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Le Lutin d'Ecouves

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JAMAIS DEUX 100 TROIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-10-2022 11:58:41 - Aucun commentaire

 

Millau c'est de la bonne !

 

 
Si vous voulez comprendre pourquoi Millau c'est autre chose qu'une course de 100 bornes, allez voir le récit du vieux Lutin : ICI.
 

NAGUÈRE, DES ÉCOLES - ÉPISODE 18

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-09-2022 09:55:47 - 12 commentaires


Le côté obscur
 
Quand je relis les 17 précédents épisodes de cette série, je m'aperçois finalement que j'y ai gommé la plupart des aspects négatifs de ma carrière. Serais-je un incurable optimiste, un Bisounours ou serait-ce plutôt de l'auto-censure ? Non, en fait j'ai signé en 1977 à mon recrutement un document m'imposant de ne parler qu'en termes élogieux de mon métier pour éviter que les générations futures ne le fuient à toutes jambes. Nan, je déconne ! En réalité si je n'ai pas parlé de mes galères c'est qu'il n'y a pas de raison que je me fasse avoir et pas les autres. Nan, je re-déconne, j'ai beaucoup aimé ce métier très prenant de plus en plus mal payé au fil du temps et qui n'a attiré que mépris de la part de la majorité de la population et surtout de mon administration. 
 
 
 École Normale d'Alençon
(Centre de formation des instituteurs : deux ans de formation après le bac)
 
Dans cet établissement, il y avait deux types de profs :
 
- Ceux qui ne savaient pas trop ce qu'ils faisaient là, n'ayant qu'une vague idée de ce qu'était l'enseignement en primaire et encore moins en maternelle. Je me souviens de ce prof d'audio-visuel ((à l'époque c'était à la mode) qui ne faisait rien mais qui notait bien, de ce prof d'arts aux cheveux longs qui n'avait jamais de matériel mais qui approuvait n'importe quel gribouillage. Et ce prof remplaçant d'histoire-géo qui avait regardé avec nous les rencontres de Roland-Garros au lieu de faire cours, et cette prof de psycho qui lisait ses cours à longueur de temps d'un ton monocorde sans lever les yeux de sa feuille. Son absence de personnalité et de pédagogie l'avaient amenée à monter en grade : elle était devenue inspectrice.
 
Ces gens-là, conscients de leurs faiblesses étaient plutôt sympas avec nous et notaient correctement. Quand ils nous visitaient en stage, ça se passait bien, émerveillés qu'ils étaient de découvrir ce qu'était le vrai boulot d'un pédagogue (et dans pédagogue, il y a gogues).

- Ceux qui avaient des idées arrêtées sur l'enseignement et qui étaient bien décidés de les faire entrer de gré ou de force dans la tête des étudiants. La plupart étaient des militants persuadés du fait qu'ils allaient changer le monde en changeant les esprits des jeunes enseignants qui changeraient ensuite les esprits des enfants. Ceux-là étaient vindicatifs pour les étudiants qui ne suivaient pas la ligne. Face à eux, la seule bonne stratégie était l'évitement : il était impératif de leur servir la soupe et de cacher le reste. Je me souviens de cette prof de sciences qui n'acceptait que la modernité et pour laquelle il fallait faire table rase des méthodes de nos maîtres d'école. Tout ce qui appartenait au passé était mauvais et nous devions construire notre propre monde pédagogique. Quand nous lui demandions comment, elle nous répliquait d'un ton cinglant qu'elle n'était pas là pour nous donner des recettes. Je me souviens de ce prof de français spécialiste en linguistique qui interdisait entre autres la grammaire ou la dictée, sans parler de la conjugaison. Les enfants devaient construire leurs apprentissages et d'ailleurs, ce n'était pas des élèves mais des apprenants. Mais comment nous faisions pour leur apprendre à construire ? Mystère... Je me souviens de stages en classe où je faisais planquer dictées et leçons de grammaire aux enfants lors des visites de ces commissaires de la pensée pédagogique tout en leur montrant un boulot bien dans la ligne de la pensée moderne mais à l'efficacité anecdotique. Ces professeurs n'eurent que peu d'impact sur moi, mon passé de cancre m'avait finalement bien servi, je m'étais retrouvé en stage pour la première fois devant des enfants à l'âge de 23 ans, je n'étais pas aussi influençable qu'un jeune de moins de vingt ans. Et puis, mon vécu d'ex-fainéant m'en avait beaucoup appris sur les mécanismes liés à la motivation ou à son absence chez l'enfant. 


A la campagne

Nous connaissions les termes du contrat : avant d'enseigner en ville, nous devions faire plusieurs années de goulag campagne. Les premières années étaient rock and roll car nous (couple d'instits mariés) n'étions nommés qu'en dernière minute.
 
Pour mon premier poste, ce fut cool car nous avons été nommés dans la même école à seulement 40 km de chez nous et avertis... quelques jours avant. Nous n'avions pas d'enfants et peu de meubles, il y avait une passoire thermique disponible à côté de l'école. Cool... En fin d'année scolaire, sachant qu'on allait virer car nous n'étions pas encore titulaires de nos postes, nous avions entreposé nos meubles dans le garage du voisin et étions partis deux mois en vacances vu que nous étions SDF.
 
La rentrée de septembre était un jeudi et nous avions réservé un camion pour déménager mais nous n'avions pas pu remplir le kilométrage car nous n'avons su où nous allions enseigner que le vendredi soir, donc après la rentrée. Un week-end pour se retourner, pas de problème ! Cette année, j'avais été obligé de refuser un logement de fonction sans chauffage avec un trou gros comme ma tête dans la cheminée qui laissait voir le jardin. Le maire, qui avait la plus belle maison du village et qui était cadre à l'EDF m'en avait voulu et ne m'avait pas reversé l'indemnité de logement que la municipalité recevait chaque mois. J'avais donc fait la route chaque jour et comme ma femme bossait autre part dans la campagne et qu'un couple d'instits ne gagnait pas assez pour avoir deux bagnoles, elle me déposait à l'école à 7h30 et ne revenait me chercher qu'à 18h. Comme il n'y avait pas de cantine le midi, je mangeais dans ma gamelle et je retournais bosser. il faut dire que c'était une classe unique et qu'il y avait du taf, j'étais donc seul ; quant aux parents, ils étaient indifférents à l'école. Il n'y eut d'ailleurs personne pour se présenter au comité de parents d'élèves.
 
L'année suivante, nous obtînmes des postes de titulaires dans un bled d'éleveurs de chevaux où nous fûmes pris de haut en tant que fonctionnaires pendant trois années. J'avais fini par sympathiser avec un éleveur de chèvres auquel j'avais demandé pourquoi nous étions à ce point méprisés par la population. "C'est normal, t'as vu leurs Mercedes et ta Renault 11 ? Avec ta paye d'instit, t'es tout en bas de l'échelle juste au-dessus des chômeurs. Tu n'auras leur respect que quand t'auras une grosse bagnole." 
 
Bien... on a compris, notre poste suivant était situé dans un village pauvre où nous fûmes bien accueillis et logés dans une nouvelle passoire thermique sans chauffage. Nous avons dû acheter nous-mêmes nos convecteurs électriques et Madame le Maire nous a offert l'installation par un électricien. C'est pratique le chauffage électrique et c'est très joli quand le givre fait des fleurs sur les carreaux. C'est moins bien quand la glace se forme à l'intérieur, surtout quand vous avez un bébé à la maison.
 
Le village était calme et les enfants plutôt gentils, d'ailleurs, nous n'avons été cambriolés qu'une fois par des anciens élèves de l'école qui avaient vite été rattrapés. Nous n'avions pas porté plainte. Un des trois gamins de quinze ans était venu s'excuser et offrir en repentance de tondre notre pelouse. Les parents des deux autres nous avaient fait la gueule, vexés qu'ils étaient se trouver en défaut. Après douze ans de goulag campagne, nous avons retrouvé notre bonne ville d'Alençon dotés d'une solide expérience pédagogique et d'une maturité certaine.

En ville

Quand vous avez moins de quarante ans, il faut vous contenter des postes les moins prestigieux mais on vous laisse le choix : les pauvres ou les immigrés. En fait, c'est pareil. Dans notre premier poste en zone "sensible" (tous deux dans la même école), on a subi un choc : les gamins ne tenaient pas en place et certains s'asseyaient même sur les tables. En récré, certains se barraient de l'école. On avertissait juste la directrice qui téléphonait aux parents. Le boulot était très dur mais j'eus cependant des satisfactions avec certains enfants dont j'eus des retours positifs bien des années après (aucun ne m'a cassé la figure). 
 
La première année, nous avons hérité de deux doubles niveaux: les classes dont les collègues en place ne voulaient pas emplies des élèves dont on ne voulait pas non plus. Mon épouse avait un CP-CE1 dont les plus âgés étaient des grands brûlés de la pédagogie moderne : Ils avaient eu l'année précédente une maîtresse qui avait appliqué à la lettre les préceptes du prof de Français cité plus haut et qui aura sévi toute sa carrière dans l'Orne. La dame avait donc enseigné la lecture en utilisant la méthode "Naturelle"sans colorants ni additifs. A notre époque, on dirait Vegan, à l'inverse des bouffeurs de barbecue burnés. Bref, la dame donc, avait été inspectée en fin d'année et citée comme exemple dans les conférences pédagogiques ; elle avait pris un maximum de points et cela lui avait permis de retourner en maternelle d'où elle était venue. Une glorieuse année de CP lui avait suffi. Problème : les gamins ne savaient pas lire et on avait scindé en deux la classe. Une partie en CE1-CE2 avec l'aide d'une collègue supplémentaire qui prenait les enfants de CE1 en petit groupes et un CP-CE1 (mon épouse) pour que les CE1 apprennent enfin à lire avec les CP. Moi, j'avais eu du bol, mes CE2-CM1 étaient très durs mais savaient raisonnablement lire.
 
A cette époque, le redoublement devenait obsolète pour des raisons budgétaires ("Vous vous rendez compte combien ça coûte", nous disait-on.) L'inspecteur nous accordait cependant un quota de redoublements d'un ou deux enfants par classe. Il fallait choisir et envoyer les autres au hachoir. Ensuite, les tableaux EXCEL de l’Éducation Nationale ont rendu le redoublement tellement caca qu'il a été interdit. Ouf ! Moi qui ai redoublé mon CM2, ma 4ème et ma Terminale, je l'ai échappé belle...
 
Tout allait finalement pas si mal dans cette école où je m'étais accoutumé à la difficulté de la tâche en prenant un peu de distance avec le boulot. Question de survie : le nez dans le guidon, tu meurs. J'ai juste fait une erreur, un jour à cours d'argent, j'ai refusé de faire la grève et à partir de ce moment j'ai été traité comme un paria par la directrice qui a fait déménager ma classe à l'autre bout du couloir, monté les parents contre moi et envoyé mes cahiers à l'inspecteur pour lui signaler des pratiques pédagogiques non-conformes. L'inspecteur était bien embêté, il ne m'a rien reproché mais m'a fait comprendre qu'on ne contrariait pas une directrice en place depuis tant d'années. Il faut dire que pour être inspecteur, en plus du fait qu'on fait moins de dégâts derrière un bureau que devant des élèves, il faut avoir une certaine dose d'hypocrisie et c'est pas donné à tout le monde d'être à la fois autoritaire et fourbe. On doit faire des études pour cela.
 
Mon épouse a ensuite travaillé en ZEP jusqu'à la fin de sa carrière car elle y a trouvé une équipe soudée et fort sympathique. Les parents, en grande majorité étrangers, étaient bien loin des préoccupations pédagogiques de la société française, on ne peut pas leur en vouloir mais on peut en vouloir à une administration prompte à monter des actions de communication dans ces quartiers sinistrés de la République pour montrer qu'on se soucie des pauvres et que la France n'est pas raciste puisqu'on met tant de moyens dans ces zones dites sensibles. Le problème, c'est que la com' ça coûte cher et ce n'est que de la com'. Ma femme terminera sa carrière avec une classe de trente-cinq petits de maternelle. Le jour de sa retraite, elle prit un pot avec ses collègues et n'eut ni courrier ni coup de fil de son inspectrice. Moi, j'ai eu de la chance, j'ai reçu un courrier type signé à la main par mon inspectrice. Trop généreuse ! Elle n'allait quand même pas se déplacer pour me dire au revoir vu que l'inspection était à un bon kilomètre de mon école.
 
J'ai passé mes dix-neuf dernières années dans une école de centre-ville. La première année, on m'a refilé le CP car personne n'en voulait. Ce fut une révélation pour moi, je m'y suis vraiment éclaté. Les six dernières années, j'ai changé de niveau pour ne pas m'encroûter. Moins de galères car moins de problèmes dans une école de bourgeois à partir du moment où on sait remettre le bourgeois à sa place.
 
Le côté obscur ne se trouvait qu'au niveau de l'administration avec les Dark Inspectors et ses Conseillers Pédagosiths tous chargés de relayer les délires venus de la Planète Gouvernementale. A cette époque, j'avais assez de bouteille pour résister aux injonctions maboules des différents ministres et j'ai enseigné comme je l'entendais. Il m'a constamment fallu résister à la folie auto-destructrice du système due au libéralisme qui, non content de dézinguer l'industrie s'est insidieusement immiscé dans l'enseignement sous des oripeaux apparemment progressistes appelés "concertation", "projet d'école", "évaluations"... produisant une avalanche de réunions toutes aussi inutiles et venteuses les unes que les autres (en presque quarante ans, je suis passé de moins de 10 heures à 36 heures de réunions par an).
 
Sous couvert de modernité, on a mis de l'ordre dans une profession fort indépendante et autonome à coups d'évaluations, de rapports et d'injonctions autoritaires, il fallait rendre des comptes, nous devenions des gratte-papier. Les tableaux EXCEL et les POWER POINT ont été assénés par les obéissants rouages de l'administration. On en est venu à évaluer jusqu'aux enfants de trois ans ! Je me souviens d'une inspectrice soutenant aux enseignants de ZEP que leurs résultats n'étaient pas acceptables par rapport au centre-ville car, disait-elle, "des études ont montré que le niveau socio-culturel des parents n'avait pas d'incidence sur le niveau scolaire des enfants". "Des études ont montré", ça c'est un truc fort ! Nonobstant le fait que les études en question, on ne nous les montre pas... Et quand des vieux ronchons comme moi protestent : "Je ne peux pas vous laisser dire ça !" Trop fort ce qu'ils apprennent sur la planète des Siths !
 
J'ai fini par me taire et seulement noter à haute voix les fautes d'orthographe et de grammaire sur les POWER POINT, ça les énervait mais ils fermaient leur clapet pour le coup. Quant aux évaluations qui ne me servaient à rien (j'avais assez de pratique pour ne pas en avoir besoin), je finis par les truquer pour avoir la paix. Facile : la semaine précédente, je faisais faire trois jours d'entraînement à mes élèves avec les évaluations de l'année d'avant et, comme d'une année sur l'autre cela variait peu, j'avais un taux de réussite stratosphérique et j'étais félicité par l'inspection pendant que les mauvais mais surtout naïfs collègues étaient regardés de travers comme du temps où Charlemagne chapitrait les cancres sur les illustrations des livres d'histoire de mon enfance.

 
Tout ceci est bien sûr écrit avec la mauvaise foi qui me caractérise. Si j'ai commis ce texte huit ans après le précédent, c'est en réaction à la situation actuelle où l'on s'aperçoit que l'on manque de profs après les avoir paupérisés, trop souvent traînés dans la boue et traités comme des pions. Je me suis cependant épanoui dans ce métier et je ne regrette rien. Je devais être fait pour cela...
 

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Le retour du CHARDON BLEU

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-07-2022 19:29:28 - 6 commentaires

En 2010 et 2015, j'ai commis deux billets sur mon chardon bleu des Pyrénées, panicaut commun en Espagne qui aime tant mon jardin normand qu'il y prospère depuis une quinzaine d'années à l'instar de mon arbousier, plante sudiste qui atteint maintenant cinq mètres de haut. Il va falloir revoir les cartes climatiques, je pense... A l'époque, mes photos étant de moyenne qualité, je mets à nouveau l'ouvrage sur le métier histoire de vous faire profiter de la splendeur des visiteurs de mon Eryngium bourgatii
 
 
Puisqu'on parle du sud, voici l'isodonte mexicaine dont j'ai actuellement une vingtaine d'individus dans mon jardin. Elle est arrivée chez moi en 2014 et ne m'a plus quitté. Cette élégante petite guêpe est tout sauf agressive et se laisse facilement observer.


Plus commun, ce bourdon des pierres est un placide visiteur comme le sont les autres espèces de bourdons qui hantent mon jardin. Celui-ci est un mâle, cela se voit à sa collerette jaune.
 

Pendant qu'on bourdonne, voici le très commun bourdon terrestre. A ses courtes antennes et sa taille moyenne, on reconnaît ici une ouvrière.


Encore un bourdon et je me calme. Ce bourdon est probablement un bourdon variable dont l'identification n'est pas aisée car sa couleur est... variable. Il peut être confondu avec le bourdon des champs dont le dessus du thorax est généralement plus roux.


Hou la vilaine imitatrice qui s'est glissée dare-dare parmi les hyménoptères ! Madame veut faire croire qu'elle pique comme un frelon dont elle a presque la taille mais il s'agit d'une volucelle zonée, une inoffensive mouche de la famille des syrphes.


Mais si, il y a des abeilles sans dard ! La collète du lierre est une petite abeille solitaire qui nourrit ses larves avec du pollen. C'est un peu la végan de la famille car généralement les autres abeilles et guêpes solitaires enveniment des chenilles pour les donner à dévorer vivantes par leur progéniture. 


Cette abeille est une andrène (Andrena nigrospina), encore une fameuse butineuse (j'en suis à six espèces d'andrènes dans mon jardin).

 

On va laisser les pacifistes pour s'intéresser à ce petit voyou de philanthe apivore. Il s'agit d'une guêpe qui s'attaque aux abeilles mellifères, celles qui font des ruches et du miel. Ce délinquant agresse la pauvre ouvrière qui est nettement plus grosse que lui en la piquant sous la gorge pour la paralyser de son venin. Une fois Maya estourbie, le philanthe s'envole avec sa victime pour la fourrer dans son nid où sa larve va la boulotter vive.


Plutôt impressionnante et peu agressive, l'eumène unguiculé est une guêpe ibérique dont la femelle façonne des petits pots dans lesquels elle pond un oeuf puis y insère une chenille paralysée qui servira de nourriture à la larve. Il s'agit sur la photo d'un mâle nettement plus petit que la femelle qui est au moins de la taille d'un frelon. Elle est un des nombreux insectes témoins du réchauffement climatique car on n'en voit au nord que depuis dix ou quinze ans.


Je ne compte plus les articles concernant les guêpes et leurs supposées nuisances qui sont en fait illustrés par des photos de... polistes. Il s'agit d'une espèce proche qui fait aussi des nids mais de petite taille. La comparaison s'arrête là, la poliste est nettement plus grosse que la guêpe commune, elle n'est pas agressive et ne plane pas bêtement au-dessus de votre assiette car c'est une butineuse. De plus, elle a une paire de pattes plus longues que les autres, ce qui se voit bien quand elle vole.


Si vous voulez avoir mal, attrapez cette scolie hirsute dont le venin est particulièrement douloureux. Cela dit, il faut vraiment le vouloir car cette guêpe ne s'intéresse pas à nous et son venin est destiné à la future nourriture de ses larves.

 
Terminons cette revue partielle et non exhaustive par une rencontre au sommet entre la poliste et la scolie dont la symétrie et la beauté plastique me ravit et pas seulement au lit* !


*Desproges, sors de ce corps !
 
 Photos prises en juillet 2022

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GR 34 2022 : Etapes 12 à 15

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-07-2022 12:00:59 - 5 commentaires

 

 

Etape 12 : 19 juin Plougasnou-Térénez (11,96 km - 260 m D+)

C'est au petit déjeuner que nous découvrons la situation : le vent a tellement soufflé cette nuit que l'eau a pénétré la verrière du restaurant et la patronne dispose bassines et serpillières. Pendant que nous mangeons, un nouvel assaut de pluie a lieu. La distance prévue est assez courte et nous décidons de prendre notre temps en espérant une accalmie.

 

 

Et c'est parti sous une pluie modérée ; las, à la sortie du village c'est déjà un déluge du genre que nous n'avons jusqu'ici connu qu'à Cherbourg. Nous nous réfugions sous un abri bus duquel nous ne ressortirons qu'après 50 min de sévère renâpée.

Trop fun la rando !
 

Il doit faire 13 ou 14 degrés, ça on supporte mais le vent s'amuse à décorner les bœufs et il devient encore plus insistant quand on arrive à la pointe du Diben.

 

Bien sûr, le paysage est magnifique mais nos sacs augmentent sérieusement la prise au vent, rendant cette partie du parcours périlleux tellement les rafales nous ballottent, c'est ballot !

 

De grains en coups de vent, nous commençons à être pénétrés par la conviction qu'il faut faire vite pour rejoindre le camping qui nous attend. Ben oui, pour expier le précédent hébergement plus que bourgeois, nous avons réservé une petite cabane de 9 m2 sans sanitaire avec juste deux lits, pour 39 euros, ça le fait.

 

 

Eh bien, 2,5 km avant le camping, les éléments se déchaînent tellement que nous sommes obligés de nous arrêter au port de Térénez où nous nous réfugions dans une crêperie dans laquelle nous nous changeons puis mangeons en prenant notre temps vu que dehors c'est l'apocalypse météo. Profitant d'une fugace éclaircie, nous rejoignons le camping où nous apprenons que le séchoir de la buanderie est en panne depuis ce matin. Trop bien ! Heureusement, la cabane a un radiateur qui va nous aider à sécher nos affaires. C'est ainsi que nous passerons la nuit dans un étendoir à linge improvisé.

Etape 13 : 20 juin Térénez-Morlaix (14,87 km - 184 m D+)

 


Profitant de la modestie du kilométrage de la rando du jour, nous allons visiter la presqu'île de Barnenez et plus particulièrement son impressionnant cairn sis au sommet de la colline. 

 


Plus grand mausolée mégalithique d'Europe, ce cairn fait 75 m de long sur 28 de large. Il comporte 11 chambres funéraires de deux époques différentes entre moins 4500 et moins 3900. Son exceptionnelle conservation est due au fait qu'il était jusqu'il y a peu recouvert de terre et ce n'est que dans les années 50 qu'un entrepreneur qui voulait en faire une carrière découvrit que les cailloux qu'il voulait exploiter n'étaient pas venus tout seuls. Depuis, l'Etat a racheté le site.


Le reste du voyage est moins passionnant, la rade de Morlaix est bordée des deux côtés par la route et nous sommes vite amenés à circuler sur le bitume vu que nous avons choisi de nous éloigner le moins possible de l'eau.


Finalement, en dehors du cairn, ce sera la visite de la ville qui fera l'intérêt de cette randonnée car Morlaix est une cité singulière enclavée entre deux collines et transpercée par un énorme viaduc construit sous Napoléon III.



Descendus dans un appart'hôtel pourvu de lave-linge et de sèche-linge (l'obsession du randonneur), nous avons le temps de nous promener dans cette petite ville tout en venelles et escaliers, admirant les magnifiques maisons anciennes dont certaines datent du Moyen-Age ou de la Renaissance.

 

Après un croque-monsieur dans une brasserie style années 20, nous allons nous coucher dans notre appart dont nous apprécions le calme. Nous avons bien choisi la date car des affiches nous apprennent que la place sur laquelle nous sommes abritera demain la Fête de la Musique une bonne partie de la nuit... Au fait, il n'a pas plu de la journée.

Etape 14 : 21 juin Morlaix-Carantec (17,87 km - 338 m D+) 

Nous n'avons pas envie de nous prendre la tête avec le dénivelé du GR et optons pour la route qui longe la Rivière de Morlaix. Au bout de 5 bornes, nous en avons assez et reprenons le GR, traversant ainsi une forêt qui est en fait l'immense parc d'un ancien château.


Il faut de la patience et encore un peu de route pour retrouver le sentier côtier à l'embouchure. Petit à petit, le ciel se dégage, présageant une belle journée d'été.

 

 
Au 11ème km à l'approche de Carantec, nous tombons sur une pancarte : "Sentier fermé (éboulement)", le genre de signal qui me fait aller de l'avant... On a le choix, soit se taper deux bornes de bitume au soleil soit suivre un très joli sentier ombragé. Va pour l'éboulement ! Nous longeons donc de belles propriétés privées de l'accès à la falaise par ce fameux chemin. L'éboulement est juste un trou de 80 cm de profondeur que l'on se garde bien de combler semble-t-il et nous le franchissons sans difficulté.

 


En vue de Carantec, nous avisons une grande plage bordée par un golf. En espérant que les golfeurs n'appellent pas la police pour signaler un débarquement inopiné de traîne-misère mal fagotés et certainement animés d'intentions peu louables, nous nous installons pour un pique-nique au soleil. C'est notre avant-dernier jour de rando et nous savourons cet instant de sable.

 


Le tour de la presqu'île de Carantec par le chemin des douaniers est enchanteur, nous apercevons ainsi le cairn de Barnenez et une partie de l'étape d'avant-hier. 

 


Pour cette presque fin d'équipée, je me suis permis une folie : un hôtel quatre étoiles pourvu d'une vue à couper le souffle. Bon, l'arrivée avec les sacs à dos fait un peu tache et le réceptionniste, un peu froid, nous tend notre clé d'un air un peu effaré. Sans trop y croire, il nous demande si nous voulons réserver une table pour le soir. J'ai consulté le site de l'hôtel et je sais que le premier menu est à 79 euros sans les boissons. Je nous vois très bien en short et T-shirt de trail au milieu des touristes suisses et allemands dont nous avons vu les voitures sur le parking. Non merci monsieur.


Nous avons le temps de terminer le tour de Carantec jusqu'à l'ïle Callot avant de retourner vers la plage du Kellenn où nous mangeons "Chez les filles" dans une cabane en bois plus adaptée à notre look de vagabonds.

 


Nous retournons finir la soirée dans notre chambre à la vue impayable. Le petit déjeuner du lendemain (à 17,50€ par pers.) nous révélera la radinerie de l'établissement : nous avions le choix entre fromage blanc ou fruits au sirop, thé ou café, les viennoiseries étaient minuscules et le deuxième petit pot de confiture était facturé 5 €. Quand je pense qu'à Plougasnou, les gentils propriétaires avaient emballé les restes de notre pantagruélique petit déjeuner pour que nous puissions les emmener pour le pique-nique !

 

Etape 15 : 22 juin Carantec-Roscoff (20,47 km - 341 m D+)

Dernière étape : Nous quittons la presqu'île de Carantec en franchissant la Penzé au Pont de la Corde situé au cinquième km.

 


Le GR est souvent éloigné de la mer et traverse des cultures maraîchères. A part quelques jolis coins, le parcours n'est pas passionnant vu qu'une fois de plus, il n'y a pas de chemin des douaniers.


Nous yoyotons un moment avec un groupe alors que le ciel s'ennuage. Arrivés à St Pol de Léon, un grain se précipite sur nous et menace de nous transformer en serpillières mais nous sommes en Bretagne et cet importun météorologique disparaîtra aussi vite qu'il est venu et surtout, ce sera la seule averse de la journée. Finalement, ce sera curry de joues de porc et riz basmati à la plage Ste Anne. Tant pis pour le pique-nique !

 


De ce côté du GR, l'accès à la mer reste assez compliqué et notre entrée dans Roscoff se fera par le port de Brittany Ferries. Pas passionnant. Au bout de quelques kilomètres de patience, nous apercevons enfin notre but.

 


Le vieux port de Roscoff avec ses vieilles maisons d'armateurs et ses nombreux bars et restaurants. Ce port, nous le connaissons bien car Josette l'avait traversé à marée basse dans le cadre de la première étape du raid en duo Roscoff to Roscoff. Nous avons réservé une chambre d'hôtel dans un établissement confortable au tarif raisonnable et au personnel chaleureux. Ce soir, nous irons grignoter dans un bar en buvant notre dernier Ti-Punch. Mais avant, nous avons une photo à faire :

 

Nous sommes arrivés !


 

Post-scriptum : Non seulement le retour en Normandie en bus et train a coûté une somme dérisoire (billets + de 60 ans) mais en plus, le train est arrivé à Alençon avec 1 mn d'avance !!!

 

 

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GR 34 2022 : Etapes 8 à 11

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-07-2022 18:15:06 - 3 commentaires


Etape 8 : 15 juin Trébeurden-Lannion (17,85 km - 399 m D+)

 


Un dernier regard vers l'île Milliau et nous quittons Trébeurden en direction de la pointe de Bihit. Jusqu'à l'embouchure du Léguer, le GR suit un très beau sentier des douaniers. Il commence à faire chaud (pour des Lutins) et l'ombre est assez rare. Nous avons emmené boisson et ravitaillement car nous savons que ce parcours est plutôt sauvage. Nous le connaissons bien pour l'avoir couru lors de l'Ultra Tour des Côtes d'Armor.


Au bout d'un peu moins de 9 km, nous entamons la descente vers le chemin de halage pour pénétrer dans la vallée du Léguer que nous allons remonter. Contrairement aux autres rias, celle-ci est fort étroite mais aussi longue. Il fait de plus en plus chaud et nous trouvons enfin un coin à l'ombre pour pique-niquer au bout de trois km de plat.

 


Il nous reste encore six bons km pour arriver au but dont cinq km le long du fleuve. C'est un peu monotone mais ça va vite. Arrivés à Lannion, nous contactons notre logeuse qui vient nous chercher en voiture pour nous emmener dans une chambre d'hôtes carrément confortable, et je ne parle pas du petit déjeuner impérial à 5 € ! Une fois rafraîchis, nous musardons parmi les maisons anciennes et les venelles de Lannion. La ville est bien agréable ainsi que la brasserie que nous choisissons pour manger le soir avec son gérant aussi professionnel que sympa et sa serveuse rousse magnifique propre à ouvrir l'appétit de n'importe quel randonneur. Nous mangeons avec entrain, arrosant nos victuailles comme il se doit.

 


Une fois de plus, nous ne verrons pas le coucher de soleil...

 

Etape 9 : 16 juin Lannion-St Michel en Grève (21,92 km - 523 m D+)


La descente du Léguer n'a rien à voir avec sa remontée. Escarpé, sauvage, exigeant, ce chemin est magnifique mais aussi désert contrairement à son vis-à-vis. Ce n'est pas le genre de coin pour y balader sa grand-mère ou alors si on veut hériter.

 


Nous retrouvons un peu de civilisation en passant par le très joli port du Yaudet situé au 8ème km de notre périple mais il faudra encore quatre km pour enfin sortir de l'estuaire et arriver au bord de la mer.


Le premier point civilisé (possédant des bières) se trouve sur la presqu'île de Loquémeau. Là, le fish and chips s'impose ! La suite est loin d'être plate et le GR n'est pas toujours dégagé. Nous rencontrons d'ailleurs l'employé communal chargé de l'entretien. Marcher sur des tapis de fougères fraîchement coupées n'est pas vraiment aisé et quand ça ne glisse pas, c'est parfois acrobatique car on n'a pas la même proprioception avec un sac à dos faisant autour de 10 kg.
 

Lors d'une pause, nous rencontrons un randonneur d'environ 70 ans qui partage notre coin d'ombre. Le gars voyage avec duvet et tente en ne dépassant pas 7 kg de charge. Il couche n'importe où, ne transporte qu’un demi-litre d'eau à la fois, repérant les cimetières pour remplir sa gourde et taillant littéralement dans le matos, allant jusqu'à couper le manche de sa brosse à dents pour alléger le poids. Un pro, nous on passe pour des bourgeois à côté...


Nous arrivons enfin dans l'immense baie de St Michel en Grève où nous préférons passer par... la grève. Nous découvrons un magnifique village à taille humaine et aux habitants accueillants. Notre gîte avec vue sur mer est presque trop beau pour son prix modique. Ici, peu de commerces mais une baraque à frites tenue par une dame au style réunionnais. Nous y mangeons fort simplement dans l'ambiance conviviale du coin. Ce ne sont pas des touristes mais les gens du coin qui traînent sur la plage. Nous sympathisons avec un mécano biker d'une petite soixantaine accompagné de ses amis, il a un t-shirt marqué "Bike, sex and Rock n'Roll", voilà qui est fort sympathique. Le gars nous propose de nous photographier :

Vous remarquerez que c'est de l'Orangina !

C'est dans la chaleur humaine que nous terminons cette douce soirée d'été sur la plage de St Michel en Grève. Encore une belle découverte.


Etape 10 : 17 juin St Michel en Grève-Guimaëc (23,72 km - 488 m D+)
 
On prévoit 29 degrés cet après-midi. Même si c'est moins que les 37 degrés qu'il fera à Alençon, c'est beaucoup trop pour notre espèce. Nous partons plus tôt que d'habitude.


Après un deuxième petit déjeuner à St Efflam, nous arrivons enfin au bout de la Baie et, après plus de 6 km de marche, nous admirons une dernière fois le paysage avant de basculer de l'autre côté.
 
 
Le contour du Beg Douar et de la pointe de Plestin se fait sur un terrain assez accidenté mais nous en avons l'habitude.
 
 
Nous descendons longuement la baie profonde afin d'arriver à Locquirec, ce qui prend presque une heure. Nous recherchons de plus en plus l'ombre car ça commence à taper quelque peu.
 
 
Une fois le pont franchi, nous sommes arrivés en Finistère. Locquirec est une station assez importante et très vaste. Le GR traverse le camping municipal pendant près d'un kilomètre puis grimpe parmi les villas. Arrivés dans le quartier du port, nous trouvons un petit restau qui nous propose une omelette à l'espagnole pour un prix raisonnable. Au sortir du restau, nous avisons un robinet qui va nous permettre de mouiller casquettes et T-shirts avant de repartir. Encore une pointe, encore du dénivelé mais cela n'a rien à voir avec ce que nous avions subi l'année précédente (presque 3000 m de plus pour deux semaines).

 
Guimaëc est à l'intérieur des terres. Je n'ai rien trouvé à proximité du GR et en plus, je me suis fait annuler deux locations de suite par des propriétaires étourdis. Donc : quatre bornes de route en plein soleil. On est cuit en arrivant. Au bar-boulangerie, nous commandons deux bières à la pression, la boulangère ne connaît même pas la marque de sa bière. D'après le goût d'urine, ça ne doit pas être loin de la Kro. Nous allons ensuite à l'adresse indiquée sur Airbnb. On sonne, pas de réponse. Je téléphone à la propriétaire : "Euh, j'ai mis cette adresse car c'était plus pratique... mais vous deviez me téléphoner pour que je vienne vous chercher.
- Ben oui mais on était en avance.
- Bon c'est 500 m plus bas sur la route."
Là, on trouve un grand corps de ferme. Nous sommes accueillis fort gentiment par la propriétaire qui nous montre la chambre qui est rangée et propre contrairement au reste de la carrée qui est un foutoir étonnant. Jamais vu ça... C'est comme si la dame avait eu une quinzaine d'ados sur place alors qu'elle n'a que son fils de 24 ans et sa copine. 
Bon, il y a une douche partagée et une machine à laver dans le bazar des sanitaires, ça c'est bien. Nous passons une soirée au calme vu que les jeunes sont sortis avec une copine et que la dame est partie dormir chez une amie. Nous ne la reverrons pas et nous prendrons tous deux le petit déjeuner dans le capharnaüm de la grande salle cherchant vainement le sucre qui était peut-être dans la bibliothèque ou le placard à balais. A propos de bibliothèque, nous y avons trouvé un ouvrage fort intéressant qui n'avait manifestement pas été ouvert, portant toujours son bandeau publicitaire et étant couvert de poussière : 

 
Etape 11 : 18 juin Guimaëc-Plougasnou (18,09 km - 623 m D+)
 
Apparemment une étape pas trop longue mais en fait la plus pénible. Nous avons négocié avec la copine des jeunes qu'elle nous emmène en voiture à la Plage du Moulin de la Rive où nous avions entamé les éprouvants 4 km de route ; le début de la balade est très beau quoiqu'assez physique. Mais on n'est pas des débutants...

Et encore, j'ai pas mis ma cape rouge !
 
En approchant du Beg an Fry, le terrain devient difficile d'autant plus que de nombreuses parties sont encombrées par de hautes fougères. Mais bon, c'est très beau.


Nous faisons le yoyo avec un groupe de trentenaires genre rugbymen qui randonnent ici pour la journée. Les jeunots sont un peu étonnés de nous voir ici et comprennent à qui ils ont affaire en voyant nos T-shirts de trail de la mort qui tue. J'avoue, je frime un peu mais ce n'est pas de la vantardise et ça ne mange pas de pain. Cela dit, cette corniche fait 12 km de long et ça irait quand même si la commune avait pensé à entretenir le chemin car à chaque descente, on tombe dans des champs de fougères de deux mètres de haut rendant la progression très difficile sans parler des tiques qu'on finit évidemment par attraper.
 
Ceci est un GR
 
Ce n'est qu'en parlant avec un local au terme de ce Golgotha breton qu'on aura l'explication : la commune attend la fin juillet que les ronces aient poussé pour faire un entretien global. Tout le monde apparemment connaît le problème de ce GR dangereux à force d'être obstrué mais la commune s'en fiche. Dommage, ce site est exceptionnel, je recommande donc de le parcourir au début du printemps ou à la fin de l'été. Tout cela ne nous a pas empêché de faire une belle rencontre :


Un autour des palombes s'est imprudemment posé sur le chemin et a bien du mal à s'envoler, ne pouvant correctement déployer ses ailes (jusqu'à 1 m 30 d'envergure pour les femelles). Nous nous trouvons nez à bec avec le rapace et, vu le rasoir qu'il a entre les yeux, je ne m'amuse pas à lui faire un bisou et reste à un mètre de la bête. L'animal est effrayé, je lui explique qu'il n'a rien à craindre des Lutins cependant, il se met à sautiller de roc en roc au fur et à mesure de notre progression. J'ai compris son problème et je l'incite à monter sur une aire dégagée qu'il finit par atteindre. L'oiseau prend finalement son envol et en voyant le bestiau, je me félicite de n'être ni choucas, ni pigeon ou mouette et même faisan car l'autour est un redoutable prédateur. Encore une belle rencontre.


Il faudra encore un bon moment pour avoir l'honneur d'arriver à St Jean du Doigt et bénéficier d'un terrain plus facile. Plougasnou n'est pas loin et nous y effectuons un crochet pour faire des courses en prévision de la rando suivante. 
 

L'hébergement se trouve tout au bout de Plougasnou, sur la plage de Primel-Trégastel. C'est un ancien hôtel transformé en chambres d'hôtes. L'établissement est magnifiquement meublé et décoré dans le style années 20. Les patrons sont plus âgés que nous et sont aussi charmants qu'hyper professionnels, la chambre carrément luxueuse, du quatre étoiles pour le prix de trois. Nous optons pour le repas du soir, c'est le patron qui fait la cuisine et il a semble-t-il une grande expérience dans la profession. EX-CEL-LENT ! Et pour un prix plus qu'honnête. La serveuse est mignonne, très jeune et très au point, ça sent l'élève d'école hôtelière en stage. Nous passons donc le début de soirée à l'intérieur de la verrière art déco du restaurant de l'établissement, traités comme des coqs en pâte par nos hôtes. Ça nous change d'hier où nous avions été traités comme des poules au pot... Les nuages au dehors sont bien présents et le vent forcit de plus en plus. Qu'on est bien ici à l'abri des éléments !
 

 Heu, on doit repartir avec ce temps demain ?

 
 

 
 

 

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GR 34 2022 : Etapes 4 à 7

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-07-2022 20:03:17 - 3 commentaires

 

 

Etape 4 : 11 juin Tréguier-Buguélès (24,39 km - 341 m D+)

Le temps est bien agréable ce matin... Nous entreprenons la remontée du Jaudy en franchissant d'abord un de ses affluents.

 


Le GR 34 nous emmène ensuite en pleine campagne où Josette subit l'attaque d'une rhubarbe géante sauvage :


J'ai bien du mal à l'en libérer et à la suite de cet incident, nous décidons de nous rapprocher des rives du fleuve. La chose n'est pas aisée car le GR 34 bat la campagne et prend un malin plaisir à nous faire monter et descendre pour des prunes. Après avoir quelque peu merdoyé, nous décidons de quitter le balisage et d'improviser notre chemin le long du Jaudy.


Après un café pris dans un cabanon à la Roche Jaune, nous continuons tant bien que mal sur la caillasse et parfois dans la vase pour décider enfin de pique-niquer près d'un cimetière marin situé à l'embouchure du fleuve.



Ce n'est qu'en rejoignant le GR que nous rencontrons à nouveau du monde. Nous arrivons au Gouffre de Plougrescant et sa célèbre maison entre les rochers présente sur tous les dépliants touristiques. Le site est magnifique mais pas plus que la suite du chemin qui a l'avantage d'être sauvage et désert.


En route pour notre gîte situé à Buguélès, nous voyons sur la carte que nous avons environ 3 km de campagne pour le rejoindre et, oh surprise, nous ne quittons jamais la côte. En fait, l'estran est tellement large en ce lieu qu'il est compté comme de la terre ferme sur la carte alors qu'il est sous l'eau au moment où nous passons. Une fois arrivés, nous sommes accueillis par deux retraités de l'Education Nationale qui nous installent dans une petite maison au confort royal munie d'un lave-linge (Alléluia !) et d'un sèche-linge (Hosanna !). Ils nous proposent de nous déposer le soir au restau de la plage de Gouermel situé à deux bornes de là. Trop sympas ! Nous déclinons leur offre de venir nous rechercher après le repas, on est quand même des sportifs... 

 


La soirée fut douce et insouciante. En plus on a mangé comme des chancres ! Nous serions bien restés  quelques jours dans le coin. En discutant avec nos hôtes, je me suis aperçu que la dame avait fait presque tout sa carrière d'instit dans l'Orne ; de plus, elle avait fait ses études à l'Ecole Normale d'Alençon (ENA) comme moi et Josette. Nous n'avions pu que nous croiser à un moment ou un autre. Le monde est petit.

 

 Etape 5 : 12 juin Buguélès-Perros Guirec (18,68 km - 380 m D+)

 

 
Direction Port Blanc par l'estran, fi du GR pour le moment. La marée est basse, le terrain n'est pas vaseux et la perspective infinie. Arrivés dans cette petite perle balnéaire, nous prenons notre deuxième petit déjeuner face à la Sentinelle.


Nous avons peut-être pris un peu notre temps et en approchant de 13 h, nous nous apercevons que nous n'avons pas fait de courses pour le pique-nique. Nous pressons le pas, nous voyant déjà dépérir sur le sentier par manque de vivres. Soudain, coup de bol (alimentaire), nous tombons sur la plage de Trestel pourvue d'une bienvenue baraque à crêpes à côté de laquelle nous nous restaurons avec joie en évitant cependant la bière car il fait chaud et le chemin n'est pas fini.


Par la suite, nous progressons sur l'estran ou le GR tant que nous le pouvons jusqu'à ce que nous arrivions à proximité de Perros Guirec. Plus nous en approchons, plus l'odeur d'algue verte est remplacée par l'odeur de billet vert. Ça sent le riche dans le coin. Le GR 34 se met à s'éloigner du bord de mer pour laisser la place aux belles propriétés. Il nous oblige même à emprunter une route passante sans bas-côté ni visibilité. Bon, si je me fais renverser par une Porsche Cayenne, ça fera plus classe que si c'est une Dacia Duster... Finalement, nous survivons et arrivons à notre hôtel pour pauvres situé à côté d'un rond-point très passant (merci les boules Quiès) à l'entrée de Perros. Douche puis balade pour se repérer un moules-frites (Les béotiens, ils mettent deux s à moules marinière !).
 

Mais avant de manger, nous baguenaudons au soleil puis repérons un troquet genre rock and roll où nous commandons un T-Punch que nous trouvons par ailleurs excellent. Il faut dire qu'il a été préparé à partir d'un rhum caribéen à 55°. Josette en a les yeux qui brillent...
 

 Etape 6 :
13 juin Perros Guirec-Trégastel (16,5 km - 235 m D+)
 
 Il faut traverser tout Perros, le GR n'en fait qu'à sa tête nous entraînant dans des montées et descentes inutiles. A un moment, nous nous trouvons sur une plage située sous une propriété de milliardaire sans issue visible. C'est un pêcheur qui nous indique l'existence du chemin bien caché au fond de la plage sans qu'un signe rouge et blanc ne soit visible.

 

 Tout ça pour nous retrouver à nouveau en ville ! Nous finissons quand même par sortir de Perros mais pas pour autant de la civilisation car le sentier Perros Ploumanac'h est plus que fréquenté. Vu le peu de monde qui répond à nos "bonjour", nous en déduisons que les Parisiens sont nombreux dans le coin... Heureusement, la nature et belle et généreuse en Bretagne.


Ploumanac'h est certainement le site le plus spectaculaire de la côte de granite rose mais avec nos gros sacs et nos airs de traîne-savates, nos détonnons dans ce lieu hyper fréquenté ; c'est ce qui nous pousse à emprunter des chemins un peu trop casse-cou pour éviter la foule.


Résultat : à un moment on se retrouve à escalader des blocs, ce qui n'est guère aisé avec un sac à dos. Dès que nous le pouvons, nous filons en direction de Trégastel, station plus modeste mais néanmoins très belle avec ses quatre magnifiques plages constellées de granite rose. Nous débarquons à l'Hôtel de la Plage et de la Mer, nom original pour un hôtel situé en front de mer. Après une douche bienvenue, nous paressons sur une terrasse, observant avec amusement un groupe de jeunes qui tentent de sauter de la "tomate", un des rochers de la plage centrale. La jeune fille du groupe grimpe puis saute puis grimpe puis saute... pendant que les trois garçons hésitent, tergiversent et piétinent.

 
Trégastel est vraiment notre village breton préféré et nous savourons notre pique-nique du soir sur la plage de la Grève Blanche face aux îles accessibles seulement à marée basse. Une belle soirée de juin dans la tiédeur des instants étirés par un soleil qui ne veut pas s'en aller; on est bien...


Etape 7 : 14 juin Trégastel-Trébeurden (21,22 Km - 242 m D+)


Toujours difficile de quitter Trégastel. La promenade est agréable et plate jusqu'à la presqu'île de Landrellec. Nous avons décidé de suivre le GR 34 mais de zapper l'Ile Grande dont nous avons déjà fait plusieurs fois le tour. Mais avant l'Ile Grande, le GR nous emmène dans la campagne et se met à nouveau à divaguer : Très peu de chemins et beaucoup trop de route pour ne pas voir grand chose sinon une réserve de gens étrangement habillés se déplaçant avec des cannes en métal. Trop bizarre.

Encore plus bizarre !

Ce GR en roue libre nous emmène de plus en plus loin de la côte tout en ne nous montrant rien d'intéressant. Nous décidons de nous rabattre sur la côte et nous revenons même en arrière pour ce faire. Quatre km pour rien sur six. 
 

 Profitant de la marée basse, nous longeons tant que nous pouvons la route par la grève. Il nous faut bien cependant marcher le long de la départementale vu l'absence de sentier des douaniers dans le coin. A proximité de Trébeurden, nous essayons de passer par le marais du Quellen mais le GR n'est pas de bonne humeur et il nous emmène à rebours de notre but. Nous renonçons à nouveau en faisant demi-tour et nous filons directement vers Trébeurden.
 
 
Trébeurden n'est pas qu'une station balnéaire, c'est une vraie ville avec une vraie vie contrairement à Perros qui sent un peu la naphtaline. Sur place, nous passons un certain temps à la laverie automatique puis nous allons boire une bière à la plage du Tresmeur. Le studio que nous louons est tout près, il se trouve dans un ancien hôtel reconverti en appartements. La propriétaire y a passé toutes ses vacances  avec ses parents et ses trois frères et sœurs. Vu la taille du studio, aller aux toilettes la nuit devait ressembler à un parcours d'obstacles ! Mangeons léger : tomate thon brugnon et un bout de comté trouvés dans une épicerie qui aurait pu servir de décor dans un film se déroulant dans les années 60. Buvons lourd : après la bière, une IPA californienne excellente, nous partons boire une Piña Colada à la plage. Un peu tapés par la journée, nous retournons vers notre appartement ; des familles s'attardent encore sur la plage de Porz Termen. Un papa interpelle ses ados "On rentre ! Y'a école demain !" On ronchonne et on met un T-shirt. Je parie que ces gamins ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont d'habiter ici.


 



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GR 34 2022 : Etapes 0 à 3

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-06-2022 09:37:57 - 7 commentaires

 


Et voilà les Lutins repartis sur le GR 34 ! Logiquement, le départ se fait à l'arrivée de la session précédente : le port de Paimpol. Seize étapes dont une en boucle (étape 0) de Paimpol à Roscoff pour 300 km et 250 m avec un dénivelé plus raisonnable que l'année dernière (5641 m). Nous avons 131 ans à nous deux et nos sacs font respectivement 8 à 10 kg (Josette) et 9 à 12 kg (Thierry) en fonction de la quantité de nourriture et d'eau (jusqu'à 3 litres).

Merci à ma chère épouse Josette pour les notes quotidiennes qu'elle a prises et qui me permettent de rédiger ce compte-rendu.

 


 Etape 0 : 7 juin Paimpol (8,78 km - 133 D+)

 

 

Le voyage en train s'est déroulé sans incident et nous arrivons assez tôt sur le port. Un petit tour pour trouver un restau et nous optons pour un filet mignon et un far breton le tout arrosé de Philomenn, la bière de Tréguier. On tape tout de suite dans le local. Pour digérer, nous entreprenons le tour de la pointe de Guilben à l'est de la ville, jolie balade qui eût été superfétatoire à la suite des 18,5 km de la seizième étape de l'année dernière (En gros, on avait zappé car on en avait plein les bottes).

 

 

Cette boucle de 6 km nous permet de faire les réglages des sacs et des attitudes de marche. On est presque en ville et nous rencontrons pas mal de monde, il faut dire que le paysage de la pointe vaut le coup, la baie de Paimpol est vraiment magnifique même sous les nuages.

 


Nous rejoignons ensuite l'hôtel de la Baie situé au nord de la ville puis nous faisons un saut à Ploubazlanec pour y manger une galette à l'andouillette de Guéméné accompagnée de la traditionnelle crêpe caramel-beurre salé le tout arrosé d'un Kir breton. Cela augure bien des deux semaines qui suivront lors desquelles je prendrai un bon kg tout en marchant en moyenne 20 km par jour ! 

 

Etape 1 : 8 juin Ploubazlanec-Lézardrieux (24,73 km - 600 m D+)

La remontée vers la Pointe de l'Arcouest est assez aisée. Nous prenons un café face à l'embarcadère pour l'île de Bréhat, un joli coin fourmillant de badauds tout au long de l'année. Si vous n'êtes pas accoutumés à l'ambiance du métro parisien, je vous conseille la visite de Bréhat en janvier ou février... Nous longeons ensuite la côte jusqu'à Loguivy, un très joli port qui vaut bien Bréhat, la foule en moins.

 


Puis nous entamons la descente de la ria du Trieux ; ce ne sera pas la dernière ria (on dit aussi aber) à longer, loin s'en faut !

 


Pique-nique sur une hauteur : le Trieux s'enfonce loin dans les terres et notre but est pour le moment invisible. Le terrain est loin d'être plat comme nous allons le constater en se rapprochant de Lézardrieux. 

 


Tout au fond du fond de la ria, nous trouvons enfin la ville juchée sur une bosse. De nombreuses traces de coulées de boue témoignent d'un orage violent récent, ça a pété semble-t-il ! Notre appartement-étape se situe sur le port. En contrebas se trouve une laverie (trop bien) et en face un bar (encore mieux). Quand nous entrons, nous oyons avec surprise "A song for Jeffrey" de Jethro Tull (1968). J'avise le patron qui a autant de km au compteur que moi et certainement plus de barriques de bière vu son bide. Rien que du sympa. Tiens, si j'osais je dirais que c'est "bath" de voir un type aussi "in", ça me rappelle ma dernière "surboum". Tout cela mérite bien une bière avec vue sur le port...

 


Etape 2 : 9 juin Lézardrieux-Pleubian (16,97 km - 356 m D+)

 


La remontée du Trieux est assez frustrante car après quelques km, le GR nous éloigne de la ria pour nous emmener en campagne avec passage obligé par des marais où l'on songe à tout moment croiser la Créature du Lac Noir.

 

 

Ce ne sera qu'à l'embouchure que nous pourrons enfin nous rapprocher de l'eau après une série de routes de campagne se ressemblant les unes les autres. Il faudra bien une bière locale pour retrouver un peu de sérénité après cette étape un peu monotone.

 


Nous louons une chambre chez Marilou, une dame plus âgée que nous qui nous fait un accueil de rois dans son petit pavillon du quartier de l'Armor. Nous avons du temps devant nous et nous faisons un saut au sillon de Talbert, curiosité géologique remarquable : une langue de galets de 3 km de long s'avançant dans la mer. Tiens, depuis notre dernier passage à Pleubian, le Sillon s'est scindé en deux à marée haute... 

 


Nous paressons un moment sur la plage du Sillon. La mer se retire aussi loin que nos soucis en ce lieu et en cet instant. C'est la magie de la Bretagne en couple et cela est mille fois plus précieux que toutes les îles des Tropiques.

 

Etape 3 : 10 juin Pleubian-Tréguier (23,83 km - 333 m D+)

On a monté et descendu le Trieux, au tour du Jaudy ! Sic Transit Tempesta Armorici, il fait gris et nous essuyons même quelques averses mais cela est très supportable pour des Lutins sylvestres (en fait des Goubelins sylvestres à ne pas confondre avec les Korrigans maritimes qu'on trouve en Bretagne).

 


Dans ce coin, quand la mer se retire ce n'est pas une plaisanterie... Nous suivons d'abord la côte en allant vers le sud. Plus nous nous approchons de l'embouchure du Jaudy, plus nous longeons des terrains agricoles qui ont un petit air... breton.

 

 

Passage par Port-Béni (ne pas confondre avec Port-Oui-Oui) et ses gneiss icartiens, plus vieilles roches de France (2 milliards d'années : il s'agit du même filon que l'on retrouve à Jersey et à l'Anse du cul-Rond en Cotentin).

 


Maintenant, il faut suivre le Jaudy durant des kilomètres jusqu'à Tréguier. Après de nouvelles zones agricoles, nous trouvons une version du GR empruntable seulement durant les marées à faible coefficient. Nous sommes à nouveau seuls au monde.

 


Enfin, la ville et son pont franchissant le Jaudy. Tréguier enchante Josette avec sa cathédrale et ses maisons anciennes. La cité est un peu sévère à mon goût mais je reconnais la majesté du lieu. 

 


Nous sommes accueillis par Eric qui tient un gîte dans la vieille ville. Le gars est pianiste et il a travaillé 10 ans avec Renaud. Il a posé ses valoches à Tréguier pour tenir ce gîte tout en travaillant parfois avec les musicos locaux. Nous sympathisons très vite. Au petit déjeuner, Eric nous effectue une petite démo au clavier avant de nous faire des crêpes. Après Marilou, encore une belle rencontre. C'est aussi cela le charme de la rando par étapes.

 



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La fête du tra(va)il

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-05-2022 14:55:18 - 2 commentaires

 1er mai 2022

Ce dimanche comme tous les dimanches depuis bientôt 25 ans, c'est matinée trail dès 9h00 en Ecouves mais ce jour d'hui les quadragénaires ont décidé de partir plus tôt, préparant force épreuves éprouvantes du genre Périgord,  UTMB, UT4M et autre Diagonale des dingos... Trop peu pour nous qui du haut de nos 131 ans en commun goûtons peu l'aspect surlutin de ce genre de défi, ce matin ce sera sortie conjugale et printanière. Moi et ma Josette.

 

Radon, un dernier plaisir bleu. Les jacinthes jettent leur derniers feux céruléens et baisseront bientôt du nez pour laisser place à un autre printemps. Nous ne nous en lassons pas alors que nous cheminons en lisière vers le haras.

 

Mai est notre mois préféré et nous nous baignons avec volupté dans les tendres verts et les innombrables fleurs. Douce illusion d'éternité.


A notre droite l'immense Ecouves, à gauche la plaine d'Alençon-Argentan et au loin la barre de la forêt de Perseigne antique île d'une mer peu profonde du Jurassique.


Durant sept kilomètres, ce ne sont que chemins, cultures, pâturages et fleurs. Malgré notre âge quasi canonique nous allons bon train vu le peu de dénivelé.


Mon épouse à la botanicité plus aiguisée me nomme les plantes encontrées, s'extasiant sur leur beauté comme lors de nos premières balades en Ecouves alors qu'elle n'avait que seize ans. Quand je pense à ce presque demi-siècle, j'ai parfois le vertige...


 

A St Nicolas il faut maintenant entrer dans la mère sylvestre pour amorcer le retour. Autre lumière, autre ambiance ; le ventre de la forêt nous porte.

 

Les 400 m de dénivelé se feront dans cette deuxième partie. D'abord montée parmi les hauts sapins pectinés...


... puis descente acrobatique vers la dorsale du Verdier. Et puis ça recommence : Montée, descente, montée, descente. Nous ne dépassons pas les 400 m d'altitude, ce n'est pas bien impressionnant ni bien difficile mais ce sont nos montagnes à nous et ça n'a pas de prix.

 


Encore deux collines à gravir avant de retrouver Radon ; nous nous permettons quelques diverticules escarpés uniquement pour la beauté du geste. Les lutins sont joueurs.

 



Nous nous laissons glisser sous le Verdier durant deux kilomètres en direction du Vignage puis c'est la dernière grimpette de la colline surplombant Radon. Le fouillis des forestiers nous ralentit quelque peu mais ce ne sont pas quelques embrouillaminis ligneux qui vont nous arrêter accoutumés que nous sommes à suivre les pistes de nos amis sangliers.



Radon à nouveau et son chemin des chèvres lumineux comme nos étés. Encore dix-sept kilomètres de bonheur. Bien fous serions-nous de nous priver de ces instants d'éternité renouvelée...




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A Cross : The Universe

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-02-2022 15:00:58 - 8 commentaires

Que l'on me pardonne l'allusion aux Beatles dans le titre difficilement compréhensible pour les moins de 60 ans mais ce billet va justement parler de l'ancêtre de toutes les courses modernes, plus roots que la Route mais pas rotten pour autant, j'ai nommé : le Cross-Country. Pour une fois, mon calendrier des compétitions allégé par le temps qui rend plus âgé mais moins agile m'a permis d'effectuer l'intégralité des huit cross de la saison 2021-2022 FSGT Orne.

Le cross en résumé : c'est dur, c'est sale, tu souffres et tu vomis à la fin. Trop bien. En plus, horreur, le cross se court en séparant les sexes chez les adultes. Un vrai bastion du conservatisme méchamment machiste honni par tous les tenants de la modernité moderne. En plus, on sépare les jeunes des vieux, de la gérontophobie je vous dis... Au cross, on est trop des mauvais et en plus on boit du vin chaud !

Cross de Rânes
23 octobre

 

 Photo Jéjé

 

Lui en orange, c'est Michel le premier V4. Nous courons les cross courts réservés aux plus de 50 ans (5 à 6 km), comme ça on n'est pas dérangé par les gamins du cross long (7 à 8 km). C'est ma sixième année en V3 et à 66 ans, on a descendu pas mal de marches. Michel a à peine 70 ans et comme le terrain de l'hippodrome de Rânes me convient, je lui mettrai une bonne minute dans les gencives, finissant à ma meilleure place de l'année : 4/18 Vétérans 3. Michel me rendra la politesse au dernier cross à Champfrémont en terminant 4 secondes devant moi.

 

Cross de Montilly sur Noireau
11 novembre

 

Photo NCAP
 
J'ai la drôle d'idée de m'inscrire au cross long, ce qui est possible car c'est un des deux cross de la saison que nous partageons avec la FFA. Résultat je termine 68/73 et 7ème V3 sur 8 alors que les autres vioques courent le cross court. Un coup pour rien. Et en plus, il n'y a plus de frites à la buvette quand j'y arrive.

 

 

Cross de Gesnes le Gandelin
21 novembre

 

  Photo organisation

Ben y'a pas que les vieux au cross. On y trouve des petits dès 6 ans et aussi un tas de filles. J'ai réussi à convaincre ma copine Béa (en bleu) à intégrer mon club AS Enseignants. Avec Katia, Stéphanie et Sandrine, on a une équipe féminine de choc qui va finir plusieurs fois à la première place pendant que les mecs sombrent doucement. La femme est l'avenir du cross... Quant à moi, je m'offre le luxe de me casser la figure dans le petit bois de derrière les fagots, finissant 5/14 V3.

 

Cross de Cerisy Belle Étoile
4 décembre

 

 

Ça monte et ça descend dur mais moi je continue surtout à descendre (7/15 V3). Les filles de l'AS Enseignants brillent en finissant 1ères par équipe, il faut dire que les quatre blondes sont là dont les jumelles , Sandrine et Stéphanie qui sont aussi fines que rapides. Et c'est pas fini... 

 

 

Cross d'Alençon
8 janvier

Photo NCAP
 
Ce n'est pas mon cross préféré, pas de dénivelé, pas de difficultés, résultat : il faut aller vite et c'est plus moi... Il y a quinze ans, je faisais la version longue de ce cross à 14 de moyenne, maintenant je fais le cross court tout juste à 12 et en faisant la gueule. Je finis 9/22 V3. Il faut dire que nous courons conjointement avec les athlètes de la FFA dont je fais aussi partie et il y a du beau monde car c'est le championnat de l'Orne. Les filles du club ne sont que trois mais elles sauvent les meubles en terminant quatrièmes par équipe en grande partie grâce à Katia plus habituée aux trails de plus de 100 km qu'aux cross d'à peine 5 bornes. Elle se sort les tripes et on appelle ça l'esprit d'équipe. C'est beau.
 
 
Cross de Mortrée
8 février
 
 Photo organisation
 
Juste après le cross d'Alençon, je fête mon anniversaire avec mes enfants et petites-filles. Résultat : 6 COVID pour 7 personnes. Rien de bien méchant à part un rhume mais après un isolement réglementaire, quand je veux courir à nouveau : plus de pattes. C'est comme si j'avais un poumon en moins. Et ça dure plusieurs semaines ; résultat un mois plus tard je me retrouve au cross de Mortrée tel un gastéropode cacochyme en phase très minable. Ça donne 8/16 V3 entre les deux premiers V4 et surtout de mauvaises sensations qui persisteront encore une semaine.
 
 
Cross du Parc Animalier du Bouillon
6 février
 
Photo organisation

Bonne idée de la FSGT : Un cross parmi les chameaux, les cochons, les loups et les grèbes huppées. Le circuit est sec et rapide avec un bon coup de cul à la fin de chaque tour. J'ai de bonnes sensations et je me permets de doubler le quatrième junior ainsi qu'un V2 en fin de parcours. Eh ben je suis 6/11 V3. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous donc ? Ils ont bouffé du wallaby ou quoi ? Une minute derrière moi, sept V4 sur les dix engagés arrivent les uns derrière les autres. Les filles remontent à la deuxième place grâce à la gestion impériale de Stéphanie, la puissance de Béatrice et la ténacité de Katia. Sandrine a passé son tour mais reviendra fort.
 
 
Cross de Champfrémont
19 février
 
Chaque cross est organisé à tour de rôle par les différents clubs. C'est à nous Enseignants de s'y coller avec les clubs de Champfrémont et de l'ASPTT Alençon. Le boulot du matin consiste à baliser le circuit qui a la particularité de se situer entre des étangs en espalier. Le site est remarquable et je fais quelques photos tout en fixant la rubalise :
 
 
L'après-midi voit les nuages se pointer et quant à moi, malgré mes pointes de cross, je livre une prestation moyenne finissant 9/15 V3. Les filles de mon club terminent en beauté en trustant trois places dans les cinq premières et en finissant en tête du classement féminin. C'est ce qu'on appelle finir en beauté !

 
Sandrine, Stéphanie, Béatrice et Katia : les meilleures des blondes
 
Mon bilan perso : je descends lentement mais sûrement dans les profondeurs du classement, ne pouvant plus rivaliser avec les gamins d'à peine 60 berges et même avec des gars de mon âge comme mon ami Eric qui me met une tôle à chaque épreuve mais je m'amuse toujours autant et puis, il y a les copains et surtout les copines. Vive le cross !
 
 
 

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Douze subjectivités pour 2021

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-12-2021 09:16:20 - 8 commentaires

 Rétrospective Photo


Pas terrible cette année 2021 avec son virus, son été pourri et un organisme qui vous fait signe que vous n'êtes pas immortel... Moi qui ne suis pas du tout porté sur l'introspection, j'ai bien été obligé de reconsidérer diverses choses et valeurs, entre autres esthétiques. J'espère que cette évolution transparaît dans les douze instants choisis dans mon blog photo ou mon Flickr que je vous propose ici :

(Cette année, chaque photo a un titre, on peut cliquer dessus pour mieux voir les détails.)

Janvier

 

Concentrée  
 
La moitié de ces photos sont prises lors de mes pérégrinations dans ma bonne ville d'Alençon en compagnie de Tonton Gilles dont je copie le style sans vergogne. Pour celle-ci, j'ai recours à la couleur partielle que j'utilise de plus en plus pour souligner le sujet de l'image.

 

Compact Sony DSC-RX100M3

Février

 

L'éveil des Géants


Consultant régulièrement les clichés d'autres photographes, je finis justement par me méfier du cliché... Le beau n'est pas toujours synonyme de photo réussie et un beau paysage peut être bien plat. Cette photo prise dans la campagne non loin de chez moi est le résultat d'une prise de vue coup de cœur faite à l'aide d'un téléphone portable. J'espère y rendre un peu de la modeste splendeur de ma région au climat et aux esprits tempérés.


Téléphone portable Huawei MYA-L11

Mars


Bus Stop

Depuis un bon moment, j'ai réalisé qu'une photo était plus vivante avec un personnage. La législation française est assez large avec la photo de rue à partir du moment où les personnes ne sont pas défavorablement présentées et mises en situation dans un décor. Cela dit, je préfère que mes sujets ne soient que peu reconnaissable ou bien qu'il s'agisse de connaissances..

 

Compact Panasonic DMC-TZ100

Avril

Risky landing

Ce pigeon pris au 500e a la bonne idée de se poser dans la diagonale de la photo. Il a l'air d'avertir ses camarades de son arrivée imminente mais ceux-ci n'en semblent pas perturbés. Une petite scène anodine prise sur un des barrages de la Sarthe.

Hybride Panasonic DMC-G85

Mai

La Halle avant l'orage

Peut-être ma meilleure photo de l'année. Cette flaque d'eau, je l'ai déjà utilisée un jour de Noël avec succès mais c'est ce 16 mai que j'ai pu faire le reflet presque parfait de la Halle au Blé avec ce personnage en rouge discrètement souligné par le panneau vers lequel il se rend ; un autre personnage au lointain part en sens contraire. Le ciel menaçant met le couvercle sur ces mondes inversés. Merci à Tonton Gilles pour m'avoir enseigné cette technique de la photo rase-bitume.

Compact Panasonic DMC-TZ100

Juin

Gwin Zegal


Entre deux averses, nous nous arrêtons pique-niquer dans la région des falaises de Plouha. Cette randonnée de seize jours allant du Mont-St-Michel à Paimpol fut bien humide et ce petit port planté de troncs d'arbres ne resplendit pas de tous ses feux mais la magie de la Bretagne opère cependant et qu'est-ce qui fait plus breton qu'un ciré jaune ?


Téléphone portable Huawei MYA-L11

Juillet

 

Le prêtre et les jets

Pour la couleur et le soleil, il faudra attendre un peu... De retour en ma bonne cité d'Alençon et en compagnie de Tonton Gilles, je photographie cet ecclésiastique pensif face la fontaine jouxtant la Basilique. Ce festival de lignes verticales doit être propice à l'élévation...

 

Hybride Panasonic DMC-G85

Août

 

Bombus agrorum

La photo entomologique reste ma spécialité. Cette année, l'été particulièrement humide a au moins divisé par deux le nombre de spécimens présents dans mon jardin qui est pourtant le refuge de nombreux insectes (A ce jour, 179 espèces photographiées sur 100 m2). Ce joli bourdon des champs semble se cabrer comme un mustang en déployant sa langue très longue, organe qui lui permet de butiner des fleurs profondes ce qui en fait un des meilleurs pollinisateurs.

 

Hybride Panasonic DMC-G85

Septembre

 

Dancing on pebbles

Une semaine de rêve au soleil de la Hague dont je ne me lasse pas de la beauté des paysages. Nous sommes rejoints par nos amis pour y courir le trail de la Barjo, 50 km de plaisir. Sur les galets de Goury, Béa et Fab entament une chorégraphie improvisée et pleine de vie. J'aurais pu choisir un de ces magnifiques panoramas de cette merveilleuse région mais l'expressivité fait de meilleures photos que la simple beauté.

 

Compact Panasonic DMC-TZ100

Octobre

 

Face à face

Toujours la technique de mon professeur Tonton Gilles. Le reflet est une de ses spécialités mais en ce jour d'Halloween, je ne me suis pas trop mal débrouillé. Et puis, la multiplicité des plans permet une lecture riche de la photo tout en mettant la Basilique doublement en valeur.

 

Compact Sony DSC-RX100M3

Novembre

 

La chute de la Maison Vélo  

Exercice de style et jeu de couleurs. Mon ami Tonton Gilles est capable de rester à l'affût face à une devanture d'une couleur donnée jusqu'à ce qu'un personnage au vêtement adéquat passe enfin. Je n'en suis pas là et j'ai pris ce cliché au vol ou plutôt volé ce cliché.

 

Hybride Panasonic GX80

Décembre

 

Mud day


Jour de boue, sortie de 2h45 en Ecouves sur des terrains qui rebutent même les sangliers. Quel plaisir d'être ensemble dans la gadoue ! Il faut un appareil léger antichoc et waterproof pour ce genre de situation. Malgré ses évidentes limitations techniques, cette photo reflète l'amitié, l'entraide et la joie d'être ensemble. Cette année en demi-teinte se termine en éclat de rire et ça fait du bien !

 
Compact Sony DSC-TX30

 




 

 

 



 

 

 

 

 

 

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