KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Culture et confiture
Le Lutin d'Ecouves

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Dans la catégorie Culture et confiture

ESPRIT DES LUMIÈRES

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-01-2015 12:11:07 - 6 commentaires


Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l'amour de Dieu. (...)

Il n'est d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. (...)

Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre. Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. (...)

Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne* qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. (...) Les sectes des philosophes étaient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en étaient le remède ; car l'effet de la philosophie est de rendre l'âme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillité.
(...)
 

Extrait de : Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif, 1764
 

*Voltaire fait ici référence à la secte de Hassan ibn Sabbâh (fin XIe-XIIe s.) connue sous le nom secte des Assassins. Le mot proviendrait de asâs, qui signifie  base , fondement (de la Foi) et non de haschisch comme certains auteurs occidentaux l'ont suggéré.


 
 

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TÊTE DE COCHON

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-01-2015 15:02:29 - 9 commentaires

 

Chez mon boucher le 6 janvier
 
J'ai l'air fin là, comme ça. Je savais bien que ça allait se terminer ainsi. Pourtant, j'ai fait des études, j'ai beaucoup réfléchi mais on ne lutte pas contre sa condition.
 
Ils m'ont appelé Large White et pourtant, ils m'ont toujours associé à la couleur rose. C'est vrai que je viens d'Angleterre et que là-bas, on est blanc avant de passer au rose sous l'effet des premiers rayons estivaux. Je suis d'ailleurs sujet aux coups de soleil comme ceux qui me consomment.
 
Mon aspect  et ma couleur sont tellement familiers qu'on a oublié que je suis issu d'une série de croisements datant du XVIIIème siècle et que je n'ai été introduit en France qu'au XIXème. En fait, je suis très récent, ce qui n'a pas empêché certains auteurs de livres d'histoire de me faire voyager dans le temps en me représentant au Moyen-Age comme ici :
 

Ben non, mes ancêtres n'étaient pas roses mais bruns et étaient même couverts de poils comme on le voit dans le livre d'heures du Duc de Berry (XVème) :
 
 
Les types là, ils exercent un droit coutumier. En effet, si la chasse et la coupe du bois était interdite dans les forêts qui appartenaient aux seigneurs, le ramassage du bois mort et la consommation des glands étaient autorisés. C'est pourquoi on emmenait les porcs à la glandée en automne. Mes ancêtres s'engraissaient dans les bois pendant que leurs propriétaires discutaient le bout de gras sans rien faire. C'est de là que le verbe "glander" est issu.
 
Tiens, le gland, ça me fait penser à autre chose... Mon espèce est plus efficacement outillée que ce grand crétin qui n'a rien trouvé d'autre qu'un corps caverneux gorgé de sang pour se reproduire. La plupart ignorent que les porcs ont la queue en tire-bouchon.
 
Mais non, je ne parle pas de l'appendice caudal mais bien du pénis :
 
C'est un cordon tendineux qui provoque l'érection chez moi, permettant ainsi de découvrir la fente de l'urètre mais surtout à mon pénis d'avoir cette jolie forme de tire-bouchon qui lui permet de s'insérer directement dans le col de l'utérus de la truie en se verrouillant, ce qui évite de gaspiller la semence n'importe où comme le fait l'autre primate. 
 
Tiens, cette histoire de pénis me fait penser au fait que les religions qui me détestent le plus sont celles qui se taillent le bout du kiki. Ça doit dater des Égyptiens qui avaient interdit ma consommation aux prêtres car j'étais attaché au dieu Seth, le meurtrier d'Osiris. 
 
Ça pique !

J'étais aussi interdit de temple, c'est à dire de sacrifice, ce qui n'empêchait pas le peuple de manger du cochon.
 
Penser que ces interdits alimentaires sont dus à des raisons hygiéniques (conservation dans des pays chauds) est un raccourci (hi hi) bien pratique mais c'est un argument qui ne tient pas la route sinon, on trouverait le même  interdit dans certaines régions chaudes d'Asie qui sont justement des grosses consommatrices de porc. Quant à la transmission de la Trichinose par ma viande mal cuite c'est une réalité mais elle n'a été mise en évidence qu'au XIXème siècle ; alors... Alors oui, me condamner ainsi à l'opprobre n'est que malveillance, moi qui ai nourri l'Europe durant des siècles jusqu'à ce que le peuple aie les moyens de consommer les bovins qui, jusqu'à récemment étaient surtout réservés à la production du lait et au travail.
 
Tiens, je m'aperçois que je fais l'apologie de ma consommation. Vraiment, on ne se refait pas... 
 
On peut aussi m'aimer comme animal de compagnie car je suis plus intelligent qu'un chien et aussi propre qu'un chat puisque je fais naturellement mes besoins dans ma litière à partir du moment où on m'en fournit une. Je sens très bon (le jambon) si on prend le soin de me donner un bain régulièrement, ce qui est très bon pour ma peau assez fragile. Bien sûr, il faut savoir me dresser à l'instar du chien car comme lui et l'homme, je suis naturellement agressif et on doit apprendre à me dominer (tous les conseils d'élevage sur le site Groin-Groin).

Photo Groin-Groin

Moi le Large White, avec mes 200 à 300 kg à l'âge adulte, j'ai peu de chance d'être adopté mais mes cousins nains (qui atteignent cependant 35 à 60 kg à terme) sont plus adaptés que moi à la vie domestique.
 
Tout le paradoxe est là : m'aimer n'empêche pas qu'on me mange, même les lutins collectionneurs de cochons et amateurs de rillettes...
 
 Article écrit sur ordinateur pur porc
 
 
 


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LE PETIT BONHOMME EN BOIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-11-2014 18:44:59 - 3 commentaires

Woodkid
 
Woodkid, plus qu’un alter ego, est un projet débuté en 2011 par Yoann Lemoine, jeune artiste Lyonnais, né en 1983, habitant maintenant à New-York. Il était temps que j'en parle car il vient d'annoncer l'arrêt du projet Woodkid pour au moins 5 ans, l'artiste se consacrant actuellement à l'écriture d'un film.

Extrait de sa lettre datant de juillet 2014 :
 
The Golden Age a été une aventure incroyable.
 
Il y a 6 ans, j’étais un simple réalisateur de films indés, travaillant dur pour pouvoir payer mon loyer et j’ai écrit mes premières chansons, presque comme une blague. Je n’aurais jamais pensé une seule seconde que j’allais finir sur scène, chanter pour des centaines de milliers de personnes. J’ai porté ce projet comme si cela était mon bébé, chaque jour de ma vie pendant 4 ans, et ce n’était pas toujours facile.
 
J’ai besoin de prendre un peu de repos, penser au futur et travailler sur de nouveaux projets, faire plus de musique, du son, ouvrir mon esprit à nouveau, me concentrer sur mes premiers films et d’autres alternatives artistiques que je souhaite développer.
 
Il nous reste heureusement un album et quelques singles (je recommande surtout "Iron" pour les chansons "Brooklyn" et "Baltimore Fireflies") ; l'essentiel étant, bien sûr The Golden Age, album sorti en 2013, petite merveille d'énergie mélancolique à l'orchestration somptueuse.
 
Pochette de The Golden Age

Dans cet album à la finition exceptionnelle, l'ample et étrange voix de l'artiste est accompagnée de percussionnistes et d'un ensemble de cuivres qui dresse des murs déferlant comme de véritables tsunamis musicaux, le tout étant accompagné de claviers électroniques. Ce n'est ni rock, ni électro, l’ensemble est unique en son genre. Un exemple de ce son dans  "Ghost Lights":

 

L'univers sensible de Woodkid est aussi graphique et onirique comme dans ce clip réalisé par l'auteur lui-même :

 
Concernant le titre de l'album, Yoann Lemoine s'explique à ce propos : 
 
C'est un disque sur la perte de l'enfance. L'album s'ouvre sur le moment où elle s'est terminée, lorsque j'ai quitté Lyon pour Paris. Je me revois avec ma mère franchir le seuil de notre appartement, à 18 ans. Je me suis retourné et il n'y avait plus rien, j'ai entendu comme un appel et j'ai compris que l'âge d'or venait de se clore.
 
Pour terminer et rester dans l'univers graphique du XXIème siècle, voici le clip officiel du jeu Assassin's Creed Unity dont la musique illustrative est la chanson titre "The Golden Age":

 

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PROJET 2013-14 : LE PORTRAIT AU 20ème SIÈCLE

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-06-2014 17:46:30 - 9 commentaires

Plutôt que d'explorer un nouvel artiste comme je le fais depuis un moment, j'ai voulu, en cette dernière année d'enseignement, revenir sur des artistes qui me tenaient à cœur et particulièrement des portraitistes du 20ème siècle dont le style est abordable par des enfants : Warhol, Picasso, Matisse et Modigliani (étant entendu que pour moi, les deux génies du portrait au 20ème restent Francis Bacon et Lucian Freud dont l'art poserait des problèmes techniques et parfois éthiques en classe).
 
Voici quelques exemples produits par mes derniers élèves de CM2, 15 garçons et 6 filles parmi les plus gentils que j'ai jamais eus.


1ère étape : Andy Warhol
Feutre sur photo grise en format A3
 
Les enfants ont bien intégré le côté pop de Warhol, en en rajoutant même dans le flashy...

 
 
 
 
 
 
 
2ème étape : Henri Matisse
Feutre noir sur papier blanc A4
Feutre blanc sur papier noir A4
(après esquisse au crayon)
 
Nous nous sommes intéressés aux esquisses de portraits de Matisse, dont la simplicité convient bien aux enfants, tout en leur apprenant ce qui est essentiel dans un visage.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3ème étape : Amedeo Modigliani
Feutre noir sur papier blanc A3

Suite logique du travail précédent, il s'agit d'esquisser les traits principaux de tableaux de Modigliani pour en garder l'essentiel. Ce travail va servir de préparation au suivant.
 
 
 
 
 
A noter sur ce dernier travail, le côté très "manga" du personnage qui est une interprétation très libre d'un tableau :
 

En effet, je ne demande jamais aux enfants de "copier" une œuvre mais de s'en servir comme cadre à l'intérieur duquel ils sont libres de s'exprimer.


4ème étape : Amedeo Modigliani
Crayon puis pastel sur papier 40x60cm

Les travaux sont d'abord esquissés sur A4 puis reproduits sur grande feuille avant d'être coloriés de plusieurs couches de pastels qui sont travaillées par lissage ou grattage selon les besoins.
 
 
 
 
 
 


5ème étape : Pablo Picasso
Crayon puis pastel sur papier 40x60cm

Artiste polymorphe s'il en est, Picasso se prête à tous les goûts et à toutes les interprétations. C'est dans le cadre si libre de cet artiste que les enfants ont le mieux exprimé leur personnalité, ce qui donne des portraits d'une étonnante variété. On s'amusera à reconnaître, entre autres, ici une petite fille à la grande rigueur mathématique, là un petit garçon sensible d'une étonnante culture ou ailleurs, un grand gaillard à l'expression virile.
 
 


 
 
 
 
 
 

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L'ART DU HAÏKU EN CM2

Par Le Lutin d'Ecouves - 22-01-2014 14:21:38 - 9 commentaires

En 2010, j'avais déjà étudié l'art du haïku avec des élèves de CE1-CE2 (7 et 8 ans) et cela avait donné des résultats surprenants, révélant chez ces petits une poésie insoupçonnée. Ayant un CM2 (10 à 11 ans) en cette dernière année d'enseignement, je n'ai pas résisté à l'idée de renouveler l'expérience avec des enfants plus mûrs.
 
Après une séance de lecture de haïkus classiques et modernes puis un cours sur ce qu'est le haïku, son origine et son histoire, j'ai demandé aux élèves d'en choisir deux et de les apprendre pour les réciter en classe durant quelques jours ; étape importante car ce type de poésie passe beaucoup par le ressenti et l'imprégnation.

 

Une séance de rédaction a suivi lors de laquelle j'ai demandé aux élèves de respecter la structure classique (5,7,5) dans la mesure du possible mais aussi d'exprimer ce qui fait le charme particulier du haïku : présence de la nature, de l'instant, de l'impression ...

Mise au propre sur ordinateur : pour des raisons d'esthétique, j'ai demandé aux enfants d'illustrer chaque production par un mot choisi dans le texte et traduit en japonais à partir d'un dictionnaire en ligne. Ultérieurement et dans le cadre du Printemps de Poètes en mars, les élèves vont produire des affiches en illustrant leurs poésies avec ces mêmes idéogrammes (Kanji) tracés au pinceau à l'encre de Chine ; ainsi je conjuguerai poésie, arts plastiques, informatique, histoire de l'Art et Géographie, la frime pédagogique en somme ...

Voici quelques exemples choisis parmi la soixantaine de Haïkus produits :

 

Les nuages me donnent
leur secret le plus précieux
ce n'est que de l'eau

 
 
Il pleut très fort
la ville est un poisson
un jour d'automne.

Assise dans la nuit
Une étoile filante
Éclaircit mon rêve

Elle me regarde
La lune est une reine
Je suis une étoile.

星空

 

 
Un grain de poussière
court après un ballon rouge
non, c'est un chaton noir !

子猫

 

Dans le ciel d'azur
Les nuages semblent danser
Avec le mistral.


Du feu dans la mer
Illumine la journée
Phénix arc-en-ciel

不死鳥

  


Le soleil se couche
L'année du dragon commence
Et le feu revient

Un aileron dans l'eau
Sous la pluie et sous la lune
Une grande bouche ouverte

Fleurs de la montagne
Un bon parfum d'été
Après-midi calme

 

Un mur invisible
Me prive de mon élan
Vers l'avenir.

 

 
La mer engloutit
Les marins et les bateaux
Pour soigner sa faim

 

 
Les étoiles blanches
Illuminent soudain mes yeux,
Embaument mon cœur.
星影
  
 
 
La lune dans ses yeux
Le reflet du soleil
Amplifie sa beauté.

健康美

 

Un petit bruit grandit
Doucement l'herbe refroidit
La pluie de retour.

Un jour, dans ma chambre.
Une ombre est apparue,
là, derrière le meuble.

自室

 
 
La pluie est tombée.
La terre l'a absorbée.
Et soudain, une fleur.

 

Les yeux se ferment,
un autre monde s'ouvre à nous
On l'attendait !

世界


 
Les aurores boréales
sont des fragments d'étoiles
qui regardent la terre

小片

 

Nuit de brouillard,
comme les larmes des planètes
qui nous entourent

Neige étrangère,
Incendie de poussière, 
Le film s'achève.

Les vagues éternelles,
Sur la plage le sable crisse,
Le vent chaud l'emporte.

 

Les feuilles rouges
tombent comme la neige.
L'automne est de retour.
 
 
 
 
 
 
 
 
Haïku de Basho (1686)
 
 
 

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PÈRE NOËL ORIGINES

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-12-2013 12:03:32 - 4 commentaires

 
Le coup de cœur du Lutin d'Ecouves pour Noël : ce film finlandais de Jalmari Helander qui renouvelle (c'est le moins qu'on puisse dire) la légende du Père Noël.
 
L'histoire : 
 
A la frontière finlando-russe, en pays Sami, des recherches sont effectuées par une équipe américaine qui a creusé une sorte de gouffre dans une montagne où la légende situe le vrai village du Père Noël. 
 
Mais voilà, les habitants du coin s'aperçoivent bien vite que quelque chose ne va pas. Un massacre de rennes est bientôt perpétré, l'équipe de chercheurs disparaît mystérieusement ainsi que les enfants du village.
 
Bouillie de rennes, Noël commence bien !
 
Le jeune Pietari qui vit avec son rude papa et qui ne quitte jamais son fusil, enquête et découvre bientôt grâce à ses lectures de contes locaux que le Père Noël, le vrai, pourrait être impliqué dans ces disparitions. Or, le fameux personnage qui terrorisait le peuple Sami il y a des siècles semble bien plus agressif que le minable type en robe Coca Cola qui est représenté habituellement dans la littérature enfantine.
 
 Pietari ne quitte plus son casque et sa protection anti-fessée

Pietari et son père vont bientôt capturer un type barbu à poil qu'ils vont d'abord prendre pour le Père Noël. Après avoir essayé de le débiter à la scie circulaire, ils vont s'apercevoir qu'il est encore vivant et, aidés d'un voisin,  ils tentent de le vendre, histoire de se rembourser de la perte d'exploitation due au massacre des rennes.

Pas gros mais agressif, le mec ...

A ce moment, le film tourne au délire (cependant contrôlé par un excellent humour à froid) car les amis s’aperçoivent que leur prisonnier n'est pas le Santa Claus mais juste un de ses lutins chargés de faire le sale boulot comme égorger les rennes ou capturer les gosses. Ils découvrent vite que de nombreux lutins agressifs et tout nus ont entrepris de décongeler le vrai Père Noël en piquant tous les dispositifs de chauffage du village, y compris les sèche-cheveux. Quand Pietari, son père et ses amis découvrent l’ampleur du danger, ils n'ont qu'une solution : disperser le monstre façon puzzle.

La vache, il est là-dedans, le vrai Père Noël ?

Ce film est une petite merveille d'humour glacé, preuve que le cinéma scandinave est plus que vivace et surtout d'une bien plus grande originalité que les produits formatés made in America et très éloigné des préoccupations bourgeoises du cinéma français. On en avait eu un bon exemple dans Morse, extraordinaire film suédois qui faisait plus que renouveler le thème du vampirisme à des années-lumière des océans de sirop d'érable du détestable Twilight. Précipitez-vous pour le voir sur votre Box ou achetez le DVD et passez un bon Noël.

Bande annonce :

 
 
 

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VIVALDI ET LE CONCERTO 20

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-11-2013 18:32:18 - 3 commentaires

En perspective
 
 
Pour terminer cette série sur Vivaldi, je vous propose d'écouter le premier mouvement du concerto RV 552 "Per eco in lontano" dans lequel, après une longue introduction des cordes, un premier violon soliste engage la conversation avec un deuxième violon situé acoustiquement à l'arrière, ce qui donne un effet de perspective à l'orchestre, rajoutant ainsi un effet "3D" à la musique.
 
Selon la taille et la qualité acoustique de la salle de concert, on peut faire jouer le deuxième violon réellement à distance ou, plus simplement, le faire jouer avec une sourdine qui imitera l'éloignement.
 
 Sourdine pour violon

Quelle que soit la solution choisie, on obtient un effet saisissant mettant particulièrement en valeur ce splendide concerto de la maturité de Vivaldi qui produisit à cette époque des œuvres de plus en plus longues et recherchées.
 
 
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VIVALDI ET LE CONCERTO 19

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-10-2013 16:49:31 - 2 commentaires

Pour les deux derniers billets de la série, je vous propose d'aborder la spatialisation, très présente dans la musique de Vivaldi.
 
En stéréo
 

Il ne faut pas croire que la reproduction stéréophonique n'est qu'une lubie des ingénieurs du 20ème siècle ; elle est une adaptation technique à la réalité de la musique occidentale qui s'interprète généralement face au public, permettant aux compositeurs de jouer sur la mise en espace de leur musique.
 
Si Vivaldi n'est pas l'inventeur de cette spatialisation, il l'a abondamment utilisée dans ses œuvres, spécialement en ce qui concerne ses concertos "a due cori" ou plus précisément pour deux orchestres situés symétriquement de part et d'autre de la scène. 

Le concerto RV 584 est un bon exemple de cette pratique avec ses deux orchestres à cordes se répondant alternativement dans les tutti à l'instar des deux violons et des deux orgues dialoguant de gauche et de droite dans les soli.

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LIU BOLIN, L'HOMME INVISIBLE

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-09-2013 18:21:25 - 9 commentaires


L'artiste chinois Liu Bolin, né en 1973, est diplômé de l'école des Beaux-Arts de Pékin. Ayant vécu la formidable transformation économique et sociale de son pays, il cherche à exprimer le désarroi de l'individu face à l'inexorabilité des changements qui bouleversent la société.


Peintre et sculpteur, il se met à la photographie en 2005 après la destruction de son studio et du village d'artistes qui l'abritait pour cause de restructuration en vue des jeux olympiques de 2008.
 
 
Sa technique est toujours la même : il repère un endroit puis prépare les couleurs et l'angle de vue puis il se fait peindre par des assistants (sur cette photo, il s'agit d'étudiants allemands). Le résultat est assez stupéfiant :
 


Une photographie demande au moins cinq heures de travail lors desquels Liu Bolin et ses assistants préparent et réalisent la performance.

 

L'artiste explique lors de ses interviews que son art est pour lui une manière de résister à la censure ainsi qu'à l’oppression et il insiste sur le message qu'il y a derrière chaque œuvre.
 
 
L'artiste se produit un peu partout dans le monde :
 
New-York - Ground zero
 
Pompeï
 
Londres
 
D'aucuns peuvent trouver naïve la démarche de l'artiste dont les intentions et l'expression sont clairement établies mais on ne peut qu'admirer la puissance expressive de son art face au rouleau compresseur de la société de consommation.
 
 
Et puis, être artiste contestataire en Chine, cela a une certaine envergure, n'est-ce pas ?
 
 
Le site de l'artiste :
 
http://www.liubolinart.com/
 
 

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VIVALDI ET LE CONCERTO 18

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-09-2013 19:07:58 - 3 commentaires

Con molti stromenti
 

Dans la production de Vivaldi, on trouve un certain nombre de concertos "con molti stromenti" (avec plusieurs instruments). Le plus célèbre et le plus foisonnant d'entre eux est certainement le concerto RV558.
 
Cette œuvre en trois mouvements est  composée pour : 2 violons in tromba marina, 2 chalumeaux, 2 flûtes à bec, 2 mandolines, 2 théorbes et violoncelle (par ordre des premières entrées solistes).
 
Outre le chalumeau (ancêtre de la clarinette) et le théorbe (grand luth), instruments peu usités par Vivaldi, ce concerto comporte deux violons "in tromba marina", ce qui signifie "en trompette marine".

Quand Vivaldi fut redécouvert au vingtième siècle, les musiciens se grattèrent le crâne devant cette appellation et certains en déduisirent que cette pièce devait s'interpréter avec deux trompettes bien pétaradantes. Colossale erreur  : la trompette marine est en fait un grand instrument à corde unique servant à l'accompagnement des chants baroques au XVIIème siècle.
 
 Trompette marine
 
L’appellation "in tromba marina" signifiait chez Vivaldi que les violons devaient imiter le son voilé de la trompette marine par l'adjonction d'une sourdine.
 
Voici le premier mouvement de ce concerto qui illustre si bien ce terme si cher à Vivaldi : "La Stravaganza".
 
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