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Dans la catégorie Culture et confiture

ACTION RADICALE POUR SE DÉBARRASSER DE LA MENTALITÉ DE PRIMATE

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-11-2016 19:57:22 - 4 commentaires


Le retour du roi (pourpre)
 
Radical Action To Unseat The Hold of Monkey Mind
 

Aux environs de 1972, je découvris avec une certaine stupéfaction la musique de King Crimson. Le groupe, âgé de seulement trois ans à l'époque, avait déjà produit quatre albums aussi polymorphes que renversants : In the Court of the Crimson King - In he Wake of Poseidon - Lizard - Islands.
 
A peine avais-je digéré ces œuvres complexes et fascinantes que  la deuxième vague arriva avec Larks' Tongues in Aspic, Starless and Bible Black et Red, trois albums produits en 1973 et 74. Deux autres vagues de trois albums déferlèrent ensuite en 1981-84 puis en 1995-2003 (voir discographie du groupe).
 
Puis plus grand chose depuis à part quelques live et autres expériences de Robert Fripp, la tête pensante et pivot du groupe.
 
Robert Fripp - Photo Greg Cristman
 
En cette année 2016, je pensais sincèrement que Fripp, arrivé à 70 ans, avait tourné la page et que le Roi pourpre était défunt. Que nenni !  Pour fêter l'entrée dans sa huitième décennie, King Robert a réuni d'anciens et de récents collaborateurs pour une tournée de deux ans (2015 et 2016) qui vient de déboucher sur un album live de luxe : Radical Action To Unseat The Hold Of Monkey Mind, un coffret de 3CD live + un Blu-ray en concert de 2h40min, le tout m'ayant coûté seulement 33 euros.

A priori, je m'attendais à un festival de Frippertronics et autres Soundscapes comme dans les productions du début des années 2000 où tout était piloté à partir des guitares qui pouvaient imiter la flûte, le hautbois et les nappes de cordes ou même parfois la voix. Depuis 1981, le groupe était devenu essentiellement métallique tout en gardant son extrême sophistication sonore et surtout rythmique.

Que nenni ! Le King Crimson cuvée 2015-16 revient sur des sons plus classiques avec, entre autres, le retour de Mel Collins qui assure (et pas qu'un peu) les parties saxo et flûte comme du temps des premiers albums. Un autre vieux compagnon, Tony Levin qui a partagé son temps entre Peter Gabriel et King Crimson, tient la basse. Voilà, avec Fripp, le club des 70 berges...

Pour cette rétrospective de luxe,  le Roi pourpre s'est adjoint trois batteurs (Pat Mastelotto, Bill Rieflin et Gavin Harrison) dont un tient aussi le clavier. Là, le clavier, on l'attendait ! Au départ, King Crimson avait bâti une partie de ses paysages sonores sur l'utilisation du mellotron, un drôle de clavier échantillonneur qui fonctionnait avec des morceaux de bandes magnétiques. Ce petit clavier pouvait ainsi reproduire la voix, les cordes, le hautbois, la flûte ("Strawberry fields forever" des Beatles) mais avait un gros défaut, les bandes s'abîmaient et devaient être changées régulièrement. Eh bien, Fripp a fait échantillonner le son du mellotron qu'il a ainsi ajouté aux claviers utilisés par lui-même et Bill Rieflin lors du spectacle. On est ainsi confondu d'entendre des classiques comme "Epitaph" et "The Court of the Crimson King" avec une telle précision, comme si 47 ans avaient été effacés d'un coup.

Ce bel édifice serait cependant bancal sans Jakko Jakszyk à la guitare et à la voix. Là, je tire mon chapeau car il opère un véritable tour de force en étant Greg Lake dans les morceaux des deux premiers albums, Boz Burrell dans la chanson tirée du quatrième et John Wetton dans les morceaux datant des années 73-74. 

Le tout fait une musique intensément Crimsonnienne d'une redoutable précision avec en plus la chaleur des instruments de Collins et de la voix de Jakszyk. Et ce n'est pas tout, Fripp nous octroie une trentaine de minutes de musique nouvelle ou récente (dont deux morceaux de son album A scarcity of Miracles - 2011).

Par respect pour ces grands artistes qui n'ont jamais cédé à la facilité, aux modes ou aux sirènes du Show-Biz, je ne mettrai pas mes morceaux préférés en ligne, dommage car la pièce triple "Radical action" vaut son pesant d'intelligence. Je me contenterai donc de vous présenter les deux (néanmoins excellents) extraits du show délivrés par la chaîne officielle de DGM live.

D'abord "Starless" qui concluait l'album Red :
 
 
 
Puis "Easy Money" de l'album Larks' tongues in aspic, un festival de percussion pourpre.

 
 
Un dernier détail : le concert se termine bien sûr par "21st Century Schizoid Man" à fond les manettes. Ô joie !
 
 
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 20

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-07-2016 17:39:50 - 4 commentaires

Michel Corrette
1707-1795


Pour ce dernier épisode de l'Esprit français, nous allons nous lâcher un peu avec un concerto comique de Michel Corrette.
 
Michel Corrette fait partie de ces musiciens parisiens (Normand d'origine) hyperactifs que l'on rencontre à l'époque ; il est organiste dans plusieurs églises, éditeur de musique, organisateur de concerts et pédagogue reconnu. Son côté touche à tout et le fait qu'il soit à la mode irrite quelque peu certains contemporains qui n'hésitent pas à qualifier d'anachorètes (je vous laisse décrypter) les élèves de l'école de musique populaire que Corrette  a ouverte avec succès et qui comptera des centaines d'élèves.
 
A l'affût de nouveautés, le musicien est le premier à écrire sur l'exploit des frères Montgolfier (Cantate "Le globe volant") et son sens de l'adaptation lui permet de traverser les dures années de la Révolution sans encombre, composant même une jolie ariette sur l'air de "Ah, ça ira".
 
La curiosité tous azimuts de Corrette l'a amené à rechercher à produire tous types de sons pour tous types d'instruments, c'est pourquoi dans ses concertos comiques, il emploiera divers instruments comme la vielle à roue ou la musette plutôt réservées à la musique populaire (mais très à la mode dans la bonne société).

 Musette et vielle à roue
 
Parmi ces concertos comiques, j'ai choisi le plus célèbre "La servante au bon tabac" inspiré d'un thème fort connu (3ème mouvement) dans lequel les deux instruments populaires font un barouf du diable, occultant quelque peu les autres instruments dits "classiques". 

J'ai eu la chance d'assister au spectacle de ces concertos par l'Ensemble Stradivaria et j'ai pu constater que cette musique gaie et roborative avait une bonne influence sur les musiciens et le public qui échangeaient facilement et plaisantaient dans une ambiance détendue, ce qui n'est pas toujours le cas lors de concerts de musique "sérieuse" (hou le vilain terme !).

(Ref)
 

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Source principale : Texte de Philippe Le Corf
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 19

Par Le Lutin d'Ecouves - 09-06-2016 17:01:16 - 3 commentaires

Jean-Philippe Rameau
1683-1764
 
Rameau à la fin de sa vie par Greuze
 

Dernier grand représentant de la période baroque française (il en fut d'autres bien délicieux mais moins prestigieux), Jean-Philippe Rameau, né à Dijon, est d'abord un produit de la vie musicale provinciale. Élève médiocre, il se fait évacuer du Collège de Jésuites  pour cause de manque de travail : "Il se distinguait par une vivacité peu commune, mais pendant les classes il chantait ou écrivait de la musique. Il ne passa pas la quatrième" témoigne un de ses condisciples. Exit les études de Droit envisagées, tant mieux pour la culture...
 
Ce n'est qu'en 1722 qu'il s'installe définitivement à Paris et ce n'est qu'à l'âge de 50 ans qu'il se met à composer des opéras dont les fameuses "Indes Galantes" (1735). L'air le plus célèbre de cette fantaisie lyrique (très fantaisiste, elle se passe d'abord en Turquie puis au Pérou, en Perse et enfin dans une forêt d'Amérique du Nord) s'intitule "Les Sauvages", le terme, non péjoratif, désignant des gens vivant près de la nature.
 
Cet air a pour origine une pièce de clavecin composée par Rameau à la suite d'un spectacle de danse d'Indiens de Louisiane auquel l'auteur avait assisté en 1725 au Théâtre des Italiens. 

 (Ref)
 
 
 
Le rythme enjoué de la pièce ne pouvant que prêter à l'allégresse et à la danse, Rameau intègrera cet air au rajout qu'il fera en 1736 aux Indes Galantes. Le texte intitulé "Forêts paisibles" célèbre la bonne vie simple et la paix prodiguée par le contact avec notre Mère Nature (en opposition avec, bien sûr, le marigot Versaillais peuplé de crocodiles assoiffés d'honneurs.)

(extrait)
Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
Offrir tes faux attraits!
Ciel, tu les as faites
Pour l'innocence et pour la paix.
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles!
Ah! peut-on être heureux,
Quand on forme d'autres vœux ? 

Bien que cette série soit dédiée à la musique instrumentale, je ne puis résister à vous livrer cet extrait des Indes Galantes dirigé par William Christie à la tête des Arts Florissants avec Patricia Petibon et Nicolas Rivenq au chant, chorégraphie bien dans la lignée de cet Esprit français pétri d'intelligence et de gravité mais aussi parfois de fantaisie et de gaîté.

 

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 Références : Les cahiers du CERHIC, jp.rameau.free.fr, Musicologie.org
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 18

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-05-2016 17:36:41 - 3 commentaires

 Joseph Bodin de Boismortier
1689-1755
 
A entendre les dix-sept premiers numéros de cette série, l'on pourrait penser que l'Esprit français n'est que mélancolie raffinée ou majesté cérébrale, que nenni ! L'Esprit français sait aussi être léger et souriant et c'est à cet esprit-là que les trois derniers chapitres sont consacrés.

Peinture de Jean Ranc 
 
Bienheureux Boimortier, dont la plume fertile
Peut tous les mois, sans peine, enfanter un volume.
 
Voi ce qu'écrivait Benjamin de la Borde en 1780 dans son essai sur la musique. Longtemps, Joseph, fils de militaire reconverti en confiseur à Thionville eut mauvaise réputation à cause de son énorme production pour tous types de formations (plus de la musique vocale). Sa grande facilité à composer et les grosses sommes d'argent qu'il récoltait lui valurent bien des inimitiés d'autant plus que Boismortier était un roturier même pas fils de musicien qui commença sa carrière professionnelle en tant que receveur de la Régie Royale des Tabacs à Perpignan.
 
Après dix ans dans ce poste de "fonctionnaire", Joseph monta à la capitale où il fit un tabac grâce à sa fabuleuse capacité d'adaptation au goût du jour. Si sa production n'a pas l'exigence et la qualité des plus grands, Boismortier composa toujours une musique de bonne facture.

Un grand nombre d'opus (parmi les 102 volumes parus) sont consacrés à la flûte traversière, très à la mode à l'époque, que ce soit en solo, en duo, en trio et même en quintette sans accompagnement de basse. L'extrait que je vous propose est noté "gracieusement", terme fréquent dans les compositions de l'auteur, ce qui représente bien l'amabilité, la légèreté et le sourire d'une musique sans prétention.

 (Ref)
 

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Source principale : Stéphan Perreau



 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 17

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-04-2016 09:40:02 - 4 commentaires

Elisabeth Jacquet de la Guerre
1665-1729
 
 
Pour la seconde fois, ce blog aborde Elisabeth-Claude Jacquet (voir ICI), dont le père, soucieux de l'éducation de ses quatre enfants, donna à ses deux fils et ses deux filles une éducation musicale soignée qui leur permit de faire carrière. La petite Elisabeth, particulièrement douée, fut produite à la Cour dès l'âge de cinq ans. Elle fut ensuite placée sous la protection de Mme de Montespan.

Elisabeth quitta la Cour pour se marier avec Marin de la Guerre lui aussi musicien. Ce mariage n'arrêta pas la carrière de la musicienne qui se forgea une réputation due à la grande qualité de son œuvre. Elle fut la première Française à avoir composé un opéra et ses cantates et sonates furent très appréciées, même par le défunt Lully qui, trois ans après sa mort, écrivait ceci dans le Mercure Galant : 

"..Du Train de l'Opera demandant des nouvelles
Aux Mortels depuis peu descendus icy bas,
Ils m'en ont à l'envy débité des plus belles,
Et m'ont dit que là-haut vous faisiez grand fracas.
Qu'on vantoit à la Cour, de mesme qu'à la Ville,
Un Opera nouveau, que vous avez donné,
Et quoy qu'on vous connust pour femme très-habile,
Que d'un si grand travail on étoit étonné.
L'entreprise, il est vray, n'eut jamais de pareille.
C'est ce qu'en vostre Sexe aucun Siècle n'a veu,
Et puis qu'il devoit naistre une telle Merveille,
Au Règne de LOUIS ce prodige étoit deu."
 
Dans ce monde d'hommes jaloux de leur pouvoir, il fallait qu'Elisabeth fût bien talentueuse pour qu'on l'apprécie ainsi et on imagine qu'en dehors de ses compétences musicales, elle devait avoir une personnalité et une force de caractère peu communes pour s'imposer ainsi.
 
Pour illustrer ce billet, j'ai choisi un prélude pour clavecin non mesuré aux allures d'improvisation, hérité de la  toccata italienne, suivi par une chaconne dont la puissance et la majesté font regretter sa trop grande brièveté.
 
 

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Source principale : Catherine Cessac
 
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 16

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-03-2016 16:00:21 - 2 commentaires

Michel Blavet
1700-1768
 
Fils d'un tourneur sur bois de Besançon, Michel Blavet apprit la flûte en autodidacte et, n'ayant pas de professeur pour lui apprendre à tenir son instrument, il tint sa flûte du côté gauche*, habitude qu'il garda toute sa vie. A l'instar de Jimi Hendrix au XXème siècle, il en développa une technique toute particulière qui en fit le virtuose le plus renommé de son époque : "De l'aveu des connaisseurs, Monsieur BLAVET ne connut personne au-dessus de lui pour l'exécution des sonates et des concertos. L'embouchure la plus nette, les sons les mieux filés, une vivacité qui tient du prodige, un égal succès dans le tendre, dans le voluptueux et dans les passages les plus difficiles, voilà ce qu'est Monsieur BLAVET" (D'Aquin de Château Lyon).

(*Sur le seul portrait présumé de Blavet, celui-ci tient sa flûte à droite ; soit il était ambidextre, soit ce portrait n'est pas celui du compositeur.)

Depuis les améliorations apportées par la dynastie Hotteterre, la flûte française n'a cessé de progresser en expressivité et en précision même si elle connut ensuite son heure de gloire en Allemagne avec de grands virtuoses comme Quantz.
 
Traverso 1740 avec corps intermédiaire La=415Hz ou (au-dessus) la=392Hz pour interpréter la musique française (Document Wikipédia)
 
Si Blavet fut considéré comme faisant partie des tenants du style italien, sa musique au diapason très bas reste encore bien marquée par une subtilité française exquise  alliant brio et mélancolie. La pièce présentée ici est tirée de son Opus I pour deux flûtes sans basse continue, elle est intitulée "L'Insinuante".
 
(D'aucuns eussent pu penser que j'eus choisi la pièce de l'opus II intitulée "Le Lutin" mais je les laisse là à leurs insinuations...)
 
(Ref)
 

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Source principale : Masahiro Arita 

 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 15

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-02-2016 17:55:21 - 3 commentaires

Antoine Forqueray
(1672-1745)
 
 
 
Pas facile le Antoine... on l'a souvent comparé à Marin Marais mais si ce dernier était surnommé "l'Ange", Forqueray était appelé "le Diable" eu égard à son style vif et audacieux mais aussi à cause de son caractère pour le moins ombrageux.
 
Qualifié de "quinteux, fantasque et bizarre" par Hubert le Blanc dans son célèbre traité "Défense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncelle", le sieur Forqueray était pour le moins batailleur : accusé par sa femme d'adultère, il n'hésita pas à contre-attaquer en retournant l'accusation contre son épouse qu'il poursuivit en justice sous le prétexte qu'elle fricotait avec le sieur Picon, celui-là même qui lui prêtait ses appartements pour qu'il y donnât ses concerts de viole. Débouté en justice, Forqueray fut condamné aux dépens et une séparation de corps fut prononcée.
 
Ses démêlés familiaux n'en restèrent pas là, probablement jaloux du talent de son fils Jean-Baptiste qui était aussi prodigieux violiste que son père, Antoine essaya de le faire embastiller (en fait à la prison de Bicêtre) sous prétexte de mauvaise conduite ("... eu le malheur d'avoir un fils nommé Jean-Baptiste âgé de 26 ans qui des sa jeunesse a tourjours fait paretre une inclination pour le jeu, les femmes, le vol...")  puis de le faire bannir du royaume. La peine de bannissement fut cependant annulée grâce aux nombreux soutiens du fils.
 
Le conflit dut s'atténuer car, à sa mort, Antoine légua ses plus belles violes à son fils et Jean-Baptiste procéda à la publication des pièces de viole de son père, travail que celui-ci n'avait pas daigné entreprendre.
 
La pièce présentée ici, "Jupiter", est caractéristique du style original et fougueux, parfois dissonant de Forqueray qui nous y assène par moments force coups d'archet pour y figurer les traits de foudre lancés par le roi des dieux.
 
(Ref)
 

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Source principale : Le Mercure Musical (15 décembre 1908)



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L'ESPRIT FRANÇAIS 14

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-01-2016 17:59:17 - 2 commentaires


Louis-Nicolas Clérambault 
1676-1749
Il faut croire que la musique, c'est surtout une affaire de famille... Louis-Nicolas Clérambault fait lui aussi partie d'une dynastie de musiciens attachée à la couronne depuis Louis XI, c'est du moins ce qu'indique le Nouveau Dictionnaire Historique paru en 1789.
 
Né et mort à Paris, Louis-Nicolas, fils d'un des "Vingt-quatre violons du Roi", s'est spécialisé dans le jeu d'orgue et il sera titulaire des orgues de l'Abbaye Ste Geneviève, St Cyr et des Grands Jacobins. Cela ne l'empêchera pas de se faire remarquer par Louis XIV puis par Madame de Maintenon pour la qualité de ses cantates. 
 
Hormis pour l'orgue, sa production instrumentale reste modeste mais de qualité comme en témoigne cette Simphonie à cinq aux doux accents versaillais.
 
 (Ref)
 


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LE BAISER DES ARBRES

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-01-2016 17:19:25 - 7 commentaires

Parfois en Ecouves, certains arbres semblent pris d'affection l'un pour l'autre comme ce chêne et ce hêtre :
 
 
Enlacés comme deux danseurs de slow, ils ont l'air bien occupés, faisons discrètement le tour...
 
 
Hou-là la pelle d'enfer ! Ça me paraît bien avancé au niveau de la drague, vont-ils nous faire des petits hybrides Fago-querciens ? Les arbres échangent-ils longuement leur sève comme les adolescents humains dont les baisers sans fin font parfois penser aux accouplements gastéropodiens ?
 
Que nenni ! L'arbre, au rebours du primate à la lubricité frénétique que nous sommes, est chaste et il déteste justement les intrusions. C'est la tante Hulotte (le journal le plus lu dans les terriers) qui donne  l'explication de ce phénomène :
 
 



L'un des arbres (certainement le hêtre qui pousse plus vite) a émis une branche qui est venue frotter contre l'écorce de l'autre arbre.
 
 
 
 
 
 
 
 
Celui-ci, par une réaction de défense, a formé un bourrelet englobant l'impudent membre de l’intrus.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La branche ainsi capturée va dépérir et se détacher pour laisser l'impression d'un baiser passionné entre deux arbres d'espèces différentes.
 
 
 
 Dessins tirés du N°88 de la Hulotte
© Pierre Déom
 
Abonnez-vous, conseil de Lutin.
 
 
 

Mais de près, il faut le dire, ça peut donner des idées à ceux qui se promènent sous les aimables frondaisons d'Ecouves...


 
 
PS1 : Pour les Ecouviens, ces arbres se situent près du hêtre tortillard à la Lande de Goult.

PS2 : Les arbres d'une même espèce peuvent se connecter pour échanger leur sève, particulièrement les hêtres, rois de la greffe.

 
 
 
 
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 13

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-12-2015 16:46:27 - 4 commentaires

Louis-Antoine Dornel
1685- après 1757


Louis-Antoine Dornel dont la postérité n'a gardé aucun portrait fut pourtant un compositeur important et actif durant la période allant de la fin du règne de Louis XIV à la première partie de celui de Louis XV, en passant par la Régence du Duc d'Orléans.
 
Dornel laisse une importante production de musique vocale, de pièces de clavecin et de musique de chambre de grande qualité. Son poste le plus prestigieux fut celui  de Maître de Musique de l'Académie française qu'il perdit au profit de Jean-Féry Rebel en 1742.
 
La carrière de Dornel s'est déroulée à la charnière des deux époques du Baroque et cela s'entend dans l'évolution stylistique de l'écriture de l'auteur, bien française dans sa grandeur et sa mélancolie au début et plus novatrice et italienne ensuite.
 
 Document Wikipédia

La pièce choisie appartient à la première manière de Dornel, c'est une Plainte pour deux traversos (flûte traversière baroque) qui illustre bien l'époque crépusculaire que fut la fin du règne de Louis XIV à Versailles.

Promis, j'essaierai de faire plus gai ensuite...
 
 

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Source principale : Brian Berryman

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