KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Novembre 2017
Le Lutin d'Ecouves

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COURS TOUJOURS épisode 2

Par Le Lutin d'Ecouves - 22-11-2017 23:01:09 - 4 commentaires


Le cross
 
 
 
S'il est une discipline de l'athlétisme qui peut paraître étrange, c'est bien le cross. Son origine anglo-saxonne explique peut-être cela. Il faut être Anglais pour apprécier le fait de courir en hiver dans une campagne boueuse, généralement sous la pluie et poursuivi par des types chaussés de pompes à clous qui ne rêvent que de vous marcher dessus pour prendre votre place. Il faut être Anglais... ou cinglé.

C'est Eric qui m'a mis les pointes à l'étrier. Pas sur un bien sage cross réservé à la délicate élite de la FFA disputé sur un hippodrome ou un stade raisonnablement sale... mais non, pas du tout, j'ai fait mes débuts en cross dans une épreuve FSGT de l'Orne profonde où l'esprit boueux du vrai cross-country souffle encore son haleine bruineuse et glacée sur de hautes collines ouvertes aux assauts de vents aussi violents que vindicatifs. Orgères, ça s'appelle, un coin où ça monte et ça descend, où ce qui ressemble le plus à du plat est systématiquement en dévers, où le paysan qui prête ses champs n'a pas hersé l'herbe qu'il vient de couper pour tracer le parcours et où les flaques de boue se confondent avec les bouses de vache. Environ huit kilomètres pour tomber d'un champ à l'autre, pour escalader les herbages avant d'aller se tordre les chevilles dans un minuscule bosquet aux sentiers chafouins.
 
L'arrivée se fait en côte et, avant d'aller courir, on observe les enfants terminer leur course les larmes aux yeux et la rage aux pieds, puis les femmes, plus solidaires dans l'effort, mais qui finissent quand même les muscles bleus et le visage rougi. Enfin, c'est à nous, les hommes.

Brutalité du cross : l'on part à fond, les poumons dans la gorge et l'estomac juste derrière. Le cross a beau être anglo-saxon, il n'est pas fair-play, les virages sont pris à la corde en coupant l'élan de celui qui suit, les dépassements sont rapides pour éviter l'effet d'entraînement ; le cross se coupe au couteau. Au bout d'un tour, les poumons brûlent ; au deuxième les jambons crament ; au troisième, les oreilles fument. Le cross se cuit dans l'excès.

Un très bon athlète de ma connaissance m'a dit un jour "Tu sais que tu as bien couru quand tu as le goût du sang dans la bouche...", le cross procure ce type de sensation.

 
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Bien des années ont passé depuis ma première expérience à Orgères et j'entame ma troisième saison de cross en V3. Les choses ont bien changé, j'opte pour les cross courts, je ne démarre plus aussi vite et je me contente de modestes classements. Bientôt soixante-deux ans, j'ai droit au qualificatif de vieille pointe. A ceux qui débutent et me demandent des conseils sur la façon de courir un cross, je réponds "Le cross, c'est : à fond, à fond, à fond et tu vomis à la fin". C'est peut-être cela qui me plaît finalement, pas de stratégie, l'expression de la vigueur animale dans une nature hostile, ne pas réfléchir, être un corps.
 
Et puis, il y a l'arrivée, cette chaleur humaine autour du traditionnel vin chaud, cette fraternité et ce brassage social que je ne retrouve pas autant dans le marathon ou le trail ; c'est cette humanité au sens noble et populaire du terme qui me fait tenir et espérer être encore là pour mes soixante-dix ans. Sous la pluie, dans la boue mais humain et debout.


Jambes de cadettes à l'arrivée du cross de Montilly 2017.
(Ceux qui disent que les jeunes n'ont pas le sens de l'effort n'ont jamais vu un cross...)
 
 
 
 
 

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COURS TOUJOURS épisode 1

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-11-2017 21:31:22 - 3 commentaires


Fin 2015, le Mustang me sollicita pour écrire de courts articles pour la LIK (Lettre d'information Kikouroù). Comme je ne fais jamais les choses à moitié, j'écrivis à la suite une série de 10 textes qui furent publiés dans les mois qui suivirent dans ladite Lettre. Récemment, j'ai relu ces textes et je me suis dit qu'ils avaient droit à une petite place dans mon blog. Au début, en référence à la destination première de ces billets, j'avais songé titrer cette série : LIK MY KIK mais j'ai pensé que seuls ceux qui pratiquent avec agilité la langue de Shakespeare apprécieraient le terme. J'ai donc opté pour le sage "COURS TOUJOURS" plus adapté à la vocation de ce brave et honnête site de course à pied qu'est Kikouroù.

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Débuter
 
Jusqu'ici, je n'avais jamais cherché à courir, même pas au lycée où je séchais la plupart des cours d'éducation physique. Autant le dire, j'étais nul en sport et mes profs en attestaient : "Est souvent absent, ne fait rien quand il est présent" (J'ai un jour battu au cross le prof qui avait écrit cela sur mon bulletin trimestriel Langue tirée).
 

Bien des années plus tard, à 37 ans, alors que je pratiquais le judo depuis un moment, la nécessité de perdre du poids se fit pressante quand je me remis aux compétitions en vue de passer (enfin !) ma ceinture noire. En moins de 66 kg c'était possible ; dans la catégorie supérieure, je savais que je finirais comme une mouche sous la grille de la tapette.
 
Je me suis donc acheté une paire de chaussures sans marque à Leclerc dont les talons semblaient comporter un amorti suffisant, je me suis trouvé un short en coton et attrapé un t-shirt du même métal sur une étagère. J’avais l'air d'un plouc mais tous les joggers de l'époque avaient l'air de ploucs.
 
La rue des Tisons à Alençon comporte environ deux cents numéros ; je suis parti du 27 et aux environs du 160, mes poumons me brûlaient tellement que je songeais déjà à marcher et à faire demi-tour. J'avais fait environ mille mètres et je pris conscience de l'abîme de dérisoire dans lequel je plongerais si je cessais de courir sur le champ. Et sur le trottoir en l'occurrence.
 
Je persistai donc...
 
Des flammes dans la poitrine mais raisonnablement porté par mes jambons de judoka, je pénétrai vite dans la campagne et en profitai pour expectorer de grandes quantités du mucus qui me remontait des bronches. Habitué aux bleus consécutifs aux chocs et aux brûlures dues au tatami, je découvrais que l'on pouvait aussi souffrir de l'intérieur du corps. Le sport, c'est surtout une affaire de sensations.
 
De retour à la maison au bout de trois quarts d'heure, je découvris ce que ressent le fameux fou qui cesse de se taper la tête avec un marteau. Quel soulagement, quel bien-être ! Je décidai aussitôt de renouveler l'expérience deux fois par semaine.
 
J'ai effectivement perdu quelques kilos mais il m'a quand même fallu quatre ans supplémentaires pour passer ma ceinture noire. J'avais toujours été un judoka médiocre. J'allais en plus devenir un athlète moyen. 


 
 
 

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ENTOMOLOGIE DU JARDIN

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-11-2017 17:18:07 - 12 commentaires


CENT (espèces) pour CENT (m²)
 
En 2010, je commençai à m'amuser à photographier les bestioles de mon jardin avec mes petits appareils compacts qui me servaient jusqu'ici à prendre des clichés de mes escapades en Ecouves ou autres lieux de course à pied. J'ai ainsi découvert sur écran l'incroyable beauté de ce petit monde qui vit et grouille à côté de nous et qui n'attire au mieux qu'indifférence et au pire une peur aussi inepte qu'injustifiée. Petit à petit, je me suis constitué une collection d'insectes (entre autres) qui n'a cessé de grandir. Au bout d'un moment, je me suis dit  que, mon jardin de ville faisant cent mètres carrés, ce serait bien si je constituais une collection de cent espèces différentes d'insectes. Cela a pris plusieurs années mais j'ai ainsi pu me prouver que pour qui sait regarder, il existe une incroyable variété de vie qui vaque sous nos yeux de pauvres primates aveugles. Après cela, ne dites plus :"Tiens, une mouche, tiens une abeille, tiens une punaise..." mais penchez-vous donc sur l'incroyable variété de la nature. Chacune de ces espèces a une histoire et des mœurs qui peuvent en étonner plus d'un mais ce jour, admirez la vie déployer ses formes et ses couleurs :

(Chaque cliché est en plein format si l'on clique dessus, ne vous contentez pas de l'aperçu présenté dans chaque case. Retour arrière pour revenir.)

 
Acanthosoma haemorrhoidale
Adela reaumurella
Aglais urticae
 
 

Amblyteles armatorius
 
Andrena cineraria
Anthidium manicatum
 
Anthidium septemspinosum
 
Aphrophora alni
Apis mellifera
 

Bombus agrorum
Bombus lucorum
 
Bombus pratorum
Bombus terrestris
Bombylius major
Brachyleptura fulva
 
Calliphora vicina
Camponotus ligniperdus
Ceratina cyanea
Cetonia aurata
Chloromyia formosa
Chrysolina americana
Chrysolina bankii
Chrysolina herbacea
Chrysopa perla

 Cicadella viridis
Clytus arietis
Coccinella septempunctata
Coccinula quatuordecimpustulata
Colletes cunicularius
Colletes daviesanus
Colletes hederae
Coreus marginatus
Corizus hyoscyami
Crioceris lilii
Delta Ungiculatum
Deracaeoris ruber
Ectemnius cavifrons
Ectobius vinzi
 
Ectophasia Crassipennis
 
Episyrphus balteatus
 
Eriothrix rufomaculata
Eristalis arbustorum
 
Eristalis jugorum
 
Eristalis pertinax
 
Eristalis tenax
 
Euodynerus dantici
 
Eupeodes latifasciatus
 
Graphosoma italicum
 
Harmonia axyridis
 
Helophilus pendulus
 
Holcostethus albipes
 
Holcostethus sphacelatus
 
Holcostethus vernalis
 
Isodontia mexicana
 
Lasioglossum malachurum
 
Leptinotarsa decemlineata
 
Leptophyes punctatissima
 
Libellula depressa
 
Lucanus cervus
 
Lucilia Sericata
 
Macroglossum stellatarum
 
Maniola jurtina
 
Melolontha melolontha
 
Merodon equestris
 
Musca domestica
 
Myatropa florea
 
Nephrotoma appendiculata
 
Nezara viridula
Osmia bicornis
Osmia cornuta
 
Otiorhynchus armadillo
 
Pararge aegeria
 
Philanthus triangulum
 
 
Pieris brassicae
 
Podalonia hirsuta
 
Polistes dominula
 
Polygonia c-album
 
Psithyrus campestris
 
Pyrrhocoris apterus
 
Rhyparochromus vulgaris
 
Sarcophaga carnaria
 
Scaeva selenitica
 
 Scolia Hirta
 
Sicus ferrugineus
 
 
Sphaerophoria scripta
 
Sphecodes albilabris
 
Symmorphus murarius
 
Sympetrum striolatum
 
Synanthedon formicaeformis
 
Synanthedon tipuliformis
Trichius Fasciatus
Triodia sylvina
Valgus hemipterus
Vanessa atalanta
 
Vespa velutina
Vespula vulgaris
Volucella pellucens
Volucella zonaria
Xanthogramma pedissequum
 Photos prises à Alençon
entre le 17 juillet 2010
et le 26 octobre 2017
Xylocopa violacea
Toutes photos
 ©Le Lutin d'Ecouves
 
 
Note : On peut trouver bien plus de cent espèces d'insectes sur 100 m² mais j'ai été d'abord été limité par la taille des insectes (sous les 0,5 cm de long) et par les possibilités de mes appareils (je n'ai pas d'objectif macro) mais aussi par les caprices de certains insectes comme le superbe grand paon de jour qui m'a toujours snobé du haut de mon lilas ou le frelon européen qui ne fait que passer alors que son collègue asiatique, beaucoup plus placide, me laisse approcher à quelques cm de distance.

 

Pour les spécialistes : les espèces sont correctement identifiées à 95% selon moi mais chacun sait qu'une nervure d'aile ou la longueur d'un tarse peut faire la différence. Pardonnez donc mes imprécisions. Merci aux différents sites entomologiques consultés et particulièrement à Alain Ramel auquel j'ai parfois demandé assistance.




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