KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Février 2015
Le Lutin d'Ecouves

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Archives Février 2015

DERNIER TIR DE V2

Par Le Lutin d'Ecouves - 23-02-2015 22:22:49 - 2 commentaires

 
Vertudiou ! Ça fait un sacré bail que je cours les cross FSGT (5 à 8 cross d'octobre à février)... Abonné aux cross courts (5 à 6 km réservé aux juniors, V2, V3, V4)) depuis peu, j'ai senti cette année une sacrée baisse de forme certainement due à ma récup plus longue que prévue après le 100 km de Millau. Moi qui étais abonné aux 10 premières places il y a deux ans, je termine dans la fin du premier tiers de la course et au milieu du classement V2. Ce genre de truc, ça a tendance à m'énerver...


Grrr, c'est pô juste !

Bon, samedi à Champfrémont, je me suis rassuré en grattant quatre ou cinq types qui m'avaient montré leur cul durant toute la saison car j'ai profité d'un terrain très gras, ce qui me convient parfaitement en cross comme en humour.

 
Mais Champfrémont, c'est aussi la fin de la saison et pour moi, mon dernier coup tiré en cross dans la catégorie V2. Quand je chausserai à nouveau les pointes, ce sera chez les V3 et j'peux vous dire qu'y sont pas faciles les V3, y'en a toujours eu au moins cinq devant moi toute cette saison.
 
Le redémarrage se fera le couteau entre les dents en octobre 2015 et j'aurai bien du mal à approcher du podium... à moins que la grippe ne fasse des ravages en cette fin d'hiver. On n' sait jamais, un coup d'bol...



 

 

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L'HOMME QUI N'AIMAIT PAS LES FEMMES

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-02-2015 17:46:30 - 10 commentaires

Nouvelles conférences sur la psychanalyse 
de Sigmund Freud (1932)
 (Traduit de l'allemand par Anne Berman -  Idées Gallimard)

Durant ma carrière professionnelle, j'ai plusieurs fois côtoyé Sigmund Freud dont l'influence de la théorie psychanalytique était considérable dans la formation des enseignants (tout particulièrement en France). Méfiant de nature et allergique aux vérités assénées, j'ai vite compris qu'il y avait un rat dans la soute comme dirait Jacques... J'ai découvert assez rapidement que ce qu'on nous présentait comme une théorie scientifique tenait plus de la métaphysique ou même du chamanisme quant à l'interprétation des rêves, des contes de fées (Bettelheim) ou des dessins d'enfants (auteurs divers). Mais ce n'est que petit à petit, en me débarrassant avec l'âge de mes oripeaux de mâle dominant que j'ai réalisé que la première victime de tonton Sigmund était la femme dont il a toujours nié la réalité de la féminité, allant dans certains écrits jusqu'à pratiquer une excision symbolique de la petite fille quand il explique son passage supposé du stade clitoridien au stade vaginal.

Les extraits présentés sont tirés de conférences que Freud a écrites mais pas présentées du fait de son grand âge. Comme quoi, on ne s'améliore pas forcément en vieillissant. Pour détendre l'atmosphère, j'ai intercalé entre les paragraphes des dessins de la graphiste chinoise Yang Liu.
 

 

 
Extraits de la conférence sur la féminité

 
En général, vous employez le mot « viril » dans le sens d' « actif » et le mot « féminin » dans le sens de « passif », non sans raison d'ailleurs. La cellule sexuelle mâle est active, mobile, elle va au-devant de la cellule féminine, l'ovule immobile et passif. Du reste, le comportement des individus mâle et femelle durant les rapports sexuels est calqué sur celui des organismes sexuels élémentaires.
 

Le complexe de castration de la fillette naît aussi à la vue des organes génitaux de l'autre sexe. Elle s'aperçoit immédiatement de la différence et en comprend aussi, il faut l'avouer, toute l'importance. [...] La fillette, quand elle découvre son désavantage, ne se résigne pas facilement : au contraire, longtemps encore elle espère se trouver un jour pourvue d'un pénis et cet espoir persiste parfois très tardivement.


 Parmi les mobiles capables d'inciter la femme adulte à se faire analyser, il faut compter le désir de posséder enfin le pénis. Le bien qu'elle attend raisonnablement du traitement, par exemple la possibilité d'exercer quelque profession intellectuelle, n'est souvent qu'une forme sublimée de ce désir refoulé.
 

Le désir du pénis a une indéniable importance. On cite quelquefois comme un exemple d'injustice masculine certain reproche adressé à la femme, à savoir que l'envie et la jalousie jouent un rôle plus considérable dans la vie spirituelle de la femme que dans celle de l'homme.


Nous imputons à la féminité un narcissisme plus développé qui influence le choix objectal, de sorte que, chez la femme, le besoin d'être aimée est plus grand que celui d'aimer. C'est encore l'envie du pénis qui provoque la vanité corporelle de la femme, celle-ci considérant ses charmes comme un dédommagement tardif et d'autant plus précieux à sa native infériorité sexuelle. La pudeur, vertu qui passe pour être spécifiquement féminine et qui est, en réalité, bien plus conventionnelle qu'on pourrait croire, a eu pour but primitif, croyons-nous, de dissimuler la défectuosité des organes génitaux.
 

On pense que les femmes n'ont que faiblement contribué aux découvertes et aux inventions de l'histoire de la civilisation. Peut-être ont-elles cependant trouvé une technique, celle du tissage, du tressage. [...] La nature elle-même aurait fourni le modèle d'une semblable copie en faisant pousser sur les organes génitaux les poils qui les masquent. Le progrès qui restait à faire était d'enlacer les fibres plantées dans la peau et qui ne formaient qu'une sorte de feutrage. 


La femme, il faut bien l'avouer, ne possède pas à un haut degré le sens de la justice, ce qui doit tenir, sans doute, à la prédominance de l'envie dans son psychisme. [...] Nous disons aussi que les femmes ont moins d'intérêts sociaux que les hommes, et que chez elles la faculté de sublimer les instincts reste plus faible.
 

Un homme âgé de trente ans environ est un être jeune, inachevé, susceptible d'évoluer encore. [...] Une femme du même âge, par contre, nous effraie par ce que nous trouvons chez elle de fixe, d'immuable; sa libido ayant adopté des positions définitives semble désormais incapable d'en changer. [...] tout se passe comme si le processus était achevé, à l'abri de toute influence, comme si la pénible évolution vers la féminité avait suffi à épuiser les possibilités de l'individu.


N'oubliez pas cependant que nous n'avons étudié la femme qu'en tant qu'être déterminé par sa fonction sexuelle. Le rôle de cette fonction est vraiment considérable, mais, individuellement, la femme peut être considérée comme une créature humaine. 



 

 
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 2

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-02-2015 20:10:16 - 5 commentaires

Monsieur de Sainte Colombe
Deuxième moitié du XVIIème

Beaucoup seraient passés à côté de Mr de Sainte Colombe, nonobstant les enregistrements de Jordi Savall et Wieland Kuijken dans les années 80-90, s'il n'y avait eu le merveilleux film d'Alain Corneau tiré du roman de Pascal Quignard "Tous les matins du monde" où on découvre un musicien veuf hypersensible incapable d'exprimer ses sentiments hormis avec sa viole qu'il maîtrise plus que tout autre :
 
 
Ce roman et ce film, basés sur les très rares informations concernant ce personnage important dans l'histoire de la viole se permettent le tour de force de présenter un portrait crédible de Ste Colombe alors qu'il s'agit essentiellement d'une fiction dont la justesse est plus dans la sensibilité que dans l'exactitude historique. En cela, "Tous les matins du monde" est le film à voir en ce qui concerne l'Esprit français (Je me cite : ce mélange de tragique et de légèreté, de noblesse et de modestie résultant de la fréquentation d'une culture et d'une nature dont la douceur le dispute à la générosité.)
 
 Traité de Jean Rousseau (1687) présentant les améliorations
 apportées par Ste Colombe au jeu de  la viole
 
D'après les recherches de Jonathan Dunford, "Jean de Sainte Colombe était le père de deux filles, Brigide et Françoise, et vivait dans la rue de Betizy (aujourd'hui la rue de Rivoli) dans le quartier de Saint-Germain-l'Auxerrois. Cette rue coupe la rue de la Monnaie et la rue Bertin Poirée; assez curieusement, ce sont deux des premières adresses du jeune Marin Marais."
 
Selon les mêmes recherches, il apparaîtrait qu'il pourrait avoir été de confession protestante, ce qui expliquerait qu'après la révocation de l'Edit de Nantes, il ait été écarté des registres officiels des musiciens du règne de Louis XIV.
 
Sainte Colombe est, musicalement, essentiellement connu pour le manuscrit de 67 concerts "a deux violes esgales" retrouvé dans les années 60 dans lequel les deux instruments dialoguent sur un même pied d'égalité. C'est le concert Bourrasque (Bourrasque, Balet, Sarabande, Gavote, Sarabande gaye) que je vous propose d'écouter en pensant à cet extrait du film d'Alain Corneau dans lequel Sainte Colombe, en pleine tempête, décrit la musique de la tourmente au pauvre Marin Marais qui n'y comprend goutte.


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DU TRAFIC EN ECOUVES

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-02-2015 19:44:38 - 5 commentaires


Ah, les encombrements ! Même le dimanche ça n'arrête pas, même en Ecouves durant les entraînements !
 



Pas facile à filmer, les bestioles, malgré leur taille respectable ; et en plus, elles doivent courir en chaussons car on ne les entend pas arriver J'ai compté une vingtaine d'individus dont des biches et quelques jeunes cerfs.  90 min plus tard, nous croisions un autre troupeau d'une douzaine d'individus...

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L'ESPRIT FRANÇAIS 1

Par Le Lutin d'Ecouves - 06-02-2015 19:07:48 - 4 commentaires

Cette nouvelle série d'une vingtaine de billets a pour but de présenter ce que j'appelle l'Esprit français, ce mélange de tragique et de légèreté, de noblesse et de modestie résultant de la fréquentation d'une culture et d'une nature dont la douceur le dispute à la générosité. C'est dans la musique instrumentale des XVIIème et début XVIIIème siècles que cette esthétique singulière s'est particulièrement développée avant de se dissoudre dans le goût italien.
 
Ennemond Gaultier
1575-1651
 
 
C'est dans le premier tiers du XVIIème siècle que la facture du luth fut portée à la perfection grâce à la collaboration entre luthiers et luthistes. Interprète privilégié de la "douceur françoise", il fut chez nous considéré comme le plus noble des instruments. D'origine arabe, répandu dans toute l'Europe, il trouva son apogée en France chez les grands maîtres tels que Ballard, Mézangeau, Mouton, Gallot ou les cousins Gaultier Jacques, Denis et Ennemond.
 
Ennemond Gaultier, dit le vieux Gaultier, est né en Dauphiné en 1575 ; il "fust mis page a l'aage de sept ans chez la dame de Monsmorency et desla fust attiré au service de la reyne mère". C'est ainsi qu'il entra au service de Marie de Médicis. Il donna même des leçons de luth à la reine-mère ainsi qu'au cardinal de Richelieu [... et c'estoit la chose la plus ridicule qui se pust imaginer que de le voir prendre des leçons de Gaultier. (Tallemant des Réaux)].
 
Il fut au moins deux fois représentant de Marie de Médicis à la cour d'Angleterre et l'on se prend à rêver de sa rencontre (jamais mentionnée, malheureusement) avec l'immense compositeur et luthiste John Dowland.
 
L'exil définitif de Marie de Médicis finit par mettre un terme à la carrière de Gaultier qui passa ses vingt dernières années dans la région de Lyon.

La chaconne présentée ici fait partie de la centaine de pièces composées en tablature par Gaultier qui sont parvenues jusqu'à nous. Cette pièce lente et solennelle est empreinte d'une certaine tristesse retenue que l'on rencontre fréquemment chez les grands compositeurs pour luth ou viole de l'époque.

(Ref)
 
 
D'après des notes de Claude Chauvel

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