ELISABETH ET L'ESPRIT FRANÇAIS
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ELISABETH ET L'ESPRIT FRANÇAIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 15-05-2012 18:33:43 - 4 commentaires


L'Esprit Français est un concept artistique aussi solide qu'insaisissable. Je me souviens du film d'Alain Corneau mettant en scène un Sainte-Colombe qui essaie d'en enseigner l’essence au jeune Marin Marais dans la tourmente d'une soirée de tempête. Le pauvre Marin ne peut à ce moment faire la part entre la tragique profondeur du sentiment humain et la prégnante expressivité d'une Nature ubiquitaire.

 
C'est à cela que je pensais en arrivant au concert de la Pelegrina consacré à Elisabeth Jacquet de la Guerre : les musiciens allaient-ils saisir la grave légèreté de cette musique aux inflexions uniques ?


Elisabeth Jacquet est née en 1665 dans une famille de musiciens. Son père, facteur de clavecin dans l'île Saint-Louis lui enseigne l'art de toucher cet instrument et, tel un Mozart avant l'heure, la petite Elisabeth montre d'étonnantes dispositions qui vont l'amener à se produire à la cour dès l'âge de cinq ans.

La petite prodige va parfaire son éducation à la Cour sous la houlette de Mme de Montespan puis sous celle de Mme de Maintenon avant de se marier avec l'organiste Marin de la Guerre en 1684.

Pionnière au niveau de l'écriture des sonates pour violon, Elisabeth Jacquet de la Guerre est aussi connue pour ses pièces de clavecin et pour ses cantates bibliques et profanes comme "Le sommeil d'Ulysse" ou pour sa tragédie lyrique "Céphale et Procris".

Si elle n'est pas unique dans l'histoire de la musique, elle est cependant un cas rare de femme ayant pu prouver sa valeur dans une France marquée par le pouvoir masculin pendant encore longtemps.

Bien que la production d'Elisabeth Jacquet de la Guerre soit limitée en quantité, on est surpris par la qualité de ses pièces qu'elles soient chantées ou instrumentales et on se demande combien de Mozart féminins sont tombé(e)s dans les oubliettes d'une histoire de la musique essentiellement masculine.

 
Une sonate pour violon, une pièce de clavecin et deux cantates plus tard, le pari est gagné. Sophie Landy et les musiciens de la Pelegrina ont retrouvé l'Esprit Français, cet entrelacs pareil à une dentelle d'Alençon, autre chef-d’œuvre discret et sublime.



Merci à Sophie Landy et à la Pelegrina pour l'utilisation de cet extrait de concert.

Site de la Pelegrina : http://www.lapelegrina.fr/

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4 commentaires

Commentaire de Jean-Phi posté le 18-05-2012 à 09:02:42

Juste merci...

Commentaire de lapinouack posté le 18-05-2012 à 16:44:47

intéressant :)

Commentaire de JLW posté le 20-05-2012 à 14:42:03

Ca change de Metallica !

Commentaire de PhilKiKou posté le 05-04-2016 à 23:42:39

Sans clavecin j'arrive mieux à accrocher et apprécier..


Marin Marais et Marin de la Guerre : 2 Marins différents ?

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