HYPERMÉTAMORPHOSE
Le Lutin d'Ecouves

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HYPERMÉTAMORPHOSE

Par Le Lutin d'Ecouves - 17-04-2015 11:15:18 - 4 commentaires

 
 Meloe proscarabeus
 
Trouvé à St Léonard des Bois (merci à Lucas pour son œil exercé)
 
Au détour d'une promenade, vous aurez peut-être la chance d'apercevoir ce beau coléoptère  noir bleuté. Il s'agit d'un méloé. Ne craignez rien, même si l'animal a une bonne taille (trois bons cm), il n'a ni croc ni dard. Il peut juste, s'il se sent maltraité, produire par saignée réflexe de la cantharidine, une substance huileuse vésicante qui tache et sent mauvais.
 
 Trop tard Lutin !
 
Cette substance est à l'origine du nom anglais de l'animal "Oil beetle". Comme l'écrit le grand Jean-Henri Fabre (source d'une bonne partie de ce billet) : " Ce coléoptère serait donc sans grand intérêt si ce n'étaient ses métamorphoses et les pérégrinations de sa larve..."
 
En effet, plutôt que de pondre des œufs dont sortent de simples larves qui nymphosent pour donner des adultes, le méloé pond d'abord des œufs... beaucoup d’œufs, plus de 4000 ! 

Quand les larves éclosent un mois plus tard, elles grimpent sur les plantes à leur portée, privilégiant les fleurs possédant du jaune, histoire d'être plus discrètes.
 
 Raté pour la discrétion... (Photo Aramel)
 
Dès qu'elles sentent une vibration, ces larves appelées triongulins se jettent sur le visiteur supposé et s'y accrochent.
 
 A l'attaque ! (Photo Aramel)
 
Malheureusement, les triongulins n'ont aucun discernement et s'accrochent à tout ce qui bouge : mouches, araignées, coléoptères, papillons, lutins...
 
Toutes ces larves sont vouées à une mort certaine sauf celles qui ont eu la chance de s'accrocher à une abeille solitaire du genre Anthophore.
 
 Attention, c'est plein de larves ! (photo O.Guetin)
 
Agrippées à la toison de l'abeille, les larves se laissent ensuite emmener vers le nid de l'hyménoptère où elles attendent qu'il ait pondu son œuf (dans un trou empli de miel prévu à cet effet) pour se glisser sur l’œuf qu'elles dévorent. Puis, elles s'attaquent au miel avant de passer par une suite compliquée de métamorphoses.

Hypermétamorphose de Sitaris, un autre méloïde (document Fabre)


Après cette suite de transformations (6 ou 7 chez certaines espèces), le méloé est enfin parvenu à l'âge adulte où il va bientôt chercher un partenaire pour se reproduire.

Il s'agit ici d'un mâle, ça se voit aux antennes coudées.



Note : les larves des méloïdes (triongulins) ont été longtemps appelées "poux des abeilles", Pediculus Apis (Linné). On pensait que c'était une espèce à part qui parasitait les hyménoptères jusqu'à ce que Newport (1803-1854) et Fabre (1823-1915) mettent en évidence le fait qu'il s'agissait d'un stade de développement d'un coléoptère.
 
 
 

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4 commentaires

Commentaire de philtraverses posté le 17-04-2015 à 12:56:24

Jolie découverte. Pourtant la survie des larves est aléatoire et dépend fortement du hasard. existe t'il des éléments sur la probabilité pour une larve de poursuivre son cycle de métamorphose ?. C'est donc encore un raté de l'évolution. Un peu comme les lutins (lol)

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 17-04-2015 à 14:40:17

Il n'y a pas de raté de l'évolution car l'évolution n'a pas de dessein positif ou négatif. Heureusement pour les lutins !

Commentaire de philtraverses posté le 17-04-2015 à 17:32:57

Dire qu'il y a eu des ratés de l'évolution ne signifie nullement prêter d'éventuels desseins ou intentions à l'évolution. Je ne vois pas d'ailleurs pas comment le langage même scientifique pourrait traduire autrement la création d'espèces aussi improbables.Comme les lutins.

Commentaire de PhilKiKou posté le 19-04-2015 à 11:11:02

Tout ce que vous voulez savoir sur le Méloé proscarabeus sans avoir à le demander... Déjà vu ce coléoptère sans savoir que c'était un méloé... Merci pour ce billet ;-)

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