26:15

En voilà un dont je n'avais jamais entendu parler... merci pour cette découverte de luthin.

Commentaire de philtraverses posté le 07-02-2015 à 09:00:38

Joli billet. Le titre de ton billet ne laissait pas supposer que tu parlerais de musique pour la période que tu traites. Au vu de ton titre, je pensais à la France des lumières, du classique, du romantisme.. de la révolution etc, bref ce qui caractérise la France, du passé bien sur, époque plus que révolue, mais toujours vue comme telle par nos amis étrangers. J'ai donc cliqué mais ne le regrette pas..

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 07-02-2015 à 09:38:32

L'apogée de la musique française en cela qu'elle est typiquement française (avec toutes les ouvertures que cela suppose) se situe à cette époque. N'oublions pas l'invention de l'opéra français par Lully (le plus français de tous bien que né à Florence), sans parler de Charpentier...
Le deuxième baroque après la mort de Louis XIV est plus italien ou allemand. Aux époques classique et romantique, l'esthétique se déplace, Paris n'étant plus en mesure de rayonner culturellement pour des raisons économiques et géopolitiques.
A noter que la musique française a connu une première apogée aux XIII et XIVème siècles.

Commentaire de PhilKiKou posté le 08-02-2015 à 09:37:11

Chouette, une série de vingt billets sur l'histoire de la musique! quand l'histoire et la musique s'entremêlent....

C'est le début de cette série, ce n'est pas le luth final !

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