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Le Lutin d'Ecouves

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HUMOUR SIGNALÉTIQUE

Par Le Lutin d'Ecouves - 07-08-2016 19:33:57 - 4 commentaires

Vu à Radon au pied de la forêt d'Ecouves...
 

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L'ESPRIT FRANÇAIS 20

Par Le Lutin d'Ecouves - 25-07-2016 17:39:50 - 2 commentaires

Michel Corrette
1707-1795


Pour ce dernier épisode de l'Esprit français, nous allons nous lâcher un peu avec un concerto comique de Michel Corrette.
 
Michel Corrette fait partie de ces musiciens parisiens (Normand d'origine) hyperactifs que l'on rencontre à l'époque ; il est organiste dans plusieurs églises, éditeur de musique, organisateur de concerts et pédagogue reconnu. Son côté touche à tout et le fait qu'il soit à la mode irrite quelque peu certains contemporains qui n'hésitent pas à qualifier d'anachorètes (je vous laisse décrypter) les élèves de l'école de musique populaire que Corrette  a ouverte avec succès et qui comptera des centaines d'élèves.
 
A l'affût de nouveautés, le musicien est le premier à écrire sur l'exploit des frères Montgolfier (Cantate "Le globe volant") et son sens de l'adaptation lui permet de traverser les dures années de la Révolution sans encombre, composant même une jolie ariette sur l'air de "Ah, ça ira".
 
La curiosité tous azimuts de Corrette l'a amené à rechercher à produire tous types de sons pour tous types d'instruments, c'est pourquoi dans ses concertos comiques, il emploiera divers instruments comme la vielle à roue ou la musette plutôt réservées à la musique populaire (mais très à la mode dans la bonne société).

 Musette et vielle à roue
 
Parmi ces concertos comiques, j'ai choisi le plus célèbre "La servante au bon tabac" inspiré d'un thème fort connu (3ème mouvement) dans lequel les deux instruments populaires font un barouf du diable, occultant quelque peu les autres instruments dits "classiques". 

J'ai eu la chance d'assister au spectacle de ces concertos par l'Ensemble Stradivaria et j'ai pu constater que cette musique gaie et roborative avait une bonne influence sur les musiciens et le public qui échangeaient facilement et plaisantaient dans une ambiance détendue, ce qui n'est pas toujours le cas lors de concerts de musique "sérieuse" (hou le vilain terme !).

(Ref)
 

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Source principale : Texte de Philippe Le Corf
 

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LE DRAME DES VIEUX COUREURS

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-07-2016 19:48:43 - 2 commentaires

 Photo Lydie et Christian Coulange


Ça devait arriver, avec l'âge, le Lutin perd la boule et il est obligé de courir avec son infirmière. Le lien du compte-rendu de ce triste événement ci-dessous :


10 km de Falaise



 

 

 

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BELLE-ÎLE EN JUIN

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-06-2016 13:50:08 - 5 commentaires


Intense outremer
Émeraude et rochers noirs
 Une île au printemps
 
 
 
 
 
 Photos prises du 13 au 18 juin à Belle-Ile-en-Mer
 
Musique : Loreena McKennitt
 

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LE ZÈBRE À RAYURES ROUGES

Par Le Lutin d'Ecouves - 20-06-2016 14:03:31 - 13 commentaires

 Le problème quand on ne pèse que trente kilos à dix-douze ans, c'est qu'on n'est pas armé pour la grande confrontation entre primates qui démarre à cet âge-là. Que ce soit dans la cour du collège ou sur nos terrains de jeux habituels, la baffe ou le petit coup sec sur le dessus du crâne permettait aux plus robustes d'asseoir leur suprématie sur le groupe sans créer trop de dégâts ni faire trop de remous. En cette deuxième moitié des années soixante, la chose était tacitement établie et les adultes intervenaient peu dans nos conflits.

Il fallait finalement accepter cet état de fait si l'on ne dominait pas ses congénères de la tête et des épaules. Soit on s'alliait avec un balèze, ce qui n'était pas toujours possible, soit on essayait de ne pas se trouver tout en bas de la hiérarchie en distribuant plus de baffes qu'on en recevait.

J'avais réussi à m'intégrer dans une petite bande plutôt sympa composée de quatre membres et dirigée par Richard. Richard était le plus malin d'entre nous, ou le plus volubile, ou le plus sociable... en tout cas, c'est lui qui avait le plus de taches de rousseur. Le problème, c'est qu'il était aussi le plus trouillard, ce qui en faisait un sacré chef de bande à la petite semaine. Il suffisait que le bruit courre que la bande des Portugais tournait dans le coin pour que nous ne sortions pas de son immeuble.

Gilles lui, était costaud. Vantard aussi, mais costaud, enfin, il se portait bien comme on disait à l'époque. En fait, il ne savait pas se battre mais il avait d’autres qualités : dans sa cave, il y avait les bandes dessinées de son père, des bandes dessinées italiennes pour adultes dans lesquelles des héros appelés Diabolik ou bien Satanik faisaient le mal et s'en tiraient à chaque épisode malgré la présence de Gentils beaucoup moins doués que les Gentils actuels. Que les méchants gagnent à la fin nous importait peu, le principal intérêt de ces "Fumetti Neri" venait du fait que les méchants habillés en Fantômas spaghetti croisaient des jeunes femmes très peu habillées et même parfois nues sans toutefois que l'on distingue la moindre pilosité ni le moindre bout rose.

Michel était le plus gentil et le plus timide. Presque roux à la chevelure crépue, il avait aussi des taches de rousseur, une peau pâle et une grande taille. On l'aimait bien parce qu'il ne posait pas de problème, c'était un bon camarade plutôt bon élève et d'une grande douceur. Un jour, alors que nous nous livrions à un de nos jeux idiots consistant à se déculotter les uns les autres (en été, nous étions tous en short), nous nous étions aperçus que Michel n'avait pas la peau du bout. Il lui fallut certainement faire un gros effort pour nous expliquer, malgré sa timidité, que dans sa famille c'était normal et qu'en fait il s'appelait Mohamed. Ses parents l'avaient inscrit à l'école sous le nom de Michel pour qu'il s'intègre mieux, je suppose. En tout cas qu'il s'appelle Michel ou Mohamed, notre ami était bien trop pacifique pour impressionner quiconque malgré sa grande taille.

J'avais donc de bons copains, certes, mais ce n'était pas un gage de sécurité. Il me fallait me positionner dans la grande foire aux babouins pour ne pas me retrouver en bas de l'échelle. J'étais tout petit, plutôt rapide mais fort maladroit. Puisque mes camarades n'avaient pas les moyens de me protéger (Le terme "la bande à Richard" faisait plutôt rire), il me fallait ou me soumettre aux brimades des plus méchants ou trouver un moyen de me rebeller.

Dans une décharge, j'avais un jour trouvé une gaine en caoutchouc de câble téléphonique. Épaisse comme un pouce, elle faisait un mètre cinquante de long et était extrêmement souple. A l’époque, le héros en noir et blanc qui vidait les bas d'immeubles au profit des télés chaque jeudi en fin d'après-midi s'appelait Zorro... et il avait un fouet, chouette ! Après m'être exercé sur mon ours en peluche qui en avait vu d'autres, je sortis enfin équipé de ma gaine téléphonique enroulée à la main et attendis le premier petit imbécile qui viendrait me provoquer. Dans la cité, il ne fallait pas attendre longtemps et la première parole déplacée fut sanctionnée par un claquement qui laissa une marque bleu-noir sur le haut de la cuisse dudit petit imbécile.

Satisfait de mon équipement, je décidai de sortir avec le plus souvent possible et je constatai un progrès dans le comportement des autres : les plus agressifs devenaient méfiants.

Cela dit, je ne me faisais pas respecter pour moi-même mais parce que j'étais, en quelque sorte, armé. Si je montais de quelques crans au niveau de la hiérarchie simiesque, je descendais dangereusement au niveau réputation. Frapper les autres à distance n'était pas bien vu. J'avais la gaine mais pas le plaisir...

Que faire quand on n'a que des copains trouillards, un petit physique et pas de technique de combat ? Il me fallait trouver quelque chose d'original. (Bruce Lee, est arrivé bien plus tard, l'ablette qui met une toise au gros poilu de Chuck Norris aurait été mon héros N°1 !)

L'hiver précédent, j'avais expérimenté la fourchette, geste bien connu qui consistait à balancer deux doigts dans les yeux de l'adversaire. Efficace mais réversible et je n'avais pas forcément envie qu'on remette le couvert.

J'eus finalement l'idée lumineuse de me laisser pousser les ongles. J'ai toujours eu de beaux ongles bien durs dont je ne me servais jusqu'ici que pour me curer le nez. Je sais, griffer c'est un truc de filles mais avais-je le choix ?

C'était un après-midi d'août et l'atmosphère de la cité était à l'orage. A cette époque, les champs entourant les immeubles grouillaient d'enfants de tous âges. Alors que je m'occupais à dénicher des grillons en les chatouillant dans leur terrier avec une herbe sèche, un gamin de mon âge vint me chercher des noises. Peu aimable et facilement agressif, je l’envoyai aussitôt sur les roses. Il revint à la charge en me donnant des petits coups de poing sur le haut du crâne, chose que ces grands cons de cinquièmes faisait régulièrement subir aux sixièmes. J'en avais soupé toute l'année au collège, je n'allais pas me laisser faire. L'entrevue houleuse tourna à la bagarre et nous nous retrouvâmes bientôt au sol à rouler l'un sur l'autre. Ce crétin avait le dessus, étant plus lourd, et essayait de me plaquer les épaules au sol pour montrer qui était le plus fort à l'instar des catcheurs que nous adorions regarder à la télévision. Être bloqué sous quelqu'un de plus robuste me sembla tellement humiliant que je décidai d'employer l'arme atomique.

Les premières griffures lui firent lâcher une main puis l'autre. Dès que je fus dégagé, je m'employai à lacérer avec fureur chaque zone découverte de l'adversaire : visage, jambes et bras. Nous étions tous équipés de shorts courts (pléonasme) et de légers maillots de corps, ce qui laissait de la place à ce type d'agression. Tout cela fut réalisé avec une féline célérité et le bénéficiaire fila chez lui en couinant d'importance. Les autres enfants me regardaient d'un drôle d'air mais ne trouvèrent rien à redire.

Quand je rentrai dans mon appartement quelques temps après, je n'en dis rien à personne et allai dans ma chambre. La sonnette de la porte d'entrée finit par m'en extraire. Convoqué par ma mère, je découvris un spectacle cocasse : mon adversaire de la journée était accompagné de sa chère maman qui s'était appliquée à surligner chaque griffure avec du mercurochrome. Des pieds à la tête, il en avait bien une trentaine, ça devait sacrément brûler ! Comme il avait la peau bien blanche, on aurait dit un zèbre à rayures rouges.

Sommé de m'expliquer, je pris d'abord une baffe. C'était la dure loi de l'Ouest et chacun l'acceptait : on frappe d'abord et on s'explique après. La baffe eut un effet diplomatique bienvenu et la maman repartit bien vite avec son petit zèbre. Quant à moi, je m'expliquai avec la mienne de maman qui se rangea vite à mes arguments : ce petit con l'avait finalement bien mérité.

Les enfants de la cité comprirent qu'il n'était pas bon de m'asticoter outre mesure et, à partir de ce moment, l'on me laissa plus souvent tranquille. Je ne gagnai pas en réputation vu ma technique, disons, discutable de défense qui n'était pas considérée comme "noble" à l'époque. En fait, quand Marvel Comics introduisit dans les années soixante-dix le personnage de Wolverine avec ses griffes en adamantium, je m'aperçus que j'avais juste eu de l'avance et avais simplement été incompris comme nombre de précurseurs.




 


© Marvel Comics

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L'ESPRIT FRANÇAIS 19

Par Le Lutin d'Ecouves - 09-06-2016 17:01:16 - 3 commentaires

Jean-Philippe Rameau
1683-1764
 
Rameau à la fin de sa vie par Greuze
 

Dernier grand représentant de la période baroque française (il en fut d'autres bien délicieux mais moins prestigieux), Jean-Philippe Rameau, né à Dijon, est d'abord un produit de la vie musicale provinciale. Élève médiocre, il se fait évacuer du Collège de Jésuites  pour cause de manque de travail : "Il se distinguait par une vivacité peu commune, mais pendant les classes il chantait ou écrivait de la musique. Il ne passa pas la quatrième" témoigne un de ses condisciples. Exit les études de Droit envisagées, tant mieux pour la culture...
 
Ce n'est qu'en 1722 qu'il s'installe définitivement à Paris et ce n'est qu'à l'âge de 50 ans qu'il se met à composer des opéras dont les fameuses "Indes Galantes" (1735). L'air le plus célèbre de cette fantaisie lyrique (très fantaisiste, elle se passe d'abord en Turquie puis au Pérou, en Perse et enfin dans une forêt d'Amérique du Nord) s'intitule "Les Sauvages", le terme, non péjoratif, désignant des gens vivant près de la nature.
 
Cet air a pour origine une pièce de clavecin composée par Rameau à la suite d'un spectacle de danse d'Indiens de Louisiane auquel l'auteur avait assisté en 1725 au Théâtre des Italiens. 

 (Ref)
 
 
 
Le rythme enjoué de la pièce ne pouvant que prêter à l'allégresse et à la danse, Rameau intègrera cet air au rajout qu'il fera en 1736 aux Indes Galantes. Le texte intitulé "Forêts paisibles" célèbre la bonne vie simple et la paix prodiguée par le contact avec notre Mère Nature (en opposition avec, bien sûr, le marigot Versaillais peuplé de crocodiles assoiffés d'honneurs.)

(extrait)
Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
Offrir tes faux attraits!
Ciel, tu les as faites
Pour l'innocence et pour la paix.
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles!
Ah! peut-on être heureux,
Quand on forme d'autres vœux ? 

Bien que cette série soit dédiée à la musique instrumentale, je ne puis résister à vous livrer cet extrait des Indes Galantes dirigé par William Christie à la tête des Arts Florissants avec Patricia Petibon et Nicolas Rivenq au chant, chorégraphie bien dans la lignée de cet Esprit français pétri d'intelligence et de gravité mais aussi parfois de fantaisie et de gaîté.

 

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 Références : Les cahiers du CERHIC, jp.rameau.free.fr, Musicologie.org
 

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RETOUR VERS LE FUTUROSCOPE

Par Le Lutin d'Ecouves - 03-06-2016 23:02:05 - Aucun commentaire

 



Trois ans après Germaine, c'est au tour de Carole de subir ce paradoxe tant pour elle qu'est le Lutin...


Le récit ICI.

 




IMPRESSIONS DU BOUT DU MONDE

Par Le Lutin d'Ecouves - 23-05-2016 21:39:07 - 4 commentaires

 
Décidément, le printemps ne veut pas s'installer en Normandie... partons vite au Bout du Monde pour y trouver un peu de lumière.
 
 


Ici, au moins, il ne pleut pas, les pollinisateurs ne chôment pas...

Ancistrocerus trifasciatus

 ... les libellules sont de sortie...

Calopteryx virgo (femelle)
 

 ... et les papillons paradent déjà :

Papilio machaon

Pararge aegeria

D'autres travaillent déjà à la prochaine génération :

Timarcha tenebricosa

Ici, contrairement aux idées reçues, pas de granite mais des grès et parfois des roches volcaniques.
 
 Pillow-lava
 
Cela donne par endroits une petite impression méditerranéenne :
 

Quatre-vingt-dix kilomètres de randonnée en sept jours...
 
 

 ... et des tas de sites spectaculaires plus tard, nous terminons notre séjour au bout du monde...

Fort des Capucins

... sur la presqu'île de Crozon, en Bretagne. 


Photos prises entre le 10 et le 17 mai 2016

 

 

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LES CEUZES QUI SONT PAS V'NUS Y ZONT EU TORT

Par Le Lutin d'Ecouves - 09-05-2016 16:23:18 - 7 commentaires

 


Ah la vache, se lever à 5h45 pour arriver à l'heure à la Forêt Auvray, c'est raide ! Nous, les Alençonnais, on a tout le département à traverser pour arriver dans ce coin de Suisse normande. 


Ce jeudi de l'Ascension, les gars d'Activ'Orne organisent une randonnée, une marche nordique, une rando VTT et une course cycliste, excusez du peu, et tout cela sous l'égide de la FSGT, fédération sportive et gymnique du travail. FSGT, bien sûr, ça fait Front Populaire et mouvement ouvrier, ça sent les frites et la saucisse grillée ; c'est surtout un mouvement, créé en 1934 qui définit le sport populaire comme un sport de qualité, le moins cher possible, démocratique, laïque et convivial.

 

Même si la marche nordique est en plein essor dans notre département, l'activité y est très  récente et peu de monde s'est déplacé ce jeudi de la Grimpette ; en dehors d'Annick (chef chef),  ma Josette (chef) accompagnées de Mireille et du Lutin (élèves), il n'y a que quatre autres participants. 
 
 
Les organisateurs ont l'air un peu cofis de voir si peu de monde, ils nous avaient pourtant demandé d’apporter d'Alençon des bâtons pour prêter à ceux qui voulaient essayer cette discipline. Tant pire, que j'dis à c'moment, les ceuzes qui sont pas v'nus y zont eu tort !
 
Et j'avais plus que raison comme la suite l'a prouvé : ce fut une journée de beauté, d'amitié de simplicité et de convivialité comme il s'en présente peu dans une année.
 
 
La marche nordique de 15 km a lieu sur un circuit de chemins creux typiques de cette région de l'Orne. On est bien loin des terres fertiles de la plaine d'Alençon-Argentan ; ici, la terre est plus pauvre, accidentée, émaillée de blocs granitiques, plus propice à l'élevage qu'à la culture, c'est aussi le pays du poiré et du cidre. 
 
 
Le granite rencontré ici est appelé granite d'Athis, c'est un batholite intrusif dans le Briovérien supérieur, mis en place lors de l’orogenèse cadomienne, vers 550 Ma., c'est clair, non ? (Lithothèque de Normandie)
 
Ce granite, parlons-en, ce n'est pas ça qui manque et des générations de paysans se sont épuisées à l'extraire des champs pour les rendre cultivables, l'utilisant pour leurs maisons, leurs enclos ou le laissant en tas dans les champs.

 
Si la géologie locale est  particulièrement intéressante, la flore n'est pas en reste ; outre les nombreux boutons d'or, coucous, jacinthes et stellaires, nous croisons des cardamines, orchis, lamiers blancs, rumex,ail sauvage, géranium sauvage, arums sauvages, sceaux de Vénus et nombrils de Vénus. Le foisonnement des formes et des couleurs sous le soleil de mai a quelque chose de fantastique et de libérateur. Cependant, s'il incite à l'hédonisme, ce paradis botanique finit par nuire gravement à la moyenne horaire vu que nous nous arrêtons très souvent pour identifier telle ou telle espèce, faire des photos  et nous esbaudir sur la beauté des lieux.


De temps en temps, nous reprenons un rythme plus adapté et faisons même un peu de technique de franchissement ou de progression.


Mais, dans l'ensemble, ce qui prévaut, c'est l'éblouissement vernal que nous procure cette nature normande dont la splendeur ne s'exprime pleinement qu'à cette époque de l'année.


Dans la deuxième partie de notre progression, nous abordons deux curiosités sur la commune de Ste Honorine la Guillaume.


D'abord, une haie plessée (latin plectere : tresser) d'une longueur impressionnante constituée de hêtres dont les branches ont été dirigées latéralement et palissées comme celles des arbres fruitiers. Le but était de faire une barrière impénétrable au bétail. Le terme "Plessis" est toujours très courant mais des haies aussi monumentales que celle-ci sont devenues très rares.


Autre curiosité, un chemin de croix privé en plein bois construit par un certain Bailleul en mémoire de sa femme décédée dans l'incendie de sa maison, ledit chemin de croix terminant par un calvaire assez impressionnant.

Photo de ma Josette

Une partie du retour se fait sur la route et nous y admirons les splendides pâturages aux chênes encore nus où nous retrouvons ces fameux blocs de granite dont les paysans locaux ont trouvé diverses utilisations.


Nous débouchons enfin d'un dernier chemin pour retourner au village où se prépare déjà la course cycliste. Nous avons parcouru 15 km en trois heures, pour des marcheurs nordiques, c'est plutôt lent mais on en a eu plein les mirettes.


Toute bonne chose a une faim comme qui dirait et c'est le verre de bière à la main, attablés devant des saucisses-frites que nous entamons l'après-midi. Autour de nous, ça va, ça vient, ça vit, ça bourdonne et pourtant, nous sommes dans un village de moins de deux cents habitants.
 

Le punch d'Annick et la bière auvraysienne m'entament un peu et je rêvasse en regardant la course cycliste pendant que les filles font le tour du vide-grenier... Et je me sens bien et je me dis que, décidément, les ceuzes qui sont pas v'nus, y zont bien eu tort !


 
Merci à Marc et à toute la bande d'Activ'Orne* pour leur dévouement, leur chaleur humaine et leur bonne humeur.
*Activ'Orne, c'est aussi "les Foulées auvraysiennes", une course sur route en mars, un splendide trail en octobre : "Le trail de la Roche d'Oëtre" et la participation aux divers cross FSGT de l'Orne.

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L'ESPRIT FRANÇAIS 18

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-05-2016 17:36:41 - 3 commentaires

 Joseph Bodin de Boismortier
1689-1755
 
A entendre les dix-sept premiers numéros de cette série, l'on pourrait penser que l'Esprit français n'est que mélancolie raffinée ou majesté cérébrale, que nenni ! L'Esprit français sait aussi être léger et souriant et c'est à cet esprit-là que les trois derniers chapitres sont consacrés.

Peinture de Jean Ranc 
 
Bienheureux Boimortier, dont la plume fertile
Peut tous les mois, sans peine, enfanter un volume.
 
Voi ce qu'écrivait Benjamin de la Borde en 1780 dans son essai sur la musique. Longtemps, Joseph, fils de militaire reconverti en confiseur à Thionville eut mauvaise réputation à cause de son énorme production pour tous types de formations (plus de la musique vocale). Sa grande facilité à composer et les grosses sommes d'argent qu'il récoltait lui valurent bien des inimitiés d'autant plus que Boismortier était un roturier même pas fils de musicien qui commença sa carrière professionnelle en tant que receveur de la Régie Royale des Tabacs à Perpignan.
 
Après dix ans dans ce poste de "fonctionnaire", Joseph monta à la capitale où il fit un tabac grâce à sa fabuleuse capacité d'adaptation au goût du jour. Si sa production n'a pas l'exigence et la qualité des plus grands, Boismortier composa toujours une musique de bonne facture.

Un grand nombre d'opus (parmi les 102 volumes parus) sont consacrés à la flûte traversière, très à la mode à l'époque, que ce soit en solo, en duo, en trio et même en quintette sans accompagnement de basse. L'extrait que je vous propose est noté "gracieusement", terme fréquent dans les compositions de l'auteur, ce qui représente bien l'amabilité, la légèreté et le sourire d'une musique sans prétention.

 (Ref)
 

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Source principale : Stéphan Perreau



 

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