KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Juillet 2022
Le Lutin d'Ecouves

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Le retour du CHARDON BLEU

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-07-2022 19:29:28 - 6 commentaires

En 2010 et 2015, j'ai commis deux billets sur mon chardon bleu des Pyrénées, panicaut commun en Espagne qui aime tant mon jardin normand qu'il y prospère depuis une quinzaine d'années à l'instar de mon arbousier, plante sudiste qui atteint maintenant cinq mètres de haut. Il va falloir revoir les cartes climatiques, je pense... A l'époque, mes photos étant de moyenne qualité, je mets à nouveau l'ouvrage sur le métier histoire de vous faire profiter de la splendeur des visiteurs de mon Eryngium bourgatii
 
 
Puisqu'on parle du sud, voici l'isodonte mexicaine dont j'ai actuellement une vingtaine d'individus dans mon jardin. Elle est arrivée chez moi en 2014 et ne m'a plus quitté. Cette élégante petite guêpe est tout sauf agressive et se laisse facilement observer.


Plus commun, ce bourdon des pierres est un placide visiteur comme le sont les autres espèces de bourdons qui hantent mon jardin. Celui-ci est un mâle, cela se voit à sa collerette jaune.
 

Pendant qu'on bourdonne, voici le très commun bourdon terrestre. A ses courtes antennes et sa taille moyenne, on reconnaît ici une ouvrière.


Encore un bourdon et je me calme. Ce bourdon est probablement un bourdon variable dont l'identification n'est pas aisée car sa couleur est... variable. Il peut être confondu avec le bourdon des champs dont le dessus du thorax est généralement plus roux.


Hou la vilaine imitatrice qui s'est glissée dare-dare parmi les hyménoptères ! Madame veut faire croire qu'elle pique comme un frelon dont elle a presque la taille mais il s'agit d'une volucelle zonée, une inoffensive mouche de la famille des syrphes.


Mais si, il y a des abeilles sans dard ! La collète du lierre est une petite abeille solitaire qui nourrit ses larves avec du pollen. C'est un peu la végan de la famille car généralement les autres abeilles et guêpes solitaires enveniment des chenilles pour les donner à dévorer vivantes par leur progéniture. 


Cette abeille est une andrène (Andrena nigrospina), encore une fameuse butineuse (j'en suis à six espèces d'andrènes dans mon jardin).

 

On va laisser les pacifistes pour s'intéresser à ce petit voyou de philanthe apivore. Il s'agit d'une guêpe qui s'attaque aux abeilles mellifères, celles qui font des ruches et du miel. Ce délinquant agresse la pauvre ouvrière qui est nettement plus grosse que lui en la piquant sous la gorge pour la paralyser de son venin. Une fois Maya estourbie, le philanthe s'envole avec sa victime pour la fourrer dans son nid où sa larve va la boulotter vive.


Plutôt impressionnante et peu agressive, l'eumène unguiculé est une guêpe ibérique dont la femelle façonne des petits pots dans lesquels elle pond un oeuf puis y insère une chenille paralysée qui servira de nourriture à la larve. Il s'agit sur la photo d'un mâle nettement plus petit que la femelle qui est au moins de la taille d'un frelon. Elle est un des nombreux insectes témoins du réchauffement climatique car on n'en voit au nord que depuis dix ou quinze ans.


Je ne compte plus les articles concernant les guêpes et leurs supposées nuisances qui sont en fait illustrés par des photos de... polistes. Il s'agit d'une espèce proche qui fait aussi des nids mais de petite taille. La comparaison s'arrête là, la poliste est nettement plus grosse que la guêpe commune, elle n'est pas agressive et ne plane pas bêtement au-dessus de votre assiette car c'est une butineuse. De plus, elle a une paire de pattes plus longues que les autres, ce qui se voit bien quand elle vole.


Si vous voulez avoir mal, attrapez cette scolie hirsute dont le venin est particulièrement douloureux. Cela dit, il faut vraiment le vouloir car cette guêpe ne s'intéresse pas à nous et son venin est destiné à la future nourriture de ses larves.

 
Terminons cette revue partielle et non exhaustive par une rencontre au sommet entre la poliste et la scolie dont la symétrie et la beauté plastique me ravit et pas seulement au lit* !


*Desproges, sors de ce corps !
 
 Photos prises en juillet 2022

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GR 34 2022 : Etapes 12 à 15

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-07-2022 12:00:59 - 5 commentaires

 

 

Etape 12 : 19 juin Plougasnou-Térénez (11,96 km - 260 m D+)

C'est au petit déjeuner que nous découvrons la situation : le vent a tellement soufflé cette nuit que l'eau a pénétré la verrière du restaurant et la patronne dispose bassines et serpillières. Pendant que nous mangeons, un nouvel assaut de pluie a lieu. La distance prévue est assez courte et nous décidons de prendre notre temps en espérant une accalmie.

 

 

Et c'est parti sous une pluie modérée ; las, à la sortie du village c'est déjà un déluge du genre que nous n'avons jusqu'ici connu qu'à Cherbourg. Nous nous réfugions sous un abri bus duquel nous ne ressortirons qu'après 50 min de sévère renâpée.

Trop fun la rando !
 

Il doit faire 13 ou 14 degrés, ça on supporte mais le vent s'amuse à décorner les bœufs et il devient encore plus insistant quand on arrive à la pointe du Diben.

 

Bien sûr, le paysage est magnifique mais nos sacs augmentent sérieusement la prise au vent, rendant cette partie du parcours périlleuse tellement les rafales nous ballottent, c'est ballot !

 

De grains en coups de vent, nous commençons à être pénétrés par la conviction qu'il faut faire vite pour rejoindre le camping qui nous attend. Ben oui, pour expier le précédent hébergement plus que bourgeois, nous avons réservé une petite cabane de 9 m2 sans sanitaire avec juste deux lits, pour 39 euros, ça le fait.

 

 

Eh bien, 2,5 km avant le camping, les éléments se déchaînent tellement que nous sommes obligés de nous arrêter au port de Térénez où nous nous réfugions dans une crêperie dans laquelle nous nous changeons puis mangeons en prenant notre temps vu que dehors c'est l'apocalypse météo. Profitant d'une fugace éclaircie, nous rejoignons le camping où nous apprenons que le séchoir de la buanderie est en panne depuis ce matin. Trop bien ! Heureusement, la cabane a un radiateur qui va nous aider à sécher nos affaires. C'est ainsi que nous passerons la nuit dans un étendoir à linge improvisé.

Etape 13 : 20 juin Térénez-Morlaix (14,87 km - 184 m D+)

 


Profitant de la modestie du kilométrage de la rando du jour, nous allons visiter la presqu'île de Barnenez et plus particulièrement son impressionnant cairn sis au sommet de la colline. 

 


Plus grand mausolée mégalithique d'Europe, ce cairn fait 75 m de long sur 28 de large. Il comporte 11 chambres funéraires de deux époques différentes entre moins 4500 et moins 3900. Son exceptionnelle conservation est due au fait qu'il était jusqu'il y a peu recouvert de terre et ce n'est que dans les années 50 qu'un entrepreneur qui voulait en faire une carrière découvrit que les cailloux qu'il voulait exploiter n'étaient pas venus tout seuls. Depuis, l'Etat a racheté le site.


Le reste du voyage est moins passionnant, la rade de Morlaix est bordée des deux côtés par la route et nous sommes vite amenés à circuler sur le bitume vu que nous avons choisi de nous éloigner le moins possible de l'eau.


Finalement, en dehors du cairn, ce sera la visite de la ville qui fera l'intérêt de cette randonnée car Morlaix est une cité singulière enclavée entre deux collines et transpercée par un énorme viaduc construit sous Napoléon III.



Descendus dans un appart'hôtel pourvu de lave-linge et de sèche-linge (l'obsession du randonneur), nous avons le temps de nous promener dans cette petite ville tout en venelles et escaliers, admirant les magnifiques maisons anciennes dont certaines datent du Moyen-Age ou de la Renaissance.

 

Après un croque-monsieur dans une brasserie style années 20, nous allons nous coucher dans notre appart dont nous apprécions le calme. Nous avons bien choisi la date car des affiches nous apprennent que la place sur laquelle nous sommes abritera demain la Fête de la Musique une bonne partie de la nuit... Au fait, il n'a pas plu de la journée.

Etape 14 : 21 juin Morlaix-Carantec (17,87 km - 338 m D+) 

Nous n'avons pas envie de nous prendre la tête avec le dénivelé du GR et optons pour la route qui longe la Rivière de Morlaix. Au bout de 5 bornes, nous en avons assez et reprenons le GR, traversant ainsi une forêt qui est en fait l'immense parc d'un ancien château.


Il faut de la patience et encore un peu de route pour retrouver le sentier côtier à l'embouchure. Petit à petit, le ciel se dégage, présageant une belle journée d'été.

 

 
Au 11ème km à l'approche de Carantec, nous tombons sur une pancarte : "Sentier fermé (éboulement)", le genre de signal qui me fait aller de l'avant... On a le choix, soit se taper deux bornes de bitume au soleil soit suivre un très joli sentier ombragé. Va pour l'éboulement ! Nous longeons donc de belles propriétés privées de l'accès à la falaise par ce fameux chemin. L'éboulement est juste un trou de 80 cm de profondeur que l'on se garde bien de combler semble-t-il et nous le franchissons sans difficulté.

 


En vue de Carantec, nous avisons une grande plage bordée par un golf. En espérant que les golfeurs n'appellent pas la police pour signaler un débarquement inopiné de traîne-misère mal fagotés et certainement animés d'intentions peu louables, nous nous installons pour un pique-nique au soleil. C'est notre avant-dernier jour de rando et nous savourons cet instant de sable.

 


Le tour de la presqu'île de Carantec par le chemin des douaniers est enchanteur, nous apercevons ainsi le cairn de Barnenez et une partie de l'étape d'avant-hier. 

 


Pour cette presque fin d'équipée, je me suis permis une folie : un hôtel quatre étoiles pourvu d'une vue à couper le souffle. Bon, l'arrivée avec les sacs à dos fait un peu tache et le réceptionniste, un peu froid, nous tend notre clé d'un air un peu effaré. Sans trop y croire, il nous demande si nous voulons réserver une table pour le soir. J'ai consulté le site de l'hôtel et je sais que le premier menu est à 79 euros sans les boissons. Je nous vois très bien en short et T-shirt de trail au milieu des touristes suisses et allemands dont nous avons vu les voitures sur le parking. Non merci monsieur.


Nous avons le temps de terminer le tour de Carantec jusqu'à l'ïle Callot avant de retourner vers la plage du Kellenn où nous mangeons "Chez les filles" dans une cabane en bois plus adaptée à notre look de vagabonds.

 


Nous retournons finir la soirée dans notre chambre à la vue impayable. Le petit déjeuner du lendemain (à 17,50€ par pers.) nous révélera la radinerie de l'établissement : nous avions le choix entre fromage blanc ou fruits au sirop, thé ou café, les viennoiseries étaient minuscules et le deuxième petit pot de confiture était facturé 5 €. Quand je pense qu'à Plougasnou, les gentils propriétaires avaient emballé les restes de notre pantagruélique petit déjeuner pour que nous puissions les emmener pour le pique-nique !

 

Etape 15 : 22 juin Carantec-Roscoff (20,47 km - 341 m D+)

Dernière étape : Nous quittons la presqu'île de Carantec en franchissant la Penzé au Pont de la Corde situé au cinquième km.

 


Le GR est souvent éloigné de la mer et traverse des cultures maraîchères. A part quelques jolis coins, le parcours n'est pas passionnant vu qu'une fois de plus, il n'y a pas de chemin des douaniers.


Nous yoyotons un moment avec un groupe alors que le ciel s'ennuage. Arrivés à St Pol de Léon, un grain se précipite sur nous et menace de nous transformer en serpillières mais nous sommes en Bretagne et cet importun météorologique disparaîtra aussi vite qu'il est venu et surtout, ce sera la seule averse de la journée. Finalement, ce sera curry de joues de porc et riz basmati à la plage Ste Anne. Tant pis pour le pique-nique !

 


De ce côté du GR, l'accès à la mer reste assez compliqué et notre entrée dans Roscoff se fera par le port de Brittany Ferries. Pas passionnant. Au bout de quelques kilomètres de patience, nous apercevons enfin notre but.

 


Le vieux port de Roscoff avec ses vieilles maisons d'armateurs et ses nombreux bars et restaurants. Ce port, nous le connaissons bien car Josette l'avait traversé à marée basse dans le cadre de la première étape du raid en duo Roscoff to Roscoff. Nous avons réservé une chambre d'hôtel dans un établissement confortable au tarif raisonnable et au personnel chaleureux. Ce soir, nous irons grignoter dans un bar en buvant notre dernier Ti-Punch. Mais avant, nous avons une photo à faire :

 

Nous sommes arrivés !


 

Post-scriptum : Non seulement le retour en Normandie en bus et train a coûté une somme dérisoire (billets + de 60 ans) mais en plus, le train est arrivé à Alençon avec 1 mn d'avance !!!

 

 

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GR 34 2022 : Etapes 8 à 11

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-07-2022 18:15:06 - 3 commentaires


Etape 8 : 15 juin Trébeurden-Lannion (17,85 km - 399 m D+)

 


Un dernier regard vers l'île Milliau et nous quittons Trébeurden en direction de la pointe de Bihit. Jusqu'à l'embouchure du Léguer, le GR suit un très beau sentier des douaniers. Il commence à faire chaud (pour des Lutins) et l'ombre est assez rare. Nous avons emmené boisson et ravitaillement car nous savons que ce parcours est plutôt sauvage. Nous le connaissons bien pour l'avoir couru lors de l'Ultra Tour des Côtes d'Armor.


Au bout d'un peu moins de 9 km, nous entamons la descente vers le chemin de halage pour pénétrer dans la vallée du Léguer que nous allons remonter. Contrairement aux autres rias, celle-ci est fort étroite mais aussi longue. Il fait de plus en plus chaud et nous trouvons enfin un coin à l'ombre pour pique-niquer au bout de trois km de plat.

 


Il nous reste encore six bons km pour arriver au but dont cinq km le long du fleuve. C'est un peu monotone mais ça va vite. Arrivés à Lannion, nous contactons notre logeuse qui vient nous chercher en voiture pour nous emmener dans une chambre d'hôtes carrément confortable, et je ne parle pas du petit déjeuner impérial à 5 € ! Une fois rafraîchis, nous musardons parmi les maisons anciennes et les venelles de Lannion. La ville est bien agréable ainsi que la brasserie que nous choisissons pour manger le soir avec son gérant aussi professionnel que sympa et sa serveuse rousse magnifique propre à ouvrir l'appétit de n'importe quel randonneur. Nous mangeons avec entrain, arrosant nos victuailles comme il se doit.

 


Une fois de plus, nous ne verrons pas le coucher de soleil...

 

Etape 9 : 16 juin Lannion-St Michel en Grève (21,92 km - 523 m D+)


La descente du Léguer n'a rien à voir avec sa remontée. Escarpé, sauvage, exigeant, ce chemin est magnifique mais aussi désert contrairement à son vis-à-vis. Ce n'est pas le genre de coin pour y balader sa grand-mère ou alors si on veut hériter.

 


Nous retrouvons un peu de civilisation en passant par le très joli port du Yaudet situé au 8ème km de notre périple mais il faudra encore quatre km pour enfin sortir de l'estuaire et arriver au bord de la mer.


Le premier point civilisé (possédant des bières) se trouve sur la presqu'île de Loquémeau. Là, le fish and chips s'impose ! La suite est loin d'être plate et le GR n'est pas toujours dégagé. Nous rencontrons d'ailleurs l'employé communal chargé de l'entretien. Marcher sur des tapis de fougères fraîchement coupées n'est pas vraiment aisé et quand ça ne glisse pas, c'est parfois acrobatique car on n'a pas la même proprioception avec un sac à dos faisant autour de 10 kg.
 

Lors d'une pause, nous rencontrons un randonneur d'environ 70 ans qui partage notre coin d'ombre. Le gars voyage avec duvet et tente en ne dépassant pas 7 kg de charge. Il couche n'importe où, ne transporte qu’un demi-litre d'eau à la fois, repérant les cimetières pour remplir sa gourde et taillant littéralement dans le matos, allant jusqu'à couper le manche de sa brosse à dents pour alléger le poids. Un pro, nous on passe pour des bourgeois à côté...


Nous arrivons enfin dans l'immense baie de St Michel en Grève où nous préférons passer par... la grève. Nous découvrons un magnifique village à taille humaine et aux habitants accueillants. Notre gîte avec vue sur mer est presque trop beau pour son prix modique. Ici, peu de commerces mais une baraque à frites tenue par une dame au style réunionnais. Nous y mangeons fort simplement dans l'ambiance conviviale du coin. Ce ne sont pas des touristes mais les gens du coin qui traînent sur la plage. Nous sympathisons avec un mécano biker d'une petite soixantaine accompagné de ses amis, il a un t-shirt marqué "Bike, sex and Rock n'Roll", voilà qui est fort sympathique. Le gars nous propose de nous photographier :

Vous remarquerez que c'est de l'Orangina !

C'est dans la chaleur humaine que nous terminons cette douce soirée d'été sur la plage de St Michel en Grève. Encore une belle découverte.


Etape 10 : 17 juin St Michel en Grève-Guimaëc (23,72 km - 488 m D+)
 
On prévoit 29 degrés cet après-midi. Même si c'est moins que les 37 degrés qu'il fera à Alençon, c'est beaucoup trop pour notre espèce. Nous partons plus tôt que d'habitude.


Après un deuxième petit déjeuner à St Efflam, nous arrivons enfin au bout de la Baie et, après plus de 6 km de marche, nous admirons une dernière fois le paysage avant de basculer de l'autre côté.
 
 
Le contour du Beg Douar et de la pointe de Plestin se fait sur un terrain assez accidenté mais nous en avons l'habitude.
 
 
Nous descendons longuement la baie profonde afin d'arriver à Locquirec, ce qui prend presque une heure. Nous recherchons de plus en plus l'ombre car ça commence à taper quelque peu.
 
 
Une fois le pont franchi, nous sommes arrivés en Finistère. Locquirec est une station assez importante et très vaste. Le GR traverse le camping municipal pendant près d'un kilomètre puis grimpe parmi les villas. Arrivés dans le quartier du port, nous trouvons un petit restau qui nous propose une omelette à l'espagnole pour un prix raisonnable. Au sortir du restau, nous avisons un robinet qui va nous permettre de mouiller casquettes et T-shirts avant de repartir. Encore une pointe, encore du dénivelé mais cela n'a rien à voir avec ce que nous avions subi l'année précédente (presque 3000 m de plus pour deux semaines).

 
Guimaëc est à l'intérieur des terres. Je n'ai rien trouvé à proximité du GR et en plus, je me suis fait annuler deux locations de suite par des propriétaires étourdis. Donc : quatre bornes de route en plein soleil. On est cuit en arrivant. Au bar-boulangerie, nous commandons deux bières à la pression, la boulangère ne connaît même pas la marque de sa bière. D'après le goût d'urine, ça ne doit pas être loin de la Kro. Nous allons ensuite à l'adresse indiquée sur Airbnb. On sonne, pas de réponse. Je téléphone à la propriétaire : "Euh, j'ai mis cette adresse car c'était plus pratique... mais vous deviez me téléphoner pour que je vienne vous chercher.
- Ben oui mais on était en avance.
- Bon c'est 500 m plus bas sur la route."
Là, on trouve un grand corps de ferme. Nous sommes accueillis fort gentiment par la propriétaire qui nous montre la chambre qui est rangée et propre contrairement au reste de la carrée qui est un foutoir étonnant. Jamais vu ça... C'est comme si la dame avait eu une quinzaine d'ados sur place alors qu'elle n'a que son fils de 24 ans et sa copine. 
Bon, il y a une douche partagée et une machine à laver dans le bazar des sanitaires, ça c'est bien. Nous passons une soirée au calme vu que les jeunes sont sortis avec une copine et que la dame est partie dormir chez une amie. Nous ne la reverrons pas et nous prendrons tous deux le petit déjeuner dans le capharnaüm de la grande salle cherchant vainement le sucre qui était peut-être dans la bibliothèque ou le placard à balais. A propos de bibliothèque, nous y avons trouvé un ouvrage fort intéressant qui n'avait manifestement pas été ouvert, portant toujours son bandeau publicitaire et étant couvert de poussière : 

 
Etape 11 : 18 juin Guimaëc-Plougasnou (18,09 km - 623 m D+)
 
Apparemment une étape pas trop longue mais en fait la plus pénible. Nous avons négocié avec la copine des jeunes qu'elle nous emmène en voiture à la Plage du Moulin de la Rive où nous avions entamé les éprouvants 4 km de route ; le début de la balade est très beau quoiqu'assez physique. Mais on n'est pas des débutants...

Et encore, j'ai pas mis ma cape rouge !
 
En approchant du Beg an Fry, le terrain devient difficile d'autant plus que de nombreuses parties sont encombrées par de hautes fougères. Mais bon, c'est très beau.


Nous faisons le yoyo avec un groupe de trentenaires genre rugbymen qui randonnent ici pour la journée. Les jeunots sont un peu étonnés de nous voir ici et comprennent à qui ils ont affaire en voyant nos T-shirts de trail de la mort qui tue. J'avoue, je frime un peu mais ce n'est pas de la vantardise et ça ne mange pas de pain. Cela dit, cette corniche fait 12 km de long et ça irait quand même si la commune avait pensé à entretenir le chemin car à chaque descente, on tombe dans des champs de fougères de deux mètres de haut rendant la progression très difficile sans parler des tiques qu'on finit évidemment par attraper.
 
Ceci est un GR
 
Ce n'est qu'en parlant avec un local au terme de ce Golgotha breton qu'on aura l'explication : la commune attend la fin juillet que les ronces aient poussé pour faire un entretien global. Tout le monde apparemment connaît le problème de ce GR dangereux à force d'être obstrué mais la commune s'en fiche. Dommage, ce site est exceptionnel, je recommande donc de le parcourir au début du printemps ou à la fin de l'été. Tout cela ne nous a pas empêché de faire une belle rencontre :


Un autour des palombes s'est imprudemment posé sur le chemin et a bien du mal à s'envoler, ne pouvant correctement déployer ses ailes (jusqu'à 1 m 30 d'envergure pour les femelles). Nous nous trouvons nez à bec avec le rapace et, vu le rasoir qu'il a entre les yeux, je ne m'amuse pas à lui faire un bisou et reste à un mètre de la bête. L'animal est effrayé, je lui explique qu'il n'a rien à craindre des Lutins cependant, il se met à sautiller de roc en roc au fur et à mesure de notre progression. J'ai compris son problème et je l'incite à monter sur une aire dégagée qu'il finit par atteindre. L'oiseau prend finalement son envol et en voyant le bestiau, je me félicite de n'être ni choucas, ni pigeon ou mouette et même faisan car l'autour est un redoutable prédateur. Encore une belle rencontre.


Il faudra encore un bon moment pour avoir l'honneur d'arriver à St Jean du Doigt et bénéficier d'un terrain plus facile. Plougasnou n'est pas loin et nous y effectuons un crochet pour faire des courses en prévision de la rando suivante. 
 

L'hébergement se trouve tout au bout de Plougasnou, sur la plage de Primel-Trégastel. C'est un ancien hôtel transformé en chambres d'hôtes. L'établissement est magnifiquement meublé et décoré dans le style années 20. Les patrons sont plus âgés que nous et sont aussi charmants qu'hyper professionnels, la chambre carrément luxueuse, du quatre étoiles pour le prix de trois. Nous optons pour le repas du soir, c'est le patron qui fait la cuisine et il a semble-t-il une grande expérience dans la profession. EX-CEL-LENT ! Et pour un prix plus qu'honnête. La serveuse est mignonne, très jeune et très au point, ça sent l'élève d'école hôtelière en stage. Nous passons donc le début de soirée à l'intérieur de la verrière art déco du restaurant de l'établissement, traités comme des coqs en pâte par nos hôtes. Ça nous change d'hier où nous avions été traités comme des poules au pot... Les nuages au dehors sont bien présents et le vent forcit de plus en plus. Qu'on est bien ici à l'abri des éléments !
 

 Heu, on doit repartir avec ce temps demain ?

 
 

 
 

 

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GR 34 2022 : Etapes 4 à 7

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-07-2022 20:03:17 - 3 commentaires

 

 

Etape 4 : 11 juin Tréguier-Buguélès (24,39 km - 341 m D+)

Le temps est bien agréable ce matin... Nous entreprenons la remontée du Jaudy en franchissant d'abord un de ses affluents.

 


Le GR 34 nous emmène ensuite en pleine campagne où Josette subit l'attaque d'une rhubarbe géante sauvage :


J'ai bien du mal à l'en libérer et à la suite de cet incident, nous décidons de nous rapprocher des rives du fleuve. La chose n'est pas aisée car le GR 34 bat la campagne et prend un malin plaisir à nous faire monter et descendre pour des prunes. Après avoir quelque peu merdoyé, nous décidons de quitter le balisage et d'improviser notre chemin le long du Jaudy.


Après un café pris dans un cabanon à la Roche Jaune, nous continuons tant bien que mal sur la caillasse et parfois dans la vase pour décider enfin de pique-niquer près d'un cimetière marin situé à l'embouchure du fleuve.



Ce n'est qu'en rejoignant le GR que nous rencontrons à nouveau du monde. Nous arrivons au Gouffre de Plougrescant et sa célèbre maison entre les rochers présente sur tous les dépliants touristiques. Le site est magnifique mais pas plus que la suite du chemin qui a l'avantage d'être sauvage et désert.


En route pour notre gîte situé à Buguélès, nous voyons sur la carte que nous avons environ 3 km de campagne pour le rejoindre et, oh surprise, nous ne quittons jamais la côte. En fait, l'estran est tellement large en ce lieu qu'il est compté comme de la terre ferme sur la carte alors qu'il est sous l'eau au moment où nous passons. Une fois arrivés, nous sommes accueillis par deux retraités de l'Education Nationale qui nous installent dans une petite maison au confort royal munie d'un lave-linge (Alléluia !) et d'un sèche-linge (Hosanna !). Ils nous proposent de nous déposer le soir au restau de la plage de Gouermel situé à deux bornes de là. Trop sympas ! Nous déclinons leur offre de venir nous rechercher après le repas, on est quand même des sportifs... 

 


La soirée fut douce et insouciante. En plus on a mangé comme des chancres ! Nous serions bien restés  quelques jours dans le coin. En discutant avec nos hôtes, je me suis aperçu que la dame avait fait presque tout sa carrière d'instit dans l'Orne ; de plus, elle avait fait ses études à l'Ecole Normale d'Alençon (ENA) comme moi et Josette. Nous n'avions pu que nous croiser à un moment ou un autre. Le monde est petit.

 

 Etape 5 : 12 juin Buguélès-Perros Guirec (18,68 km - 380 m D+)

 

 
Direction Port Blanc par l'estran, fi du GR pour le moment. La marée est basse, le terrain n'est pas vaseux et la perspective infinie. Arrivés dans cette petite perle balnéaire, nous prenons notre deuxième petit déjeuner face à la Sentinelle.


Nous avons peut-être pris un peu notre temps et en approchant de 13 h, nous nous apercevons que nous n'avons pas fait de courses pour le pique-nique. Nous pressons le pas, nous voyant déjà dépérir sur le sentier par manque de vivres. Soudain, coup de bol (alimentaire), nous tombons sur la plage de Trestel pourvue d'une bienvenue baraque à crêpes à côté de laquelle nous nous restaurons avec joie en évitant cependant la bière car il fait chaud et le chemin n'est pas fini.


Par la suite, nous progressons sur l'estran ou le GR tant que nous le pouvons jusqu'à ce que nous arrivions à proximité de Perros Guirec. Plus nous en approchons, plus l'odeur d'algue verte est remplacée par l'odeur de billet vert. Ça sent le riche dans le coin. Le GR 34 se met à s'éloigner du bord de mer pour laisser la place aux belles propriétés. Il nous oblige même à emprunter une route passante sans bas-côté ni visibilité. Bon, si je me fais renverser par une Porsche Cayenne, ça fera plus classe que si c'est une Dacia Duster... Finalement, nous survivons et arrivons à notre hôtel pour pauvres situé à côté d'un rond-point très passant (merci les boules Quiès) à l'entrée de Perros. Douche puis balade pour se repérer un moules-frites (Les béotiens, ils mettent deux s à moules marinière !).
 

Mais avant de manger, nous baguenaudons au soleil puis repérons un troquet genre rock and roll où nous commandons un T-Punch que nous trouvons par ailleurs excellent. Il faut dire qu'il a été préparé à partir d'un rhum caribéen à 55°. Josette en a les yeux qui brillent...
 

 Etape 6 :
13 juin Perros Guirec-Trégastel (16,5 km - 235 m D+)
 
 Il faut traverser tout Perros, le GR n'en fait qu'à sa tête nous entraînant dans des montées et descentes inutiles. A un moment, nous nous trouvons sur une plage située sous une propriété de milliardaire sans issue visible. C'est un pêcheur qui nous indique l'existence du chemin bien caché au fond de la plage sans qu'un signe rouge et blanc ne soit visible.

 

 Tout ça pour nous retrouver à nouveau en ville ! Nous finissons quand même par sortir de Perros mais pas pour autant de la civilisation car le sentier Perros Ploumanac'h est plus que fréquenté. Vu le peu de monde qui répond à nos "bonjour", nous en déduisons que les Parisiens sont nombreux dans le coin... Heureusement, la nature et belle et généreuse en Bretagne.


Ploumanac'h est certainement le site le plus spectaculaire de la côte de granite rose mais avec nos gros sacs et nos airs de traîne-savates, nos détonnons dans ce lieu hyper fréquenté ; c'est ce qui nous pousse à emprunter des chemins un peu trop casse-cou pour éviter la foule.


Résultat : à un moment on se retrouve à escalader des blocs, ce qui n'est guère aisé avec un sac à dos. Dès que nous le pouvons, nous filons en direction de Trégastel, station plus modeste mais néanmoins très belle avec ses quatre magnifiques plages constellées de granite rose. Nous débarquons à l'Hôtel de la Plage et de la Mer, nom original pour un hôtel situé en front de mer. Après une douche bienvenue, nous paressons sur une terrasse, observant avec amusement un groupe de jeunes qui tentent de sauter de la "tomate", un des rochers de la plage centrale. La jeune fille du groupe grimpe puis saute puis grimpe puis saute... pendant que les trois garçons hésitent, tergiversent et piétinent.

 
Trégastel est vraiment notre village breton préféré et nous savourons notre pique-nique du soir sur la plage de la Grève Blanche face aux îles accessibles seulement à marée basse. Une belle soirée de juin dans la tiédeur des instants étirés par un soleil qui ne veut pas s'en aller; on est bien...


Etape 7 : 14 juin Trégastel-Trébeurden (21,22 Km - 242 m D+)


Toujours difficile de quitter Trégastel. La promenade est agréable et plate jusqu'à la presqu'île de Landrellec. Nous avons décidé de suivre le GR 34 mais de zapper l'Ile Grande dont nous avons déjà fait plusieurs fois le tour. Mais avant l'Ile Grande, le GR nous emmène dans la campagne et se met à nouveau à divaguer : Très peu de chemins et beaucoup trop de route pour ne pas voir grand chose sinon une réserve de gens étrangement habillés se déplaçant avec des cannes en métal. Trop bizarre.

Encore plus bizarre !

Ce GR en roue libre nous emmène de plus en plus loin de la côte tout en ne nous montrant rien d'intéressant. Nous décidons de nous rabattre sur la côte et nous revenons même en arrière pour ce faire. Quatre km pour rien sur six. 
 

 Profitant de la marée basse, nous longeons tant que nous pouvons la route par la grève. Il nous faut bien cependant marcher le long de la départementale vu l'absence de sentier des douaniers dans le coin. A proximité de Trébeurden, nous essayons de passer par le marais du Quellen mais le GR n'est pas de bonne humeur et il nous emmène à rebours de notre but. Nous renonçons à nouveau en faisant demi-tour et nous filons directement vers Trébeurden.
 
 
Trébeurden n'est pas qu'une station balnéaire, c'est une vraie ville avec une vraie vie contrairement à Perros qui sent un peu la naphtaline. Sur place, nous passons un certain temps à la laverie automatique puis nous allons boire une bière à la plage du Tresmeur. Le studio que nous louons est tout près, il se trouve dans un ancien hôtel reconverti en appartements. La propriétaire y a passé toutes ses vacances  avec ses parents et ses trois frères et sœurs. Vu la taille du studio, aller aux toilettes la nuit devait ressembler à un parcours d'obstacles ! Mangeons léger : tomate thon brugnon et un bout de comté trouvés dans une épicerie qui aurait pu servir de décor dans un film se déroulant dans les années 60. Buvons lourd : après la bière, une IPA californienne excellente, nous partons boire une Piña Colada à la plage. Un peu tapés par la journée, nous retournons vers notre appartement ; des familles s'attardent encore sur la plage de Porz Termen. Un papa interpelle ses ados "On rentre ! Y'a école demain !" On ronchonne et on met un T-shirt. Je parie que ces gamins ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont d'habiter ici.


 



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