CE QUE ME DISENT LES ARBRES
Le Lutin d'Ecouves

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CE QUE ME DISENT LES ARBRES

Par Le Lutin d'Ecouves - 05-02-2019 07:04:28 - 7 commentaires

 
 

Pas une âme, pas un souffle, l'hiver a enseveli Ecouves dans un silence de cristal et je chemine au Bord du Monde.


Aux environs de la Pierre-Chien, les arbres m'interpellent : As-tu entendu le doux silence engourdi des douleurs qui sommeillent ? Viens-tu nous visiter avant que ne tombe le soir, avant que ne chute l'espoir ?


Sur les sentiers de la Croix, ils dressent leurs aiguilles, fiers et droits, sombres et indifférents, les sapins me laissent passer trop occupés par la musique des cimes jouée par le vent aux dents de verre.


Mon pied est d'argile, mon souffle est blanc, je suis seul, ils sont si nombreux perdus dans l'embrouillamini de l'incessant réseau des sentiments. Ils se touchent, ils se caressent, ils se blessent, ils se brisent, ne laissant derrière eux que le souvenir amer d'anciens sentiers autrefois si prometteurs.
 
 
Sur le chemin des étangs, j'entends les pins sylvestres célébrer le matin par leurs chants azurés. Légers, graciles et doux, ils sont oublieux des tempêtes et attendent d'autres temps, je les envie. Ils me saluent et m'offrent une éclaircie miraculeuse, tendre illusion, merveilleux sourire.


Perdu dans mes pensées, je m'enfonce à nouveau dans la brume puis descends vers la stèle de ceux qui ne sont pas revenus ; j'y croise un ami cher : Regarde-moi, je suis le chêne, le lierre m'a pris et je m'en vais fier et droit.


Il est temps de rentrer. Déchirant des voiles de tristesse, je m'enfuis enfin. Arrivant près du Verdier, gravissant les durs flancs de la Dalle, je m'arrête un instant sur son sommet de grès. Ni homme, ni bête, durant ces longues heures glacées. Je descends le Vignage, le sud d'Ecouves m'appelle.
 

Au bord du monde, je suis un funambule
Perdu dans la lumière des sentiments
Sur les chemins de ma vie somnambule
Je marche et puis vacille un court instant
 
Aimez-moi, aimez-moi encore un peu
Et si m'aimer vous fait souffrir...
Oubliez-moi
 
 

Février 2019
 
 
 


 
 

Billet précédent: MATIN VERT

7 commentaires

Commentaire de L'Dingo posté le 07-02-2019 à 12:05:22

+ + + !
Une superbe ode à la nature que la decription de cette ballade enneigée.
A la lecture ,me venait à l'oreille la mélodie de "l'air du vent".


Quant à la conclusion poétique , c'est du Musset qui venu à l'esprit.

Commentaire de L'Dingo posté le 08-02-2019 à 07:55:26

l'air du vent: https://www.youtube.com/watch?v=JcLVYqTxrDM

(hélas ce n'est pas l'orthographe d'un lutin )

Commentaire de L'Dingo posté le 08-02-2019 à 08:24:50

ça y est, j'ai retrouvé le funambulisme des "caprices de marianne" de Musset (acte1 scene1)

Octave. – Figure-toi un danseur de corde, ...toute une légion de monstres.. le tiraillent de tous côtés pour lui faire perdre l’équilibre
.. S’il regarde en bas, la tête lui tourne ; s’il regarde en haut, le pied lui manque. ..Voilà ma vie, mon cher ami

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 08-02-2019 à 12:10:27

Bravo pour la culture...
J'ai d'ailleurs bien connu Musset.

Commentaire de L'Dingo posté le 08-02-2019 à 13:46:45

J'ai toujours été un grand culturiste comme Swarzy ;-)

Euh, Tu veux parler de Adam de Musset , son arrière-grand-père :-)))

Commentaire de Benman posté le 09-02-2019 à 11:35:25

Ou Guillaume Musset ?

Commentaire de CAPCAP posté le 13-02-2019 à 20:25:09

Splendide et splendide (photos / texte)

Certainement les arbres parlent et chantent...
... encore faut-il être disponible pour les entendre ;-)

Très bel usage de la plume et du caillou. Bravo et merci.

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