FREE HUGS
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FREE HUGS

Par Le Lutin d'Ecouves - 04-07-2008 00:55:09 - 6 commentaires

 

L’autre jour, alors que je déambulais dans les rues d’Alençon à l’occasion de la Fête de la Musique, j’ai aperçu un attroupement formé autour d’un groupe de garçons et de filles d’une vingtaine d’années déguisés et grimés qui brandissaient des pancartes sur lesquelles était inscrit : « Free Hugs ».

Ces sympathiques jeunes personnes proposaient tout simplement des câlins aux gens qui allaient et venaient et ils n’hésitaient pas à étreindre certains passants.

L'assistance souriait et j’avais très peur.

Pourquoi ces gens se permettaient-ils  de prendre dans leurs bras ces pauvres hères  pleins de larmes pour les secouer au risque de les faire déborder ?

Ne savent-ils pas que les siècles de notre vie ont accumulé en nous des océans furieux qui ne demandent qu’à nous submerger ?

Ne savent-ils pas que les larmes érodent l’individu au point de ne plus laisser que la pierre de l’âme à la surface des sentiments ?

Epouvanté par l’imminence d’un tsunami de pleurs, je me suis mis à raser les murs, tellement près des parois que j’ai commencé à m’enfoncer entre le crépi et la pierre. Puis, la peur aidant, je me suis engagé plus profondément dans le mur jusqu’à ce que je finisse par me retrouver dans une pièce nue dans laquelle se trouvait une femme assise sur une chaise. Elle était vêtue d’une longue robe sévère  comme on en faisait au début du vingtième siècle ; seule touche de fantaisie, un foulard rouge ceignait son cou.

Elle pleurait, à chaudes larmes, tellement chaudes qu’elles frappaient le sol en grésillant après avoir fait des trous dans le bas de sa robe.

Je ne sais pas ce qui m’a pris. Cette personne, je ne la connaissais pas et je n’avais pas envie de la connaître. Pourtant, je l’ai prise dans mes bras et elle a fondu en larmes… littéralement !

Au bout de quelques minutes je ne serrais plus contre moi que des vêtements humides. Je sentis bien mon océan personnel s’agiter en mes tréfonds mais le passage dans le mur avait renforcé mes digues, je m’étais minéralisé un peu plus.

Je jetai les vêtements au sol avant de partir, cette fois, par la porte mais je gardai au creux de ma main le foulard rouge.

En chemin, il me servit à essuyer quelques larmes de sable…

 

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6 commentaires

Commentaire de L'Dingo posté le 04-07-2008 à 01:56:01

Et voila comment le buff rouge du Lutin a traversé le temps , et désormais essuie qques perles de sueur lors de course endiablées :-))))

Commentaire de taz28 posté le 04-07-2008 à 06:44:53

Je ne sais pas si j'ai bien tout saisi, blonde que je suis...mais décidément, j'adore tes mots qui s'alignent pour faire au final, un texte captivant et émouvant !!!
Merci Thierry !!

Commentaire de Jihem posté le 04-07-2008 à 09:18:08

Je ne l'ai pas encore assez relu, mais ça plait ! génial. J'ai bien fait d'entrer quand j'ai cu qu'à l'intérieur de kikourou il y avait de la lumière.
Des câlins aux inconnus ? mouais. Où alors je serais carrément malhonnête !
Tes Free Hughs me rappellent que rue Mouffetard, il y a un type qui offre des massages dans la rue et qui a fait des émules.
Dis, tu nous racontes encore une histoire, le lutin ?

Commentaire de CLG posté le 05-07-2008 à 09:03:31

J'en avais entendu parlé en effet !

Commentaire de Le Bulot posté le 05-07-2008 à 11:25:09

lutin HouHOU .......... ou es tu ???? reviens , t' envas pas, NoOONNNNNN reviens ....

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 10-07-2008 à 09:56:51

Merci pour vos commentaires sur Free Hugs. Ce type de texte est moins marrant que mes autres billets mais j'y tiens particulièrement. J'ai essayé de faire court contrairement au texte "L'optimum" mais j'ai du mal à faire moins abscons.

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