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Le Lutin d'Ecouves

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DOUZE MOIS, DOUZE HISTOIRES

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-12-2018 21:22:48 - 1 commentaire


Chaque photo a une histoire, chaque photo est une histoire... En décembre, je fais le bilan d'une année photographique, illustrant mes humeurs, mes goûts, ma vision du monde. Illustration de l'année 2018 en douze clichés qui, je l'espère, ne relèvent pas du cliché. (En cliquant sur les photos, vous pouvez les voir en plus grande définition.)
 
 
Janvier
 
 
Ecouves, bien sûr ! Ce 14 janvier, le ciel est dégagé et le froid bien présent. Je ne résiste pas à me livrer à mon vice préféré : le contre-jour qui révèle à ce moment l'intimidante personnalité des arbres. Cette photo mystérieuse ne rend compte que très partiellement de l'étrangeté de certains matins en Ecouves quand le corps perçoit par tous ses pores la présence quasi palpable de cette unité multiple qu'est la forêt d'Ecouves.
 
Compact Sony DSC-TX30
 
Février
 
 
Ecouves encore... Ce 9 février, malgré les injonctions des autorités nous demandant de ne pas emprunter les routes enneigées, mon épouse et moi ne pouvons résister à l'idée d'effectuer une balade en forêt. Notre parcours parmi la nature immaculée juste marquée par les traces d'animaux nous amène en vue du carrefour de la Croix-Madame. Ladite croix semble nimbée d'une lumière irréelle. A ce moment, le monde est ouaté et le silence a une blancheur de porcelaine. 
 
Hybride Panasonic DMC-G80
 
Mars 
 
 
Évora, ville portugaise au passé prestigieux mais à la modestie surprenante. On ne peut pas dire que le tourisme a endommagé la cité. Avant de continuer notre voyage vers l'Algarve, nous y faisons une halte de deux jours pour y admirer les nombreux monuments allant de l'époque romaine jusqu'au XVIIIème siècle. Les photos prises sur place ressemblent à de banales photos de touristes. Seul ce cliché recèle une authenticité et une vie correspondant à ce que nous avons vécu sur place. Je voulais une image d'une de ces nombreuses rues étroites quadrillant la ville. Je n'avais en fait pas vu la silhouette si typique de la dame au cabas quand j'ai appuyé sur le déclencheur. A ce moment, il y eut un coup de vent qui fit s'envoler un groupe de pigeons ainsi que les rideaux d'une maison proche. 


Compact Sony DSC-RX100M2

Avril
 
 
J'aurais pu ici mettre une photo des magnifiques falaises de la Côte  Vincentine ou de ses immenses plages désertes en avril. J'aurais pu mettre mes clichés du littoral de l'Algarve magnifiquement découpé dans le calcaire et je vous aurais présenté une jolie carte postale. J'ai préféré vous montrer un moment : après un hiver en Normandie, nous nous accordons une parenthèse ensoleillée au sud du Portugal pour fêter nos 40 ans de mariage. Il fait doux, la mer est calme et le ciel sans nuage. Lors de notre promenade sur le sentier des Sept Vallées Suspendues, nous nous arrêtons sur une plage, profitant de la paix accordée aux vacanciers du printemps. Soudain, un galion apparaît. Il ne revient pas chargé de l'or du Brésil, c'est juste un bateau permettant aux touristes encore peu nombreux d'admirer les spectaculaires découpes des falaises de craie ocre mais, pour un instant, nous sommes des enfants et nous arpentons les pages d'un roman d'aventures.

Hybride Panasonic DMC-G80

Mai
 

Difficile de quitter l'Océan. Belle-Ile-en Mer, jamais nom ne fut plus mérité. Dix ans après un premier tour complet, les Trailers d'Ecouves font à nouveau les 75 km du tour de l'île et ses 1900 m de dénivelée. Pour ce faire, il faut partir à l'aurore. La petite bande trottine depuis peu quand j'effectue ce cliché. Le contre-jour est brutal et le contraste découpe les silhouettes avec précision. Habituellement, je n'aime pas trop les artefacts laissés sur mes photos par ce type de pose mais ici l'effet de flare m'a gratifié de deux petits spots rose et jaune aussi jolis que mystérieux.


Compact Sony DSC-TX30

Juin


Radon, à l'orée d'Ecouves, ici la fête de la St Jean est une institution solidement ancrée. Juste avant l'embrasement du grand bûcher, un feu d'artifice est tiré. Pour photographier ce genre d'événement, il faut avoir une profondeur de champ maximum et une pose longue (ici 0.33s). Sans trépied, le cliché sans flou est une gageure. Je me cale solidement contre le montant d'un but de foot et je tiens mon appareil collé à mon front. Ecouves en jaune, Ecouves en vert, Ecouves en rouge... je garde ce dernier cliché pour ces ombres nettes et cette fin d'heure bleue qu'on devine au-dessus de la forêt. Finalement, le sujet ne sera pas les feux d'artifice mais plutôt l'ambiance d'une soirée de début d'été marquée par la décontraction et la convivialité.

Hybride Panasonic DMC-G80


Juillet


En arrivant à Notre Dame de la Salette (Isère), nous méconnaissions l'importance de ce sanctuaire marial accroché à la montagne. C'était Lourdes dans les Alpes... Ce n'était pas vraiment ce que nous recherchions avec mon épouse. Qu'à cela ne tienne, le lieu est spectaculaire et plusieurs sentiers partent du sanctuaire. J'en avise un bien raide et bien long qui mène au sommet du Gargas (2208m), là nous serons à l'abri de la foule et des touristes religieux en chaussures de ville. Sportifs et bien équipés, nous mettons cependant presque une heure trente à arriver au sommet. La vue sur le massif des Ecrins est magnifique mais, ô surprise, nous entendons ce qui semble bien être un office religieux. Un groupe de jeunes prêtres polonais est en train de célébrer une messe en se servant de la table d'orientation comme d'un autel, messe suivie par quelques fidèles. En cet endroit, la scène est étonnante et je prends une photo incluant ce drôle de nuage en forme de S comme Salette qui va se désagréger aussi vite qu'il s'est formé. Nous pique-niquons ensuite et les prêtres font de même en se défroquant pour finir en t-shirt, short et chaussures de montagne. Ces barbus ont l'âge d'être mes fils et sont taillés comme des bûcherons. 

Hybride Panasonic DMC-G80

Août


En août, les retraités restent à la maison. J'en profite pour me livrer à une autre de mes occupations : l'entomologie photographique locale. En substance, je continue le catalogue des différentes espèces d'insectes présentes dans mon jardin. Même si mon challenge consistant à identifier 100 espèces pour 100 m² est terminé,  je continue de trouver de nouveaux spécimens (108 actuellement) comme ce Sympetrum sanguineum venu sécher ses ailes chez moi avant de chercher un endroit plus propice à la reproduction des libellules. Tout me plaît dans cette photo, l’orientation du corps et des ailes marquant les quatre coins, la netteté de la tête, la fuite vers le flou de l'abdomen et l'attitude d'orant prise par l'animal.

Compact Sony DSC-TX30

Septembre


Retour à Belle-Ile. La photo que tout le monde fait ici, c'est bien celle des aiguilles de Port Coton immortalisées par le peintre Claude Monet. C'est beau mais c'est banal. Pourtant, ce soir de septembre, je suis quand même là à mitrailler les aiguilles avec mon Canon Powershot. Sur l'écran, je ne vois que des cartes postales et je ne suis pas satisfait. Le soleil se couche et les couleurs s'estompent, je sors mon téléphone portable et prends une photo pour envoyer un souvenir à mes enfants. Le cliché, pris en format portrait, révèle les limitations techniques de l’appareil et ce sont ces mêmes limitations qui en font le charme tout comme ce personnage finalement indispensable à l'appréhension de l'échelle de ce lieu d'exception.

Téléphone portable Huawei MYA-L11

Octobre


L'automne est magnifique. Comme bien souvent, j'arpente la ville avec Tonton Gilles, écoutant avec attention ses conseils en technique photographique. Lors de ces pérégrinations, nous prenons généralement les mêmes scènes en photo mais nos images sont toujours très différentes, lui avec son Reflex Canon et sa batterie d'objectifs et moi qui ne photographie qu'avec de petits appareils hybrides ou compacts. Sur l'esplanade de la gare de bus, cet anachronisme : une boule de Noël que les services de la ville n'ont finalement jamais démontée. Avec toutes ces ombres, le cliché en contre-jour est indispensable, la profondeur de champ maximum rajoute les lignes solaires et les pavés complètent l'aspect géométrique de l'image. Les couleurs sont très belles mais je décide que la photo sera en noir et blanc, ce qui souligne son esthétique presque abstraite.
 
Hybride Panasonic DMC-G80
 
Novembre


Peu de promenades photographiques ce mois-ci. La naissance d'une deuxième petite-fille m'a bien occupé l'esprit et c'est légitime ! Quatre jours après sa venue, je me promène en forêt et réalise ce cliché. On est à la fin de la période magique lors de laquelle les couleurs explosent. Mon petit TX30 me gratifie de cette photo (encore un contre-jour !) sur laquelle on peut voir le soleil nimbé de rose transpercer le dense feuillage des hêtres. Le Lutin appelle cela "La Fée Lumière", moi je pense à ma deuxième petite fée qui vient elle aussi illuminer mes années d'automne.

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Décembre


Arboretum d'Alençon, je suis de nouveau avec Tonton Gilles. La nuit tombe et j'expérimente la photo avec trépied, technique indispensable si l'on veut faire quelque chose de net avec si peu de lumière. La pose est d'un tiers de seconde et la profondeur de champ maximale. Le temps brumeux impose un noir et blanc filtré sur le vert pour que l'herbe ne soit pas trop sombre. Tonton Gilles me prête sa silhouette typique qui se découpe nettement sur le fond. Une nouvelle photo mystérieuse comme je les aime.

Compact Sony DSC-RX100M3


Retrouvez mes photos, si vous le désirez, sur ma page FLICKR.

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KING CRIMSON, MON EPOUSE ET MOI

Par Le Lutin d'Ecouves - 27-11-2018 18:08:47 - 9 commentaires

Il est parfois des sons qui vous accompagnent toute votre vie... La musique adoucit les mœurs comme il se dit mais elle peut aussi souder les couples. King Crimson fut pour Josette et moi une étape musicale majeure de nos années 70. Je me souviens de la sombre cave de mon copain Daniel dans laquelle nous écoutions Red, Starless ou Fracture à fond seulement éclairés par le lumignon de l'ampli. A cette époque, nous étions si transis d'admiration pour ce groupe que nous avions tous les trois présenté une conférence sur le thème des quatre albums de l'époque 1973-74 : Larks' Tongues in Aspic, Starless and Bible black, Red et le live USA.
 
Je possédais déjà les albums des années 69 à 71 dont le fameux disque au Roi Cramoisi grimaçant mais, à l'époque la facture métallique et fracturée du leader Robert Fripp nous agréait plus que les albums plus jazz des débuts. La redécouverte de cette musique plus subtile dut attendre pas mal d'années même si nous avons suivi les autres périodes majeures du groupe dans les années 80 et 2000. Ce fut d'abord la parution  de Radical Action to Unseat the Hold of Monkey Mind en 2016 puis, le lendemain de la naissance de notre deuxième petite fille :


Jeudi 15 novembre 2018
 
 
Accompagnés de notre ami Thierry (lui aussi), nous mangeons au sous-sol de la Taverne de l'Olympia où on vous trouve toujours une place avec le sourire et  de la célérité. Pas de bière cette fois-ci ; lors du concert John Mayall de l'année dernière, cela m'avait valu une course aux toilettes, je me contenterai donc d'un verre de vin avec mon croque-madame. La serveuse est charmante, je la titille sur son petit accent russe, et tout ça en présence de mon épouse. On ne se refait pas...
 
Nos billets internet à la main, nous entrons vite dans le hall puis dans la salle. La boutique est prise d'assaut, nous nous contenterons d'un programme en souvenir. 

© DGM Live

Moi et Josette sommes au douzième rang, j'ai même droit à un royal strapontin. Affiches et avis audio en deux langues nous avertissent : pas de film, pas de photo durant le concert sauf à la toute fin quand les musiciens dégainent leurs appareils pour photographier le public. Bonne idée, regarder un concert derrière l'écran de son portable c'est comme faire l'amour avec un préservatif, cela laisse un arrière-goût d'artificialité...
 
Applaudissements, les huit musiciens de l'actuelle formation entrent en scène :
 
 
Drumsons go inseine: derrière ce jeu de mots, le concert débute par un trio de batteries vite suivi par Neurotica de l'album Beat (1982) puis de Suitable Grounds for the Blues. La tension est montée d'un coup, la musique est déferlement, tsunami, orgasme industriel. Tony levin prend ensuite son Stick pour nous gratifier des battements tachycardiques du morceau Indiscipline lors duquel les trois excellents batteurs (Stacey, Harrisson et Mastelotto) s'en donnent à cœur joie. Jakszyk a refondu la mélodie de 1981 pour en faire une version plus jazzy. Une merveille :
 
 
On revient ensuite à plus cool avec des morceaux de Lizard (1970) avant le grand Ho ! (roulement de tambour) Epitaph (1969) célébrissime morceau du premier album qui sera joué quasiment en entier. Et puis, et puis, c'est la suite de Radical Action qui va culminer avec Level Five seul morceau des années 2000 et terminer la première partie sous des airs d'Apocalypse. A ce moment, je me demande si mes oreilles vont tenir...
 
Entracte, je rejoins Thierry dans le hall et nous échangeons nos impressions ébahies, comment des musiciens dont certains ont passé 70 ans ont gardé une telle précision et une telle énergie ?
 
L'entracte ne dure que 20 min, je rejoins mon épouse en grande discussion avec des trentenaires qui pourraient être nos fils. Ils ont découvert Crimson il y a quelques années et ne touchent plus terre à l'instar de mon épouse qui va malmener son siège le long des trois heures de spectacle.
 
Drumsons Do The Can Can, là le jeu de mots est moins bon... Je vois Mel Collins préparer une flûte basse : Islands, un havre de paix chanté à la perfection par Jakszyk et ensuite brodé par les saxes de Collins.
 
Discipline puis One More Red Nightmare, heureusement, le niveau sonore a été réduit d'environ 10%. Nous allons survivre.
 
Deuxième oasis : Moonchild puis c'est une longue apothéose :
 
In the Court of the Crimson King (Ah Ah Ah Ah Aaah Aaah....) à l'énorme son de mellotron parfaitement reproduit par les claviers de Reiflin, Fripp et Stacey qui quitte parfois sa batterie.
 
Easy Money, Larks' Tongues in Aspic II, Starless,  n'en jetez plus, mon épouse vibre tellement que je crains pour le mobilier de l'Olympia.
 
Bis évidemment, et devinez quoi : 
 
(version de 2015 à sept musiciens) 
 
 
Comme promis, nous sommes autorisés à faire des photos et je ne fais que des bouses imprésentables ici. Heureusement, Tony Levin réussit un fort sympathique cliché où l'on peut voir Robert Fripp avec son appareil et la foule enthousiaste. 
 
Une foule où ma chemise blanche me permet de repérer deux fans ayant passé la soixantaine mais dont l'enthousiasme n'a jamais failli.
 
 ©Tony Levin
 
 
Indispensable, Meltdown Live in Mexico 2017, 3 CD (3h30 de concert)+1 DVD de 2h30 pour 30€, Royal !!!
 
 
 
 

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UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 14-11-2018 21:54:07 - 7 commentaires

 
 
Nous étions presque arrivés à la mi-novembre et pourtant les feuilles des hêtres et des chênes refusaient de tomber. C'était comme si la Grande Forêt attendait  quelque chose... Ecouves retenait son souffle avant de s'enfoncer dans les somnolences hivernales. Les bois bruissaient , les ruisseaux chuchotaient, les animaux tendaient une oreille vibrante dans la douceur d'un vent de novembre qui retenait ses élans glaciaux de peur de briser la magie du moment.
 
Ce moment arriva enfin quand une très jeune Elfe s'avança dans la clairière qui venait de se former du côté de la Pierre-Chien. Elfe ou Magicienne, on ne savait pas vraiment... ce qui était sûr, c'est qu'elle était suffisamment espiègle pour geler les oreilles des Trolls à distance ou mener les Lutins par le bout du nez. Facétieuse, elle l'était bien souvent mais ce jour, son visage rayonnant était emprunt d'un sérieux peu commun chez les Elfes de cet âge.
 
Ents, Lutins et Trolls ; Fées, Nains et animaux de la forêt commencèrent à affluer sur le pourtour de la clairière. Événement rare, un Béornide était présent sous sa forme ursidée, ses voisins s'écartant prudemment de son immense carcasse, lui n'en ayant cure trop occupé à graver la scène sur une large souche à l'aide de ses formidables griffes.
 
La jeune Elfe leva doucement ses deux mains ouvertes en coupe et une lumière vive se fit. Derrière elle s'avança un couple constitué d'une longue Elfe brune et d'un Magicien qui, s'il n'avait pas été aussi grand aurait pu être confondu avec un nain tant sa barbe était fournie et drue. Dans les bras de l'Elfe sommeillait un petit être gazouillant et chaud. Le couple s'avança et, scintillant sous la lueur émise par leur première-née, ils prononcèrent le nom secret de l'enfant qui venait de naître.

Ce nom était comme un souffle doré, une plaine brumeuse ; ce nom bruissait et grésillait, il était d'ambre et de cinabre, de cannelle et de miel. Ce nom était secret, réservé aux seul êtres magiques du peuple d'Ecouves, vous ne pouvez le comprendre ni même l'ouïr mais sachez qu'il signifie "Celle qui atténue le gel, adoucit le feu et dont le rire fait tomber du ciel des cristaux d'argent".

 
Olivia est née le 14 novembre 2018 à 1h50
 
 
Quel bonheur d'être à nouveau grand-père !


 
 

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THE POLYPHONY STRIKES BACK

Par Le Lutin d'Ecouves - 18-10-2018 14:14:46 - 3 commentaires

 

Ne reculant devant rien, le Lutin d'Ecouves toujours soucieux de l'édification des foules laborieuses a décidé de ripoliner son fameux et définitif billet tombé dans l'insondablement abyssal oubli des poubelles de Kikouroù nonobstant les dysfonctionnements d'un tas de liens aussi vains qu'obsolètes sur le mouvement musical charnière de la Renaissance dont découle toute l'architecture de la musique classique européenne sans lequel Bach, les Beatles et Stravinsky ne seraient que vagissements primitifs et superfétatoires.

Sit down, relax and listen to :

 

Le fils du retour de la Polyphonie Franco-Flamande II reloaded


Ami lecteur, si tu ne cliques pas sur le lien ci-dessus, non seulement je me serai fatigué pour rien mais en plus, tu pourras dire adieu au canard...



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ORGIE PUDIBONDE

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-09-2018 17:37:23 - 3 commentaires


Si douce est ta toison que le soleil inonde
Avide de la sève dans ta gorge profonde
Bouton rouge dressé en ta chevelure blonde
Si belle et si sauvage, mon orgie pudibonde

 
 Alençon 17-09-2018

 
L'orgie pudibonde ou calliteara pudibunda (tribu des Orgyiini de la famille des Erebidae de la sous-famille des Lymantriinae) est un papillon de nuit dont la chenille polyphage (feuilles de chênes, saules, érables, hêtres, noisetiers, tilleuls, sorbiers, poiriers, pommiers...) présente sur le corps un ensemble de houppes de couleur allant du jaune citron au jaune clair en passant parfois par le vert clair ou le beige rosâtre. Elle possède à l'arrière un pinceau rougeâtre étroit et allongé. L'imago grisâtre ne se nourrit pas.
 
J'espère bien que les alexandrins que j'ai composés en l'honneur de cette magnifique chenille ne prêtent nullement à confusion. N'y voyez donc aucune salacité lubrique ou autre grivoiserie égrillarde...



 

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ON A LES MONTAGNES QU'ON PEUT...

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-08-2018 21:20:57 - 8 commentaires


Ben oui, quand on vit près du point culminant de la Normandie (Signal d'Ecouves 413 m), ce n'est pas toujours facile de trouver des terrains pour préparer des trails en montagne. Or, Katia et Sandrine accompagnées du grand Jéjé préparent la fameuse Diagonale des Fous avec ses 165km et surtout ses 9500m de dénivelée positive. 
 
Habituellement, nous arpentons les pentes d'Ecouves, c'est ce que l'on a de plus pentu cheu nous mais ce beau samedi d'août, nous avons choisi les pentes bien raides de St Léonard des Bois, un joli village sarthois situé à 20 min d'Alençon.
 
 4 août 2018

Nous sommes cinq : Katia, Sandrine, Jéjé ainsi que Thomas qui est chargé de faire la trace, sans oublier le Lutin qui fait des photos. Il est 8h30 sur le parking de la Cave à Bière, le soleil se pointe sur le Haut Fourché, une des deux collines qui enserrent la vallée de la Sarthe. C'est justement cette pente raide que nous empruntons sur le champ pour débuter la balade.


Arrivés en haut de la colline, nous basculons vers St Céneri le Gérei situé dans l'Orne mais toujours sur les rives de la Sarthe. La descente du chemin des Gaulois est périlleuse mais l'arrivée au village vaut le coup d’œil :
 
 
Le coin est magnifique mais nous ne nous attardons pas, nous dirigeant vers le Moulin de Trotté, faisant une très brève incursion dans le département de la Mayenne lors de la traversée du Sarthon. Un entraînement couvrant trois départements, ça en jette...
 
 
A chaque fois que l'on s'éloigne du cours de la Sarthe, il faut à nouveau grimper les falaises de grès armoricain par des chemins de terre parfois hérissés de rocs et de racines. Le soleil donne...


Le but de la manœuvre c'est de faire un maximum de dénivelée, nous descendons à nouveau dans la vallée pour grimper aussitôt la colline située au-dessus du Gasseau dont nous apercevons le pierrier. Une première grimpette parmi les brandes sur un chemin au tracé symbolique plus emprunté par les suidés que par les humains.


Nous descendons ce que nous venons de monter puis c'est l’escalade par une autre voie de la même colline : un de ces fameux pierriers de grès avec ses blocs instables et ses vipères grincheuses. Ces pierriers typiques de mon pays, je les connais bien et je grimpe celui-ci en peu de temps, sachant qu'il se forme d'à peine visibles chemins en lacets que seuls les anciens lutins peuvent percevoir. Je me moque un peu de mes camarades qui trébuchent, c'est de bonne guerre...


Au sommet, la vue sur la Sarthe et la plaine est sublime. Il fait très chaud et chacun ruisselle, un ravito s'impose. Nous descendons ensuite vers la cluse de St Léonard pour gravir le Haut Fourché pour la deuxième fois. 


Une fois de plus, nous passons par des chemins qui n'ont de chemin que le nom... 


C'est au sommet du Haut Fourché que nous passons ma Josette et sa copine Annick qui arpentent le site en mode marche nordique. Rendez-vous est pris pour la bière mais il faut encore descendre pour monter l'autre lèvre de la cluse : le Narbonne coupé en deux par la vallée de la Misère. Mes souvenirs d'escapades adolescentes me reviennent sur ces pentes à la végétation méditerranéenne : le Narbonne si raide à monter, la descente vers l'ardoisière et ses pentes glissantes de schistes du Pissot, l'énigmatique mare sombre de la carrière, la vallée de la Misère et ses racines si nombreuses et sinueuses, la remontée puis la descente acrobatique vers le moulin de Linthe. 


Ce devrait être le dernier mur à monter mais zut alors, nous n'avons pas encore rempli notre objectif temps. Nous arrivons bientôt au pont mais Thomas a la bonne idée de nous faire traverser la Sarthe à gué.


 En ces temps de canicule, l'eau est presque chaude mais elle délasse quand même les muscles. C'est les pieds trempés que nous abordons la dernière difficulté : la re-re-grimpette du Haut Fourché et de ses 100m de dénivelée par rapport à la rivière. J'ai une idée subite : nous allons faire cette dernière montée en la courant en intégralité, histoire d'avoir le cœur au bord des lèvres au sommet. Floc, floc, les chaussures trempées attaquent la pente. Les garçons s'envolent,  je me fais mal pour rester avec Sandrine qui, avec ses 42 kilos, n'a aucun mal à escalader le site. Plus lente mais incroyablement endurante, Katia reste en retrait mais s'astreint à courir tout du long.
 
 
Arrivé au sommet, j'attends Katia en compagnie de Sandrine puis nous dévalons la colline par son autre extrémité et rejoignons le village.


On a les montagnes qu'on peut mais nous avons cumulé 900 m de D+ en 23km, ce qui n'est pas si mal pour notre région...

Et maintenant direction la Cave à Bière...


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LA COUPE EST PLEINE !

Par Le Lutin d'Ecouves - 24-07-2018 10:47:29 - Aucun commentaire

 

 

Un trail le jour d'une finale de coupe du monde, c'est possible ?

Ben oui et ce n'est pas sans conséquences...

Le récit ICI.

 

TEN YEARS AFTER, I'M GOING HOME

Par Le Lutin d'Ecouves - 06-07-2018 21:58:28 - 1 commentaire

 

Il est des endroits où l'on se sent chez soi...

 


Dix ans après, les Trailers d'Ecouves remettent le couvert à Belle-Ile-en-Mer.

Et ça se passe ICI.

 

 

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COURS TOUJOURS épisode 10

Par Le Lutin d'Ecouves - 21-06-2018 10:40:05 - 9 commentaires

Un ami


Simples connaissances du service militaire, ce n'est qu'aux alentours de la petite quarantaine que nous avons partagé nos foulées.

Je me souviens très bien de la première fois où nous courûmes ensemble lors d'une épreuve durant laquelle nous discutâmes de choses et d'autres pendant dix kilomètres avant qu'il ne s'envole vers le sommet de la forêt de Perseigne comme s'il lui avait poussé des ailes, me laissant ahaner au pied de la côte du Belvédère. Je m'étais dit que notre groupe, encore modeste à l'époque, avait gagné une fameuse recrue. Je ne m'étais pas trompé, j'avais introduit un sacré ver dans le fruit. Sa fougue sportive, sa robustesse et son endurance lui valurent bientôt le surnom de Mustang.

Issu d'une dynastie de serviteurs de l’État, Philippe est né avec un sens aigu du collectif et de l'organisation, c'est pourquoi il est tout naturellement devenu le "tour opérateur" de notre bande de coureurs. Grand dénicheur d'épreuves improbables, il nous trouvait toujours des courses aux noms bizarres et aux difficultés aussi épineuses qu'insensées. Nous étions au début de l'essor du trail et les nouvelles compétitions éclosaient avec la régularité des pustules sur le visage d'un adolescent tout comme leur longueur ne cessait de s'accroître à l'instar de... non, là j'allais dire une ânerie.

Grâce à lui, j'ai pu courir dans l'Aubrac en janvier, vidé par la gastro et congelé par la douche froide prise dans un gymnase sans chauffage à l'arrivée. Sans lui, je n'aurais pas découvert le bonheur de grimper le massif du Pilat dans trente centimètres de neige ou celui de relier St Etienne à Lyon de nuit par moins huit degrés. S'il n'avait pas été là, je n'aurais pas découvert qu'on pouvait mourir de froid à Roscoff au mois de mai avant de se tordre les chevilles sur des rochers hostiles recouverts d'algues visqueuses. Parfois, il suffisait qu'une course ait un nom rigolo comme "les Foulées de la Grotte à Jules" pour qu'il m'entraîne dans un coin improbable aux confins du Calvados et de l'Orne ou bien que le profil de la course sorte de l'ordinaire pour que je me retrouve à ramper dans des tuyaux boueux ou à escalader des bottes de paille comme à Hérouville. Vraiment, Philippe avait de bonnes idées.

Son inscription au forum Kikouroù fut déterminant dans la suite de nos pérégrinations et cela nous permit d’élargir considérablement le cercle de nos amis et surtout le mien, j'en ressens encore la douleur et ce n'est pas sans fondement. Je me demande d'ailleurs comment je peux encore marcher après toutes ces épreuves exotiques lors desquelles nous picolions puis courions puis re-picolions avec des furieux à casquette rouge. Avec eux, j'ai appris le sens du mot dénivelée que ce soit dans la Drôme, les Hautes Alpes ou dans le Gard où, anecdote, un jeune membre du site était venu nous toucher Philippe et moi pour s'assurer que le Mustang et le Lutin existaient vraiment.


Beaucoup des déplacements organisés par Philippe avaient lieu sur des laps de temps très courts, travail oblige. C'est comme cela que je me retrouvais souvent le lundi matin face à vingt-cinq élèves de CP pleins de vie alors que je n'avais pas récupéré d'une course de montagne faite la veille ni du voyage terminé en pleine nuit. 


Entre nous, ça a toujours été la guerre pour de rire et je me souviens avec émotion de notre combat épique en cross que je gagnais presque toujours alors que Philippe me ridiculisait bien souvent sur les longues distances. Les rôles ont toujours été bien définis : à lui le rôle de sportif sérieux, organisé, endurant et propre sur lui ; à moi celui de pitre nerveux, brouillon et agressif toujours prompt aux plaisanteries douteuses et aux remarques déplacées.


Plus de vingt ans ont passé, Philippe a intégré l'équipe dirigeante de notre club d'athlétisme puis en est devenu le président. Il a plus que sa part dans la renaissance de cette vieille institution alençonnaise dont il a  doublé l'effectif. Sans lui et sa valeureuse équipe, le niveau national n'aurait été qu'un vieux souvenir des années 70, sans lui et son dévouement d'ancien instituteur, notre belle piste de 400 m ne résonnerait pas des cris de dizaines de jeunes qu'infatigablement il coache et accompagne bien des weekends ici et là dans tout l'ouest de la France.

Maintenant que nous sommes à la retraite, nous avons pris des habitudes plus bourgeoises dans des hébergements plus confortables en compagnie de nos chères épouses. Nos plus récentes pérégrinations ne relèvent plus de la folie furieuse comme dans les années 2000 mais le Mustang m'a encore  récemment fait découvrir de nouvelles douleurs en m'initiant à la course de hamster lors du 24h de la No Finish Line de Paris.
 
Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve mais je ne peux que souhaiter que nous continuions encore un moment nos errances sportives de sexagénaires curieux et toujours avides de ce que peut apporter la vie.


Photo Denis Decaux


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BELLE ÎLE EN MÈRE

Par Le Lutin d'Ecouves - 29-05-2018 10:16:49 - 5 commentaires

 

 
Dans le bleu silence lissé par le bruit de l'onde
Je sais que tu m'entends
 
 
Sur les grèves ondoyantes bordées par l'océan
Je sais être patient
 
 
 Comme un doux bruissement, comme un souffle d'été
Je sais quel est ton chant


 Sous l'écorce du fruit, dans sa chair sans un bruit
Je sais quel est ton sang


 Sur la terre avant toi, pleine de vie, pleine de joie
Je sais qu'elle t'aime tant
 

Calypso en son île, maîtresse de son temps
Ma beauté assoupie, tu sais que je t'attends


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Arielle aura une petite sœur dans six mois et moi je serai Re-Papy... Joie !
 
 
 
 Clichés pris du 19 au 21 mai 2018 à Belle-Île-en-Mer
 
 

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