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Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Culture et confiture

L'ESPRIT FRANÇAIS 3

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-03-2015 20:39:30 - 3 commentaires

Jean-Henry d'Anglebert
1629-1691


Jean-Henry d'Anglebert est, à l'instar de Louis Couperin, un élève du créateur de l'école française de clavecin Jacques Champion de Chambonnières qui fut le premier à adapter les suites de danses des luthistes, créant un style spécifique qui allait perdurer plusieurs générations.
 
A la suite d'un conflit entre Lully et Chambonnières, ce dernier dut abandonner sa charge de claveciniste du roi. En fait, il répugnait à accompagner comme simple musicien les œuvres du grand Jean-Baptiste. Or, on ne contrarie pas le surintendant de la Musique du Roy. Chambonnières fut débarqué et sa charge proposée à Couperin qui refusa poliment par égard pour son maître. D'Anglebert, lui, accepta cette charge prestigieuse et ne manqua pas de citer Lully dans la préface de l’édition de ses pièces de clavecin de 1689.
 
"... J'y ai joint quelques airs de Monsieur de Lully. Il faut avouer que les ouvrages de cet homme incomparable sont d'un goût fort supérieur à tout autre..." D'Anglebert, un œil sur sa partition, un œil sur son intérêt.
 
 
La pièce présentée ici, une sarabande, est caractéristique de ce style brisé propre à la France qu'on retrouve d'ailleurs dans les pièces de Lully. Elle a un vrai-faux air de Folie d'Espagne dont on retrouve d'ailleurs des variations dans le même livre de clavecin.

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L'HOMME QUI N'AIMAIT PAS LES FEMMES

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-02-2015 17:46:30 - 10 commentaires

Nouvelles conférences sur la psychanalyse 
de Sigmund Freud (1932)
 (Traduit de l'allemand par Anne Berman -  Idées Gallimard)

Durant ma carrière professionnelle, j'ai plusieurs fois côtoyé Sigmund Freud dont l'influence de la théorie psychanalytique était considérable dans la formation des enseignants (tout particulièrement en France). Méfiant de nature et allergique aux vérités assénées, j'ai vite compris qu'il y avait un rat dans la soute comme dirait Jacques... J'ai découvert assez rapidement que ce qu'on nous présentait comme une théorie scientifique tenait plus de la métaphysique ou même du chamanisme quant à l'interprétation des rêves, des contes de fées (Bettelheim) ou des dessins d'enfants (auteurs divers). Mais ce n'est que petit à petit, en me débarrassant avec l'âge de mes oripeaux de mâle dominant que j'ai réalisé que la première victime de tonton Sigmund était la femme dont il a toujours nié la réalité de la féminité, allant dans certains écrits jusqu'à pratiquer une excision symbolique de la petite fille quand il explique son passage supposé du stade clitoridien au stade vaginal.

Les extraits présentés sont tirés de conférences que Freud a écrites mais pas présentées du fait de son grand âge. Comme quoi, on ne s'améliore pas forcément en vieillissant. Pour détendre l'atmosphère, j'ai intercalé entre les paragraphes des dessins de la graphiste chinoise Yang Liu.
 

 

 
Extraits de la conférence sur la féminité

 
En général, vous employez le mot « viril » dans le sens d' « actif » et le mot « féminin » dans le sens de « passif », non sans raison d'ailleurs. La cellule sexuelle mâle est active, mobile, elle va au-devant de la cellule féminine, l'ovule immobile et passif. Du reste, le comportement des individus mâle et femelle durant les rapports sexuels est calqué sur celui des organismes sexuels élémentaires.
 

Le complexe de castration de la fillette naît aussi à la vue des organes génitaux de l'autre sexe. Elle s'aperçoit immédiatement de la différence et en comprend aussi, il faut l'avouer, toute l'importance. [...] La fillette, quand elle découvre son désavantage, ne se résigne pas facilement : au contraire, longtemps encore elle espère se trouver un jour pourvue d'un pénis et cet espoir persiste parfois très tardivement.


 Parmi les mobiles capables d'inciter la femme adulte à se faire analyser, il faut compter le désir de posséder enfin le pénis. Le bien qu'elle attend raisonnablement du traitement, par exemple la possibilité d'exercer quelque profession intellectuelle, n'est souvent qu'une forme sublimée de ce désir refoulé.
 

Le désir du pénis a une indéniable importance. On cite quelquefois comme un exemple d'injustice masculine certain reproche adressé à la femme, à savoir que l'envie et la jalousie jouent un rôle plus considérable dans la vie spirituelle de la femme que dans celle de l'homme.


Nous imputons à la féminité un narcissisme plus développé qui influence le choix objectal, de sorte que, chez la femme, le besoin d'être aimée est plus grand que celui d'aimer. C'est encore l'envie du pénis qui provoque la vanité corporelle de la femme, celle-ci considérant ses charmes comme un dédommagement tardif et d'autant plus précieux à sa native infériorité sexuelle. La pudeur, vertu qui passe pour être spécifiquement féminine et qui est, en réalité, bien plus conventionnelle qu'on pourrait croire, a eu pour but primitif, croyons-nous, de dissimuler la défectuosité des organes génitaux.
 

On pense que les femmes n'ont que faiblement contribué aux découvertes et aux inventions de l'histoire de la civilisation. Peut-être ont-elles cependant trouvé une technique, celle du tissage, du tressage. [...] La nature elle-même aurait fourni le modèle d'une semblable copie en faisant pousser sur les organes génitaux les poils qui les masquent. Le progrès qui restait à faire était d'enlacer les fibres plantées dans la peau et qui ne formaient qu'une sorte de feutrage. 


La femme, il faut bien l'avouer, ne possède pas à un haut degré le sens de la justice, ce qui doit tenir, sans doute, à la prédominance de l'envie dans son psychisme. [...] Nous disons aussi que les femmes ont moins d'intérêts sociaux que les hommes, et que chez elles la faculté de sublimer les instincts reste plus faible.
 

Un homme âgé de trente ans environ est un être jeune, inachevé, susceptible d'évoluer encore. [...] Une femme du même âge, par contre, nous effraie par ce que nous trouvons chez elle de fixe, d'immuable; sa libido ayant adopté des positions définitives semble désormais incapable d'en changer. [...] tout se passe comme si le processus était achevé, à l'abri de toute influence, comme si la pénible évolution vers la féminité avait suffi à épuiser les possibilités de l'individu.


N'oubliez pas cependant que nous n'avons étudié la femme qu'en tant qu'être déterminé par sa fonction sexuelle. Le rôle de cette fonction est vraiment considérable, mais, individuellement, la femme peut être considérée comme une créature humaine. 



 

 
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 2

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-02-2015 20:10:16 - 5 commentaires

Monsieur de Sainte Colombe
Deuxième moitié du XVIIème

Beaucoup seraient passés à côté de Mr de Sainte Colombe, nonobstant les enregistrements de Jordi Savall et Wieland Kuijken dans les années 80-90, s'il n'y avait eu le merveilleux film d'Alain Corneau tiré du roman de Pascal Quignard "Tous les matins du monde" où on découvre un musicien veuf hypersensible incapable d'exprimer ses sentiments hormis avec sa viole qu'il maîtrise plus que tout autre :
 
 
Ce roman et ce film, basés sur les très rares informations concernant ce personnage important dans l'histoire de la viole se permettent le tour de force de présenter un portrait crédible de Ste Colombe alors qu'il s'agit essentiellement d'une fiction dont la justesse est plus dans la sensibilité que dans l'exactitude historique. En cela, "Tous les matins du monde" est le film à voir en ce qui concerne l'Esprit français (Je me cite : ce mélange de tragique et de légèreté, de noblesse et de modestie résultant de la fréquentation d'une culture et d'une nature dont la douceur le dispute à la générosité.)
 
 Traité de Jean Rousseau (1687) présentant les améliorations
 apportées par Ste Colombe au jeu de  la viole
 
D'après les recherches de Jonathan Dunford, "Jean de Sainte Colombe était le père de deux filles, Brigide et Françoise, et vivait dans la rue de Betizy (aujourd'hui la rue de Rivoli) dans le quartier de Saint-Germain-l'Auxerrois. Cette rue coupe la rue de la Monnaie et la rue Bertin Poirée; assez curieusement, ce sont deux des premières adresses du jeune Marin Marais."
 
Selon les mêmes recherches, il apparaîtrait qu'il pourrait avoir été de confession protestante, ce qui expliquerait qu'après la révocation de l'Edit de Nantes, il ait été écarté des registres officiels des musiciens du règne de Louis XIV.
 
Sainte Colombe est, musicalement, essentiellement connu pour le manuscrit de 67 concerts "a deux violes esgales" retrouvé dans les années 60 dans lequel les deux instruments dialoguent sur un même pied d'égalité. C'est le concert Bourrasque (Bourrasque, Balet, Sarabande, Gavote, Sarabande gaye) que je vous propose d'écouter en pensant à cet extrait du film d'Alain Corneau dans lequel Sainte Colombe, en pleine tempête, décrit la musique de la tourmente au pauvre Marin Marais qui n'y comprend goutte.


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L'ESPRIT FRANÇAIS 1

Par Le Lutin d'Ecouves - 06-02-2015 19:07:48 - 4 commentaires

Cette nouvelle série d'une vingtaine de billets a pour but de présenter ce que j'appelle l'Esprit français, ce mélange de tragique et de légèreté, de noblesse et de modestie résultant de la fréquentation d'une culture et d'une nature dont la douceur le dispute à la générosité. C'est dans la musique instrumentale des XVIIème et début XVIIIème siècles que cette esthétique singulière s'est particulièrement développée avant de se dissoudre dans le goût italien.
 
Ennemond Gaultier
1575-1651
 
 
C'est dans le premier tiers du XVIIème siècle que la facture du luth fut portée à la perfection grâce à la collaboration entre luthiers et luthistes. Interprète privilégié de la "douceur françoise", il fut chez nous considéré comme le plus noble des instruments. D'origine arabe, répandu dans toute l'Europe, il trouva son apogée en France chez les grands maîtres tels que Ballard, Mézangeau, Mouton, Gallot ou les cousins Gaultier Jacques, Denis et Ennemond.
 
Ennemond Gaultier, dit le vieux Gaultier, est né en Dauphiné en 1575 ; il "fust mis page a l'aage de sept ans chez la dame de Monsmorency et desla fust attiré au service de la reyne mère". C'est ainsi qu'il entra au service de Marie de Médicis. Il donna même des leçons de luth à la reine-mère ainsi qu'au cardinal de Richelieu [... et c'estoit la chose la plus ridicule qui se pust imaginer que de le voir prendre des leçons de Gaultier. (Tallemant des Réaux)].
 
Il fut au moins deux fois représentant de Marie de Médicis à la cour d'Angleterre et l'on se prend à rêver de sa rencontre (jamais mentionnée, malheureusement) avec l'immense compositeur et luthiste John Dowland.
 
L'exil définitif de Marie de Médicis finit par mettre un terme à la carrière de Gaultier qui passa ses vingt dernières années dans la région de Lyon.

La chaconne présentée ici fait partie de la centaine de pièces composées en tablature par Gaultier qui sont parvenues jusqu'à nous. Cette pièce lente et solennelle est empreinte d'une certaine tristesse retenue que l'on rencontre fréquemment chez les grands compositeurs pour luth ou viole de l'époque.

(Ref)
 
 
D'après des notes de Claude Chauvel

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ESPRIT DES LUMIÈRES

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-01-2015 12:11:07 - 6 commentaires


Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l'amour de Dieu. (...)

Il n'est d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. (...)

Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre. Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. (...)

Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne* qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. (...) Les sectes des philosophes étaient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en étaient le remède ; car l'effet de la philosophie est de rendre l'âme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillité.
(...)
 

Extrait de : Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif, 1764
 

*Voltaire fait ici référence à la secte de Hassan ibn Sabbâh (fin XIe-XIIe s.) connue sous le nom secte des Assassins. Le mot proviendrait de asâs, qui signifie  base , fondement (de la Foi) et non de haschisch comme certains auteurs occidentaux l'ont suggéré.


 
 

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TÊTE DE COCHON

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-01-2015 15:02:29 - 9 commentaires

 

Chez mon boucher le 6 janvier
 
J'ai l'air fin là, comme ça. Je savais bien que ça allait se terminer ainsi. Pourtant, j'ai fait des études, j'ai beaucoup réfléchi mais on ne lutte pas contre sa condition.
 
Ils m'ont appelé Large White et pourtant, ils m'ont toujours associé à la couleur rose. C'est vrai que je viens d'Angleterre et que là-bas, on est blanc avant de passer au rose sous l'effet des premiers rayons estivaux. Je suis d'ailleurs sujet aux coups de soleil comme ceux qui me consomment.
 
Mon aspect  et ma couleur sont tellement familiers qu'on a oublié que je suis issu d'une série de croisements datant du XVIIIème siècle et que je n'ai été introduit en France qu'au XIXème. En fait, je suis très récent, ce qui n'a pas empêché certains auteurs de livres d'histoire de me faire voyager dans le temps en me représentant au Moyen-Age comme ici :
 

Ben non, mes ancêtres n'étaient pas roses mais bruns et étaient même couverts de poils comme on le voit dans le livre d'heures du Duc de Berry (XVème) :
 
 
Les types là, ils exercent un droit coutumier. En effet, si la chasse et la coupe du bois était interdite dans les forêts qui appartenaient aux seigneurs, le ramassage du bois mort et la consommation des glands étaient autorisés. C'est pourquoi on emmenait les porcs à la glandée en automne. Mes ancêtres s'engraissaient dans les bois pendant que leurs propriétaires discutaient le bout de gras sans rien faire. C'est de là que le verbe "glander" est issu.
 
Tiens, le gland, ça me fait penser à autre chose... Mon espèce est plus efficacement outillée que ce grand crétin qui n'a rien trouvé d'autre qu'un corps caverneux gorgé de sang pour se reproduire. La plupart ignorent que les porcs ont la queue en tire-bouchon.
 
Mais non, je ne parle pas de l'appendice caudal mais bien du pénis :
 
C'est un cordon tendineux qui provoque l'érection chez moi, permettant ainsi de découvrir la fente de l'urètre mais surtout à mon pénis d'avoir cette jolie forme de tire-bouchon qui lui permet de s'insérer directement dans le col de l'utérus de la truie en se verrouillant, ce qui évite de gaspiller la semence n'importe où comme le fait l'autre primate. 
 
Tiens, cette histoire de pénis me fait penser au fait que les religions qui me détestent le plus sont celles qui se taillent le bout du kiki. Ça doit dater des Égyptiens qui avaient interdit ma consommation aux prêtres car j'étais attaché au dieu Seth, le meurtrier d'Osiris. 
 
Ça pique !

J'étais aussi interdit de temple, c'est à dire de sacrifice, ce qui n'empêchait pas le peuple de manger du cochon.
 
Penser que ces interdits alimentaires sont dus à des raisons hygiéniques (conservation dans des pays chauds) est un raccourci (hi hi) bien pratique mais c'est un argument qui ne tient pas la route sinon, on trouverait le même  interdit dans certaines régions chaudes d'Asie qui sont justement des grosses consommatrices de porc. Quant à la transmission de la Trichinose par ma viande mal cuite c'est une réalité mais elle n'a été mise en évidence qu'au XIXème siècle ; alors... Alors oui, me condamner ainsi à l'opprobre n'est que malveillance, moi qui ai nourri l'Europe durant des siècles jusqu'à ce que le peuple aie les moyens de consommer les bovins qui, jusqu'à récemment étaient surtout réservés à la production du lait et au travail.
 
Tiens, je m'aperçois que je fais l'apologie de ma consommation. Vraiment, on ne se refait pas... 
 
On peut aussi m'aimer comme animal de compagnie car je suis plus intelligent qu'un chien et aussi propre qu'un chat puisque je fais naturellement mes besoins dans ma litière à partir du moment où on m'en fournit une. Je sens très bon (le jambon) si on prend le soin de me donner un bain régulièrement, ce qui est très bon pour ma peau assez fragile. Bien sûr, il faut savoir me dresser à l'instar du chien car comme lui et l'homme, je suis naturellement agressif et on doit apprendre à me dominer (tous les conseils d'élevage sur le site Groin-Groin).

Photo Groin-Groin

Moi le Large White, avec mes 200 à 300 kg à l'âge adulte, j'ai peu de chance d'être adopté mais mes cousins nains (qui atteignent cependant 35 à 60 kg à terme) sont plus adaptés que moi à la vie domestique.
 
Tout le paradoxe est là : m'aimer n'empêche pas qu'on me mange, même les lutins collectionneurs de cochons et amateurs de rillettes...
 
 Article écrit sur ordinateur pur porc
 
 
 


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LE PETIT BONHOMME EN BOIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-11-2014 18:44:59 - 3 commentaires

Woodkid
 
Woodkid, plus qu’un alter ego, est un projet débuté en 2011 par Yoann Lemoine, jeune artiste Lyonnais, né en 1983, habitant maintenant à New-York. Il était temps que j'en parle car il vient d'annoncer l'arrêt du projet Woodkid pour au moins 5 ans, l'artiste se consacrant actuellement à l'écriture d'un film.

Extrait de sa lettre datant de juillet 2014 :
 
The Golden Age a été une aventure incroyable.
 
Il y a 6 ans, j’étais un simple réalisateur de films indés, travaillant dur pour pouvoir payer mon loyer et j’ai écrit mes premières chansons, presque comme une blague. Je n’aurais jamais pensé une seule seconde que j’allais finir sur scène, chanter pour des centaines de milliers de personnes. J’ai porté ce projet comme si cela était mon bébé, chaque jour de ma vie pendant 4 ans, et ce n’était pas toujours facile.
 
J’ai besoin de prendre un peu de repos, penser au futur et travailler sur de nouveaux projets, faire plus de musique, du son, ouvrir mon esprit à nouveau, me concentrer sur mes premiers films et d’autres alternatives artistiques que je souhaite développer.
 
Il nous reste heureusement un album et quelques singles (je recommande surtout "Iron" pour les chansons "Brooklyn" et "Baltimore Fireflies") ; l'essentiel étant, bien sûr The Golden Age, album sorti en 2013, petite merveille d'énergie mélancolique à l'orchestration somptueuse.
 
Pochette de The Golden Age

Dans cet album à la finition exceptionnelle, l'ample et étrange voix de l'artiste est accompagnée de percussionnistes et d'un ensemble de cuivres qui dresse des murs déferlant comme de véritables tsunamis musicaux, le tout étant accompagné de claviers électroniques. Ce n'est ni rock, ni électro, l’ensemble est unique en son genre. Un exemple de ce son dans  "Ghost Lights":

 

L'univers sensible de Woodkid est aussi graphique et onirique comme dans ce clip réalisé par l'auteur lui-même :

 
Concernant le titre de l'album, Yoann Lemoine s'explique à ce propos : 
 
C'est un disque sur la perte de l'enfance. L'album s'ouvre sur le moment où elle s'est terminée, lorsque j'ai quitté Lyon pour Paris. Je me revois avec ma mère franchir le seuil de notre appartement, à 18 ans. Je me suis retourné et il n'y avait plus rien, j'ai entendu comme un appel et j'ai compris que l'âge d'or venait de se clore.
 
Pour terminer et rester dans l'univers graphique du XXIème siècle, voici le clip officiel du jeu Assassin's Creed Unity dont la musique illustrative est la chanson titre "The Golden Age":

 

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PROJET 2013-14 : LE PORTRAIT AU 20ème SIÈCLE

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-06-2014 17:46:30 - 9 commentaires

Plutôt que d'explorer un nouvel artiste comme je le fais depuis un moment, j'ai voulu, en cette dernière année d'enseignement, revenir sur des artistes qui me tenaient à cœur et particulièrement des portraitistes du 20ème siècle dont le style est abordable par des enfants : Warhol, Picasso, Matisse et Modigliani (étant entendu que pour moi, les deux génies du portrait au 20ème restent Francis Bacon et Lucian Freud dont l'art poserait des problèmes techniques et parfois éthiques en classe).
 
Voici quelques exemples produits par mes derniers élèves de CM2, 15 garçons et 6 filles parmi les plus gentils que j'ai jamais eus.


1ère étape : Andy Warhol
Feutre sur photo grise en format A3
 
Les enfants ont bien intégré le côté pop de Warhol, en en rajoutant même dans le flashy...

 
 
 
 
 
 
 
2ème étape : Henri Matisse
Feutre noir sur papier blanc A4
Feutre blanc sur papier noir A4
(après esquisse au crayon)
 
Nous nous sommes intéressés aux esquisses de portraits de Matisse, dont la simplicité convient bien aux enfants, tout en leur apprenant ce qui est essentiel dans un visage.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3ème étape : Amedeo Modigliani
Feutre noir sur papier blanc A3

Suite logique du travail précédent, il s'agit d'esquisser les traits principaux de tableaux de Modigliani pour en garder l'essentiel. Ce travail va servir de préparation au suivant.
 
 
 
 
 
A noter sur ce dernier travail, le côté très "manga" du personnage qui est une interprétation très libre d'un tableau :
 

En effet, je ne demande jamais aux enfants de "copier" une œuvre mais de s'en servir comme cadre à l'intérieur duquel ils sont libres de s'exprimer.


4ème étape : Amedeo Modigliani
Crayon puis pastel sur papier 40x60cm

Les travaux sont d'abord esquissés sur A4 puis reproduits sur grande feuille avant d'être coloriés de plusieurs couches de pastels qui sont travaillées par lissage ou grattage selon les besoins.
 
 
 
 
 
 


5ème étape : Pablo Picasso
Crayon puis pastel sur papier 40x60cm

Artiste polymorphe s'il en est, Picasso se prête à tous les goûts et à toutes les interprétations. C'est dans le cadre si libre de cet artiste que les enfants ont le mieux exprimé leur personnalité, ce qui donne des portraits d'une étonnante variété. On s'amusera à reconnaître, entre autres, ici une petite fille à la grande rigueur mathématique, là un petit garçon sensible d'une étonnante culture ou ailleurs, un grand gaillard à l'expression virile.
 
 


 
 
 
 
 
 

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L'ART DU HAÏKU EN CM2

Par Le Lutin d'Ecouves - 22-01-2014 14:21:38 - 9 commentaires

En 2010, j'avais déjà étudié l'art du haïku avec des élèves de CE1-CE2 (7 et 8 ans) et cela avait donné des résultats surprenants, révélant chez ces petits une poésie insoupçonnée. Ayant un CM2 (10 à 11 ans) en cette dernière année d'enseignement, je n'ai pas résisté à l'idée de renouveler l'expérience avec des enfants plus mûrs.
 
Après une séance de lecture de haïkus classiques et modernes puis un cours sur ce qu'est le haïku, son origine et son histoire, j'ai demandé aux élèves d'en choisir deux et de les apprendre pour les réciter en classe durant quelques jours ; étape importante car ce type de poésie passe beaucoup par le ressenti et l'imprégnation.

 

Une séance de rédaction a suivi lors de laquelle j'ai demandé aux élèves de respecter la structure classique (5,7,5) dans la mesure du possible mais aussi d'exprimer ce qui fait le charme particulier du haïku : présence de la nature, de l'instant, de l'impression ...

Mise au propre sur ordinateur : pour des raisons d'esthétique, j'ai demandé aux enfants d'illustrer chaque production par un mot choisi dans le texte et traduit en japonais à partir d'un dictionnaire en ligne. Ultérieurement et dans le cadre du Printemps de Poètes en mars, les élèves vont produire des affiches en illustrant leurs poésies avec ces mêmes idéogrammes (Kanji) tracés au pinceau à l'encre de Chine ; ainsi je conjuguerai poésie, arts plastiques, informatique, histoire de l'Art et Géographie, la frime pédagogique en somme ...

Voici quelques exemples choisis parmi la soixantaine de Haïkus produits :

 

Les nuages me donnent
leur secret le plus précieux
ce n'est que de l'eau

 
 
Il pleut très fort
la ville est un poisson
un jour d'automne.

Assise dans la nuit
Une étoile filante
Éclaircit mon rêve

Elle me regarde
La lune est une reine
Je suis une étoile.

星空

 

 
Un grain de poussière
court après un ballon rouge
non, c'est un chaton noir !

子猫

 

Dans le ciel d'azur
Les nuages semblent danser
Avec le mistral.


Du feu dans la mer
Illumine la journée
Phénix arc-en-ciel

不死鳥

  


Le soleil se couche
L'année du dragon commence
Et le feu revient

Un aileron dans l'eau
Sous la pluie et sous la lune
Une grande bouche ouverte

Fleurs de la montagne
Un bon parfum d'été
Après-midi calme

 

Un mur invisible
Me prive de mon élan
Vers l'avenir.

 

 
La mer engloutit
Les marins et les bateaux
Pour soigner sa faim

 

 
Les étoiles blanches
Illuminent soudain mes yeux,
Embaument mon cœur.
星影
  
 
 
La lune dans ses yeux
Le reflet du soleil
Amplifie sa beauté.

健康美

 

Un petit bruit grandit
Doucement l'herbe refroidit
La pluie de retour.

Un jour, dans ma chambre.
Une ombre est apparue,
là, derrière le meuble.

自室

 
 
La pluie est tombée.
La terre l'a absorbée.
Et soudain, une fleur.

 

Les yeux se ferment,
un autre monde s'ouvre à nous
On l'attendait !

世界


 
Les aurores boréales
sont des fragments d'étoiles
qui regardent la terre

小片

 

Nuit de brouillard,
comme les larmes des planètes
qui nous entourent

Neige étrangère,
Incendie de poussière, 
Le film s'achève.

Les vagues éternelles,
Sur la plage le sable crisse,
Le vent chaud l'emporte.

 

Les feuilles rouges
tombent comme la neige.
L'automne est de retour.
 
 
 
 
 
 
 
 
Haïku de Basho (1686)
 
 
 

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PÈRE NOËL ORIGINES

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-12-2013 12:03:32 - 4 commentaires

 
Le coup de cœur du Lutin d'Ecouves pour Noël : ce film finlandais de Jalmari Helander qui renouvelle (c'est le moins qu'on puisse dire) la légende du Père Noël.
 
L'histoire : 
 
A la frontière finlando-russe, en pays Sami, des recherches sont effectuées par une équipe américaine qui a creusé une sorte de gouffre dans une montagne où la légende situe le vrai village du Père Noël. 
 
Mais voilà, les habitants du coin s'aperçoivent bien vite que quelque chose ne va pas. Un massacre de rennes est bientôt perpétré, l'équipe de chercheurs disparaît mystérieusement ainsi que les enfants du village.
 
Bouillie de rennes, Noël commence bien !
 
Le jeune Pietari qui vit avec son rude papa et qui ne quitte jamais son fusil, enquête et découvre bientôt grâce à ses lectures de contes locaux que le Père Noël, le vrai, pourrait être impliqué dans ces disparitions. Or, le fameux personnage qui terrorisait le peuple Sami il y a des siècles semble bien plus agressif que le minable type en robe Coca Cola qui est représenté habituellement dans la littérature enfantine.
 
 Pietari ne quitte plus son casque et sa protection anti-fessée

Pietari et son père vont bientôt capturer un type barbu à poil qu'ils vont d'abord prendre pour le Père Noël. Après avoir essayé de le débiter à la scie circulaire, ils vont s'apercevoir qu'il est encore vivant et, aidés d'un voisin,  ils tentent de le vendre, histoire de se rembourser de la perte d'exploitation due au massacre des rennes.

Pas gros mais agressif, le mec ...

A ce moment, le film tourne au délire (cependant contrôlé par un excellent humour à froid) car les amis s’aperçoivent que leur prisonnier n'est pas le Santa Claus mais juste un de ses lutins chargés de faire le sale boulot comme égorger les rennes ou capturer les gosses. Ils découvrent vite que de nombreux lutins agressifs et tout nus ont entrepris de décongeler le vrai Père Noël en piquant tous les dispositifs de chauffage du village, y compris les sèche-cheveux. Quand Pietari, son père et ses amis découvrent l’ampleur du danger, ils n'ont qu'une solution : disperser le monstre façon puzzle.

La vache, il est là-dedans, le vrai Père Noël ?

Ce film est une petite merveille d'humour glacé, preuve que le cinéma scandinave est plus que vivace et surtout d'une bien plus grande originalité que les produits formatés made in America et très éloigné des préoccupations bourgeoises du cinéma français. On en avait eu un bon exemple dans Morse, extraordinaire film suédois qui faisait plus que renouveler le thème du vampirisme à des années-lumière des océans de sirop d'érable du détestable Twilight. Précipitez-vous pour le voir sur votre Box ou achetez le DVD et passez un bon Noël.

Bande annonce :

 
 
 

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