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Le Lutin d'Ecouves

Sa fiche

60+40+1,3

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-05-2018 20:46:08 - Aucun commentaire

 

 

Cette curieuse asymétrie vous intrigue, l'explication de ce mystère dans le récit de la No Finish Line :

ICI

 

COURS TOUJOURS épisode 9

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-04-2018 17:08:31 - 3 commentaires

 
Longue distance


Je ne suis pas fait pour la longue distance. Je m'en aperçois dès le trentième kilomètre de course mais comme je le répète à l’envi : en ce qui concerne la course à pied, je suis à voile et à vapeur... et au gaz aussi. J'entretiens bêtement l'illusion que je peux être polyvalent.

Ne résistant pas aux sollicitations de mes camarades, je me suis souvent engagé dans des aventures à la fin desquelles l'addition fut souvent salée. Mon ami Joël avait trouvé une expression décrivant bien mon état au terme de ces épreuves : "Tiens, j'ai encore vu le Lutin sur le bord du chemin avec le capot ouvert et le radiateur qui fume" ; il faut dire qu'en tant que modèle des années 50, je ne bénéficie pas d'un système de refroidissement performant.
 
Incapable de gérer mon effort efficacement, j'explosai dès les premières éditions du 61km d'Ecouves, course pourtant à la portée de beaucoup vu son dénivelé modeste. Je partais systématiquement trop vite, espérant vainement gagner quelques dizaines de minutes pour compenser l'inévitable naufrage qui devait de toute façon survenir, me laissant soit terminer physiquement en haillons soit abandonner piteusement sous les lazzis moqueurs de mes camarades plus robustes et plus opiniâtres.

Je me souviens d'un trail de Guerlédan lors duquel, premier de mon groupe de Trailers d'Ecouves durant 20km, je m'échouai (ou plutôt je méchoui) lamentablement sur les dures rives du 42ème km pour ne plus repartir. Je me souviens du trail de Vulcain alors en janvier où je fus transformé en bonhomme de neige à l'instar du Raid 28 qui me valut le surnom de Findus 71.

Pourtant, je persistai en enfilant divers longs trails entre 60 et 80 km et quand je dis en enfilant, je devrais utiliser la forme passive vu l'état dans lequel je me trouvais à l'arrivée. Une de mes pires expériences fut la Saintélyon, course de nuit de 10h23' lors de laquelle j'ai vraiment eu l'impression que j'allais y rester à force d'épuisement, de froid et de chutes répétées. Il faut dire que pour courir 68 km de nuit par moins 9 degrés sur une patinoire en pente raide, il ne faut pas être net...

J'ai même tâté du hamster... Non, je n'ai jamais torturé le moindre animal en l'entourant préalablement d'adhésif ; non, je parle de course longue sur circuit comme les 6 heures de Briouze et ses péripéties diarrhéiques ou le 24 heures de la No Finish Line 2016 que je finis tellement proche de l'état d'esquimau que je ressens parfois encore la désagréable sensation d'avoir un bâtonnet inséré dans le fondement. Devenu prudent, je rééditai l'expérience non en courant mais en marche nordique, ce qui me permit de terminer en bonne et due forme plutôt qu'en bonnet difforme (merci Coluche).

Avec l'âge, l'expérience et un peu de jugeotte, je finis par apprendre à gérer l'effort, ce qui me permit d'exploser beaucoup moins tout en me plantant quand même comme lors du TGV où ma prudente gestion me valut un arrêt à la barrière du 50ème km pour cause de gastéropodisme.

Un minimum de lucidité fit que jamais je ne songeai à m'inscrire sur les épreuves mythiques que fréquentaient déjà mes camarades : l'UTMB ou la Diagonale de Fous. Je resterai pour toujours un potable coureur de semi-marathon doublé d'un crossman hargneux. Au-delà, je suis un manant égaré parmi les stratosphériques ultra-trailers dont la hauteur de vue leur épargne le spectacle d'un lutin agonisant rampant dans la glèbe.

Bref, je ne suis pas fait pour cela. Quoique...

Quoique... il y eut cependant trois petits miracles : le 80 km en Off autour de Belle-Ile qui me fit tomber amoureux de cette merveille géologique et lors duquel je fis les 30 derniers kilomètres en ne me ravitaillant qu'à la bière ; l'Eco-Trail de Paris où je n'ai pas touché terre grâce à la présence de deux fées au physique de walkyries qui m'amenèrent miraculeusement à effectuer les 80 km en 9h41' ; et enfin la course mythique s'il en est : les 100km de Millau que je m'étais promis de courir l'année où je prendrai ma retraite. Malgré la chaleur et la distance, je pus ce jour-là gérer efficacement mon effort et, après 80km, je me surpris à un moment à pousser des cris de jubilation dans le noir en m'apercevant que je courais encore dans la côte au retour de Ste Affrique. Contrairement aux courtes distances, je n'avais pas couru avec mes tripes mais avec ma tête, organe pourtant mouvant dont je me méfie par-dessus tout.

En vue des riantes rives de la sénilité, je ne puis cependant pas m'empêcher de m'inscrire à des épreuves hors gabarit pour un lutin aux courts appendices ambulatoires. Un nouveau tour (off) de Belle-ïle m'attend dix ans après le premier et cet été, je vais tenter le diable dans les Alpes pour un trail de 65 km : Les Passerelles. Je sais que je vais naviguer à nouveau aux limites du naufrage mais comme dit Jacques Rouxel, créateur des Shadoks :

“En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche.”

 © Jacques Rouxel

 

 

 

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LE VERT D'HIER AU VERDIER

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-04-2018 17:32:53 - Aucun commentaire

 

Il est encore là !

 

 Photo XC d'Ecouves

Encore un Lutin et encore une course en Ecouves ! Quand cela va-t-il enfin cesser ? Le récit ICI.

 

 

 

COURS TOUJOURS épisode 8

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-04-2018 11:29:50 - 3 commentaires


Ma course


Chaque coureur a sa course préférée ; en ce qui me concerne, c'est Alençon-Médavy, seize kilomètres en ligne qui vous propulsent en haut de la forêt d'Ecouves après une ultime montée de cinq kilomètres en continu. 
 
Chez moi, c'est une institution qui, dans nos glorieuses années, a attiré jusqu'à 5000 coureurs et nombreux sont les Alençonnais à avoir gravi ce Golgotha local. Eh oui, cette épreuve en est une.

La première fois que j'ai participé à cette classique normande, j'étais plus que débutant, je pris le départ fort vite et, quand au pied du Vignage se profila la fameuse côte de Médavy, je ressentis pour la première fois ce que voulait dire l'expression "semelles de plomb". Ce qui me marqua le plus, ce ne fut pas le chrono fort acceptable d'1h17' mais plutôt la nuit qui suivit que je passai sur les toilettes, agité par les spasmes vengeurs de mes intestins qui ne partageaient pas ma nouvelle passion sportive. 

L'année d'après, je réitérai et explosai vers le douzième kilomètre, faisant cinq minutes de plus que l'année précédente. J'étais conquis : cette course était faite pour moi.

Alençon-Médavy pour moi, c'est l'échauffement au milieu de la fourmilière, ce sont les buissons pris d'assaut par les vessies surexcitées, c'est l'attente parmi la foule puis une bande de fous qui dévalent la rue de Bretagne à tombeau ouvert, c'est un quartier bourré de spectateurs d'où fusent les cris d'encouragements de mes anciens élèves ou de leurs parents, c'est ensuite une première côtelette qui fait rire les habitués, une plaine sur laquelle il faut aller vite mais sans se griller, une deuxième côte plus sérieuse au pied de laquelle le huitième kilomètre me donne presque à coup sûr mon chrono d'arrivée, c'est enfin un dernier plat fort court puis la montée dans la merveille forestière qui semble vous avaler, cinq kilomètres de côte avec l'interdiction de descendre sous les 10 à l'heure sous les encouragements des pique-niqueurs qui brandissent leurs bouteilles de pinard puis le dernier kilomètre moins pentu mais que les poumons estiment encore trop dur, une foule qui se resserre pour n'être plus qu'un couloir hurlant d'où j'émerge à bout de souffle, les cuisses en feu mais l'esprit en paix.

Maintenant, c'est la bousculade du ravitaillement, les sempiternels "t'as fait combien ?" et enfin la descente avec les amis en trottinant vers Alençon sous les yeux ébahis des derniers spectateurs qui se frappent la tempe droite avec l'index en nous voyant effectuer le retour à pied.

La montée vers Médavy est un théâtre de verdure sur lequel se jouent des comédies, des tragédies et parfois des drames. Je me souviendrai toujours de cette fournaise inattendue dans laquelle j'accompagnai Cathy qui paraissait au bord de la rupture et qui montait, montait, montait, le rouge au visage et la rage au ventre pendant que les hommes tombaient autour d'elle. Je me souviens de ce concurrent suffoquant sur le bord du quatorzième kilomètre auquel je donnai notre dernière réserve d'eau et des terribles crampes qui prirent ma camarade dès la ligne franchie. Je me souviens de ce tout jeune homme qui perdit la vie ce jour-là et dont les hêtres et les chênes semblent garder le souvenir longtemps après.

Durant des années, je n'ai fait que progresser pour finalement atteindre les 1h07' aux alentours de 50 ans. Alors que je suis un coureur moyen, terminant souvent dans le ventre mou du peloton, j'ai toujours eu d'excellents classements sur cette course, atteignant même la 380ème place sur plus de 3000. J'espère encore cette année ne pas dépasser les 1h20'* pour mes 62 ans, ce qui sera difficile, bien sûr, mais pas impossible car c'est "ma" course.
 
 
*Finalement 1h17 comme l'année dernière (534 sur 2142) pas de doute, c'est vraiment "ma course".
 
 
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PITIÉ POUR VESPA VELUTINA !

Par Le Lutin d'Ecouves - 20-03-2018 16:12:52 - 9 commentaires

Vespa Velutina
Alençon 08-11-2015
 
Depuis quelques années, en novembre, je reçois la visite de femelles Vespa Velutina, "guêpes veloutées" en latin. C'est mignon mais quand je vous dis que ces hyménoptères s'appellent aussi Frelons asiatiques, là vous tremblez !
 
Il suffit de taper "Frelon Asiatique" dans Google pour tomber sur des dizaines d'articles qui appellent à l'éradication du frelon pas de chez nous. A la date où j'écris ce billet, l'article dédié de Wikipédia est même une charge en règle contre l'animal qui y est qualifié de "nuisible" et responsable de la faillite de nombreux apiculteurs. Il faut savoir qu'en terme de zoologie, le  vocable "nuisible" est tout sauf scientifique ; quant aux raisons de la faillite des apiculteurs, elles peuvent être multiples : climat, chimie, prédateurs, banques, casinos, abus de chouchen (alcool de miel) ...

Mes guêpes veloutées sont pourtant bien placides et se laissent observer de très près contrairement à leurs cousines Vespa Crabro (frelon européen) qui se montrent menaçantes dès qu'elles nous aperçoivent.


Hou, pas commode Vespa Crabro !

Non, le frelon asiatique a une attitude qui confine à l’indifférence. Tant mieux car il est bien outillé d'un beau dard lisse (donc réutilisable contrairement à celui de l'abeille qui meurt en attaquant) et il possède un venin similaire à celui des guêpes ou de notre frelon, ni plus ni moins dangereux sauf pour les personnes allergiques : dix à vingt morts par an en France pour tous les hyménoptères (essentiellement guêpes, abeilles, frelons) à comparer avec les 1 à 3 décès par an dus aux vipères...  [Source Santé publique France
 
Une anecdote à ce propos : il y a quelques années, ma Josette était passée trop près d'un nid de guêpes en forêt d'Ecouves et avait été attaquée dare-dare (hi hi !). J'avais relevé sept piqûres sur mon épouse qui avait continué son entraînement de course à pied pendant deux bonnes heures se plaignant juste de brûlures. 

Revenons à nos frelons et posons-nous la question : pourquoi tant de haine contre un malheureux insecte qui tue les abeilles tout comme son cousin européen ou comme des tas d'autres animaux aussi divers que les oiseaux (guêpier, bondrée, hirondelle, pic ...) les crapauds ou d'autres insectes comme le Philante apivore qui tue les abeilles en les piquant sous la gorge.

 Philante
Alençon 15-08-2016

Ce frelon asiatique pourrait pourtant être bien utile car c'est un des rares prédateurs de la chenille de la Pyrale qui ravage depuis un moment les buis du sud de la France.

En épluchant les sites consacrés à l'éradication des frelons asiatiques, j'ai d'abord cru que je devais avoir affaire à une sorte de Fédération des Apiculteurs Furax (FAF) que je soupçonne être à l'origine de la fameuse défèque news-"Einstein a dit : Si l'abeille disparaît, l'humanité n'a plus que quatre ans à vivre".- Citation inventée en 1994 lors d'une manifestation à Bruxelles (Einstein était une daube en entomologie en fait...).

Et puis, j'ai cherché plus loin et je me suis aperçu que les apiculteurs étaient peut-être innocents (quand on aime les abeilles, on ne peut pas être totalement mauvais) car je tombais bien souvent sur des sites qui, sous couvert d'information essayaient de placer divers produits tels des pièges ou même des aérosols présentés comme de véritables Tchernobyls à frelons totalement inoffensifs pour la faune autochtone, bien sûûûr... Même l'article de Wikipédia s'y met et reçoit d'ailleurs un avertissement "pub" dans la section "Moyens de lutte" (avertissement août 2017, non corrigé à ce jour).

Parlons-en des pièges à frelons asiatiques. Un exemple : la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles de Vendée a posé en 2011 400 pièges dans le département avec comme butin 10 femelles Vespa Velutina pour 485 nids recensés. Quand on sait que chaque nid produit plus de 500 femelles, on mesure l'efficacité du piégeage. Qu'on se rassure, 95% des femelles ne survivent pas à l'hiver et les 5% restantes s'étripent pour le contrôle des nids au printemps.

Quant aux pièges classiques à base de bouteilles en plastique et de liquide sucré qu'on trouve sur internet, une étude menée à Bordeaux en 2009 a montré que seulement 0,55 % des animaux piégés étaient des frelons asiatiques. Autant dire qu'on a utilisé une arme de destruction massive pour des résultats dérisoires et l'on a tué des tas d'autres insectes pour rien (Source Terra eco).

Et en plus, avec les pièges, on favorise paradoxalement la dissémination de l'espèce comme l'indique le chercheur Quentin Rome : « Elles essayent de voler le nid qu’a commencé à préparer une autre et se bagarrent pour cela. C’est un système de régulation naturel : plus il y a de reines présentes, plus la mortalité est élevée, si l’on en piège certaines, on libère le terrain pour d’autres qui n’auront même pas à se battre. »
 
 Vespa Velutina
Alençon 10-10-2016

Vous l'avez compris, sur des dizaines de sites consultés dont pas mal d'officiels (départements, villes), je n'ai pu trouver que quelques pages abordant raisonnablement le problème d'un point de vue scientifique. En fait, j'ai été impressionné par le nombre et la violence des attaques contre le pauvre animal qui a contre lui les pouvoirs publics ainsi que diverses associations qui lui promettent mille maux et mille morts. Il ne reste plus qu'à créer un parti politique visant à la promotion de notre frelon bien français face à l'envahisseur asiatique (Je propose FN pour Frelon National vu que le sigle est à vendre...)
 
Plaisanterie mise à part, Vespa Velutina fait peur pour deux raisons : d'abord parce que c'est une bête qui pique (Hou j'ai peur !) mais surtout parce que c'est un migrant et que dans nos petites têtes, ce qui vient de loin est toujours plus inquiétant que ce qui est proche. N'ayons pas peur des mots, il s'agit de racisme entomologique et comme tout racisme, il se base sur l'ignorance, en l'occurrence de ce qu'est l'écologie, les mouvements de populations et les systèmes de répartition des espèces. Le monde vivant n'est jamais figé et on n'arrête pas une espèce en pleine expansion à moins de noyer le pays sous un nuage chimique. Malgré les nuisances parfois réelles, il est nécessaire de composer avec la nature en utilisant par exemple des muselières à ruches ou même en élevant de féroces poules.

Moi qui observe depuis longtemps les effets du réchauffement climatique dans mon jardin normand, je dois dire que les arrivées du frelon asiatique (Vespa velutina), de la guêpe potière espagnole (Delta Ungiculatum) ou de la jolie guêpe mexicaine (Isodontia Mexicana) m'enchantent au plus haut point car les insectes et les araignées m'ont appris depuis longtemps que la beauté se trouvait dans la diversité.

Isodontia Mexicana
Alençon 07-08-2016


Pour en savoir plus, l'excellent site Insectes.net (4 pages sur le frelon asiatique)
Un article très intéressant sur l'inutilité du piégeage : Terraeco
Un article de l'INRA sur l'impact des pièges.


Photos © Lutin d'Ecouves (sauf indiqué)
 
 
 





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COURS TOUJOURS épisode 7

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-03-2018 20:08:26 - 2 commentaires

Coaching


C'est finalement par hasard que je me suis mis à entraîner des coureurs. Au départ, ayant beaucoup reçu de mon ami Allain, je trouvai normal de partager et de transmettre. J'ai d'abord partagé un marathon avec ma chère épouse à Paris puis avec le grand Pascal qui n'en revenait pas de me voir parler durant 42 km dans la bonne ville de La Rochelle . Ce jour-là, j'ai d'ailleurs failli me faire lyncher par des coureurs exténués qui ne supportaient plus mes babillages et mes excentricités.
 
La première personne que j'ai vraiment entraînée de manière plus "scientifique", c'est moi-même, le jour où, ayant pris de l'âge, je songeai qu'il serait peut-être nécessaire que je me trouve des plans d'entraînement, ce qui fut fait sur le Net. A l'époque, je me débattais comme un beau diable pour rester en deçà de la barre de 3h30 au marathon. Constatant que cela marchait, j'affinais de plus en plus mes pratiques pour me maintenir tant bien que mal à la surface, l'âge m'entraînant cependant inexorablement vers le fond... Et plus je vieillissais, plus j'affinais histoire d'adoucir mon inévitable naufrage. Ça fait moins mal de tomber doucement.
 
Au bout d'un moment, les copains et les copines de course ne sachant pas toujours quoi faire, se mirent à m'imiter et ils découvrirent que des séances structurées les faisaient progresser. De fil en aiguille, à l'intérieur de mon groupe, je suis devenu le spécialiste ès entraînements qualité et ès marathon. Par expérience mais parfois aussi de manière empirique, j'ai développé mes techniques et découvert certaines choses bien utiles comme le Smecta ou la rotation des paires de chaussures.

Dans trois cas sur quatre, mes plans d'entraînement sont destinés à des femmes et même si j'ai bien sûr accompagné des amis hommes en compétition, je me retrouve souvent en compagnie de la gent féminine sur route, sur piste ou en forêt. 

Il ne faut pas s'y méprendre, même si je fais souvent le Guignol, je suis un mari honnête et le fait que les filles me choisissent comme entraîneur ne vient pas du fait que je ressemble à Alain de loin car il suffit de me regarder pour constater que je suis plus Robert que Redford. Je suis juste un gynécoach qui prête attention aux femmes que j'entraîne comme je l'ai toujours fait concernant les enfants dont je me suis occupé durant ma longue carrière d'instituteur.

Tout ce coaching représente pour moi une certaine charge psychologique mais aussi physique car j'accompagne souvent mes camarades à l'entraînement ainsi qu'en compétition. Les progrès et les résultats de mes "élèves" font certainement du bien à mon Ego de mâle ; d'une certaine manière, je réussis par procuration, mais chaque blessure et chaque contre-performance est une éraflure sur ma carrosserie déjà bien bosselée.


C'est en me promenant un jour dans des alpages que j'ai finalement réalisé ce qui me poussait à m'occuper ainsi des autres : j'ai une mentalité de chien de berger. D'ailleurs, j'ai des points communs avec le patou : je suis tenace, parfois brut de décoffrage et j'ai une grande gueule. Arrêtons-là la comparaison, les sportifs ne sont pas des moutons et je n'ai pas le corps couvert de poils, loin s'en faut.

Dans quelques années, je n'aurai plus les moyens de m'investir ainsi physiquement dans l'entraînement des autres et je ne me vois pas les diriger assis sur un banc, le sifflet au bec.
 
C'est progressivement que je passe la main. Katia, avec toute la rigueur qui la caractérise, écrit déjà ses plans d'entraînement qu'elle fait partager et elle commence à prendre en charge d'autres coureuses. Cathy avec qui j'ai couru maintes épreuves est toujours là ; pour mes soixante-dix ans, elle m'a fait une promesse : elle me préparera et m'accompagnera pour un marathon en 2026. Et le relais sera transmis...


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COURONS DANS UN CONGÉLATEUR

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-03-2018 19:52:40 - 4 commentaires

 28 février
 
P... de vent d'est ! Dimanche c'était supportable, il ne faisait que moins deux et le grand soleil nous consolait de deux mois de déluge et de gris. Ce matin, il fait moins huit et je me suis équipé en conséquence. Quand je sors de chez moi, j'ai l'impression de pénétrer dans un congélateur. J'ai mis une casquette pour protéger le sommet de mon crâne de plus en plus déserté par les cheveux ; un bonnet eût été plus adéquat mais j'ai l'air d'un nœud avec ce genre de couvre-chef et je ne dois pas avoir l'air d'un nœud quand je cours avec des copines, à fortiori avec Katia qui a toujours les yeux et les ongles faits, même à quatre heures du matin au départ d'un trail en pleine montagne. Au moins on peut faire notre séance, ce n'est pas comme il y a trois semaines* où il a fallu surseoir à l'entraînement sur piste pour cause d'enneigement.
 
Arrivé à la Fuie des Vignes, je me félicite d'avoir mis des gants. Les fossés de ce grand espace marécageux urbain sont couverts de glace, les nombreux oiseaux du lieu se font discrets en attendant des jours meilleurs. Comme à l'accoutumée, nous traversons Perseigne ce quartier qui fait peur aux bourgeois. Nous croisons des Africaines transies qui nous saluent et nous leur répondons. Les jardins familiaux sont déserts, la nature est en suspens. 

Surprise, nous ne sommes pas seuls en arrivant sur notre belle piste de 400m. Deux jeunes femmes s’y entraînent à un bon rythme ainsi que Joséphine qui fait des séries de fractionnés. Cette jeune "espoir" a décidé de s'attaquer à son record sur 10km et elle s'y donne à fond malgré le froid polaire... euh non, pas polaire car au même moment, il fait trois degrés au-dessus de zéro à Nuuk, la capitale du Groenland (J'ai vérifié). En tout cas Joséphine, c'est une fille qui en a... tout juste vingt ans et de la volonté à revendre et ce n'est pas la présence de phoques et d'ours blancs qui va la décourager.

Et c'est parti pour huit fois mille mètres plus deux cents mètres de récupération. Vingt-quatre tours de piste dont les trois-quarts effectués à la vitesse semi-marathon soit 12,5 km/h à 13 km/h. Dès le deuxième tour, je sens que Katia souffre. Je sens, je n'entends pas car elle ne se plaint jamais. Courir avec son asthme en hiver est bien souvent une torture pour elle. Quand ses poumons produisent un sifflement aigu, je sais que l'on a atteint les limites. Je me demande parfois si tout cela est bien raisonnable, je me demande aussi comment on peut ranger autant de pugnacité dans un mètre soixante-quatre. Peut-être vient-ce du fait d'avoir mis au monde quatre enfants et de les élever...

Pour avoir entraîné pas mal de femmes, je sais que leur légendaire endurance n'est pas physique, elles sont même désavantagées de par leur plus petite capacité pulmonaire sans parler du ratio poids/masse musculaire. Et pourtant...

Et pourtant, Katia a fini le Tour des Glaciers de la Vanoise là où j'échouais au 50ème km. Et pourtant, elle a bouclé les 100km de Millau en moins de douze heures. Et pourtant, elle a couru 151 km en 24 heures lors de la No Finish Line là où je n'ai pas pu dépasser 107 km l'année précédente.

Tout cela m'amène à plus d'humilité mais cela ne me coupe pas la parole. Sans vergogne, je fais des commentaires élogieux sur les fessiers féminins que nous côtoyons. Katia semble bien encaisser mes propos issus d'une ancestrale tradition de machos préhistoriques. Parfois je pense que je devrais avoir honte mais je me dis aussitôt que cesser de dire ce qui me passe par la tête serait le début d'un court chemin menant à l'hypocrisie.

Au bout d'une dizaine de tours, je m'aperçois que l'eau mentholée de ma gourde forme des petits glaçons malvenus par cette météo. Six, sept, huit fois mille mètres, nous finissons le dernier tour à un bon treize à l'heure. La température est remontée à moins cinq. C'est presque de la douceur. Il ne nous reste plus de 3,5km pour retourner à notre point de départ. Katia parle de ses enfants, quant à moi, je ne puis m'empêcher de m'extasier sur le bonheur d'être grand-père. Chaque génération a ses plaisirs...


Dans moins d'un mois, nous serons au départ du marathon de Bordeaux. Ces neuf semaines de préparation s'avèreront utiles. Ou pas... 

*Entraînement du 7 février



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COURS TOUJOURS épisode 6

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-02-2018 11:35:11 - 4 commentaires


Le groupe
 
 
J'eus été chauve, je ne sais pas si j'aurais persisté dans l'agitation des jambonneaux... Je courais péniblement depuis un an ou deux quand je changeai de coiffeur, le précédent ressemblant plus à un capilliculteur en tenue de cosmonaute qu'à un merlan de quartier, mon compte en banque s'en ressentait et je voulus retrouver un peu d’authenticité dans le ripage des douilles tout en épargnant mon larfeuille (fin de l'intermède argotique).
 
Chez le coiffeur, on cause et comme on ne peut pas trop tourner la tête, on s'intéresse à ce qui est devant soi, en l'occurrence des coupes, des médailles et autres certificats sur lesquels étaient écrits des mots hallucinants tels que marathon ou cent kilomètres (euh, à pied ???).
 
J'eus l’imprudence de dire : "Je cours un peu." et me vis répondre : "Venez donc courir avec nous dimanche à 10h00". J'avais mis le doigt de pied dans l'engrenage.

Allain, c'était le nom du coiffeur, me présenta à un petit groupe de personnes puis me confia au plus lent d'entre eux, le gentil Jean-Louis. En quelques années, je fis avec eux d'énormes progrès, le tout dans la décontraction la plus totale. A l'époque, la course ne se concevait qu'en short et t-shirt en coton, les "baskets" sur le bitume. Le groupe s'étoffa car, à l'instar des autres, j'y amenai mon épouse et diverses autres connaissances comme le Mustang qui jusqu'ici ne galopait point en troupeau.
 
La mode du trail surgissant, nous déménageâmes notre entraînement dominical en forêt d'Ecouves, ce qui attira encore plus de monde. A cette époque, on nous appelait "Les Cinglés" eu égard aux courses de plus en plus difficiles que nous effectuions puis, à l'occasion de l'ouverture de mon premier blog en 2007, je trouvai un terme plus adéquat : "Les Traileurs d'Écouves".
 
Au bout d'un moment, nous étions devenus un réseau dont le noyau dur était presque une famille qui voyait ses rangs se resserrer dès que l'un ou l'une avait un problème ou nous présentait un proche en difficulté qui était aussitôt intégré. J'ai vu des personnes reprendre pied, s'épanouir et même trouver l'amour dans ce groupe.
 
Beaucoup d'années ont passé et des dizaines de personnes ont intégré la bande puis l'ont quittée ou y sont restées. J'ai vu la nouvelle génération l'investir et s'investir. En permanence, nous sommes toujours une trentaine à arpenter Ecouves et à organiser diverses sorties dans toute la France y compris Outre-Mer.

Après l'effort, le réconfort. Ce sont des fleuves de bière qui ont coulé depuis vingt ans en notre QG de Radon. De onze à treize heures, chaque dimanche, c'est un joyeux foutoir au bar maintenant tenu par le jeune Clément qui ferme les yeux sur nos grandes gueules et nos chaussures sales.

Toute médaille, si brillante soit-elle, a un revers : dans un groupe de course à pied, tu dois courir pour exister. Je ne vois que rarement le gentil Jean-Louis qui m'avait si bien accueilli depuis le jour où son système circulatoire l'a trahi. Allain et les premiers membres du groupe dépassent maintenant la soixantaine et parmi les jeunes trentenaires ou quadragénaires qui galopent effrontément devant nous, certains ignorent tout de la longue histoire de la bande du coiffeur qui voulait faire courir sa ville d'Alençon.

C'est pourquoi à longueur de blog je narre, à longueur d'entraînement, je relate... jusqu'à ce que mes souvenirs s'évanouissent dans la brume hivernale de notre mère Écouves.


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ENTRE LE GRIS ET LE BLANC

Par Le Lutin d'Ecouves - 09-02-2018 21:04:05 - 5 commentaires

Parfois, je me demande si ce siècle n'est pas en train de nous transformer en lagopèdes frémissants et pusillanimes... Trois flocons sur la France et c'est la panique que relaient stupidement médias et réseaux sociaux. Rendez-vous compte, il neige en hiver ! Moi qui ai vécu en Franche-Comté et qui suis allé à l'école en marchant à côté de congères presque aussi hautes que moi, je me gausse, et pas seulement Carl Friedrich...
 
N'empêche, notre séance marche nordique du vendredi est annulée car la Loi avec un grand Hell nous interdit d'emmener du monde en forêt par vigilance orange. Quand c'est orange, on se range ; quand c'est rouge, personne ne bouge. Mais quelle vigie lance ce genre d'ânerie ? Eh bien puisque c'est orange, pas de quartier même si je dois avoir des pépins, s'il me reste encore un zeste d'énergie, je dois bien être encore capable de conduire sur la neige et ainsi profiter d'Ecouves en manteau d'hermine.
 
On voit encore la chaussée par endroit... mon épouse n'est pas toujours rassurée mais elle sait que je ne panique jamais sur neige. La conduite est pourtant simple : on oublie la pédale de frein et on pilote le véhicule comme un canoë. Arrivés au pied des Ragottières à moins de trois kilomètres d'Ecouves,  une surprise nous attend : un panneau "Route barrée". Un responsable tremblotant de la Préfecture a dû croire que le ciel lui tomberait sur la tête s'il ne prenait pas toutes les mesures nécessaires pour protéger sa carrière en émettant toutes les interdictions possibles, évitant par là-même de se voir accuser de négligence. 
 
On ne se refait pas, je franchis l'interdiction. Vu l'état de la route, je dois être le premier rebelle du matin, quel plaisir de rouler sur ce tapis onctueux ! Nous nous garons dans le blanc silence du Vignage. Bien équipés, bien au chaud, les lutins vont trottiner sur les virginales pentes de la mère Ecouves.
 
 
Le premier plaisir de la neige, c'est ce crissement ouaté, ce gémissement subtil de la matière vierge que l'on foule. Personne n'est passé depuis l'aurore et nos pas sont pionniers. Une gomme de lait a transformé nos si familiers sentiers en nouveaux territoires d'exploration. Nous renouons avec ce plaisir enfantin de la découverte d'un nouveau monde. Pour quelques heures encore, nous serons les premiers...

 
La lumière n'est pas favorable au photographe, nous allons cheminer entre le blanc du sol et le gris du ciel, peu de nuances mais suffisamment de sensations pour qui sait s'ouvrir et vivre dans les délectables interstices de l'instant. 
 

De Pierre-Chien à la Croix-Madame, ce n'est que montée sous une douce ondée liliale. Nous nous arrêtons de temps en temps pour écouter le silence, le vrai, celui qui laisse entendre le son duveteux de l'air égratigné par les cristaux de frimas.
 
 
La neige chafouine chiffonne nos sentiers et nous nous égarons parfois mais l'instinct des lutins nous remet à chaque fois dans le blanc des lieux. Voici la Croix-Madame plantée en hommage à Louise de Savoie alors qu'elle était l'épouse de Monsieur, futur Louis XVIII Comte de Provence et Duc d'Alençon. C'est fou comment un simple carrefour peut faire ainsi voyager...

 
Nous dévalons par la route en direction du Chêne au Verdier. La chaussée, vierge depuis cette nuit, déroule une parfaite piste de ski de 1500m de long que personne n'empruntera hélas. Faire du ski, vous n'y pensez pas ! Et si vous tombiez ? Heureusement que les routes d'accès sont interdites.
 
 
Du Verdier au Vignage, le chemin est plaisant par la falaise surplombant les douces collines d'Ecouves. Environ dix kilomètres seuls au monde et nous retrouvons bientôt la civilisation. Nos traces ont dû ouvrir la voie car deux autres véhicules accompagnent notre automobile au pied du Vignage. La fonte a débuté et la route a perdu sa douceur de coton. Au pied des Ragottières, c'est redevenu une bête route noire à peine tavelée de quelques souvenirs neigeux. Et pourtant, Big Brother a maintenu son interdiction : Route barrée, je vous dis ! Route barrée au rêve, à la douce illusion de l'enfance, au blanc des sentiments qui adoucit le gris de la vie. Heureusement que cette interdiction ne s'adresse qu'aux pauvres lapins trémulants mus par l'effroi distillé à cor et à cri par des écrans à cran. 

Forêt d'Ecouves, 9 février 2018

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COURS TOUJOURS épisode 5

Par Le Lutin d'Ecouves - 28-01-2018 20:49:43 - 4 commentaires


Le trail
 
 
C'est Allain qui me parla de cette nouvelle discipline qu'il connaissait depuis peu. Jusqu'ici, on n'organisait pas ce genre de course dans nos contrées normandes mais un gars qu'il avait connu en 1995 en courant le fameux trail des Templiers avait eu la folle idée d'en organiser un dans le bocage de la Suisse Normande. Nous nous attelâmes donc à courir cette formidable épreuve de 30 énormes kilomètres. Le caractère insensé d'un tel défi parvint bientôt aux oreilles du journal local qui fit un article sur le coiffeur et l'instituteur qui osaient s'attaquer à un tel challenge. Trop dingue !
 
Je ne fus pas déçu, parti à l'assaut des collines de la Vallée de la Vère comme on démarre une course sur route, je me calcinai en moins de 20 km et finis mon premier trail en claudiquant, les intestins en désordre. J'étais convaincu.

On était à la fin du siècle dernier et nous courions avec des t-shirts en coton, des baskets de route et des gourdes qui puaient le plastique.

Cela ne dura pas car les anges gardiens du marketing nous concoctèrent bien vite toute une gamme d'équipements qui vont bien, ce qui nous fit passer du statut de ploucs en short à celui de winners ultra équipés.

Dès les années 2000, le trail s'imposa comme une discipline majeure de la course à pied et l'inflation kilométrique commença... Moi qui étais fier de mon petit 30 km, j'en rabattis rapidement quand d'autres coureurs arborèrent des 60, 80, 100 km sans vergogne ni pudeur. En 2002, je courus les 65 km des Templiers à Nant, je finis dernier de notre groupe d'une dizaine de Normands, les jambes comme du béton et les genoux en compote. J'étais émerveillé.
 
Coureur à pied encore un peu tendre, j'avais fait la connaissance d'un monde aux multiples paramètres : dénivelée (plus douce au féminin), nature du terrain, balisage (aléatoire ou pas), autonomie alimentaire, barrière horaire, gestion de la douleur et de ces foutus intestins... Et puis, il y avait l'Esprit Trail.

Comment dire, l'Esprit Trail c'est quand tu as pris un dossard dans une course mais que c'est pas vraiment une compétition car tu dois d'abord courir contre ou plutôt avec toi-même mais aussi en communion avec la Nature que même que si tes copains ils t'ont poutré dans les grandes largeurs tu es quand même content car tu as tracé ta route, tracé ton chemin.

Le trail, tu vois, c'est une ascèse. Tu dois oublier tes pompes  Sales-au-Mont à 200 euros et ton ensemble T-shirt-cuissard  Compress Mesh-Skin à 180 euros. Tu ne dois plus penser à ton sac Kraméleback super Gros-Tex en polyphilé Hydrakon qui t'a coûté tellement cher que tu as été obligé de fêter ton anniversaire de mariage chez Flunch. Nan ! Même ton GPS Gamine à 500 euros n'a pas d'importance. Quand tu fais du trail, c'est comme si tu étais tout nu, tu dois sentir l'énergie tellurique monter en toi et t'ouvrir grand les sept chakras. Attention cependant de ne pas laisser s'ouvrir le huitième. A ce propos, je conseillerai la prise d'une bonne dose de Smecta avant le départ...

Cette métaphysique sportive du trail, ce dépassement de soi se retrouve aussi dans les Arts Martiaux, entre autres dans le kyūdō (la voie de l'arc) dont voici la définition : Le pratiquant recherche un mouvement parfait pour pouvoir transcender à la fois l'esprit et le corps. Le principe consiste à percer une feuille de papier servant de cible, avec un minimum de tension musculaire et un maximum d'énergie spirituelle (Wikipédia). C'est tout moi, ça, le mouvement parfait dans des chutes plus spectaculaires que dangereuses (merci le judo !), l'esprit et le corps transcendés de fatigue au point de ne plus savoir comment je m'appelle et tout ça avec un minimum de tension musculaire. Et je ne parle pas de l'état du corps caverneux !

Quand mes amis se mirent à arpenter les pentes du Mont-Blanc ou de la Réunion pour y courir des épreuves de 150 à 200 km, je compris que je n'étais pas dimensionné pour cela et je me contentai de trails n'excédant pas 80 km. C'est suffisant pour que je me fasse mal et que je vomisse tout mon quatre heures.

Trail du Camp de César 2010
(Merci à Françoise 84 et Badgone)


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