UN VENDREDI À PARIS
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UN VENDREDI À PARIS

Par Le Lutin d'Ecouves - 13-03-2017 12:27:19 - 6 commentaires

Il est des occasions à ne pas rater sinon on s'en mord les doigts jusqu'à l'épaule... Vermeer est depuis longtemps un de nos peintres préférés et l'occasion d'admirer le tiers de sa production ne se représentera pas de sitôt. Ou alors la prochaine fois il faudra quelqu'un pour pousser nos fauteuils.
 
On est dans les temps. Notre Ford pourrite est à l'abri dans un parking près de l'Opéra, nous cheminons vers le Louvre. 

 

Heureusement que j'ai réservé mon créneau de visite, on ne va pas trop attendre ! Oups, c'est quoi cette longue procession ? J'avise une dame avec un badge.
"Bonjour madame, c'est là Vermeer ? 
- Ben oui, la queue est là."
Je vérifie que ma braguette est bien fermée et je me dirige vers la  file d'attente.
 
Au bout de trente minutes, nous rejoignons une... seconde file. Damned, encore une demi-heure de poireautage ! J'en profite pour observer les gens qui m'entourent. Tiens, il n'y a pas de Chinois ! Heu non, on est plutôt à Versailles et ils sont tous assez vieux pour avoir... notre âge.
 
J'avais pourtant pris mes précautions sur la route mais les rognons ont encore frappé, j'espère qu'ils ont prévu des toilettes à l'intérieur de l'expo. Euh non, Prostaman va encore être obligé d'attendre.
 
"C'est le mur" qu'il nous dit le type à l'entrée pour nous signifier qu'il y a du monde, nous allons donc voir les tableaux de Valentin de Boulogne pour patienter.
 
Les Tricheurs (Document Wikipedia)
 
Maître des mains et des expressions, Valentin peint sur des grands formats pour des clients italiens. Avec Vermeer, nous passons dans un tout autre monde. Et quand je dis Vermeer, il s'agit de Vermeer et ses contemporains comme Gabriel Metsu ou Gérard Dou, maîtres de la Fijnschilderei (peinture fine).

Metsu : Jeune homme écrivant une lettre
(Document Wikipedia)

La beauté des tableaux du Maître de Deft et de ses contemporains finit par me faire oublier la pression hydrostatique et nous prenons le temps de regarder chaque œuvre avec  de grandes délices (j'ai mis un adjectif pour faire mon pédant).

Nous finissons par nous lier avec une dame de St Lô avec laquelle nous commentons les derniers Vermeer, bien sûr la dentellière (Ah, ces fils entre ses doigts !) et, incontournable, la laitière. Le premier qui me sort un yaourt, je l'assassine !

(Document Wikipedia)
 
En direct live à cinquante centimètres du nez, c'est un choc esthétique. Nous voyons ce qu'il est impossible de voir sur une reproduction, le tableau semble habité, les couleurs, les couleurs ! Jusqu'au trou dans le mur... une idée de la perfection. Nous sommes trois à commenter le tableau, surtout ma Josette qui tient le pinceau depuis moult années et la charmante dame de St Lô. Au bout d'un moment, une Versaillaise grince derrière nous et il nous faut décaniller.
 
Ouf, je visite enfin les toilettes du musée après presque deux heures de visite. On raconte des salades, les toilettes elles ne sont pas d'époque.
 
Il nous reste du temps, nous musardons dans le palais, nous arrêtant çà et là. Mon œil de lutin repérant quelques jolies choses...

Fragonard : Le feu aux poudres
 
Inévitablement, nous sortons du musée par la boutique de souvenirs. Nous regardons avec dédain les gens sortir de là avec leurs assiettes Joconde ou   leur Victoire de Samothrace en plâtre. Peuh, quel mauvais goût, qu'ils repartent vers leurs pénates avec leurs souvenirs kitschs.

Mais mais, regarde ça !!! Oh génial, ça va plaire à Arielle qui va bientôt avoir trois ans ! Et c'est comme ça que Papy et Mamie sont repartis avec un cadeau kitsch. La honte !


Et c'est pas fini la journée ! Direction l'Olympia ou plutôt le café de l'Olympia où nous mangeons notre croque-madame dans une crypte au sous-sol. Un demi-litre de bière nous requinque grave comme on dit chez les jeunes, euh enfin, on n'est pas chez les jeunes. Ça sent même le vieux rocker. Ils viennent certainement assister au même spectacle que nous.

Photo de ma Josette

Ah, les toilettes du café de l'Olympia sont super et la serveuse très sympa ! Vite, nous allons voir... tadaaa !!!


La légende du blues blanc ! John Mayall, 84 ans au mois de novembre. In-con-tour-na-ble ! Mayall fait partie de notre histoire. C'est Josette qui m'avait prêté Blues From Laurel Canyon alors que nous étions en seconde, elle m'avait aussi fait découvrir Jethro Tull et les premiers Pink Floyd mais c'était certainement Mayall qu'elle préférait. Mayall, une vie de blues pour lui, une vie pour nous. Quarante-cinq ans après la seconde du lycée, nous allons enfin le voir et l'entendre.

Ah la vache, ils sont tous là ! Le Baby Boom a débarqué, la moyenne d'âge explose les soixante ans, je ferais presque jeune.

Le gars en première partie tient une demi-heure et après, le type au micro nous annonce que l'Olympia nous offre vingt minutes d'entracte. Bon coureur, je gicle vite vers les toilettes. Grand bien m'en fasse, quand je sors après avoir vidangé un bon demi-litre de Grimbergen, je m'aperçois que tous les types de la salle se sont donné rendez-vous aux gogues. Elle est impressionnante la queue, euh, la file d'attente. Il fallait s'y attendre avec autant de croulants dans la salle. Ah oui, croulant, c'est le mot qu'on utilisait dans les années soixante pour désigner les plus de quarante ans... j'en ai maintenant soixante et un et j'apprécie le terme à sa juste valeur... ouille !

Photo Angel Burbano

Papy Mayall a bien pris un peu de bide mais il a une pêche d'enfer. Il joue en trio avec un jeune bassiste tout fou et un très bon batteur qui fait le Jabba sur son siège. Au bout de deux morceaux, le gamin plante son ampli de basse et, le temps de la réparation (un ventilo collé derrière la machine), John Mayall nous gratifie de deux impros au clavier puis à l'harmonica. Nous, on est sur le cul ! Le concert reprend et c'est une heure un quart de blues légendaire. C'est un peu comme Vermeer, nous entendons ce qui est impossible à entendre sur disque, le blues est incarné.

Rentrés à une heure trente du mat', nous nous couchons vite. J'ai un cross à courir à seize heures nom de d'là ! Evidemment, au lever, le premier disque que Josette met dans mon lecteur CD d'ancêtre (un Sony 557 ESD de 1987), c'est le double album du 70ème anniversaire de John Mayall. A l'époque, il était vraiment jeune, non ?

Je vous laisse apprécier "Somebody's acting like a child", un extrait de Laurel Canyon interprété en 2003 par John Mayall and the Bluesbreakers featuring Mick Taylor et Buddy Whittington à la guitare, du grand art :

 
 
 
 
 
 

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6 commentaires

Commentaire de Bacchus posté le 14-03-2017 à 12:43:31

Un peu de culture dans ce monde de courses, ça fait du bien
Superbe ton récit de votre aventure parisienne

Commentaire de PhilKiKou posté le 14-03-2017 à 21:43:26

Quel programme parisien !! Un marathon avant ton cross !! Une bonne mise en jambes ce programme ?..

Commentaire de Arclusaz posté le 15-03-2017 à 22:38:04

ah ouais le trou dans le mur, c'est bluffant (comme votre vie avec Josette de la seconde à la...maturité). Mais dis mois, qu'est ce qu'elle fabrique au juste la dame du tableau : du yaourt ?

Commentaire de Yvan11 posté le 16-03-2017 à 14:34:40

Ils vendent pas de Playmobil® à l'Olympia ?

Commentaire de L'Dingo posté le 20-03-2017 à 00:09:36

Flute, zut et cornebidouille !!
j'étais à paris pour qques jours, incluant le 13, occasion ratée.

Si j'avais eu du temps j'aurais été voir ça:
http://www.museemaillol.com/fr/21-rue-boetie

heureusement cela vient de débuter ,début d'été peut etre


ps: dis à Josette de rester sur du Deep Purple, c'est inaltérable :-)))

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 20-03-2017 à 08:59:47

Bien sûr, elle m'a aussi fait découvrir "In Rock" et "Machine Head".

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