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Le Lutin d'Ecouves

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PRAGMATISME

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-01-2012 19:27:07 - Aucun commentaire

 
 Dans l'Ain, on a le sens pratique, la preuve :


 
 
 
 

OFF DO BRASIL

Par Le Lutin d'Ecouves - 22-01-2012 19:51:23 - 6 commentaires

 

Lui, c'est Alexandre le kiné, un beau petit gars qui nous vient du Brésil :


Ce jeune triathlète est en pleine préparation pour l'Iron-Man de Zurich et il y vise la qualification pour celui d'Hawaï qui sert de championnat du monde de la discipline.

Ayant demandé à Allain, mon coach et coiffeur de trouver des partenaires d'entraînement pour un semi-marathon, il s'est vu accueillir de fait dans la communauté des Trailers d'Ecouves qui ont laissé la forêt pour un dimanche.

Appel à coureurs, nous sommes une trentaine à répondre présent. Comme l'objectif d'Alexandre, c'est de faire ses 21 km en 1h25 (!!!), Allain organise un parcours Alençon-Radon avec départs successifs en 5 groupes répartis de 8h45 à 9h30 (en ce qui concerne le groupe de notre champion). Ainsi, Alexandre aura du monde à rattraper durant tout son trajet.


Rendez-vous à la mairie du Chevain :


Allain a bien fait les choses. En plus de tracer et marquer le trajet, il a organisé les groupes avec des vélos plus une voiture-balai.


Et en plus, chacun a son dossard !


Ayant couru un cross de neuf bornes la veille, j'ai décidé d'être prudent et je choisis le groupe de 9h10 et plus particulièrement Erick et Cathy, mes partenaires du Pi-Marathon du Mans.


Un petit tour en périphérie de Sarthe, Chenay et Montigny. Mes camarades sont à un bon 11 à l'heure, ça me convient.


Ouais, on n'est pas dans une zone très urbaine... La météo est bien grise et il bruine légèrement mais je jure que c'est exceptionnel.


Alors que nous venons de rattraper le groupe de 9h00 et parcouru seulement dix kilomètres, Alexandre surgit déjà, accompagné d'Arnaud. Je cours un peu avec eux pour mesurer leur allure : 15,8 km/h ! Je rejoins bien vite mon groupe.


Après Hauterive, nous traversons la plaine en direction de la forêt d'Ecouves. Le vent nous y scotche un peu et mes camarades commencent à sentir les premiers signes de fatigue. Même que certains ont vu des gens dans les arbres...


Si Erick reprend ensuite du poil de la bête, Cathy commence à subir les conséquences de la trêve des confiseurs ; en plus, elle sent un échauffement au niveau d'un pied. La machine commence à tourner carré et nous sommes bientôt rejoints par le groupe de 9h20.


A Larré, tout le monde descend et je fais avertir la voiture-balai, Cathy ne marche plus que sur un pneu.


La confiant à un cycliste, je pars rejoindre le groupe de 9h00 qui nous a dépassés mais, un quart d'heure plus tard, j'apprends que Cathy a refusé l'abandon et rechaussé son pneu tant bien que mal.

Demi-tour, il ne sera pas dit que j'ai abandonné ma presque petite sœur !  Nous arrivons à Radon à petite vitesse mais en courant.


Apprenant que ma Josette s'est offert un bonus de 5 kilomètres, je fais demi-tour pour aller la chercher. Elle court avec sa Françoise qui, elle aussi, a bien profité de la trêve des confiseurs.


Françoise m'explique son état physique en termes fleuris que je me garderai bien de reproduire ici. Mes deux héroïnes finissent au bar de Radon, notre QG, au bout de 26 km. Ouf !


Le café de Dame Raymonde est plein à craquer et la bière belge y coule à flot. Après deux Affligem, je me sens mieux.

Et Alexandre, me direz-vous ? Il a parcouru ses 21 km 095 en 1h23 ! Gasp, c'est beau d'être jeune. 

Il n'a peur de rien, un vrai Normand !

 

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LE LUTIN JARDINIER

Par Le Lutin d'Ecouves - 18-01-2012 19:24:29 - 3 commentaires

 

 Un Lutin qui jardine...

 

 

 

Ben, c'est pas ça !

 

Non, c'est plutôt ça :

 

C'est la saison des cross et c'est ICI.

 

 

 

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LE BLEU CHASSE LE BLUES

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-01-2012 22:04:41 - 2 commentaires

 

Après une semaine un peu difficile, il était temps de prendre l'air. L'avantage d'habiter à Alençon, c'est qu'il suffit de courir dix minutes pour se retrouver à la campagne.


Avec ma Josette, nous partons faire une promenade dans la plaine. Quatorze kilomètres de course sous un soleil rayonnant par un froid piquant mais pas désagréable.


Après avoir traversé la rivière Sarthe, nous passons au Chevain, un village qui jouxte Alençon.


Nous courons au milieu des pâturages blanchis par un revigorant vent d'est. Dans l'air à la pureté adamantine, la lumière découpe avec précision les silhouettes des arbres et des haies.


Il ne fait vraiment pas chaud. Cependant, je prends cette lumière et cet azur comme une promesse de renouveau. Avec l'âge, je suis devenu plus sensible aux signes naturels.

A un moment, nous sommes survolés par quatre cigognes volant haut vers le nord. L'hiver, à peine installé s'apprête-t-il à faire sa valise ?


Retour vers la ville et la Plaine des Sports, le lieu d'entraînement de mon club. Il est temps de rentrer pour se préparer. J'emmène mon Ange de fils et mon épouse chez ma Princesse de fille et son mari. Nous fêtons notre anniversaire. Il y a vingt-sept ans, j'étais papa pour la première fois.


Je n'ai jamais su aimer à demi et ça concerne aussi la cuisine. C'est chargé comme un goret que j'entame une promenade digestive autour du lac. Le soleil est fort bas et le froid saisissant me donne le sentiment d'être un quartier de viande jeté dans un congélateur. Cependant, la lumière de ce soir d'hiver vaut bien quelques frissons.


Le soleil est maintenant fort bas et nous rentrons vite. Mon regard embrasse une dernière fois le paysage dont la sérénité me fait le plus grand bien.



 

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QUAND J'ETAIS CHEVALIER

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-01-2012 23:40:55 - 15 commentaires

 

1966


J'ai dix ans, l'âge où les garçons n'ont pas encore atteint la maturité des filles. Nous venons d'emménager dans l'Est depuis peu. Le pays est un vaste chantier et j'habite une cité en perpétuelle construction juchée sur les collines entourant la ville. Face à nos fenêtres, des champs et au loin, des bois, d'autres champs et d'autres cités aux tours blanches.

Nous passons nos journées à jouer dehors et, bien souvent, la communication avec nos mères se fait face à l'immeuble.
"Maman, mon goûter !
- Attrape !"

Un monde aux fenêtres ouvertes, bruissant d'enfants qui jouent sans cesse autour des bâtiments, s'interpellant, se poursuivant, se battant parfois. Une époque aux conventions et à la morale si rigides qu'elle accorde paradoxalement un incroyable espace de liberté à l'enfance qui évolue hors du monde des adultes. Ils s'occupent peu de ce que nous pensons et cette communication minimale fait notre affaire, nous poussons par nous-mêmes, loin de leurs sphères apparemment inaccessibles.

Immature, je l'ai toujours été. Je suis le petit de la maison. Ma grande sœur va au lycée et habite avec nous alors que mon frère vit à sept cents kilomètres de là, débutant sa carrière d'ajusteur-outilleur dans notre si lointaine Normandie.

Un été de fournaise ponctué de violentes explosions orageuses se termine. Les Francs-Comtois sont accoutumés à ce climat semi-continental et attendent sans crainte l'hiver de glace qui doit suivre immanquablement. Nous sommes en septembre, une période de transition où nos jeux d'été persistent dans la douceur. Le vent du nord ne nous arrêtera pas mais nous transformera bientôt en Bibendums maladroits chaussés de brodequins et engoncés dans nos anoraks enfilés parfois sur deux épaisseurs de laine.

A ma grande joie, mon frère, en attente d'un emploi en Normandie, est venu passer quelques mois avec nous.

Quand vous êtes un petit dernier comme moi, un grand frère de dix-huit ans, c'est comme un super-héros, un chevalier invincible mais aussi un modèle accessible, contrairement aux pères de cette époque, lointains souverains inatteignables.

Et grand frère, il l'a été de toutes les manières, osant faire ce que je n'oserai jamais faire. Bagarreur, aventureux, intrépide et acrobate, il était Zorro et Ivanhoé à la fois, capable de se battre de la main gauche en tenant sa petite sœur de la main droite comme on me l'a si souvent raconté. Grand faiseur de bêtises qui lui valurent des exclusions scolaires mais aussi cœur d'or qui consacra une part de sa première paie à m'offrir un coûteux circuit "24" avec sa Ferrari rouge et sa BRM verte.

Sa prestance d'excellent cavalier et ses yeux verts faisaient de lui un bourreau des cœurs et, dans mon esprit de petit garçon, il brillait de tous les feux de la masculinité. 

******

Encore une longue journée d'école. Contrairement à mon frère, je ne me révoltais pas contre ce carcan grisâtre qu'était l'école des années soixante. Je savais subir.

Mon cartable jeté dans un coin, je m'apprête à engloutir mon habituel et pantagruélique goûter quand mon frère m'attire dans la chambre que nous partageons depuis quelques temps.

Eblouissement ! Je n'ai jamais vu pareille merveille. Durant la journée, aussi adroit que je suis gauche, il m'a confectionné deux équipements complets de chevalier en carton et lanières, pourvus d'armes en lattes de plastique. Depuis quelques jours, il récupérait du matériel avec la complicité de mes parents et la journée d'école lui avait suffi à assembler puis peindre l'ensemble. Cela brille de mille feux et sent fort la laque. Je ne sais que choisir, le chevalier à l'emblème du dragon rouge ou celui à l'aigle blanc. Les yeux écarquillés de fierté, je choisis enfin ce dernier et me précipite dehors, à l'assaut de mes camarades de jeu. Mon frère se met à la fenêtre de l'appartement pour assister à la suite des événements.

Chacun s'équipe d'une épée de bois ou d'une simple trique et le tournoi commence. Je frappe avec tant de joie et de conviction qu'un des garçons présents s'écrie soudain : "Mais c'est Richard Cœur de Lion !"


Mes armes en plastique n'ont pas résisté bien longtemps et mon frère m'a bien vite confectionné une épée en bois plus pérenne. Quant au harnois en carton, il n'a pas vu les premières neiges de novembre mais il a rempli son office : pour un instant, pour une vie, j'étais devenu chevalier et j'avais brillé devant mon grand frère aux yeux verts.
 
******
2012
 
Ce lundi, je retrouve mon grand frère une dernière fois.
Une pauvre cérémonie dans une église glaciale, celui qui m'avait fait chevalier méritait mieux.  
Si je tremble légèrement, ce n'est pas de froid. Il me reste encore un peu de cette chaleur de mes dix ans.


1956

 

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VOEUX 2012

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-01-2012 22:04:29 - 11 commentaires

 

Bonne année
2012



 Delacroix
La Liberté guidant le peuple

 

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LE CHAMPIGNON DE LA MORT QUI TUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 30-12-2011 09:03:42 - 12 commentaires

 

Forêt d'Ecouves

27 décembre 2011

 

 

Trouvé par mon ami le K lors d'une balade en forêt avec ma Josette et mon Mustang, ce curieux spécimen m'a tout de suite intrigué. L’œil exercé de mon épouse a vite permis de comprendre que l'on avait affaire à un champignon mais nous n'étions pas au bout de nos surprises.

Une fois à la maison, j'ai fait divers clichés et recherches :

 

 

Il n'y avait pas seulement un champignon là-dedans, mais aussi un animal, en l'occurrence, un papillon dont on voit bien ici la tache sur l'arrière de l'aile ainsi qu'une patte (plus foncée que le champignon) :

 

 

De face, ça donne ceci :

 

 

On distingue nettement un œil et une antenne repliée ainsi que les deux palpes labiaux.

Après quelques heures de recherche, nous avons trouvé la famille dudit papillon mais elle n'a pas réclamé le corps. Il s'agit d'un spécimen de Pyralidae dont voici la photo d'un cousin :

 

Photo Entomart.be

Mais qu'est-il arrivé à ce pauvre papillon de nuit pour qu'il finisse dans cet état ?

 

 

Eh bien, il a eu la mauvaise idée de respirer des spores de Cordyceps Tuberculata, un champignon cosmopolite mais fort rare aux endroits où il se développe.

Une fois installées, les spores germent en émettant un mycélium qui envahit l'insecte qui doit avoir de fameux maux de ventre.

Pour se reproduire, le Cordyceps émet des sporophores sous forme de tiges  qui vont lâcher les nouvelles spores.

 

A ce stade, l'insecte finit par décéder, on s'en doute...

Autres espèces de Cordyceps :

Document BBC
 

L'ophiocordyceps unilateralis infecte le système nerveux de la fourmi et l'oblige à grimper le plus haut possible puis développe un seul sporophore qui, en hauteur, a plus de chance d'essaimer sur une plus grande surface.

Chaque espèce de cordyceps parasite un insecte bien précis comme le montrent ces images :

 

Sauterelle (Document BBC)
 

Criquet (Document BBC)

 

Papillon (Document BBC)
 

En complément, une superbe vidéo de la BBC expliquant le développement de l'ophiocordyceps unilateralis à voir ICI.

 

 

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UN NOËL FAÇON PUZZLE

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-12-2011 12:26:12 - 6 commentaires

 
24 décembre 1969
 
La Vie vous prend, vous secoue, vous éparpille. Personne n'est coupable, personne n'est responsable. Du moins, pas plus que ce morceau de bois emporté par le fort courant du Rhône.
 
Je le regarde s'enfuir, victime des éléments, puis je remonte sur mon vélo de jeune fille comme l'appelle ma mère. J'ai hérité de la bicyclette de ma grande sœur et cette machine est pour moi une bénédiction qui me permet de grimper jusqu’aux Baux déserts en cette période hivernale. Là, je suis seigneur de la forteresse ou  évêque des blanches cathédrales laissées par l'exploitation de la bauxite.
 
A d'autres moments, je m'échappe vers le Pont du Gard tout aussi désert où je peux courir à loisir sur le sommet de l'aqueduc et même faire l'équilibriste aux endroits où manquent les dernières dalles. Ici, pas d'interdit, pas de gardien, pas de barrière.
 
Quand je n'ai pas le temps et quand le vent n'est pas trop fort, je fais un tour dans la plaine, constellation d'arbres fruitiers emplie de l'odeur entêtante émise par l'usine de cellulose.
 
Issu d'une contrée aux modestes collines, je suis subjugué par la beauté de la région. Ses paysages somptueux et son climat généreux ont rendu les habitants fiers de leur pays et je les comprends. Mais la beauté et la fierté ont leur revers et j'en ai subi les conséquences dès mon arrivée au collège. J'ai immédiatement connu le racisme, le vrai, moi qui ne savais pas ce que c'était. Je parlais pointu et cela suffisait pour qu'on me rejette, "Parisien" étant la pire des insultes dans le langage pourtant fort fleuri des adolescents de ma classe.
 
Voilà pourquoi ma seule amie, c'était cette bicyclette de fille qui me procurait ce qui pouvait le plus se rapprocher d'un éventuel sentiment de bonheur : l'impression de liberté.
 
******
 
Je passe près de cette forteresse aux allures de Bastille puis j'oblique à droite pour rejoindre la cité où j'habite.
 
Je me souviendrai toujours de notre arrivée un jour de juillet. La ville était petite mais nous nous étions cependant égarés. Les meubles étaient arrivés avant nous et nous cherchions notre appartement. Las de tourner en rond, nous avions demandé notre chemin à un homme assez âgé qui nous avait répondu avec un tel accent que personne n'y avait compris quoi que ce soit. Nous l'avions cependant remercié civilement, craignant le froisser en le faisant répéter.
 
Finalement, nous avions trouvé la cité nous-mêmes et garé la Simca le long de notre immeuble.  Drôle de pays où les gens ferment les volets en plein après-midi... Nous comprîmes plus tard la signification du mot cagnard.
 
Papa est couché comme d’habitude. L'hôpital de Marseille lui a accordé une permission pour les fêtes. Je ne sais pas s'il sera là pour mon quatorzième anniversaire dans deux semaines mais cela ne me peine pas, j'ai l'habitude.
 
Je file dans ma chambre où m'attendent mes bandes dessinées et mon Teppaz. Je ne possède pas encore de disque en propre mais j'ai trouvé quelques enregistrements monos de la Guilde Internationale du Disque jamais écoutés par mes parents : Shéhérazade de Rimsky, Casse-Noisette de Tchaïkovski et surtout les suites 2 et 3 de Bach par l'orchestre de la radio de Francfort. Empesée, trop lente mais pourtant si belle, cette musique est pour moi une révélation. C'est un fragment d'avenir.
 
 ******
 
Le repas de Noël est fort simple. A table, Papa qui souffre constamment agresse tout le monde. Comment lui en vouloir ? Deux fois par jour, c'est le drame. Maman fait ce qu'elle peut mais souvent elle craque et se rebelle. Comment ne pas la comprendre ? J'apprends à manger vite et en silence.
 
La soirée se termine par une scène pénible entre mes parents. Je vais me coucher.
 
Mon frère, marié depuis six mois, n'est plus ici depuis longtemps et j'ai enfin une chambre à moi tout seul. Je m'assois sur mon lit et je verse quelques larmes vite étouffées. Exprimer ma peine me déchire littéralement et je lutte inconsciemment mais fermement contre l'éparpillement.
 
Des stratégies de résistance, j'en ai plusieurs, comme cette étrange habitude de dérouler des dizaines de mètres de fil à bâtir dans ma chambre, la transformant en réseau arachnéen. Durant vingt-quatre heures, personne ne peut pénétrer dans mon antre que j'arpente en rampant. J'attends, j'attends que la solitude se prenne dans mes rets ; alors, je démonte soigneusement ma toile.
 
Quand vous souffrez, votre univers se rétracte et ne croise plus celui des autres, l'échange est caduc. Vous devenez une bulle sombre en attendant que ça aille mieux. C'est certainement l'instinct de survie...
 
******
 
Mon cadeau de Noël, je ne sais plus vraiment. C'est peut-être cette minuscule radio rouge aux coins arrondis. Je la presse contre mon oreille en changeant régulièrement de station. Courtes, moyennes, longues, j'ai l'impression de voyager sur les ondes. Encore un monde qui m'appartient.
 
C'est comme cette musique de Bach que je suis le seul ici à écouter ;  elle est devenue mienne. Elle me donne l'illusion que l'Univers a un sens.
 
 
Amsterdam Baroque - Ton Koopman (Ref)
 
 

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POURQUOI TANT DE VIOLENCE ?

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-12-2011 07:46:10 - 7 commentaires

 

Artemisia Gentileschi
(1593-1652)


Cette jeune femme, qui se représente elle-même ci-dessus, fut une de ces rares femmes à se faire une place dans le monde de la peinture baroque naissante.

Son talent réel et sa situation de femme dans un milieu essentiellement masculin devraient suffire à asseoir sa renommée mais c'est surtout à un tableau que son nom est associé : Judith décapitant Holopherne (1620).


Observez avec quelle détermination sans faille les deux femmes, maîtresse et servante, égorgent le tyran Holopherne. Ce qui se lit sur leur visage va au-delà de l'histoire biblique qui fut le sujet de l’œuvre. L'implication physique des deux femmes et la puissance de leur expression tranche (c'est le moment de le dire) avec l'interprétation qu'en fit Le Caravage, 22 ans plus tôt :


Ici, servante et maîtresse ne sont pas unies par un même but et chacune garde son rang ; mais surtout, l'attitude mi-dégoûtée, mi-effrayée de Judith en dit long sur la perception masculine de la femme qui garde sa fragilité féminine même lors d'une action si violente.

La Judith du Caravage est une femme telle que l'homme la conçoit alors que celle d'Artemisia Gentileschi est vécue de l'intérieur.

L'on comprendra mieux la puissance du tableau d'Artemisia quand on saura le pénible événement qu'elle dut subir alors qu'elle n'avait que 19 ans :

Fille de peintre, elle avait appris les rudiments de son Art avec son père et produit sa première grande œuvre vers 17 ans. Habitant Rome, elle ne put avoir accès à l'enseignement de l'Académie des Beaux-Arts, cette institution étant fermée aux femmes.

Son père, conscient de la valeur de sa fille, lui trouva un précepteur en la personne du peintre Agostino Tassi. Malheureusement, le professeur outrepassa ses droits pédagogiques et se livra à une tentative de viol sur son élève.

Artemisia se défendit comme elle put, griffant son tortionnaire et lui mordant même un bout du pinceau qui en fut fort meurtri. Elle empoigna ensuite un couteau pour se venger et le violeur dut battre en retraite.

Plus furieuse que honteuse, la jeune fille porta plainte auprès de la justice qui enquêta ; et il fallut beaucoup de courage à la demoiselle car elle dut prouver qu'elle avait bien été violée. Elle eut à supporter divers examens gynécologiques et même subir la Question : on lui enserra les doigts dans des fils de fer qu'on serra de plus en plus fort, traitement qui faillit mettre un terme à sa carrière. On se doutera bien que le choix même de ce procédé d’interrogatoire n'était pas innocent...

Résistant à la torture, Artemisia prouva ainsi sa bonne foi et obtint gain de cause, Tassi fut condamné à un an de prison et à l'exil des Etats Pontificaux.

Un mois après la conclusion du procès, Artemisia Gentileschi se maria avec un peintre florentin qu'elle suivit dans la cité des Médicis.  

L'on peut penser que son mari (dont elle se séparera pour vivre une existence de femme libre) n'eut de cesse de respecter son épouse qui savait si bien exprimer ses sentiments comme le montre un autre de ses tableaux moins connu et nettement moins expressif, Giale et Sisara :

Un bon coup de burin pour t'apprendre à respecter les dames !


 

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RETOUR A TAMRIEL

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-12-2011 21:13:15 - 4 commentaires

 

Skyrim

 

 
Comme je l'ai déjà écrit dans un ancien billet, j'ai de nombreux défauts dont celui d'être un amateur de jeux vidéo que je pratique depuis "Space Invaders" sur console de bar ou "Pong" sur TO7.
 
Comme l'ont peut-être remarqué certains lecteurs, je produis moins de billets en ce moment. Nonobstant le fait que j'ai effectivement plus de boulot, ayant repris un CM2 cette année, depuis le 11/11/11, je consacre une part non négligeable de mes loisirs (32 heures en un mois, quand même !) au nouvel épisode des "Elder Scrolls" : Skyrim.
 
D'abord, je vous présente mon avatar personnalisé :
 
 
Lui, c'est Lucas. Je l'ai choisi de race argonienne, d'abord parce qu'il est joli et en plus, c'est la seule race qui respire sous l'eau, ce qui est bien pratique quand on est poursuivi par des tas de monstres en furie mais pas amphibies.
 
Je lui ai donné le nom de mon fils à cause de son côté barbare attachant .
 
 
Bien sûr, j'ai un monde à sauver mais je commence par où je veux, progressant au fur et à mesure de mes aventures. Pour cet épisode, l'action se passe en Skyrim, une province du nord de l'empire de Tamriel (sur la planète Nirn). Le climat est un peu sévère et les habitants (des sortes de Vikings) un peu rudes mais j'ai des arguments...
 
 
En dehors d'une épée à deux mains que j'ai moi-même enchantée (qui se nomme "Gèle-Burnes") et d'un arc que j'ai piqué à une bande de Gollums que j'ai poutrés dans leur grotte, je commence à maîtriser différents sorts bien mortels à faire pleurer sa mère comme l'éprouve cruellement l'ours ci-dessus.
 
 
En dehors du graphisme qui nécessite un processeur à double cœur de la mort qui tue, une des principales améliorations par rapport aux épisodes précédents (Morrowind et Oblivion) est la gestion de la magie (un sort dans chaque main). Les sorts de conjuration deviennent intéressants quand on invoque des daedra comme cet atronach de feu qui est d'une aide certaine en cas de combat.
 
 
Une nouveauté : le "Cri", un puissant sort qui jaillit des entrailles. Y'a bon ! Le hic, c'est qu'il faut capturer une âme de dragon pour que cela fonctionne, et se faire un cracheur de feu, c'est coton ! Evitez l’affrontement direct si vous ne voulez pas finir en brochettes. Mieux vaut se planquer dans un coin bien à l'abri pour décocher ses flèches ou sa magie.
 
 
Comme dans les précédents opus, on peut juste se promener et discuter avec les gens. La nouveauté, c'est qu'ils vous répondent oralement et non par un texte genre BD.
 
 
Les intérieurs sont particulièrement soignés et les grottes et autres forts n'ont plus l'aspect répétitif d'Oblivion.
 
Cerise sur le gâteau : trois heures de musique originale de qualité composée par Jeremy Soule pour une ambiance encore plus immersive.
 
 
Bon, ben Lucas vous dit au revoir. Il a quelques monstres sur le feu...
 
Vous avez compris que pour tout joueur ayant adoré Morrowind et ayant été un peu déçu par Oblivion, Skyrim est indispensable.
 
Bande annonce du jeu :
 
 
Les rebelles déploreront qu'il faut être connecté à Steam pour jouer à Skyrim mais, vu l'investissement, on peut comprendre que les auteurs cherchent à protéger leur boulot des pirates de base et cela ne me dérange pas de payer 50 € pour jouer entre 100 et 200 heures un jeu paramétrable et même modifiable comme le sont Morrowind ou Oblivion.
 
 

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