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Le Lutin d'Ecouves

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GOODBYE GEORGE

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-07-2017 10:35:16 - 2 commentaires

 
 
George Romero est mort... et bien vivant pour tous ses fans.
 
 
George Romero n'est pas seulement le créateur du film de morts-vivants, il a produit dès 1968 (La nuit des morts-vivants) une critique au vitriol de la société américaine poursuivie dans son deuxième film (Zombie 1978) qui se passe dans un centre commercial où les morts continuent d'errer comme ils le faisaient du temps de leur vivant. Parmi l’œuvre modeste mais déterminante de ce maître de l'horreur, nous noterons l'excellent "Territoire des Morts" (Land of the Dead 2005), véritable plaidoyer pour la différence dans lequel les morts-vivants, devenus le gibier d'américains surarmés, finissent par revendiquer leur identité ainsi qu'un territoire pour y vivre-mourir dignement.
 
 

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QUAND T'ES DANS LE BROUILLARD...

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-07-2017 16:57:53 - Aucun commentaire


*Quand t'es dans le brouillard depuis trop longtemps
Tu t'demandes à quoi ça sert  d'courir comme ça le TGV
Ce trail qu'il faudrait terminer
Les yeux bandés.


Tour des Glaciers de la Vanoise
2017



La montagne, c'est très beau... quand on y voit quelque chose.




Le Récit du TGV : ICI.





*Sur l'air de : "Quand t'es dans le désert" de JP Capdevielle.

LE LUTIN A MAUVAIS GENRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-06-2017 10:40:50 - 7 commentaires

 


Ayant longtemps enseigné la grammaire et l'orthographe aux petits lutins, j'ai toujours été chatouilleux et méfiant en ce qui concerne toute réforme visant à modifier ce que l'on a mis des siècles à fixer. C'est pour cela que j'ai traité par le mépris la réforme de 1990 qui ne faisait que prêter à confusion : passe pour écrire évènement à la place d'événement mais que dire de féérie à la place de féerie, des fées, j'en connais mais pas des féés ! C'est vrai que nénuphar est une erreur des grammairiens du passé (nénufar est un mot persan donc pas de ph grec) mais dans ce cas-là, écrivons camellia (terme scientifique) puisque camélia est à la base une faute d'orthographe d'Alexandre Dumas fils. Et l'accent circonflexe, on le vire bien des u et des i mais seulement quand il n'y a pas de risque de confusion (du et dû par exemple). Pareil pour les verbes en eler et eter, on supprime la consonne double sauf quand ce sont des verbes courants. En gros on rajoute de nouvelles règles avec de nouvelles exceptions... Super la simplification !
 
Voilà pourquoi, au début, j'ai trouvé ridicule qu'on essaie de féminiser à marche forcée certains termes masculins. Pourquoi pas une maçonne qui monte un mur de briques mais qu'elle se soit portée acquéreuse de ciment m'arrachait un peu les tympans. Et pourquoi docteure (université et médecine) alors qu'on avait déjà doctoresse (médecine seulement) ? 

Cela dit, je me suis documenté et suis tombé, entre autres, sur les travaux d'Aurore Evain qui a enquêté sur le devenir du mot "autrice" que je pensais être un simple néologisme égalitaire. C'est ainsi que j'ai découvert qu'en latin existaient bien les termes d'auctor et auctrix et que de ce dernier se forgea le mot autrice qui fut employé durant tout le Moyen-Age ainsi qu'à la Renaissance.

Si au Moyen-Age l'acception d'autrice était légèrement différente, dès la Renaissance on parla d'autrices en tant qu'écrivaines.

Et puis... et puis arriva le XVIIème siècle et la création de l'Académie Française (1634) gérée uniquement par des hommes. Il y eut un long débat épistolaire entre des écrivaines comme Marie de Gournay (1565-1645) et des écrivains comme Guez de Balzac (1597-1654) surnommé "le Restaurateur de la Langue Française" et, devinez qui gagna à la fin ? 

C'est ainsi que, en 1694, quand le premier dictionnaire de l'Académie Française parut, un certain nombre de termes féminins s'évanouirent dont le terme autrice qui recouvrait une profession trop noble pour posséder un féminin, semble-t-il.
 
On voulut bien concéder l'usage du mot actrice pour comédienne car celle-ci interprétait les textes d'auteurs supposés masculins alors que des autrices dramaturges ont bien existé à la Cour de Versailles comme Catherine Bernard (1662-1712) tout comme des compositrices comme Elisabeth Jacquet de la Guerre (1665-1729) ont bien œuvré lors du Grand Siècle. 

Le XIXème siècle n'étant pas vraiment un siècle féministe, les mauvaises habitudes se sont pérennisées Et c'est ainsi qu'in fine, plusieurs générations abreuvées au Lagarde et Michard depuis 1948 n'ont eu que des auteurs de romans, de poésie et de théâtre à se mettre sous les mirettes. Exit nombre d'autrices oubliées ou dont le nom est juste évoqué comme la remarquable poétesse Louise Labé (1524-1566) :

Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

 
Lagarde : - Je ne sais pas ce que vous en pensez cher collègue mais ce genre de poésie ne me semble pas convenir aux jeunes esprits...
Michard : - Tout à fait d'accord cher ami, il ne manquerait plus que les jeunes filles lussent ce genre de vers et, s'échauffant la bile, en vinssent à jeter leurs soutiens-gorges au visage de leurs professeurs.

© Editions Bordas
 
Dès les années 70, curieux de nature, je m'étais bien posé la question : pourquoi n'y a-t-il pas plus de femmes dans les Arts ? J'ai entendu maintes fois cet argument : "Elles ont la maternité, cela leur suffit, elle n'ont pas besoin de créer." La réponse est maintenant plus évidente : les femmes qui, malgré les restrictions de leur temps, ont réussi à créer ont été largement effacées de la mémoire collective et le nettoyage a même eu lieu au niveau du dictionnaire.
 
******
 
Les travaux d'Aurore Evain m'ont permis de me rappeler quelques quasi-disparitions de termes féminins que j'avais effectivement remarquées. En guise de conclusion, j'en citerai deux :  

Matrimoine (orthographié matrimoyne) cité entre autres dans un livre sur les coutumes anglo-normandes du XIème au XIVème siècle. (David Houard 1776) ou dans un contrat de mariage en Anjou (1619)
Concernant matrimoine, je ne résisterai pas à livrer cette citation de l'Echo de la Mode du 21 janvier 1968 (p69) qui pensait le terme récent :
Matrimoine, subst. masc.[Sur le modèle de patrimoine] Le «matrimoine»? un mot fabriqué qui restera dans les dictionnaires sous cette définition simple: tout ce qui dans le mariage relève normalement de la femme.
 
Trobairitz : Ces femmes nobles poétesses des XIIème et XIIIème siècles ont existé parallèlement aux Troubadours mais le terme Trobairitz est tombé en désuétude alors que celui de Troubadour a traversé le temps sans encombre.
Pour les Trobairitz, voir cet article du Lutin.
Pour les Troubadours, voir cet autre article.


Site d'Aurore Evain



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CONTES ET LÉGENDES

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-06-2017 16:41:27 - 5 commentaires

 

Trail d'Ecouves

 

Pour ce nouveau récit du Trail d'Ecouves, vous vous attendiez à ça :

 

 photo Steph 61

Raté, vous aurez ceci :

 

 

En lisant mon dernier récit : Contes et Légendes.

 

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LA VIE DES HAMSTERS

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-05-2017 16:40:15 - Aucun commentaire

 

 

Le hamster est un drôle d'animal qui aime se faire du mal pour faire le bien. Les étranges moeurs de ces bêtes singulières dans mon récit de la No Finish Line Paris :

ICI

 

 

LA LAVANDIÈRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-05-2017 09:36:32 - 5 commentaires

 
Jeanne était une belle et grande femme. A une époque où les hommes comme les femmes de sa condition dépassaient rarement le mètre soixante, elle faisait figure d'exception avec sa sveltesse animale pourtant peu mise en valeur par sa blouse qu'elle quittait rarement. Elle aurait pu générer l'envie de la part des autres lavandières qui fréquentaient les lavoirs de la rivière Sarthe mais le caractère ouvert et enjoué de Jeanne désamorçait les jalousies et étouffait les rancœurs. Elle était gaie.

Le travail était dur, les mains gercées et les dos accablés mais les lavoirs résonnaient chaque jour des rires et des chants des lavandières, ce qui avait l'heur de réjouir les pêcheurs qui les surplombaient un œil surveillant le bouchon de leur ligne et l'autre glissant discrètement sur ce qu'ils devinaient de l'anatomie de ces jeunes femmes en plein effort.

La vie n'était pas facile. Pour personne et surtout pas pour Jeanne qui avait eu à subir un mari tyrannique, alcoolique et d'une jalousie maladive. Une femme battue n'est pas forcément une femme abattue et Jeanne avait réussi à se séparer de cet homme brutal. Se séparer mais pas divorcer. Les trois enfants étaient scolarisés chez les curés grâce aux bons soins des dames du centre-ville qui payaient les frais et donnaient même quelques tenues pour habiller les enfants qui, de toute façon, étaient tirés à quatre épingles. La fierté des pauvres est parfois plus haute que les murs élevés par la société. Mais cette fierté n'allait pas jusqu'à remettre en cause les us et coutumes de ce petit monde habitant à proximité des flèches gothiques de Notre-Dame qui avait accueilli le baptême de Sainte Thérèse canonisée dix ans plus tôt. On ne divorçait pas. Qu'à cela ne tienne, Jeanne était libre.

Libre mais prise par son travail du matin au soir. Heureusement que les enfants étaient autonomes, même la petite Paulette ne se plaignait jamais des retours tardifs de sa mère trop occupée par le linge d'une grande famille alençonnaise. Il n'était pas rare de voir huit à dix enfants par famille bien peignés et bien vêtus aller à la messe le dimanche matin, la bonne société alençonnaise avait de nombreux rejetons qu'il fallait nourrir et vêtir et il en fallait des cuisinières et des lavandières pour ce faire. Combien de fois changeait-on les enfants juste avant le départ de Jeanne pour lui demander d'effectuer une dernière lessive qu'elle faisait sans broncher en pensant cependant à ses enfants revenus depuis longtemps de l'école. Elle ne pouvait dire... les bonnes dames fournissaient des tenues pour les garçons et des robes pour la petite Paulette qui d'ailleurs appréciait peu quand une camarade de classe lui faisait remarquer qu'elle portait un de ses anciens vêtements. Il fallait toutefois faire contre absence de fortune bonne figure, les enfants étaient bien habillés et ne traînaient pas comme tous ces petits miséreux des cours de la rue St Léonard.
 
 
******
 
Irène, épouse d'un médecin de la rue du Cours s'était prise d'amitié pour Jeanne qui s'occupait chaque mardi du linge de ses trois filles. Trois enfants seulement comme Jeanne mais pas parce que son mari la délaissait mais parce c'était son choix. Les mauvaises langues disaient bien que c'était pratique, dame, son mari était docteur
 
Irène goûtait peu la compagnie des bourgeoises alençonnaises qu'elle trouvait bigotes et butées, il faut dire qu'elle avait ses deux baccalauréats, chose fort rare pour une femme à l'époque. Et puis ses idées...
 
En ce mois de juin 1936, il se disait que la chambre des députés allait déposer prochainement une proposition de loi concernant le vote des femmes. "C'est pour juillet j'en suis sûre ! Le Sénat n'osera pas s'y opposer !" Les discours d'Irène lors des thés organisés dans les salons étaient moyennement appréciés. Ce n'était pas que les bonnes dames étaient hostiles à tout progrès mais enfin, c'était un gouvernement de Front Populaire qui portait cette loi... et le Front Populaire sévissait à Flers ou à la Ferté-Macé au pays des filatures et des mines, pas dans la cité de Sainte Thérèse.
 
Irène était encore très jeune et enthousiaste. La société normande a toujours eu horreur de l'excès mais elle tolérait les saillies politiques de la jeune femme tant que certaines bornes n'étaient pas franchies. 

Tout aurait suivi tranquillement son cours si Irène n'avait naïvement décidé d'éduquer Jeanne en lui tenant de longs discours sur la condition de la femme et de l'ouvrier pendant que celle-ci maniait le savon de Marseille et la brosse à chiendent. Une véritable amitié était née entre les deux femmes, un réel échange aussi, Jeanne renseignant Irène sur la véritable condition ouvrière et Irène renseignant Jeanne sur ses droits. Une amitié qui finit par déranger.

De remarques de patients en allusions de la part de collègues, le mari d'Irène finit par sentir une gêne s'installer. Il s'en ouvrit à son épouse qui réagit mal. Il en resta là un moment. C'était un honnête homme dans le bon sens du terme ; plus âgé que son épouse, il était respecté dans son cabinet de la rue du Cours, respecté à l'Hôtel-Dieu de la rue de Sarthe et même respecté pour son action bénévole de soin des filles de la maison "La Provence" place du Champ du Roy. Il est vrai que soigner ces femmes perdues rendait indirectement service aux hommes de la bonne société alençonnaise qui fréquentaient discrètement cette maison de tolérance mais ne ramenaient pas de honteuses maladies à domicile.

On peut être un progressiste, on appartient cependant à sa classe sociale et, voyant son cabinet boudé par une certaine clientèle et son statut de notable fragilisé, il lui fallut un jour taper du poing sur la table d'autant plus que, nonobstant les remarques sur le dévoiement social de son épouse, des ragots sur un comportement contre nature des deux jeunes femmes commençaient à circuler. 

Irène mit longtemps à pardonner ce rare accès d'autorité mais elle obéit. On était fin 1936 et la loi sur le vote des femmes, votée à l'unanimité à l'Assemblée, ne fut jamais débattue au Sénat....
 
 
 ****** 
 
Jeanne ne mit plus jamais les pieds dans la maison de la rue du Cours mais Irène s'arrangea pour qu'une de ses amies, femme d'un gros quincailler de la rue aux Sieurs, embauche la lavandière pour s'occuper du linge de sa très nombreuse progéniture à condition que celle-ci s'engage à rester à sa place. Il en allait de sa vie et de celle de ses enfants, Jeanne se tut et frotta, frotta l'étoffe avec sa brosse à chiendent jusqu'à ce que ses muscles en deviennent ligneux. Son cœur se serra, se serra jusqu'à en devenir si petit et si dur qu'elle en perdit le sourire mais elle n'offrit aucune larme en pâture à ceux qui la voyaient à genoux dans les divers lavoirs de la rivière Sarthe.


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On la retrouva un frais et lumineux matin d'hiver dans un lavoir près de la Providence. Epuisée par le labeur et la tristesse, elle n'avait pu se relever et avait laissé la nuit et le froid l'envahir, durcissant ce qui restait de tendre en elle. Le hasard fit que ce fut le mari d’Irène qu'on dépêcha sur place. Il ne put que constater le décès mais ne put en trouver la cause. Le froid vif de la nuit ne pouvait expliquer l'état de dureté ni la texture de la peau de la jeune femme. Le corps fut dépêché à l’Hôtel-Dieu rue de Sarthe où il fut prestement mis en bière. Cet étrange décès ne donna lieu qu'à un certificat signé en bonne et due forme. 

Les Bonnes Dames d'Alençon s'occupèrent des funérailles et placèrent les enfants dans des fermes des environs de la ville. On parla un peu mais l'affaire fut vite oubliée de tous sauf d'Irène qui versa les larmes que Jeanne avait refusé de livrer à la  bonne société alençonnaise. 





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UN AIMANT QUI A BONNE MINE

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-04-2017 09:51:11 - 8 commentaires

 
Si je compte bien, cela fait quarante-trois ans que je fréquente la maison. Cette table de salle à manger, je l'ai bien souvent vue encombrée d'une machine à coudre Singer. Une belle-mère couturière, on ne sait pas à quel point ça peut être utile... 
 
Au moment d'épingler les ourlets avant la coupe du bas de mes pantalons, Cécile sort toujours la même boîte en fer qui contient le même aimant bien pratique pour faire le ménage après l'ouvrage. Une couturière, ça sème beaucoup et quand on est maman de cinq enfants puis nourrice à domicile, on ne peut pas se permettre de laisser des aiguilles sur le parquet.

"Tu ne sais pas d'où il est venu celui-là ?
- Ben non, je l'ai toujours vu dans votre boîte..."
Et elle me raconte.
 
En août 1944, ça avait bien tapé  en forêt d'Ecouves avant que les Allemands ne lâchent prise, laissant du matériel et tout un tas de munitions dans différents endroits. Perchés aux Montgommeries tout en haut de la montagne à près de 400 mètres d'altitude, Cécile et ses cinq frères et sœurs menaient une vie normale d'enfants ou d'adolescents de l'époque. Enfin, presque normale, c'était la guerre quand même.

A l'époque, les gamins n'avaient pas constamment le fil à la patte comme actuellement et ils jouissaient d'une liberté qu'on n'ose à peine imaginer. Une sacrée liberté pour apprendre la vie et aussi faire des bêtises.

Le petit Roger avait treize ans et il était déjà bien adroit. Il avait découvert un stock de mines anti-char allemandes de modèle Hafthohlladung. Ces mines pouvant percer 14 cm de blindage se posaient à la main sur les chars et étaient déclenchées par un détonateur à friction retard. Le pauvre bidasse qui avait réussi à poser la mine sur le blindé ennemi sans se faire écraser ni mitrailler avait ensuite 7,5 secondes pour prendre la poudre d'escampette. C'était rock and roll !


Or, ces mines, pour rester fixées aux chars, étaient pourvues de trois puissants aimants parallélépipédiques à la base comme on peut le voir sur cette photo :


Qui n'a pas été émerveillé dans son enfance par les propriétés magiques du magnétisme ? Le petit Roger n'a pas mis de temps à trouver comment démonter les aimants de ces mines et, comme il avait constitué un stock, il en a distribué autour de lui. Je ne pense pas que ses parents en connaissaient la provenance, ses frères et sœurs, si. 
 
Comme on a l'esprit pratique en Ecouves, chacun a trouvé une fonction à son aimant. Pour Cécile la couturière, ce fut "ramasse-aiguilles". Voilà comment un morceau de métal aimanté peut nous faire voyager dans le temps et l'Histoire...




Merci au forum "Les aigles verts" pour les renseignements sur les mines.
 
 
 


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VERS UNE HERMÉNEUTIQUE QUANTIQUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-04-2017 08:39:55 - 23 commentaires


Le vingt et unième siècle, s'il connaît d'ores et déjà des bouleversements au niveau  de la compréhension phrénologique de l'appréhension sociale de la phénoménologie structurelle, a des grandes chances de subir une révolution techno-cognitive autrement plus prégnante en ce qui concerne l'application ingéniologique de la théorie des quanta élaborée par Max Planck dès le début du vingtième siècle.
 
Même si un grand nombre d'applications ont vu le jour très tôt comme l'effet photo-électrique très connu ou  l'effacement ailurophobe de Schrödinger moins connu, c'est bien dans les prochaines années que se prépare une véritable révolution trans-scientifique qui verra tomber bien des barrières dogmatiques au niveau de l'épistémologie sociale dont les méta-modèles sont en pleine expansion.

Mais c'est à l'étage humain que se situe la véritable révolution et c'est au niveau d'un nouveau structuralisme basé sur une phénoménologie sartrienne adossée au post-modernisme d'un Derrida ou d'une déconstruction à la Deleuze. L'eccéité même de l'homme du vingt et unième siècle pourrait bien voir entamer une montée en puissance de l’idiosyncrasie réifiante constitutive de la dégradation ontologique de la perception combinatoire. Pour preuve de nouvelles techniques comme le "Quantic Potential Measurement" maintenant utilisé dans la nouvelle administration américaine dont la preuve de l'efficacité n'est plus à faire. 

Les quanta (pluriel de quantum) et leurs applications fort nombreuses actuellement ont enfin permis d'éclairer le public sur la réalité de bon nombre de pratiques au niveau des sciences et de la médecine. C'est en reprenant les théories d'Heisenberg sur les similitudes entre le pont Einstein-Rosen et la contrafactualité du comportement des molécules d'eau (de l'infiniment grand à l'infiniment petit) que le professeur Benveniste a finalement trouvé le chemin le menant à prouver la véracité factuelle de la mémoire de l'eau, véritable acrasie intellectuelle et scientifique. Sans Max Planck ou Niels Bohr, l'homéopathie en serait restée au niveau d'une sympathique pratique empirique alors que, reprenant les travaux de ses aînés, Benveniste a mis en lumière l'aliénation entre les molécules et leur mémoire, un "trou de ver" quantique, une logique événementielle et statistique au niveau de l'infiniment petit.
 
Et si ce n'était qu'au niveau de l'eau...  Une acatalepsie partielle des sciences du vingtième siècle avait occulté bien des pratiques anciennes comme le Reiki  que Mitsao Usui remit au goût du jour et que de nombreux scientifiques japonais considèrent maintenant comme un véritable transfert d'énergies combinées propres à engendrer une modification chiasmique des propriétés corporelles. Combinée à une lithothérapie issue des dernières recherches sur le rayonnement quantique des cristaux, cette pratique révèle un autre homme et même un homme autre, une sorte de "Cogito alter ego sum".

Pour rester clair et concis, on peut juste noter que le principe d'intrication quantique explique enfin nombre de phénomènes jusqu'alors mystérieux et cela ne peut qu'engendrer une nouvelle pensée de décohérence structurelle qui attend ses nouveaux théoriciens comme ses futurs contempteurs. Une formidable bataille au niveau de l'aséité culturelle et morale est à venir. Espérons que se lèveront de nouveaux penseurs à l’éthologie organologique solide capables d'appréhender de manière globale un monde conceptuel aussi vaste que grandement ichtyologique.
 
 
 

Pour approfondir votre réflexion, un article passionnant sur le Blog de Tonton Gilles.

 



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AUPRÈS DE MA BRUME

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-03-2017 08:40:45 - 20 commentaires


Le printemps se fait discret et il tombe une méchante petite bruine glacée qui n'incite pas au sourire. Je chemine comme à l'accoutumée avec Tonton Gilles à la recherche du cliché qui va morceler la grisaille du quotidien et nous permettre d'apercevoir un peu de bleu à travers l'objectif de nos boîtes à images.
 
Arrivé au niveau de l'école de musique, je rencontre un ancien parent d'élève de mon ex-école qui me salue en me demandant si j'apprécie la retraite. Il m'envie, semble-t-il, étant prof de lycée lui-même. Il a envie de parler et je ressens un profond malaise exsuder de son discours.
 
Le lycée découvre à son tour la gestion de disparités de niveau parfois astronomiques pour ne pas dire abyssales. Effectivement, tout le monde prend le Bac et le vaisseau tangue.
 
"Vous vous rendez compte, il nous est arrivé tout un paquet d'élèves en seconde qui étaient là parce qu'il n'y avait plus de place en BEP. Ils planent complètement ! Et nous, on rend des évaluations acceptables à l'Administration car si on est trop mauvais, elle nous coupe les vivres... et tout ça à trente-cinq par classe !"
 
Je connais l'histoire et je plains ces pauvres profs, l'Université ne les avait pas préparés à cela. Je sens qu'on va tourner en rond et que ça va finir par me gâter le sang car, si je suis hors circuit, les heurs et malheurs de l'Enseignement m'atteignent toujours. 
 
A ce moment, nous sommes alpagués par une dame , mère d'un ado de quinze ans qui nous demande que faire pour que son fils puisse accéder à une classe prépa au terme du lycée.
 
"Vous comprenez, j'ai été obligée de l'inscrire au CNED durant le collège et ce qu'il fait au lycée n'est pas suffisant, il va falloir que je lui fasse donner des cours supplémentaires et puis dans sa classe, il y en a qui n'ont rien à y faire et puis..."
 
Le prof et la mère d'élève débattent sous nos yeux (Tonton Gilles est resté muet), c'est un dialogue de sourds entre le professeur qui cherche à gérer correctement des groupes avec des bons, des moyens et des faibles et la maman qui ne voit que l'intérêt de son enfant.
 
Le petit instit à la retraite n'a plus grand chose à dire dans ce débat. Moi, j'ai toujours géré des gamins de niveaux hétéroclites et j'ai bricolé ce que j'ai pu en résistant bien souvent à une administration aux lubies diverses et souvent contradictoires. Je salue poliment la compagnie.
 
En manque d'agrumes par ce temps de brume, je passe faire quelques courses au supermarché près de chez moi, j'y croise la maman de N... que j'ai eue en CP il y a bien longtemps. Elle vient de terminer l'Ecole des Chartes et intègre prochainement le conservatoire national supérieur de Paris en classe de viole de gambe. Sa maman est très fière et il y a de quoi. Elle avait tenu à ce que sa fille fasse son CP alors qu'elle savait déjà lire. J'avais établi un modus vivendi avec l'enfant : elle apprenait diverses choses dont un peu de rigueur et je ne l'embêtais pas avec la lecture. Tout s'était bien passé. 

La maman ne peut s'empêcher de me dire que son fils F... que j'avais eu en CP et CE1 passe cette année son agrégation d'histoire. Je m'en souviens de celui-là, il avait tenu à monter une expérience (réussie) d'électrolyse de l'eau en fin de CE1. Ces gamins, on l'aura compris, avaient eu peu besoin de moi pour bien démarrer à l'école.

Il n'y a pas si longtemps, en me faisant couper les cheveux, je parlais avec le père d'un petit garçon en grande difficulté auquel je n'avais pas vraiment réussi à apprendre à lire lors de sa première année de CP. J'en avais été vraiment malheureux. Les années ont passé, L... vient de passer son CAP en alternance et son patron veut le garder et même l'aider à passer son Brevet Professionnel. Le gamin qui subissait l'école comme une potion amère se lève maintenant à six heures du matin pour aller au boulot. Il aime l'ambiance des chantiers. Il a trouvé sa voie.
 
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La balade se termine, Tonton Gilles, toujours pertinent, discourt sur une certaine classe sociale qui a émergé dans la deuxième moitié du vingtième siècle et qui  s'ingénie à se reproduire en bloquant les accès aux ascenseurs sociaux en utilisant paradoxalement l'arme du politiquement correct. J’acquiesce à ma manière normande : "C'est pas faux..."
 
J'ai l'esprit un peu nuageux.

 



 

 
 
 
 

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UN VENDREDI À PARIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-03-2017 12:27:19 - 6 commentaires

Il est des occasions à ne pas rater sinon on s'en mord les doigts jusqu'à l'épaule... Vermeer est depuis longtemps un de nos peintres préférés et l'occasion d'admirer le tiers de sa production ne se représentera pas de sitôt. Ou alors la prochaine fois il faudra quelqu'un pour pousser nos fauteuils.
 
On est dans les temps. Notre Ford pourrite est à l'abri dans un parking près de l'Opéra, nous cheminons vers le Louvre. 

 

Heureusement que j'ai réservé mon créneau de visite, on ne va pas trop attendre ! Oups, c'est quoi cette longue procession ? J'avise une dame avec un badge.
"Bonjour madame, c'est là Vermeer ? 
- Ben oui, la queue est là."
Je vérifie que ma braguette est bien fermée et je me dirige vers la  file d'attente.
 
Au bout de trente minutes, nous rejoignons une... seconde file. Damned, encore une demi-heure de poireautage ! J'en profite pour observer les gens qui m'entourent. Tiens, il n'y a pas de Chinois ! Heu non, on est plutôt à Versailles et ils sont tous assez vieux pour avoir... notre âge.
 
J'avais pourtant pris mes précautions sur la route mais les rognons ont encore frappé, j'espère qu'ils ont prévu des toilettes à l'intérieur de l'expo. Euh non, Prostaman va encore être obligé d'attendre.
 
"C'est le mur" qu'il nous dit le type à l'entrée pour nous signifier qu'il y a du monde, nous allons donc voir les tableaux de Valentin de Boulogne pour patienter.
 
Les Tricheurs (Document Wikipedia)
 
Maître des mains et des expressions, Valentin peint sur des grands formats pour des clients italiens. Avec Vermeer, nous passons dans un tout autre monde. Et quand je dis Vermeer, il s'agit de Vermeer et ses contemporains comme Gabriel Metsu ou Gérard Dou, maîtres de la Fijnschilderei (peinture fine).

Metsu : Jeune homme écrivant une lettre
(Document Wikipedia)

La beauté des tableaux du Maître de Deft et de ses contemporains finit par me faire oublier la pression hydrostatique et nous prenons le temps de regarder chaque œuvre avec  de grandes délices (j'ai mis un adjectif pour faire mon pédant).

Nous finissons par nous lier avec une dame de St Lô avec laquelle nous commentons les derniers Vermeer, bien sûr la dentellière (Ah, ces fils entre ses doigts !) et, incontournable, la laitière. Le premier qui me sort un yaourt, je l'assassine !

(Document Wikipedia)
 
En direct live à cinquante centimètres du nez, c'est un choc esthétique. Nous voyons ce qu'il est impossible de voir sur une reproduction, le tableau semble habité, les couleurs, les couleurs ! Jusqu'au trou dans le mur... une idée de la perfection. Nous sommes trois à commenter le tableau, surtout ma Josette qui tient le pinceau depuis moult années et la charmante dame de St Lô. Au bout d'un moment, une Versaillaise grince derrière nous et il nous faut décaniller.
 
Ouf, je visite enfin les toilettes du musée après presque deux heures de visite. On raconte des salades, les toilettes elles ne sont pas d'époque.
 
Il nous reste du temps, nous musardons dans le palais, nous arrêtant çà et là. Mon œil de lutin repérant quelques jolies choses...

Fragonard : Le feu aux poudres
 
Inévitablement, nous sortons du musée par la boutique de souvenirs. Nous regardons avec dédain les gens sortir de là avec leurs assiettes Joconde ou   leur Victoire de Samothrace en plâtre. Peuh, quel mauvais goût, qu'ils repartent vers leurs pénates avec leurs souvenirs kitschs.

Mais mais, regarde ça !!! Oh génial, ça va plaire à Arielle qui va bientôt avoir trois ans ! Et c'est comme ça que Papy et Mamie sont repartis avec un cadeau kitsch. La honte !


Et c'est pas fini la journée ! Direction l'Olympia ou plutôt le café de l'Olympia où nous mangeons notre croque-madame dans une crypte au sous-sol. Un demi-litre de bière nous requinque grave comme on dit chez les jeunes, euh enfin, on n'est pas chez les jeunes. Ça sent même le vieux rocker. Ils viennent certainement assister au même spectacle que nous.

Photo de ma Josette

Ah, les toilettes du café de l'Olympia sont super et la serveuse très sympa ! Vite, nous allons voir... tadaaa !!!


La légende du blues blanc ! John Mayall, 84 ans au mois de novembre. In-con-tour-na-ble ! Mayall fait partie de notre histoire. C'est Josette qui m'avait prêté Blues From Laurel Canyon alors que nous étions en seconde, elle m'avait aussi fait découvrir Jethro Tull et les premiers Pink Floyd mais c'était certainement Mayall qu'elle préférait. Mayall, une vie de blues pour lui, une vie pour nous. Quarante-cinq ans après la seconde du lycée, nous allons enfin le voir et l'entendre.

Ah la vache, ils sont tous là ! Le Baby Boom a débarqué, la moyenne d'âge explose les soixante ans, je ferais presque jeune.

Le gars en première partie tient une demi-heure et après, le type au micro nous annonce que l'Olympia nous offre vingt minutes d'entracte. Bon coureur, je gicle vite vers les toilettes. Grand bien m'en fasse, quand je sors après avoir vidangé un bon demi-litre de Grimbergen, je m'aperçois que tous les types de la salle se sont donné rendez-vous aux gogues. Elle est impressionnante la queue, euh, la file d'attente. Il fallait s'y attendre avec autant de croulants dans la salle. Ah oui, croulant, c'est le mot qu'on utilisait dans les années soixante pour désigner les plus de quarante ans... j'en ai maintenant soixante et un et j'apprécie le terme à sa juste valeur... ouille !

Photo Angel Burbano

Papy Mayall a bien pris un peu de bide mais il a une pêche d'enfer. Il joue en trio avec un jeune bassiste tout fou et un très bon batteur qui fait le Jabba sur son siège. Au bout de deux morceaux, le gamin plante son ampli de basse et, le temps de la réparation (un ventilo collé derrière la machine), John Mayall nous gratifie de deux impros au clavier puis à l'harmonica. Nous, on est sur le cul ! Le concert reprend et c'est une heure un quart de blues légendaire. C'est un peu comme Vermeer, nous entendons ce qui est impossible à entendre sur disque, le blues est incarné.

Rentrés à une heure trente du mat', nous nous couchons vite. J'ai un cross à courir à seize heures nom de d'là ! Evidemment, au lever, le premier disque que Josette met dans mon lecteur CD d'ancêtre (un Sony 557 ESD de 1987), c'est le double album du 70ème anniversaire de John Mayall. A l'époque, il était vraiment jeune, non ?

Je vous laisse apprécier "Somebody's acting like a child", un extrait de Laurel Canyon interprété en 2003 par John Mayall and the Bluesbreakers featuring Mick Taylor et Buddy Whittington à la guitare, du grand art :

 
 
 
 
 
 

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