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Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Culture et confiture

KING CRIMSON, MON EPOUSE ET MOI

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-11-2018 18:08:47 - 9 commentaires

Il est parfois des sons qui vous accompagnent toute votre vie... La musique adoucit les mœurs comme il se dit mais elle peut aussi souder les couples. King Crimson fut pour Josette et moi une étape musicale majeure de nos années 70. Je me souviens de la sombre cave de mon copain Daniel dans laquelle nous écoutions Red, Starless ou Fracture à fond seulement éclairés par le lumignon de l'ampli. A cette époque, nous étions si transis d'admiration pour ce groupe que nous avions tous les trois présenté une conférence sur le thème des quatre albums de l'époque 1973-74 : Larks' Tongues in Aspic, Starless and Bible black, Red et le live USA.
 
Je possédais déjà les albums des années 69 à 71 dont le fameux disque au Roi Cramoisi grimaçant mais, à l'époque la facture métallique et fracturée du leader Robert Fripp nous agréait plus que les albums plus jazz des débuts. La redécouverte de cette musique plus subtile dut attendre pas mal d'années même si nous avons suivi les autres périodes majeures du groupe dans les années 80 et 2000. Ce fut d'abord la parution  de Radical Action to Unseat the Hold of Monkey Mind en 2016 puis, le lendemain de la naissance de notre deuxième petite fille :


Jeudi 15 novembre 2018
 
 
Accompagnés de notre ami Thierry (lui aussi), nous mangeons au sous-sol de la Taverne de l'Olympia où on vous trouve toujours une place avec le sourire et  de la célérité. Pas de bière cette fois-ci ; lors du concert John Mayall de l'année dernière, cela m'avait valu une course aux toilettes, je me contenterai donc d'un verre de vin avec mon croque-madame. La serveuse est charmante, je la titille sur son petit accent russe, et tout ça en présence de mon épouse. On ne se refait pas...
 
Nos billets internet à la main, nous entrons vite dans le hall puis dans la salle. La boutique est prise d'assaut, nous nous contenterons d'un programme en souvenir. 

© DGM Live

Moi et Josette sommes au douzième rang, j'ai même droit à un royal strapontin. Affiches et avis audio en deux langues nous avertissent : pas de film, pas de photo durant le concert sauf à la toute fin quand les musiciens dégainent leurs appareils pour photographier le public. Bonne idée, regarder un concert derrière l'écran de son portable c'est comme faire l'amour avec un préservatif, cela laisse un arrière-goût d'artificialité...
 
Applaudissements, les huit musiciens de l'actuelle formation entrent en scène :
 
 
Drumsons go inseine: derrière ce jeu de mots, le concert débute par un trio de batteries vite suivi par Neurotica de l'album Beat (1982) puis de Suitable Grounds for the Blues. La tension est montée d'un coup, la musique est déferlement, tsunami, orgasme industriel. Tony levin prend ensuite son Stick pour nous gratifier des battements tachycardiques du morceau Indiscipline lors duquel les trois excellents batteurs (Stacey, Harrisson et Mastelotto) s'en donnent à cœur joie. Jakszyk a refondu la mélodie de 1981 pour en faire une version plus jazzy. Une merveille :
 
 
On revient ensuite à plus cool avec des morceaux de Lizard (1970) avant le grand Ho ! (roulement de tambour) Epitaph (1969) célébrissime morceau du premier album qui sera joué quasiment en entier. Et puis, et puis, c'est la suite de Radical Action qui va culminer avec Level Five seul morceau des années 2000 et terminer la première partie sous des airs d'Apocalypse. A ce moment, je me demande si mes oreilles vont tenir...
 
Entracte, je rejoins Thierry dans le hall et nous échangeons nos impressions ébahies, comment des musiciens dont certains ont passé 70 ans ont gardé une telle précision et une telle énergie ?
 
L'entracte ne dure que 20 min, je rejoins mon épouse en grande discussion avec des trentenaires qui pourraient être nos fils. Ils ont découvert Crimson il y a quelques années et ne touchent plus terre à l'instar de mon épouse qui va malmener son siège le long des trois heures de spectacle.
 
Drumsons Do The Can Can, là le jeu de mots est moins bon... Je vois Mel Collins préparer une flûte basse : Islands, un havre de paix chanté à la perfection par Jakszyk et ensuite brodé par les saxes de Collins.
 
Discipline puis One More Red Nightmare, heureusement, le niveau sonore a été réduit d'environ 10%. Nous allons survivre.
 
Deuxième oasis : Moonchild puis c'est une longue apothéose :
 
In the Court of the Crimson King (Ah Ah Ah Ah Aaah Aaah....) à l'énorme son de mellotron parfaitement reproduit par les claviers de Reiflin, Fripp et Stacey qui quitte parfois sa batterie.
 
Easy Money, Larks' Tongues in Aspic II, Starless,  n'en jetez plus, mon épouse vibre tellement que je crains pour le mobilier de l'Olympia.
 
Bis évidemment, et devinez quoi : 
 
(version de 2015 à sept musiciens) 
 
 
Comme promis, nous sommes autorisés à faire des photos et je ne fais que des bouses imprésentables ici. Heureusement, Tony Levin réussit un fort sympathique cliché où l'on peut voir Robert Fripp avec son appareil et la foule enthousiaste. 
 
Une foule où ma chemise blanche me permet de repérer deux fans ayant passé la soixantaine mais dont l'enthousiasme n'a jamais failli.
 
 ©Tony Levin
 
 
Indispensable, Meltdown Live in Mexico 2017, 3 CD (3h30 de concert)+1 DVD de 2h30 pour 30€, Royal !!!
 
 
 
 

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THE POLYPHONY STRIKES BACK

Par Le Lutin d'Ecouves - 18-10-2018 14:14:46 - 3 commentaires

 

Ne reculant devant rien, le Lutin d'Ecouves toujours soucieux de l'édification des foules laborieuses a décidé de ripoliner son fameux et définitif billet tombé dans l'insondablement abyssal oubli des poubelles de Kikouroù nonobstant les dysfonctionnements d'un tas de liens aussi vains qu'obsolètes sur le mouvement musical charnière de la Renaissance dont découle toute l'architecture de la musique classique européenne sans lequel Bach, les Beatles et Stravinsky ne seraient que vagissements primitifs et superfétatoires.

Sit down, relax and listen to :

 

Le fils du retour de la Polyphonie Franco-Flamande II reloaded


Ami lecteur, si tu ne cliques pas sur le lien ci-dessus, non seulement je me serai fatigué pour rien mais en plus, tu pourras dire adieu au canard...



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LE LUTIN FAIT SON COMING OUT CULTUREL

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-01-2018 19:17:26 - 6 commentaires

La culture, c'est comme la confiture,
moins on en a, plus on l'étale.


Cette maxime est attribuée à Pierre Desproges, Jack Lang, Françoise Sagan, Jean Delacour ou à un mur de mai 68. Pourquoi pas Einstein pendant qu'on y est, on ne prête qu'aux riches ! C'est sûr, Einstein il écrivait des dicos de citations entre deux Théories de la Relativité histoire de rigoler un coup, même qu'en 1994, plus de quarante ans après sa mort, il a inventé une célèbre citation sur la disparition des abeilles et de l’humanité vu que Einstein, il s'appelait Franck et qu'il revenait d'entre les morts. Pour sûr.
 
Cette citation, je l'entends régulièrement depuis mon enfance qui débuta dans les années 50. C'est ce qu'on m'envoyait dans les gencives quand, certainement pour compenser ma petite taille, je tenais la dragée haute aux plus âgés que moi en me livrant à des péroraisons culturelles interminables, véritables cascades de mots dont j'ai toujours eu le secret. J'ai un don : je peux parler de tout dans toutes les situations, même en courant, mes camarades de running en ont maintes fois fait l'amère expérience. 

Je peux parler de tout et écrire sur tout, il suffit de lire mon blog pour en avoir la preuve, mais quels sont vraiment mes goûts ? Vous vous en fichez, je sais, mais ce n'est pas cela qui va me faire taire car il est temps que, dans un grand élan de sincérité lutinesque, je me livre à mon "coming out" culturel (Tada !).
 

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Le Lutin et la littérature

Bizarrement, alors que j'ai toujours été un élève médiocre (j'ai redoublé le CM2, la 4ème et la Terminale), j'ai appris à lire fort tôt et très facilement, ce qui m'a permis de me lancer dans une exploration du monde des Lettres qui a commencé par un classique de la littérature jeunesse :
 
 Edition récente, la mienne datait de 1962, 
elle m'a été volée par Fabrice Lucchini.
 
La lecture de cet ouvrage restera pour moi un grand moment de révélation métaphysique. Ce livre décidera de ma carrière de lutin.

Bien que mes parents, nés dans les années 20, eussent eu quelque méfiance envers les petits Mickeys, j'ai très vite préféré les livres avec des images car ils étaient plus rapides et plus faciles à lire. C'est ainsi que je suis rapidement devenu un adepte de Tartine ou de Pepito puis de Kiwi, Akim, Zembla et autres revues éditées par LUG éditions. 

(bruit d’œufs cassés)

Plus tard, des réponses philosophiques me parvinrent par un chemin détourné ; je tombai littéralement amoureux d'une série de livres qui ne m'étaient pas destinés mais que j'avais réussi à chiper aux petites camarades habitant mon HLM. Il s'agit de la série des "Martine" apparue en 1954 que je me mis à dévorer des yeux dès l'âge de dix ans.

Autant dire que plus que Nietzsche ou Schopenhauer, le stylo de Gilbert Delahaye et surtout le pinceau de Marcel Marlier allaient donner une direction à ma vie et m'apprendre tout ce qui est fondamental dans les rapports entre êtres humains.

Le chien aussi est un connaisseur...

Par la suite, il m'a fallu lire des ouvrages classiques imposés par mes études. En vrac et au hasard :

L'Avare de Molière : C'est marrant et ça a l'avantage de ne pas être trop long.
L'Adieu aux armes de Hemingway : Le type s'emmerde pendant la guerre alors il se drague une infirmière. Ça finit mal.
L'étranger de Camus : C'est l'histoire d'un type qui en tue un autre sur une plage et qui ne sait pas pourquoi. Ça finit mal.
L’assommoir de Zola : Ça finit super mal.
Madame Bovary de Flaubert : Je n'ai pas lu et je me suis pris une mauvaise note.

Arrivé à l'âge adulte, il m'a suffi de m'abonner à Télérama pour lire des critiques de livres me permettant à mon tour de donner mon avis sur ce qui se fait d'intelligent à notre époque.

A offrir, pas à lire...

Je dois ici rendre hommage à cette revue qui a aussi beaucoup fait pour ma connaissance approfondie du monde de la cinéphilie. Justement, on va en parler...


Le Lutin et le cinéma

Au début de ma carrière d'instit, il m'est arrivé de fréquenter le ciné-club de ma bonne ville d'Alençon. J'avais de bons souvenirs de visionnages de classiques Hammer Films que j'avais visionnés dans la Salle des Fêtes durant mon adolescence (La nuit du Loup-Garou, Les monstres venus de l'espace...). Las, le ciné-club avait été repris par des intellos du genre à gloser des heures sur les plans de Citizen Kane ou les ombres de La Nuit du Chasseur. Pire, il m'avait fallu avaler Perceval le Gallois d'Eric Rohmer et le début d'India Song de Marguerite Duras. Là, j'avais craqué et je m'étais sauvé au bout d'une demi-heure car j'avais eu la prudence de me placer près de la sortie.

J'étais ensuite revenu à mes premières amours, les films d'horreur si possible kitsch du type Lesbian Vampire Killers ou Black Sheep tout en faisant croire à mon milieu d’enseignants branchés que ma culture cinéma était immense grâce à mon Télérama chéri qui m'alimentait en synopsis de divers films tchéco-bulgares. 


Pas de ciné sans acteurs fétiches. Dans mon cas, il s'agit d'un trio : Bruce Willis, Sylvester Stallone et surtout mon préféré : Arnold Schwarzenegger dont les répliques m'ont toujours fait vibrer :


"Hey Claudius ? C'est toi qu'a tué mon père... Monumentale erreur !" (Hamlet)


Tu as déjà tué quelqu'un ??
- Oui mais c'était des méchants ! (True Lies)


Qu'il y a-t-il de mieux dans la vie ?
- Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes. (Conan le Barbare)


Arnold défend les enfants et ça laisse des traces.

Un de mes Schwarzy préférés reste Commando dans lequel il tue les terroristes à moustache par groupe de deux à chaque tir. Je n'oublierai jamais la scène d'exposition du film où il se trimballe avec un tronc d'arbre :


J'ai moi-même retourné cette scène en hommage à mon acteur favori :


Après Arnold, rien ne repousse, passons donc à autre chose.


Le Lutin et la télévision

En ce qui concerne le petit écran, je me suis déjà longuement exprimé sur un de mes héros favoris, L'Inspecteur Derrick mais ce héros au regard si poissonneux n'est pas seul dans mon cœur, je voue aussi une passion pour L'Inspecteur Barnaby (Avec John Nettles seulement !) et ses aventures dans le comté de Midsomer où les gens du troisième âge font gravement grimper le taux de criminalité avec une moyenne de trois morts par épisode.

Lecteur, sauras-tu trouver l'indice ?

Qu'on ne m'accuse pas de sexisme, je suis un fan de Julie Lescaut à laquelle j'ai consacré un billet vibrant d'amour ; j'ai aussi regardé en boucle l'intégralité de la série française Une Femme d'Honneur tournée à la gloire de la Gendarmerie française et du 95D.



Le Lutin et la peinture


Autant le dire tout de suite : je suis nul en dessin. J'ai cependant la chance d'avoir une épouse fort habile dès qu'on lui met un pinceau dans la main et j'ai ainsi beaucoup appris avec elle. Ma culture picturale a bien évolué et j'ai même fait de constants progrès graphiques en quarante ans de vie commune comme on peut le voir ici :

La passion pour l'Art de mon épouse m'a donc entraîné dans maints lieux et expositions, la dernière en date étant celle consacrée à Vermeer au Louvre, j'ai d'ailleurs ramené un joli cadeau à ma petite fille :

D'après la Laitière de Nestlé Vermeer
 
A la suite de cela, nous avons regardé deux fois de suite (si !) "La jeune fille à la perle" avec Scarlett Johansson, film dont j'ai beaucoup apprécié la plastique.


Oups, je me suis trompé de photo, voici une image du film de Peter Webber :


J'ai aussi bien aimé son film sur l'équitation : "Scarlett au haras".


Le Lutin et la musique


Comme beaucoup de petits derniers de la famille, j'ai commencé par écouter les disques des grands frères et sœurs. Mon goût pour le rock vient certainement de ce très bon 45t de Johnny que je possède encore :


Ma chanson préférée était : "Si tu me téléphones" qui sera déterminante dans le développement de mon goût pour la chanson à texte :

Si tu me téléphones - Oh! Oh! Ah! Ah!
Fais bien attention - Oh! Oh! Oh!
Que ce soit pas ma mère qui prenne la communication
Il te faudrait lui expliquer qui tu es
Ce que tu fais et depuis combien de temps on se connaît.

A propos de chanson à texte, je dois dire que j'ai été un peu déçu par Brassens (trop ennuyeux), Ferré (trop intello) ou Brel (trop belge). J'ai cependant bien aimé quelques chanteurs parfois oubliés mais dont notre culture peut être cependant fière :

Il n'a pas eu la carrière qu'il méritait

En société, si l'on veut briller sans risque, le bon truc c'est de se déclarer amateur de musique classique. Là, on peut raconter n'importe quoi sans prendre le risque d'être contredit vu que la plupart des gens n'y connaissent rien. Il suffit d'apprendre par cœur quelques phrases du genre : "Quand je veux me ressourcer, j'écoute les Variations Goldberg par Glenn Gould..." Là, ça vous place grave au-dessus de la mêlée et si un glandu dans l'assistance ne sait pas que c'est du Bach, on peut l'écrabouiller en ricanant : "Pff, y'en a même qui ne savent pas que le Concerto d'Aranjuez il est de Rodrigo ou pire,  qui demandent qui est l'auteur de l'Adagio d'Albinoni... euh ah ben non, c'est vrai, l'Adagio d'Albinoni, il n'est pas d'Albinoni. C'est un fake comme les citations de Einstein.

Vous avez compris que pour faire son Lucchini en société, il faut essayer d'être drôle et de paraître cultivé. Cela dit, je ne déteste pas la musique classique puisque un de mes premiers albums achetés fut un disque d'Ekseption :
 

Ekseption était, dans les années 70, une sorte de Reader's Digest du classique en plus rigolo. On pouvait écouter du Bach ou du Beethoven en version speedée sans trop s'ennuyer car il faut le dire, le Classique c'est looong et rasoir alors qu'Ekseption c'est court et bad taste, j'adore !

Peace Planet par Ekseption
(Incidemment, c'est du Bach) 
 
C'est d'ailleurs grâce à Ekseption que je suis devenu un fana du clavecin, cette sorte de piano aigre qui vrille les nerfs. A ce propos, j'ai survécu à plusieurs écoutes intégrales des 555 sonates de Scarlatti par Scott Ross, tout le monde ne peut pas dire ça...
 
Ekseption eut son heure de gloire en étant, grâce à Beethoven, sur la bande originale du fameux film de Gérard Pirès*, Fantasia chez les Ploucs :
 
 

*Pseudonyme de Gérard Menjoui
 
 
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J'espère que vous aurez apprécié ce coming out sincère et véridique. C'est donc en pleine connaissance de cause que désormais vous pouvez clamer haut et fort :
 
 
 
 
 

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EN VILLE AVEC TONTON GILLES

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-12-2017 09:52:06 - 2 commentaires

Ce jour d'hui, le Lutin ne va pas vous présenter ses propres photos mais celles d'un photographe assidu de sa bonne ville d'Alençon, j'ai nommé Tonton Gilles :
 
 Portrait de Tonton Gilles par le Lutin d'Ecouves
 
Depuis plusieurs années, ce photographe amateur et néanmoins talentueux du club photo de Courteille sillonne sa ville quotidiennement pour la photographier en long en large et en travers, parfois accompagné par votre serviteur à qui il dispense doctement des conseils techniques et esthétiques. Nombreux sont maintenant les Alençonnais qui connaissent ce barbu chapeauté à queue de cheval qui ne se déplace qu'avec son sac à dos empli de matériel photographique surmonté d'un lourd trépied.
 
De nos pérégrinations, j'ai ramené quelques intéressants clichés mais jamais je n'ai eu l’œil ou l'expertise de l'homme au chapeau qui sait regarder sa ville avec une acuité technique et artistique qui confine parfois au fantastique. Cliquez sur chaque photo pour obtenir un plus grand format (puis retour arrière).
 
 

Le Gagne-Petit, un bâtiment commercial datant du début 20ème vu un soir d'octobre particulièrement lumineux lors duquel la Sarthe joua le rôle d'un miroir sans défaut.
 
 

Notre-Dame et la Providence vues de la gare de bus, l'on perçoit ici le goût de l'auteur pour la photo graphique à tendance géométrique comme pour les suivantes :


Juste un alignement de chaises au garde à vous...


... Ou cette clôture élégamment décorée de givre.


Parfois, la géométrie le cède au Zen...

Il ne faut pas croire que Tonton Gilles ne pratique que le cliché désincarné, certaines photos sont habitées :

La Grande Rue un soir d'emplettes
 
 Rue du Pont-Neuf 

Rue aux Sieurs

Parfois, les personnages relèvent eux-mêmes l'aspect géométrique de la photo :

Parc de la Providence

Parc des Promenades

Et parfois, certains personnages sont pour le moins fantomatiques :

Pont de la Fuie des Vignes

Si la couleur fait parfois brutalement irruption dans son œuvre, Tonton Gilles préfère souvent le noir et blanc pour exprimer son talent :

Décoration de Noël à la Gare de bus

La passerelle et Notre-Dame

Le noir et blanc se fait soudain subtilement fantastique et l'on se demande si l'on est encore en ville...

Le parc de la friche Moulinex

Harpe végétale en bord de Sarthe

Oui, est-on vraiment en ville ou dans un autre monde ?

Fuie des Vignes (Photo couleur)
Zone inondable située à côté du centre-ville

Tonton Gilles a aussi un intérêt immodéré pour la gare qui se trouve à proximité de son domicile et, sous son regard, la SNCF prend un tout autre visage :

 
La passerelle devient incandescente...


... la gare se fait spectrale et l'on peut y voir d'étranges personnages :

Autoportrait en fantôme


A consulter :
 

Son Blog de Textes


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GOODBYE GEORGE

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-07-2017 10:35:16 - 2 commentaires

 
 
George Romero est mort... et bien vivant pour tous ses fans.
 
 
George Romero n'est pas seulement le créateur du film de morts-vivants, il a produit dès 1968 (La nuit des morts-vivants) une critique au vitriol de la société américaine poursuivie dans son deuxième film (Zombie 1978) qui se passe dans un centre commercial où les morts continuent d'errer comme ils le faisaient du temps de leur vivant. Parmi l’œuvre modeste mais déterminante de ce maître de l'horreur, nous noterons l'excellent "Territoire des Morts" (Land of the Dead 2005), véritable plaidoyer pour la différence dans lequel les morts-vivants, devenus le gibier d'américains surarmés, finissent par revendiquer leur identité ainsi qu'un territoire pour y vivre-mourir dignement.
 
 

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LE LUTIN A MAUVAIS GENRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-06-2017 10:40:50 - 7 commentaires

 


Ayant longtemps enseigné la grammaire et l'orthographe aux petits lutins, j'ai toujours été chatouilleux et méfiant en ce qui concerne toute réforme visant à modifier ce que l'on a mis des siècles à fixer. C'est pour cela que j'ai traité par le mépris la réforme de 1990 qui ne faisait que prêter à confusion : passe pour écrire évènement à la place d'événement mais que dire de féérie à la place de féerie, des fées, j'en connais mais pas des féés ! C'est vrai que nénuphar est une erreur des grammairiens du passé (nénufar est un mot persan donc pas de ph grec) mais dans ce cas-là, écrivons camellia (terme scientifique) puisque camélia est à la base une faute d'orthographe d'Alexandre Dumas fils. Et l'accent circonflexe, on le vire bien des u et des i mais seulement quand il n'y a pas de risque de confusion (du et dû par exemple). Pareil pour les verbes en eler et eter, on supprime la consonne double sauf quand ce sont des verbes courants. En gros on rajoute de nouvelles règles avec de nouvelles exceptions... Super la simplification !
 
Voilà pourquoi, au début, j'ai trouvé ridicule qu'on essaie de féminiser à marche forcée certains termes masculins. Pourquoi pas une maçonne qui monte un mur de briques mais qu'elle se soit portée acquéreuse de ciment m'arrachait un peu les tympans. Et pourquoi docteure (université et médecine) alors qu'on avait déjà doctoresse (médecine seulement) ? 

Cela dit, je me suis documenté et suis tombé, entre autres, sur les travaux d'Aurore Evain qui a enquêté sur le devenir du mot "autrice" que je pensais être un simple néologisme égalitaire. C'est ainsi que j'ai découvert qu'en latin existaient bien les termes d'auctor et auctrix et que de ce dernier se forgea le mot autrice qui fut employé durant tout le Moyen-Age ainsi qu'à la Renaissance.

Si au Moyen-Age l'acception d'autrice était légèrement différente, dès la Renaissance on parla d'autrices en tant qu'écrivaines.

Et puis... et puis arriva le XVIIème siècle et la création de l'Académie Française (1634) gérée uniquement par des hommes. Il y eut un long débat épistolaire entre des écrivaines comme Marie de Gournay (1565-1645) et des écrivains comme Guez de Balzac (1597-1654) surnommé "le Restaurateur de la Langue Française" et, devinez qui gagna à la fin ? 

C'est ainsi que, en 1694, quand le premier dictionnaire de l'Académie Française parut, un certain nombre de termes féminins s'évanouirent dont le terme autrice qui recouvrait une profession trop noble pour posséder un féminin, semble-t-il.
 
On voulut bien concéder l'usage du mot actrice pour comédienne car celle-ci interprétait les textes d'auteurs supposés masculins alors que des autrices dramaturges ont bien existé à la Cour de Versailles comme Catherine Bernard (1662-1712) tout comme des compositrices comme Elisabeth Jacquet de la Guerre (1665-1729) ont bien œuvré lors du Grand Siècle. 

Le XIXème siècle n'étant pas vraiment un siècle féministe, les mauvaises habitudes se sont pérennisées. Et c'est ainsi qu'in fine, plusieurs générations abreuvées au Lagarde et Michard depuis 1948 n'ont eu que des auteurs de romans, de poésie et de théâtre à se mettre sous les mirettes. Exit nombre d'autrices oubliées ou dont le nom est juste évoqué comme la remarquable poétesse Louise Labé (1524-1566) :

Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

 
Lagarde : - Je ne sais pas ce que vous en pensez cher collègue mais ce genre de poésie ne me semble pas convenir aux jeunes esprits...
Michard : - Tout à fait d'accord cher ami, il ne manquerait plus que les jeunes filles lussent ce genre de vers et, s'échauffant la bile, en vinssent à jeter leurs soutiens-gorge au visage de leurs professeurs.

© Editions Bordas
 
Dès les années 70, curieux de nature, je m'étais bien posé la question : pourquoi n'y a-t-il pas plus de femmes dans les Arts ? J'ai entendu maintes fois cet argument : "Elles ont la maternité, cela leur suffit, elle n'ont pas besoin de créer." La réponse est maintenant plus évidente : les femmes qui, malgré les restrictions de leur temps, ont réussi à créer ont été largement effacées de la mémoire collective et le nettoyage a même eu lieu au niveau du dictionnaire.
 
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Les travaux d'Aurore Evain m'ont permis de me rappeler quelques quasi-disparitions de termes féminins que j'avais effectivement remarquées. En guise de conclusion, j'en citerai deux :  

Matrimoine (orthographié matrimoyne) cité entre autres dans un livre sur les coutumes anglo-normandes du XIème au XIVème siècle. (David Houard 1776) ou dans un contrat de mariage en Anjou (1619)
Concernant matrimoine, je ne résisterai pas à livrer cette citation de l'Echo de la Mode du 21 janvier 1968 (p69) qui pensait le terme récent :
Matrimoine, subst. masc.[Sur le modèle de patrimoine] Le «matrimoine»? un mot fabriqué qui restera dans les dictionnaires sous cette définition simple: tout ce qui dans le mariage relève normalement de la femme.
 
Trobairitz : Ces femmes nobles poétesses des XIIème et XIIIème siècles ont existé parallèlement aux Troubadours mais le terme Trobairitz est tombé en désuétude alors que celui de Troubadour a traversé le temps sans encombre.
Pour les Trobairitz, voir cet article du Lutin.
Pour les Troubadours, voir cet autre article.


Site d'Aurore Evain



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UN VENDREDI À PARIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-03-2017 12:27:19 - 6 commentaires

Il est des occasions à ne pas rater sinon on s'en mord les doigts jusqu'à l'épaule... Vermeer est depuis longtemps un de nos peintres préférés et l'occasion d'admirer le tiers de sa production ne se représentera pas de sitôt. Ou alors la prochaine fois il faudra quelqu'un pour pousser nos fauteuils.
 
On est dans les temps. Notre Ford pourrite est à l'abri dans un parking près de l'Opéra, nous cheminons vers le Louvre. 

 

Heureusement que j'ai réservé mon créneau de visite, on ne va pas trop attendre ! Oups, c'est quoi cette longue procession ? J'avise une dame avec un badge.
"Bonjour madame, c'est là Vermeer ? 
- Ben oui, la queue est là."
Je vérifie que ma braguette est bien fermée et je me dirige vers la  file d'attente.
 
Au bout de trente minutes, nous rejoignons une... seconde file. Damned, encore une demi-heure de poireautage ! J'en profite pour observer les gens qui m'entourent. Tiens, il n'y a pas de Chinois ! Heu non, on est plutôt à Versailles et ils sont tous assez vieux pour avoir... notre âge.
 
J'avais pourtant pris mes précautions sur la route mais les rognons ont encore frappé, j'espère qu'ils ont prévu des toilettes à l'intérieur de l'expo. Euh non, Prostaman va encore être obligé d'attendre.
 
"C'est le mur" qu'il nous dit le type à l'entrée pour nous signifier qu'il y a du monde, nous allons donc voir les tableaux de Valentin de Boulogne pour patienter.
 
Les Tricheurs (Document Wikipedia)
 
Maître des mains et des expressions, Valentin peint sur des grands formats pour des clients italiens. Avec Vermeer, nous passons dans un tout autre monde. Et quand je dis Vermeer, il s'agit de Vermeer et ses contemporains comme Gabriel Metsu ou Gérard Dou, maîtres de la Fijnschilderei (peinture fine).

Metsu : Jeune homme écrivant une lettre
(Document Wikipedia)

La beauté des tableaux du Maître de Deft et de ses contemporains finit par me faire oublier la pression hydrostatique et nous prenons le temps de regarder chaque œuvre avec  de grandes délices (j'ai mis un adjectif pour faire mon pédant).

Nous finissons par nous lier avec une dame de St Lô avec laquelle nous commentons les derniers Vermeer, bien sûr la dentellière (Ah, ces fils entre ses doigts !) et, incontournable, la laitière. Le premier qui me sort un yaourt, je l'assassine !

(Document Wikipedia)
 
En direct live à cinquante centimètres du nez, c'est un choc esthétique. Nous voyons ce qu'il est impossible de voir sur une reproduction, le tableau semble habité, les couleurs, les couleurs ! Jusqu'au trou dans le mur... une idée de la perfection. Nous sommes trois à commenter le tableau, surtout ma Josette qui tient le pinceau depuis moult années et la charmante dame de St Lô. Au bout d'un moment, une Versaillaise grince derrière nous et il nous faut décaniller.
 
Ouf, je visite enfin les toilettes du musée après presque deux heures de visite. On raconte des salades, les toilettes elles ne sont pas d'époque.
 
Il nous reste du temps, nous musardons dans le palais, nous arrêtant çà et là. Mon œil de lutin repérant quelques jolies choses...

Fragonard : Le feu aux poudres
 
Inévitablement, nous sortons du musée par la boutique de souvenirs. Nous regardons avec dédain les gens sortir de là avec leurs assiettes Joconde ou   leur Victoire de Samothrace en plâtre. Peuh, quel mauvais goût, qu'ils repartent vers leurs pénates avec leurs souvenirs kitschs.

Mais mais, regarde ça !!! Oh génial, ça va plaire à Arielle qui va bientôt avoir trois ans ! Et c'est comme ça que Papy et Mamie sont repartis avec un cadeau kitsch. La honte !


Et c'est pas fini la journée ! Direction l'Olympia ou plutôt le café de l'Olympia où nous mangeons notre croque-madame dans une crypte au sous-sol. Un demi-litre de bière nous requinque grave comme on dit chez les jeunes, euh enfin, on n'est pas chez les jeunes. Ça sent même le vieux rocker. Ils viennent certainement assister au même spectacle que nous.

Photo de ma Josette

Ah, les toilettes du café de l'Olympia sont super et la serveuse très sympa ! Vite, nous allons voir... tadaaa !!!


La légende du blues blanc ! John Mayall, 84 ans au mois de novembre. In-con-tour-na-ble ! Mayall fait partie de notre histoire. C'est Josette qui m'avait prêté Blues From Laurel Canyon alors que nous étions en seconde, elle m'avait aussi fait découvrir Jethro Tull et les premiers Pink Floyd mais c'était certainement Mayall qu'elle préférait. Mayall, une vie de blues pour lui, une vie pour nous. Quarante-cinq ans après la seconde du lycée, nous allons enfin le voir et l'entendre.

Ah la vache, ils sont tous là ! Le Baby Boom a débarqué, la moyenne d'âge explose les soixante ans, je ferais presque jeune.

Le gars en première partie tient une demi-heure et après, le type au micro nous annonce que l'Olympia nous offre vingt minutes d'entracte. Bon coureur, je gicle vite vers les toilettes. Grand bien m'en fasse, quand je sors après avoir vidangé un bon demi-litre de Grimbergen, je m'aperçois que tous les types de la salle se sont donné rendez-vous aux gogues. Elle est impressionnante la queue, euh, la file d'attente. Il fallait s'y attendre avec autant de croulants dans la salle. Ah oui, croulant, c'est le mot qu'on utilisait dans les années soixante pour désigner les plus de quarante ans... j'en ai maintenant soixante et un et j'apprécie le terme à sa juste valeur... ouille !

Photo Angel Burbano

Papy Mayall a bien pris un peu de bide mais il a une pêche d'enfer. Il joue en trio avec un jeune bassiste tout fou et un très bon batteur qui fait le Jabba sur son siège. Au bout de deux morceaux, le gamin plante son ampli de basse et, le temps de la réparation (un ventilo collé derrière la machine), John Mayall nous gratifie de deux impros au clavier puis à l'harmonica. Nous, on est sur le cul ! Le concert reprend et c'est une heure un quart de blues légendaire. C'est un peu comme Vermeer, nous entendons ce qui est impossible à entendre sur disque, le blues est incarné.

Rentrés à une heure trente du mat', nous nous couchons vite. J'ai un cross à courir à seize heures nom de d'là ! Evidemment, au lever, le premier disque que Josette met dans mon lecteur CD d'ancêtre (un Sony 557 ESD de 1987), c'est le double album du 70ème anniversaire de John Mayall. A l'époque, il était vraiment jeune, non ?

Je vous laisse apprécier "Somebody's acting like a child", un extrait de Laurel Canyon interprété en 2003 par John Mayall and the Bluesbreakers featuring Mick Taylor et Buddy Whittington à la guitare, du grand art :

 
 
 
 
 
 

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DES FEMMES ET DE LA LUMIÈRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 20-02-2017 15:34:15 - 5 commentaires

Lassay les Châteaux
19-02-2017
 
 
Belle journée de février dans mon pays Normandie-Maine, Lassay est à cinquante minutes de la maison. Depuis quelques temps, nous avons pris l'habitude, mon épouse et moi, de nous intéresser de plus près à notre région et aux trésors qu'elle recèle. On n'est jamais déçu quand on sait où observer...

 
Le but de la balade de ce jour d'hui est une chapelle privée érigée en 1651 et notre guide est Cathy, passeuse de lumière. Cathy est la preuve que les gens ne sont pas forcément rancuniers : j'ai appris à lire à trois de ses quatre enfants et elle ne m'en tient pas rigueur. Cela dit, quand elle est tombée en panne de graphiste pour son dernier projet de vitrail, elle s'est dit qu'il fallait mieux faire appel à ma Josette plutôt qu'à moi... Un vitrail avec des cochons roses, ça aurait pourtant eu de la gueule.


 A l'origine, il y avait ces vitraux à restaurer. Il paraissait évident que le transfert de la partie gauche en bas de celle de droite s'imposait. C'est en faisant ce transfert sur écran que mon épouse s'est aperçu d'un problème : un des panneaux de droite avait été remonté tête en bas. Une petite manipulation informatique donna un aperçu de la forme originelle du vitrail :
 
 
Restait donc à créer le vis à vis du vitrail ancien, une création à la fois contemporaine et respectueuse du lieu :

Projet graphique de Josette
 
Dix mois plus tard, Cathy a créé le vitrail moderne dans son atelier, démonté et remonté l'ancien puis posé son vis à vis.
 
Ce dix-neuf février, il fait grand soleil et ma première impression est colorée :
 
 
 Le vitrail contemporain est une réussite et il anime puissamment les murs de la chapelle.

Création de Cathy

Je m'empresse de faire un ensemble de photos pour immortaliser le résultat de la collaboration des deux amies.


Nous terminons la promenade par un  tour vers le château du XVe, goûtant la douceur de l'atmoshère en cette aimable jour d'hiver.


 Site de Cathy : http://www.atelier-vanhollebeke-vitrail.fr/
 
 

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UNDER ICE

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-12-2016 18:46:12 - 4 commentaires

J'ai toujours tenu Kate Bush pour un génie, ce qu'ignorent parfois les gens qui se sont limités à ses tubes comme Babooshka ou Wuthering Heights. Il suffit pourtant d'écouter attentivement ses trois chefs-d’œuvre des années 80 "Never For ever", "The Dreaming" et "Hounds of Love" pour se convaincre que l'on a là affaire à de la musique de haut niveau écrite, chantée et interprétée par une jeune femme surdouée et pétrie de culture. Extraite de The Ninth Wave (Hounds of Love), la chanson Under Ice m'a toujours fasciné et même obsédé. Je n'ai jamais été convaincu par les différentes traductions trouvées sur le net, soit elles étaient fautives, soit elles étaient trop littérales. Or, pour bien traduire un texte poétique, il faut tourner autour... avec amour, ce que j'ai essayé de faire avec cette traduction personnelle :
 
 
Sous la glace
 
C'est merveilleux
Les alentours, si blancs
La rivière est devenue un miroir de givre
Pas une âme sur la glace
Juste moi qui file en patinant 
Je passe en trombe parmi les arbres
Laissant de fines traces sur la glace
Traçant au couteau de petites lignes givrées
Sifflement de la surface qui se fend
Mes talons d'argent font crépiter la neige
 
Quelque chose s'agite
En-dessous, sous la glace
Quelque chose me suit, sous la glace
Fendant l'onde sous mes pieds
Ça tente de sortir de l'eau froide
" C'est moi "
Quelque chose, quelqu'un, à l'aide !
" C'est moi "

 
Pour illustrer cette chanson, voici ce travail de fan, un montage vidéo de MrMarrs :
 
 
 
Le triple album des concerts de 2014 "Before the dawn" vient de sortir, indispensable pour ceux qui voudraient (re)découvrir cette grande artiste. 
 
Son site : http://www.katebush.com/  (Attendez un peu avant d'entrer dans le site...)
 
 
 

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ACTION RADICALE POUR SE DÉBARRASSER DE LA MENTALITÉ DE PRIMATE

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-11-2016 19:57:22 - 4 commentaires


Le retour du roi (pourpre)
 
Radical Action To Unseat The Hold of Monkey Mind
 

Aux environs de 1972, je découvris avec une certaine stupéfaction la musique de King Crimson. Le groupe, âgé de seulement trois ans à l'époque, avait déjà produit quatre albums aussi polymorphes que renversants : In the Court of the Crimson King - In he Wake of Poseidon - Lizard - Islands.
 
A peine avais-je digéré ces œuvres complexes et fascinantes que  la deuxième vague arriva avec Larks' Tongues in Aspic, Starless and Bible Black et Red, trois albums produits en 1973 et 74. Deux autres vagues de trois albums déferlèrent ensuite en 1981-84 puis en 1995-2003 (voir discographie du groupe).
 
Puis plus grand chose depuis à part quelques live et autres expériences de Robert Fripp, la tête pensante et pivot du groupe.
 
Robert Fripp - Photo Greg Cristman
 
En cette année 2016, je pensais sincèrement que Fripp, arrivé à 70 ans, avait tourné la page et que le Roi pourpre était défunt. Que nenni !  Pour fêter l'entrée dans sa huitième décennie, King Robert a réuni d'anciens et de récents collaborateurs pour une tournée de deux ans (2015 et 2016) qui vient de déboucher sur un album live de luxe : Radical Action To Unseat The Hold Of Monkey Mind, un coffret de 3CD live + un Blu-ray en concert de 2h40min, le tout m'ayant coûté seulement 33 euros.

A priori, je m'attendais à un festival de Frippertronics et autres Soundscapes comme dans les productions du début des années 2000 où tout était piloté à partir des guitares qui pouvaient imiter la flûte, le hautbois et les nappes de cordes ou même parfois la voix. Depuis 1981, le groupe était devenu essentiellement métallique tout en gardant son extrême sophistication sonore et surtout rythmique.

Que nenni ! Le King Crimson cuvée 2015-16 revient sur des sons plus classiques avec, entre autres, le retour de Mel Collins qui assure (et pas qu'un peu) les parties saxo et flûte comme du temps des premiers albums. Un autre vieux compagnon, Tony Levin qui a partagé son temps entre Peter Gabriel et King Crimson, tient la basse. Voilà, avec Fripp, le club des 70 berges...

Pour cette rétrospective de luxe,  le Roi pourpre s'est adjoint trois batteurs (Pat Mastelotto, Bill Rieflin et Gavin Harrison) dont un tient aussi le clavier. Là, le clavier, on l'attendait ! Au départ, King Crimson avait bâti une partie de ses paysages sonores sur l'utilisation du mellotron, un drôle de clavier échantillonneur qui fonctionnait avec des morceaux de bandes magnétiques. Ce petit clavier pouvait ainsi reproduire la voix, les cordes, le hautbois, la flûte ("Strawberry fields forever" des Beatles) mais avait un gros défaut, les bandes s'abîmaient et devaient être changées régulièrement. Eh bien, Fripp a fait échantillonner le son du mellotron qu'il a ainsi ajouté aux claviers utilisés par lui-même et Bill Rieflin lors du spectacle. On est ainsi confondu d'entendre des classiques comme "Epitaph" et "The Court of the Crimson King" avec une telle précision, comme si 47 ans avaient été effacés d'un coup.

Ce bel édifice serait cependant bancal sans Jakko Jakszyk à la guitare et à la voix. Là, je tire mon chapeau car il opère un véritable tour de force en étant Greg Lake dans les morceaux des deux premiers albums, Boz Burrell dans la chanson tirée du quatrième et John Wetton dans les morceaux datant des années 73-74. 

Le tout fait une musique intensément Crimsonnienne d'une redoutable précision avec en plus la chaleur des instruments de Collins et de la voix de Jakszyk. Et ce n'est pas tout, Fripp nous octroie une trentaine de minutes de musique nouvelle ou récente (dont deux morceaux de son album A scarcity of Miracles - 2011).

Par respect pour ces grands artistes qui n'ont jamais cédé à la facilité, aux modes ou aux sirènes du Show-Biz, je ne mettrai pas mes morceaux préférés en ligne, dommage car la pièce triple "Radical action" vaut son pesant d'intelligence. Je me contenterai donc de vous présenter les deux (néanmoins excellents) extraits du show délivrés par la chaîne officielle de DGM live.

D'abord "Starless" qui concluait l'album Red :
 
 
 
Puis "Easy Money" de l'album Larks' tongues in aspic, un festival de percussion pourpre.

 
 
Un dernier détail : le concert se termine bien sûr par "21st Century Schizoid Man" à fond les manettes. Ô joie !
 
 
 

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