L'ESPRIT FRANÇAIS 17
Le Lutin d'Ecouves

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L'ESPRIT FRANÇAIS 17

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-04-2016 09:40:02 - 4 commentaires

Elisabeth Jacquet de la Guerre
1665-1729
 
 
Pour la seconde fois, ce blog aborde Elisabeth-Claude Jacquet (voir ICI), dont le père, soucieux de l'éducation de ses quatre enfants, donna à ses deux fils et ses deux filles une éducation musicale soignée qui leur permit de faire carrière. La petite Elisabeth, particulièrement douée, fut produite à la Cour dès l'âge de cinq ans. Elle fut ensuite placée sous la protection de Mme de Montespan.

Elisabeth quitta la Cour pour se marier avec Marin de la Guerre lui aussi musicien. Ce mariage n'arrêta pas la carrière de la musicienne qui se forgea une réputation due à la grande qualité de son œuvre. Elle fut la première Française à avoir composé un opéra et ses cantates et sonates furent très appréciées, même par le défunt Lully qui, trois ans après sa mort, écrivait ceci dans le Mercure Galant : 

"..Du Train de l'Opera demandant des nouvelles
Aux Mortels depuis peu descendus icy bas,
Ils m'en ont à l'envy débité des plus belles,
Et m'ont dit que là-haut vous faisiez grand fracas.
Qu'on vantoit à la Cour, de mesme qu'à la Ville,
Un Opera nouveau, que vous avez donné,
Et quoy qu'on vous connust pour femme très-habile,
Que d'un si grand travail on étoit étonné.
L'entreprise, il est vray, n'eut jamais de pareille.
C'est ce qu'en vostre Sexe aucun Siècle n'a veu,
Et puis qu'il devoit naistre une telle Merveille,
Au Règne de LOUIS ce prodige étoit deu."
 
Dans ce monde d'hommes jaloux de leur pouvoir, il fallait qu'Elisabeth fût bien talentueuse pour qu'on l'apprécie ainsi et on imagine qu'en dehors de ses compétences musicales, elle devait avoir une personnalité et une force de caractère peu communes pour s'imposer ainsi.
 
Pour illustrer ce billet, j'ai choisi un prélude pour clavecin non mesuré aux allures d'improvisation, hérité de la  toccata italienne, suivi par une chaconne dont la puissance et la majesté font regretter sa trop grande brièveté.
 
 

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Source principale : Catherine Cessac
 
 

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4 commentaires

Commentaire de Benman posté le 05-04-2016 à 14:58:54

Lully lui a écrit trois ans après sa propre mort? Mais quelle fut sa réponse? Parier ainsi que Lully l'eut lue, est-ce un lulumineux 1er avril après l'heure d'un lutin huluberlu?

Commentaire de Benman posté le 05-04-2016 à 15:03:45

cela dit, j'ai beaucoup aimé Jacquet de la Guerre, qui a entraîné la France entière à sa suite ;-)

Commentaire de PhilKiKou posté le 05-04-2016 à 23:33:34

difficile de faire un comm' après Benman... Je ne pensais pas qu'une femme à l'époque avait pu se faire une place grâce à son talent...
sinon du mal avec le clavecin, un son que j'ai du mal à apprécier...

Commentaire de L'Dingo posté le 06-04-2016 à 08:27:56

"..on imagine qu'en dehors de ses compétences musicales, elle devait avoir une personnalité et une force de caractère peu communes pour s'imposer ainsi."
Qu'en termes choisis ces choses là sont dites. L'art de la "lutote" :-))

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