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AUPRÈS DE MA BRUME

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-03-2017 08:40:45 - 5 commentaires


Le printemps se fait discret et il tombe une méchante petite bruine glacée qui n'incite pas au sourire. Je chemine comme à l'accoutumée avec Tonton Gilles à la recherche du cliché qui va morceler la grisaille du quotidien et nous permettre d'apercevoir un peu de bleu à travers l'objectif de nos boîtes à images.
 
Arrivé au niveau de l'école de musique, je rencontre un ancien parent d'élève de mon ex-école qui me salue en me demandant si j'apprécie la retraite. Il m'envie, semble-t-il, étant prof de lycée lui-même. Il a envie de parler et je ressens un profond malaise exsuder de son discours.
 
Le lycée découvre à son tour la gestion de disparités de niveau parfois astronomiques pour ne pas dire abyssales. Effectivement, tout le monde prend le Bac et le vaisseau tangue.
 
"Vous vous rendez compte, il nous est arrivé tout un paquet d'élèves en seconde qui étaient là parce qu'il n'y avait plus de place en BEP. Ils planent complètement ! Et nous, on rend des évaluations acceptables à l'Administration car si on est trop mauvais, elle nous coupe les vivres... et tout ça à trente-cinq par classe !"
 
Je connais l'histoire et je plains ces pauvres profs, l'Université ne les avait pas préparés à cela. Je sens qu'on va tourner en rond et que ça va finir par me gâter le sang car, si je suis hors circuit, les heurs et malheurs de l'Enseignement m'atteignent toujours. 
 
A ce moment, nous sommes alpagués par une dame , mère d'un ado de quinze ans qui nous demande que faire pour que son fils puisse accéder à une classe prépa au terme du lycée.
 
"Vous comprenez, j'ai été obligée de l'inscrire au CNED durant le collège et ce qu'il fait au lycée n'est pas suffisant, il va falloir que je lui fasse donner des cours supplémentaires et puis dans sa classe, il y en a qui n'ont rien à y faire et puis..."
 
Le prof et la mère d'élève débattent sous nos yeux (Tonton Gilles est resté muet), c'est un dialogue de sourds entre le professeur qui cherche à gérer correctement des groupes avec des bons, des moyens et des faibles et la maman qui ne voit que l'intérêt de son enfant.
 
Le petit instit à la retraite n'a plus grand chose à dire dans ce débat. Moi, j'ai toujours géré des gamins de niveaux hétéroclites et j'ai bricolé ce que j'ai pu en résistant bien souvent à une administration aux lubies diverses et souvent contradictoires. Je salue poliment la compagnie.
 
En manque d'agrumes par ce temps de brume, je passe faire quelques courses au supermarché près de chez moi, j'y croise la maman de N... que j'ai eue en CP il y a bien longtemps. Elle vient de terminer l'Ecole des Chartes et intègre prochainement le conservatoire national supérieur de Paris en classe de viole de gambe. Sa maman est très fière et il y a de quoi. Elle avait tenu à ce que sa fille fasse son CP alors qu'elle savait déjà lire. J'avais établi un modus vivendi avec l'enfant : elle apprenait diverses choses dont un peu de rigueur et je ne l'embêtais pas avec la lecture. Tout s'était bien passé. 

La maman ne peut s'empêcher de me dire que son fils F... que j'avais eu en CP et CE1 passe cette année son agrégation d'histoire. Je m'en souviens de celui-là, il avait tenu à monter une expérience (réussie) d'électrolyse de l'eau en fin de CE1. Ces gamins, on l'aura compris, avaient eu peu besoin de moi pour bien démarrer à l'école.

Il n'y a pas si longtemps, en me faisant couper les cheveux, je parlais avec le père d'un petit garçon en grande difficulté auquel je n'avais pas vraiment réussi à apprendre à lire lors de sa première année de CP. J'en avais été vraiment malheureux. Les années ont passé, L... vient de passer son CAP en alternance et son patron veut le garder et même l'aider à passer son Brevet Professionnel. Le gamin qui subissait l'école comme une potion amère se lève maintenant à six heures du matin pour aller au boulot. Il aime l'ambiance des chantiers. Il a trouvé sa voie.
 
******
 
La balade se termine, Tonton Gilles, toujours pertinent, discourt sur une certaine classe sociale qui a émergé dans la deuxième moitié du vingtième siècle et qui  s'ingénie à se reproduire en bloquant les accès aux ascenseurs sociaux en utilisant paradoxalement l'arme du politiquement correct. J’acquiesce à ma manière normande : "C'est pas faux..."
 
J'ai l'esprit un peu nuageux.

 



 

 
 
 
 

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UN VENDREDI À PARIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-03-2017 12:27:19 - 6 commentaires

Il est des occasions à ne pas rater sinon on s'en mord les doigts jusqu'à l'épaule... Vermeer est depuis longtemps un de nos peintres préférés et l'occasion d'admirer le tiers de sa production ne se représentera pas de sitôt. Ou alors la prochaine fois il faudra quelqu'un pour pousser nos fauteuils.
 
On est dans les temps. Notre Ford pourrite est à l'abri dans un parking près de l'Opéra, nous cheminons vers le Louvre. 

 

Heureusement que j'ai réservé mon créneau de visite, on ne va pas trop attendre ! Oups, c'est quoi cette longue procession ? J'avise une dame avec un badge.
"Bonjour madame, c'est là Vermeer ? 
- Ben oui, la queue est là."
Je vérifie que ma braguette est bien fermée et je me dirige vers la  file d'attente.
 
Au bout de trente minutes, nous rejoignons une... seconde file. Damned, encore une demi-heure de poireautage ! J'en profite pour observer les gens qui m'entourent. Tiens, il n'y a pas de Chinois ! Heu non, on est plutôt à Versailles et ils sont tous assez vieux pour avoir... notre âge.
 
J'avais pourtant pris mes précautions sur la route mais les rognons ont encore frappé, j'espère qu'ils ont prévu des toilettes à l'intérieur de l'expo. Euh non, Prostaman va encore être obligé d'attendre.
 
"C'est le mur" qu'il nous dit le type à l'entrée pour nous signifier qu'il y a du monde, nous allons donc voir les tableaux de Valentin de Boulogne pour patienter.
 
Les Tricheurs (Document Wikipedia)
 
Maître des mains et des expressions, Valentin peint sur des grands formats pour des clients italiens. Avec Vermeer, nous passons dans un tout autre monde. Et quand je dis Vermeer, il s'agit de Vermeer et ses contemporains comme Gabriel Metsu ou Gérard Dou, maîtres de la Fijnschilderei (peinture fine).

Metsu : Jeune homme écrivant une lettre
(Document Wikipedia)

La beauté des tableaux du Maître de Deft et de ses contemporains finit par me faire oublier la pression hydrostatique et nous prenons le temps de regarder chaque œuvre avec  de grandes délices (j'ai mis un adjectif pour faire mon pédant).

Nous finissons par nous lier avec une dame de St Lô avec laquelle nous commentons les derniers Vermeer, bien sûr la dentellière (Ah, ces fils entre ses doigts !) et, incontournable, la laitière. Le premier qui me sort un yaourt, je l'assassine !

(Document Wikipedia)
 
En direct live à cinquante centimètres du nez, c'est un choc esthétique. Nous voyons ce qu'il est impossible de voir sur une reproduction, le tableau semble habité, les couleurs, les couleurs ! Jusqu'au trou dans le mur... une idée de la perfection. Nous sommes trois à commenter le tableau, surtout ma Josette qui tient le pinceau depuis moult années et la charmante dame de St Lô. Au bout d'un moment, une Versaillaise grince derrière nous et il nous faut décaniller.
 
Ouf, je visite enfin les toilettes du musée après presque deux heures de visite. On raconte des salades, les toilettes elles ne sont pas d'époque.
 
Il nous reste du temps, nous musardons dans le palais, nous arrêtant çà et là. Mon œil de lutin repérant quelques jolies choses...

Fragonard : Le feu aux poudres
 
Inévitablement, nous sortons du musée par la boutique de souvenirs. Nous regardons avec dédain les gens sortir de là avec leurs assiettes Joconde ou   leur Victoire de Samothrace en plâtre. Peuh, quel mauvais goût, qu'ils repartent vers leurs pénates avec leurs souvenirs kitschs.

Mais mais, regarde ça !!! Oh génial, ça va plaire à Arielle qui va bientôt avoir trois ans ! Et c'est comme ça que Papy et Mamie sont repartis avec un cadeau kitsch. La honte !


Et c'est pas fini la journée ! Direction l'Olympia ou plutôt le café de l'Olympia où nous mangeons notre croque-madame dans une crypte au sous-sol. Un demi-litre de bière nous requinque grave comme on dit chez les jeunes, euh enfin, on n'est pas chez les jeunes. Ça sent même le vieux rocker. Ils viennent certainement assister au même spectacle que nous.

Photo de ma Josette

Ah, les toilettes du café de l'Olympia sont super et la serveuse très sympa ! Vite, nous allons voir... tadaaa !!!


La légende du blues blanc ! John Mayall, 84 ans au mois de novembre. In-con-tour-na-ble ! Mayall fait partie de notre histoire. C'est Josette qui m'avait prêté Blues From Laurel Canyon alors que nous étions en seconde, elle m'avait aussi fait découvrir Jethro Tull et les premiers Pink Floyd mais c'était certainement Mayall qu'elle préférait. Mayall, une vie de blues pour lui, une vie pour nous. Quarante-cinq ans après la seconde du lycée, nous allons enfin le voir et l'entendre.

Ah la vache, ils sont tous là ! Le Baby Boom a débarqué, la moyenne d'âge explose les soixante ans, je ferais presque jeune.

Le gars en première partie tient une demi-heure et après, le type au micro nous annonce que l'Olympia nous offre vingt minutes d'entracte. Bon coureur, je gicle vite vers les toilettes. Grand bien m'en fasse, quand je sors après avoir vidangé un bon demi-litre de Grimbergen, je m'aperçois que tous les types de la salle se sont donné rendez-vous aux gogues. Elle est impressionnante la queue, euh, la file d'attente. Il fallait s'y attendre avec autant de croulants dans la salle. Ah oui, croulant, c'est le mot qu'on utilisait dans les années soixante pour désigner les plus de quarante ans... j'en ai maintenant soixante et un et j'apprécie le terme à sa juste valeur... ouille !

Photo Angel Burbano

Papy Mayall a bien pris un peu de bide mais il a une pêche d'enfer. Il joue en trio avec un jeune bassiste tout fou et un très bon batteur qui fait le Jabba sur son siège. Au bout de deux morceaux, le gamin plante son ampli de basse et, le temps de la réparation (un ventilo collé derrière la machine), John Mayall nous gratifie de deux impros au clavier puis à l'harmonica. Nous, on est sur le cul ! Le concert reprend et c'est une heure un quart de blues légendaire. C'est un peu comme Vermeer, nous entendons ce qui est impossible à entendre sur disque, le blues est incarné.

Rentrés à une heure trente du mat', nous nous couchons vite. J'ai un cross à courir à seize heures nom de d'là ! Evidemment, au lever, le premier disque que Josette met dans mon lecteur CD d'ancêtre (un Sony 557 ESD de 1987), c'est le double album du 70ème anniversaire de John Mayall. A l'époque, il était vraiment jeune, non ?

Je vous laisse apprécier "Somebody's acting like a child", un extrait de Laurel Canyon interprété en 2003 par John Mayall and the Bluesbreakers featuring Mick Taylor et Buddy Whittington à la guitare, du grand art :

 
 
 
 
 
 

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DES FEMMES ET DE LA LUMIÈRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 20-02-2017 15:34:15 - 5 commentaires

Lassay les Châteaux
19-02-2017
 
 
Belle journée de février dans mon pays Normandie-Maine, Lassay est à cinquante minutes de la maison. Depuis quelques temps, nous avons pris l'habitude, mon épouse et moi, de nous intéresser de plus près à notre région et aux trésors qu'elle recèle. On n'est jamais déçu quand on sait où observer...

 
Le but de la balade de ce jour d'hui est une chapelle privée érigée en 1651 et notre guide est Cathy, passeuse de lumière. Cathy est la preuve que les gens ne sont pas forcément rancuniers : j'ai appris à lire à trois de ses quatre enfants et elle ne m'en tient pas rigueur. Cela dit, quand elle est tombée en panne de graphiste pour son dernier projet de vitrail, elle s'est dit qu'il fallait mieux faire appel à ma Josette plutôt qu'à moi... Un vitrail avec des cochons roses, ça aurait pourtant eu de la gueule.


 A l'origine, il y avait ces vitraux à restaurer. Il paraissait évident que le transfert de la partie gauche en bas de celle de droite s'imposait. C'est en faisant ce transfert sur écran que mon épouse s'est aperçu d'un problème : un des panneaux de droite avait été remonté tête en bas. Une petite manipulation informatique donna un aperçu de la forme originelle du vitrail :
 
 
Restait donc à créer le vis à vis du vitrail ancien, une création à la fois contemporaine et respectueuse du lieu :

Projet graphique de Josette
 
Dix mois plus tard, Cathy a créé le vitrail moderne dans son atelier, démonté et remonté l'ancien puis posé son vis à vis.
 
Ce dix-neuf février, il fait grand soleil et ma première impression est colorée :
 
 
 Le vitrail contemporain est une réussite et il anime puissamment les murs de la chapelle.

Création de Cathy

Je m'empresse de faire un ensemble de photos pour immortaliser le résultat de la collaboration des deux amies.


Nous terminons la promenade par un  tour vers le château du XVe, goûtant la douceur de l'atmoshère en cette aimable jour d'hiver.


 Site de Cathy : http://www.atelier-vanhollebeke-vitrail.fr/
 
 

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HUMOUR MAROCAIN

Par Le Lutin d'Ecouves - 11-02-2017 17:52:16 - 3 commentaires


Vu chez un vendeur d'enseignes à la médina de Marrakech :
 
 
 
 
 

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ATLAS-MOI LES BASKETS

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-02-2017 12:50:36 - Aucun commentaire

 

 

Au pied de l'Atlas se trouve Marrakech. Plus qu'à un marathon, c'est à la découverte d'une ville que je vous invite. Préparez-vous un thé à la menthe et prenez le temps de lire mon récit :

ICI

 

 

DOUZE MOIS ET DOUZE ÉMOIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 19-12-2016 18:08:02 - 11 commentaires

Petite rétrospective de l'année 2016 issue de mes balades en compagnie de mon Hybride Panasonic, de mes compacts Sony et bien souvent de Tonton Gilles le marcheur infatigable qui ne quitte jamais son Reflex Canon.
 
 
Janvier
 
Alençon, 21-01

Belle journée froide, nous revenons du Parc des Promenades et je m'aperçois que le célèbre toit métallique de la Halle aux Blés installé en 1865 par l'ingénieur Croquefer semble faire une partie de bilboquet avec la Lune.


Février

 Alençon, 15-02

A ses pieds, j'ai vu nager des bœufs... Dures et fières, les ronces aidées de la mousse et du ruisseau du Gué de Gesnes rongent patiemment ce mur qui s'effondre non loin de l'hôpital. On est sur un ancien marais et la nature reprend ses droits. 
 
 
Mars
 
 Forêt d'Ecouves, 17-03
 
Des chatons comme une promesse de printemps... Insensible aux saisons dans mon jeune âge, j'ai bien changé. Le Temps m'a ouvert aux autres et aux choses simples. 
 
 
Avril
 
 Alençon, 07-04
 
Les feuilles des ancolies ont cette belle particularité de contraindre la rosée du matin à former de jolies perles d'eau qui disparaissent ensuite au soleil sans mélancolie. Délicat et beau...


Mai

Alençon, 26-05

Mon jardin sert souvent de pâture aux représentants du petit monde, il ne me nourrit guère mais me donne l'occasion d'admirer la grande beauté de cette faune fantastique. Le Lutin aime tous les animaux...


Juin

Belle-Ile-en-Mer, 14-06

Comme un moucheron se détachant à peine sur le ciel gris, un minuscule personnage donne la mesure des formidables falaises de la Pointe des Poulains. Belle-Ile... tout est dans le nom.


Juillet

Alençon, 13-07

Veille de Fête Nationale. Deux secondes de pose et la fumée semble des dragons vomissant leur verte fureur sur l'Hôtel de Ville. Parfois, les lendemains ne chantent pas...
 
 
Août

Alençon, 25-08

Minou Gris, c'est comme cela que nous l'avons appelé. Chaque matin, il vient nous voir quelques minutes puis repart vers ses rêves de prédateur. Les soirs d'été, il nous observe dîner sur la terrasse. C'est un tueur sans pitié et un opportuniste souvent mal embouché. Nous l'aimons bien...
 
 
Septembre

Vallon-Pont-d'Arc, 25-09-2016

Dans les couloirs du Temps... Juste avant un plongeon de 36 000 ans, le Musée de la caverne du Pont d'Arc nous offre cet instant de perfection géométrique. Mon épouse me précède, nous sommes ensemble, nous sommes bien.
 
 
Octobre
 
 Alençon, 26-10

Couleurs et reflets, Alençon est un jardin au bord de l'eau. Tonton Gilles réussit mieux que moi ses clichés des miroirs de la Sarthe mais mon petit Sony s'est quand même bien débrouillé ce jour-là...


Novembre

Alençon, 17-11

Fleur de la Passion oui, mais pas amoureuse... La passiflore fait symboliquement référence à la Passion du Christ. Celle-ci est originaire du Brésil et se permet d’être toujours en fleur en novembre. Tant de Constance (Elliott) mérite le respect.
 
 
Décembre
 
 St Germain-du-Corbéis, 15-12

Il est 16h30, c'est déjà le soir, je n'ai pas vu cette grande buse se poser et c'est Tonton Gilles qui me signale le plan. Nous avons marché dix kilomètres et je n'ai réussi qu'un cliché. Cela suffit à mon bonheur...



 



 

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UNDER ICE

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-12-2016 18:46:12 - 4 commentaires

J'ai toujours tenu Kate Bush pour un génie, ce qu'ignorent parfois les gens qui se sont limités à ses tubes comme Babooshka ou Wuthering Heights. Il suffit pourtant d'écouter attentivement ses trois chefs-d’œuvre des années 80 "Never For ever", "The Dreaming" et "Hounds of Love" pour se convaincre que l'on a là affaire à de la musique de haut niveau écrite, chantée et interprétée par une jeune femme surdouée et pétrie de culture. Extraite de The Ninth Wave (Hounds of Love), la chanson Under Ice m'a toujours fasciné et même obsédé. Je n'ai jamais été convaincu par les différentes traductions trouvées sur le net, soit elles étaient fautives, soit elles étaient trop littérales. Or, pour bien traduire un texte poétique, il faut tourner autour... avec amour, ce que j'ai essayé de faire avec cette traduction personnelle :
 
 
Sous la glace
 
C'est merveilleux
Les alentours, si blancs
La rivière est devenue un miroir de givre
Pas une âme sur la glace
Juste moi qui file en patinant 
Je passe en trombe parmi les arbres
Laissant de fines traces sur la glace
Traçant au couteau de petites lignes givrées
Sifflement de la surface qui se fend
Mes talons d'argent font crépiter la neige
 
Quelque chose s'agite
En-dessous, sous la glace
Quelque chose me suit, sous la glace
Fendant l'onde sous mes pieds
Ça tente de sortir de l'eau froide
" C'est moi "
Quelque chose, quelqu'un, à l'aide !
" C'est moi "

 
Pour illustrer cette chanson, voici ce travail de fan, un montage vidéo de MrMarrs :
 
 
 
Le triple album des concerts de 2014 "Before the dawn" vient de sortir, indispensable pour ceux qui voudraient (re)découvrir cette grande artiste. 
 
Son site : http://www.katebush.com/  (Attendez un peu avant d'entrer dans le site...)
 
 
 

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FACE AU SOLEIL DE NOVEMBRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 28-11-2016 20:56:03 - 9 commentaires

Amateur ou pas, chaque photographe a ses manies. Ceux qui suivent mon blog photo (une parution tous les deux jours) ont pu constater la plus évidente : dans 99% des cas, mes clichés ne sont effectués qu'avec des petits appareils (hybride, compact et même téléphone portable). Modestie ou suprême snobisme, là n'est pas le sujet de ce billet mais plutôt cette fichue habitude du contre-jour que j'ai développée depuis mon passage à la photo numérique. Ce mois de novembre, durant mes balades photographiques avec Tonton Gilles, je n'ai pas pu résister à cette sale manie. Résumé en neuf étapes :
 
 
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Premier novembre de feu froid en Ecouves, Tonton Gilles se tortille sous une branche pour prendre un cliché du carrefour du Chêne au Verdier ; je me mets juste à côté de lui et lui vole son idée mais mon petit compact Sony, un RX100, ne voit pas la même chose que son Reflex Canon :
 
  01-11-2016
 
Deux jours plus tard, nous franchissons la frontière ornaise sur quelques centaines de mètres pour nous aventurer sur les terres sauvages de la Mayenne à St Pierre des Nids. Juchés sur un barrage, nous photographions l'île de l'ancienne forge :
 
 03-11-2016
 
Puis j'entraîne mon compagnon à l'endroit où les départements de l'Orne, de la Sarthe et de la Mayenne se touchent en un point. De merveilleux pâturages nous ouvrent leurs vastes bras. Un éclair bleu et orange, le martin-pêcheur veut bien se montrer mais ne se laisse pas photographier. Le soleil de l'après-midi se répand sur les collines en direction de St Léonard-des-Bois :
 
 03-11-2016
 
Un dimanche matin en compagnie de mon épouse pour deux heures de marche nordique en Ecouves. Non loin de Radon, la quiétude et la grâce de ce petit chemin près de Radon me fait décrocher un bâton pour sortir mon plus petit compact, un Sony TX30, pas de possibilités de réglages, juste un silencieux clic-clac et l'automne est dans la boîte :
 
 13-11-2016
 
Des jours de ciel blanc plus tard, le soleil se met à nouveau à hanter les bords de notre monde. Je reprends mon RX100 si petit mais si malin. Il est 16h30 et le soleil peint hâtivement l'horizon d'orange et de gris. C'est à mon tour de signaler un plan à Tonton Gilles, nous prenons tous deux en photo le même arbre à proximité de la Fuie des Vignes :

27-11-2016

Le lendemain, le bleu domine. Il fait cinq degrés et le vent de nord-est nous chante l'hiver en balayant le ciel de son humidité. J'emmène mon compagnon photographe dans la Sarthe à cinq kilomètres de notre quartier de Courteille. Nous montons sur une modeste colline et regardons en direction d'Alençon :

28-11-2016

Quelques minutes plus tard, il est presque 17h, les couleurs changent de minute en minute. Un dernier cliché au même endroit avant le chocolat chaud :

28-11-2016

Mardi glacial, nous montons à Ste Anne de Champfrémont sur la colline de Multonne en Mayenne qui toise Ecouves par-dessus la plaine d'Alençon. Orienté au sud, le site ne manque jamais de lumière. En cette saison, il se prête idéalement à ma petite manie du contre-jour.
 
 29-11-2016
 
Le froid se fait très vif, Alençon entre déjà dans l'ombre pendant que les étangs de Ste Anne se gorgent encore de soleil. L'hiver vient.
 
 29-11-2016
 

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Si vous voulez vous évader...

Tonton Gilles ne s'appelle pas Gilles et il n'est pas mon Tonton, ça ne l'empêche pas de tenir depuis deux ans un blog aux textes poétiques, épiques ou intimistes.
 
Il tient aussi depuis peu un blog photo très prometteur.
 
Quant au Lutin, il a déjà publié plus de 300 clichés sur son blog photo
 
 

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ACTION RADICALE POUR SE DÉBARRASSER DE LA MENTALITÉ DE PRIMATE

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-11-2016 19:57:22 - 4 commentaires


Le retour du roi (pourpre)
 
Radical Action To Unseat The Hold of Monkey Mind
 

Aux environs de 1972, je découvris avec une certaine stupéfaction la musique de King Crimson. Le groupe, âgé de seulement trois ans à l'époque, avait déjà produit quatre albums aussi polymorphes que renversants : In the Court of the Crimson King - In he Wake of Poseidon - Lizard - Islands.
 
A peine avais-je digéré ces œuvres complexes et fascinantes que  la deuxième vague arriva avec Larks' Tongues in Aspic, Starless and Bible Black et Red, trois albums produits en 1973 et 74. Deux autres vagues de trois albums déferlèrent ensuite en 1981-84 puis en 1995-2003 (voir discographie du groupe).
 
Puis plus grand chose depuis à part quelques live et autres expériences de Robert Fripp, la tête pensante et pivot du groupe.
 
Robert Fripp - Photo Greg Cristman
 
En cette année 2016, je pensais sincèrement que Fripp, arrivé à 70 ans, avait tourné la page et que le Roi pourpre était défunt. Que nenni !  Pour fêter l'entrée dans sa huitième décennie, King Robert a réuni d'anciens et de récents collaborateurs pour une tournée de deux ans (2015 et 2016) qui vient de déboucher sur un album live de luxe : Radical Action To Unseat The Hold Of Monkey Mind, un coffret de 3CD live + un Blu-ray en concert de 2h40min, le tout m'ayant coûté seulement 33 euros.

A priori, je m'attendais à un festival de Frippertronics et autres Soundscapes comme dans les productions du début des années 2000 où tout était piloté à partir des guitares qui pouvaient imiter la flûte, le hautbois et les nappes de cordes ou même parfois la voix. Depuis 1981, le groupe était devenu essentiellement métallique tout en gardant son extrême sophistication sonore et surtout rythmique.

Que nenni ! Le King Crimson cuvée 2015-16 revient sur des sons plus classiques avec, entre autres, le retour de Mel Collins qui assure (et pas qu'un peu) les parties saxo et flûte comme du temps des premiers albums. Un autre vieux compagnon, Tony Levin qui a partagé son temps entre Peter Gabriel et King Crimson, tient la basse. Voilà, avec Fripp, le club des 70 berges...

Pour cette rétrospective de luxe,  le Roi pourpre s'est adjoint trois batteurs (Pat Mastelotto, Bill Rieflin et Gavin Harrison) dont un tient aussi le clavier. Là, le clavier, on l'attendait ! Au départ, King Crimson avait bâti une partie de ses paysages sonores sur l'utilisation du mellotron, un drôle de clavier échantillonneur qui fonctionnait avec des morceaux de bandes magnétiques. Ce petit clavier pouvait ainsi reproduire la voix, les cordes, le hautbois, la flûte ("Strawberry fields forever" des Beatles) mais avait un gros défaut, les bandes s'abîmaient et devaient être changées régulièrement. Eh bien, Fripp a fait échantillonner le son du mellotron qu'il a ainsi ajouté aux claviers utilisés par lui-même et Bill Rieflin lors du spectacle. On est ainsi confondu d'entendre des classiques comme "Epitaph" et "The Court of the Crimson King" avec une telle précision, comme si 47 ans avaient été effacés d'un coup.

Ce bel édifice serait cependant bancal sans Jakko Jakszyk à la guitare et à la voix. Là, je tire mon chapeau car il opère un véritable tour de force en étant Greg Lake dans les morceaux des deux premiers albums, Boz Burrell dans la chanson tirée du quatrième et John Wetton dans les morceaux datant des années 73-74. 

Le tout fait une musique intensément Crimsonnienne d'une redoutable précision avec en plus la chaleur des instruments de Collins et de la voix de Jakszyk. Et ce n'est pas tout, Fripp nous octroie une trentaine de minutes de musique nouvelle ou récente (dont deux morceaux de son album A scarcity of Miracles - 2011).

Par respect pour ces grands artistes qui n'ont jamais cédé à la facilité, aux modes ou aux sirènes du Show-Biz, je ne mettrai pas mes morceaux préférés en ligne, dommage car la pièce triple "Radical action" vaut son pesant d'intelligence. Je me contenterai donc de vous présenter les deux (néanmoins excellents) extraits du show délivrés par la chaîne officielle de DGM live.

D'abord "Starless" qui concluait l'album Red :
 
 
 
Puis "Easy Money" de l'album Larks' tongues in aspic, un festival de percussion pourpre.

 
 
Un dernier détail : le concert se termine bien sûr par "21st Century Schizoid Man" à fond les manettes. Ô joie !
 
 
 

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LE MAUVAIS SORT

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-11-2016 16:01:58 - 5 commentaires


Un long nez surmonté de deux petits yeux rapprochés et un béret crasseux vissé par là-dessus, le gars Camus ne payait pas de mine. Dans son village, c'était le simple d'esprit qu'on tolérait à cause du Père. Le Père, on le respectait grâce à ses dons de rebouteux ; il était effectivement très doué et on venait de loin pour le voir. Il avait appris ce métier dans un camp de prisonniers en Allemagne puis, à son retour, il avait repris sa petite ferme sur les hauteurs à quelques kilomètres d'Alençon tout en remettant les épaules ou les hanches dans le bon sens. J'avais moi-même eu affaire à lui pour un sévère torticolis qu'il avait effacé en deux passages du pouce. Vraiment, on le respectait pour cela... et on le craignait aussi car il se disait qu'il était un peu sorcier, qu'il possédait le Petit et le Grand Albert et que sa femme, qui était légèrement folle, tournait chaque soir une grosse pierre sur le haut de son armoire pour conjurer le sort.

Je le connaissais depuis mon enfance, le gars Camus ; il venait régulièrement chez Pépère et Mémé boire un café et en profitait pour pérorer des heures sur de supposés complots organisés par les "Gars d'la CGT" qui, c'est sûr, allaient faire parler d'eux un d'ces jours. Bizarrement, ces gars étaient présentés comme des héros positifs ou comme d'horribles malfaisants selon l'humeur de l'incurable bavard qu'était l’interlocuteur de mes grands-parents. De toute façon, ceux-ci ne l'écoutaient pas, Pépère parfois même s'endormait assis. Mémé lâchait alors l'horrible tricot au crochet qu'elle confectionnait pour lancer : "Ben Raymond, tu dors ?", ce qui le réveillait en sursaut mais ne perturbait nullement le débit du gars Camus perdu dans le flot délirant de son discours décousu.
 
Le gars Camus était inoffensif, toujours prêt à rendre service à mes grands-parents, de plus, il leur apportait souvent une salade, des radis ou des carottes selon la saison en paiement de leur supposée attention à ses interminables clabaudages qui finissaient invariablement par emplir sa bouche de fils de bave, ce qui me faisait penser à l'agonie du poisson fraîchement pêché terminant lamentablement sa vie sur l'herbe de la berge. Le gars Camus n'était ni sensé n beau ni ragoutant mais c'était un gentil. Il était content de voir du monde, de visiter ses "petits vieux" comme il disait.
 
Au bout d'un long moment, il finissait (tout d'même) par repartir non sans réinsérer de vieux journaux dans son paletot (Y'a rien d'mieux pour le froid") et d'enfourcher sa Mobylette en direction de la colline d'Héloup à deux pas d'Alençon.
 
Tout allait bien tant que le Père était encore vivant. On a beau être un célèbre rebouteux et un sorcier putatif,  on n'en est pas moins mortel. En quelques années, la Mère puis le Père furent emportés et le gars Camus se retrouva seul dans la ferme familiale. Il n'avait jamais vraiment travaillé mais la faiblesse de ses revenus était compensée par ses tout petits besoins. Il avait un toit, ça lui suffisait même si l'ancienne ferme devenait progressivement un sacré foutoir.
 
Le gars Camus continuait de sillonner la région sur sa mobylette, étant plus ou moins bien reçu ici ou là en fonction de la tolérance ou de l'éducation des gens visités. Cela dit, la mort du Père avait certainement ouvert une brèche dans l'esprit du fils qui, progressivement, se crut héritier des pouvoirs de son géniteur. C'est là que ses ennuis commencèrent. Dans tout le pays, il se vantait d'être capable de soigner par influence ou même de conjurer les sorts. De conjurer à jeter, il n'y a qu'un pas qu'il n'hésitait pas à franchir s'il se faisait rabrouer.
 
A Héloup, chacun savait qu'il était "simple" et on se préoccupait peu de lui, cependant, il lui arrivait bien quelques avanies comme lorsque, mécontent d'être expulsé d'un champ par un paysan, il lui balança du sel à la figure en lui disant :"Ton champ eh ben y f'ra qu'des orties, j'peux t'le dire !" En quelques passes, il jeta son sort et courut bien vite de peur d'avoir la fourche aux fesses. Le paysan n'était pas né de la dernière pluie et, la nuit suivante, il fit discrètement le guet dans sa parcelle prétendûment maudite. Bien lui en a pris, aux alentours de minuit, il vit le gars Camus arriver avec une grande pouche emplie de graines d'orties qu'il avait cueillies dans la soirée. Les semailles furent rapides et le gars Camus détala bien vite au premier coup de fusil chargé de gros sel.
 
On aurait pu en rester là mais la suite fut plus tragique. Dans les années soixante-dix, il y avait encore de nombreuses petites exploitations qui vivotaient et qui pouvaient sombrer au moindre problème. Les paysans qui les tenaient n'était pas encore les techniciens de maintenant et la mentalité de certains n'avait pas évolué depuis le XIXème siècle.
 
Les frères Hérisson, âgés d'une vingtaine d'années, n'avaient plus que leur mère pour les aider à tenir leur ferme. Et leur ferme, elle allait mal, les bêtes crevaient sans qu'on en devine la cause. Il s'agissait certainement de problèmes d'hygiène et peut-être aussi de malchance mais la mère ayant bourré le crâne de ses fils d'histoires de "j'teux de sorts", ils préféraient croire qu'on les avait envoûtés. Comme ils avaient déjà eu des différends avec le gars Camus pour des broutilles, le sorcier était tout trouvé. Par contre, dénicher quelqu'un pour conjurer le sort était une autre paire de manches...
 
Il faut dire qu'un sort, c'est dangereux pour celui qui le lance et pour celui qui le renvoie. C'est comme s'il était attaché à un gros élastique : si tu le lances et qu'on te le renvoie, tu le prends dans la figure et si tu le renvoies et que tu rates ton coup, le sort il te saute amont le dos. Pas facile.
 
La famille Hérisson en était à ce type de réflexions alors qu'elle regardait "Les cinq dernières minutes" avec le commissaire Cabrol et l'inspecteur Ménardeau ce soir du 28 février 1976. L'épisode intitulé "Le collier d'épingles" déroulait une intrigue policière autour d'une sombre histoire d'envoûtement dans une région dite "reculée"... Cette histoire pépère pleine de poncifs sur un monde paysan déjà disparu était bien anodine mais les fils Hérisson, à bout qu'ils étaient, la prirent au premier degré et, encouragés par la mère, prirent un fusil et se dirigèrent vers Héloup en pleine nuit.
 
Le gars Camus ne fermait jamais sa porte et c'est silencieusement que les frangins pénétrèrent dans sa maison, crevant de trouille à l'idée que le sorcier se réveille et leur jette un ultime et mortel sort. Une décharge de chevrotine en plein visage mit fin à l'existence du pauvre gars, il avait cinquante ans. Un innocent tué par deux simplets. Trois vies gâchées.
 
Les deux frères furent vite confondus et avouèrent leur crime. Ils furent lourdement condamnés. On laissa leur mère tranquille bien que celle-ci maintint à l'audience que ses garçons avaient fait ce qui devait être fait.
 
La presse nationale fit de cette affaire une croustillante histoire de sorcellerie au pays des cul-terreux, nous faisant tous passer, nous Ornais, pour des sauvages incultes et superstitieux. Les journaux parisiens adorèrent, ils en rajoutèrent en faisant du gars Camus un inquiétant sorcier régnant maléfiquement sur une population d'ignares. C'est en rabaissant les autres que certains aiment se voir grands. Le gars Camus ne méritait pas ça, notre région ne méritait pas ça, même les frères Hérisson ne méritaient pas ça.
 
Le bruit finit par s'estomper et quarante ans après, il n'y a plus grand monde à se rappeler l'affaire, à peine quelques mentions dans deux ou trois ouvrages sur la sorcellerie. Et mon souvenir d'un gars pas bien malin mais inoffensif qui apportait des légumes à mes grands-parents et s'enfonçait quelques heures plus tard dans la nuit au guidon de sa Mobylette.
 
 



Extrait de Télé 7 jours pour le programme du 28 février 1976
 

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