KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Janvier 2015
Le Lutin d'Ecouves

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Y'A PAS QU'LE LUTIN DANS LA VIE

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-01-2015 10:09:34 - Aucun commentaire

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BON ANNIVERSOURS

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-01-2015 09:09:05 - 13 commentaires

Photo de la Baronne

Lui c’est Chéri-Nounours, il est arrivé chez moi le 10 janvier 1957, le jour de mon premier anniversaire. C'est mon oncle Alfred qui me l'a offert. Qu'il était beau et doux avec sa tendre fourrure et ses yeux de verre ! Je l'ai tout de suite adopté et il partagera mon lit jusqu'à mes douze ans. 

Le problème, c'est qu'il a aussi partagé mes jeux, et jouer avec un jeune lutin, ce n'est pas de tout repos. C'est ainsi qu'il a découvert le parachutisme du haut de l'immeuble où j'habitais. Enfin, je veux dire qu'il a d'abord expérimenté la chute libre avant de sauter avec un matériel plus adapté.
 
Il m'a aussi servi de cible, placé au fond du couloir de l'appartement. Il a dû ainsi supporter fléchettes à bout métallique et autres projectiles comme les flèches à bout ventouse tirées par mon grand arc à corde en nylon (la modernité !).

Il a aussi connu des tentatives d'incendie à la colle scotch (très marrant, j'adorais l'odeur) et diverses autres tortures comme la crucifixion, pratique que m'inspirait le catéchisme auquel j'allais chaque semaine. Je n'ai jamais cherché à le décapiter car je l'aimais.

Voilà pourquoi mon ours en peluche perdit ses beaux yeux marron et la quasi totalité de sa fourrure, laissant même apercevoir la paille au niveau de la tête et des membres. Les diverses éventrations avaient failli avoir raison de son intégrité corporelle. La bourre du ventre étant partie, le tissu avait fini par se déchirer et mon cher ours faillit se résigner à voir disparaître ses membres inférieurs. 
 
C'est à cette époque (j'avais dix ans) que ma grand-mère intervint. Elle confectionna un pull rouge au crochet qu'elle fixa solidement au corps de mon compagnon, assurant ainsi une cohésion définitive entre ses  deux parties. Elle lui tricota même une petite cravate bleue et deux yeux minuscules qui lui donnèrent un éternel regard de drogué.
 
C'est en sixième que je me mis à grandir de deux centimètres par mois et il fallut un jour se rendre à l'évidence, il n'y avait plus de place pour lui dans mon lit de 70. Il élit donc domicile sur une chaise où je finis par le laisser tranquille, devenant moins guerrier à mesure que je grandissais.
 
De mes un an à mes douze ans, j'avais bavé, transpiré et certainement laissé d'autres traces de déjections sur ce pauvre ours qui avait aussi connu la boue et la poussière, la pluie et la neige ; or, étant constitué de bourre et de paille, il ne pouvait être lavé.

Constatant le triste état de crasse et de délabrement du jouet qu'on n'osait plus qualifier de peluche, ma mère me proposa un jour de jeter cet antique haillon qui traînait sur ma chaise. A l'époque, je faisais déjà dix centimètres de plus qu'elle ; je la regardai d'un air sérieux et lui dis :
"Si tu mets Chéri-Nounours à la poubelle, je t'y mettrai aussi..."

Ma mère n'insista pas.
 
Depuis ce temps, ce patient plantigrade a toujours siégé quelque part dans ma chambre. Il fallut bien que mon épouse l'accepte, ce qu'elle fit de bonne grâce. Il fut un père pour les ours de mon fils et un motif d’amusement pour ma fille. Je le présenterai un jour à ma petite-fille...
 
En 2001, à la faveur d'un douzième déménagement, je l'ai installé sur le dossier d'une chauffeuse rouge foncé à droite de mon lit et il y est toujours, m'observant chaque soir de son regard fixe de camé. Il semble cependant vivre paisiblement sa retraite d'ours. 

Aujourd’hui, nous avons 117 ans à nous deux. Bon anniversaire Chéri-Nounours.
 
 
 


 
 

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ESPRIT DES LUMIÈRES

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-01-2015 12:11:07 - 6 commentaires


Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l'amour de Dieu. (...)

Il n'est d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. (...)

Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre. Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. (...)

Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne* qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. (...) Les sectes des philosophes étaient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en étaient le remède ; car l'effet de la philosophie est de rendre l'âme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillité.
(...)
 

Extrait de : Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif, 1764
 

*Voltaire fait ici référence à la secte de Hassan ibn Sabbâh (fin XIe-XIIe s.) connue sous le nom secte des Assassins. Le mot proviendrait de asâs, qui signifie  base , fondement (de la Foi) et non de haschisch comme certains auteurs occidentaux l'ont suggéré.


 
 

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TÊTE DE COCHON

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-01-2015 15:02:29 - 9 commentaires

 

Chez mon boucher le 6 janvier
 
J'ai l'air fin là, comme ça. Je savais bien que ça allait se terminer ainsi. Pourtant, j'ai fait des études, j'ai beaucoup réfléchi mais on ne lutte pas contre sa condition.
 
Ils m'ont appelé Large White et pourtant, ils m'ont toujours associé à la couleur rose. C'est vrai que je viens d'Angleterre et que là-bas, on est blanc avant de passer au rose sous l'effet des premiers rayons estivaux. Je suis d'ailleurs sujet aux coups de soleil comme ceux qui me consomment.
 
Mon aspect  et ma couleur sont tellement familiers qu'on a oublié que je suis issu d'une série de croisements datant du XVIIIème siècle et que je n'ai été introduit en France qu'au XIXème. En fait, je suis très récent, ce qui n'a pas empêché certains auteurs de livres d'histoire de me faire voyager dans le temps en me représentant au Moyen-Age comme ici :
 

Ben non, mes ancêtres n'étaient pas roses mais bruns et étaient même couverts de poils comme on le voit dans le livre d'heures du Duc de Berry (XVème) :
 
 
Les types là, ils exercent un droit coutumier. En effet, si la chasse et la coupe du bois était interdite dans les forêts qui appartenaient aux seigneurs, le ramassage du bois mort et la consommation des glands étaient autorisés. C'est pourquoi on emmenait les porcs à la glandée en automne. Mes ancêtres s'engraissaient dans les bois pendant que leurs propriétaires discutaient le bout de gras sans rien faire. C'est de là que le verbe "glander" est issu.
 
Tiens, le gland, ça me fait penser à autre chose... Mon espèce est plus efficacement outillée que ce grand crétin qui n'a rien trouvé d'autre qu'un corps caverneux gorgé de sang pour se reproduire. La plupart ignorent que les porcs ont la queue en tire-bouchon.
 
Mais non, je ne parle pas de l'appendice caudal mais bien du pénis :
 
C'est un cordon tendineux qui provoque l'érection chez moi, permettant ainsi de découvrir la fente de l'urètre mais surtout à mon pénis d'avoir cette jolie forme de tire-bouchon qui lui permet de s'insérer directement dans le col de l'utérus de la truie en se verrouillant, ce qui évite de gaspiller la semence n'importe où comme le fait l'autre primate. 
 
Tiens, cette histoire de pénis me fait penser au fait que les religions qui me détestent le plus sont celles qui se taillent le bout du kiki. Ça doit dater des Égyptiens qui avaient interdit ma consommation aux prêtres car j'étais attaché au dieu Seth, le meurtrier d'Osiris. 
 
Ça pique !

J'étais aussi interdit de temple, c'est à dire de sacrifice, ce qui n'empêchait pas le peuple de manger du cochon.
 
Penser que ces interdits alimentaires sont dus à des raisons hygiéniques (conservation dans des pays chauds) est un raccourci (hi hi) bien pratique mais c'est un argument qui ne tient pas la route sinon, on trouverait le même  interdit dans certaines régions chaudes d'Asie qui sont justement des grosses consommatrices de porc. Quant à la transmission de la Trichinose par ma viande mal cuite c'est une réalité mais elle n'a été mise en évidence qu'au XIXème siècle ; alors... Alors oui, me condamner ainsi à l'opprobre n'est que malveillance, moi qui ai nourri l'Europe durant des siècles jusqu'à ce que le peuple aie les moyens de consommer les bovins qui, jusqu'à récemment étaient surtout réservés à la production du lait et au travail.
 
Tiens, je m'aperçois que je fais l'apologie de ma consommation. Vraiment, on ne se refait pas... 
 
On peut aussi m'aimer comme animal de compagnie car je suis plus intelligent qu'un chien et aussi propre qu'un chat puisque je fais naturellement mes besoins dans ma litière à partir du moment où on m'en fournit une. Je sens très bon (le jambon) si on prend le soin de me donner un bain régulièrement, ce qui est très bon pour ma peau assez fragile. Bien sûr, il faut savoir me dresser à l'instar du chien car comme lui et l'homme, je suis naturellement agressif et on doit apprendre à me dominer (tous les conseils d'élevage sur le site Groin-Groin).

Photo Groin-Groin

Moi le Large White, avec mes 200 à 300 kg à l'âge adulte, j'ai peu de chance d'être adopté mais mes cousins nains (qui atteignent cependant 35 à 60 kg à terme) sont plus adaptés que moi à la vie domestique.
 
Tout le paradoxe est là : m'aimer n'empêche pas qu'on me mange, même les lutins collectionneurs de cochons et amateurs de rillettes...
 
 Article écrit sur ordinateur pur porc
 
 
 


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