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Le Lutin d'Ecouves

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES AUTRES INSECTES

Par Le Lutin d'Ecouves - 08-10-2020 10:22:04 - 5 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie. 

 

Odonates

Les odonates sont un ordre qui compte les demoiselles et les libellules dans ses rangs. Ce sont de puissants prédateurs et leurs larves ne sont pas en reste. Ces larves ont la particularité d'être toutes aquatiques c'est pourquoi on trouve ces animaux à proximité des étangs et cours d'eau. Mon jardin est cependant assez éloigné de la Sarthe et de sa zone humide, à 1 km à vol d'oiseau, et je ne sais pas très bien ce que font ces insectes dans mon jardin. Peut-être une pause entre deux plans d'eau... Une chose est sûre : ils ne font qu'y passer car leur présence est toujours brève.

 Libellula depressa

La libellule déprimée n'a aucun problème psychologique, son nom provient d'un terme latin qui veut dire aplati car son abdomen est effectivement assez plat. C'est une assez grosse libellule et le dimorphisme sexuel est très visible, alors que les mâles sont bleus, les femelles sont jaunes. Les larves chassent dans les points d'eau où elles ont éclos, cela peut être de simples mares pour cette espèce. Le stade larvaire dure deux ans. Au moment de se métamorphoser, les larves grimpent sur une plante ou une pierre où elles sèchent avant de quitter leur ancienne peau. Les adultes se nourrissent de moucherons ou autres insectes capturés en plein vol. 


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Sympetrum striolatum

Cette femelle de sympétrum rayé est certainement très jeune car au bout de quelques temps, elle deviendra nettement plus brune alors que le mâle est franchement rouge. Leurs mœurs ainsi que celles de leurs larves sont semblables à celles des autres libellules.

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Sympetrum sanguineum

Reconnaissable à ses pattes noires, ce sympétrum rouge-sang mâle possède une couleur encore peu intense, ce qui indique son jeune âge (la femelle est jaune). Son comportement peu réactif comme celui des autres libellules observées laisse à penser que mon jardin est une étape dans laquelle ces insectes sèchent tranquillement avant d'aller rejoindre une zone humide.

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Coenagrion mercuriale

L'agrion de Mercure est une demoiselle dont le mâle est franchement bleu alors que la femelle présentée ici est d'une couleur plus discrète. Cette espèce, sans être rare est cependant considérée en danger de disparition sur notre territoire. Les demoiselles, comme les libellules se nourrissent d'insectes volants et leurs larves sont aussi aquatiques et carnivores.


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Ischnura elegans

L'agrion élégant est une petite demoiselle très courante identifiable grâce à sa tache bleue au bout de l'abdomen. Les mâles sont noir et bleu alors que les femelles peuvent présenter trois types : bleu, brun-verdâtre ou à thorax rose.

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Orthoptères

Les orthoptères sont un ordre d'insectes comportant essentiellement les sauterelles, criquets et grillons. De grillons, je n'en ai malheureusement point dans mon jardin, ces animaux se font rares alors qu'ils étaient si fréquents dans mon enfance. J'aimais bien en ce temps les chatouiller dans leur trou avec une longue herbe pour les faire sortir... Ces insectes sont tous à métamorphose incomplète, c'est à dire qu'un immature ayant la forme de l'adulte sort de l’œuf et passe généralement par cinq stades avant d'atteindre la taille adulte.

Leptophyes punctatissima (femelle)

La Leptophye ponctuée ou petite sauterelle verte est très commune dans nos jardins (où elle se nourrit de feuilles diverses) même si elle n'est pas si facile à voir. Son corps est couvert de petits points rouges et ses antennes sont nettement plus longues que son corps. La femelle possède une tarière en forme de couteau, n'ayez crainte cela ne coupe pas mais sert à pondre. Le mâle est facile à distinguer car il ne présente pas cet organe et possède quelques autres petites différences comme on peut le voir :

  Leptophyes punctatissima (mâle)


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 En ce qui concerne les criquets (antennes courtes), j'ai mis beaucoup de temps à les identifier (la couleur n'est pas toujours un critère) et je remercie les sites Aramel et Quel est cet animal pour leur aide. 

La reproduction des criquets se fait en début d’automne par un accouplement assez classique donnant lieu à la ponte des œufs dans le sol, juste quelques jours après la fécondation. Pour ce faire, ils enfoncent leur abdomen dans la terre et les œufs y sont enserrés dans une membrane rigide appelée oothèque où ils resteront tout l’hiver avant d’éclore au printemps qui suit (source : Le Monde.fr).

Les criquets sont des végétariens assez éclectiques et, dans nos régions, ils ne sont jamais assez nombreux pour se révéler ravageurs comme certaines espèces peuvent l'être en Afrique.

 Ces insectes se font généralement discrets chez moi mais ils ont la particularité d'aimer le muret de la terrasse du jardin les soirs d'été. C'est là que j'ai pu tirer le portrait de quelques espèces:

Euchorthippus elegantulus (criquet glauque)

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Chorthippus scalaris (criquet duettiste)
 
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Omocestus rufipes (criquet noir)

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Dermaptères

 Forficula auricularia


Les dermaptères sont un petit ordre comprenant essentiellement les forficules ou "perce-oreilles". Si l'animal peut se délecter de fruits à noyaux (pêches, prunes, abricots), il fait généralement peu de dégâts et peut même se révéler utile car c'est aussi un mangeur de pucerons. Ses organes en forme de pince appelés cerques lui servent à la défense mais sont peu efficaces. La femelle pond des œufs sur lesquels elle veille ainsi que sur les jeunes larves, comportement assez rare chez les insectes non-sociaux. Le développement se fait par stades sans métamorphose.

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Neuroptères

Chrysopa perla

Les neuroptères sont des insectes à métamorphose complète possédant des ailes membraneuses (chrysopes, fourmilions). Ce sont des espèces à la vie courte (quelques jours pour les adultes). Chrysopa perla (neuroptère aux mœurs plutôt nocturnes) est appelée "lion des pucerons" car sa larve est un gros mangeur de pucerons, ce qui en fait un bon auxiliaire dans la lutte biologique d'autant plus qu'une femelle peut pondre jusqu'à 700 œufs. Les adultes étant des proies faciles pour les prédateurs volants (principalement les chauves-souris), la population de chrysopes reste toujours d'une taille raisonnable.

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Blattidés

Ectobius vinzi (stade larvaire)

Les blattes ou cafards sont des animaux peu aimés alors que les espèces du jardin sont totalement inoffensives et ne pénètrent dans la maison que par accident. Ce sont des insectes omnivores, excellents nettoyeurs qui se nourrissent de débris divers du jardin, jouant un rôle bénéfique dans son entretien. Ectobius vinzi présente une bande blanche lors de son stade larvaire puis devient d'une couleur jaune ou brune plus uniforme  à l'âge adulte.

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Mantidés

 Mantis religiosa

Les mantidés en France sont surtout des empuses (diablotins) et des mantes religieuses, insectes méridionaux. Jusqu'à mon âge adulte, je n'ai jamais vu de mantes au nord de la Loire et puis, elles sont apparues petit à petit dans nos campagnes jusqu'à devenir familières en Normandie bien que moyennement fréquentes. La mante religieuse doit son nom à ses pattes avant repliées qui lui donnent l'attitude d'un orant. C'est un grand insecte (la femelle atteint 7,5 cm) dont les pattes avant sont de véritables armes qu'elle projette en avant pour harponner les proies qui passent à sa portée. La mante femelle est facilement cannibale et, à la fin de l'accouplement, elle n'hésite pas à boulotter le mâle, plus petit, mais cela n'est pas systématique et parfois le mâle arrive à s'échapper s'il est assez vif et a de la place. En captivité, son sort est malheureusement scellé du fait de la promiscuité d'avec sa promise. La mante n'est pas toujours d'un beau vert comme ce spécimen posé sur le mur de mon jardin, elle peut aussi être brune. Ce sont des animaux à métamorphose incomplète comme les orthoptères dont elles sont assez proches morphologiquement.

 

Liens vers les autres billets :

 Coléoptères 1

Coléoptères 2

Coléoptères 3

Lépidoptères 1

Lépidoptères 2

Hyménoptères 1

Hyménoptères 2

Hyménoptères 3

Diptères 1

Diptères 2

Diptères 3

Hémiptères 1

Hémiptères 2

Odonates, Orthoptères, Dermaptères, Neuroptères, Blattidés, Mantidés 

Arachnides



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HUIT FOIS VINDILIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-09-2020 14:58:42 - 6 commentaires

 

 

Toi, moi et l'oubli
Sur l'Océan de septembre
A nouveau une Île



 

Tempêtes figées
Éphémère éternité
Heureux et perdus

Sur le volcan disparu
Nous danserons à nouveau

 

 

 

Un été sans fin
Dans l'antre de Calypso
Silences frémissants

Sur le bord de la falaise
Les cordes et les corps s'accordent


 


 Des larmes de sable
Nos pas, sentiments cachés
Effaçant la nuit

Un monde à portée de main
Au travers des ombres nues


 


Les vallons d'automne
Un sourire océanique
 Envahi de solitude

Au-delà de la raison
 Chant des saisons évanouies

 

 


 Ivres de brûlures
Éruptions immémoriales
Érosion fracturée

Nos vies à jamais gravées
Songes de lave, rêves de schiste


 


Usés par le temps
Un monde parcouru à deux
Toujours pas l'hiver

Nous avons semé la vie
Sans penser au lendemain

 

 


Les couleurs s'évadent
Parmi les géants de pierre
Au bord de ce monde

Deux funambules endormis
Cheminant sur l'horizon



Photos prises à Belle-Ile-en-Mer du 7  au 15 septembre 2020

(Vindilis est un des noms antiques de Belle-Ile)


 


 



 

 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HÉMIPTÈRES (II)

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-08-2020 19:54:18 - 3 commentaires

 Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

 

Hémiptères (2ème partie)

 

Rhyparochromus vulgaris
 

La punaise commune est une espèce éclectique qui se nourrit de graines d'un tas de plantes diverses. Elle affectionne le bois pour hiverner et peut ainsi se retrouver dans le bois de chauffage mais, rassurez-vous, elle ne fera pas de dégâts chez vous. La femelle pond ses œufs sur le sol dans des débris végétaux, les larves qui en sortent se débrouilleront toutes seules.

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Pyrrhocoris apterus


Le pyrrhocorre est plus connu sous le nom de gendarme. C'est une punaise
totalement inoffensive et pour une fois inodore. Même si sa présence en grand nombre peut inquiéter, ce n'est nullement un ravageur, il se contente de piquer certaines plantes comme le tilleul ou la rose trémière pour en sucer le suc, ne laissant pas de traces de dégâts. Il est même utile au jardin en le débarrassant d'un tas de débris en se nourrissant de cadavres d'insectes morts dont il accélère la décomposition en en pompant l'intérieur. Le gendarme n'est pas timide et il montre sa belle livrée rouge et noire à qui le veut, indiquant par là qu'il est immangeable. L'accouplement en opposition des gendarmes peut durer jusqu'à 24 heures et il n'est pas rare de voir les gendarmes circuler en couple, l'un tractant l'autre.


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Corizus hyoscyami

La punaise de la jusquiame ne ressemble au gendarme que pour les personnes distraites, ses taches ont des formes différentes et il suffit de la prendre dans sa main et de la malmener pour percevoir une autre différence : elle peut sentir très mauvais ! Elle se nourrit sur les ombellifères et les astéracées, faisant peu de dégâts.


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Deraeocoris ruber
 
Cette punaise aux couleurs variables (plus ou moins rouge ou plus ou moins sombre) est un prédateur se nourrissant de pucerons, d'acariens ou de chenilles ; le jardiner appréciera.  Les œufs sont pondus au sol où ils hivernent, les larves émergeant au printemps suivant.

Larve de deraeocoris ruber


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Lygus pratensis

Punaise des plantes ou punaise des prés, cet insecte peut présenter une livrée allant du rouge au brun mais aussi parfois très claire comme ici. Dans tous les cas, on observera un joli cœur sur son scutellum. Cette punaise s’attaque en particulier aux cultures de concombres, d’aubergines, de tomates, de poivrons et de fraises. Sa piqûre provoque une nécrose des tissus des plantes car sa salive est toxique. Le jardinier tolèrera donc ce petit animal qui offre son cœur à partir du moment où il reste en petit nombre...

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Cercopis vulnerata

Le cercope sanguin fait partie des cicadomorphes, autre branche des hémiptères. Il se nourrit aussi en piquant les feuilles et si on le dérange, il s'échappe d'un bond qui peut atteindre un mètre grâce à une détente de deux de ses pattes qui se produit en moins d'une milliseconde. C'est comme si je pouvais sauter 170 mètres en longueur ! L'animal a été pas mal étudié et l'on sait aussi que, comme la cigale, le mâle communique par cymbalisation en déformant rapidement une membrane à l'aide d'un muscle, faisant vibrer les tiges et feuilles à une fréquence de 40 à 300 Hz, ce qui est susceptible d’attirer les femelles. Tout cela reste fort discret et inaudible à l'oreille humaine. Une fois la dame sur place, les deux cercopes se positionnent l'un à côté de l'autre, mettant les pointes de leurs abdomens en contact, les corps formant un angle de 45°, c'est chaud ! Les œufs sont pondus à terre et les larves s'y développent dans des anfractuosités, se nourrissant en piquant les racines. (Références : Zoom-nature.fr)
 
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Aphrophora alni

La cicadelle écumeuse est appelée ainsi car ses larves, pour se protéger, émettent une sorte de crachat spumeux autour de leur corps pour se cacher des prédateurs et de la chaleur. On appelle cela des "crachats de coucou" communs aux cicadomorphes.

Crachat de coucou

 Bien que cette cicadelle soit aussi appelée cercope de l'aulne, cette espèce vit sur de nombreuses espèces d'arbres, arbustes et buissons dont elle suce la sève des feuilles ou des tiges.

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Cicadella viridis
 
Très courante dans les prairies humides, la cicadelle verte est un bon sauteur (c'est de famille) et elle sait aussi correctement voler.  Le mâle est plutôt bleu ou brun. Comme toutes les cicadelles, elle se nourrit grâce à son rostre en suçant les végétaux.


 

Liens vers les autres billets :

 Coléoptères 1

Coléoptères 2

Coléoptères 3

Lépidoptères 1

Lépidoptères 2

Hyménoptères 1

Hyménoptères 2

Hyménoptères 3

Diptères 1

Diptères 2

Diptères 3

Hémiptères 1

Hémiptères 2

Odonates, Orthoptères, Dermaptères, Neuroptères, Blattidés, Mantidés 

Arachnides



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HÉMIPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 16-07-2020 12:24:47 - 4 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

Hémiptères (1ère partie)
 
 
Les hémiptères sont un ordre d'insectes comportant essentiellement les punaises, cigales, cicadelles et pucerons. Au niveau cigales, le réchauffement climatique n'a pas encore permis l'arrivée de ces scies entomologiques dans mon département normand de l'Orne malgré l'existence de la cigale de l'orne (cicada ornis) qui doit en fait son nom au frêne à fleurs (fraxinus ornus). Les hémiptères sont des insectes à métamorphose incomplète, les juvéniles (larves) ressemblent (plus ou moins) aux adultes et il n'y a pas de phase immobile dans leur croissance comme pour les insectes à métamorphose complète comme le papillon, sa chenille et sa chrysalide.
 
 
 Acanthosoma haemorrhoidale
 
Oh punaise ! Je ne pensais pas a priori que ces insectes offraient une telle variété de formes et de couleurs. Commençons par la punaise ensanglantée dont les dessins sont assez variables. Les adultes se nourrissent de fruits alors que les larves se nourrissent de feuilles d'aubépine, chêne, peuplier, noisetier... Comme toutes les punaises, elle émet une substance nauséabonde si on l'importune et comme toutes les punaises, elle possède un long rostre replié sous la tête et le thorax qu'elle déploie pour se nourrir car c'est un insecte suceur.

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Coreus marginatus

La corée marginée est très courante et facile à identifier, elle se nourrit sur l'oseille ou le groseillier mais ce qu'elle préfère chez moi, c'est la rhubarbe, véritable immeuble à punaises ; les larves sont très semblables aux adultes et grandissent lors de cinq stades larvaires.

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Rhaphigaster nebulosa

La punaise nébuleuse n'est pas trop difficile et se nourrit sur divers arbustes comme ses larves. Elle peut hiverner dans votre maison, si c'est le cas, ne la capturez pas avec les doigts et ne l'écrasez pas car elle peut sentir vraiment mauvais. De toute façon, elle sortira de chez vous dès le printemps.

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Holcostethus vernalis
 
Cette punaise est très courante, elle a comme autre nom Peribalus vernalis. Elle se nourrit sur une vingtaine de plantes différentes.

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Dolycoris baccarum

Encore une punaise éclectique dans son alimentation, toutefois, la punaise des baies a une préférence pour les fruits qu'elle pique avec son rostre suceur (comme toutes les punaises), laissant un goût désagréable à ce qui reste. 

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Graphosoma italicum
 
La punaise arlequin, très commune sur les apiacées (ombellifères) recherche le soleil et la chaleur, il n'est pas rare de la voir en grand nombre sur le bord des chemins. Sa livrée d'arlequin peu discrète est un avertissement pour les éventuels prédateurs signifiant : "Je suis vraiment mauvaise à manger". Comme les autres punaises de sa famille, elle possède un long rostre piqueur replié sous sa tête mais rassurez-vous, elle ne s'en servira pas pour vous agresser mais seulement pour se nourrir de sève. Les larves n'ont pas la même couleur que les adultes, elles sont brunes et plus arrondies.

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Eurydema ornata

La punaise rouge du chou peut en fait être rouge, orange ou jaune et même parfois blanche. Elle se reconnaît en fait grâce à ses dessins. Elle vit et se nourrit sur l'immense famille des brassicacées qui comporte le chou mais aussi la moutarde, le colza, le rutabaga, le radis, la giroflée, le navet, la roquette, la cardamine, le chou marin etc...

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Eurydema oleracea

La punaise potagère est aussi appelée punaise verte du chou car les taches qui vous semblent noires sont en fait vert très foncé. Les autres taches sont rouges, jaunes ou blanches. Elle aussi se nourrit de brassicacées mais comme certaines autres punaises, en cas de manque, elle peut consommer d'autres insectes qu'elle empale avec son rostre avant d'en sucer l'intérieur.

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Palomena prasina
 
 
 
Palomena prasina
(larves stades 4 et 5)


La punaise verte (qui devient rousse en fin d'année pour des raisons de camouflage) est très courante dans les jardins ou bois. Elle apprécie particulièrement les pommiers et poiriers mais aussi tout un tas d'herbacées. Ses larves sont aussi polyphages et les œufs facilement reconnaissables à leur couleur vert fluo sont pondus là où elles peuvent se nourrir... sauf grosse méprise comme j'ai pu le constater sur le mur extérieur de ma cuisine :

 
Oups !

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Nezara viridula

J'ai longtemps pensé que j'avais affaire à la punaise verte (Palomena prasina) jusqu'à ce que je m'aperçoive qu'elle possédait sur le scutellum trois petits points blancs encadrés de deux petits points noirs. Pas de doute, il s'agit de la punaise verte ponctuée qui provient d'Ethiopie et qui est commune en Europe du sud. Sa présence en Normandie n'est pas un hasard vu l'accroissement régulier des températures moyennes. Elle est très polyphage et s'attaque à une trentaine d'espèces de plantes. Comme on peut le voir ci-dessous, ses larves ne ressemblent pas à celles de l'autre punaise verte :


Nezara Virudula
(larves stades 3 et 5)



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FEND LA BISE

Par Le Lutin d'Ecouves - 18-06-2020 17:15:49 - 10 commentaires


Vous avez passé les soixante ans et il vous tombe un bout d'histoire personnelle comme ça, sans prévenir, une photo que je n'avais jamais vue auparavant ressortie d'une boîte à chaussures et que l'on m'a donnée il y a peu. "Tiens, toi qui fais de la course à pied..."
 
 
Les chaussures d'athlétisme, outil sophistiqué pour l'époque, font contraste avec la piste pour le moins rustique mais néanmoins entretenue. La campagne autour semble banale alors que, tout au contraire, elle est fortement exotique pour nous car située non loin de Hanoï l'actuelle capitale du Vietnam. On est entre 1951 et 1953.
 
La guerre, ce n'est pas comme dans les films, c'est beaucoup d'attente pour peu d'action et ces jeunes trentenaires s'occupent comme ils peuvent. Si le blond de gauche est taillé comme un athlète confirmé, le brun de droite a une attitude et une ligne moins conventionnelles. La disette et le travail obligatoire en Allemagne ne dataient que de quelques années et avaient certainement laissé des traces. Néanmoins, dans ce camp d'entraînement de l'Armée Française, il avait hérité du pseudonyme de "Fend la Bise" grâce à sa capacité de tenir son rang en sprint auprès de ses camarades. On aurait aussi pu l'appeler "Trompe la Mort" car c'est dans cette région que lors d'un de ses entraînements de course dans la nature il sauta sur une mine anti-char dont le souffle l'avait projeté la tête la première dans une mare dont il sortit indemne. Il faut dire que le Viêt-Minh fabriquait ses mines à l'efficacité aléatoire avec ce qu'il trouvait en démontant parfois des bombes et obus non-explosés.
 
Paul était peut-être déjà contaminé par le virus de l'hépatite "non-A - non B" contractée outre-mer et qui devait l'emporter en 1970. Il était en pleine forme et pensait souvent à son épouse et à sa petite fille de deux semaines qu'il avait laissée en Normandie et qu'il ne reverra qu'à l'âge de deux ans. Moi, je ne devais arriver que trois ans après juste pour son départ en Algérie.
 
Parmi les étoffes déchirées de la mémoire maternelle, il m'a fallu recueillir ces bribes décrivant quelqu'un que je n'ai pas connu en tant qu'athlète mais seulement en tant que père hyper-sensible sanglé dans le carcan de son éducation comme il l'était dans son uniforme. Le hasard ou la génétique a fait de moi un coureur de fond sans que je ne connaisse jusqu'ici cette histoire de "Fend la Bise".
 
Il est des occasions ratées dans la vie et on ne sait pas pourquoi. Paul ne m'a jamais parlé de ses aptitudes à la course, trop occupé par ses responsabilités d'officier puis par la maladie qui le rongea dès le milieu de la quarantaine. Peut-être aussi que cet homme né en 1922 ne savait pas que les pères étaient aussi autorisés à s'occuper de leurs jeunes enfants. Question de génération. Ne soyons pas trop prompts à déboulonner nos statues à la lumière de notre  contemporanéité. Je suis devenu trop vieux pour juger et c'est bien ainsi.
 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (III)

Par Le Lutin d'Ecouves - 10-06-2020 18:34:18 - 3 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (3ème partie)
 
 
 Sarcophaga carnaria
 
De la famille des sarcophagidés (qui mangent de la viande), cette grande mouche appelée mouche à damier ou mouche grise de la viande est aussi une commensale de l'homme dont elle apprécie la nourriture carnée, viande ou poisson qu'elle gâte systématiquement en y déposant bactéries, virus pathogènes et champignons qu'elle importe des cadavres ou excréments visités à l'extérieur. C'est dans ces cadavres et ces excréments qu'elle dépose aussi ses œufs et, si le besoin s'en fait sentir, les larves peuvent être déposées directement car cette mouche peut aussi être ovovivipare. Son goût pour les cadavres en fait une précieuse auxiliaire de la médecine légale.

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Anthomyia procellaris

Nouvelle famille : les anthomyies.  Celle-ci est de petite taille (7 mm environ) et se nourrit de nectar, pollen et excréments. Elle fréquente les nids d'oiseaux dont ses larves apprécient les déjections.

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Sicus ferrugineus

De la famille des conopidés, le sicus ferrugineux n'a pas gagné le concours de beauté des mouches mais il compense par une certaine habileté en ce qui concerne la reproduction : la femelle fécondée, prenant son air chafouin (voir photo), attend de repérer de son œil torve un bon gros bourdon qui butine et elle va lui balancer un œuf pourvu de petits crochets dans les poils de l'abdomen où il s'arrime solidement avant d'éclore un peu plus tard. Les deux premiers stades de développement de la larve se contentent de pomper l'hémolymphe du bourdon (l'équivalent de son sang), le stade suivant se met à consommer la viande de l'hôte qui finit par en mourir. La métamorphose se terminera dans le cadavre du bourdon : la larve se transforme en pupe (la chrysalide de la mouche) et elle hiverne ainsi pour émerger à la saison suivante.

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 Chloromyia formosa
 
 De la famille des stratiomyidés, la chloromye agréable a un thorax vert métallique. Le spécimen présenté est un mâle à l'abdomen doré alors que la femelle possède un large abdomen bleuté. les adultes sont des butineurs et les larves se nourrissent de végétaux en décomposition et ainsi être fort utiles pour la transformation du compost.

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Sargus bipunctatus
 
De la même famille, sargus bipunctatus est facile à identifier grâce aux deux points blancs situés entre les yeux (on en aperçoit un) et à ses pattes orangées et jaunes. On pourra l'apercevoir en automne car c'est un diptère assez tardif.
 
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Oplodontha viridula

Autre stratiomyidé, cette petite mouche se rencontre plutôt dans les milieux humides car ses larves se développent dans l'eau. Son abdomen peut être de couleur très variable : jaune, vert, blanc ou orange.

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Thaumatomyia notata

Le chlorops grégaire (de la famille des chloropidés) est une toute petite mouche de 2 à 3 mm de long qui se nourrit de nectar et de liquides sucrés. Ses larves (3 à 4 générations par saison) vivent dans les racines de graminées et se nourrissent de pucerons d'où leur utilité dans les jardins.

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Bombylius major

Tout le monde connaît le grand bombyle mais certains le confondent avec un bourdon alors que c'est bien un diptère brachycère et donc une mouche tout à fait inoffensive. C'est un grand spécialiste du vol stationnaire et il butine les fleurs à l'aide de sa trompe d'une manière très semblable à celle du sphinx colibri qui est par contre un lépidoptère (papillon). La femelle pond ses œufs à l'entrée des nids de certaines abeilles ou même de certains papillons, ses larves se développent dans les nymphes ou chrysalides des espèces parasitées. Encore plus fort, on en a observé qui parasitaient des mouches tachinaires qui sont elle-mêmes des parasites de chenilles. On parle alors d'hyperparasitisme.

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Tipula oleracea

Chez les diptères, il n'y a pas que les mouches, il y a aussi les nématocères dont font partie ces imbéciles de moustiques mais aussi la placide tipule du potager appelée aussi cousin, faucheux ou même maringouin. Cet insecte pond ses œufs au sol et ses larves en forme de vers se nourrissent de racines. La tipule est attirée par la lumière et certains soirs d'été, on peut voir des invasions dans les vérandas de ces insectes inoffensifs mais parfois envahissants.

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Nephrotoma appendiculata

Le néphrotome de Pierre aisément reconnaissable grâce au dessin de son thorax est une autre espèce de tipule aux mœurs semblables à celles de la tipule du potager, ses larves mangeuses de racines sont donc moyennement appréciées du jardinier.


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CORONA LIBRE !

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-06-2020 17:48:46 - 9 commentaires


Vertubleu, ce fut long ! Durant ces 55 jours de confinement, en dehors de mes expéditions à risque dans des grandes surfaces nids à virus où il fallait bien que le mâle chasseur que je suis prît des risques pour assurer la subsistance du couple, ma seule sortie était mon heure de sport de 19h à 20h qui me fit parcourir au total 656,5 km muni de l'autorisation ad hoc (L’État rembourse-t-il les cartouches d'imprimante ?).
 
J'avais par civisme (ça, c'est mon côté maître d'école) suivi les instructions gouvernementales tricotées par les beaux messieurs en leurs bureaux du Mordor, contrée (c'est bien connu) où l'on ne trouve ni forêt digne de ce nom, ni plage méritant cette appellation mais, doté d'un sens aigu de la contradiction (ça, c'est mon côté Baby Boomer), je ne suis pas sorti de chez moi le lundi 11 mai, premier jour du déconfinement.

Cela m'a quand même fait drôle de retrouver quelques jours plus tard ma forêt et ses 15 000 hectares que les Gens d'Armes quadrillaient depuis deux mois pour que nul individu ne transmette le coronavirus aux blaireaux certainement cousins de ceux du Mordor sus-cités (on est solidaire chez les mustélidés).


Ecouves était toujours là et toujours aussi vaste. Nous les lutins avions été punis deux mois et ainsi privés de notre milieu naturel et un lutin hors-sol, ça s'étiole du pétiole. Je courus deux heures sans voir personne comme à l'accoutumée. Certains chemins s'étaient refermés à la faveur du glorieux printemps en cours et je rentrai quelque peu zébré à la maison.

Cela dit, nous étions toujours sous surveillance... Le mercredi suivant, alors que je faisais mes séries de 1000 m à vitesse semi-marathon sur la piste de la Plaine des Sports en compagnie de ma copine Katia (chacun dans son couloir), j'ai été interpellé (par mon nom) par un fonctionnaire de la mairie : "Excusez-moi, mais vous courez trop près l'un de l'autre !" Palsambleu, allais-je sortir ma rapière pour transpercer l'impudent paltoquet ou bien allais-je lui répondre courtoisement histoire de préserver les bonnes relations entre mon club et la mairie ? J'ai finalement opté pour la deuxième solution. Comme quoi toutes ces heures à courir seul m'avaient fait progresser au niveau self-control.

Il restait la limite des 100 km. Habitant dans l'Orne, j'ai trouvé normal le mardi d'après de suivre le cours de ce ruisseau éponyme qui prend sa source au nord-est d'Ecouves. Direction Franceville au bord de la Manche à 97 km à vol d'oiseau de chez moi en compagnie de ma chère épouse.


Le ruisseau ornais est devenu un large fleuve, le temps est magnifique, les marais habités par une multitude d'oiseaux et la plage déserte. A son entrée, un panonceau nous invite à nous mouvoir étant donné que nous sommes censés nous trouver sur une plage "dynamique", tout arrêt risquant de contaminer crabes et palourdes...


Au bout d'une petite heure de marche, constatant qu'il n'y avait personne un kilomètre à l’ouest ni âme qui vive un kilomètre à l'est, nous prîmes le risque insensé de nous asseoir pour consommer nos sandwiches au poulet et au curry. Pas d'hélicoptère pour nous chasser ni de drone pour nous filmer... Nous étions des rebelles !


Retrouvant la civilisation à Houlgate en début d'après-midi, nous vîmes que la mairie avait bien fait les choses, fléchant promenade et plage pour que les quelques badauds ne puissent se croiser. On ne sait jamais, après ces mois de confinement, nos cerveaux mal oxygénés n'étaient peut-être plus en mesure de gérer efficacement nos déplacements.
 
 Photo de ma Josette

Il faisait vraiment trop beau ! Nous décidâmes de rester et il me fallut prendre le risque mortel mais calculé d'affronter les emplettes dans la supérette locale dépourvue de fléchage approprié. Munis de nos quelques provisions, nous nous dirigeâmes ensuite vers Villers sur Mer dont la plage se révéla moins que dynamique :

Photo de ma Josette

En panne de peinture mais détenant un énorme surplus de rubalise, la commune avait interdit la plage et bloqué ses nombreux accès. Au bout d'un kilomètre d'interdictions, nous arrivâmes à Auberville au pied des falaises des Vaches Noires et la prohibition cessa. Pas de marquage, de panonceau, de barrière ou d'injonction.


Estimant que le risque de recevoir un parapentiste contaminé dans la figure était négligeable, nous fîmes notre repas du soir en ce lieu de paix. Enfin vraiment chez nous dans notre belle Normandie, enfin libres !

Picolare perseveramus et merdum ad Mordorem !


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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (II)

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-05-2020 11:20:09 - 1 commentaire

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (2ème partie)
 
 
Après avoir exploré une fraction de l'immense famille des syrphes, intéressons-nous à des mouches qui ont l'air de mouches : les muscidés, les calliphoridés et les tachinidés.


  Musca domestica
 
La mouche domestique est l'insecte dont la répartition mondiale est la plus vaste car, si elle vit facilement dehors, elle s'est adaptée à l'habitat humain et participe même à sa décoration en dessinant sur les voilages. C'est un animal opportuniste qui peut se nourrir d'à peu près tout ce qu'il trouve avec une préférence pour les sucres, les cadavres, les déchets alimentaires et les excréments mais la mouche ne mange que liquide et donc régurgite sa salive sur la nourriture pour la dissoudre avant de l’aspirer avec sa trompe. Miam ! Sa larve s'appelle asticot dont l’œuf est pondu dans de la nourriture où elle doit se débrouiller pour grossir et se métamorphoser. Une mouche peut pondre jusqu'à 1000 œufs dans sa vie. La mouche domestique est vecteur d'un tas de maladies car elle-même supporte plus de 100 pathogènes différents. Comme elle vit avec l'homme, elle a dû subir les attaques insecticides de notre espèce et elle s'est donc adaptée à cela en devenant une des espèces les plus résistantes à la chimie tchernobylienne. Tout cela n'en fait pas apparemment un animal très sympathique mais, après tout, les maladies qu'elle colporte ce sont les nôtres et les différentes résistances qu'elle a acquises, c'est à notre contact. La mouche domestique, c'est un peu le rat des insectes et comme lui, elle a co-émigré et co-évolué avec notre espèce.
 
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 Phaonia subventa

Autre muscidé, Phaonia subventa vit dans les endroits végétalisés et pond ses œufs dans des feuilles ou du bois en décomposition mais aussi dans des charognes. Les yeux rapprochés du spécimen photographié indiquent qu'il s'agit d'un mâle, la femelle les ayant bien séparés. C'est un trait commun à beaucoup de mouches.

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 Hebecnema vespertina
 
Cette petite mouche (5 à 6 mm) fait aussi partie des muscidés, elle est très répandue en Europe et en Amérique.  On remarquera son élégance de lignes, les soies blanches sous les yeux et ses petits crochets blancs au bout des pattes.

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Lucilia sericata
 
Nouvelle famille : les calliphoridés, des mouches aux belles couleurs. La lucilie soyeuse, aussi appelée mouche verte est, comme la mouche domestique, une fidèle compagne de l'homme. Sa fidélité va jusqu'à pondre ses œufs dans les cadavres oubliés en pleine nature, ce qui en fait une des espèces utilisées par la médecine légale pour dater les décès. En dehors des cadavres de divers animaux, cette mouche pond dans les plaies ou les excréments. Cette espèce est d'ailleurs utilisée en "larvothérapie" pour nettoyer certaines plaies infectées en nettoyant les tissus nécrosés et en épargnant les tissus sains. La salive liquéfie les tissus nécrosés qui sont aspirés par les larves. Cette salive contient en outre des peptides antimicrobiens efficaces contre les contaminations bactériennes (source Quel est cet animal). Pas si mal pour une mouche à m... !

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Protocalliphora azurea
 
Ces mouches bleues ne vont pas chercher à s'intéresser à votre nourriture car elles se nourrissent essentiellement sur les fleurs d'apiacées ou de lierre bien que la femelle de celle-ci aime à se restaurer de la transpiration humaine ou des déjections fraîches d'oiseaux. La larve hématophage de cette espèce se développe dans les nids de passereaux dont elle parasite les oisillons.

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Calliphora vicina

La calliphore bleue est une mouche à viande très courante et cosmopolite qui pond ses œufs dans toutes sortes de cadavres y compris le poisson. Ses larves se nourrissent de la chair en décomposition en la liquéfiant avec leur salive. Leur action est déterminante en tant que nettoyeurs de la nature. Elles servent bien sûr aussi à la datation en médecine légale.  Les adultes se nourrissent cependant de nectar, de matières sucrées et de fruits en décomposition. Cette mouche joue un rôle important dans la pollinisation de l'arum italicum et la dispersion des spores du phallus impudicus, cette plante et ce champignon dégageant une odeur de décomposition propre à attirer la femelle de cette calliphore.

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Tachina fera

Les tachinaires (ou tachinidés) sont une famille de mouches généralement appréciée des jardiniers car leurs larves sont parasites d'autres insectes, particulièrement de chenilles qui ont souvent la mauvaise idée de se nourrir des produits du potager. La tachinaire hérissonne se nourrit de nectar mais ses larves parasitent les chenilles de papillons de nuit qu'elles pénètrent pour les dévorer de l'intérieur avant de procéder à leur métamorphose.

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Eriothrix rufomaculata


Cousine tout aussi hérissée, cette tachinaire rouge à pattes noires a des mœurs identiques à celles de sa cousine jaune, parasitant aussi des chenilles de papillons de nuit.

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Sturmia bella

Cette belle tachinaire gris-bleu a une autre stratégie  : elle pond ses œufs sur les orties dont se nourrissent les chenilles de la petite tortue (aglais urticae), un papillon de jour très courant. Trop occupées à boulotter, les chenilles ne s'aperçoivent pas qu'elles avalent des œufs qu'elles ne digèrent pas, leur système digestif n'étant adapté qu'aux orties. Les chenilles continuent leur croissance jusqu'à leur dernière mue mais pendant la formation de la chrysalide, elles se font dévorer de l'intérieur par les larves qui s'échappent enfin du cadavre pour finir leur métamorphose au sol (Source Filming VarWild).


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Phasia barbifrons

Cette toute petite tachinaire fort élégante n'a pas suffisamment été étudiée pour qu'on connaisse son espèce hôte. On sait juste qu'elle présente les caractéristiques de sa famille de mouches parasites.

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Phania funesta
 
Inutile d'aller chercher bien loin pour comprendre son nom... Phania funesta est une  petite tachinaire endoparasite des punaises.

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Ectophasia crassipennis


La phasie crassipenne a des petits airs de syrphe mais c'est bien une tachinaire qui parasite aussi les larves des punaises de diverses espèces comme la punaise arlequin ou la punaise des baies. Les adultes comme on le voit sur la photo sont des butineurs qui apprécient particulièrement les apiacées (ombellifères).

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Cylindromyia bicolor

Eloignez les enfants... Cylindromyia bicolor est très facile à identifier grâce à sa forme cylindrique, sa couleur, sa tache noire sur le dessus de l'abdomen, ses gros cuillerons blancs qui protègent ses balanciers et bien sûr ses belles épines de tachinaire. Elle aussi parasite une punaise, plus précisément la punaise nébuleuse présente dans mon jardin.






 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES DIPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-05-2020 18:11:38 - 5 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Diptères (1ère partie)
 
Les diptères, sont des insectes qui ne possèdent qu'une paire d'ailes (d'où le nom), la deuxième paire étant généralement réduite à l'état de balanciers servant de stabilisateurs durant le vol. Parmi les diptères, se situe la famille des moustiques fameux criminels en série qui tuent un million d'humains par an sur Terre (par les maladies qu'ils inoculent) alors que l'homme n'est même pas capable d'en tuer la moitié (430 à 480 000 meurtres pas an, petit joueur !). Vous ne trouverez pas ici de photo de moustique car j'ai tendance à les trucider supportant mal d'être pompé au niveau sanguin. A noter que ce printemps, j'ai déjà assassiné une bonne dizaine de moustiques tigres (qu'ils sont lents !) alors qu'ils ne sont pas signalés dans l'Orne et dans les départements limitrophes).
 
Une grande majorité des diptères sont appelés mouches et j'espère contribuer à la réhabilitation de ces insectes souvent très utiles et parfois très beaux, il suffit de les regarder de près. Ce premier chapitre est entièrement consacré aux syrphes de mon jardin. Les syrphes, facilement reconnaissables à leurs couleurs sont de remarquables et indispensables pollinisateurs, aussi importants mais moins connus que les abeilles.
 
 
 Volucella zonaria
 
Cette magnifique mouche de grande taille (2,5 cm) c'est la volucelle zonée, elle est appelée mouche frelon par les Anglais car elle imite visuellement le frelon mais rassurez-vous, elle ne possède pas de dard et n'est pas équipée pour mordre. Cela dit, son aspect décourage de nombreux prédateurs qui hésitent à se frotter à ce qu'ils pensent être un hyménoptère irascible. Cette volucelle ne fait pas qu'imiter le frelon, elle le parasite en pénétrant dans les nids, protégée par son aspect mais aussi par les phéromones trompeuses qu'elle dégage et elle y pond ses œufs. Après éclosion, lorsqu'elle quitte la cellule qu'elle occupe, la larve de volucelle se nourrit de débris ou même de cadavres de frelons, effectuant ainsi un rôle de nettoyeur utile à la colonie de ses hôtes.

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Volucella pellucens
 
Un peu plus petite,  la volucelle transparente est appelée ainsi car une partie de son abdomen est constitué de sacs aériens utiles au vol en allégeant l'insecte. C'est un ectoparasite de la guêpe commune mais elle ne cherche pas à imiter son aspect, se fiant aux odeurs qu'elle dégage et qui trompent suffisamment ces hyménoptères pour qu'on la laisse pondre ses œufs à l'intérieur du nid. Comme pour sa cousine zonée, les larves de la volucelle transparente se nourrissent en servant d'éboueurs du nid de guêpe. Ce type de parasitisme est donc proche d'une forme de symbiose.
 
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 Helophilus pendulus

L'hélophile suspendu est un très joli syrphe habitué aux zones humides (hélophile : qui aime les marais), ce qui ne l'empêche pas de rayonner jusque chez moi (j'habite à 1000 m de la Sarthe et de ses zones inondables). C'est bien sûr un butineur comme tous les syrphes mais sa larve est aquatique et elle se nourrit en se déplaçant dans des eaux chargées en matière organique la tête en bas, respirant par son siphon postérieur qui affleure à la surface.

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Merodon equestris


La mouche des narcisses imite cette fois-ci un petit bourdon mais ne cherche pas à parasiter cet animal. Ce syrphe assez précoce au printemps dépose ses larves dans les bulbes de narcisses et de lys où il peuvent faire quelques dégâts en creusant des galeries pour se nourrir, les adultes se nourrissent du pollen et du nectar de ces fleurs.

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Eristalis tenax

L'éristale tenace (ou gluante ou  mouche pourceau) est un syrphe très courant que l'on peut confondre avec l'abeille à cause de sa taille, son aspect et sa façon de voler et de butiner sur place. Cette mouche est bien sûr totalement inoffensive. Vous en voyez souvent voler en stationnant un moment dans un rayon de soleil pour plonger habilement et subitement car ce sont d'excellents voiliers. Les noms peu flatteurs qu'on lui attribue sont dus à son habitude de pondre dans des endroits fortement pollués comme le purin, les eaux stagnantes très chargées en débris organiques et bien sûr les toilettes au fond du jardin dont la quasi disparition est un véritable drame pour un bon nombre d'espèces de diptères. La larve de cette mouche pourceau est bien moche en forme de ver à queue de rat, elle se nourrit des déchets trouvés dans ces eaux polluées, effectuant ainsi son travail de nettoyeur ; sa queue lui sert juste à affleurer à la surface de l'eau pour lui permettre de respirer. Rassurez-vous, l'adulte est parfaitement propre et se nourrit en butinant.
 
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 Eristalis pertinax

Pas facile à distinguer de sa copine... L'éristale opiniâtre a un abdomen plus conique et surtout les tarses 1 et 2 jaunes. Son comportement et celui de ses larves à queue de rat est identique à ceux de l'éristale tenace. Après tout, tenace et opiniâtre sont synonymes...

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Eristalis arbustorum

L'éristale des arbustes est un peu plus petit et un peu plus gracieux. On le trouve butinant les apiacées, les cirses, les chardons, le séneçon, les centaurées... Ses larves sont, elles, aussi moches que celles de ses camarades éristales et elles se nourrissent aussi dans le caca... On ne se refait pas.

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Myathropa florea

Voilà un nom plus avenant : le syrphe des fleurs. Les anciens l’appelaient le syrphe tête de mort à cause du dessin sur la partie supérieure de son thorax, ils ignoraient en fait qu'il s'agit du signe de Batman que tout le monde reconnaît aisément. L'adulte est un grand amateur du nectar d'un tas de fleurs, sa larve "queue de rat" se développe dans les eaux stagnantes chargées en matières organiques comme celles des autres éristales.

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Epistrophe melanostoma

Le syrphe de mai est un butineur polyvalent, comme tous les épistrophes, ses larves se nourrissent de pucerons, bonne nouvelle pour les jardiniers !

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Epistrophe eligans
 
Ce joli syrphe qui brille comme de l'or est qualifié d'élégant. Lui et ses larves ont le même comportement que le syrphe de mai. Une étude a été menée sur les larves de cet insecte, mettant en évidence une éclosion plus précoce qu'il y a vingt ans, preuve supplémentaire du réchauffement climatique.

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 Syrphus ribesii

Ok, il n'est pas à sa place sur une poire mais c'est un syrphe du groseillier sur lequel se développent ses larves apodes qui se nourrissent de pucerons et mon groseillier, il en a des tonnes de pucerons !

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 Episyrphus balteatus


Nous en arrivons aux syrphes de petite taille que les âmes craintives prennent parfois pour des mini guêpes. Le syrphe ceinturé est une véritable bénédiction de la nature car, en plus d'être à 100% inoffensif, c'est un pollinisateur hors pair, notamment du colza qui aurait bien du mal à se développer sans ce petit insecte ; mais ce n'est pas tout, sa larve est une grande consommatrice de pucerons (elle peut en 10 jours de croissance consommer jusqu'à 1000 pucerons) et l'on commercialise d'ailleurs ces insectes pour en protéger les cultures, entre autres sous serre.

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Scaeva selenitica

Pour qui n'est point trop attentif, tous ces petits syrphes se ressemblent. Celui-ci butine un grand nombre de fleurs et sa larve a une préférence pour les pucerons des conifères qui sont plus gros.

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Sphaerophoria scripta

Le syrphe porte-plume est très fin, d'où son nom. La femelle a le bout de l'abdomen pointu contrairement au mâle présenté ici. Comme ses collègues, c'est un très bon pollinisateur et ses larves en forme de sangsues boulottent les pucerons avec entrain. Cette espèce est migratrice et elle hiverne dans le sud de l'Europe.

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Eupeodes luniger

On ne va pas se répéter quand même : butinage et pucerons. Les maraîchers apprécient particulièrement ces petits syrphes. A noter qu'une révision des eupeodes (4 espèces dans nos régions  d'Europe de l'Ouest) a eu lieu en 2007 et que certains spécialistes affirment qu'on ne peut vraiment les distinguer qu'en disséquant les parties génitales (comme quoi, ça existe vraiment les gens minutieux qui ont des pratiques répréhensibles envers les mouches). Vu la taille de l'animal et l'état de ma vue, j'en resterai à mes observations actuelles.

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 Xanthogramma pedissequum

Contrairement à ce que j'ai lu sur Wikipedia, ce petit syrphe est courant dans toute l'Europe de l'Ouest même s'il ne pullule pas. Il a les même mœurs que ses camarades cités plus haut mais il est à remarquer qu'on a retrouvé des larves de cette espèce se nourrissant dans des fourmilières d'éleveuses de pucerons (eh oui, certaines fourmis élèvent les pucerons pour les "traire"). Les connaissances étant limitées sur le développement de cette espèce, on ne sait pas encore quelles sont les stratégies développées par ces larves pour ne pas se faire agresser par les fourmis qui sont très jalouses de leur cheptel.

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Xylota segnis


La xylote indolente m'a demandé bien des efforts pour son identification et j'ai dû recourir à l'aide du site Quel est cet animal. Ce petit syrphe se balade volontiers sur les feuilles où elle mange les grains de pollen ou "suce" les pucerons qu'elle peut trouver, ceux-ci regorgeant de miellat sucré. Ses larves se nourrissent de sève mais on en a trouvé aussi dans des restes humains en décomposition selon certains entomologistes britanniques.


 

Liens vers les autres billets :

 Coléoptères 1

Coléoptères 2

Coléoptères 3

Lépidoptères 1

Lépidoptères 2

Hyménoptères 1

Hyménoptères 2

Hyménoptères 3

Diptères 1

Diptères 2

Diptères 3

Hémiptères 1

Hémiptères 2

Odonates, Orthoptères, Dermaptères, Neuroptères, Blattidés, Mantidés 

Arachnides









 

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CENT MÈTRES CARRÉS : MES HYMÉNOPTÈRES (III)

Par Le Lutin d'Ecouves - 01-05-2020 21:50:37 - 2 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Hyménoptères (3ème partie)
 
 
 Vespa velutina
 
Vous pensiez en avoir fini avec la famille des guêpes, eh bien non ! Voici le fameux frelon asiatique facilement reconnaissable à ses pattes jaunes. Contrairement à son cousin européen plus imposant (Vespa crabro), celui-ci ne se contente pas de passer au-dessus de mon jardin en vrombissant, il se pose et se laisse gentiment photographier car le frelon asiatique est, contrairement à la légende, beaucoup plus pacifique que le nôtre qui a tendance à être un peu grincheux. Comme chez toutes les guêpes sociales, les reines construisent des nids en papier où elles pondent les œufs donnant les premières ouvrières qui l'aident ensuite à agrandir le nid et ce n'est pas peu dire ! Un nid à maturité (très souvent arboricole) peut faire un mètre de haut. Au bout d'un moment, on a affaire à un véritable immeuble à frelons où la population peut aller jusqu'à 2000 ouvrières et 500 futures reines et au moins autant de mâles en fin de saison (travaux de Quentin Rome). Même si vespa velutina est plutôt placide, je conseillerai de ne pas approcher son nid à moins de cinq mètres même si je l'ai déjà fait de très près... Ce frelon est fructivore et butineur mais il nourrit ses larves avec de la viande d'autres insectes (abeilles, guêpes, mouches, papillons etc...) comme le fait le frelon européen. Il est même capable de prélever des lambeaux de viande sur des cadavres d'animaux ou sur votre steak si vous le laissez traîner dehors. Ce frelon est très rustique et il n'est pas rare de voir des femelles butiner jusqu'à début novembre alors que les autres hyménoptères survivants se sont cachés pour hiverner. Cependant, il peut mourir d'hyperthermie au-dessus de 45°C, c'est pourquoi les abeilles Apis ceranae asiatiques se jettent en groupe sur les frelons trop proches de la ruche pour les entourer d'une boule compacte et faire ainsi monter leur température jusqu'à leur mort.
 
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 Scolia hirta
 
Guêpe thermophile, la scolie hirsute est plutôt méditerranéenne mais comme pas mal d'espèces, elle est remontée au nord depuis quelques années, ce qui explique sa présence en Normandie intérieure (par contre, sur la presqu'île du Cotentin, on rencontre naturellement un certain nombre d'espèces sudistes ; cela est dû à la quasi absence de gel). Sa piqûre est réputée très douloureuse mais comme c'est une guêpe solitaire, n'ayant pas de nid à défendre, elle est nullement agressive et il faut être bien empoté pour se faire piquer. La femelle a une manière bien à elle de nourrir ses larves : plutôt que de faire un nid, elle repère au sol les larves de scarabées tels que la cétoine, creuse éventuellement pour y accéder, paralyse la larve avec son aiguillon et dépose un œuf fécondé à côté. Elle ressort au besoin en creusant à nouveau en laissant sa larve se débrouiller pour dévorer sa proie après son éclosion.
 
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 Philanthus triangulum

Encore un voyou détesté par les apiculteurs ! Ce petit crabronidé est un philanthe apivore qui, comme son nom l'indique, est un prédateur de l'abeille qui est pourtant un peu plus grosse que lui... C'est un insecte solitaire qui creuse des galeries dans le sol où il dépose des œufs fécondés accompagnés de deux à trois abeilles paralysées par œuf. Je l'ai personnellement vu procéder, attaquant une abeille en plein vol, les deux insectes sont tombés à terre et avaient l'air de se battre comme des chiffonniers. Le philanthe pique l'abeille sous la gorge, ce qui a pour effet de la paralyser grâce au venin puis il transporte son imposante proie jusqu'à son nid où elle sera dévorée à l'éclosion des petits.

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 Cerceris rybyensis

Le cerceris commun est lui aussi un petit crabronidé solitaire qui a les mêmes mœurs que le philanthe mais il s'attaque surtout à des petites abeilles de type lasioglossum qu'il mord au niveau de la nuque et qu'il pique pour les paralyser avant de les donner à manger à ses larves qui nichent dans un trou au sol.
 
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 Ectemnius cephalotes
 
Ectemnius cephalotes est aussi un petit crabronidé solitaire mais on peut le trouver dans des habitats collectifs creusés dans du bois tendre où chaque femelle s'occupe de ses propres larves en leur amenant des proies, essentiellement des syrphes (famille de mouches souvent rayées jaune et noir). Pour se nourrir, cet insecte butine des apiacées mais ne dédaigne pas pour autant les larves ou les petits insectes.
 
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Crossocerus podagricus

Ce petit crabronidé a pour proies de petits diptères qu'il capture pour nourrir ses larves. L'animal est très peu étudié et je n'en sais pas plus... désolé.


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 Isodontia mexicana
 
Les sphécidés sont une famille de "guêpes" particulièrement élégantes. Provenant d'Amérique, l'isodonte mexicaine s'est implantée dans la partie méditerranéenne de la France dès les années 1960 et elle ne s'est répandue au nord qu'à partir de 2003. Son arrivée dans mon jardin date de 2014, elle y vient butiner mes chardons bleus qui ont un grand succès car j'y ai compté jusqu'à 40 individus en même temps. Elle fait son nid dans des cavités de bois ou de bâtiments. Elle nourrit ses larves de sauterelles qu'elle aura préalablement paralysées en les piquant au niveau des ganglions nerveux. Les adultes (le mâle est nettement plus petit) sont des butineurs.
 
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 Podalonia hirsuta
 
L'ammophile hérissée est censée vivre dans la partie sud des Alpes et dans le Cotentin mais elle semble bien avoir rejoint le sud de l'Orne où j'habite, nouvelle preuve du radoucissement progressif du climat dans cette partie de la Normandie. Ce sphécidé creuse son terrier dans des endroits sablonneux où il entasse des chenilles paralysées servant à la nourriture de ses larves. 
 
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 Macrophya annulata

 
Les tenthrèdes (appelés "mouches à scie" bien que ce ne soit pas des mouches) sont des hyménoptères primitifs dont les femelles ont la particularité d'avoir un ovipositeur en forme de"scie" avec lequel elles incisent le feuillage ou les tiges des plantes hôtes pour y déposer leur ponte. De cette ponte sort ce qu'on appelle des "fausses chenilles" qui se nourrissent du feuillage sur lequel elles ont été pondues tout comme le font les "vraies chenilles" du papillon. Les chenilles de macrophya annulata sont des prédatrices du rosier, de la ronce et de la potentille.

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Arge pagana

La tenthrède du rosier, comme son nom l’indique, dépose ses œufs sur les rosiers ou églantiers où les fausses chenilles qui en sortiront risquent de faire pas mal de dégâts. Avec sa "scie", la femelle pratique une incision dans une tige, y dépose ses œufs en ligne puis referme la plaie grâce à une sécrétion qu'elle produit (Voir ici sur insectes-net.fr). 

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Amblyteles armatorius

Les ichneumons sont des hyménoptères dont la femelle possède un long ovipositeur parfois rétractable avec lequel elle dépose ses œufs dans les insectes hôtes (souvent des chenilles ou des chrysalides mais aussi des larves de coléoptères) sans les tuer ou les paralyser. L'hôte continue un moment sa vie pendant que la larve le grignote provoquant in fine sa mort. Amblyteles armatorius pond ses œufs dans des chenilles de noctuelles qui font de sacrés dégâts dans le jardin. Voilà pourquoi les ichneumons sont très appréciés des jardiniers.

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Ichneumon xanthorius

Autre espèce proche de la précédente : Ichneumon xanthorius parasite aussi les chenilles de noctuelles. Il s'agit ici d'une femelle (ovipositeur rétractable) reconnaissable à ses antennes tricolores. Le mâle a les antennes noires et le bout de son abdomen est noir au lieu d'être rayé.

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Ctenichneumon inspector ssp.nigriventris

Voici une magnifique femelle d'ichneumon sous-espèce de Ctenichneumon inspector. Comme beaucoup d'hyménoptères, si leurs larves sont souvent carnivores, les adultes butinent les fleurs pour se nourrir, mon pied d'angélique officinale est d’ailleurs apprécié par pas mal d'espèces...

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Ophion luteus

L'ophion jaune (il est en fait plutôt roux...) est un insecte tardif qui émerge à la fin de l'été. J'ai photographié ce spécimen un 16 novembre à une époque où on ne voit plus guère d'insectes hormis une ou deux femelles frelon asiatique à la recherche d'un abri. Cet ichneumon parasite lui aussi diverses chenilles.

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Lasius emarginatus

On allait oublier les fourmis ! Ce sont bien des hyménoptères comme les guêpes ou les abeilles et comme ces dernières, elle possèdent une organisation sociale sophistiquée et même plus complexe. Une fourmilière a non seulement une organisation architecturale (différentes salles pour différentes fonctions) mais les fourmis ont aussi une organisation sociale plus développée que les abeilles car s'il y a bien une reine (qui peut vivre parfois dix à quinze ans), des femelles et des mâles destinés à la reproduction, là où les ouvrières abeilles font toutes les tâches au cours de leur brève vie, les ouvrières fourmis sont parfois divisées en catégories : simples ouvrières minor ou ouvrières major puissamment armées pour la guerre. D'autres fourmis ont des ouvrières monomorphes, les tâches intérieures étant réservées aux plus jeunes, le pourvoi en nourriture étant effectué par les plus âgées. Chez certaines fourmis champignonnistes, on atteint jusqu'à 29 tâches différentes mêlant âge et morphologies particulières. Dans le cas de mes lasius emarginatus, point de polymorphisme, les ouvrières sont toutes identiques. Il s'agit d'une espèce de petites fourmis bicolores qu'on trouve fréquemment dans les constructions humaines, en l'occurrence dans un muret de mon jardin et certainement sous ma terrasse. Les ouvrières peuvent rayonner à plusieurs dizaines de mètres pour chercher de la nourriture. Une dernière précision : les fourmis comme tous les hyménoptères ont des ailes mais chez les ouvrières, ces ailes ne se développent pas. Seuls les mâles et les jeunes reines en possèdent et en usent le jour du vol nuptial lors duquel ils s'accouplent, ce qui provoque la mort du mâle et la dispersion des femelles qui s'enterrent ensuite en arrachant leurs ailes dans le but de créer une nouvelle fourmilière. Ce phénomène de "fourmis volantes" se passe généralement lors de fins d'après-midis chaudes en été et est très apprécié des oiseaux et autres prédateurs des insectes.



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