KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves
Le Lutin d'Ecouves

Aucune participation prévue dans les 8 semaines à venir.

Sa fiche

GR 34 2021 : Etapes 13 à 16

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-07-2021 15:47:36 - 5 commentaires

 


Etape 13 : 24 juin Yffiniac - Plérin (19,6 km - 331 m D+)

 

 
Un peu de repos... l'étape ne doit faire que seize petits kilomètres et un minimum de dénivelé. Nous sommes au fond de la baie et c'est tout plat. Il s'agit surtout de franchir le Gouët, c'est à dire de contourner St Brieuc par l'intérieur de la baie sans jamais entrer en ville. Plutôt sympa la balade et il fait beau ! 

 

Photo Josette

 

Juste avant le Gouët, nous visitons le Petit Monaco, un ensemble de cabanes datant pour certaines de la période du Front Populaire et construites un peu anarchiquement le long de la côte. Cette petite cité en bois (parfois sur pilotis ou constituée d'anciens wagons) a failli disparaître dans les années 2000 mais les autorités locales ont souhaité depuis leur accorder un statut juridique pour préserver le cachet populaire du quartier, ces petits cabanons ne coûtant que de 2500 à 8000 €, tarifs qui n'ont rien à voir avec ce qui se pratique ailleurs sur la côte. Nous restons dans l'ambiance en pénétrant dans le port du Légué où nous nous attablons à la terrasse d'un bar en compagnie d'ouvriers du chantier de réparation navale. L'ambiance n'est plus très touristique mais très sympa. Nous admirons au passage une immense mur couvert par les graffeurs locaux :

 

Photo Josette

 

Ne reste plus que la remontée du Gouët et nous arrivons bientôt à Plérin dans le quartier St Laurent mais avant, nous pique-niquons au soleil sur des rochers au bord de l'immense baie.

 

 

 L'hôtel est situé à côté des commerces, d'une laverie et d'un bar ; le quartier St Laurent est balnéaire et calme, il fait beau. Nous sirotons des bières pendant que le linge se fait. A l'heure dite, nous allons à notre rendez-vous avec le patron de l'hôtel-bar-tabac. Comme c'est son jour de congé, il vient de St Brieuc pour nous ouvrir. L'établissement semble avoir un petit côté vintage qui n'est pas pour nous déplaire...

 

Photo Josette

Ah oui, c'est bien imité ! On se croirait dans un roman de Simenon des années 50. Le type mal rasé sans masque ni aucune mesure covid nous fait monter un escalier qui n'a vu ni balai ni cire depuis des années. Il nous file une clé et se barre fissa. Nous entrons dans la chambre et nous sommes aussitôt assaillis par une forte odeur de cigarette, le ménage est plus que symbolique et les recoins sont recouverts d'une épaisse poussière grasse. Les toilettes sont sur le palier et , faute d'exploser, je suis contraint d'uriner dans les chiottes les plus crades que j'ai pu fréquenter depuis des décennies avec une mention spéciale pour le balai hygiénique (le mot n'est vraiment pas adapté) recouvert d'une substance collante grise et verdâtre, substance de type blob que l'on s'attend à voir s'animer pour se jeter sur le pauvre touriste afin de le phagocyter. Pendant ce temps, mon épouse se perd dans le couloir et rentre dans la chambre d'un clodo vachement bien imité qui est certainement là pour compléter le tableau. Ça y est, j'ai compris, on est sur le plateau du tournage de "Maigret et l'hôtel borgne" avec Bruno Cremer. Euh, ben non, Bruno Cremer il est mort. Et c'est nous qui le serons bientôt si on n'escampe pas de là. Google m'indique un Ibis à trois kilomètres à l'intérieur des terres, trois bornes que nous faisons en à peine une demi-heure malgré les sacs à dos... Carrément un Ibis Style avec des chambres qui coûtent le prix d'un rein et qui ont une vue imprenable sur les pompes à essence du Leclerc voisin. Pas grave, ils ont de la bière et de la bouffe à base de surgelé.

 

Etape 14 : 25 juin Plérin - St Quaix Portrieux (23,5 km - 672 m D+)

 

Y r'pleut ! Nous n'avons pas le choix, nous zappons la Pointe du Roselier pour rejoindre directement la plage des Rosaires. Le contraire nous eût porté l'étape à plus de 30 km, ce n'eût pas été raisonnable d'autant que le sentier en direction de Binic n'est pas des plus plats. Sous une pluie fine constante, nous attaquons la première partie du trajet bien pentue et rendue glissante par cette météo décidément bretonne. Nous croisons à plusieurs reprises les différentes classes d'une école qui a eu la bonne idée de faire sa sortie nature ce jour, ce qui me fait remémorer quelques voyages scolaires bien arrosés. 

 


 Nous cheminons quelques temps avec un randonneur, un ancien comme nous. Il discute un bon moment avec Josette qui lui fait un cours complet sur la tenue de bâton en marche nordique. A un arrêt, il est rejoint par son épouse et nous laissons le couple pour bientôt rejoindre Binic.



Le terrain est encore bien costaud et nous devons parfois descendre avec la prudence d'une hyène gravide. Une fois sur le port, nous avisons une crêperie dans laquelle nous nous restaurons à l'abri, bonne idée car la pluie se met à prendre des airs tropicaux. Une heure après, les précipitations redevenant modérées, nous prenons la direction de St Quaix.

 


Nous marchons dans une zone que je connais bien car j'y ai couru trois fois le trail Glazig en février. Qui a couru le Glazig et a survécu ne craint point la pluie et la boue. Cela dit, ils ont de satanées côtes dans le bled ! 

 


 Arrivés à St Quaix, nous trouvons une chambre d'hôtes non loin de l'île de la Comtesse, la propriétaire nous propose d'utiliser le spa mais nous déclinons l'offre ayant suffisamment vu d'eau pour la journée. Faisant exception à la règle de la bière, nous finissons la journée en consommant des tapas au Mojito puis au Ti Punch. Autant dire que la nuit fut calme.
 

 

Etape 15 : 26 juin St Quaix Portrieux - Plouha (21,9 km - 886 m D+)

 

Temps calme et légèrement humide en quittant St Quaix, c'est presque l'idéal pour des Lutins de la forêt d'Ecouves. Tant mieux car on va grimper sur les plus hautes falaises de Bretagne à Plouha (104 m). Grimper une centaine de mètres, ce n'est pas un problème mais grimper puis descendre puis grimper puis descendre et ainsi de suite... 

 


Après un café pris à Port Goret, le ton est donné. Ce ne sera pas l'étape la plus facile... En tout quatre bonnes heures de marche pour dépasser la pointe de Plouha, les falaises se font de plus en plus escarpées.

 

 

Une fois de plus la météo gribouille ne rend pas justice à la magnificence du paysage. Dans cette zone, nous rencontrons pas mal de monde, le terrain n'étant pas trop compliqué jusqu'à Gwin Zegal où les bateaux sont amarrés à des pieux, en fait des troncs d'arbres qu'il faut changer régulièrement. 

 

 

Ici, nous pique-niquons rapidement car la bruine se fait pluie... La remontée de la falaise est vraiment trop dure, nous profitons de la marée basse pour passer par l’estran jusqu'à Port Moguer et sa digue en granite rose, là la pente est plus douce.
 


Jusqu'à la plage Bonaparte, les choses restent simples mais quand nous dépassons ce haut lieu de la Résistance, le GR redevient sauvage, escarpé, encombré. La fin du parcours est très physique, surtout quand il faut quitter le GR pour rejoindre notre camping à partir de la pointe de la Tour. C'est plus de la chute à travers la végétation humide plutôt que de la descente.


Enfin, nous arrivons au camping pour intégrer un mobile-home pourvu de chauffage utile au séchage des affaires. Repas le soir à l'anse de Bréhec située à un kilomètre : fish and chips avec mojito puis bière bretonne, il fallait bien ça pour récupérer de cette étape humide et physique.
 
Etape 16 :  27 juin Plouha - Paimpol (18,5 km - 560 m D+)


Le beau temps revient pour cette dernière étape, l'Anse de Bréhec prend un air plus aimable quand nous la quittons. Le chemin sera court mais quand même assez physique comme qui dirait...

Photo Josette

Malheureusement, certaines falaises étant trop dangereuses, le GR nous fait passer plusieurs fois par la route. Une fois sur les hauteurs, nous pouvons entr'apercevoir la fin de notre périple au-delà de la pointe de Plouézec : l'anse de Paimpol et ses îles et plus au loin l'île de Bréhat si prisée des touristes.

 

Pique-nique avant d'aborder des parties plus plates de l'anse de Beauport dont nous visitons brièvement l'abbaye. Cette fin d’étape ressemble un peu à notre départ deux semaines plus tôt, nous retrouvons de grandes étendues marécageuses comme dans la baie du Mt St Michel. 
 
 


L'ambiance est plutôt calme. Nous sommes cependant hélés par une jeune fille accompagnée de son papa. Elle porte un maillot jaune et tient un vélo à la main, ils veulent que je les prenne en photo, ce que je fais aussitôt. Nous continuons en passant par une zone de loisirs avec piscine d'eau de mer et sable mais curieusement il n'y a personne, pourtant on est dimanche...


Nous arrivons au port de Paimpol en suivant la côte. Précédemment, nous ne voyions pas un chat mais maintenant, c'est la foule. Tout le quartier du port est blindé mais il y a assez de bars pour que nous trouvions une place à une terrasse. Nous optons pour caïpirinha et Calmars grillés, faut pas faiblir. Je demande à la plantureuse serveuse pourquoi la ville est aussi animée ce dimanche. "Ben, ils attendent le Tour de France." Ah oui, je savais bien que le Tour passait en Bretagne mais j'ignorais qu'il passait par Paimpol. Sur ce, on entend du barouf et nous voyons un long serpent multicolore se dérouler à une centaine de mètres de nous. En deux minutes c'est plié, la foule se disperse pour se jeter sur les dernières places en terrasse. Nous faisons une balade sur les quais et fixons par un cliché un point définitif sur notre aventure bretonne de 2021 :


L'appartement loué pour la nuit est plus que confortable, il ferait un bon point de départ pour une session 2022... Le retour en train du lendemain se fait tranquillement avec un gros arrêt à Guingamp. En fait quand je dis tranquillement, je manie la litote car en fin de parcours, notre rame mettra 2h35 pour effectuer les 50 derniers kilomètres entre Le Mans et Alençon c'est à dire à peine 20 km/h de moyenne. J'ai failli descendre pousser...

 


 

 

 

Voir les 5 commentaires

GR 34 2021 : Etapes 9 à 12

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-07-2021 15:21:51 - 4 commentaires


Etape 9 : 20 juin Plévenon - Pléhérel (21,8 km - 693 m D+)

 


 Pas terrible la météo mais toujours cette sensation de liberté qui n'a pas de prix. Après un petit déjeuner d'enfer au Petit Trécelin, nous retournons un moment dans les bois bien pentus pour déboucher sur la côte. Nous remontons le long de la Baie de la Fresnaye en direction du Fort La Latte, il s'agit de la partie la plus raide de notre étape et quand je dis raide, c'est une litote. 

 

 

A partir du Fort, nous entrons dans une zone plus touristique et aussi plus carrossable. Je connais bien la zone pour avoir couru trois fois le trail d'Erquy. Nous nous dirigeons vers le Cap Fréhel, haut lieu touristique de la région avec ses magnifiques grès roses et ses centaines d'oiseaux.


 

Malheureusement le temps bouché ne rend pas justice à ce site parmi les plus beaux de France. Presque quatre heures de marche, nous pique-niquons au Cap Fréhel avec la nourriture économisée grâce au repas non prévu la veille au soir. Nous gardons cependant un peu de pain et des sardines pour le soir car nous sommes depuis hier sur un parcours dépourvu de commerces.

 

 

 

La descente vers Pléhérel est moins difficile mais Josette a très mal au dos, et nous nous arrêtons un moment à la plage des Grèves d'en Bas tout près du bourg pour souffler un peu et regarder les surfeurs qui tentent vainement de chevaucher des vagues de 50 cm de haut. Une fois mon épouse retapée, nous grimpons au bourg pour aller boire une bière dans un trocson type années 60 bien sympa. L'hôtel fait plutôt pension de famille et la patronne qui est seule à le tenir est assez raide mais la prestation est correcte et le petit déjeuner pantagruélique. Juste un problème : nos voisins sont des sportifs comme nous, en beaucoup plus jeunes, et ils ont la bonne idée de se lever à 5h00 pour se mettre à trafeter jusqu'à leur départ vers 6h30. Bon, comme ça on partira plus vite.
 
Etape 10 : 21 juin Pléhérel-Erquy (20,8 km - 466 m D+)



Ce matin il fait beau et nous découvrons une splendide vue sur le Cap Fréhel au départ. Direction Erquy en passant par les Sables d'Or.


Comme c'est le jour de l'été, la Bretagne nous offre un répit et nous retrouvons les incroyables couleurs de ce magnifique pays. En fait, une fois arrivé aux Sables d'Or, Erquy n'est pas très loin sauf qu'il faut passer par les marais de l'Islet puis faire tout le tour du cap.
 

Nous nous économisons un peu de dénivelé en laissant le GR et en passant par la plage de Lanruen tout en admirant les falaises de ce fameux grès rose dont sont faites maintes maisons d'Erquy.


Bon, ben ce cap, il va bien falloir y grimper... et c'est raide avec le sac mais une fois en haut, on est sur du sentier à vaches Parisiens. Le tour du cap, nous connaissons mais on ne s'en lasse pas. Tous ces beaux cailloux, ça fait rêver mon épouse qui a l'âme géologique.


Il fait beau et même trop chaud pour des Normands, le cap a ce petit air méditerranéen que je lui connais pour l'avoir arpenté plusieurs fois. Nous avons pris notre temps et marchons depuis plus de cinq heures, nous descendons au port et nous attablons tout en commandant une bière et deux bruschettas. La vue est superbe mais... mais les couleurs changent subitement. De bleue, l'eau devient verte, je sors de la terrasse et fais vite une photo (sans trucage) :
 
 
Krabardaf ! L'orage arrive en quelques minutes, la parenthèse estivale se referme. il faut attendre un bon moment pour partir rejoindre la chambre d'hôtes qui se trouve encore à trois kilomètres. Trop bien la chambre, trop bien le site, trop gris le temps... Y'a de quoi se la prendre et se la mordre. On descend boire une nouvelle bière dans l'ancien bourg puis on se venge sur nos dernières provisions, va p'têt ben falloir trouver du manger demain.

Etape 11 : 22 juin Erquy - Planguenoual (23,5 km - 684 D+)


L'étape de la météo qui tape : cela va de la bruine à la pluie avec adjonction d'un vent force 7. Si tu n'y survis pas, la Bretagne n'est pas faite pour toi. Nous entamons la descente vers le fond de l'immense baie de St Brieuc. Arrivés à la plage de Caroual, le GR est détourné par un grand chantier qui empiète sur une bonne part de la plage. Devant les hautes barrières du chantier se trouve un vigile. Polis comme nous sommes, nous lui disons bonjour ; à ce moment, une voiture ralentit à son niveau, les gens baissent la vitre et se mettent à insulter le gars. Je l'interroge sur le peu d'aménité des locaux : "Oh, c'est comme ça toute la journée, ici c'est la station où arriveront les câbles des éoliennes prévues dans la baie, alors les gens nous insultent..." 


Le terrain est pentu et rendu glissant par une pluie modérée mais continue. On est autour de 12 à 13 degrés. Cerise sur le gâteau, les rafales de vent nous déséquilibrent régulièrement... et malgré cela nous trouvons le parcours d'une grande beauté, enfin quand la végétation nous le laisse entrevoir.


Oui, car le GR n'est pas trop usité dans le coin et il faut parfois écarter les fougères ronces et orties pour passer. Trop bien !


Le midi, après avoir gravement grimpé la pointe de Pléneuf, nous arrivons au Val-André et son immense plage grouillante de monde sauf que là, il y a juste nous qui nous grouillons pour trouver un coin au chaud pour manger. Au resto du casino, on nous accepte malgré nos sacs à dos dégoulinants et notre aspect visqueux. Un bon coup de bière avec un repas correct et pas trop cher, on va mieux. Mais nous ne sommes pas secs et quand nous ressortons, nous comprenons vite que si nous attendons l'ouverture de la supérette locale à 15 h, nous risquons de nous faire Miko. Nous trouvons un magasin tenu par une bourgeoise qui vend à prix d'or des cakes faits main et des quiches du même métal. Pour 15 euros, deux quiches individuelles et un morceau de cake... Ces produits de luxe s'avèreront surprenamment nourrissants, du genre lembas des elfes de la forêt. Finalement, la bourgeoise, c'était peut-être Galadriel...
 
 
Nous sommes attendus dans le chalet de Jean-Claude à Planguenoual mais avant, nous mangeons encore pas mal de dénivelé et de bruine en essayant d'apprécier le spectaculaire paysage de cette partie très sauvage de la côte. Une fois arrivés, Jean-Claude nous montre notre home fort spacieux pourvu d'une véranda qui se met à faire un drôle de bruit : la pluie qui avait été modérée jusqu'ici se met à tomber plus que dru. Jean-Claude nous a conseillé la Moulerie de la Baie à 1 km d'ici mais nous réalisons que cette distance sous une telle pluie allait nous transformer en serpillières périmées. Mieux vaut se déloquer et laver puis étendre tout ce qui est trempé. Heureusement, il y a du chauffage. Jean-Claude a déconnecté les fusibles des radiateurs mais moi, je ne suis pas né de la dernière bruine et nous finissons la soirée dans une douce ambiance de buanderie en mangeant du lembas.

Etape 12 : 23 juin Planguenoual - Yffiniac (22,4 km - 609 m D+)


Le temps est bien plus riant ce matin et le dénivelé se marre aussi pas mal... à notre détriment. Arrivés au niveau de Morieux, il faut contourner le Gouessant qui se jette dans la Baie et c'est une heure d'efforts sur des chemins à chèvres utilisés d'ailleurs par une station de trail locale. On comprend pourquoi...


Ouf, nous sommes allés jusqu'au barrage hydroélectrique et nous sommes enfin de retour sur la côte. Marre du dénivelé, nous descendons sur le sable en nous tenant à distance des algues vertes très présentes dans la baie.


Arrivés sur la plage de Bon-Abri, nous trouvons une importante exploitation mytilicole dans laquelle on a eu la bonne idée de construire une cabane à Moules-frites. Nous y sommes chaleureusement accueillis, ça tombe bien, nous n'avons plus rien à manger et pas la queue d'un commerce le long de la côte. De la moule fraîchement pêchée, des frites locales cuites à la graisse de bœuf et une nouvelle bière locale. Le bonheur, en quelque sorte...


Le tour de la pointe d'Hillion prend encore un bon bout de temps et nous mettons deux bonnes heures pour descendre dans le fond de la baie dont on se demande bien à quoi elle ressemblera quand elle sera plantée d'éoliennes dont la construction a été décidée par des technocrates urbains à l'écologie sélective...


Nous avons réservé une chambre dans un hôtel d'une grande chaîne à Yffiniac et c'est une bonne surprise, la zone pavillonnaire est aérée et presque agreste. Il y a de quoi faire les courses pour l'étape suivante, c'est parfait. Resto à l'hôtel le soir, du surgelé pas mal foutu et... de la bière. Il ne reste plus que la remontée de la partie ouest de la baie et notre périple sera bouclé. Eh bien, ça prendra encore quatre étapes et beaucoup de grimpette.
 
 

 

 

 

Voir les 4 commentaires

GR 34 2021 : Etapes 5 à 8

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-07-2021 15:58:57 - 5 commentaires

 

 

Etape 5 : 16 juin St Malo - St Briac sur Mer (23 km - 609 m D+) 

 


Il fait beau... plus pour longtemps. Quittant St Malo, nous franchissons le barrage de la Rance pour aller grimper vers Dinard. La progression se fait en grande partie en sous-bois. Le GR nous fait croire que nous sommes en pleine nature alors que la zone est densément peuplée.

 


La Pointe de la Vicomté nous offre une vue splendide sur la Baie du Prieuré. Il ne reste plus qu'à descendre vers la plage du Prieuré où nous prenons un café juste à côté d'une réunion professionnelle de femmes coaches spécialistes en formation. Les deux animatrices me font aussitôt penser à nos chères inspectrices et conseillères pédagogiques qui masquaient leur incapacité à enseigner par un vocabulaire ronflant, creux et émaillé d'anglicismes maladroits du type présentiel, distanciel, sécure ou relevant. J'ai vite envie de distribuer des baffes en présence mais je me tiens finalement à distance, c'est plus sûr et pertinent !

 

 
Nous entamons le long tour de Dinard sous les remparts, excellente surprise ! Le panorama est magnifique et souvent surprenant comme cette vue vers St Malo :

 


Las, le temps se couvre en quittant Dinard et la côte de St Lunaire se fait bien grise... Nous arrivons à St Briac où nous dormons chez une charmante comédienne qui chôme en Bretagne et finance son loyer en sous-louant une chambre de son petit logement aux touristes. C'est ça qui est chouette dans ce genre de vacances, on voit de tout. Nous mangeons le soir sur une plage proche d'un peu de pain et de sardines. Le mauvais temps qui se précise nous fait croire que nous sommes seuls en ce vaste lieu comme si le Monde nous appartenait... rêve de vieux adolescents.

 

Etape 6 : 17 juin St Briac sur Mer - St Cast le Guildo (22,4 km - 317 m D+)

 


Le petit déjeuner était compris dans le prix de la chambre mais je n'ai pas dû comprendre... 1/2 verre de jus d'orange pour deux et le pain qu'il faut décongeler soi-même.... Notre hôte ne s'est pas levée et nous n'avons pas pu la saluer. Il bruine, il pleuviasse, il brougniasse. A partir de ce jour, nous n'allons pas souffrir de la chaleur, c'est ça de gagné. Nous longeons un moment l'immense golf de St Briac et nous nous dirigeons vers le sentier des douaniers. St Briac est connu pour ses très belles villas accrochées au bord de mer, si bien accrochées que certains n'apprécient pas les va-nu-pieds. Il faut dire qu'ici il y du beau linge comme un ancien secrétaire d'état américain ou un ancien ministre de l'environnement et quand on se soucie de son environnement, on ne laisse pas n'importe qui s'y balader. Nous nous engageons cependant sur les sentiers côtiers dûment balisés par la municipalité.

 


Ah, zut, demi-tour ! Les riches font de la résistance dans le coin. Bon, on va faire un peu de route. Nous passons à Lancieux pour acheter un peu de nourriture et longeons la côte en direction des marais.

 


Au fond de la baie, le GR semble pris de folie et part à l'opposé. Nous avisons une route fermée à la circulation car inondable, bonne idée car j'estime que nous économisons environ 3 km qui nous faisaient passer en pleine campagne. Nous avons décidé de zapper la presqu'île de St Jacut car nous en avons déjà fait le tour lors du trail des Ebihens, de plus il est difficile de trouver un logement en ce lieu presque aussi chic que St Briac. Donc, en quelques kilomètres, nous arrivons au Guildo dont nous pouvons voir les imposantes ruines du château. Nous faisons un arrêt bière et nous consommons deux spécialités locales. Ce sera une constante : nous ne consommerons que des bières bretonnes en Bretagne.

 

Quelques bières locales qui firent notre bonheur

A peu de distance se trouve notre chambre d'hôtes. Là, nous sommes accueillis royalement dans une grosse maison bourgeoise. Petit balade dans le bourg du Guildo où mon épouse repère un monument singulier dédié à un célèbre enrhumé...

 

Photo Josette

 

Etape 7 : 18 juin St Cast le Guildo - St Cast le Guildo (9,7 km - 344 m D+)



Ben, il pleut. Le tour de St Cast étant vraiment trop long, nous avons décidé de faire une petite étape histoire de profiter de la plage l'après-midi. Nous avions même emporté les maillots de bain. En fait, pour les photos sexy, c'est cuit.

 

 

En plus, malgré la petite distance, on prend cher au niveau grimpette. Heureusement que je n'avais pas programmé le tour complet.

 


Après en avoir bavé jusqu'à la pointe du Bay, nous arrivons à la plage de Pen Guen pour rejoindre le camping du même nom. La plage est immense et a un air de chabadabada, toi et moi oua badabada, encore un fois... mais mon épouse ne veut pas qu'on s'attarde à courir comme des chiens fous les cheveux dans le vent. Va comprendre. On a quand même pris une bière au bar de la plage où nous étions les seuls clients puis nous sommes allés au camping. Chouette, le "Mobile home" a le chauffage ! Re-chouette, il y a une laverie avec séchoir !

 

Etape 8 : 19 juin St Cast le Guildo - Plévenon (26,3 km - 690 m D+)

 

 

 En plus, il fait froid mais une fois la partie ouest de St Cast abordée, nous arrivons dans des lieux particulièrement sauvages et escarpés. Passée la pointe du Châtelet, nous apercevons une plage bienvenue pour pique-niquer de quelques victuailles étiques et rares car il n'y a aucun moyen de trouver à manger sur des kilomètres et nous avons omis de réserver à manger à l'hôtel du Petit Trécelin, il faut donc en garder pour ce soir...

 

 En regardant vers le sud, nous pouvons nous faire une idée du chemin qu'il reste à faire pour arriver au fond de la baie de la Fresnaye d'autant plus que nombre d'obstacles nous attendent comme le contour du Moulin de la Mer qui, heureusement est à marée basse. 
 

Un peu d'acrobatie en se mouillant à peine les pieds et nous économisons bien un ou deux km sur le GR. Arrivés au fond de la baie, nous coupons par la route pour remonter au nord, ça ira comme ça...
 

Le terrain devient campagnard puis sylvestre... le GR que nous reprenons nous fait passer par une forêt marécageuse digne de "La créature du Lac Noir". Ça glougloute partout, nous marchons dans la boue et ça monte, ça monte... jusqu'à ce nous arrivions au petit Trécelin. L'hôtel est carrément bien, les chambres sont des petits appartements séparés avec chauffage et le patron est très très sympa. Il connaît bien les randonneurs car il gère un des rares hébergements sur le chemin qui mène au cap Fréhel. C'est un ancien joueur de rugby de niveau national et nous sympathisons en buvant la bière. Un orage arrive et nous sommes heureux de n'avoir eu que de la pluie fine depuis le départ. Nous sommes littéralement crevés par cette étape. "D'autres ont renoncé, nous dit le patron, les gens ne se rendent pas compte de la difficulté du terrain et il y a des annulations, surtout par cette météo... au fait, un couple vient de décommander, ça vous intéresserait de manger ?" Tu parles Charles on ne demande même pas ce qu'il y a au menu, nous finissons la soirée devant un bon repas. A la bière de 18h, nous ajoutons ainsi un kir breton puis un verre de blanc. Dehors, il se met à tomber des cordes. Je crois qu'une fois retournés dans la chambre, nous avons regardé Arsène Lupin avec Georges Décrières et Marthe Keller mais je ne me souviens plus trop de la fin...

 

 

Voir les 5 commentaires

GR 34 2021 : Etapes 1 à 4

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-07-2021 18:34:41 - 5 commentaires

 

 


Après avoir bouclé le tour du Cotentin en 2019 et fait une pose covidéenne en 2020, nous voilà repartis pour seize nouvelles étapes cette fois-ci sur le GR 34 (Mt St Michel - St Nazaire) qui frise les 1800 km. Il s'agit cette année de parcourir les 346 premiers kilomètres. A ce rythme, j'aurai passé les 70 ans quand je serai arrivé au bout du monstre... Accompagné bien sûr de ma chère épouse Josette et arnaché comme elle d'un sac à dos de 10 kg (avec eau et nourriture), je démarre une rando bretonne tant par la météo que par la difficulté surprenante du terrain puisqu'en 16 jours, nous totaliserons un dénivelé de 8 494 m. Merci à Josette pour ses notes qui facilitent grandement la rédaction de ce billet et des trois autres à venir.


 


 Etape 1 : 12 juin  Le Mont Saint Michel - Le Vivier sur Mer (21,9 km - 86 m D+)


Les temps est gris et ce ne sera pas la dernière fois. Pour les organismes, c'est bénéfique mais pour les photos, c'est moins fun. Le terrain est plaaaat ! Des herbus, des moutons, des prés salés... cette première étape n'est pas spectaculaire mais nous sommes comme seuls au Monde et ça nous convient parfaitement.



A l'approche du Vivier sur Mer, le temps devient plus dégagé en partie grâce au vent qui y souffle fréquemment. Ici, on est au pays des chars à voile et des moules de la Baie, certainement les meilleures de France.


Nous prenons la chambre réservée aux prolos de l'hôtel trois étoiles, ça nous suffit. Par contre, le repas du soir est vraiment trois étoiles avec un vin blanc alsacien de toute beauté. Le patron très sympa nous met en contact avec le producteur qui nous envoie ses tarifs dès le lendemain.


Le temps d'arriver au bout de l'étape, la Manche s'est fait la malle. La balade du soir est courte, nous avons vraiment mal à la plante des pieds, peu habituée qu'elle est à la surcharge de 10 kg. Cela va s'estomper avec le temps. En ce qui concerne le dénivelé, nous avons mangé notre pain blanc.


Etape 2 : 13 juin Le Vivier sur Mer - Cancale (21,1 km - 349 m D+)

 


Il fait très beau, profitons-en ! Lors de cette étape, nous verrons en permanence à la fois le Mont Saint Michel et le rocher de Cancale. Tant que nous sommes dans le fond de la Baie, le dénivelé est plus que raisonnable et puis au bout d'un moment, ça commence à grimper.


 
Après un pique-nique bien sympa dans la baie de Radegonde, nous partons vers Cancale sous un soleil de plus en plus présent, espérant trouver à manger quelque part pour le soir car, véhiculant en permanence deux à trois litres d'eau, nous ne pouvons pas transporter beaucoup de nourriture et en plus, on est dimanche. Ben, ce jour-là c'est la folie, on vient de déconfiner les restos et, sur le port, tous les restos et autres baraques à bouffe sont pris d'assaut, pire : devant chacun il y a une file d'attente de 15 à 20 personnes. On sent une grande tension comme si la ville était prise de frénésie. Après ces longs kilomètres parcourus dans le calme, nous flippons... On s'achète des paninis dans une baraque à frites pas trop envahie et nous continuons sur le GR. Notre hébergement se trouve au nord de la ville et il faut sérieusement grimper pour s'y rendre. Après un hôtel trois étoiles, nous dormons ce soir dans l'auberge de jeunesse de Cancale. Vous avez bien lu. Dans cet établissement pouvant contenir 60 personnes, nous sommes une petite dizaine... que des vieux randonneurs. Le confort est très simple et les toilettes dans le couloir mais nous y sommes seuls dans ce couloir. La jeunette qui nous a accueillis est très sympa et fort gironde et il y a de la bière bretonne. Nous pique-niquons sur les tables au pied de l'auberge en observant le ballet des bateaux à l'embarquement et au débarquement qui ne s'arrêtera que le soir et reprendra au matin.



Situé à Port Picain en pleine nature, l'endroit est magnifique. Nous savourons la soirée avant d'aller nous écrouler dans notre chambre. Les organismes n'ont pas encore trouvé leur rythme de croisière.

Etape 3 : 14 juin Cancale - Rothéneuf (26,1 km - 721 m D+)
 

Les deux barquettes de poulet - risotto congelé dans le sac feront office de repas, nous nous dirigeons vers la pointe du Grouin où le café est à deux roros... Le paysage est magnifique, le temps aussi et le dénivelé bien costaud car si nous sommes habitués à grimper en montagne, ce n'est pas avec des sacs aussi lourds. 

 

Après la pointe, c'est une série de falaises et de très belles plages avec même des gens tout nus qui jouent au volley. Dans l'anse Du Guesclin se trouve l'île du même nom. Une pancarte nous informe qu'elle fut aussi la propriété de Léo Ferré comme quoi, être un chanteur anarchiste, ça rapporte des thunes !


Notre progression côtière finit par être coupée par le havre de Rothéneuf qu'il faut contourner par des sentiers agricoles peu fréquentés et donc peu entretenus. Nous arrivons finalement dans le quartier St Vincent en pleine cambrousse mais où les lotissements poussent comme de la mauvaise herbe. Ça sent le boom immobilier de bord de mer, c'est pas pour les traîne-savates ces baraques. De gentils cadres trentenaires nous louent une cabane de 9 m carrés située dans leur jardin. Très petite mais très fonctionnelle. Heureusement, j'ai eu le temps d'acheter du rosé à l'épicerie du bourg.

Etape 4 : 15 juin Rothéneuf - St Malo (20,7 km - 402 m D+)

 


Depuis hier, nous sommes dans l'agglomération de St Malo. L'entrée dans la baie est magnifique et ça sent le fric à plein nez. Au bout d'un moment, nous arrivons en ville et nous allons y rester.


On ne va pas se gêner, nous nous trouvons un resto pas trop cher et ensuite nous contournons la vieille ville par les remparts pour plonger dans l'estuaire de la Rance. 


 Allant vers le sud, loin des grandes plages et des commerces à touristes, nous trouvons des quartiers plus populaires et surtout plus calmes. Nous bénéficions d'un appartement complet près du parc de la Briantais. Ça change de la cabane d'hier !

 




 

Voir les 5 commentaires

Les Trailers d'Ecouves à Crozon

Par Le Lutin d'Ecouves - 31-05-2021 18:27:42 - Aucun commentaire

 

En Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour. Heureusement car pour ce OFF, on a couru 9h00 en ce dimanche de Pentecôte !

Le Récit ICI

 

 



BIP BIP !

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-05-2021 15:19:24 - 3 commentaires

 

Restrictions covidéennes obligent, le fameux entraînement à 19h30 sur piste du jeudi soir avec un tas de filles magnifiques et d'autres individus nonobstant sympathiques mais pourvus d'attributs nettement moins gracieux, le fameux entraînement, dis-je, est suspendu et ça n'a rien à voir avec des pratiques innommables  effectuées autrefois sur des condamnés à mort.

Non, c'est la faute au couvre-feu qui jusqu'ici débutait à 19 h, nous empêchant de nous réunir, nous transformant par là-même en gallinacés tout juste bons à se coucher au crépuscule ou bien à enfiler des séries sur Netflix à défaut d'autre chose.

Ce groupe du jeudi, je l'ai créé il y a presque dix ans ; à l'époque, il s'agissait de faire profiter de mes fractionnés à Cathy puis vint Katia, Jannick, Carole, Laurence, Françoise, Sandrine,  Stéphanie, Patricia, et encore Sandrine, Béatrice, Magali, Maliama et Laetitia mais aussi quelques garçons très gentils mais beaucoup moins beaux. Été comme hiver, le groupe a évolué et perduré jusqu'à ce que le coronavirus mette le boxon dans nos existences.

Ben, ça nous grattait à l'instar d'un prurit eczémateux depuis des semaines et, quand certaines filles m'ont demandé si des fois c'était pas possible que peut-être je pouvais être éventuellement disponible pour courir à 17h, j'ai sauté sur l'occasion comme la misère sur le pauvre monde. Et des deux pieds mon cousin !

Moi qui enchaînais les séries tout seul depuis des mois, j'ai retrouvé le plaisir du rendez-vous ainsi que celui de bavasser durant les quatre kilomètres nécessaires pour se rendre sur l'anneau de la Plaine des Sports sans compter l’ineffable félicité de cheminer avec de merveilleuses créatures qui tolèrent ma présence et ne me jettent pas de pierres alors qu'elles ont entre 20 et 30 ans de moins que moi. Comme quoi les jeunes générations sont tolérantes.

Ce jour, à 17h se présentent Magali, Sandrine et son Jéjé ainsi qu'Eric qui a la particularité d'avoir mon âge et ma taille mais qui pèse cinq kilos de moins que moi ce qui lui permet d'avoir l'impudence de finir tous ses cross devant moi, ce qui est une honte, il faut bien l'avouer.

Quatre petits kilomètres sous un ciel changeant, je leur promets du temps sec durant l'intégralité de la séance. Évidemment, il se met à pleuvoir en arrivant.

A part nous, il n'y a pas grand monde, juste de rares bellâtres qui font quelques pompes, quelques tractions puis passent de longues minutes à clabauder ou à consulter leur smartphone d'un air pénétré.

Nous, on est là pour courir mais depuis l'arrivée de Béa et Mag, les deux Roadrunners, on est plutôt là pour se défoncer. Avant je montrais ce qu'était courir aux filles, maintenant ce sont elles qui me font baver des ronds de chapeau.



Trois séries de 500 (200), 300(100) et 200(100). Boum ! Jéjé part comme une fusée et me laisse avec Sandrine et Magali emmenées par Eric. Je me dis que Béa n'étant pas là, les filles ne vont pas jouer au Bip Bip... Que nenni, dès les premiers 500 m, je suis décollé comme un vieux chewing-gum desséché peut l'être d'une sandale. Salement !

Première série, je me contente de suivre mes camarades à distance, allant plus vite sur les phases de récup pour les rattraper et faire illusion. Deuxième série identique, alors qu'ils frisent constamment le 18 km/h, je monte péniblement à 16 en ahanant comme un damné.

Et puis la troisième série. Les 500 m se passent comme les autres mais lors des 300 m, je colle à Sandrine qui m'emmène à 17 à l'heure. Autant dire que je suis en anaérobie. Et puis... est-ce un retour hormonal de ma part ou un coup de folie : le Lutin-Démon se réveille de sa longue hibernation et je pars comme un fou, visant le râble étique d'Eric qui prend la poudre d'escampette marri qu'il est de devoir se sortir les tripes pour éviter l'insupportable humiliation d'être passé par un vieillard de son âge censé lui rendre moult longueurs comme il se doit. 

Pour ce dernier 200 m, nous laissons les filles derrière nous et franchissons la ligne à plus de 20 à l'heure. Je n'en reviens pas !

Pour une fois, le Coyote est arrivé avant les Bip Bip ! Je ne suis pas raisonnable. Je sens que je vais payer ça demain matin pour ma sortie trail en forêt... mais pour le moment, dopé à l'oxygène, je repars le cœur et les jambes légers, heureux de ce moment de convivialité dynamique. 

 

La semaine prochaine, le couvre-feu passe à 21 h et le jeudi, nous allons pouvoir derechef agiter les jambons en groupe et repeindre le monde avec de plus amples couleurs. Trop bien !



Voir les 3 commentaires

J'AI MON BAC !

Par Le Lutin d'Ecouves - 28-04-2021 19:46:35 - 8 commentaires


2 juillet 1976


Ce matin il faisait 23 degrés au lever du soleil mais on frise les 30 à huit heures ; j'attends dans un couloir du lycée Alain qu'on veuille bien me rattraper par le col du paletot...

Rattrapage qu'il s'appelle cet oral. L'année dernière, ma moyenne abyssale m'avait permis d'y échapper et j'avais remis le couvert en Terminale à vingt ans faute de faire autre chose. Le redoublement, je connais bien, c'est la troisième fois que je m'y mets et je suis presque devenu un expert. Mon âge et mon look à la Led Zeppelin m'ont attiré le respect des autres lycéens ; l'année s'est bien passée sans fatigue excessive, je n'ai rien fait et je suis moi-même étonné de me retrouver là avec pile huit sur vingt de moyenne. Il y a un gros tas de points à rattraper pour aller à dix, je n'ai rien préparé ni révisé...

Ah si, j'ai révisé mon look et je me suis sérieusement fait raccourcir les douilles par le coiffeur de la place Lancrel. Le type, il n'osait pas vraiment tailler dans mes anglaises mais j'ai insisté. Je suis ainsi passé de Led Zeppelin aux Beatles. Un truc comme ça peut emporter le morceau. J'ai déjà l'intuition que l'aspect et la tchatche comptent autant que la compétence en relations publiques.

Et puis j'ai relu le seul cours dans lequel j'ai pris des notes. Le prof d'Histoire-Géo, les filles l'appellent "Cochonnet" non parce qu'il a un comportement inapproprié, que nenni, mais à cause de son physique peu avantageux et de son nez retroussé. Le type a appris à se faire respecter et même des velléitaires comme moi prennent des notes vu que dans ce cours, c'est obligatoire. Ajoutez à cela qu'il a un sens de la clarté et de la concision qui font qu'en deux heures, j'ai pu digérer une année de cours sans difficultés. Un bon prof, quoi.

A cette époque, les scientifiques du Bac D dans lequel je m'étais égaré ne passaient l'Histoire-Géo qu'au rattrapage. Donc les bons n'avaient pas besoin de savoir que Tegucigalpa est la capitale du Honduras et que Franklin Roosevelt est à l'origine du New-Deal. Résultat, ils seront toute leur vie des daubes au jeu des mille Francs Euros.

Arrivé dans la première salle, je tire deux sujets et attends mon tour. Face à l’examinateur, je n'ai pas besoin de lire de notes, la géographie de l'URSS et justement Roosevelt : je recrache le cours hyper concis de mon prof en quelques minutes. "C'est tout ?" qu'il me dit le monsieur, "Ben c'est le cours de mon prof". "Je reconnais bien le cours de Mr M..., Dix-sept sur vingt ça vous va ?"

Tu parles Charles, ça me fait 34 points, il ne me reste plus qu'à gratter le dessus de la croute du fromage et sur un malentendu, j'ai mon bac. Après tout, les funambules ne tombent pas toujours...

La physique... je n'ai jamais dépassé le cours sur le mouvement uniforme et je n'y comprends pas grand chose. Heureusement, la chimie rattrape un peu le coup, je fais presque illusion. Passons à la physique proprement dite, le prof me propose un sujet du programme du premier trimestre, je rame, je rame et il me rajoute un point. Coeff 4, c'est toujours ça. Merci monsieur.

Dernière salle, le prof de math est à l'article de la... retraite. Le langage mathématique m'est subitement devenu abscons et même abstrus dès le début de la classe de Première. J'ai toujours préféré écrire des articles pour le journal du lycée ou adapter des pièces de théâtre en version trash (mon meilleur succès : Phèdre transposée dans le milieu de la prostitution) mais voilà, les sections scientifiques sont le dessus du panier et je me suis bêtement accroché à l'anse. Résultat : une Première et deux Terminales dans le brouillard. Le prof donc, il est bien sympa et sa longue expérience lui fait aussitôt comprendre que je n'y pipe pas grand chose à ses hiéroglyphes. C'est un bon pédagogue et il me fait une démonstration à laquelle je comprends effectivement quelque chose. Ça doit lui faire plaisir, il se note lui-même en me notant. Onze, c'est la première fois que j'ai la moyenne en maths en deux ans. Six énormes points de plus, coeff 4, c'est le Banco !

Comme je n'ai pas vraiment fait de calcul précis, je ne sais pas encore si j'ai vaincu la Bête mais je suis soulagé.

Midi, on approche des 35 degrés. Je mange seul car Maman est partie en Corse avec son copain. Je l'ai rassurée :"Ne t'inquiète pas pour le Bac, je n'ai aucune chance de l'avoir, l'affaire est pliée". Elle n'aura le résultat qu'en rentrant de vacances, à l'époque pas de téléphone portable ou d'Internet, même pas de Minitel c'est dire !

J'ai un rendez-vous à 14h : je dois passer la conduite pour mon Permis. Je monte dans le véhicule totalement détendu. Mon absence de trac me permet d'avoir tout bon et je réussis même mon créneau du premier coup. Je ressors avec le sésame à la main. Trop bien !

J'annonce ça à ma copine Josette quand elle sort du boulot à l'hôpital où elle va bosser tout l'été pendant que je vais glander faute d'avoir cherché un job. Elle, elle est déjà étudiante. Trop facile quand tu as eu ton bac à 17 ans ! Nous allons chez moi puis à l'heure dite au lycée pour l'affichage des résultats. 

C'est mon nom, pas de doute. Au bout de six ans de primaire, cinq ans de collège et quatre ans de lycée, j'ai enfin mon Bac ! Comme je n'avais pas prévu cette éventualité, je ne me suis inscrit nulle part. On verra bien, pour le moment, on fête cela. Je contacte ma sœur et mon ami Daniel, on se bricole une salade sur la pelouse et on tape dans la cave de Maman. Le champagne coule vraiment à flots, ce n'est pas tous les jours qu'on obtient son Permis de Conduire et son Baccalauréat en quelques heures.

A minuit, il fait encore trente degrés, on n'a pas trop l'habitude de cela en Normandie... Les bouteilles jonchent la pelouse jaunie. Je suis un peu nauséeux. Je ne vais pas tarder à vomir sur la descente de lit peu de temps après m'être couché. 

Ce deux juillet 1976, j'entre dans ma vie d'adulte sans savoir ce que je ferai en septembre. Je ne suis pas du genre à me mettre la rate au court-bouillon, alea jacta est !



 

 

Voir les 8 commentaires

ENCORE EN VILLE AVEC TONTON GILLES

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-03-2021 19:46:36 - 5 commentaires

S'il est une silhouette bien connue dans la ville d'Alençon, c'est bien l'homme au chapeau, infatigable et quotidien photographe de notre bonne cité normande et nonobstant à taille humaine. De mes nombreuses promenades et pérégrinations photographiques en sa compagnie, j'ai appris à avoir un regard neuf sur les choses et les personnes. Bien sûr, en tant qu'instructeur bénévole au sein du Club Photo d'Alençon, il m'a apporté les bases nécessaires de son art, techniques que j’applique à mon style et surtout à mes appareils qui ont la particularité d'être de petite taille (hybride ou compact). 

Comme je lui sers régulièrement de modèle pour ses photos de rue (Voir son Flickr), il me rend souvent la pareille (photo 😉). Si j'ai en général un style à moi quand je photographie la nature (Voir mon Flickr), en la présence de Tonton Gilles, j'ai tendance à imiter son style très urbain tout en conservant mes petites manies comme le contre-jour. Je vous propose ainsi une sélection de quatorze portraits pris entre 2017 et 2021 de mon peintre de lumière préféré, portraits d'un homme mais aussi de notre chère cité alençonnaise.

Halle au Blé 2017  
 
Gérer ou animer une exposition photo avec le brouhaha et les sollicitations continuelles, Tonton Gilles préfère s'isoler un moment pour récupérer. Le bâtiment circulaire au toit verre et acier réalisé par un élève d'Eiffel possède une coursive qui en fait le tour. Calme, dépouillement et monochrome...

Rue aux Sieurs 2017

 Le monochrome est ici justifié par une météo grise dure aux couleurs. Il pleut et les passants sont rares dans cette rue commerçante. Un photographe qui photographie un photographe, ça a un petit air de certaines boîtes à camembert. Je ne me retourne pas mais j'ai l'impression que quelqu'un me prend en photo.

Champ Perrier 2018

Quand je suis avec Tonton Gilles, j'ai tendance à privilégier le monochrome, ce qui ne m'empêche pas de céder à ma manie du contre-jour. Pour obtenir des rayons comme ceux-ci, il me faut ouvrir à f/22. Cette boule de Noël par cette belle journée d'octobre ne laisse pas d'intriguer. 

Arboretum 2018  

Cette photo est peut-être ma préférée et d'ailleurs, une version légèrement plus sombre se trouve dans ma rétrospective 2018. Avec cette lumière, il est impossible de faire ce genre de photo à main levée a fortiori avec un petit compact Sony. Il s'agit de ma première expérience avec un trépied. Comme je ne voulais pas trop dépenser, j'avais acheté un minuscule trépied chez Lidl ; celui-ci était très instable et j'ai eu beaucoup de mal à faire les réglages dans cette lumière de décembre. Après avoir mis le retardateur, j'ai fait un cliché à 1/3 de seconde et la magie a opéré. Pour moi qui suis un lecteur de Simenon, ce portrait de dos me fera toujours penser aux descriptions de la silhouette de Maigret méditant dans la brume au bord d'un canal, même si en l'occurrence il s'agit de la rivière Sarthe.

Rue de Fresnay 2018

L'exercice du jour consiste à effectuer des clichés en pose longue pour saisir les traînées lumineuses des véhicules. Le trépied est obligatoire pour cette pose de 5 secondes. Mes photos de traînées ne sont pas satisfaisantes seule celle-ci, habitée par l'homme au chapeau à l'heure bleue possède assez de poésie pour être conservée.

Cour carrée de la Dentelle 2019

Ici, la pose est aussi de 5 secondes mais Tonton Gilles enveloppé dans une cape n'en passe que trois devant l'objectif puis se cache, ce qui génère cet effet de transparence spectrale.

Champ Perrier 2019

La même boule de Noël qu'en 2018 mais un 22 décembre... Ombre et lumière, heure bleue et grande profondeur de champ pour 6 secondes de pose effaçant les promeneurs. L'immobilité est donc requise pour mon modèle.

Parc Simone Veil 2020

Fin 2019 ouvre un nouveau parc dans l'enceinte de l'ancienne prison sise dans ce qui restait de la forteresse du Moyen-Age. Une réussite de pierre et de métal, nous y retournerons souvent pour y effectuer maints clichés. Dans celui-ci datant de juin 2020, le noir et blanc partiel accentue le côté minéral du lieu.
 
Parc Simone Veil 2020

Deux mois plus tard, j'effectue au même endroit ce qui pourrait bien être le portrait officiel de la prochaine expo de celui qui se nomme lui-même le "foutographe". Le travail sur le reflet est d'ailleurs typique de son style, je n'ai fait que copier.
 
Parc Simone Veil 2020
 
Il fait parfois très beau fin octobre. Le soleil se couche face à la coursive en acier Corten menant au jardin expérimental. je ne peux résister à ce contre-jour, Tonton Gilles y met de la vie à ma demande.
 
Rue de la Juiverie 2020
 
Ça faisait longtemps que j'avais repéré cet arbuste au pied d'un immeuble mais je n'avais jamais trouvé le bon cadrage et je n'avais jamais trouvé le bon moment. En fait, il ne fallait pas chercher à en faire le sujet de ma photo. Il fallait oser, j'ai donc mis 2/3 de l'arbuste, 2/3 du banc et 3/3 de la fenêtre. A tout cela j'ai ajouté 1/1 de Tonton Gilles pour habiller mon propos qui eût été trop sec s'il était demeuré mathématique.
 
Halle au Blé 2020
 
Du pur Tonton Gilles honteusement plagié par le Lutin... Il s'agissait de faire une photo qui servira plus tard d'affiche à l'exposition des clubs photo de la communauté urbaine. Je servis donc de modèle et Tonton Gilles en fit une version pour le moins renversante... Il me servit ensuite de modèle. La lumière était magnifique en ce jour de Noël dans Alençon désertée par ses habitants encore occupés à digérer la dinde ou le chapon.
 
Pont Neuf 2021
 
Le contre-jour n'a pas besoin d'être éclatant. En ce jour de février, le ciel offre cinquante nuances de gris mais aussi sublime le noir. Tonton Gilles m'offre sa silhouette sur cette photo à la perspective écrasée par le zoom.

Parc Simone Veil 2021

Un dernier contre-jour face aux monumentales portes en acier Corten du parc Simone Veil. Le compact utilisé n'ouvre qu'à f/8 mais j'ai quand même de beaux rayons. Comme pourrait dire ce calembourgeois décalé de Gilles : cette photo, il fallait la flare !

 
Merci à Tonton Gilles pour m'avoir servi de modèle, merci à Alençon pour sa douceur et sa modeste splendeur.


 


 

Voir les 5 commentaires

CORONENTRAÎNEMENT

Par Le Lutin d'Ecouves - 12-03-2021 19:27:35 - 7 commentaires

En ces temps viraux 😷, il faut trouver des moyens pour se motiver à courir comme s'inscrire à des compétitions qui n'auront pas lieu. Je me suis donc inscrit :

A Alençon-Médavy en mars Raté !
Au marathon de Cheverny en avril Encore raté !
Au Trail du Périgord en mai Toujours raté !
Aux 100 km de Millau en septembre Avec le masque ?
Au marathon de La Rochelle en novembre A moins d'un variant Serbo-Croate...

Début février, j'ai conçu un plan marathon de neuf semaines pour Cheverny synchronisé avec celui de ma copine Magali inscrite au marathon de la Loire ayant lieu à Saumur début mai Raté aussi ! Nous partons tous deux sur un chrono de 3h45 c'est à dire sur une vitesse marathon de 11,2 km/h (11,3 en tenant compte des ravitos). Nous nous sommes juré d'aller jusqu'au bout.

A cause de ce 😡😡😡 de couvre-feu, les occasions d'entraînement en commun se font plus rares et je dois parfois courir seul la matin ou l'après-midi, ce qui est facile pour un retraité alors que Magali ayant vingt ans de moins doit jongler avec ses horaires de boulot (ce kiné pas simple !). Exemple de semaine de stakhanoviste :

Samedi

 

 

Magali et moi sommes accompagnés de Béa, Fab et Stéphane pour cette séance de long du samedi (allant d'1h30 à 2h15). Cette quatrième semaine, c'est relâche et donc seulement 1h30min pour 16,5 km dont 2x5000m à vitesse marathon (Alençon-Alençon en passant par la campagne de l'ouest). Comme d'habitude je passe mon temps à ralentir les filles dont l'instinct de cross-women reprend vite le dessus.

Dimanche

 


Malheur de malheur ! Depuis le début de l'épidémie, nous avons scindé les Trailers d'Ecouves en petits groupes. Accompagnés de Josette ma chère épouse, de Patricia, Brigitte et de Manu le Diable, Magali et moi effectuons la sortie la plus lente de la semaine histoire de faire du volume : 17,5 km en 2h40 en forêt d'Ecouves avec moins de 500m de dénivelé. Belle balade conclue par une bière au cul de la bagnole faute de bar ouvert... 

Lundi

 

 

Petite récup de 7 km en 49 min. Devant aller chercher Arielle à son école, Papy tourne dans le quartier de Lancrel entre 15h et 16h. Quand on vit depuis 65 ans dans la même région, on connaît tous les coins bucoliques d'Alençon comme ce moulin des Châtelets situé sur la Briante qui descend d'Ecouves et se jette dans la Sarthe en centre-ville. J'ai ensuite le plaisir de récupérer ma petite chérie qui termine son CP dans cette même école où j'ai enseigné durant 19 ans.

Mardi

 


J'ai pris l'habitude depuis un moment de suivre la Sarthe pour mes entraînements solitaires, la municipalité ayant dégagé des kilomètres de promenade le long de cette rivière dont un gué est historiquement à l'origine de la ville. Toujours très cool, 8,3km en une heure. J'apprécie particulièrement la nouvelle promenade de la Fuie des Vignes récemment dégagée dans cette zone humide Natura 2000 située à moins de 1000 m du centre-ville. 

 

Mercredi

 


Toujours fidèle, Katia est au rendez-vous du mercredi depuis 2014. Traditionnelle séance d'AS21 : 6x1000m à 12,5 - 13 km/h. Nous côtoyons de pauvres lycéens contraints de faire de la course dans le froid faute d'utiliser leur gymnase. Les malheureux dont certains courent avec leur manteau se font décoiffer à chaque tour par une femme qui pourrait être leur mère et un vieux qui pourrait être leur grand-père. Au total avec l'échauffement et la récup, 15 km parcourus et 1h30 en comptant les arrêts.

Jeudi

 


Couvre-feu oblige, la séance collective du jeudi soir est suspendue jusqu'à nouvel ordre. Mon groupe de piste constitué en majorité de magnifiques athlètes quadragénaires et nonobstant féminines me manque... Même trajet que la veille, je passe ainsi par l'usine Moulinex, maison mère de l'entreprise liquidée en 2001. Les bâtiments ont en grande partie disparu, est surtout visible au loin la "cathédrale", bâtiment historique, ancienne corderie qui abrita le premier atelier "Moulin-Légumes"dans lequel ma grand-mère fut embauchée en 1937.
La piste de la Plaine des Sports est déserte.  3 séries de 500 (300), 400 (200), 300 (100)m. Très dur quand on est seul, je peine à décoller du 15 à l'heure alors que la semaine dernière, Magali alors en congé m'avait poussé à 17,5 à chaque fractionné. Misère de misère, tout seul en plein vent sur la piste, je peine à atteindre la vitesse sur 500m que je tenais sur 10km il y a 15 ans. Faut pas vieillir ! 13,3km tout compris mais les pattes en compote.

Vendredi

 


L'avantage quand on habite une préfecture de 25 000 habitants, c'est qu'on se retrouve vite dans la nature. Je pars vers l'est pour franchir la Sarthe à 1000m de chez moi. Vu les deux séances précédentes et celle de demain (2h15 de long dont 12km à 11,3 km//h), ce sera de la balade à 9 à l'heure. Une heure et huit minutes pour 10,5 km dans la campagne cette fois sarthoise. Alternance de chemins et petites routes, ce n'est pas que j'apprécie cette solitude imposée du coureur de fond mais je la supporte. Un compagnon impromptu sort à un moment d'une entreprise de BTP : l'énorme chien de garde a profité du portail ouvert pour me courir derrière. L'avantage quand on est un Lutin, c'est que l'on comprend le langage des animaux. Ce mastard-là, inutile de lui crier dessus. Je lui donne ma main à sentir et je le caresse tout en lui disant "Bon chien". Je marche, cependant, accompagné par le molosse qui fait consciencieusement son boulot. Il m'accompagne une centaine de mètres puis je lui dis de retourner voir le maître, ce qu'il fait, apparemment content de lui. Je termine en rentrant dans mon département de l'Orne, traversant à nouveau la rivière Sarthe.

Au total 88,1 km sans véritable fatigue. Un entraînement que je ne proposerais pas à un débutant mais dont l’alternance de séances dynamiques et lentes me permet de garder de l'endurance à défaut de vitesse et surtout la tête hors de l'eau face à cette sombre époque rythmée par le virus, le repli sur soi et la décohérence sociale faisant de nous des chats ni vivants ni morts.

 

Voir les 7 commentaires

DOUZE PHOTOS QUI NE S'OPPOSENT COVID

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-12-2020 12:30:23 - 9 commentaires

 Rétrospective 2020


Drôle d'année. Qui aurait pu prévoir les événements d'une si singulière année, qui aurait pu soupçonner qu'un jour il faudrait signer un papier pour sortir de chez soi, porter un masque dans la rue, renoncer peut-être pour très longtemps à la main tendue et à la bise ? En tant que photographe (très) amateur, il m'a fallu parfois faire preuve d'imagination pour effectuer des clichés lors de ce si beau printemps sans forêt d'Ecouves ou ce triste novembre sans flamboiement des hêtres et des chênes. Pas de photos de ma forêt cette fois-ci mais quand même des images de mes pérégrinations avec mon épouse mais aussi en compagnie mon très cher Tonton Gilles qui, s'il est loin d'être mon oncle, m'est toujours aussi précieux en tant que conseiller technique et artistique. 

Pour aller plus loin :

Le Flickr de Tonton Gilles
Le Flickr du Lutin d'Ecouves

 

Janvier

 

Le miroir de Ste Anne


Au pied de la forêt de Multonne à vingt km de chez moi, je balise le terrain en vue du cross de Champfrémont qui aura lieu l'après-midi. Les étangs en espalier de Ste Anne offrent comme à l'accoutumée une lumière singulière et le plus vaste d'entre eux présente un miroir semblable au reflet d'un autre monde. Il fait très gris et le passage en monochrome ne fait disparaître que quelques petites traces de bleu.

Compact Sony DSC-RX100M3


Février

 

Flying saucer in Brittany


A la veille de participer à mon seul et unique trail de l'année, je séjourne à Trégastel avec mon épouse. Il fait très froid et il me faut des gants pour manipuler mon trépied sur lequel j'ai vissé mon tout petit Sony. Le site est spectaculaire avec ses blocs cyclopéens en granite rose hauts comme des maisons de deux ou trois étages mais je préfère lors des vingt et quelques minutes que dure l'heure bleue photographier cette singulière coupole de piscine située en bord de plage. Comme j'ai réglé mon ouverture à F11, il me faut un temps d'exposition de 2 secondes. La photo est un peu froide mais bien représentative de l'ambiance.

Compact Sony DSC-RX100M3


Mars

 

L'adieu aux arbres

 

Le couperet vient de tomber, nous n'irons plus aux bois, les lauriers sont coupés ! Avant de m'astreindre à tourner 560 km en huit semaines autour de chez moi, confinement oblige, je m'échappe une dernière fois le long de la Sarthe pour une sortie de 21 km en pleine campagne. La nature est en train de nous préparer un printemps majestueux dont nous n'entendrons qu'un écho lointain. Les chênes semblent désolés lorsqu’ils me saluent. Je ne sais quoi leur répondre...

Compact Sony DSC-TX30


Avril

 

Halle au bleu


Tonton Gilles vient me chercher régulièrement pour une promenade limitée dans le temps et l'espace. Le photographe urbain qu'il est n'est guère perturbé dans sa pratique mais moi, je dois m'adapter. La ville d'Alençon quasi déserte offre des ambiances intéressantes comme le long de cette Halle au Blé et, tour à tour, nous servons de modèle l'un pour l'autre. En ces jours gris quoique ensoleillés, j'ai préféré gommer la couleur excepté sur mon compagnon au chapeau qui fait surgir la vie au centre de ce monde minéral.

Compact Sony DSC-RX100M3


Mai

 

Cylindromyia bicolor


Lors de ce printemps confiné, je n'ai jamais trouvé autant de nouvelles espèces d'insectes dans mon jardin de 100 m2 mais le plus spectaculaire de mes clichés entomologiques fut cet accouplement de tachinidés (mouches hirsutes et fort utiles) dont les larves, comme chacun le sait, parasitent la punaise nébuleuse.

Hybride Panasonic DMC-G80


Juin

 

Jump !


Douarnenez, une cité à vivre, non encore gâtée par le tourisme où l'on peut voir des HLM donnant sur l'océan et une population se donner du bon temps sur de petites mais conviviales plages. Moi et mon épouse y retrouvons le goût de la liberté et quel plus pur symbole que ces jeunes collégiens à peine sortis des cours qui investissent divers spots de plongée pour se mesurer amicalement loin de leurs parents certainement peu au fait de leurs acrobaties. J'ai ressenti à ce moment comme un courant d'air frais qui m'a rappelé mon enfance dans les années 60 lors desquelles nous évoluions si libres loin du regard de nos parents.

Compact Sony DSC-RX100M3


Juillet

 

Nuées sur l'île Tudy


Que serait la Bretagne sans les nuages ? Ce couvercle menaçant sur l'île Tudy génère une infinité de gris et de bleus. Ce bateau de pêche au premier plan apporte une touche de couleur bienvenue. 

Téléphone portable Huawei MYA-L11


Août

 

A la conquête des Aravis


En vacances à Manigod dans les Alpes, nous nous attaquons à la randonnée du Trou de la Mouche (2453 m) que je déconseillerais par temps humide ou agité. Après quelques heures de grimpette dans les alpages, nous arrivons en phase finale et minérale. Josette regarde la crête embrumée d'un air interrogateur. Elle n'a pas tort, la fin ne va pas être simple pour des lutins sylvestres...

Compact Sony DSC-RX100M3


Septembre

 


De retour à Belle-Ile-en-Mer, j'aurais pu vous gratifier de superbes paysages marins ou même, osons-le, de couchers de soleil. Eh bien non, la photo c'est aussi de la composition et cette dame qui fait son tout premier tour de scooter électrique sous le regard de son mari m'en offre une belle avec ce phare, ces personnages et ces rappels de bleu. Tout simple mais équilibré, ce cliché est validé par Tonton Gilles.

 

Compact Sony DSC-RX100M3


Octobre

 

La Jungle et la Basilique


De retour à Alençon, je me promène le long de la Sarthe et de ses lavoirs. Pour l'avoir survolée en Montgolfière, je sais que cette ville est un jardin mais en ce début d'automne, c'est parfois une jungle d'où émerge la Basilique Notre-Dame. 

Compact Sony DSC-RX100M3


Novembre

 

Le refus de l'ombre


Nouveau confinement, nouvelle balade restreinte avec Tonton Gilles. Le soleil passe crûment sous le pont de chemin de fer à côté de chez moi. Mon compagnon me fait poser dans le rai de lumière et cela donne une photo typique du style de ce citadin photographe. A son tour, il pose pour moi et, si mon petit Sony ne peut rivaliser en netteté avec son gros Canon 7D Mark II, il tient la comparaison en expressivité avec cette ombre qui semble ne pas vouloir suivre son propriétaire.

Compact Sony DSC-RX100M3


Décembre

 

De l'indigo à la feuille morte


Toujours confiné, toujours avec Tonton Gilles en ce premier jour de décembre. La fin d'après-midi est incroyable au niveau des couleurs. Depuis quelques jours, le crépuscule s'est fait feu d'artifice pour nous consoler de notre enfermement partiel. Mon compagnon fait une photo en étonnantes couleurs naturelles du front de Sarthe, je fais le même cliché mais nettement moins bien défini. Cette photo de personnage pris en contre-plongée à partir du bord de la rivière aura ma préférence.

Compact Panasonic DMC-TZ100

 

 



Voir les 9 commentaires

Haut de page - Aide - Qui sommes nous ? - 0.18 - 3872293 visites