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Le Lutin d'Ecouves

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La fête du tra(va)il

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-05-2022 14:55:18 - 2 commentaires

 1er mai 2022

Ce dimanche comme tous les dimanches depuis bientôt 25 ans, c'est matinée trail dès 9h00 en Ecouves mais ce jour d'hui les quadragénaires ont décidé de partir plus tôt, préparant force épreuves éprouvantes du genre Périgord,  UTMB, UT4M et autre Diagonale des dingos... Trop peu pour nous qui du haut de nos 131 ans en commun goûtons peu l'aspect surlutin de ce genre de défi, ce matin ce sera sortie conjugale et printanière. Moi et ma Josette.

 

Radon, un dernier plaisir bleu. Les jacinthes jettent leur derniers feux céruléens et baisseront bientôt du nez pour laisser place à un autre printemps. Nous ne nous en lassons pas alors que nous cheminons en lisière vers le haras.

 

Mai est notre mois préféré et nous nous baignons avec volupté dans les tendres verts et les innombrables fleurs. Douce illusion d'éternité.


A notre droite l'immense Ecouves, à gauche la plaine d'Alençon-Argentan et au loin la barre de la forêt de Perseigne antique île d'une mer peu profonde du Jurassique.


Durant sept kilomètres, ce ne sont que chemins, cultures, pâturages et fleurs. Malgré notre âge quasi canonique nous allons bon train vu le peu de dénivelé.


Mon épouse à la botanicité plus aiguisée me nomme les plantes encontrées, s'extasiant sur leur beauté comme lors de nos premières balades en Ecouves alors qu'elle n'avait que seize ans. Quand je pense à ce presque demi-siècle, j'ai parfois le vertige...


 

A St Nicolas il faut maintenant entrer dans la mère sylvestre pour amorcer le retour. Autre lumière, autre ambiance ; le ventre de la forêt nous porte.

 

Les 400 m de dénivelé se feront dans cette deuxième partie. D'abord montée parmi les hauts sapins pectinés...


... puis descente acrobatique vers la dorsale du Verdier. Et puis ça recommence : Montée, descente, montée, descente. Nous ne dépassons pas les 400 m d'altitude, ce n'est pas bien impressionnant ni bien difficile mais ce sont nos montagnes à nous et ça n'a pas de prix.

 


Encore deux collines à gravir avant de retrouver Radon ; nous nous permettons quelques diverticules escarpés uniquement pour la beauté du geste. Les lutins sont joueurs.

 



Nous nous laissons glisser sous le Verdier durant deux kilomètres en direction du Vignage puis c'est la dernière grimpette de la colline surplombant Radon. Le fouillis des forestiers nous ralentit quelque peu mais ce ne sont pas quelques embrouillaminis ligneux qui vont nous arrêter accoutumés que nous sommes à suivre les pistes de nos amis sangliers.



Radon à nouveau et son chemin des chèvres lumineux comme nos étés. Encore dix-sept kilomètres de bonheur. Bien fous serions-nous de nous priver de ces instants d'éternité renouvelée...




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A Cross : The Universe

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-02-2022 15:00:58 - 8 commentaires

Que l'on me pardonne l'allusion aux Beatles dans le titre difficilement compréhensible pour les moins de 60 ans mais ce billet va justement parler de l'ancêtre de toutes les courses modernes, plus roots que la Route mais pas rotten pour autant, j'ai nommé : le Cross-Country. Pour une fois, mon calendrier des compétitions allégé par le temps qui rend plus âgé mais moins agile m'a permis d'effectuer l'intégralité des huit cross de la saison 2021-2022 FSGT Orne.

Le cross en résumé : c'est dur, c'est sale, tu souffres et tu vomis à la fin. Trop bien. En plus, horreur, le cross se court en séparant les sexes chez les adultes. Un vrai bastion du conservatisme méchamment machiste honni par tous les tenants de la modernité moderne. En plus, on sépare les jeunes des vieux, de la gérontophobie je vous dis... Au cross, on est trop des mauvais et en plus on boit du vin chaud !

Cross de Rânes
23 octobre

 

 Photo Jéjé

 

Lui en orange, c'est Michel le premier V4. Nous courons les cross courts réservés aux plus de 50 ans (5 à 6 km), comme ça on n'est pas dérangé par les gamins du cross long (7 à 8 km). C'est ma sixième année en V3 et à 66 ans, on a descendu pas mal de marches. Michel a à peine 70 ans et comme le terrain de l'hippodrome de Rânes me convient, je lui mettrai une bonne minute dans les gencives, finissant à ma meilleure place de l'année : 4/18 Vétérans 3. Michel me rendra la politesse au dernier cross à Champfrémont en terminant 4 secondes devant moi.

 

Cross de Montilly sur Noireau
11 novembre

 

Photo NCAP
 
J'ai la drôle d'idée de m'inscrire au cross long, ce qui est possible car c'est un des deux cross de la saison que nous partageons avec la FFA. Résultat je termine 68/73 et 7ème V3 sur 8 alors que les autres vioques courent le cross court. Un coup pour rien. Et en plus, il n'y a plus de frites à la buvette quand j'y arrive.

 

 

Cross de Gesnes le Gandelin
21 novembre

 

  Photo organisation

Ben y'a pas que les vieux au cross. On y trouve des petits dès 6 ans et aussi un tas de filles. J'ai réussi à convaincre ma copine Béa (en bleu) à intégrer mon club AS Enseignants. Avec Katia, Stéphanie et Sandrine, on a une équipe féminine de choc qui va finir plusieurs fois à la première place pendant que les mecs sombrent doucement. La femme est l'avenir du cross... Quant à moi, je m'offre le luxe de me casser la figure dans le petit bois de derrière les fagots, finissant 5/14 V3.

 

Cross de Cerisy Belle Étoile
4 décembre

 

 

Ça monte et ça descend dur mais moi je continue surtout à descendre (7/15 V3). Les filles de l'AS Enseignants brillent en finissant 1ères par équipe, il faut dire que les quatre blondes sont là dont les jumelles , Sandrine et Stéphanie qui sont aussi fines que rapides. Et c'est pas fini... 

 

 

Cross d'Alençon
8 janvier

Photo NCAP
 
Ce n'est pas mon cross préféré, pas de dénivelé, pas de difficultés, résultat : il faut aller vite et c'est plus moi... Il y a quinze ans, je faisais la version longue de ce cross à 14 de moyenne, maintenant je fais le cross court tout juste à 12 et en faisant la gueule. Je finis 9/22 V3. Il faut dire que nous courons conjointement avec les athlètes de la FFA dont je fais aussi partie et il y a du beau monde car c'est le championnat de l'Orne. Les filles du club ne sont que trois mais elles sauvent les meubles en terminant quatrièmes par équipe en grande partie grâce à Katia plus habituée aux trails de plus de 100 km qu'aux cross d'à peine 5 bornes. Elle se sort les tripes et on appelle ça l'esprit d'équipe. C'est beau.
 
 
Cross de Mortrée
8 février
 
 Photo organisation
 
Juste après le cross d'Alençon, je fête mon anniversaire avec mes enfants et petites-filles. Résultat : 6 COVID pour 7 personnes. Rien de bien méchant à part un rhume mais après un isolement réglementaire, quand je veux courir à nouveau : plus de pattes. C'est comme si j'avais un poumon en moins. Et ça dure plusieurs semaines ; résultat un mois plus tard je me retrouve au cross de Mortrée tel un gastéropode cacochyme en phase très minable. Ça donne 8/16 V3 entre les deux premiers V4 et surtout de mauvaises sensations qui persisteront encore une semaine.
 
 
Cross du Parc Animalier du Bouillon
6 février
 
Photo organisation

Bonne idée de la FSGT : Un cross parmi les chameaux, les cochons, les loups et les grèbes huppées. Le circuit est sec et rapide avec un bon coup de cul à la fin de chaque tour. J'ai de bonnes sensations et je me permets de doubler le quatrième junior ainsi qu'un V2 en fin de parcours. Eh ben je suis 6/11 V3. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous donc ? Ils ont bouffé du wallaby ou quoi ? Une minute derrière moi, sept V4 sur les dix engagés arrivent les uns derrière les autres. Les filles remontent à la deuxième place grâce à la gestion impériale de Stéphanie, la puissance de Béatrice et la ténacité de Katia. Sandrine a passé son tour mais reviendra fort.
 
 
Cross de Champfrémont
19 février
 
Chaque cross est organisé à tour de rôle par les différents clubs. C'est à nous Enseignants de s'y coller avec les clubs de Champfrémont et de l'ASPTT Alençon. Le boulot du matin consiste à baliser le circuit qui a la particularité de se situer entre des étangs en espalier. Le site est remarquable et je fais quelques photos tout en fixant la rubalise :
 
 
L'après-midi voit les nuages se pointer et quant à moi, malgré mes pointes de cross, je livre une prestation moyenne finissant 9/15 V3. Les filles de mon club terminent en beauté en trustant trois places dans les cinq premières et en finissant en tête du classement féminin. C'est ce qu'on appelle finir en beauté !

 
Sandrine, Stéphanie, Béatrice et Katia : les meilleures des blondes
 
Mon bilan perso : je descends lentement mais sûrement dans les profondeurs du classement, ne pouvant plus rivaliser avec les gamins d'à peine 60 berges et même avec des gars de mon âge comme mon ami Eric qui me met une tôle à chaque épreuve mais je m'amuse toujours autant et puis, il y a les copains et surtout les copines. Vive le cross !
 
 
 

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Douze subjectivités pour 2021

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-12-2021 09:16:20 - 8 commentaires

 Rétrospective Photo


Pas terrible cette année 2021 avec son virus, son été pourri et un organisme qui vous fait signe que vous n'êtes pas immortel... Moi qui ne suis pas du tout porté sur l'introspection, j'ai bien été obligé de reconsidérer diverses choses et valeurs, entre autres esthétiques. J'espère que cette évolution transparaît dans les douze instants choisis dans mon blog photo ou mon Flickr que je vous propose ici :

(Cette année, chaque photo a un titre, on peut cliquer dessus pour mieux voir les détails.)

Janvier

 

Concentrée  
 
La moitié de ces photos sont prises lors de mes pérégrinations dans ma bonne ville d'Alençon en compagnie de Tonton Gilles dont je copie le style sans vergogne. Pour celle-ci, j'ai recours à la couleur partielle que j'utilise de plus en plus pour souligner le sujet de l'image.

 

Compact Sony DSC-RX100M3

Février

 

L'éveil des Géants


Consultant régulièrement les clichés d'autres photographes, je finis justement par me méfier du cliché... Le beau n'est pas toujours synonyme de photo réussie et un beau paysage peut être bien plat. Cette photo prise dans la campagne non loin de chez moi est le résultat d'une prise de vue coup de cœur faite à l'aide d'un téléphone portable. J'espère y rendre un peu de la modeste splendeur de ma région au climat et aux esprits tempérés.


Téléphone portable Huawei MYA-L11

Mars


Bus Stop

Depuis un bon moment, j'ai réalisé qu'une photo était plus vivante avec un personnage. La législation française est assez large avec la photo de rue à partir du moment où les personnes ne sont pas défavorablement présentées et mises en situation dans un décor. Cela dit, je préfère que mes sujets ne soient que peu reconnaissable ou bien qu'il s'agisse de connaissances..

 

Compact Panasonic DMC-TZ100

Avril

Risky landing

Ce pigeon pris au 500e a la bonne idée de se poser dans la diagonale de la photo. Il a l'air d'avertir ses camarades de son arrivée imminente mais ceux-ci n'en semblent pas perturbés. Une petite scène anodine prise sur un des barrages de la Sarthe.

Hybride Panasonic DMC-G85

Mai

La Halle avant l'orage

Peut-être ma meilleure photo de l'année. Cette flaque d'eau, je l'ai déjà utilisée un jour de Noël avec succès mais c'est ce 16 mai que j'ai pu faire le reflet presque parfait de la Halle au Blé avec ce personnage en rouge discrètement souligné par le panneau vers lequel il se rend ; un autre personnage au lointain part en sens contraire. Le ciel menaçant met le couvercle sur ces mondes inversés. Merci à Tonton Gilles pour m'avoir enseigné cette technique de la photo rase-bitume.

Compact Panasonic DMC-TZ100

Juin

Gwin Zegal


Entre deux averses, nous nous arrêtons pique-niquer dans la région des falaises de Plouha. Cette randonnée de seize jours allant du Mont-St-Michel à Paimpol fut bien humide et ce petit port planté de troncs d'arbres ne resplendit pas de tous ses feux mais la magie de la Bretagne opère cependant et qu'est-ce qui fait plus breton qu'un ciré jaune ?


Téléphone portable Huawei MYA-L11

Juillet

 

Le prêtre et les jets

Pour la couleur et le soleil, il faudra attendre un peu... De retour en ma bonne cité d'Alençon et en compagnie de Tonton Gilles, je photographie cet ecclésiastique pensif face la fontaine jouxtant la Basilique. Ce festival de lignes verticales doit être propice à l'élévation...

 

Hybride Panasonic DMC-G85

Août

 

Bombus agrorum

La photo entomologique reste ma spécialité. Cette année, l'été particulièrement humide a au moins divisé par deux le nombre de spécimens présents dans mon jardin qui est pourtant le refuge de nombreux insectes (A ce jour, 179 espèces photographiées sur 100 m2). Ce joli bourdon des champs semble se cabrer comme un mustang en déployant sa langue très longue, organe qui lui permet de butiner des fleurs profondes ce qui en fait un des meilleurs pollinisateurs.

 

Hybride Panasonic DMC-G85

Septembre

 

Dancing on pebbles

Une semaine de rêve au soleil de la Hague dont je ne me lasse pas de la beauté des paysages. Nous sommes rejoints par nos amis pour y courir le trail de la Barjo, 50 km de plaisir. Sur les galets de Goury, Béa et Fab entament une chorégraphie improvisée et pleine de vie. J'aurais pu choisir un de ces magnifiques panoramas de cette merveilleuse région mais l'expressivité fait de meilleures photos que la simple beauté.

 

Compact Panasonic DMC-TZ100

Octobre

 

Face à face

Toujours la technique de mon professeur Tonton Gilles. Le reflet est une de ses spécialités mais en ce jour d'Halloween, je ne me suis pas trop mal débrouillé. Et puis, la multiplicité des plans permet une lecture riche de la photo tout en mettant la Basilique doublement en valeur.

 

Compact Sony DSC-RX100M3

Novembre

 

La chute de la Maison Vélo  

Exercice de style et jeu de couleurs. Mon ami Tonton Gilles est capable de rester à l'affût face à une devanture d'une couleur donnée jusqu'à ce qu'un personnage au vêtement adéquat passe enfin. Je n'en suis pas là et j'ai pris ce cliché au vol ou plutôt volé ce cliché.

 

Hybride Panasonic GX80

Décembre

 

Mud day


Jour de boue, sortie de 2h45 en Ecouves sur des terrains qui rebutent même les sangliers. Quel plaisir d'être ensemble dans la gadoue ! Il faut un appareil léger antichoc et waterproof pour ce genre de situation. Malgré ses évidentes limitations techniques, cette photo reflète l'amitié, l'entraide et la joie d'être ensemble. Cette année en demi-teinte se termine en éclat de rire et ça fait du bien !

 
Compact Sony DSC-TX30

 




 

 

 



 

 

 

 

 

 

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Le Pro se tâte (ÉPISODE 6/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-11-2021 08:42:10 - 14 commentaires


Entretemps 4

J'avais bien lu la documentation sur la biopsie avant l'intervention mais il devait manquer une page. Comment dire... se faire larder la poire à jus, ce n'est pas sans conséquences. 

Osons la métaphore : c'est comme si tu rentrais dans un bar et que tu commandais une piña colada et qu'on t'amenait un lait fraise. Ça surprend. En fait, quand ça m'est arrivé, j'ai eu un début de malaise vaginal vagal. C'était mes premières règles et je ne m'y attendais pas. Une fois remis, j'ai téléphoné au secrétariat urologie qui m'a envoyé par mail la feuille d'info manquante. C'était normal et ça pouvait durer des semaines. Encore un truc qui me rapproche de mon épouse et de mes copines, les problèmes liés à l'appareil reproducteur, elle connaissent ça depuis leur prime jeunesse. Moi, j'ouvre seulement les yeux. A 65 ans, c'est pas terrible mais c'est mieux que rien.

17 au 23 septembre 2021

Effectivement, la biopsie n'a aucune incidence sur les perfs. Mon cinquante bornes se passe au mieux et je poutre à l'occasion un tas de jeunes, ce qui me fait reluire l'Ego. Tout cela tombe fort à propos car mon moral était sur pause depuis un moment et ça commençait à se voir. J'ai bien joué mon rôle de type cool mais de temps en temps j'avais des absences. En gros, parfois je ne racontais pas de conneries, ce qui est mauvais signe chez moi.

Cela dit, ce fut un week-end de super forme avec les amis suivi de quelques jours avec ma chère épouse qui sait toujours trouver les bons mots quand il le faut et parler d'autre chose quand c'est nécessaire. Nous finissons ces courtes vacances dans un quatre étoiles à Granville pour fêter son anniversaire qui coïncide avec le premier jour d'automne. La chambre et le restau, ça me coûte un rein mais je suis prêt à donner les deux et la prostate avec. Soyons fous !

Entretemps 5

Depuis juin, j'ai plus que du temps pour gamberger. Je me doute qu'un jour plus ou moins proche, on va m'exploser la noisette. Bien sûr, j'ai le choix de refuser et bien sûr je connais les conséquences liées aux deux options. D'un côté, avec l'intervention chirurgicale je risque de me retrouver avec le divertisseur comme un foulard ; de l'autre côté je risque de ne pas voir grandir mes petites filles. Le choix est vite fait : j'opte pour le foulard.

1er au 6 octobre 2021

La pression est trop forte, je ne peux pas garder tout ça pour moi, j'ai des responsabilités familiales et sportives. J'annonce la chose à mes enfants en y glissant quelques plaisanteries pour faire passer la pilule. Ils me remercient pour ma franchise, ils n'auraient pas apprécié que je leur cache cela plus avant.

J'en parle à mon copain Hervé proche comme moi du Mustang trop tôt disparu à cause de cette saleté de cancer. Hervé a de bonnes raisons de me comprendre.

J'en parle au petit groupe que je dois bientôt entraîner pour le marathon de La Rochelle que je ne suis pas sûr de courir selon que ça urge ou pas. Béa en a les larmes aux yeux. Je n'aime pas faire de peine aux autres.

J'en parle à Katia dont l'empathie m'a toujours fait beaucoup de bien.

Et puis j'attends le 12 octobre.

12 octobre 2021

Josette m'a proposé de m'accompagner mais je préfère y aller seul et à pied. Trop de pression. 

Il fait très beau et la balade pourrait être très agréable si je n'étais pas tendu comme une corde d'arbalète. Arrivé à l'hôpital, je prends mon ticket et j'attends. Autour de moi, que des vieux. Je réalise que moi aussi je suis vieux et que je ne fais pas tache. L'urologue a une heure trente de retard et je prends mon mal en patience. J'ai l'air calme mais je suis remonté comme un coucou suisse.

Une fois en face du médecin, celui-ci commence en me disant d'un air étonné : "Ça ne va pas ? Vous avez l'air tendu."

J'ai envie de lui dire que ça fait quatre mois et demi que j'ai neuf chances sur dix d'avoir un début de cancer de la prostate, que je me suis injecté par deux fois de l'huile dans le rectum puis fait reluire le conduit à lentilles par une machine à échographie, que lui-même a lâchement profité de mon sommeil pour m'y mettre les doigts avant de me composter joyeusement la noix. Sinon, ça va, je ne suis pas tendu. Trop cool la vie !

"Bonne nouvelle, pour le moment il n'y a pas de cellules cancéreuses."

J'ai chaud ! Il m'explique que j'ai bien quelques cellules un peu zarbi et que ça va solliciter un contrôle annuel des PSA et éventuellement une nouvelle biopsie.

"Dans ce cas, je vous ferai une trentaine de prélèvements."

Bonne Mère, ça ne va plus être une prostate, ça va être de la dentelle d'Alençon ! Bon, si j'ai bien compris, je n'ai pas de cancer.  Au pire, j'ai un pré-cancer qui pourrait éventuellement évoluer en gentil cancer pas grave car pris à temps. Ne perdant pas le nord, je dis au gars que je suis déjà inscrit aux 100 km de Millau fin septembre 2022 et que dans ce cas, je ne commencerai les tests que courant octobre. Il approuve : "Pas la peine de vous mettre la pression".

J'ai les pattes coupées et je vais m'asseoir sur un banc non loin de l'hôpital pendant un long moment. J'ai des coups de fil à passer et des SMS à envoyer. 

13 octobre 2021

C'est Katia qui a le mot de la fin provisoire dans cette histoire lors de notre traditionnel entraînement allure semi-marathon du mercredi :

"Tu vois, maintenant tu es comme nous les femmes avec nos frottis annuels et nos mammographies. On a ça dans la tête et puis ça passe puis ça revient...



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Le Pro se tâte (ÉPISODE 5/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-11-2021 09:06:25 - 6 commentaires


Entretemps 3

J'ai dit aux copines que je n'étais pas disponible pour la séance de fractionnés du jeudi. Je sens que mon mutisme à propos de ma santé va finir par poser des problèmes.  En plus de Béa dont ce sera le premier marathon, j'ai écrit un plan pour Fab qui veut passer sous les 3h30 et pour Patricia qui veut courir La Rochelle en 4h12. Dans peu de temps, on va tous à La Hague pour remplacer le 100 km de Mag par un trail de 50 bornes. Cette échéance est réalisable comme m'a dit l'urologue mais la suite reste un mystère. Il va falloir à un moment ou à un autre que je lâche le morceau avant qu'on me l'enlève...

9 septembre 2021

Comme je passe à 14h30, j'ai droit au lavement le matin. Trop fun. Et en plus, je dois être à jeun pour l'intervention. Trop top. Je suis dans un couloir et j'attends un bon moment. On m'appelle et une infirmière m'emmène dans une chambre puis me donne des vêtements en papier et une charlotte que je dois enfiler dès maintenant. Je me regarde dans la glace des sanitaires et je me dis que j'ai tellement l'air ridicule que si une de mes copines me voyait dans cet accoutrement, je n'aurais plus comme porte de sortie que le Seppuku (improprement nommé Hara Kiri) pour laver mon honneur.

On me donne un calmant et j'attends. Je vois le type d'à côté partir en chariot puis on vient me chercher. L'anesthésiste est sympa, elle me fait le coup de Kaa dans le Livre de la Jungle (Aie confiance...) et je pars en sucette comme un pet sur une toile cirée.

L'instant d'après, je me réveille et le soir n'est pas loin de tomber, Kaa me sourit et m'annonce qu'on m'a fait douze prélèvements sur la prostate, un organe qui a généralement une taille de quatre par trois cm. Il est bien poinçonné mon ticket de métro. Je suis crevé et je vais passer encore une heure dans la chambre devenue silencieuse, tellement silencieuse que je me demande si je ne suis pas dans le premier épisode de Walking Dead lors duquel Rick se réveille dans un hôpital déserté envahi par des zombies assoiffés de chair humaine. J'étais le dernier à passer et tout le monde est barré. Je me sens glauque.

Finalement, Josette vient me chercher. Elle n'est pas pâle et ne veut pas me prélever un bout de barbaque avec les dents. C'eût été facile car j'ai l'énergie d'une huître asthmatique. Non, tout va bien, j'ai juste envie de dormir mais avant il faut bien manger un peu car je suis à jeun depuis un moment.

10 au 12 septembre 2021

Je repars courir une petit jogging le vendredi et un entraînement à l'éclate le samedi. Je me permets d'exploser tout le monde dans la montée du Chemin de la Messe qu'on aurait dû appeler le Chemin de Croix. Deux heures en forêt le dimanche et ça va fort ! La prostate c'est pas utile pour la course à pied semble-t-il !

13 septembre 2021

Ne voyant rien arriver, je téléphone au secrétariat urologie. On ne m'a pas oublié mais le planning, vous savez ! Bon, le docteur vous fera un bilan le 12 octobre... Gasp ! Encore un mois sur le grill avant qu'on me dise que l'on va m'enlever un organe qui ne va de toute façon plus me servir ou alors qu'il est tellement pourri que je suis foutu et que je ferais mieux de me jeter du haut des 130 mètres du Nez de Jobourg, la plus haute falaise de Normandie. 

Ben tiens ça tombe bien, je pars courir là-bas dans quelques jours avec Ma Josette, Béa et son Fab ainsi que Mag et Pat. On va s'éclater et je vais continuer de me faire un sang d'encre tout en donnant le change à jouer le coach hyper cool et rassurant. Y'a des moments où on a envie de se la prendre et se la mordre...


©Thierry et Josette


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Le Pro se tâte (ÉPISODE 4/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-10-2021 15:17:39 - 5 commentaires


Entretemps 2

Quand j'ai appris que les 100 km de Millau étaient annulés COVID oblige, j'ai paradoxalement ressenti un soulagement. Mag comptait sur moi et si je devais lui annoncer mon forfait pour cause  de charcuterie urologique, j'aurais l'impression de la trahir. Ben non, c'est pas moi qui ai lâché en premier, c'est l’organisation. Ouf !

5 août 2021

Dans la salle d'attente, j'adopte le regard fuyant de celui qui n'est pas là et qui surtout n'a pas envie de rencontrer une connaissance. "Ah ben tiens, t'es là. Alors c'est pour quoi ?" Enfin vous voyez, le mec inquisiteur qui aimerait bien savoir ce que fait un type comme moi dans ce lieu pour vieillards semi-décédés. J'exagère un peu mais c'est comme ça que je le ressens.

Au moins, l'IRM c'est sans douleur. On t'injecte un truc radioactif qui va certainement te filer une leucémie et après on te balance dans une sorte de four crématoire mais qui ne chauffe pas. Pendant une demi-heure, il y a des types qui font de la musique africaine au-dessus de la boîte. C'est bruyant mais indolore. Je n'ai affaire qu'à des manipulateurs radiologiques, des pros de chez pro. Mon Libanais, il est certainement en vacances. On ne va pas parler judo aujourd'hui.

13 août 2021

Le Liban c'est loin mais quand même... Je pars lundi sur l'île de Groix et je n'ai pas les résultats de l'IRM. Je téléphone au service radiologie, la dame se renseigne et, un peu gênée me dit : "On vous fait la lecture de l'IRM aujourd'hui, vous aurez les résultats ce soir par internet. Je pars donc en vacances avec un rapport indiquant que j'ai un nodule à risque faible et un nodule à risque modéré. Ça me fait une belle jambe. Entretemps, ma docteure (ma médecine, ça le fait pas) est repartie en vacances donc on verra ça fin août.

16 au 22 août

Après une belle première journée sur l’île de Groix, y r'pleut ! 2021 année de lose (avec un seul o, bande d'ignares, loose avec deux o veut dire relâché, dénoué et moi je suis plutôt noué !).

La beauté l'emporte et alors que le temps reste gris, nous sillonnons Groix de long en large à raison de vingt bornes par jour avant d'aller passer le week-end à Lorient. Tout cela me fait du bien mais malgré tout j'ai un truc qui me gratte dans les boyaux de la tête. 

30 août

Mon médecin est revenue de vacances. Je sais ce qu'elle va dire, je vais me taper le type avec les soucoupes violentes, le fameux urologue. Gagné, ce n'est pas des soucoupes mais des gros doigts qu'ils ont ces mecs. Je sens que je vais aimer. Magali la gentille docteure ne me cache pas que je vais droit vers la biopsie mais ne gâchons pas le plaisir en brûlant les étapes... Je téléphone ensuite à Érick mon rognologue préféré qui m'indique un urologue patenté : "C'est le meilleur" me dit-il.

1er septembre

Pour le coup c'est rapide. La secrétaire m'a dit au téléphone c'est dans deux jours ou dans trois mois. Banco, let's go ! On va s'éclater !

Le gars il est compétent et roumain. Ben oui, Alençon n'est ni proche de la montagne ni au bord de la mer. Les médecins qui bossent à l'hôpital ou à la clinique ne sont pas français. Il lit mes comptes-rendus et me dit qu'il va me prendre un rendez-vous pour une biopsie de la prostate. Encore gagné, je le savais. Et comme dans un cas comme cela, j'ai neuf chances sur dix d'avoir des cellules cancéreuses, je sens que je n'ai pas fini de jouer au Loto. Ce sera pour le 9 septembre dans huit jours.

"Je cours un trail de 50 km le 19 septembre, ça ne pose pas de problème ? Il n'y voit pas d'inconvénient. Même avec une prostate poinçonnée comme un ticket de métro, on peut courir. Enfin une bonne nouvelle.

A un moment, l'urologue me regarde d'un air gourmand : "Vous voulez pas que je vous fasse un toucher rectal pour voir la texture de la prostate ?"

Je change de couleur et le gars n'insiste pas. "Bon, je vous ferai ça au moment de la biopsie, c'est pas pressé." 

3 septembre

Visite obligatoire chez l'anesthésiste. Elle aussi est roumaine. Bizarrement, ce ne sera pas elle que je verrai le jeudi suivant. En fait, c'est dix minutes d'interrogatoire sur mon état de santé. Je n'ai rien à dire, mes rapports avec la gent hospitalière ont été fugaces et incidents, essentiellement dus à des accidents de judo ou de vélo. Quant à l'anesthésie c'est ma première à 65 ans. Je suis comme une jeune vierge qui va à son premier rendez-vous. Je sens qu'à un moment ou un autre, je vais avoir mal...

 


 

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Le Pro se tâte (ÉPISODE 3/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-10-2021 15:05:15 - 8 commentaires


Entretemps 1

J'ai vraiment les boules ! J'ai promis à Mag de l'entraîner pour son premier 100 km de Millau et j'ai concocté un de ces plans de derrière les fagots que si tu survis, tu cours les cent bornes les doigts dans le nez en sifflotant. J'ai promis de même à Béa de la préparer pour son premier marathon à La Rochelle que même elle sera tellement au point qu'elle va faire fumer le tapis de l'arrivée avant d'aller faire un tour supplémentaire rien que pour se calmer. Or, je ne sais pas où je vais et si je finirai ces entraînements. Si ça se trouve, au bout de la batterie d'examens qui se profilent, on va me virer la prostate et je vais me retrouver des mois sans courir. Les boules, je vous dis !

19 juillet 2021

J'ai un beau rendez-vous pour demain et une belle ordonnance sur laquelle il est marqué que je dois boire de l'eau en quantité sans faire pipi le jour de l'examen mais aussi qu'en apéritif, je dois me faire un lavement la veille au soir.

Pour ceux qui l'ignorent, un lavement consiste à se balancer un demi-litre d'huile dans le rectum en position couchée et à attendre les fesses serrées sur le lit pendant cinq minutes. Après c'est 5 secondes chrono pour aller aux toilettes sous peine de repeindre la chambre en jaune caca d'oie. 

Mon épouse est expulsée de la pièce, je tiens à ma fierté. Ouille, même graissée comme une chaîne de vélo, la canule fait mal à l'entrée. Proutch, j'appuie sur le corps du lavement. Une minute, rien. Deux minutes, rien. Trois minutes, ça gargouille. Quatre minutes, au secours ! Je me lève le short en bas des pattes, quelques mètres et prouaaatch ! Première couche. Et ça continue ! C'est fou comme le médical vous renvoie à la base de ce que vous êtes vraiment : un ensemble de tuyaux et de poches pleins de liquides douteux qui ne songent qu'à déconner si vous n'y faites pas gaffe.

20 juillet 2021

On a tout de suite sympathisé avec le médecin radiologue, c'est un ancien membre de l'équipe de judo libanaise. Même le cul à l'air (en ce qui me concerne), en tant qu'anciens judokas, on se reconnaît tout de suite. Il me demande des nouvelles de Fabien, double champion du monde avec lequel je m'étais entraîné dans les années 70 dans mon club d'Alençon, il me raconte comment il s'était fait compiler le kernell dès le premier tour par un monstre russe lors des Jeux Olympiques.

"Tiens vous m'êtes sympathique, je vous fais la totale pour le même prix !" Et voilà qu'il m'enduit de gel et me ratisse tout l'abdomen. "Un peu abîmée votre vésicule biliaire (je pense à tous ces litres de bière que j'ai sifflés) mais c'est pas méchant. Vos vésicules séminales sont parfaites, bon maintenant la prostate. Mettez-vous en position fœtale."

Et là il sort un machin énorme qu'il recouvre d'un préservatif. Je me retourne et je sens qu'on vient de m'incendier le fondement. Le gars il a du mal car la bête résiste et expulse son instrument sans que j'y sois pour quelque chose. Au bout de plusieurs tentatives, il réussit à bloquer son pieu médical dans mon rectum pour faire ses clichés. Je transpire.

"Bon ben là vous avez deux nodules un peu douteux, vous affolez pas je vais vous faire prendre un rendez-vous pour un IRM, on verra plus clair."

Ben non je ne m'affole pas, j'ai les PSA en folie et j'ai deux nodules douteux sur la prostate qui nécessitent un IRM. Pas de raison de s'affoler, je vais même inviter mes copains pour fêter ça, tiens !

3 août 2021

C'est allé assez vite, j'ai rendez-vous le cinq pour l'IRM. Avant j'ai fait faire un nouveau dosage des PSA qui sont grimpés à 10,5. Il a raison, on ne va pas s'affoler pour si peu. C'est quoi déjà le numéro du SAMU, je me sens bizarre...

 

Dessin Blachon - L’Équipe Magazine

 

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Le Pro se tâte (ÉPISODE 2/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-10-2021 09:32:34 - 5 commentaires

 


12 au 27 juin 2021

346 km pour digérer. Mon médecin est en vacances et moi aussi. Je dois prendre rendez-vous en rentrant mais en attendant, je marche avec mon épouse et un sac à dos de 10 kg. Les trois premiers jours tiennent du cauchemar obsessionnel, je me fais un film en continu genre "Le retour du fils de la vengeance des morts-vivants". 

J'ai des excuses. Les onze années passées à soutenir mon cher ami Mustang m'ont durablement marqué. Ce putain de cancer de la prostate l'a emporté alors qu'il avait des tas de choses à faire et déjà une ribambelle de petits-enfants. Moi, j'ai du boulot en tant qu'entraîneur et deux petites-filles. Je ne vais quand même pas me faire la malle comme ça !

Bon, au bout d'un moment, ça va mieux. Rien ne m'a jamais autant convenu que marcher la journée entière en compagnie de mon épouse. Je retrouve progressivement mon optimisme naturel : Y'a quand même une chance sur dix que ce ne soit pas un cancer et puis mon beau-père a vécu avec ça durant plus de vingt ans et puis j'ai une très bonne santé et puis... merde, j'avais pas besoin de ça ! 

Au bout d'un moment, y pleut et après y r'pleut. Ben v'là aut'chose !

 30 juin 2021

Mon médecin s'appelle Magali et elle est très gentille et très consciencieuse, elle me dit qu'avec un taux aussi élevé de PSA je ne vais pas couper à une visite chez l'urologue.

Un type qui cherche les soucoupes volantes ? Je suis vert ! Non, urologue, pas ufologue âne bâté ! Je comprends vite qu'un urologue c'est un type qui s'intéresse à ta plomberie. En gros un gars qui regarde ton pipi mais qui pour ce faire n'hésite pas à passer par la boîte à caca. J'en transpire d'avance.

Mais avant, me dit ma docteure (orthographe rénovée), il faut des examens. Moi, les examens c'est pas mon truc d'ailleurs j'ai raté une fois mon bac et je l'ai eu l'année suivante par hasard. Ensuite, je suis arrivé premier à un concours de circonstances et j'ai fini instit. Euh, comme examen, il s'agit d'une échographie de la prostate. Ok, pas de problème, je connais, c'est comme ça que j'ai vu mes enfants à la télé. C'est sans danger, je dirais même que c'est cool.

Aussitôt dit, aussitôt fait je vais à la clinique pour prendre rendez-vous, ben ça sera pour dans trois semaines mais on me file quand même une ordonnance et un papier d'instructions que je lirai plus tard.

Une fois rentré à la maison, je regarde sur internet et je découvre effaré que le truc ne se fait pas en te baladant une brosse sur le bide, en fait on t'enfonce une sonde dans le rectum. Mais c'est horrible !

 



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Le Pro se tâte (ÉPISODE 1/6)

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-10-2021 11:39:08 - 6 commentaires

 

7 juin 2021

Dans cinq jours je démarre  les 346 km de la première tranche du GR 34 avec mon épouse mais pour le moment il faut aller voir notre médecin de famille pour le renouvellement de nos licences d'athlétisme.

Elle est bien mignonne notre médecin mais j'essaie de la voir le moins possible. Facile pour moi car je ne suis jamais malade, j'ai même cru un moment que j'étais immortel. Bon, il me faut bien ce fameux papier pour continuer mon activité de course à pied donc je me plie à cette tradition médicale non sans mentir éhontément sur la réalité de ma vie sportive.

Ayant déjà été échaudé par un jeune médecin remplaçant qui, voyant mon âge, ne voulait pas me délivrer le sésame sans une batterie d'examens propres à me qualifier pour un vol orbital, je divise par deux le nombre de kilomètres hebdomadaires et mon nez croît de trente centimètres quand j'annonce le type de distances parcourues en compétition durant l'année. Ça donne ceci :

"Euh, je m'entraîne trois quatre fois par semaine pour une distance n'excédant pas 40 km hebdomadaires, pour sûr ! Ben, je cours les corridas locales et quelques cross. En gros des compétitions de 5 à 10 km, quoi... Ben je fais aussi les 16 km d'Alençon-Médavy mais c'est un max !

- Ah oui quand même, vu que vous avez 65 ans, je vais vous demander un test d’effort chez le cardiologue. Vous le ferez ?

- Oui oui docteur !"

Si je lui disais que je cours sept jours sur sept et entre 80 et 90 km/semaine, elle appellerait le SAMU et en plus, si j'avouais que je prépare les 100 km de Millau fin septembre plus le marathon de La Rochelle fin novembre, c'est les urgences psychiatriques qu'elle appellerait. Donc je mens pour avoir mon certif mais j'accepte quelques analyses de sang en plus du tour de vélo chez le cardio.

"Ah oui, je vous mets les PSA, à votre âge ça se justifie..."

Dans le temps, je pensais que PSA voulait dire Peugeot Société Anonyme. J'ai depuis appris que ça avait un rapport avec la prostate, un petit organe qui me rend toujours quelques services mais dont j'ai généralement négligé l'entretien m'étant arrangé pour ne me soumettre qu'à un seul test PSA en 15 ans. Si je veux me faire bien voir et ne pas me retrouver un jour à fabriquer moi-même mes propres certificats médicaux, je ferais mieux de filer doux et de passer par les fourches caudines du bon-vouloir médical. Donc : Banco pour les PSA.

8 juin 2021

En fait, je déteste les prises de sang, non à cause de l'aiguille dont je ne sens généralement pas le passage mais à cause du fait qu'il faut être à jeun pour le prélèvement ; or chez moi, les choses vont dans l’ordre : Lever - Manger - Caca - Laver. Mettre le boxon là-dedans, ça me fiche la journée en l'air. Pour limiter les dégâts, j'ai fait venir l'infirmière à domicile mais cependant, je suis lavé et habillé quand elle arrive. C'est le bazar.

Maintenant, les résultats arrivent par internet le soir. A 20 h je me connecte et je parcours vite fait les résultats. Une étoile. Tout en bas. Les PSA à 9,5 au lieu de 4 ! Chaleur intense, mon front se perle de sueur d'autant plus que sur le papelard affiché devant moi c'est écrit que je ferais bien de me radiner vite fait chez mon médecin car c'est pas bon du tout. Ça sent vaguement les emmerdes et le toucher rectal. Je ne suis pas loin du malaise vagal quand je descends me rafraîchir au lavabo. En parlant de lavabo, mon teint est assorti à ma salle de bain ce soir.

Pas le choix, j'en parle à mon épouse. Elle est douce et rassurante mais moi j'ai le sang comme du boudin noir. Manquait plus que ça !


 


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VIEUX ET PUÉRIL

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-10-2021 11:16:12 - 5 commentaires


Ben oui, c'est moi. Je ne peux pas m'empêcher de jouer quand je fais du sport...



Photo NCAP

Si vous n'êtes pas lassés de mes gamineries, le récit de la Demi-Barjo ICI.


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