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Le Lutin d'Ecouves

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ENCORE EN VILLE AVEC TONTON GILLES

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-03-2021 19:46:36 - 5 commentaires

S'il est une silhouette bien connue dans la ville d'Alençon, c'est bien l'homme au chapeau, infatigable et quotidien photographe de notre bonne cité normande et nonobstant à taille humaine. De mes nombreuses promenades et pérégrinations photographiques en sa compagnie, j'ai appris à avoir un regard neuf sur les choses et les personnes. Bien sûr, en tant qu'instructeur bénévole au sein du Club Photo d'Alençon, il m'a apporté les bases nécessaires de son art, techniques que j’applique à mon style et surtout à mes appareils qui ont la particularité d'être de petite taille (hybride ou compact). 

Comme je lui sers régulièrement de modèle pour ses photos de rue (Voir son Flickr), il me rend souvent la pareille (photo 😉). Si j'ai en général un style à moi quand je photographie la nature (Voir mon Flickr), en la présence de Tonton Gilles, j'ai tendance à imiter son style très urbain tout en conservant mes petites manies comme le contre-jour. Je vous propose ainsi une sélection de quatorze portraits pris entre 2017 et 2021 de mon peintre de lumière préféré, portraits d'un homme mais aussi de notre chère cité alençonnaise.

Halle au Blé 2017  
 
Gérer ou animer une exposition photo avec le brouhaha et les sollicitations continuelles, Tonton Gilles préfère s'isoler un moment pour récupérer. Le bâtiment circulaire au toit verre et acier réalisé par un élève d'Eiffel possède une coursive qui en fait le tour. Calme, dépouillement et monochrome...

Rue aux Sieurs 2017

 Le monochrome est ici justifié par une météo grise dure aux couleurs. Il pleut et les passants sont rares dans cette rue commerçante. Un photographe qui photographie un photographe, ça a un petit air de certaines boîtes à camembert. Je ne me retourne pas mais j'ai l'impression que quelqu'un me prend en photo.

Champ Perrier 2018

Quand je suis avec Tonton Gilles, j'ai tendance à privilégier le monochrome, ce qui ne m'empêche pas de céder à ma manie du contre-jour. Pour obtenir des rayons comme ceux-ci, il me faut ouvrir à f/22. Cette boule de Noël par cette belle journée d'octobre ne laisse pas d'intriguer. 

Arboretum 2018  

Cette photo est peut-être ma préférée et d'ailleurs, une version légèrement plus sombre se trouve dans ma rétrospective 2018. Avec cette lumière, il est impossible de faire ce genre de photo à main levée a fortiori avec un petit compact Sony. Il s'agit de ma première expérience avec un trépied. Comme je ne voulais pas trop dépenser, j'avais acheté un minuscule trépied chez Lidl ; celui-ci était très instable et j'ai eu beaucoup de mal à faire les réglages dans cette lumière de décembre. Après avoir mis le retardateur, j'ai fait un cliché à 1/3 de seconde et la magie a opéré. Pour moi qui suis un lecteur de Simenon, ce portrait de dos me fera toujours penser aux descriptions de la silhouette de Maigret méditant dans la brume au bord d'un canal, même si en l'occurrence il s'agit de la rivière Sarthe.

Rue de Fresnay 2018

L'exercice du jour consiste à effectuer des clichés en pose longue pour saisir les traînées lumineuses des véhicules. Le trépied est obligatoire pour cette pose de 5 secondes. Mes photos de traînées ne sont pas satisfaisantes seule celle-ci, habitée par l'homme au chapeau à l'heure bleue possède assez de poésie pour être conservée.

Cour carrée de la Dentelle 2019

Ici, la pose est aussi de 5 secondes mais Tonton Gilles enveloppé dans une cape n'en passe que trois devant l'objectif puis se cache, ce qui génère cet effet de transparence spectrale.

Champ Perrier 2019

La même boule de Noël qu'en 2018 mais un 22 décembre... Ombre et lumière, heure bleue et grande profondeur de champ pour 6 secondes de pose effaçant les promeneurs. L'immobilité est donc requise pour mon modèle.

Parc Simone Veil 2020

Fin 2019 ouvre un nouveau parc dans l'enceinte de l'ancienne prison sise dans ce qui restait de la forteresse du Moyen-Age. Une réussite de pierre et de métal, nous y retournerons souvent pour y effectuer maints clichés. Dans celui-ci datant de juin 2020, le noir et blanc partiel accentue le côté minéral du lieu.
 
Parc Simone Veil 2020

Deux mois plus tard, j'effectue au même endroit ce qui pourrait bien être le portrait officiel de la prochaine expo de celui qui se nomme lui-même le "foutographe". Le travail sur le reflet est d'ailleurs typique de son style, je n'ai fait que copier.
 
Parc Simone Veil 2020
 
Il fait parfois très beau fin octobre. Le soleil se couche face à la coursive en acier Corten menant au jardin expérimental. je ne peux résister à ce contre-jour, Tonton Gilles y met de la vie à ma demande.
 
Rue de la Juiverie 2020
 
Ça faisait longtemps que j'avais repéré cet arbuste au pied d'un immeuble mais je n'avais jamais trouvé le bon cadrage et je n'avais jamais trouvé le bon moment. En fait, il ne fallait pas chercher à en faire le sujet de ma photo. Il fallait oser, j'ai donc mis 2/3 de l'arbuste, 2/3 du banc et 3/3 de la fenêtre. A tout cela j'ai ajouté 1/1 de Tonton Gilles pour habiller mon propos qui eût été trop sec s'il était demeuré mathématique.
 
Halle au Blé 2020
 
Du pur Tonton Gilles honteusement plagié par le Lutin... Il s'agissait de faire une photo qui servira plus tard d'affiche à l'exposition des clubs photo de la communauté urbaine. Je servis donc de modèle et Tonton Gilles en fit une version pour le moins renversante... Il me servit ensuite de modèle. La lumière était magnifique en ce jour de Noël dans Alençon désertée par ses habitants encore occupés à digérer la dinde ou le chapon.
 
Pont Neuf 2021
 
Le contre-jour n'a pas besoin d'être éclatant. En ce jour de février, le ciel offre cinquante nuances de gris mais aussi sublime le noir. Tonton Gilles m'offre sa silhouette sur cette photo à la perspective écrasée par le zoom.

Parc Simone Veil 2021

Un dernier contre-jour face aux monumentales portes en acier Corten du parc Simone Veil. Le compact utilisé n'ouvre qu'à f/8 mais j'ai quand même de beaux rayons. Comme pourrait dire ce calembourgeois décalé de Gilles : cette photo, il fallait la flare !

 
Merci à Tonton Gilles pour m'avoir servi de modèle, merci à Alençon pour sa douceur et sa modeste splendeur.


 


 

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CORONENTRAÎNEMENT

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-03-2021 19:27:35 - 7 commentaires

En ces temps viraux 😷, il faut trouver des moyens pour se motiver à courir comme s'inscrire à des compétitions qui n'auront pas lieu. Je me suis donc inscrit :

A Alençon-Médavy en mars Raté !
Au marathon de Cheverny en avril Encore raté !
Au Trail du Périgord en mai Toujours raté !
Aux 100 km de Millau en septembre Avec le masque ?
Au marathon de La Rochelle en novembre A moins d'un variant Serbo-Croate...

Début février, j'ai conçu un plan marathon de neuf semaines pour Cheverny synchronisé avec celui de ma copine Magali inscrite au marathon de la Loire ayant lieu à Saumur début mai Raté aussi ! Nous partons tous deux sur un chrono de 3h45 c'est à dire sur une vitesse marathon de 11,2 km/h (11,3 en tenant compte des ravitos). Nous nous sommes juré d'aller jusqu'au bout.

A cause de ce 😡😡😡 de couvre-feu, les occasions d'entraînement en commun se font plus rares et je dois parfois courir seul la matin ou l'après-midi, ce qui est facile pour un retraité alors que Magali ayant vingt ans de moins doit jongler avec ses horaires de boulot (ce kiné pas simple !). Exemple de semaine de stakhanoviste :

Samedi

 

 

Magali et moi sommes accompagnés de Béa, Fab et Stéphane pour cette séance de long du samedi (allant d'1h30 à 2h15). Cette quatrième semaine, c'est relâche et donc seulement 1h30min pour 16,5 km dont 2x5000m à vitesse marathon (Alençon-Alençon en passant par la campagne de l'ouest). Comme d'habitude je passe mon temps à ralentir les filles dont l'instinct de cross-women reprend vite le dessus.

Dimanche

 


Malheur de malheur ! Depuis le début de l'épidémie, nous avons scindé les Trailers d'Ecouves en petits groupes. Accompagnés de Josette ma chère épouse, de Patricia, Brigitte et de Manu le Diable, Magali et moi effectuons la sortie la plus lente de la semaine histoire de faire du volume : 17,5 km en 2h40 en forêt d'Ecouves avec moins de 500m de dénivelé. Belle balade conclue par une bière au cul de la bagnole faute de bar ouvert... 

Lundi

 

 

Petite récup de 7 km en 49 min. Devant aller chercher Arielle à son école, Papy tourne dans le quartier de Lancrel entre 15h et 16h. Quand on vit depuis 65 ans dans la même région, on connaît tous les coins bucoliques d'Alençon comme ce moulin des Châtelets situé sur la Briante qui descend d'Ecouves et se jette dans la Sarthe en centre-ville. J'ai ensuite le plaisir de récupérer ma petite chérie qui termine son CP dans cette même école où j'ai enseigné durant 19 ans.

Mardi

 


J'ai pris l'habitude depuis un moment de suivre la Sarthe pour mes entraînements solitaires, la municipalité ayant dégagé des kilomètres de promenade le long de cette rivière dont un gué est historiquement à l'origine de la ville. Toujours très cool, 8,3km en une heure. J'apprécie particulièrement la nouvelle promenade de la Fuie des Vignes récemment dégagée dans cette zone humide Natura 2000 située à moins de 1000 m du centre-ville. 

 

Mercredi

 


Toujours fidèle, Katia est au rendez-vous du mercredi depuis 2014. Traditionnelle séance d'AS21 : 6x1000m à 12,5 - 13 km/h. Nous côtoyons de pauvres lycéens contraints de faire de la course dans le froid faute d'utiliser leur gymnase. Les malheureux dont certains courent avec leur manteau se font décoiffer à chaque tour par une femme qui pourrait être leur mère et un vieux qui pourrait être leur grand-père. Au total avec l'échauffement et la récup, 15 km parcourus et 1h30 en comptant les arrêts.

Jeudi

 


Couvre-feu oblige, la séance collective du jeudi soir est suspendue jusqu'à nouvel ordre. Mon groupe de piste constitué en majorité de magnifiques athlètes quadragénaires et nonobstant féminines me manque... Même trajet que la veille, je passe ainsi par l'usine Moulinex, maison mère de l'entreprise liquidée en 2001. Les bâtiments ont en grande partie disparu, est surtout visible au loin la "cathédrale", bâtiment historique, ancienne corderie qui abrita le premier atelier "Moulin-Légumes"dans lequel ma grand-mère fut embauchée en 1937.
La piste de la Plaine des Sports est déserte.  3 séries de 500 (300), 400 (200), 300 (100)m. Très dur quand on est seul, je peine à décoller du 15 à l'heure alors que la semaine dernière, Magali alors en congé m'avait poussé à 17,5 à chaque fractionné. Misère de misère, tout seul en plein vent sur la piste, je peine à atteindre la vitesse sur 500m que je tenais sur 10km il y a 15 ans. Faut pas vieillir ! 13,3km tout compris mais les pattes en compote.

Vendredi

 


L'avantage quand on habite une préfecture de 25 000 habitants, c'est qu'on se retrouve vite dans la nature. Je pars vers l'est pour franchir la Sarthe à 1000m de chez moi. Vu les deux séances précédentes et celle de demain (2h15 de long dont 12km à 11,3 km//h), ce sera de la balade à 9 à l'heure. Une heure et huit minutes pour 10,5 km dans la campagne cette fois sarthoise. Alternance de chemins et petites routes, ce n'est pas que j'apprécie cette solitude imposée du coureur de fond mais je la supporte. Un compagnon impromptu sort à un moment d'une entreprise de BTP : l'énorme chien de garde a profité du portail ouvert pour me courir derrière. L'avantage quand on est un Lutin, c'est que l'on comprend le langage des animaux. Ce mastard-là, inutile de lui crier dessus. Je lui donne ma main à sentir et je le caresse tout en lui disant "Bon chien". Je marche, cependant, accompagné par le molosse qui fait consciencieusement son boulot. Il m'accompagne une centaine de mètres puis je lui dis de retourner voir le maître, ce qu'il fait, apparemment content de lui. Je termine en rentrant dans mon département de l'Orne, traversant à nouveau la rivière Sarthe.

Au total 88,1 km sans véritable fatigue. Un entraînement que je ne proposerais pas à un débutant mais dont l’alternance de séances dynamiques et lentes me permet de garder de l'endurance à défaut de vitesse et surtout la tête hors de l'eau face à cette sombre époque rythmée par le virus, le repli sur soi et la décohérence sociale faisant de nous des chats ni vivants ni morts.

 

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DOUZE PHOTOS QUI NE S'OPPOSENT COVID

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-12-2020 12:30:23 - 9 commentaires

 Rétrospective 2020


Drôle d'année. Qui aurait pu prévoir les événements d'une si singulière année, qui aurait pu soupçonner qu'un jour il faudrait signer un papier pour sortir de chez soi, porter un masque dans la rue, renoncer peut-être pour très longtemps à la main tendue et à la bise ? En tant que photographe (très) amateur, il m'a fallu parfois faire preuve d'imagination pour effectuer des clichés lors de ce si beau printemps sans forêt d'Ecouves ou ce triste novembre sans flamboiement des hêtres et des chênes. Pas de photos de ma forêt cette fois-ci mais quand même des images de mes pérégrinations avec mon épouse mais aussi en compagnie mon très cher Tonton Gilles qui, s'il est loin d'être mon oncle, m'est toujours aussi précieux en tant que conseiller technique et artistique. 

Pour aller plus loin :

Le Flickr de Tonton Gilles
Le Flickr du Lutin d'Ecouves

 

Janvier

 

Le miroir de Ste Anne


Au pied de la forêt de Multonne à vingt km de chez moi, je balise le terrain en vue du cross de Champfrémont qui aura lieu l'après-midi. Les étangs en espalier de Ste Anne offrent comme à l'accoutumée une lumière singulière et le plus vaste d'entre eux présente un miroir semblable au reflet d'un autre monde. Il fait très gris et le passage en monochrome ne fait disparaître que quelques petites traces de bleu.

Compact Sony DSC-RX100M3


Février

 

Flying saucer in Brittany


A la veille de participer à mon seul et unique trail de l'année, je séjourne à Trégastel avec mon épouse. Il fait très froid et il me faut des gants pour manipuler mon trépied sur lequel j'ai vissé mon tout petit Sony. Le site est spectaculaire avec ses blocs cyclopéens en granite rose hauts comme des maisons de deux ou trois étages mais je préfère lors des vingt et quelques minutes que dure l'heure bleue photographier cette singulière coupole de piscine située en bord de plage. Comme j'ai réglé mon ouverture à F11, il me faut un temps d'exposition de 2 secondes. La photo est un peu froide mais bien représentative de l'ambiance.

Compact Sony DSC-RX100M3


Mars

 

L'adieu aux arbres

 

Le couperet vient de tomber, nous n'irons plus aux bois, les lauriers sont coupés ! Avant de m'astreindre à tourner 560 km en huit semaines autour de chez moi, confinement oblige, je m'échappe une dernière fois le long de la Sarthe pour une sortie de 21 km en pleine campagne. La nature est en train de nous préparer un printemps majestueux dont nous n'entendrons qu'un écho lointain. Les chênes semblent désolés lorsqu’ils me saluent. Je ne sais quoi leur répondre...

Compact Sony DSC-TX30


Avril

 

Halle au bleu


Tonton Gilles vient me chercher régulièrement pour une promenade limitée dans le temps et l'espace. Le photographe urbain qu'il est n'est guère perturbé dans sa pratique mais moi, je dois m'adapter. La ville d'Alençon quasi déserte offre des ambiances intéressantes comme le long de cette Halle au Blé et, tour à tour, nous servons de modèle l'un pour l'autre. En ces jours gris quoique ensoleillés, j'ai préféré gommer la couleur excepté sur mon compagnon au chapeau qui fait surgir la vie au centre de ce monde minéral.

Compact Sony DSC-RX100M3


Mai

 

Cylindromyia bicolor


Lors de ce printemps confiné, je n'ai jamais trouvé autant de nouvelles espèces d'insectes dans mon jardin de 100 m2 mais le plus spectaculaire de mes clichés entomologiques fut cet accouplement de tachinidés (mouches hirsutes et fort utiles) dont les larves, comme chacun le sait, parasitent la punaise nébuleuse.

Hybride Panasonic DMC-G80


Juin

 

Jump !


Douarnenez, une cité à vivre, non encore gâtée par le tourisme où l'on peut voir des HLM donnant sur l'océan et une population se donner du bon temps sur de petites mais conviviales plages. Moi et mon épouse y retrouvons le goût de la liberté et quel plus pur symbole que ces jeunes collégiens à peine sortis des cours qui investissent divers spots de plongée pour se mesurer amicalement loin de leurs parents certainement peu au fait de leurs acrobaties. J'ai ressenti à ce moment comme un courant d'air frais qui m'a rappelé mon enfance dans les années 60 lors desquelles nous évoluions si libres loin du regard de nos parents.

Compact Sony DSC-RX100M3


Juillet

 

Nuées sur l'île Tudy


Que serait la Bretagne sans les nuages ? Ce couvercle menaçant sur l'île Tudy génère une infinité de gris et de bleus. Ce bateau de pêche au premier plan apporte une touche de couleur bienvenue. 

Téléphone portable Huawei MYA-L11


Août

 

A la conquête des Aravis


En vacances à Manigod dans les Alpes, nous nous attaquons à la randonnée du Trou de la Mouche (2453 m) que je déconseillerais par temps humide ou agité. Après quelques heures de grimpette dans les alpages, nous arrivons en phase finale et minérale. Josette regarde la crête embrumée d'un air interrogateur. Elle n'a pas tort, la fin ne va pas être simple pour des lutins sylvestres...

Compact Sony DSC-RX100M3


Septembre

 


De retour à Belle-Ile-en-Mer, j'aurais pu vous gratifier de superbes paysages marins ou même, osons-le, de couchers de soleil. Eh bien non, la photo c'est aussi de la composition et cette dame qui fait son tout premier tour de scooter électrique sous le regard de son mari m'en offre une belle avec ce phare, ces personnages et ces rappels de bleu. Tout simple mais équilibré, ce cliché est validé par Tonton Gilles.

 

Compact Sony DSC-RX100M3


Octobre

 

La Jungle et la Basilique


De retour à Alençon, je me promène le long de la Sarthe et de ses lavoirs. Pour l'avoir survolée en Montgolfière, je sais que cette ville est un jardin mais en ce début d'automne, c'est parfois une jungle d'où émerge la Basilique Notre-Dame. 

Compact Sony DSC-RX100M3


Novembre

 

Le refus de l'ombre


Nouveau confinement, nouvelle balade restreinte avec Tonton Gilles. Le soleil passe crûment sous le pont de chemin de fer à côté de chez moi. Mon compagnon me fait poser dans le rai de lumière et cela donne une photo typique du style de ce citadin photographe. A son tour, il pose pour moi et, si mon petit Sony ne peut rivaliser en netteté avec son gros Canon 7D Mark II, il tient la comparaison en expressivité avec cette ombre qui semble ne pas vouloir suivre son propriétaire.

Compact Sony DSC-RX100M3


Décembre

 

De l'indigo à la feuille morte


Toujours confiné, toujours avec Tonton Gilles en ce premier jour de décembre. La fin d'après-midi est incroyable au niveau des couleurs. Depuis quelques jours, le crépuscule s'est fait feu d'artifice pour nous consoler de notre enfermement partiel. Mon compagnon fait une photo en étonnantes couleurs naturelles du front de Sarthe, je fais le même cliché mais nettement moins bien défini. Cette photo de personnage pris en contre-plongée à partir du bord de la rivière aura ma préférence.

Compact Panasonic DMC-TZ100

 

 



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ON S'HABITUE À TOUT

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-12-2020 12:44:20 - 5 commentaires


Ça a commencé un lundi avec le voisin et sa tête de veau. Pas vraiment un plat cuisiné mais une tête de veau vissée sur ses épaules qui me regardait fixement par-dessus la clôture. J’étais en train de photographier les derniers frelons asiatiques de la saison qui butinaient les fleurs de lierre du jardin. Les frelons, pacifiques comme à l’accoutumée, voletaient en silence et lui, il me regardait sans piper mot. Le plus surprenant, c’était mon absence de surprise. Pourquoi pas…

Comme chaque soir depuis le début du Grand Confinement, je sortis courir mes trois boucles : Avenue de Courteille, rue d’Echauffour, rue de la Fuie des Vignes, rue de Labillardière. Cela faisait 12 890 tours effectués ce lundi-là. Le chien du numéro 80 m’a salué d’un grognement qui m’a semblé moins indistinct que d’habitude, comme s’il me disait « Brome » ou « Broom ». Ce chien, je ne l’ai jamais aperçu derrière sa palissade mais il m’a toujours parlé.  A l’entrée du pont du chemin de fer, la Police contrôlait le passage vers Courteille mais ils ne m’ont pas arrêté, habitués qu’ils sont de me voir courir chaque jour avec mon laissez-passer épinglé dans le dos. Comme d’habitude, je les ai salués mais ils ne m’ont pas répondu. Ils n’avaient pas de bouche.

On s’habitue à tout et, quand je me suis aperçu que mon épouse avait une tête de loup, je ne fus pas plus surpris que cela. On se voyait de moins en moins, la faute aux multiples autorisations qu’il fallait remplir pour se rencontrer juste pour discuter sans parler des tests médicaux nécessaires. L’installation des caméras de surveillance domestique avaient rendu impossible toute tentative de fraude au confinement. Chacun à son étage et à chacun ses heures pour la toilette et la cuisine. Pas d’autorisation pour quelque rapport que ce soit, nous avons passé les soixante ans, c’est trop dangereux. On s’habitue. C’est vrai ça, on s’habitue à tout, j’avais depuis un moment des nausées quand je la voyais de trop près, était-ce des symptômes de la Maladie ou un avertissement subliminal, en tout cas  je me sentais de plus en plus mal à l’aise en sa présence. Alors, la voir avec une tête de loup, ça ne m’a pas surpris. Et puis, elle ne parlait plus car les loups ça ne parle pas. Contrairement aux chiens.

Ma consultation à distance avec le psy s’est bien passée. Lui, il avait encore une tête sur l’écran. Sa tête de chevêche échevelée coutumière et son air bienveillant. Je lui ai parlé du chien qui me salue, de la tête de veau et du loup. Lui, il m’a répondu en allemand. Je n’ai rien compris mais ça m’a fait du bien.

Je lis beaucoup. J’ai récemment relu « Face aux feux du soleil » d’Isaac Asimov. Ça se passe sur une planète où il y a tellement de place et si peu de monde que les habitants ont pris l’habitude de ne plus se voir que par écran interposé, les robots servant d’intermédiaires et de serviteurs à cette population claustrophile. Evidemment, la délinquance y est très faible et évidemment il y a un meurtre sujet de l’intrigue. Je ne me souvenais plus de la fin et quelle ne fut pas ma surprise quand je m’aperçus que les vingt dernières pages étaient blanches. Le livre ne voulait plus parler.

En fait, petit à petit, au bout de quelques semaines tout le monde a fini par ressembler à une ménagerie, les livres et la télé se sont tus et je me suis habitué à la tête de dindon du type du Drive qui m’apporte les courses.

On s’habitue à tout. J’ai fini par m’habituer à moi. Et puis, j’ai mon autorisation de sortie d’une heure par jour de 19h à 20h. Grâce à ma licence officielle de la Fédération Française Sportive de Confinement, je peux courir mes dix kilomètres quotidiens. Je croise ainsi de rares sportifs à tête de sanglier sur mon parcours. Ils me saluent silencieusement. Après tout, je ne suis pas si seul même s’il n’y a que le chien du 80 pour m’adresser la parole.

 

Photo chefsimon.com

 

 

Texte écrit pour la Gazette d'ici... et d'ailleurs (Alençon)

 

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VISITE SURPRISE

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-11-2020 11:47:54 - 9 commentaires

 13 novembre 2020

 

Bonjour Lutin !


La mante religieuse est un insecte plutôt méditerranéen qui s'est longtemps contenté de vivre au sud de la Loire. Depuis quelques années, j'en vois effectivement dans notre campagne normande mais en petite quantité. Ce n'est que l'année dernière que j'ai enfin pu photographier une femelle de 7 à 8 cm de long dans mon jardin d'Alençon. 

Je ne m'attendais pas à tomber sur ce mâle (5 à 6 cm) en plein milieu du mois de novembre alors que jusqu'il y a peu, cette espèce était rare en Normandie a fortiori si tard dans l'année. M'ayant détecté et intrigué par le bruit de l'appareil photo, il s'est immobilisé, pensant être en sécurité s'il ne bougeait pas.

 


Il m'a fallu monter la sensibilité jusqu'à 800 ISO pour obtenir un cliché avec suffisamment de profondeur de champ. En ces temps de punition où l'on nous prive des prés et des forêts*, l'irruption de cette vie improbable fait un bien fou. 


*Les 15 000 ha de la forêt d'Ecouves sont actuellement interdits aux lutins. Les seuls à être autorisés à s'y promener par décision préfectorale sont les chasseurs (à fusil, pas à courre), il faut dire que les munitions et l’alcool font partie des produits essentiels encore en vente. Pour l'alcool, je ne vais pas trop me plaindre...

 

 

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OH, MY GOD !

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-11-2020 11:41:07 - 4 commentaires

 

Donald Trump, épuisé par sa campagne frénétique, fait une crise cardiaque au soir du trois novembre. Affolement à la Maison Blanche, les médecins dépêchés sur place n'arrivent pas à le ranimer...

Au bout d'une heure, Trump se réveille tout blanc, l'air hagard : "Je suis allé au Ciel et Dieu m'a renvoyé sur Terre."

Melania se précipite : "Donald, tu as vu Dieu !!! Il est comment ?

Donald Trump regarde sa femme, il est encore plus pâle et il lui répond le regard halluciné : "Elle est noire !"


 

 L'actualité vaut bien que je mette au goût du jour cette fort ancienne blague...

 

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CORONAVICROSS

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-11-2020 13:04:29 - 3 commentaires

Ça avait commencé presque normalement. Enfin presque... il avait quand même fallu renoncer au marathon de la Rochelle qui venait d'être annulé alors que le plan d'entraînement dédié venait juste de débuter. Qu'à cela ne tienne, le plan avait été maintenu jusqu'au bout à la demande de mes partenaires, histoire de garder la forme. Et puis, hors de question de reconfiner nous assurait-on en plus haut lieu.

Gestes barrières, distanciation, limitation des regroupements, gel hydroalcoolique (mélanger eau et alcool, quelle horreur !), nous on voulait tout bien tant que nous pouvions courir au moins notre saison de cross.

Le cross c'est une longue histoire, notre ADN, la base racinaire de notre discipline, j'allais quand même pouvoir pour ma sixième saison V3 en découdre sans perdre ce fil sportif qui me raccommode à la vie, me faisant oublier le temps qui passe. Le temps qui passe...
 
Rânes 2008 (Mustang, Allain, Lutin)
 
 
L'année précédente, nous avions enfin touché nos nouveaux maillots de l'AS Enseignants, les anciens nous arrivaient à mi-cuisse et nous donnaient l'air de ploucs emblousés. Trois quinquagénaires en pleine forme sur cette photo et une saison de cross à couteaux tirés entre moi et le Mustang lors de laquelle la poudre parla et le sang coula pour de rire. Allain ne court presque plus et le Mustang s'en est allé. Il y a de quoi se la prendre et se la mordre mais elle peut encore servir donc je vais m'abstenir. Et puis j'ai toujours détesté la nostalgie.

Rânes 2020 (Photo Marie Léveillé)

Masque au départ, masque à l'arrivée, vu le temps brouillasseux bien humide, je me mets une serpillière sur le nez une fois la ligne d'arrivée franchie. Incroyable, je finis 4/26 V3 alors que j'arrive à 65 berges. Toujours la même hargne, toujours la même méchanceté et ce coup de tête vers l'arrière en fin de parcours pour m'assurer qu'un paltoquet mal intentionné ne cherche pas à me provoquer au sprint. Je ne suis pas le meilleur mais je suis le plus vindicatif. Pandémie oblige, pas de regroupements et pas de vin chaud à l'arrivée. Tout fout le camp ! Je m'enfile deux bière au cul de la bagnole en me disant qu'il me restera six cross pour digérer cela.

Ben non, quelques jours après, un type avec une tronche de premier de la classe nous annonce qu'il va falloir regagner nos pénates et nous contenter de courir autour du pâté de maison une heure par jour. Enfer et tartemolle, je venais d'étrenner une nouvelle paire de pointes de cross qui était assortie avec mon vieux maillot que je traîne depuis 13 ans ! Plus de copines, plus de piste, plus de forêt !

On va être sérieux et se conformer à la Loi, il faut dire qu'il y a quand même trois personnes en réanimation dans mon département. Je rechausse donc mes running et cours à nouveau mes 10,5 km quotidiens autour de chez moi. Je crois que je vais quand même me la prendre et me la mordre...



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CENT MÈTRES CARRÉS : MES AUTRES INSECTES

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-10-2020 10:22:04 - 5 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie. 

 

Odonates

Les odonates sont un ordre qui compte les demoiselles et les libellules dans ses rangs. Ce sont de puissants prédateurs et leurs larves ne sont pas en reste. Ces larves ont la particularité d'être toutes aquatiques c'est pourquoi on trouve ces animaux à proximité des étangs et cours d'eau. Mon jardin est cependant assez éloigné de la Sarthe et de sa zone humide, à 1 km à vol d'oiseau, et je ne sais pas très bien ce que font ces insectes dans mon jardin. Peut-être une pause entre deux plans d'eau... Une chose est sûre : ils ne font qu'y passer car leur présence est toujours brève.

 Libellula depressa

La libellule déprimée n'a aucun problème psychologique, son nom provient d'un terme latin qui veut dire aplati car son abdomen est effectivement assez plat. C'est une assez grosse libellule et le dimorphisme sexuel est très visible, alors que les mâles sont bleus, les femelles sont jaunes. Les larves chassent dans les points d'eau où elles ont éclos, cela peut être de simples mares pour cette espèce. Le stade larvaire dure deux ans. Au moment de se métamorphoser, les larves grimpent sur une plante ou une pierre où elles sèchent avant de quitter leur ancienne peau. Les adultes se nourrissent de moucherons ou autres insectes capturés en plein vol. 


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Sympetrum striolatum

Cette femelle de sympétrum rayé est certainement très jeune car au bout de quelques temps, elle deviendra nettement plus brune alors que le mâle est franchement rouge. Leurs mœurs ainsi que celles de leurs larves sont semblables à celles des autres libellules.

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Sympetrum sanguineum

Reconnaissable à ses pattes noires, ce sympétrum rouge-sang mâle possède une couleur encore peu intense, ce qui indique son jeune âge (la femelle est jaune). Son comportement peu réactif comme celui des autres libellules observées laisse à penser que mon jardin est une étape dans laquelle ces insectes sèchent tranquillement avant d'aller rejoindre une zone humide.

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Coenagrion mercuriale

L'agrion de Mercure est une demoiselle dont le mâle est franchement bleu alors que la femelle présentée ici est d'une couleur plus discrète. Cette espèce, sans être rare est cependant considérée en danger de disparition sur notre territoire. Les demoiselles, comme les libellules se nourrissent d'insectes volants et leurs larves sont aussi aquatiques et carnivores.


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Ischnura elegans

L'agrion élégant est une petite demoiselle très courante identifiable grâce à sa tache bleue au bout de l'abdomen. Les mâles sont noir et bleu alors que les femelles peuvent présenter trois types : bleu, brun-verdâtre ou à thorax rose.

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Orthoptères

Les orthoptères sont un ordre d'insectes comportant essentiellement les sauterelles, criquets et grillons. De grillons, je n'en ai malheureusement point dans mon jardin, ces animaux se font rares alors qu'ils étaient si fréquents dans mon enfance. J'aimais bien en ce temps les chatouiller dans leur trou avec une longue herbe pour les faire sortir... Ces insectes sont tous à métamorphose incomplète, c'est à dire qu'un immature ayant la forme de l'adulte sort de l’œuf et passe généralement par cinq stades avant d'atteindre la taille adulte.

Leptophyes punctatissima (femelle)

La Leptophye ponctuée ou petite sauterelle verte est très commune dans nos jardins (où elle se nourrit de feuilles diverses) même si elle n'est pas si facile à voir. Son corps est couvert de petits points rouges et ses antennes sont nettement plus longues que son corps. La femelle possède une tarière en forme de couteau, n'ayez crainte cela ne coupe pas mais sert à pondre. Le mâle est facile à distinguer car il ne présente pas cet organe et possède quelques autres petites différences comme on peut le voir :

  Leptophyes punctatissima (mâle)


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 En ce qui concerne les criquets (antennes courtes), j'ai mis beaucoup de temps à les identifier (la couleur n'est pas toujours un critère) et je remercie les sites Aramel et Quel est cet animal pour leur aide. 

La reproduction des criquets se fait en début d’automne par un accouplement assez classique donnant lieu à la ponte des œufs dans le sol, juste quelques jours après la fécondation. Pour ce faire, ils enfoncent leur abdomen dans la terre et les œufs y sont enserrés dans une membrane rigide appelée oothèque où ils resteront tout l’hiver avant d’éclore au printemps qui suit (source : Le Monde.fr).

Les criquets sont des végétariens assez éclectiques et, dans nos régions, ils ne sont jamais assez nombreux pour se révéler ravageurs comme certaines espèces peuvent l'être en Afrique.

 Ces insectes se font généralement discrets chez moi mais ils ont la particularité d'aimer le muret de la terrasse du jardin les soirs d'été. C'est là que j'ai pu tirer le portrait de quelques espèces:

Euchorthippus elegantulus (criquet glauque)

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Chorthippus scalaris (criquet duettiste)
 
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Omocestus rufipes (criquet noir)

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Dermaptères

 Forficula auricularia


Les dermaptères sont un petit ordre comprenant essentiellement les forficules ou "perce-oreilles". Si l'animal peut se délecter de fruits à noyaux (pêches, prunes, abricots), il fait généralement peu de dégâts et peut même se révéler utile car c'est aussi un mangeur de pucerons. Ses organes en forme de pince appelés cerques lui servent à la défense mais sont peu efficaces. La femelle pond des œufs sur lesquels elle veille ainsi que sur les jeunes larves, comportement assez rare chez les insectes non-sociaux. Le développement se fait par stades sans métamorphose.

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Neuroptères

Chrysopa perla

Les neuroptères sont des insectes à métamorphose complète possédant des ailes membraneuses (chrysopes, fourmilions). Ce sont des espèces à la vie courte (quelques jours pour les adultes). Chrysopa perla (neuroptère aux mœurs plutôt nocturnes) est appelée "lion des pucerons" car sa larve est un gros mangeur de pucerons, ce qui en fait un bon auxiliaire dans la lutte biologique d'autant plus qu'une femelle peut pondre jusqu'à 700 œufs. Les adultes étant des proies faciles pour les prédateurs volants (principalement les chauves-souris), la population de chrysopes reste toujours d'une taille raisonnable.

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Blattidés

Ectobius vinzi (stade larvaire)

Les blattes ou cafards sont des animaux peu aimés alors que les espèces du jardin sont totalement inoffensives et ne pénètrent dans la maison que par accident. Ce sont des insectes omnivores, excellents nettoyeurs qui se nourrissent de débris divers du jardin, jouant un rôle bénéfique dans son entretien. Ectobius vinzi présente une bande blanche lors de son stade larvaire puis devient d'une couleur jaune ou brune plus uniforme  à l'âge adulte.

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Mantidés

 Mantis religiosa

Les mantidés en France sont surtout des empuses (diablotins) et des mantes religieuses, insectes méridionaux. Jusqu'à mon âge adulte, je n'ai jamais vu de mantes au nord de la Loire et puis, elles sont apparues petit à petit dans nos campagnes jusqu'à devenir familières en Normandie bien que moyennement fréquentes. La mante religieuse doit son nom à ses pattes avant repliées qui lui donnent l'attitude d'un orant. C'est un grand insecte (la femelle atteint 7,5 cm) dont les pattes avant sont de véritables armes qu'elle projette en avant pour harponner les proies qui passent à sa portée. La mante femelle est facilement cannibale et, à la fin de l'accouplement, elle n'hésite pas à boulotter le mâle, plus petit, mais cela n'est pas systématique et parfois le mâle arrive à s'échapper s'il est assez vif et a de la place. En captivité, son sort est malheureusement scellé du fait de la promiscuité d'avec sa promise. La mante n'est pas toujours d'un beau vert comme ce spécimen posé sur le mur de mon jardin, elle peut aussi être brune. Ce sont des animaux à métamorphose incomplète comme les orthoptères dont elles sont assez proches morphologiquement.

 

Liens vers les autres billets :

 Coléoptères 1

Coléoptères 2

Coléoptères 3

Lépidoptères 1

Lépidoptères 2

Hyménoptères 1

Hyménoptères 2

Hyménoptères 3

Diptères 1

Diptères 2

Diptères 3

Hémiptères 1

Hémiptères 2

Odonates, Orthoptères, Dermaptères, Neuroptères, Blattidés, Mantidés 

Arachnides



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HUIT FOIS VINDILIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-09-2020 14:58:42 - 6 commentaires

 

 

Toi, moi et l'oubli
Sur l'Océan de septembre
A nouveau une Île



 

Tempêtes figées
Éphémère éternité
Heureux et perdus

Sur le volcan disparu
Nous danserons à nouveau

 

 

 

Un été sans fin
Dans l'antre de Calypso
Silences frémissants

Sur le bord de la falaise
Les cordes et les corps s'accordent


 


 Des larmes de sable
Nos pas, sentiments cachés
Effaçant la nuit

Un monde à portée de main
Au travers des ombres nues


 


Les vallons d'automne
Un sourire océanique
 Envahi de solitude

Au-delà de la raison
 Chant des saisons évanouies

 

 


 Ivres de brûlures
Éruptions immémoriales
Érosion fracturée

Nos vies à jamais gravées
Songes de lave, rêves de schiste


 


Usés par le temps
Un monde parcouru à deux
Toujours pas l'hiver

Nous avons semé la vie
Sans penser au lendemain

 

 


Les couleurs s'évadent
Parmi les géants de pierre
Au bord de ce monde

Deux funambules endormis
Cheminant sur l'horizon



Photos prises à Belle-Ile-en-Mer du 7  au 15 septembre 2020

(Vindilis est un des noms antiques de Belle-Ile)


 


 



 

 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HÉMIPTÈRES (II)

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-08-2020 19:54:18 - 3 commentaires

 Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

 

Hémiptères (2ème partie)

 

Rhyparochromus vulgaris
 

La punaise commune est une espèce éclectique qui se nourrit de graines d'un tas de plantes diverses. Elle affectionne le bois pour hiverner et peut ainsi se retrouver dans le bois de chauffage mais, rassurez-vous, elle ne fera pas de dégâts chez vous. La femelle pond ses œufs sur le sol dans des débris végétaux, les larves qui en sortent se débrouilleront toutes seules.

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Pyrrhocoris apterus


Le pyrrhocorre est plus connu sous le nom de gendarme. C'est une punaise
totalement inoffensive et pour une fois inodore. Même si sa présence en grand nombre peut inquiéter, ce n'est nullement un ravageur, il se contente de piquer certaines plantes comme le tilleul ou la rose trémière pour en sucer le suc, ne laissant pas de traces de dégâts. Il est même utile au jardin en le débarrassant d'un tas de débris en se nourrissant de cadavres d'insectes morts dont il accélère la décomposition en en pompant l'intérieur. Le gendarme n'est pas timide et il montre sa belle livrée rouge et noire à qui le veut, indiquant par là qu'il est immangeable. L'accouplement en opposition des gendarmes peut durer jusqu'à 24 heures et il n'est pas rare de voir les gendarmes circuler en couple, l'un tractant l'autre.


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Corizus hyoscyami

La punaise de la jusquiame ne ressemble au gendarme que pour les personnes distraites, ses taches ont des formes différentes et il suffit de la prendre dans sa main et de la malmener pour percevoir une autre différence : elle peut sentir très mauvais ! Elle se nourrit sur les ombellifères et les astéracées, faisant peu de dégâts.


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Deraeocoris ruber
 
Cette punaise aux couleurs variables (plus ou moins rouge ou plus ou moins sombre) est un prédateur se nourrissant de pucerons, d'acariens ou de chenilles ; le jardiner appréciera.  Les œufs sont pondus au sol où ils hivernent, les larves émergeant au printemps suivant.

Larve de deraeocoris ruber


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Lygus pratensis

Punaise des plantes ou punaise des prés, cet insecte peut présenter une livrée allant du rouge au brun mais aussi parfois très claire comme ici. Dans tous les cas, on observera un joli cœur sur son scutellum. Cette punaise s’attaque en particulier aux cultures de concombres, d’aubergines, de tomates, de poivrons et de fraises. Sa piqûre provoque une nécrose des tissus des plantes car sa salive est toxique. Le jardinier tolèrera donc ce petit animal qui offre son cœur à partir du moment où il reste en petit nombre...

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Cercopis vulnerata

Le cercope sanguin fait partie des cicadomorphes, autre branche des hémiptères. Il se nourrit aussi en piquant les feuilles et si on le dérange, il s'échappe d'un bond qui peut atteindre un mètre grâce à une détente de deux de ses pattes qui se produit en moins d'une milliseconde. C'est comme si je pouvais sauter 170 mètres en longueur ! L'animal a été pas mal étudié et l'on sait aussi que, comme la cigale, le mâle communique par cymbalisation en déformant rapidement une membrane à l'aide d'un muscle, faisant vibrer les tiges et feuilles à une fréquence de 40 à 300 Hz, ce qui est susceptible d’attirer les femelles. Tout cela reste fort discret et inaudible à l'oreille humaine. Une fois la dame sur place, les deux cercopes se positionnent l'un à côté de l'autre, mettant les pointes de leurs abdomens en contact, les corps formant un angle de 45°, c'est chaud ! Les œufs sont pondus à terre et les larves s'y développent dans des anfractuosités, se nourrissant en piquant les racines. (Références : Zoom-nature.fr)
 
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Aphrophora alni

La cicadelle écumeuse est appelée ainsi car ses larves, pour se protéger, émettent une sorte de crachat spumeux autour de leur corps pour se cacher des prédateurs et de la chaleur. On appelle cela des "crachats de coucou" communs aux cicadomorphes.

Crachat de coucou

 Bien que cette cicadelle soit aussi appelée cercope de l'aulne, cette espèce vit sur de nombreuses espèces d'arbres, arbustes et buissons dont elle suce la sève des feuilles ou des tiges.

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Cicadella viridis
 
Très courante dans les prairies humides, la cicadelle verte est un bon sauteur (c'est de famille) et elle sait aussi correctement voler.  Le mâle est plutôt bleu ou brun. Comme toutes les cicadelles, elle se nourrit grâce à son rostre en suçant les végétaux.


 

Liens vers les autres billets :

 Coléoptères 1

Coléoptères 2

Coléoptères 3

Lépidoptères 1

Lépidoptères 2

Hyménoptères 1

Hyménoptères 2

Hyménoptères 3

Diptères 1

Diptères 2

Diptères 3

Hémiptères 1

Hémiptères 2

Odonates, Orthoptères, Dermaptères, Neuroptères, Blattidés, Mantidés 

Arachnides



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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