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CENT MÈTRES CARRÉS : MES LÉPIDOPTÈRES (I)

Par Le Lutin d'Ecouves - 06-02-2020 14:43:36 - 6 commentaires

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.
 
 
Lépidoptères (1ère partie)

S'il est un ordre d'insectes qui a bonne presse, c'est bien celui des lépidoptères, autrement dit les papillons. Ils sont jolis, ne bourdonnent pas et évitent de se promener sur vos aliments ou sur votre très vieille grande-tante. Le papillon est Disney-compatible, contrairement à nombre de petites bêtes qu'on écrase sans réfléchir juste parce qu'on les trouve moches ou gênantes. Et pourtant... et pourtant le nombre de papillons a été divisé par deux ces vingt dernières années et, si je me réfère aux souvenirs de prés couverts de papillons de mon enfance, ce serait bien une division par dix ces cinquante dernières années. Eh oui, malheureusement pour eux, ces si gracieux insectes ont des formes larvaires appelées chenilles et celles-ci ont parfois un comportement vorace qui déplaît à l'homme qui s'empresse de balancer des nuages de produits tchernobylisants autant que minamatesques dans la campagne et même dans certains jardins. Ce n'est pas le cas chez moi où j'ai recensé quelques espèces.


Polygonia C-album

Le Robert-le-diable est facilement reconnaissable à ses ailes découpées. Il ne faut pas trop se fier à sa couleur qui va du jaune au rouge en passant par l'orange mais il y a un truc qui permet de l'identifier à tous les coups : le revers de chaque aile comporte un petit "C" blanc dessiné d'où son nom latin (C-album = C blanc). Sa chenille peut se nourrir sur votre noisetier ou votre groseillier et est couverte de blanc, ce qui la fait ressembler à une fiente d'oiseau, la protégeant des volatiles qui répugnent à manger leur caca !
 
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 Aglais urticae

La petite tortue est un des papillons les plus courants, on le trouve un peu partout des plaines aux montagnes à condition que la nourriture de sa chenille s'y trouve, ce qui n'est pas rare vu que c'est l'ortie (urticae). Comme la précédente espèce, c'est un papillon hivernant : la dernière génération (2ème ou 3ème selon l'endroit) passant la saison froide à l'état imagal dans des granges ou autres bâtiments d'où il ressort très tôt, parfois en mars avant la fin de l'hiver.
 
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 Vanessa atalanta

Très courant, le vulcain est aussi un papillon de l'ortie mais c'est en plus un grand voyageur qui passe l'hiver dans la zone méditerranéenne pour remonter dans le nord au printemps. L'adulte (imago) ne se nourrit pas d'orties comme le font ses chenilles mais il butine ou alors il va sucer le jus de fruits mûrs ou même pourris. La chenille, ne possédant pas de système de défense s'enroule dans les feuilles d'ortie pour se protéger des prédateurs et manger tout à son aise.


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Maniola jurtina

Le myrtil est un papillon ubiquiste, en gros, cela veut dire qu'on le trouve quasiment partout... Il est effectivement très courant car sa chenille se nourrit de poacées, c'est à dire les graminées qui sont les plantes les plus répandues. C'est plutôt un papillon d'été qui hiverne sous forme larvaire. Les mâles (dessus des ailes marron) éclosent les premiers et s'accouplent avec les femelles (dessus des ailes marron et jaune) dès qu'elles pointent le bout de leur trompe. Les premiers mâles ont maintenant tendance à éclore fin mai avec deux semaines d'avance sur leurs habitudes d'il y a trente ans, preuve s'il en est d'un réchauffement global progressif (source : Bourgogne Franche-Comté Nature).

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 Pararge aegeria
 
Le tircis est encore plus courant que ses camarades cités ci-dessus et c'est aussi dû au fait que ses plantes hôtes sont partout comme les poacées y compris le chiendent. Très courant en lisière de forêt, il s'observe aussi dans les jardins et les parcs d'avril à octobre (trois générations). Le mâle a un comportement territorial et monte la garde sur son petit domaine alors que la femelle passe son temps à... papillonner. Les mâles défendent âprement leur zone, n'hésitant pas à se battre pour chasser les importuns. Une étude de l'Université de Lyon a permis de prouver que plus le territoire d'un mâle est grand et éclairé, plus il avait de chances de s'accoupler car cela lui permettait de mieux repérer ces dames.

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Aglais io

Le paon du jour est aussi beau que répandu, sa chenille vit elle aussi sur les orties et l'adulte butine toutes les fleurs qu'il rencontre. Les ocelles de ses ailes sont censés effrayer les éventuels prédateurs et, si cela ne suffit pas, il replie ses ailes, montrant des couleurs brunes qui se fondent facilement dans le décor. C'est un papillon trogloxène qui n'hésite pas à se reposer ou hiverner dans des cavités naturelles ou artificielles (grottes, cavernes, mines, tunnels...).

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Pieris brassicae
 
La piéride du chou est ce papillon blanc à revers jaunâtres dont la chenille se nourrit de chou (quelle surprise !) mais aussi de capucine. L'espèce n'est pas menacée et résiste plutôt bien à la pollution générée par l'homme. Heureusement pour les amateurs de chou, la population de piérides est régulée par plusieurs petits parasites hyménoptères ou diptères qui pondent leurs œufs dans les chenilles qui sont ensuite dévorées par les larves. Ces parasites maintiennent ainsi un équilibre naturel qui empêche l'espèce de trop se développer. Et en plus, ça ne pollue pas !

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Iphiclides podalirius

Le flambé est un grand et magnifique papillon. Malheureusement, le seul  spécimen que j'aie pu photographier dans mon jardin avait beaucoup vécu et l'on observe mal ses deux longues queues et son bel ocelle coloré. Je ne vais pas me plaindre car ce papillon est thermophile et est assez rare dans le nord. Pour tout dire, celui-ci est le premier que je vois dans ma région. Par contre, j'en ai observé pas mal dans les Alpes où ils font du "hill toping", pratique consistant à se regrouper en masse au sommet de collines pour pratiquer la sexualité de groupe avant de redescendre pour vaquer à d'autres occupations. Sa chenille se nourrit généralement sur des arbres fruitiers.





 
 


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