KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Juillet 2021
Le Lutin d'Ecouves

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Archives Juillet 2021

GR 34 2021 : Etapes 13 à 16

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-07-2021 15:47:36 - 5 commentaires

 


Etape 13 : 24 juin Yffiniac - Plérin (19,6 km - 331 m D+)

 

 
Un peu de repos... l'étape ne doit faire que seize petits kilomètres et un minimum de dénivelé. Nous sommes au fond de la baie et c'est tout plat. Il s'agit surtout de franchir le Gouët, c'est à dire de contourner St Brieuc par l'intérieur de la baie sans jamais entrer en ville. Plutôt sympa la balade et il fait beau ! 

 

Photo Josette

 

Juste avant le Gouët, nous visitons le Petit Monaco, un ensemble de cabanes datant pour certaines de la période du Front Populaire et construites un peu anarchiquement le long de la côte. Cette petite cité en bois (parfois sur pilotis ou constituée d'anciens wagons) a failli disparaître dans les années 2000 mais les autorités locales ont souhaité depuis leur accorder un statut juridique pour préserver le cachet populaire du quartier, ces petits cabanons ne coûtant que de 2500 à 8000 €, tarifs qui n'ont rien à voir avec ce qui se pratique ailleurs sur la côte. Nous restons dans l'ambiance en pénétrant dans le port du Légué où nous nous attablons à la terrasse d'un bar en compagnie d'ouvriers du chantier de réparation navale. L'ambiance n'est plus très touristique mais très sympa. Nous admirons au passage une immense mur couvert par les graffeurs locaux :

 

Photo Josette

 

Ne reste plus que la remontée du Gouët et nous arrivons bientôt à Plérin dans le quartier St Laurent mais avant, nous pique-niquons au soleil sur des rochers au bord de l'immense baie.

 

 

 L'hôtel est situé à côté des commerces, d'une laverie et d'un bar ; le quartier St Laurent est balnéaire et calme, il fait beau. Nous sirotons des bières pendant que le linge se fait. A l'heure dite, nous allons à notre rendez-vous avec le patron de l'hôtel-bar-tabac. Comme c'est son jour de congé, il vient de St Brieuc pour nous ouvrir. L'établissement semble avoir un petit côté vintage qui n'est pas pour nous déplaire...

 

Photo Josette

Ah oui, c'est bien imité ! On se croirait dans un roman de Simenon des années 50. Le type mal rasé sans masque ni aucune mesure covid nous fait monter un escalier qui n'a vu ni balai ni cire depuis des années. Il nous file une clé et se barre fissa. Nous entrons dans la chambre et nous sommes aussitôt assaillis par une forte odeur de cigarette, le ménage est plus que symbolique et les recoins sont recouverts d'une épaisse poussière grasse. Les toilettes sont sur le palier et , faute d'exploser, je suis contraint d'uriner dans les chiottes les plus crades que j'ai pu fréquenter depuis des décennies avec une mention spéciale pour le balai hygiénique (le mot n'est vraiment pas adapté) recouvert d'une substance collante grise et verdâtre, substance de type blob que l'on s'attend à voir s'animer pour se jeter sur le pauvre touriste afin de le phagocyter. Pendant ce temps, mon épouse se perd dans le couloir et rentre dans la chambre d'un clodo vachement bien imité qui est certainement là pour compléter le tableau. Ça y est, j'ai compris, on est sur le plateau du tournage de "Maigret et l'hôtel borgne" avec Bruno Cremer. Euh, ben non, Bruno Cremer il est mort. Et c'est nous qui le serons bientôt si on n'escampe pas de là. Google m'indique un Ibis à trois kilomètres à l'intérieur des terres, trois bornes que nous faisons en à peine une demi-heure malgré les sacs à dos... Carrément un Ibis Style avec des chambres qui coûtent le prix d'un rein et qui ont une vue imprenable sur les pompes à essence du Leclerc voisin. Pas grave, ils ont de la bière et de la bouffe à base de surgelé.

 

Etape 14 : 25 juin Plérin - St Quaix Portrieux (23,5 km - 672 m D+)

 

Y r'pleut ! Nous n'avons pas le choix, nous zappons la Pointe du Roselier pour rejoindre directement la plage des Rosaires. Le contraire nous eût porté l'étape à plus de 30 km, ce n'eût pas été raisonnable d'autant que le sentier en direction de Binic n'est pas des plus plats. Sous une pluie fine constante, nous attaquons la première partie du trajet bien pentue et rendue glissante par cette météo décidément bretonne. Nous croisons à plusieurs reprises les différentes classes d'une école qui a eu la bonne idée de faire sa sortie nature ce jour, ce qui me fait remémorer quelques voyages scolaires bien arrosés. 

 


 Nous cheminons quelques temps avec un randonneur, un ancien comme nous. Il discute un bon moment avec Josette qui lui fait un cours complet sur la tenue de bâton en marche nordique. A un arrêt, il est rejoint par son épouse et nous laissons le couple pour bientôt rejoindre Binic.



Le terrain est encore bien costaud et nous devons parfois descendre avec la prudence d'une hyène gravide. Une fois sur le port, nous avisons une crêperie dans laquelle nous nous restaurons à l'abri, bonne idée car la pluie se met à prendre des airs tropicaux. Une heure après, les précipitations redevenant modérées, nous prenons la direction de St Quaix.

 


Nous marchons dans une zone que je connais bien car j'y ai couru trois fois le trail Glazig en février. Qui a couru le Glazig et a survécu ne craint point la pluie et la boue. Cela dit, ils ont de satanées côtes dans le bled ! 

 


 Arrivés à St Quaix, nous trouvons une chambre d'hôtes non loin de l'île de la Comtesse, la propriétaire nous propose d'utiliser le spa mais nous déclinons l'offre ayant suffisamment vu d'eau pour la journée. Faisant exception à la règle de la bière, nous finissons la journée en consommant des tapas au Mojito puis au Ti Punch. Autant dire que la nuit fut calme.
 

 

Etape 15 : 26 juin St Quaix Portrieux - Plouha (21,9 km - 886 m D+)

 

Temps calme et légèrement humide en quittant St Quaix, c'est presque l'idéal pour des Lutins de la forêt d'Ecouves. Tant mieux car on va grimper sur les plus hautes falaises de Bretagne à Plouha (104 m). Grimper une centaine de mètres, ce n'est pas un problème mais grimper puis descendre puis grimper puis descendre et ainsi de suite... 

 


Après un café pris à Port Goret, le ton est donné. Ce ne sera pas l'étape la plus facile... En tout quatre bonnes heures de marche pour dépasser la pointe de Plouha, les falaises se font de plus en plus escarpées.

 

 

Une fois de plus la météo gribouille ne rend pas justice à la magnificence du paysage. Dans cette zone, nous rencontrons pas mal de monde, le terrain n'étant pas trop compliqué jusqu'à Gwin Zegal où les bateaux sont amarrés à des pieux, en fait des troncs d'arbres qu'il faut changer régulièrement. 

 

 

Ici, nous pique-niquons rapidement car la bruine se fait pluie... La remontée de la falaise est vraiment trop dure, nous profitons de la marée basse pour passer par l’estran jusqu'à Port Moguer et sa digue en granite rose, là la pente est plus douce.
 


Jusqu'à la plage Bonaparte, les choses restent simples mais quand nous dépassons ce haut lieu de la Résistance, le GR redevient sauvage, escarpé, encombré. La fin du parcours est très physique, surtout quand il faut quitter le GR pour rejoindre notre camping à partir de la pointe de la Tour. C'est plus de la chute à travers la végétation humide plutôt que de la descente.


Enfin, nous arrivons au camping pour intégrer un mobile-home pourvu de chauffage utile au séchage des affaires. Repas le soir à l'anse de Bréhec située à un kilomètre : fish and chips avec mojito puis bière bretonne, il fallait bien ça pour récupérer de cette étape humide et physique.
 
Etape 16 :  27 juin Plouha - Paimpol (18,5 km - 560 m D+)


Le beau temps revient pour cette dernière étape, l'Anse de Bréhec prend un air plus aimable quand nous la quittons. Le chemin sera court mais quand même assez physique comme qui dirait...

Photo Josette

Malheureusement, certaines falaises étant trop dangereuses, le GR nous fait passer plusieurs fois par la route. Une fois sur les hauteurs, nous pouvons entr'apercevoir la fin de notre périple au-delà de la pointe de Plouézec : l'anse de Paimpol et ses îles et plus au loin l'île de Bréhat si prisée des touristes.

 

Pique-nique avant d'aborder des parties plus plates de l'anse de Beauport dont nous visitons brièvement l'abbaye. Cette fin d’étape ressemble un peu à notre départ deux semaines plus tôt, nous retrouvons de grandes étendues marécageuses comme dans la baie du Mt St Michel. 
 
 


L'ambiance est plutôt calme. Nous sommes cependant hélés par une jeune fille accompagnée de son papa. Elle porte un maillot jaune et tient un vélo à la main, ils veulent que je les prenne en photo, ce que je fais aussitôt. Nous continuons en passant par une zone de loisirs avec piscine d'eau de mer et sable mais curieusement il n'y a personne, pourtant on est dimanche...


Nous arrivons au port de Paimpol en suivant la côte. Précédemment, nous ne voyions pas un chat mais maintenant, c'est la foule. Tout le quartier du port est blindé mais il y a assez de bars pour que nous trouvions une place à une terrasse. Nous optons pour caïpirinha et Calmars grillés, faut pas faiblir. Je demande à la plantureuse serveuse pourquoi la ville est aussi animée ce dimanche. "Ben, ils attendent le Tour de France." Ah oui, je savais bien que le Tour passait en Bretagne mais j'ignorais qu'il passait par Paimpol. Sur ce, on entend du barouf et nous voyons un long serpent multicolore se dérouler à une centaine de mètres de nous. En deux minutes c'est plié, la foule se disperse pour se jeter sur les dernières places en terrasse. Nous faisons une balade sur les quais et fixons par un cliché un point définitif sur notre aventure bretonne de 2021 :


L'appartement loué pour la nuit est plus que confortable, il ferait un bon point de départ pour une session 2022... Le retour en train du lendemain se fait tranquillement avec un gros arrêt à Guingamp. En fait quand je dis tranquillement, je manie la litote car en fin de parcours, notre rame mettra 2h35 pour effectuer les 50 derniers kilomètres entre Le Mans et Alençon c'est à dire à peine 20 km/h de moyenne. J'ai failli descendre pousser...

 


 

 

 

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GR 34 2021 : Etapes 9 à 12

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-07-2021 15:21:51 - 4 commentaires


Etape 9 : 20 juin Plévenon - Pléhérel (21,8 km - 693 m D+)

 


 Pas terrible la météo mais toujours cette sensation de liberté qui n'a pas de prix. Après un petit déjeuner d'enfer au Petit Trécelin, nous retournons un moment dans les bois bien pentus pour déboucher sur la côte. Nous remontons le long de la Baie de la Fresnaye en direction du Fort La Latte, il s'agit de la partie la plus raide de notre étape et quand je dis raide, c'est une litote. 

 

 

A partir du Fort, nous entrons dans une zone plus touristique et aussi plus carrossable. Je connais bien la zone pour avoir couru trois fois le trail d'Erquy. Nous nous dirigeons vers le Cap Fréhel, haut lieu touristique de la région avec ses magnifiques grès roses et ses centaines d'oiseaux.


 

Malheureusement le temps bouché ne rend pas justice à ce site parmi les plus beaux de France. Presque quatre heures de marche, nous pique-niquons au Cap Fréhel avec la nourriture économisée grâce au repas non prévu la veille au soir. Nous gardons cependant un peu de pain et des sardines pour le soir car nous sommes depuis hier sur un parcours dépourvu de commerces.

 

 

 

La descente vers Pléhérel est moins difficile mais Josette a très mal au dos, et nous nous arrêtons un moment à la plage des Grèves d'en Bas tout près du bourg pour souffler un peu et regarder les surfeurs qui tentent vainement de chevaucher des vagues de 50 cm de haut. Une fois mon épouse retapée, nous grimpons au bourg pour aller boire une bière dans un trocson type années 60 bien sympa. L'hôtel fait plutôt pension de famille et la patronne qui est seule à le tenir est assez raide mais la prestation est correcte et le petit déjeuner pantagruélique. Juste un problème : nos voisins sont des sportifs comme nous, en beaucoup plus jeunes, et ils ont la bonne idée de se lever à 5h00 pour se mettre à trafeter jusqu'à leur départ vers 6h30. Bon, comme ça on partira plus vite.
 
Etape 10 : 21 juin Pléhérel-Erquy (20,8 km - 466 m D+)



Ce matin il fait beau et nous découvrons une splendide vue sur le Cap Fréhel au départ. Direction Erquy en passant par les Sables d'Or.


Comme c'est le jour de l'été, la Bretagne nous offre un répit et nous retrouvons les incroyables couleurs de ce magnifique pays. En fait, une fois arrivé aux Sables d'Or, Erquy n'est pas très loin sauf qu'il faut passer par les marais de l'Islet puis faire tout le tour du cap.
 

Nous nous économisons un peu de dénivelé en laissant le GR et en passant par la plage de Lanruen tout en admirant les falaises de ce fameux grès rose dont sont faites maintes maisons d'Erquy.


Bon, ben ce cap, il va bien falloir y grimper... et c'est raide avec le sac mais une fois en haut, on est sur du sentier à vaches Parisiens. Le tour du cap, nous connaissons mais on ne s'en lasse pas. Tous ces beaux cailloux, ça fait rêver mon épouse qui a l'âme géologique.


Il fait beau et même trop chaud pour des Normands, le cap a ce petit air méditerranéen que je lui connais pour l'avoir arpenté plusieurs fois. Nous avons pris notre temps et marchons depuis plus de cinq heures, nous descendons au port et nous attablons tout en commandant une bière et deux bruschettas. La vue est superbe mais... mais les couleurs changent subitement. De bleue, l'eau devient verte, je sors de la terrasse et fais vite une photo (sans trucage) :
 
 
Krabardaf ! L'orage arrive en quelques minutes, la parenthèse estivale se referme. il faut attendre un bon moment pour partir rejoindre la chambre d'hôtes qui se trouve encore à trois kilomètres. Trop bien la chambre, trop bien le site, trop gris le temps... Y'a de quoi se la prendre et se la mordre. On descend boire une nouvelle bière dans l'ancien bourg puis on se venge sur nos dernières provisions, va p'têt ben falloir trouver du manger demain.

Etape 11 : 22 juin Erquy - Planguenoual (23,5 km - 684 D+)


L'étape de la météo qui tape : cela va de la bruine à la pluie avec adjonction d'un vent force 7. Si tu n'y survis pas, la Bretagne n'est pas faite pour toi. Nous entamons la descente vers le fond de l'immense baie de St Brieuc. Arrivés à la plage de Caroual, le GR est détourné par un grand chantier qui empiète sur une bonne part de la plage. Devant les hautes barrières du chantier se trouve un vigile. Polis comme nous sommes, nous lui disons bonjour ; à ce moment, une voiture ralentit à son niveau, les gens baissent la vitre et se mettent à insulter le gars. Je l'interroge sur le peu d'aménité des locaux : "Oh, c'est comme ça toute la journée, ici c'est la station où arriveront les câbles des éoliennes prévues dans la baie, alors les gens nous insultent..." 


Le terrain est pentu et rendu glissant par une pluie modérée mais continue. On est autour de 12 à 13 degrés. Cerise sur le gâteau, les rafales de vent nous déséquilibrent régulièrement... et malgré cela nous trouvons le parcours d'une grande beauté, enfin quand la végétation nous le laisse entrevoir.


Oui, car le GR n'est pas trop usité dans le coin et il faut parfois écarter les fougères ronces et orties pour passer. Trop bien !


Le midi, après avoir gravement grimpé la pointe de Pléneuf, nous arrivons au Val-André et son immense plage grouillante de monde sauf que là, il y a juste nous qui nous grouillons pour trouver un coin au chaud pour manger. Au resto du casino, on nous accepte malgré nos sacs à dos dégoulinants et notre aspect visqueux. Un bon coup de bière avec un repas correct et pas trop cher, on va mieux. Mais nous ne sommes pas secs et quand nous ressortons, nous comprenons vite que si nous attendons l'ouverture de la supérette locale à 15 h, nous risquons de nous faire Miko. Nous trouvons un magasin tenu par une bourgeoise qui vend à prix d'or des cakes faits main et des quiches du même métal. Pour 15 euros, deux quiches individuelles et un morceau de cake... Ces produits de luxe s'avèreront surprenamment nourrissants, du genre lembas des elfes de la forêt. Finalement, la bourgeoise, c'était peut-être Galadriel...
 
 
Nous sommes attendus dans le chalet de Jean-Claude à Planguenoual mais avant, nous mangeons encore pas mal de dénivelé et de bruine en essayant d'apprécier le spectaculaire paysage de cette partie très sauvage de la côte. Une fois arrivés, Jean-Claude nous montre notre home fort spacieux pourvu d'une véranda qui se met à faire un drôle de bruit : la pluie qui avait été modérée jusqu'ici se met à tomber plus que dru. Jean-Claude nous a conseillé la Moulerie de la Baie à 1 km d'ici mais nous réalisons que cette distance sous une telle pluie allait nous transformer en serpillières périmées. Mieux vaut se déloquer et laver puis étendre tout ce qui est trempé. Heureusement, il y a du chauffage. Jean-Claude a déconnecté les fusibles des radiateurs mais moi, je ne suis pas né de la dernière bruine et nous finissons la soirée dans une douce ambiance de buanderie en mangeant du lembas.

Etape 12 : 23 juin Planguenoual - Yffiniac (22,4 km - 609 m D+)


Le temps est bien plus riant ce matin et le dénivelé se marre aussi pas mal... à notre détriment. Arrivés au niveau de Morieux, il faut contourner le Gouessant qui se jette dans la Baie et c'est une heure d'efforts sur des chemins à chèvres utilisés d'ailleurs par une station de trail locale. On comprend pourquoi...


Ouf, nous sommes allés jusqu'au barrage hydroélectrique et nous sommes enfin de retour sur la côte. Marre du dénivelé, nous descendons sur le sable en nous tenant à distance des algues vertes très présentes dans la baie.


Arrivés sur la plage de Bon-Abri, nous trouvons une importante exploitation mytilicole dans laquelle on a eu la bonne idée de construire une cabane à Moules-frites. Nous y sommes chaleureusement accueillis, ça tombe bien, nous n'avons plus rien à manger et pas la queue d'un commerce le long de la côte. De la moule fraîchement pêchée, des frites locales cuites à la graisse de bœuf et une nouvelle bière locale. Le bonheur, en quelque sorte...


Le tour de la pointe d'Hillion prend encore un bon bout de temps et nous mettons deux bonnes heures pour descendre dans le fond de la baie dont on se demande bien à quoi elle ressemblera quand elle sera plantée d'éoliennes dont la construction a été décidée par des technocrates urbains à l'écologie sélective...


Nous avons réservé une chambre dans un hôtel d'une grande chaîne à Yffiniac et c'est une bonne surprise, la zone pavillonnaire est aérée et presque agreste. Il y a de quoi faire les courses pour l'étape suivante, c'est parfait. Resto à l'hôtel le soir, du surgelé pas mal foutu et... de la bière. Il ne reste plus que la remontée de la partie ouest de la baie et notre périple sera bouclé. Eh bien, ça prendra encore quatre étapes et beaucoup de grimpette.
 
 

 

 

 

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GR 34 2021 : Etapes 5 à 8

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-07-2021 15:58:57 - 5 commentaires

 

 

Etape 5 : 16 juin St Malo - St Briac sur Mer (23 km - 609 m D+) 

 


Il fait beau... plus pour longtemps. Quittant St Malo, nous franchissons le barrage de la Rance pour aller grimper vers Dinard. La progression se fait en grande partie en sous-bois. Le GR nous fait croire que nous sommes en pleine nature alors que la zone est densément peuplée.

 


La Pointe de la Vicomté nous offre une vue splendide sur la Baie du Prieuré. Il ne reste plus qu'à descendre vers la plage du Prieuré où nous prenons un café juste à côté d'une réunion professionnelle de femmes coaches spécialistes en formation. Les deux animatrices me font aussitôt penser à nos chères inspectrices et conseillères pédagogiques qui masquaient leur incapacité à enseigner par un vocabulaire ronflant, creux et émaillé d'anglicismes maladroits du type présentiel, distanciel, sécure ou relevant. J'ai vite envie de distribuer des baffes en présence mais je me tiens finalement à distance, c'est plus sûr et pertinent !

 

 
Nous entamons le long tour de Dinard sous les remparts, excellente surprise ! Le panorama est magnifique et souvent surprenant comme cette vue vers St Malo :

 


Las, le temps se couvre en quittant Dinard et la côte de St Lunaire se fait bien grise... Nous arrivons à St Briac où nous dormons chez une charmante comédienne qui chôme en Bretagne et finance son loyer en sous-louant une chambre de son petit logement aux touristes. C'est ça qui est chouette dans ce genre de vacances, on voit de tout. Nous mangeons le soir sur une plage proche d'un peu de pain et de sardines. Le mauvais temps qui se précise nous fait croire que nous sommes seuls en ce vaste lieu comme si le Monde nous appartenait... rêve de vieux adolescents.

 

Etape 6 : 17 juin St Briac sur Mer - St Cast le Guildo (22,4 km - 317 m D+)

 


Le petit déjeuner était compris dans le prix de la chambre mais je n'ai pas dû comprendre... 1/2 verre de jus d'orange pour deux et le pain qu'il faut décongeler soi-même.... Notre hôte ne s'est pas levée et nous n'avons pas pu la saluer. Il bruine, il pleuviasse, il brougniasse. A partir de ce jour, nous n'allons pas souffrir de la chaleur, c'est ça de gagné. Nous longeons un moment l'immense golf de St Briac et nous nous dirigeons vers le sentier des douaniers. St Briac est connu pour ses très belles villas accrochées au bord de mer, si bien accrochées que certains n'apprécient pas les va-nu-pieds. Il faut dire qu'ici il y du beau linge comme un ancien secrétaire d'état américain ou un ancien ministre de l'environnement et quand on se soucie de son environnement, on ne laisse pas n'importe qui s'y balader. Nous nous engageons cependant sur les sentiers côtiers dûment balisés par la municipalité.

 


Ah, zut, demi-tour ! Les riches font de la résistance dans le coin. Bon, on va faire un peu de route. Nous passons à Lancieux pour acheter un peu de nourriture et longeons la côte en direction des marais.

 


Au fond de la baie, le GR semble pris de folie et part à l'opposé. Nous avisons une route fermée à la circulation car inondable, bonne idée car j'estime que nous économisons environ 3 km qui nous faisaient passer en pleine campagne. Nous avons décidé de zapper la presqu'île de St Jacut car nous en avons déjà fait le tour lors du trail des Ebihens, de plus il est difficile de trouver un logement en ce lieu presque aussi chic que St Briac. Donc, en quelques kilomètres, nous arrivons au Guildo dont nous pouvons voir les imposantes ruines du château. Nous faisons un arrêt bière et nous consommons deux spécialités locales. Ce sera une constante : nous ne consommerons que des bières bretonnes en Bretagne.

 

Quelques bières locales qui firent notre bonheur

A peu de distance se trouve notre chambre d'hôtes. Là, nous sommes accueillis royalement dans une grosse maison bourgeoise. Petit balade dans le bourg du Guildo où mon épouse repère un monument singulier dédié à un célèbre enrhumé...

 

Photo Josette

 

Etape 7 : 18 juin St Cast le Guildo - St Cast le Guildo (9,7 km - 344 m D+)



Ben, il pleut. Le tour de St Cast étant vraiment trop long, nous avons décidé de faire une petite étape histoire de profiter de la plage l'après-midi. Nous avions même emporté les maillots de bain. En fait, pour les photos sexy, c'est cuit.

 

 

En plus, malgré la petite distance, on prend cher au niveau grimpette. Heureusement que je n'avais pas programmé le tour complet.

 


Après en avoir bavé jusqu'à la pointe du Bay, nous arrivons à la plage de Pen Guen pour rejoindre le camping du même nom. La plage est immense et a un air de chabadabada, toi et moi oua badabada, encore un fois... mais mon épouse ne veut pas qu'on s'attarde à courir comme des chiens fous les cheveux dans le vent. Va comprendre. On a quand même pris une bière au bar de la plage où nous étions les seuls clients puis nous sommes allés au camping. Chouette, le "Mobile home" a le chauffage ! Re-chouette, il y a une laverie avec séchoir !

 

Etape 8 : 19 juin St Cast le Guildo - Plévenon (26,3 km - 690 m D+)

 

 

 En plus, il fait froid mais une fois la partie ouest de St Cast abordée, nous arrivons dans des lieux particulièrement sauvages et escarpés. Passée la pointe du Châtelet, nous apercevons une plage bienvenue pour pique-niquer de quelques victuailles étiques et rares car il n'y a aucun moyen de trouver à manger sur des kilomètres et nous avons omis de réserver à manger à l'hôtel du Petit Trécelin, il faut donc en garder pour ce soir...

 

 En regardant vers le sud, nous pouvons nous faire une idée du chemin qu'il reste à faire pour arriver au fond de la baie de la Fresnaye d'autant plus que nombre d'obstacles nous attendent comme le contour du Moulin de la Mer qui, heureusement est à marée basse. 
 

Un peu d'acrobatie en se mouillant à peine les pieds et nous économisons bien un ou deux km sur le GR. Arrivés au fond de la baie, nous coupons par la route pour remonter au nord, ça ira comme ça...
 

Le terrain devient campagnard puis sylvestre... le GR que nous reprenons nous fait passer par une forêt marécageuse digne de "La créature du Lac Noir". Ça glougloute partout, nous marchons dans la boue et ça monte, ça monte... jusqu'à ce nous arrivions au petit Trécelin. L'hôtel est carrément bien, les chambres sont des petits appartements séparés avec chauffage et le patron est très très sympa. Il connaît bien les randonneurs car il gère un des rares hébergements sur le chemin qui mène au cap Fréhel. C'est un ancien joueur de rugby de niveau national et nous sympathisons en buvant la bière. Un orage arrive et nous sommes heureux de n'avoir eu que de la pluie fine depuis le départ. Nous sommes littéralement crevés par cette étape. "D'autres ont renoncé, nous dit le patron, les gens ne se rendent pas compte de la difficulté du terrain et il y a des annulations, surtout par cette météo... au fait, un couple vient de décommander, ça vous intéresserait de manger ?" Tu parles Charles on ne demande même pas ce qu'il y a au menu, nous finissons la soirée devant un bon repas. A la bière de 18h, nous ajoutons ainsi un kir breton puis un verre de blanc. Dehors, il se met à tomber des cordes. Je crois qu'une fois retournés dans la chambre, nous avons regardé Arsène Lupin avec Georges Décrières et Marthe Keller mais je ne me souviens plus trop de la fin...

 

 

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GR 34 2021 : Etapes 1 à 4

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-07-2021 18:34:41 - 5 commentaires

 

 


Après avoir bouclé le tour du Cotentin en 2019 et fait une pose covidéenne en 2020, nous voilà repartis pour seize nouvelles étapes cette fois-ci sur le GR 34 (Mt St Michel - St Nazaire) qui frise les 1800 km. Il s'agit cette année de parcourir les 346 premiers kilomètres. A ce rythme, j'aurai passé les 70 ans quand je serai arrivé au bout du monstre... Accompagné bien sûr de ma chère épouse Josette et arnaché comme elle d'un sac à dos de 10 kg (avec eau et nourriture), je démarre une rando bretonne tant par la météo que par la difficulté surprenante du terrain puisqu'en 16 jours, nous totaliserons un dénivelé de 8 494 m. Merci à Josette pour ses notes qui facilitent grandement la rédaction de ce billet et des trois autres à venir.


 


 Etape 1 : 12 juin  Le Mont Saint Michel - Le Vivier sur Mer (21,9 km - 86 m D+)


Les temps est gris et ce ne sera pas la dernière fois. Pour les organismes, c'est bénéfique mais pour les photos, c'est moins fun. Le terrain est plaaaat ! Des herbus, des moutons, des prés salés... cette première étape n'est pas spectaculaire mais nous sommes comme seuls au Monde et ça nous convient parfaitement.



A l'approche du Vivier sur Mer, le temps devient plus dégagé en partie grâce au vent qui y souffle fréquemment. Ici, on est au pays des chars à voile et des moules de la Baie, certainement les meilleures de France.


Nous prenons la chambre réservée aux prolos de l'hôtel trois étoiles, ça nous suffit. Par contre, le repas du soir est vraiment trois étoiles avec un vin blanc alsacien de toute beauté. Le patron très sympa nous met en contact avec le producteur qui nous envoie ses tarifs dès le lendemain.


Le temps d'arriver au bout de l'étape, la Manche s'est fait la malle. La balade du soir est courte, nous avons vraiment mal à la plante des pieds, peu habituée qu'elle est à la surcharge de 10 kg. Cela va s'estomper avec le temps. En ce qui concerne le dénivelé, nous avons mangé notre pain blanc.


Etape 2 : 13 juin Le Vivier sur Mer - Cancale (21,1 km - 349 m D+)

 


Il fait très beau, profitons-en ! Lors de cette étape, nous verrons en permanence à la fois le Mont Saint Michel et le rocher de Cancale. Tant que nous sommes dans le fond de la Baie, le dénivelé est plus que raisonnable et puis au bout d'un moment, ça commence à grimper.


 
Après un pique-nique bien sympa dans la baie de Radegonde, nous partons vers Cancale sous un soleil de plus en plus présent, espérant trouver à manger quelque part pour le soir car, véhiculant en permanence deux à trois litres d'eau, nous ne pouvons pas transporter beaucoup de nourriture et en plus, on est dimanche. Ben, ce jour-là c'est la folie, on vient de déconfiner les restos et, sur le port, tous les restos et autres baraques à bouffe sont pris d'assaut, pire : devant chacun il y a une file d'attente de 15 à 20 personnes. On sent une grande tension comme si la ville était prise de frénésie. Après ces longs kilomètres parcourus dans le calme, nous flippons... On s'achète des paninis dans une baraque à frites pas trop envahie et nous continuons sur le GR. Notre hébergement se trouve au nord de la ville et il faut sérieusement grimper pour s'y rendre. Après un hôtel trois étoiles, nous dormons ce soir dans l'auberge de jeunesse de Cancale. Vous avez bien lu. Dans cet établissement pouvant contenir 60 personnes, nous sommes une petite dizaine... que des vieux randonneurs. Le confort est très simple et les toilettes dans le couloir mais nous y sommes seuls dans ce couloir. La jeunette qui nous a accueillis est très sympa et fort gironde et il y a de la bière bretonne. Nous pique-niquons sur les tables au pied de l'auberge en observant le ballet des bateaux à l'embarquement et au débarquement qui ne s'arrêtera que le soir et reprendra au matin.



Situé à Port Picain en pleine nature, l'endroit est magnifique. Nous savourons la soirée avant d'aller nous écrouler dans notre chambre. Les organismes n'ont pas encore trouvé leur rythme de croisière.

Etape 3 : 14 juin Cancale - Rothéneuf (26,1 km - 721 m D+)
 

Les deux barquettes de poulet - risotto congelé dans le sac feront office de repas, nous nous dirigeons vers la pointe du Grouin où le café est à deux roros... Le paysage est magnifique, le temps aussi et le dénivelé bien costaud car si nous sommes habitués à grimper en montagne, ce n'est pas avec des sacs aussi lourds. 

 

Après la pointe, c'est une série de falaises et de très belles plages avec même des gens tout nus qui jouent au volley. Dans l'anse Du Guesclin se trouve l'île du même nom. Une pancarte nous informe qu'elle fut aussi la propriété de Léo Ferré comme quoi, être un chanteur anarchiste, ça rapporte des thunes !


Notre progression côtière finit par être coupée par le havre de Rothéneuf qu'il faut contourner par des sentiers agricoles peu fréquentés et donc peu entretenus. Nous arrivons finalement dans le quartier St Vincent en pleine cambrousse mais où les lotissements poussent comme de la mauvaise herbe. Ça sent le boom immobilier de bord de mer, c'est pas pour les traîne-savates ces baraques. De gentils cadres trentenaires nous louent une cabane de 9 m carrés située dans leur jardin. Très petite mais très fonctionnelle. Heureusement, j'ai eu le temps d'acheter du rosé à l'épicerie du bourg.

Etape 4 : 15 juin Rothéneuf - St Malo (20,7 km - 402 m D+)

 


Depuis hier, nous sommes dans l'agglomération de St Malo. L'entrée dans la baie est magnifique et ça sent le fric à plein nez. Au bout d'un moment, nous arrivons en ville et nous allons y rester.


On ne va pas se gêner, nous nous trouvons un resto pas trop cher et ensuite nous contournons la vieille ville par les remparts pour plonger dans l'estuaire de la Rance. 


 Allant vers le sud, loin des grandes plages et des commerces à touristes, nous trouvons des quartiers plus populaires et surtout plus calmes. Nous bénéficions d'un appartement complet près du parc de la Briantais. Ça change de la cabane d'hier !

 




 

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