KikouBlog de Le Lutin d'Ecouves - Mai 2016
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IMPRESSIONS DU BOUT DU MONDE

Par Le Lutin d'Ecouves - 23-05-2016 21:39:07 - 4 commentaires

 
Décidément, le printemps ne veut pas s'installer en Normandie... partons vite au Bout du Monde pour y trouver un peu de lumière.
 
 


Ici, au moins, il ne pleut pas, les pollinisateurs ne chôment pas...

Ancistrocerus trifasciatus

 ... les libellules sont de sortie...

Calopteryx virgo (femelle)
 

 ... et les papillons paradent déjà :

Papilio machaon

Pararge aegeria

D'autres travaillent déjà à la prochaine génération :

Timarcha tenebricosa

Ici, contrairement aux idées reçues, pas de granite mais des grès et parfois des roches volcaniques.
 
 Pillow-lava
 
Cela donne par endroits une petite impression méditerranéenne :
 

Quatre-vingt-dix kilomètres de randonnée en sept jours...
 
 

 ... et des tas de sites spectaculaires plus tard, nous terminons notre séjour au bout du monde...

Fort des Capucins

... sur la presqu'île de Crozon, en Bretagne. 


Photos prises entre le 10 et le 17 mai 2016

 

 

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LES CEUZES QUI SONT PAS V'NUS Y ZONT EU TORT

Par Le Lutin d'Ecouves - 09-05-2016 16:23:18 - 7 commentaires

 


Ah la vache, se lever à 5h45 pour arriver à l'heure à la Forêt Auvray, c'est raide ! Nous, les Alençonnais, on a tout le département à traverser pour arriver dans ce coin de Suisse normande. 


Ce jeudi de l'Ascension, les gars d'Activ'Orne organisent une randonnée, une marche nordique, une rando VTT et une course cycliste, excusez du peu, et tout cela sous l'égide de la FSGT, fédération sportive et gymnique du travail. FSGT, bien sûr, ça fait Front Populaire et mouvement ouvrier, ça sent les frites et la saucisse grillée ; c'est surtout un mouvement, créé en 1934 qui définit le sport populaire comme un sport de qualité, le moins cher possible, démocratique, laïque et convivial.

 

Même si la marche nordique est en plein essor dans notre département, l'activité y est très  récente et peu de monde s'est déplacé ce jeudi de la Grimpette ; en dehors d'Annick (chef chef),  ma Josette (chef) accompagnées de Mireille et du Lutin (élèves), il n'y a que quatre autres participants. 
 
 
Les organisateurs ont l'air un peu cofis de voir si peu de monde, ils nous avaient pourtant demandé d’apporter d'Alençon des bâtons pour prêter à ceux qui voulaient essayer cette discipline. Tant pire, que j'dis à c'moment, les ceuzes qui sont pas v'nus y zont eu tort !
 
Et j'avais plus que raison comme la suite l'a prouvé : ce fut une journée de beauté, d'amitié de simplicité et de convivialité comme il s'en présente peu dans une année.
 
 
La marche nordique de 15 km a lieu sur un circuit de chemins creux typiques de cette région de l'Orne. On est bien loin des terres fertiles de la plaine d'Alençon-Argentan ; ici, la terre est plus pauvre, accidentée, émaillée de blocs granitiques, plus propice à l'élevage qu'à la culture, c'est aussi le pays du poiré et du cidre. 
 
 
Le granite rencontré ici est appelé granite d'Athis, c'est un batholite intrusif dans le Briovérien supérieur, mis en place lors de l’orogenèse cadomienne, vers 550 Ma., c'est clair, non ? (Lithothèque de Normandie)
 
Ce granite, parlons-en, ce n'est pas ça qui manque et des générations de paysans se sont épuisées à l'extraire des champs pour les rendre cultivables, l'utilisant pour leurs maisons, leurs enclos ou le laissant en tas dans les champs.

 
Si la géologie locale est  particulièrement intéressante, la flore n'est pas en reste ; outre les nombreux boutons d'or, coucous, jacinthes et stellaires, nous croisons des cardamines, orchis, lamiers blancs, rumex,ail sauvage, géranium sauvage, arums sauvages, sceaux de Vénus et nombrils de Vénus. Le foisonnement des formes et des couleurs sous le soleil de mai a quelque chose de fantastique et de libérateur. Cependant, s'il incite à l'hédonisme, ce paradis botanique finit par nuire gravement à la moyenne horaire vu que nous nous arrêtons très souvent pour identifier telle ou telle espèce, faire des photos  et nous esbaudir sur la beauté des lieux.


De temps en temps, nous reprenons un rythme plus adapté et faisons même un peu de technique de franchissement ou de progression.


Mais, dans l'ensemble, ce qui prévaut, c'est l'éblouissement vernal que nous procure cette nature normande dont la splendeur ne s'exprime pleinement qu'à cette époque de l'année.


Dans la deuxième partie de notre progression, nous abordons deux curiosités sur la commune de Ste Honorine la Guillaume.


D'abord, une haie plessée (latin plectere : tresser) d'une longueur impressionnante constituée de hêtres dont les branches ont été dirigées latéralement et palissées comme celles des arbres fruitiers. Le but était de faire une barrière impénétrable au bétail. Le terme "Plessis" est toujours très courant mais des haies aussi monumentales que celle-ci sont devenues très rares.


Autre curiosité, un chemin de croix privé en plein bois construit par un certain Bailleul en mémoire de sa femme décédée dans l'incendie de sa maison, ledit chemin de croix terminant par un calvaire assez impressionnant.

Photo de ma Josette

Une partie du retour se fait sur la route et nous y admirons les splendides pâturages aux chênes encore nus où nous retrouvons ces fameux blocs de granite dont les paysans locaux ont trouvé diverses utilisations.


Nous débouchons enfin d'un dernier chemin pour retourner au village où se prépare déjà la course cycliste. Nous avons parcouru 15 km en trois heures, pour des marcheurs nordiques, c'est plutôt lent mais on en a eu plein les mirettes.


Toute bonne chose a une faim comme qui dirait et c'est le verre de bière à la main, attablés devant des saucisses-frites que nous entamons l'après-midi. Autour de nous, ça va, ça vient, ça vit, ça bourdonne et pourtant, nous sommes dans un village de moins de deux cents habitants.
 

Le punch d'Annick et la bière auvraysienne m'entament un peu et je rêvasse en regardant la course cycliste pendant que les filles font le tour du vide-grenier... Et je me sens bien et je me dis que, décidément, les ceuzes qui sont pas v'nus, y zont bien eu tort !


 
Merci à Marc et à toute la bande d'Activ'Orne* pour leur dévouement, leur chaleur humaine et leur bonne humeur.
*Activ'Orne, c'est aussi "les Foulées auvraysiennes", une course sur route en mars, un splendide trail en octobre : "Le trail de la Roche d'Oëtre" et la participation aux divers cross FSGT de l'Orne.

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L'ESPRIT FRANÇAIS 18

Par Le Lutin d'Ecouves - 02-05-2016 17:36:41 - 3 commentaires

 Joseph Bodin de Boismortier
1689-1755
 
A entendre les dix-sept premiers numéros de cette série, l'on pourrait penser que l'Esprit français n'est que mélancolie raffinée ou majesté cérébrale, que nenni ! L'Esprit français sait aussi être léger et souriant et c'est à cet esprit-là que les trois derniers chapitres sont consacrés.

Peinture de Jean Ranc 
 
Bienheureux Boimortier, dont la plume fertile
Peut tous les mois, sans peine, enfanter un volume.
 
Voi ce qu'écrivait Benjamin de la Borde en 1780 dans son essai sur la musique. Longtemps, Joseph, fils de militaire reconverti en confiseur à Thionville eut mauvaise réputation à cause de son énorme production pour tous types de formations (plus de la musique vocale). Sa grande facilité à composer et les grosses sommes d'argent qu'il récoltait lui valurent bien des inimitiés d'autant plus que Boismortier était un roturier même pas fils de musicien qui commença sa carrière professionnelle en tant que receveur de la Régie Royale des Tabacs à Perpignan.
 
Après dix ans dans ce poste de "fonctionnaire", Joseph monta à la capitale où il fit un tabac grâce à sa fabuleuse capacité d'adaptation au goût du jour. Si sa production n'a pas l'exigence et la qualité des plus grands, Boismortier composa toujours une musique de bonne facture.

Un grand nombre d'opus (parmi les 102 volumes parus) sont consacrés à la flûte traversière, très à la mode à l'époque, que ce soit en solo, en duo, en trio et même en quintette sans accompagnement de basse. L'extrait que je vous propose est noté "gracieusement", terme fréquent dans les compositions de l'auteur, ce qui représente bien l'amabilité, la légèreté et le sourire d'une musique sans prétention.

 (Ref)
 

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Source principale : Stéphan Perreau



 

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