KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Avril 2008
Le Lutin d'Ecouves

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AU BORD DU MONDE

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-04-2008 22:09:11 - 7 commentaires

En vacances chez les Lutins des Sables
 
 
 
Depuis le temps qu'ils m'invitaient, il fallait bien que je leur rende visite... Mes cousins les Lutins des Sables m'ont enfin extrait de ma forêt d'Ecouves !
 
Je suis allé passer une semaine au Bord du Monde visiter la famille de ma femme. En voilà d'étranges contrées !
 
Le Bord du Monde
 
 
Là, ça surprend ! On est bien loin des collines enchantées de Normandie. L'endroit est très plat et bordé par la Grande Eau. Comme le Monde s'arrête ici, il n'y a pas foule, c'est le moins qu'on puisse dire !
 
 
L'endroit est cependant fréquenté par la Fée Lumière qui disparaît chaque soir au-delà de la Grande Eau avant de réapparaître quelques heures plus tard à l'orée des forêts orientales.
 
Les Lutins des Sables
 
A priori, mes cousins Lutins des Sables ressemblaient autrefois à cela :
 

 

Bon, à présent les Lutins des Sables sont toujours  plutôt blonds et de petite taille mais ils ont, comme tout le monde, un peu évolué. Maintenant, ils ressemblent plutôt à ça :

 

Elle, c'est la Petite-Soeur-Chérie de mon épouse, un spécimen typique de Lutin du Bord du Monde : petite, vive, douce et verte. Elle a épousé un GGC (Grand Géant Ch'ti) qu'elle a importé en ces lieux étranges où ne poussent ni le houblon ni les frites. Il se console de cet état de fait en regardant grandir ses enfants dont il ne sait s'ils seront bleus ou verts, Lutins ou Géants. Qu'importe...

Un jour, ma Josette a touché de son pinceau cet étrange couple du Bord du monde.  L'huile elfique utilisée pour faire ce tableau a fixé à jamais le destin de ceux dont  les essences  sont désormais inextricablement liées au sable et à la Grande Eau. La magie opère toujours après toutes ces années.
 

 

 

 
Ne soyons cependant pas trop idylliques, les Lutins des Sables n'ont pas que des bons côtés. Ils ont aussi une cuisine. Et le moins qu'on puisse dire est qu'elle est surprenante !
 
 
 
 
 Ben oui, ils appellent ces truc noirs des nouilles et ils les présentent avec des herbes vertes et du poisson. En plus, ils servent cette nourriture dans des plats aux couleurs vives. Moi, je n'ai rien dit et j'ai mangé.
 
La Forêt du Bord du Monde
 
Là, je pourrais écrire un livre sur cette étrange forêt aux essences si peu variées mais dont la pugnacité l'emporte à la l'insolence.

 

 

Quand on est un arbre et que l'on vit aux limites du Monde Plat, la vie n'est pas facile tous les jours. Il faut se battre à tout moment contre les Sables du Temps qui figent l'existence si l'on n'y prend pas garde.
 
Certains font mieux que résister :
 
 
D'autres ont déjà perdu la partie : 
 

 

Mais la Forêt est toujours là, fort heureusement, car sans elle, point de vie, point de Lutins.

 

 
Etranges rencontres, aimables rencontres

A priori, la forêt du Bord du Monde ne semble receler que peu de Vie. Et pourtant...

 

Voici le Geotrupus Finisterrae, un coléoptère dont le mâle est tellement paresseux qu'il vit accroché à sa femelle à longueur de journée. Il en profite parfois pour lui faire subir certains outrages qui n'ont pas l'heur de choquer outre mesure la placide et imposante femelle qui continue de vaquer à ses occupations comme si de rien n'était.

 

Elle, c'est la Daurade des Sables, un poisson allergique à l'eau qui se déplace au gré des vagues de dunes.

 

De nombreux oiseaux nichent dans cette forêt, certains n'hésitent pas à creuser leurs nids à l'intérieur des troncs des pins, transformant ceux-ci en véritables immeubles collectifs.

 

Mais les plus aimables emplumés de ces lieux restent les gentilles Hirondelles du Bord du Monde dont les gazouillis égaient en permanence dunes et sous-bois.

 

 

Mais, quelles sont ces traces qui courent si longtemps sur le sable avant de s'évanouir subitement ?

 

Je les reconnais, est-ce possible ? Des Esprits ici ?

 

Plus petits et plus frêles que les Esprits de la Forêt Normande, les Esprits du Bord sont tout aussi fantômatiques que leurs cousins d'Ecouves. Celui-ci a bien voulu que je l'observe quelques secondes puis s'est subitement évaporé au milieu des pins.

 Dernières trouvailles

A la recherche de traces d'animaux, je suis tombé sur une piste à l'aspect familier :

 

Des frères Conquérants de l'Indispensable Inutile sont passés par là.

 

 

 

 

Le Grand Géant Orange a même oublié quelque chose en cet endroit. Il faut que je lui rende ses bottes de sept lieues.
 
Attends-moi GGO, j'arrive !
 
 

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L'OPTIMUM

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-04-2008 11:42:44 - 3 commentaires

L'OPTIMUM

 

...à Khanardô dont j'essaie honteusement de plagier le style

 

J'ai pris une bonne avance sur l'Optimum grâce à cette longue descente...

Les descentes ont toujours été ma spécialité. Mes partenaires sont généralement épouvantés de voir de quelle façon je dévale ou plutôt  de quelle manière je tombe en glissant d'un caillou à l'autre sans faire beaucoup d'efforts pour me rattraper. Certains pensent que c'est de la technique. Ce n'en est pas. D'autres pensent que c'est du courage ou de l'inconscience.

Ils se trompent tous. Je n'ai aucun mérite. Je ne ressens simplement pas la peur. Un accident dans ma jeunesse m'a amputé de cette faculté pourtant indispensable à la préservation. Quand un danger se présente devant moi, je vois juste un grand trou noir mais rien d'effrayant... un néant d'où ne peuvent surgir que des événements sans relief.

Je sais que je vais la payer cette descente ; mes jambes de semi marathonien ne sont pas adaptées aux efforts de longue haleine. Tant pis...l'enjeu est trop important, il fallait que je prenne de l'avance, étant un mauvais grimpeur, je n'avais pas le choix.

Pour le moment, tout va bien, l'Optimum étant proche, le terrain devant moi continue de descendre raisonnablement tout en  restant plat à l'arrière. L'effet est saisissant quand je me retourne, ce que je fais peu car je dois à chaque instant surveiller mes appuis.
 


Le ravitaillement. Je ne puis rester trop longtemps, le terrain évoluant à chaque minute. Il faut bien que je me restaure... Tout va bien, les Natifs qui tiennent le stand ont une bonne tête de moins que moi et parlent lentement d'une voix grave et traînante.

Je sors mon téléphone de ma ceinture. Ma femme, au bout du fil me confirme ce dont j'étais sûr de toute façon : le sol de la maison reste bien ferme. Je la rassure ; cette fois-ci encore je finirai dans les temps.

« Rien ne m'arrête puisque je ne vois rien, chérie !

- Fais quand même attention... »

Je finirai dans les temps, je l'ai toujours fait, c'est ma spécialité depuis si longtemps...

 

Très jeune, malgré ma petite taille, je gagnais des courses aux enjeux futiles grâce à ma pointe de vitesse fulgurante. A l'époque, il ne s'agissait que de résoudre des problèmes bénins liés à des maladies infantiles ou à un manque de nourriture. L'Optimum ne s'était pas encore visiblement mis en marche.

Malheureusement, le Grand Mouvement avait démarré trop tôt pour moi. Je dus participer à des courses de plus en plus longues dès l'âge de dix ans à cause de l'état de transparence d'un membre de ma famille.

Tant qu'on ne voyait qu'à travers ses mains, je n'avais que des courses courtes et faciles à effectuer. Je les gagnais facilement sans avoir à affronter trop les dénivelés. Malheureusement, le propre du Mouvement, c'est son accélération progressive. Il me fallut affronter un nombre de plus en plus grand d'épreuves de plus en plus difficiles alors que j'entrais à peine dans l'adolescence.

C'est vrai, ce n'était pas juste. J'étais trop jeune mais aucun autre membre de ma famille n'était apte à courir par la faute d'affections diverses contractées lors d'immobiles et dangereux voyages.

Ce qui devait arriver arriva, je m'engageai sur une épreuve hors gabarit, compte tenu de mon âge, et je me retrouvai face à un mur que je ne pus gravir, griffant les parois en hurlant silencieusement. Loin de là, quelqu'un devenait totalement invisible aux yeux de ses proches.

La chute fut brutale. Le traumatisme crânien qui en résulta me priva d'un ensemble de sens et de sentiments, ce qui ne perturba que peu ma vie.  Personne ne m'en voulut. J'étais le plus jeune de la famille et, à quatorze ans, je ne pouvais assumer seul le fardeau. Le silence tomba tel un rideau de culpabilité diffuse. Nul n'en reparla.
 

 
Je quitte le poste de ravitaillement précipitamment, je viens de m'apercevoir que la voix des Natifs vient de monter d'un demi-ton. Ça sert d'avoir l'oreille musicale ! Il est temps de repartir.

Conséquence de mon arrêt, le terrain recommence à grimper, ma jambe droite, rebelle aux montées  commence à me faire mal. Ce n'est pas gênant, je vis avec cette douleur depuis l'âge de six ans ; elle est la conséquence d'un trail perdu par mon père en Algérie à l'époque où il pratiquait les compétitions internationales. Cette douleur ne s'exprime que dans les montées et m'oblige simplement à progresser suffisamment rapidement pour éviter les déclivités trop importantes.

Je n'arrive pas à retrouver un rythme suffisant pour descendre même si la pente reste acceptable. Mes jambes en subissent cependant les conséquences et se mettent à durcir. Les cailloux du chemin semblent devenir plus agressifs et chaque choc contre l'extrémité renforcée de mes chaussures m'occasionne une gêne articulaire croissante. Perdu dans mes pensées car concentré sur la douleur, je ne m'aperçois pas que le dénivelé positif s'accentue dangereusement. Ce n'est qu'au ravitaillement suivant que je m'aperçois que je suis en train de gravir ce que l'on peut désormais appeler une montagne.

Le Natif qui m'accueille n'a pas dix ans mais fait déjà ma taille et, surtout, il est accompagné d'un chat à longues  pattes qui doit bien faire cinquante centimètres de haut !

J'essaie de rester le moins longtemps possible mais je dois me restaurer un minimum pour affronter les dizaines de kilomètres restants de l'épreuve.

Je repars précipitamment. Je cours, je dois courir mais tout dans mon être réclame la marche. D'autres concurrents commencent à me doubler. Les premiers marchent à grands pas, les suivants trottinent puis le mouvement s'accélère : je sautille en grimpant d'un rocher à l'autre alors que d'autres coureurs me passent à pleine vitesse.

 


Un village, quelques spectateurs longilignes m'encouragent d'une voix aiguë. Mon portable sonne. Ma femme a attendu le temps qu'elle pouvait pour ne pas m'angoisser outre mesure mais maintenant, il faut qu'elle m'alerte : le sol de la maison est devenu gluant et le pied du plus jeune de mes enfants est pris. Elle ne cherche pas à m'affoler mais je perçois dans sa voix un appel au secours. Tout mon être se mobilise en un instant, un flot d'adrénaline coule dans mes veines, mes jambes transcendent la douleur ; je me remets à courir en ahanant, en criant presque ma rage de vivre, ma haine envers l'injustice de ce chaos qui nous oblige à nous battre sans répit.

Je ne peux l'abandonner, pas cette fois ! La colère me submerge. Pas cette fois ! Plus jamais !

Quelques coureurs me passent encore en descendant alors que je continue à monter mais la tendance s'inverse doucement. Le temps passe et je me mets à trottiner sur des faux plats montants.

Une femme au corps luisant et noueux vient de me doubler, elle ralentit soudain pour se retrouver à ma hauteur. Son instinct de mère lui permet de deviner pourquoi je cours ainsi les dents serrées. Elle m'encourage doucement, je ne peux pas répondre, concentré que je suis sur la régularité de ma progression. Elle me comprend et pose sa main sur mon avant-bras. Le flot d'énergie féminine transmise à mon corps me fait presque trébucher, je souffle un faible « merci » mais c'est dans mon regard qu'elle lit mon infinie gratitude. Elle sourit. Son Optimum est très proche et elle s'envole en descente alors que je monte encore légèrement, mais de plus en plus vite.
 


Les Natifs du dernier ravitaillement n'ont pas le temps de me voir passer, leurs réflexes sont trop lents. Je me sers seulement en eau et repars à fond de cale.

Soudain, c'est la grande bascule, le terrain reprend son dénivelé négatif. Je cours dans mon domaine. Je passe entre les jeunes arbres, slalomant tel un skieur. Je saute de rocher en rocher, mon œil analyse chaque appui un dixième de seconde avant l'impact du pied, la douleur disparaît, remplacée par la sensation aérienne d'une euphorie que rien ne peut endiguer. L'absence de peur, l'absence de sentiment me fait peser vingt kilos de moins.

Je descends, je vole et rien ni personne ne peut me rattraper. L'Optimum est à ma portée. La vallée est proche.

Je regarde mon téléphone dont les formes ont laissé de profondes marques au creux de ma main droite. Je n'ai plus besoin de lui, ma femme n'appellera pas, elle sait que je sais. J'aperçois un jeune ruisseau qui serpente aimablement à ma gauche, j'y jette mon portable qui se met aussitôt à l'abri dans un creux sous la berge.


La partie est gagnée pour cette fois-ci, je n'ai pas besoin de franchir la ligne d'arrivée pour le savoir, je me permets même de transmettre un surplus d'énergie à un concurrent livide que je trouve agrippé à un rocher.

Je vais retourner chez moi. Le monde est à nouveau plat.
 

 

Note : J'ai emprunté le concept d'Optimum au roman "Le monde inverti" Christopher Priest.

 

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MON HISTOIRE PREFEREE

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-04-2008 22:47:59 - 6 commentaires

 
Devinette :
 
 
Quelle est la différence entre un canard ?
 
 
 
Il n'y en a pas car il a les deux pattes de la même longueur, surtout la gauche...
 
 
 
Ben, ça ne casse pas quatre pattes à un canard, ton histoire, Lutin !
 
 

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LA MAMAN DU LUTIN A 80 ANS

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-04-2008 16:57:24 - 15 commentaires

 
Quatre fois vingt !
 
 
Aujourd'hui, je ne vais pas parler de moi mais de quelqu'un que je connais depuis un peu plus de 52 ans.
 
Cette personne vient de faire le Trail des 80 Berges, une épreuve d'ultra que peu ont terminée en aussi bon état. Il faut dire que cette Dame fait partie du monde des Lutins où l'on compense la petite taille par une incroyable longévité (plus de 200 ans en moyenne).
 
 
 
La carte de bon goût que je lui ai envoyée par internet.
 

 Cette Dame, c'est ma Maman qui a invité toute la famille samedi soir dans un restaurant marocain pour manger le couscous royal, plat normand par excellence.

 Là, il manque des bougies !

 
Pour digérer le couscous, l'assistance a dansé sur des rythmes orientaux. Grande danseuse devant l'Eternel, Maman a été la première sur la piste.

 

Là, elle est avec le Kiki de ma fille. Je vais avoir de beaux petits-enfants...

 2008 :

 

 
1948 :
 
 
 
Vous voyez une différence, vous ?
Moi, pas ! 
 

 

 
Bon anniversaire Maman !

 

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LES FEMMES EPISODE 2

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-04-2008 17:52:06 - 1 commentaire

Episode 2 :Emiliana Torrini
 
 
Après Björk, restons en Islande avec une artiste au nom peu autochtone : Emiliana Torrini.
 
 

 
Emiliana Torrini est née le 16 mai 1977 d'un père restaurateur italien travaillant et d'une mère islandaise.
 
Elle se fait connaître en 1999 avec la sortie de son premier album Love In The Time Of Science  sous un label indépendant (One little indian, celui de Björk). Elle participe quelques temps après à la bande originale du film "Les deux Tours" de Peter Jackson.

 

Changement complet de style pour le deuxième album : Fisherman's woman.
Celui-ci est plongé dans un univers acoustique où, bien souvent, l'on n'entend que la guitare accompagnant la voix légèrement acidulée aux intonations jazzy d'Emiliana.
 
L'apparente simplicité de cette musique cache une profondeur et une sensiblité peu communes. Si vous l'écoutez, n'en restez pas à la surface et  plongez-vous dans l'eau fraîche de ces chansons à la féminité nimbée de mystère.
 
 Emilina Torrini : Sunny Road
 

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PUBLICITE RATP

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-04-2008 20:49:35 - 10 commentaires

Avec le Lutin, voyagez "Classe".

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COULEURS ETRANGES

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-04-2008 21:00:28 - 7 commentaires



Mardi dernier était un jour assez particulier. 

Bien sûr, il s'agissait du premier avril et j'avais complaisamment passé ma journée le dos lardé de poissons en papier fixés sans beaucoup de discrétion par mes élèves hilares.

C'était aussi, comme chaque année, notre anniversaire de mariage. Après tout ce temps, un anniversaire, c'est presque banal... Eh bien non, mardi c'était la trentième édition.
 

 
Il y a trente ans, nous avions le choix entre le 8 avril et le 1er avril pour nous marier. Pas d'hésitation : nous avions choisi le 1er avril, c'était plus Lutin !
 
Il faisait un temps de chiottes ce samedi-là, un vrai temps de Lutin comme cette année.
Nous avons fait cela sans arrière-pensée et nous n'en avons toujours pas. Le mariage... nous avions tout entendu là-dessus et nous n'avons rien vu venir de ce qu'on nous avait annoncé. Je ne veux pas dire que ce fut exclusivement la perfection mais cela n'a été ni la prison, ni la mort de l'amour ni la sclérose. Cela a été autre chose. Et autre chose, c'est toujours mieux que ce à quoi on s'attend...
 

 
C'est vrai, on ne s'attendait pas tout à fait à recevoir des fleurs et des chocolats de la part de nos amis et nous n'avions pas prévu de nous retrouver à manger les chocolats dans la chambre d'hôpital que notre fils occupait depuis une semaine.
 
La vie est pleine de surprises et c'est pour cela qu'elle est belle... 
 

 
Après tous ces jours à ne penser qu'à notre Ange, nous avons senti qu'il fallait penser un peu à nous, ne serait-ce que deux heures.
 
C'est dans un petit restaurant Thaïlandais que nous passerons ces heures étranges aux couleurs si particulières, au goût si mélancolique et si doux dans un halo de fatigue et de tendresse.
 
 
Tout ce temps écoulé et rien ne s'efface, c'est surprenant...
 
Allez savoir, c'est peut-être à cause de nos deux signes de terre et de glace. Un Capricorne et une Vierge, la pire des combinaisons amoureuses selon les astrologues; nous avons dû geler le temps.
 
 
 
Tout est bizarre ce soir, nous avons l'impression qu'on nous a marché dessus mais l'alcool nous rend la douleur lointaine.
 
Nous sortons du restaurant, l'hiver est encore accroché aux branches des arbres qui bordent la rue déserte. Il croit qu'il peut nous vaincre, il se trompe.
 
 
Nous ne sommes pas éternels mais l'hiver, lui, ne passera pas le printemps.  J'ai vu cela dans les yeux de ma fille, ce splendide papillon.
 
 Notre Ange va bientôt quitter sa chambre d'hôpital et il nous trouvera encore plus forts. Pour lui, pour nous...
 
 

 

 

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